• PRIÈRE POUR LES CHAGRINS.

     

    Mon Dieu, ayez pitié de moi, car je souffre. Donnez-moi la force de souffrir sans murmurer, d’accepter les peines que vous m’envoyez, de vous offrir ces peines en punition du mal que j’ai fait ; ne permettez pas que j’oublie que je suis dans ce monde pour souffrir et pour me rendre digne par mes vertus d’entrer dans le Paradis où je n’aurais plus jamais aucune peine, aucun chagrin, et où je serai éternellement heureux avec les Anges et avec les Saints.

    ******

    Livre de messe des petits enfants

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • PRIÈRE POUR LES MALADIES.

     

    Mon Dieu, vous voulez que je sois malade ; j’accepte ce que vous m’envoyez ; en souffrant avec patience l’ennui et la douleur, je me ferai pardonner mes péchés passés. Donnez-moi du courage, mon Dieu ! Donnez-moi de la patience ! Donnez-moi de la douceur ! Et donnez-moi aussi de la reconnaissance pour ceux qui me soignent !

    ***************

    Comtesse de Ségur..Livre de messe des petits enfants

    Romancière — Littérature enfantine

    (1799 – 1874)

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • ANGELUS.

    ANGELUS......Comtesse de Ségur

    L’Angelus est une prière qui se dit le matin, à midi, et le soir au coucher du soleil. On dit :

    Angelus Domini nuntiavit Mariæ, et concepit de Spiritu Sancto.

    Ave, Maria, etc.

    Ecce ancilla Domini ; fiat mihi secundum verbum tuum.

    L’Ange du Seigneur a annoncé à Marie, et elle a conçu par l’opération du Saint-Esprit.

    Je vous salue, Marie, etc. (comme à la prière du matin).

    Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole.

     

    Ave, Maria, etc.

    Et Verbum caro factum est, et habitavit in nobis.

    Ave, Maria, etc.

    Je vous salue, Marie, etc.

    Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.

    Je vous salue, Marie, etc.

     

    oremus.

    Gratiam tuam, quæsumus, Domine, mentibus nostris infunde, ut qui, Angelo nuntiante, Christi Filii tui Incarnationem cognovimus, per Passionem ejus et Crucem ad Resurrectionis gloriam perducamur. Per cumdem Christum

    prières.Seigneur, nous vous supplions de répandre votre sainte grâce dans nos âmes ; afin qu’après avoir connu, par la voix de l’Ange, l’Incarnation de votre Fils Jésus-Christ, nous puissions arriver un jour à la gloire de la Résurrection qu’il a voulu nous procurer par Dominum nostrum.

    Amen.

    sa Passion et par sa croix. Par le même Jésus-Christ, Notre-Seigneur.

    Ainsi soit-il.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Béatitudes (version moderne)

     

    Note de JM Bonheur : C'est une version moderne, plus facile à lire de nos jours mais moins précise,
    des Béatitudes prononcées par Jésus-Christ telles que Saint Matthieu les rapporte.

    *******

    Heureux celui qui, en tout, a un coeur de pauvre,
    l'amour de Dieu est son royaume.

    Heureux celui qui est doux et humble de coeur,
    Dieu vraiment le porte en son coeur.

    Heureux celui qui, par amour, a de la peine,
    l'amour de Dieu coule en ses veines.

    Heureux celui qui a faim et soif de justice,
    c'est Dieu qui lui fera justice.

    Heureux celui qui ne cesse de pardonner,
    la sérénité de Dieu lui est donnée.

    Heureux celui qui voit tout d'un regard d'enfant,
    car il voit Dieu dès à présent.

    Heureux celui qui, dans la paix, conduit sa vie,
    car c'est en fils de Dieu qu'il vit.

    Heureux celui qui souffre pour le service des autres,
    son royaume, Seigneur, est le tien.

    Anonyme

    http://www.bonheurpourtous.com/

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Pape Francisco prend une décision controversée qui déchaîne la colère de certains au Vatican ...

    Pape Francisco prend une décision.......

    Le pape Francisco représente un changement positif pour l'Eglise catholique et a été très bien accueilli dans toutes ses déclarations, même incroyants. Il a maintenu une posture aujourd'hui très sensible et proche de la réalité, le renforcement du rôle de l'Église en tant que médiateur.

