• Une ferme gauloise découverte sous l’École Polytechnique

    Une ferme gauloise découverte sous l’École Polytechnique

    Une ferme gauloise découverte sous l’École Polytechnique

    Les fouilles de vestiges datés des époques gauloises, romaines et médiévales touchent à leur fin. Cette ferme a été découverte dans le cadre de l’aménagement du quartier de l’École Polytechnique dans l’Essonne.

    Aussi fou que cela puisse paraître, des Gaulois foulaient, il y a plus de 2000 ans, les mêmes chemins que nos étudiants polytechniciens. C’est en tous cas ce que révèle la fouille dite «de sauvetage» lancée sur presque deux hectares par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP), après la découverte en novembre 2013 d’un nouveau site archéologique sur la zone d’aménagement du futur «cluster» Paris-Saclay. Bientôt terminés, les travaux de recherche des archéologues ont permis de retracer l’histoire d’une ferme gauloise bourgeoise, devenue villa romaine abandonnée jusqu’à l’ère médiévale. Les fouilles se concentrent notamment sur une partie du vaste campus de l’X.

    La ferme, dont l’occupation gauloise est identifiée par la «présence d’un vaste système de fossés en «V» et de structures en creux (puits, trous de poteaux, etc.)», comportait de nombreux bâtiment en bois. Indépendante économiquement, la petite communauté - «une bonne centaine de personnes» assure l’INRAP - participait à des activités d’agriculture céréalière, d’élevage, d’artisanat textile et même de métallurgie. «On a retrouvé de nombreux outils de tonte, de tissage, de filage […] des traces d’élevage de bœufs, de sangliers et de chevaux […] des lingots de fer, des petites enclumes» détaille Cyril Giorgi, en charge des recherches sur le site.

    L’un des fossés gaulois - © C.Giorgi/INRAP

    L’un des fossés gaulois - © C.Giorgi/INRAP

     

    Mais la ferme, dont «la superficie a nettement augmenté - jusqu’à 8 hectares - avec les années», a des allures bourgeoises. «Rien d’extraordinaire, explique l’archéologue, mais quelques habitudes qui témoignent d’un rang social supérieur à la moyenne». Sont ainsi dénichées des perles, des fibules témoins d’un apparat assez riche. Pas étonnant finalement de la voir se fondre avec la culture romaine qui l’envahit dès le Ier siècle. «Il n’y pas eu de rupture, de remplacement radical, contrairement aux idées reçues sur la conquête romaine» témoigne le membre de l’INRAP.

    Des amphores, contenant du vin, ainsi que des arêtes de poisson et des coquilles d’huîtres ou de moules témoignent ainsi des importations lointaines du petit village, devenu romain. La céramique et l’architecture «reflètent bien cette évolution» explique Cyril Giorgi. Doucement, la ferme gauloise adopte un mode de vie romain avec, par exemple, «des charpentes en bois et en pierre». Une lente acculturation qui prend finalement fin au IVe siècle, lorsque les invasions barbares signent la chute de l’Empire romain. Brusquement «abandonné», le site trouve une seconde vie, sur laquelle les chercheurs savent moins de choses, lors des XI-XIIèes siècles, probablement sous le règne d’un seigneur du royaume de l’époque.

    «Paris-Saclay indirectement à l’origine de nos découvertes»

    Pour l’INRAP, c’est ainsi un troisième site remarquable, à quelques centaines de mètres de deux autres lancés en 2001 et 2012, qui s’est offert. Une concentration de découvertes qui ne doit, selon Cyril Giorgi, rien au hasard. «Avant la construction, au moment de l’obtention du permis, nous sommes appelés pour réaliser un diagnostic de 10 % de la surface. Et comme il s’agit, sur ce plateau, d’immenses surfaces…» explique-t-il, avant de conclure: «Indirectement, le projet Paris-Saclay participe à de belles découvertes archéologiques».

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