• Tu voulais le soleil et je t’offrais la nuit…...........Bernard

    Tu voulais le soleil et je t’offrais la nuit…

    Tu voulais le soleil et je t’offrais la nuit…...........

    Tout ce qu’il y a de silence Dans un nuage qui passe, Tout ce qu’il y a de chagrin Dans l’orage qui vient ! J’ai caressé ton ombre Les mains dans les étoiles Et n’ai saisi que du vent. Si j’ai suivi tes pieds d’argent Sur les nuages de mon rêve, Jamais je n’ai pu trouver ton chemin. Oser tes lèvres, mais ce n’était qu’un rêve ! Je n’ai que ton silence pour demain.

    J’ai hésité entre le jour et la nuit, Le silence des arbres et le cri des oiseaux. J’ai toujours hésité entre le feu et l’eau. Un rêve m’accompagne à la tombée du jour. Ta voix parfume mon sommeil. La nuit sans toi est aveugle. Ta main devient ma canne blanche, Le grain de ta peau le braille de mes lèvres. Je t’aime comme on aime le soleil Sans jamais l’approcher Et sans vraiment le voir. Tu es mon cantique, ma sonate du soir, Ma lumière invisible entre des cils noirs.

    Tu es toujours mon manque, mon désir, Île d’Eros, encore mystérieuse A jamais inaccessible rocher. A trop te rechercher, J’ai fini par te perdre Au beau milieu de l’océan. A force de caresses Que je n’ai pas données, Mes mains se sont usées Comme une pierre sous le vent. J’écoute toujours à ta porte Pour t’entendre m’appeler Dans le chant de tes rêves. S’il me faut la chair et le sang, Les cailloux et la terre, C’est pour mieux oublier Que mon coeur est la serre Où ta fleur a poussé.

    Je m’étends près de toi Sans jamais te le dire. Tu t’endors dans mes bras Sans même que je te touche. L’épée de Tristan avive mon désir Quand mon souffle sur ta tempe Vient bercer tes cheveux. Ma main sur ta joue Est gantée de soleil Mais tu ne la sens pas Blottie dans ton sommeil. C’est toujours ton âme que je bois Quand j’effleure sur ta bouche Tes songes silencieux.

    Je parle ton langage, Je connais ta grammaire, Je sais les mots de ton voyage, C’est le monde que je vois Quand tu ouvres les yeux. Je te suis pas à pas Pour dissiper tes doutes Et tes hésitations. Je te tiens par la main Pour te donner confiance. Je regarde devant toi Pour t’ouvrir l’horizon. Tu prends en moi le rire. De toi, je garde le silence.

    Je retrouve le froid des trottoirs, La souffrance des rues Quand ta lampe s’éteint Derrière tes volets. Je ne reste jamais loin de ta porte, Muet comme un adolescent. Je t’ai toujours parlé Pour ne jamais rien dire, Mais tu devinais tout A la caresse du vent. Des deux, c’est moi l’enfant perdu Des larmes ou de la pluie.

    Je t’ai donné ma force Et mon désir de vivre. Tu restes le présent. Je ne suis plus l’avenir. Je ne suis que l’écorce Où tu graves un sourire. Tu retrouves le calme Aux mots que je prononce. Je ne suis que l’escale Quand une tempête s’annonce. Je suis le passé révolu, Les heures oubliées. Ma mémoire succombe Et je me sens vieillir. Je t’aime au prix fort Car mon silence est d’or, Et j’aurais tout perdu Si je t’avais parlé. Pour toi, j’ai enterré les mots Au cimetière du silence Et suis resté muet, Mais je chante encore Ton nom en secret Sur des chemins de lune.

    La pluie a cessé Aux vitres de la nuit Et le silence renaît. J’emporte tes seins, J’emporte ton corps Et tes yeux dans mes yeux Pour faire naître le jour. Le bonheur, c’est toujours Que tu vives, même absente, Même bouche fermée. Tu es encore l’obscurité D’une ville qui dort Mais je t’offre la lumière D’une aube retrouvée. Je veux que tes mains Soient fleuries d’espérance, Ôter de ta peau L’épine des souffrances. Quand tu seras seule, Ma main tendue Te redira je t’aime. Je serai grain de blé Lorsque tu auras faim. Mon bras sur ton épaule Te servira de laine. Je sècherai tes larmes Et tu n’auras plus froid. Toi et moi, sans jamais se confondre, Toujours deux différents Pour toujours mieux se comprendre. Je resterai ton ombre Lorsque tu marcheras.

    Je ne regrette pas Ce temps passé ensemble, Cet espace entre nous Qui rétrécissait peu à peu. Nos lèvres auraient pu se toucher Au hasard du mois d’août Et nos mains se surprendre Au soleil de juillet. Je t’ai jadis accompagnée Au mur de ton jardin Et opposé un non à ton invitation. L’audace m’a manqué depuis Pour traverser ta rue. La vie était passée déjà Quand je t’ai reconnue. L’automne était déjà venu, Nous étions en novembre Et je ne le savais pas. Je t’ai tout dit pourtant Avec les yeux de mon silence Et j’ai chanté ton nom Avec des mots d’enfant. Ta bouche est restée close Et le feu sous la cendre. Tu sais bien que je t’aime Même si je reste coi. Je voulais vivre le présent Sans chercher l’aventure. Tu rêvais d’un futur Mais je n’y étais pas. Tu voulais mon silence Et je voulais ton cri. Tu as gagné : Tu voulais le soleil Et je t’offrais la nuit.

    Je t’ai gardée Comme un beau livre Que je feuillette page à page Lorsque le temps est à la pluie Et que mon coeur est à l’orage. Tu es venue. J’ai agrandi Les murs de ma prison. Tu m’as fait le cadeau D’une enfance retrouvée. Avec toi, j’ai réappris Le sel des larmes Et l’épine des roses. Tu es toujours vivante. Mon coeur est l’urne Où ton sourire repose.

    Bernard, 16 février 2004, 

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