     

    Cette fois, il a dit le rejet si forte à la collection qui effectuent certaines églises célèbrent les sacrements, comme les baptêmes, communions, confirmations et mariages. Il a dit que le salut ou précieux ou vous pouvez payer avec de l'argent. Il a également invité tous les paroissiens à avoir le courage de dire aux prêtres qui est un péché s'ils voient dans les églises une liste de prix.

    Pape Francisco prend une décision.......

    Vous ne pouvez pas voir ou accepter que quelque chose de si important de maintenir une vie chrétienne comme le sont les sacrements ont un coût. Priceless participer aux célébrations de l'église et pour une raison quelconque il devrait y avoir l'ambition économique par des prêtres. Il est un droit pour les chrétiens et les portes de l'église doit toujours être ouvert et sans frais.

    Pape Francisco prend une décision.......

    3 Particulièrement remarquable autre de ses paroles sur ce sujet: «Jésus chassa les marchands du temple de vouloir transformer la maison de prière dans une caverne de voleurs." Il a également exprimé comme un message aux prêtres: "Il y a 2 choses que Dieu ne pardonnera pas, on est un avare et un autre prêtre est un prêtre qui ne sert pas ses fidèles et maltraite"

     

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • L’Œuvre du Christ

    L’Œuvre du Christ.....André Van Hasselt..

    LE POËTE.


    Seigneur, voici la nuit. Quand direz-vous à l’aube :
    — « Monte, et verse la vie et la lumière au globe ? » —
    Seigneur, voici la nuit. Quand direz-vous au jour :
    — « Monte, et viens éclairer l’œuvre de mon amour ? » —
    Car le monde, ô Seigneur, a quitté votre route.
    Il chemine à travers les ténèbres du doute

     

    Et cherche, en tâtonnant dans son obscurité,
    De quel côté du ciel luira la vérité.
    L’homme, hélas ! déviant des traces de Moïse,
    Ne sait plus le chemin de la terre promise,
    Et ses pieds sont rentrés au désert des aïeux.
    L’éclair du Sinaï s’est éteint dans ses yeux.
    Des tables de la loi les lettres effacées
    Ne lui traduisent plus, ô Seigneur, vos pensées.
    Votre code oublié qui nous le refera ?

    UNE VOIX.


    Mon Christ avec son sang un jour le récrira.


    LE POËTE.


    Dans le ciel, dont le dôme a les monts pour pilastres,
    O pâtres chaldéens, que vous disent les astres ?
    La nuit, livre étoile de constellations,
    A-t-elle un nouveau mot à dire aux nations ?
    Vous, familiers avec cette algèbre éclatante,
    Pâtres, que lisez-vous, au seuil de votre tente,
    Sur ces pages d’azur, où chaque soir écrit
    Toutes ces lettres d’or dont vous savez l’esprit ?
    Vous, dont les yeux, d’Isis pénétrant tous les voiles,

     

    Comprennent ce que dit la langue des étoiles,
    Que savez-vous du jour que Dieu nous a promis ?



    LES PÂTRES.


    Quand il s’allumera, nous serons endormis.


    LE POËTE.


    Fleuves sacrés, ô Nil aimé des pyramides,
    Qui vois l’ibis divin hanter tes bords humides ;
    Araxe, dont l’Abouz laisse en paix de ses flancs,
    Comme un guerrier blessé, couler les flots sanglants ;
    Oxus, que profana le coursier d’Alexandre ;
    Euphrate, où tant de rois déchus ont vu descendre
    Leurs trônes tour à tour de leur base arrachés ;
    Gange, qui dans tes eaux laves tous les péchés
    Et verses sans relâche aux amphores des brames
    Tes ondes que Wishnou sillonna de ses rames ;
    Depuis quatre mille ans, fleuves mélodieux,
    Vous étanchez la soif des sages et des dieux.
    Quel secret entendu sur vos rives antiques
    Murmurent à la nuit vos roseaux prophétiques ?
    Quels mots mystérieux chuchotez-vous tout bas ?



    LES FLEUVES.


    Poète, nous rêvons, mais nous ne parlons pas.
     

    LE POËTE.


