• UN BOHÈME............UN BOHÈME.

    UN BOHÈME

    UN BOHÈME.............  

    Toujours la longue faim me suit comme un recors ;
    La ruelle sinistre est mon seul habitacle ;
    Et depuis si longtemps que je traîne mes cors,
    J’accroche le malheur et je bute à l’obstacle.
     
    Paris m’étale en vain sa houle et ses décors :
    Je vais sourd à tout bruit, aveugle à tout spectacle ;
    Et mon âme croupit au fond de mon vieux corps
    Dont la pâle vermine a fait son réceptacle.
     
    Fantôme grelottant sous mes haillons pourris,
    Épave de l’épave et débris du débris,
    J’épouvante les chiens par mon aspect funeste !
     
    Je suis hideux, moulu, racorni, déjeté !
    Mais je ricane encore en songeant qu’il me reste
    Mon orgueil infini comme l’éternité.
     

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