• Vous dont je ne sais pas le nom ô ma voisine .......Apollinaire (1880-1918

    Aujourd’hui, de cinq à six heures, suivi la voisine divine. Restif dirait : « Féïque ». Pas osé lui donner les vers faits hier.
    Journal, 14 avril 1903.

    *********


    Vous dont je ne sais pas le nom ô ma voisine
    Mince comme une abeille ô fée apparaissant
    Parfois à la fenêtre et quelquefois glissant
    Serpentine onduleuse à damner ô voisine
    Et pourtant sœur des fleurs ô grappe de glycine
     
    En robe verte vous rappelez Mélusine
    Et vous marchez à petits pas comme dansant
    Et quand vous êtes en robe bleu-pâlissant
    Vous semblez Notre-Dame des fleurs ô voisine
    Madone dont la bouche est une capucine
     
    Sinueuse comme une chaîne de monts bleus
    Et lointains délicate et longue comme un ange
    Fille d’enchantements mirage fabuleux
    Une fée autrefois s’appelait Mélusine
    Ô songe de mensonge avril miraculeux
     
    Tremblante et sautillante ô vous l’oiselle étrange
    Vos cheveux feuilles mortes après la vendange
    Madone d’automne et des printemps fabuleux
    Une fée autrefois s’appelait Mélusine
    Êtes-vous Mélusine ô fée ô ma voisine.
     

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