    Sommets religieux, montagnes, promontoires,
    Caps devenus autels, rochers expiatoires,
    Ararat, où Noé de l’arche descendit,
    Sauvant ce qui restait du genre humain maudit ;
    Himalaya, qui vois les choses inconnues
    Que l’azur éternel nous cache dans les nues ;
    Sinaï, que gravit Moïse avec sa foi
    Pour en descendre avec les tables de la loi ;
    Horeb, que Raphidim avec effroi contemple ;
    Liban, où Salomon prit les cèdres du temple ;
    Etna, qui sers de phare aux voiles des marins
    Et dardes vers les cieux tes éclairs souterrains ;
    Pinde, où montent les pieds des grands visionnaires ;
    Alpes, qu’incessamment sillonnent les tonnerres ;
    Caucase, où Prométhée a senti, deux mille ans,
    Les ongles des vautours lui tenailler les flancs ;
    De l’œuvre du Seigneur, vous témoins solitaires,
    Dites, que savez-vous, ô montagnes austères,
    Du Sauveur que la voix des siècles nous prédit ?


    LE CAUCASE.


    Moi seul, avec les yeux de mon hôte maudit,
    Moi seul, un soir, parmi le morne crépuscule,

     

    J’ai vu le Rédempteur. — N’était-ce pas Hercule ?


    LE POËTE.


    O villes, autrefois ruches pleines de bruit,
    Mais que le soc du temps déracine et détruit ;
    Babylone, Palmyre, Ecbatane, ô ruines,
    Où les siècles obscurs entassent leurs bruines ;
    Ninive, dont le Tigre a baisé les remparts ;
    Memphis, qui vois tes murs crouler de toutes parts ;
    Thèbes, dont les grands sphinx aux mornes attitudes,
    Hôtes silencieux des vastes solitudes,
    Ont toujours quelque énigme à poser aux déserts ;
    Karnak, qui dors couché dans tes longs roseaux verts ;
    Tyr, qui, couvrant les mers des voiles de tes flottes,
    A tous les points du globe envoyais tes pilotes,
    Que savez-vous du jour nouveau qui doit venir ?


    LES VILLES ANTIQUES.


    Nous sommes le passé. Dieu seul sait l’avenir.


    LE POËTE.
    Grèce qui ne vis plus, Rome qui vis encore,
    De son lustre éternel la gloire vous décore.

     

    Vous avez dominé le monde tour à tour,
    L’une ayant son génie, et l’autre, son épée.
    Tous les peuples liront votre double épopée,
    Dont les siècles avec leur immortel burin
    Gravent les chants rivaux sur leur livre d’airain.
    Grèce, mère des dieux et mère des poètes,
    Tu sais tous les secrets de leurs lèvres muettes.
    Or, puisque ton oreille a retenu, dit-on,
    Ce que pensait Socrate et que rêvait Platon,
    A-t-elle aussi gardé quelque note étouffée
    Des hymnes de Linus et des rhythmes d’Orphée,
    Rhapsodes inspirés, Pindares inconnus,
    Dont les noms jusqu’à nous à peine sont venus,
    Et qu’Homère, architecte illustre de sa gloire,
    Des grands blocs de ses vers bâtissant ton histoire,
    Absorba dans son nom, jour qui s’épanouit,
    Comme fait le soleil des astres de la nuit ?
    Le vieux Trophonius que dit-il dans son antre
    Et Delphes dans sa grotte où nul profane n’entre ?
    Prophète végétal qui parlait autrefois,
    Le chêne de Dodone a-t-il perdu la voix ?
    Didyme comprend-il les strophes incertaines
    Que chante au vent du soir le flot de ses fontaines,
    Et Samos entend-il encore sur ses monts
    Les tonnerres d’Héré gronder quand nous dormons ?



    LA GRÈCE.
    Mes oracles éteints, d’où l’esprit se retire,
    Se sont tous endormis, ne sachant plus que dire.
    Ils gardent le silence, et j’interroge en vain
    Les bouches qui parlaient sur le trépied divin.


    LE POÈTE.


    Rome, pour mesurer la carte de la terre,
    Ta main n’a qu’à lâcher ton aigle militaire.
    Rien qu’à ton nom les rois tremblent dans leurs palais.
    Ainsi qu’un oiseleur, tu tiens dans tes filets
    Toutes les nations, vassales de ton glaive.
    Plus de pouvoir humain qui de toi ne relève,
    Et le monde a compris que tu tiens sous le ciel
    Une des royautés prédites par Daniel.
    L’univers pour toi seule enfante ses largesses.
    Les siècles à tes pieds entassent leurs sagesses,
    Et sur ton Capitole, Olympe radieux,
    Ton génie éternel accueille tous les dieux.
    Quand ils parlent entre eux, que disent-ils, ô Rome,
    Des temps où l’on verra le Verbe se faire homme,
    Et parmi les vivants apparaître celui
    Dont l’image aux yeux seuls des prophètes a lui ?

     

    ROME.


    Mon Olympe est muet. Mais demande à Virgile
    Dans quel mythe il a vu rayonner l’Évangile,
    Et si dans le Sauveur quelque jour je verrai
    Le symbole futur de Saturne et de Rhé.
    Puis interroge encor la sibylle de Cume,
    Dont l’esprit lumineux sous l’erreur, sombre écume,
    Voit couler ce flot pur qu’on nomme vérité,
    Et discerne, à travers toute nuit, la clarté.

    LE POÈTE.


    Cependant l’heure est proche, et l’aube du Messie,
    L’aube du jour marqué dans toute prophétie,
    Est près de dévoiler ses rayons éclatants
    Et de réaliser les promesses des temps.
    Quand le silence a clos la bouche des oracles,
    Le Seigneur va parler par la voix des miracles
    Et se montrer au monde, ainsi qu’il est écrit,
    Vivant et sous les traits de son fils Jésus-Christ.
    Il veut renouveler son pacte avec la terre
    Et compléter la loi que sur ta cime austère
    Il écrivit, autel où Moïse monta,
    Sinaï, — marchepied du sombre Golgotha !

     


      Bethléem, Bethléem, que de cités célèbres,
    Où la nuit morne étend son manteau de ténèbres
    Et dont le souvenir, dans l’ombre enseveli,
    S’enfonce chaque jour plus avant dans l’oubli :
    Capitales d’empire et têtes de royaumes,
    Que couvrent aujourd’hui les sables ou les chaumes ;
    Centres éblouissants où, de tous les humains,
    Ainsi qu’à leur vrai but, convergeaient les chemins ;
    Carrefours où venaient se rencontrer des races
    Dont l’histoire elle-même en vain cherche les traces ;
    Abreuvoirs dont les flots, depuis longtemps taris,
    D’âge en âge épandaient la sagesse aux esprits ;
    Vaste enchevêtrement de marbre et de porphyre ;
    Palais auxquels des monts entiers n’ont pu suffire ;
    Enceintes de granit aux immenses contours,
    Qui remplissaient les airs de dômes et de tours ;
    Citadelles d’airain où fourmillait naguère
    Un monde de soldats avec leurs chars de guerre
    Et qui, dans leurs remparts, comme en une prison,
    Enfermant le soleil de tout un horizon,
    Entassaient dans les cieux leurs murs inabordables
    Et prolongeaient sans fin leurs lignes formidables ;
    Forteresses de gloire ou foyers de clarté,
    Si grands qu’on les eût dits faits pour l’éternité !
    Pourtant que reste-t-il de leur splendeur passée ?

     

    L’une est un rêve éteint, l’autre, une ombre effacée :
    Ruines que la nuit remplit de ses sanglots,
    Le désert de son sable, et la mer de ses flots,
    Ou qui, débris obscurs d’édifices momies,
    Reposent au linceul du néant endormies ;
    Ports détruits qui, le long de leurs môles déserts,
    Regardent l’algue en paix lisser ses cheveux verts ;
    Cadavres enfouis dans le limon des fleuves ;
    Villes mornes pleurant, le soir, comme des veuves ;
    Sépulcres écroulés, que parfois, en rêvant,
    On fouille, sans plus rien y trouver de vivant,
    Ou qui n’ont plus gardé de place sur la terre
    Et dont le nom lui-même est pour nous un mystère !

      O Bethléem, mais tant qu’on verra dans les cieux
    Les chars des astres d’or rouler sur leurs essieux
    Et le soleil tracer, dans sa route première,
    Du soc de ses rayons ses sillons de lumière,
    Ton nom sera sacré, ton nom sera béni.
    Les temps le rediront dans leur hymne infini.
    Les bouches des petits et les lèvres des sages
    Se le répéteront à travers tous les âges ;
    Car, du monde chrétien vrai centre et vrai milieu,
    D’une étable tu vas faire un palais à Dieu !

    Regarde, ô Bethléem ! Que vois-tu dans la nue ?
     

    BETHLÉEM.


    Je vois monter au ciel une étoile inconnue.
    L’homme, depuis le jour de la création,
    N’a pas vu resplendir de constellation
    Plus brillante parmi les lumières sans nombre
    Dont l’ange de la nuit jonche les champs de l’ombre,
    Chemin de perles d’or, sables de diamant
    Que le pied du Seigneur foule au bleu firmament.

    LE POÈTE.


    Écoute, ô Bethléem ! Qu’entends-tu dans la nue ?


    BETHLÉEM.


    J’entends venir du ciel une voix inconnue.
    Ni l’oiseau printanier qui, dans les bois ombreux,
    Égrène au vent des nuits ses rhythmes amoureux,
    Ni les psaumes, tissus de strophes merveilleuses,
    Qu’entonne au soir le chœur de mes brunes veilleuses,
    Ni les chants que mes luths soupirent quelquefois,
    O poëte, ne sont plus doux que cette voix.


    CHŒUR DES ANGES.


    O monde, prête-nous l’oreille ; car nous sommes
             Toute la vérité.

     

    Gloire à Dieu dans le ciel ! Paix sur la terre aux hommes
             De bonne volonté !

    Pour les peuples voici qu’à l’horizon se love
             Le soleil inconnu.
    La concorde et l’amour remplaceront le glaive ;
             Car le Christ est venu.

    La promesse des temps enfin se réalise,
             Et Dieu reprend son tour.
    Le temple obscur s’écroule et fait place à l’Église,
             Comme la nuit au jour.

    Pour le monde, épuisé par trop de luttes vaines,
             Les portes vont s’ouvrir,
    Les portes de la vie, où n’entrent point les haines, —
             Et la mort va mourir !


                                 * * *


                         À BETHLÉEM.

    Ainsi chantait le chœur invisible des anges,
    Et, l’oreille attentive à ces strophes étranges,
    Les pâtres qui veillaient leurs troupeaux dans les champs
    Se demandaient entre eux d’où venaient ces doux chants,
    Mais ne se doutaient pas, troupe de Dieu choisie,

     

    Ni que le ciel fit luire aux humbles, ses élus,
    L’aube qu’on attendait, mais qu’on n’espérait plus.
    C’est le roi du salut, bergers, qui vient de naître,
    Et c’est vous qui deviez avant tous le connaître,
    Vous, premiers courtisans de cette royauté
    Qui vient reconquérir l’homme à l’éternité.
    Il a pris pour palais une étable de chaume.
    Or, les faibles étant les forts de son royaume,
    Entrez au sanctuaire obscur, mais fortuné,
    Où le promis des temps, le Sauveur nouveau-né,
    Vagit dans le berceau qu’il s’est fait d’une crèche,
    N’ayant pour oreiller qu’un peu de paille fraîche ;
    Car le vagissement de cet enfant vermeil
    Réveillera le monde entier de son sommeil.
    Tous les morts l’entendront dans leur sépulcre sombre,
    Et les vivants plus morts que les hôtes de l’ombre.
    Sur leurs trônes sanglants les rois l’écouteront,
    Et les autels usés des faux dieux trembleront.

      Ce que les voix d’en haut vous ont dit, fils des chaumes,
    Les royaumes le vont redisant aux royaumes.
    Les étoiles du ciel le savent. Les déserts
    L’apprennent aux vautours qui traversent les airs.
    La fleur des champs en parle aux fleurs des hautes cimes.
    L’Océan réjoui l’entend dans ses abîmes,

     

    Et les fleuves, roulant aux mers leurs grandes eaux,
    S’entretiennent du Christ avec leurs longs roseaux.
    Dans l’idiome obscur dont se servent les bouches
    Des antres conversant avec les monts farouches,
    Dans le bruit des forêts, dans le bruit des torrents
    Et des vents, ces chasseurs des nuages errants,
    Toute langue répète, ou chante ou balbutie
    Ce nom de l’Oint de Dieu, c’est-à-dire Messie.
    Car la nature entière a compris l’inconnu,
    Et senti que le jour du salut est venu,
    Aube des temps nouveaux, promis à nos ancêtres
    Et que Diraient en vain les docteurs et les prêtres,
    Pharisiens qui n’ont, par les yeux de leurs clercs,
    Jamais sondé l’esprit des textes les plus clairs.


                                 * * *


    LES VOIX.


    LA NUIT.

    Tracez votre aire au ciel, ô bâtons des augures,
    Et dites ce qu’on voit sous mes voûtes obscures.

    LES DEVINS.
    De l’Orient voici venir vers Israël
    Un astre que jamais on n’a vu dans le ciel.


    L’ÉTOILE DE BETHLÉEM.


    Mages, où vont vos pas ?


    LES MAGES.


                                          Nous allons reconnaître
    Dans son berceau l’enfant divin qui vient de naître.
    L’Orient par nos mains lui porte ses présents.


    GASPAR.


    Moi, j’ai la myrrhe.



    MELCHIOR.


                                       Et moi, j’ai l’or.

    BALTHASAR.


                                                                         Et moi, l’encens.



    LES ROIS.


    Il est le roi des rois.


    LES BERGERS.


                                          Et le pasteur des hommes.
    Le pré de son troupeau, c’est la terre où nous sommes.


    LES TEMPLES PAÏENS.


    Pour lui faire un cortège immense et radieux
    Nous voulons lui prêter le peuple de nos dieux.


    L’ÉGLISE FUTURE.


    Taillés par les sculpteurs, coulés par les orfèvres,
    La vue à leurs yeux manque et la voix à leurs lèvres.
    Ce peuple aveugle et sourd, fait de marbre ou d’airain,
    Peut-il entendre ou voir le maître souverain ?




    UN ROCHER DE SYÈNE.


    Pour bâtir son palais, j’ai des blocs de porphyre.


    LA TERRE.


    A son palais le monde entier ne peut suffire.

    BABYLONE.


    Je forgerai son sceptre orné de diamants.


    UN MARAIS.


    Son sceptre croit parmi mes longs roseaux dormants.


    DAMAS.


    De son glaive royal, en ma forge bruyante,
    Mes mains aiguiseront la lame flamboyante.
     

    LES PROPHÈTES.


    Pour dominer le monde et pour vaincre l’enfer,
    Sa parole suffit et vaut mieux que le fer.


    ECTABANE ET SUSE.


    Pour daller sa demeure aux salles spacieuses,
    Nous avons des monceaux de pierres précieuses.


    LA HARPE DE DAVID.


    Mieux que dans un palais bâti d’or et d’azur
    Il aime à séjourner dans un cœur droit et pur.


    THÈBES.


    J’ai cent griffons taillés en marbre vert et jaune ;
    Ils iront s’accroupir aux marches de son trône.


    L’AVENIR.


    Ton peuple de griffons, garde-le. Ce seront
    Les siècles devant lui qui se prosterneront.


    PERSÉPOLIS.


    Son trône sera fait d’onyx aux veines blanches.


    UN ARBRE.


    Moi, je le lui ferai d’une croix à deux branches.

     


    MEMPHIS.


    Allons, mes argentiers, combien faut-il encor
    De temps pour ciseler son diadème d’or ?


    UN BUISSON.


    Moi, je tresse déjà sa couronne d’épines.


    TYR.


    Pour teindre sa tunique aux royales crépines,
    Mes cuviers sont remplis de pourpre éblouissant.


    LE GOLGOTHA.


    Et moi, je lui ferai sa pourpre de son sang.

    LES COTEAUX D’ENGADDI.


    Nos vignes, pour remplir les coupes de sa table,
    Garderont le trésor de leur jus délectable,
    Et nos grappes seront plus douces que le miel.


    L’EPONGE DU CALVAIRE.


    Son breuvage sera fait d’absinthe et de fiel.


    CHÉOPS.


    Vers mon Nil paternel si, mort, il veut descendre,
    Ma grande pyramide accueillera sa cendre ;

     

    Memnon lui chantera son cantique de deuil,
    Et tous mes sphinx feront cortège A son cercueil.


    LE SÉPULCRE DE JOSEPH D’ARIMATHIE.


    Pyramides que l’homme éleva dans l’espace,
    Écueils que bat le flot du simoun quand il passe,
    Tombeaux qui rassemblez, depuis plus de mille ans,
    Des générations de princes dans vos flancs,
    Cavernes de lions couronnés et d’hyènes,
    Antres des Sésostris et des races anciennes,
    Monuments qui dressez vos sommets au ciel bleu.
    Vous êtes trop étroits pour contenir un Dieu !


                                 * * *

    LE POËTE.


    Donc le Messie est né qu’entrevit l’œil des sages,
    Comme un astre attendu, dans la brume des Ages,
    Aube des temps meilleurs que nous avions rêvés.
    Car il fallait un Dieu pour vider l’ossuaire.
    Où lé Lazare humain dormait dans son suaire,
    Et pour crier aux morts : « Levez-vous et vivez ! »

                                    *

    Seigneur, ta créature en ses routes funèbres,
    Loin des sentiers du ciel, marchait par les ténèbres ;

     

    Elle allait tâtonnant sans trouver son chemin ;
    Et, l’oreille fermée à toute prophétie,
    Nul ne se demandait quand le jour du Messie
    S’allumerait aux cieux, dans mille ans ou demain.

                                    *

    Dans la foule des dieux dont l’Olympe s’encombre
    L’homme ne voyait plus rayonner ta grande ombre
    Ni ton nom, ce soleil vivant qui resplendit.
    Il ne respirait plus que le doute et les haines,
    A la glèbe du mal rivé par mille chaînes,
    Ainsi que Prométhée au Caucase maudit.

                                    *

    L’éternité pour lui n’était qu’un mot sonore,
    Qu’un sommeil sans réveil, qu’une nuit sans aurore ;
    L’âme, rien qu’un démon fait pour servir les sens.
    Et dans les cœurs, pareils aux landes infertiles,
    Tous les vices grouillaient, ces sinistres reptiles,
    Toutes les passions, ces monstres rugissants.

                                    *

    La nef des nations allait à la dérive,
    Comme un vaisseau perdu qui cherche en vain la rive
    Où le phare sauveur doit lui montrer le port.
    Du Sinaï muet les échos centenaires

     

    Avaient depuis longtemps oublié tes tonnerres.
    Dans la mort tous les yeux ne voyaient que la mort.

                                    *

    Mais nous sommes au bout du désert où chemine
    L’humanité qu’enfin ton aurore illumine.
    Au puits de vérité sa soif va s’étancher.
    L’homme est près de sortir de ses sentiers arides,
    Ou de trouver, au moins, dans les sables torrides,
    Sous les palmiers d’Horeb, l’eau vive du rocher.

                                    *

    Car le Christ c’est l’amour, et le Christ c’est la vie.
    Vers le but dont parfois notre marche dévie
    Il est le vrai sentier, il est le droit chemin.
    Il est la vérité, le fanal, la lumière,
    Le foyer du palais, l’âtre de la chaumière,
    Le refuge vivant de tout le genre humain ;

                                    *

    La demeure éternelle où le ciel réalise
    Le Temple, ce symbole incomplet de l’Église ;
    Le toit du voyageur, le baume qui guérit,
    L’abri toujours ouvert, la bouche qui console,
    L’ancre d’or du salut, l’étoile et la boussole
    De tous les naufragés du cœur et de l’esprit !


                                 * * *

    Dieu fait homme pour mieux te faire entendre aux hommes,
    Va maintenant, ô Christ, sur la terre où nous sommes
    Préparer le froment de toute vérité,
    Et forge-nous la clé de ton éternité.
    Au milieu des docteurs, dont l’âme te contemple,
    Confonds, enfant encor, la sagesse du Temple.
    Puis, dans ton saint silence enferme-toi, rêvant
    Au langage sacré qui parle dans le vent
    Et concertant, ô Maître, avec la solitude
    Le plan médiateur dont tu fais ton étude.
    Dans l’âpre Sahara, domaine des typhons,
    Recueille en ton esprit tous ces versets profonds
    Que trace le désert sur ses pages de sable
    Et dont tu comprends seul le texte insaisissable.
    Dans le livre éternel des vallons et des champs,
    Où la nature écrit ses emblèmes touchants,
    O moissonneur divin, rassemble ces symboles
    Que tu ressèmeras plus tard en paraboles
    Dans le cœur fécondé des générations, —
    Comme le laboureur dans le lit des sillons
    Jette la graine, espoir de sa moisson future, —
    Et dont tout l’avenir fera sa nourriture ;
    Puis, sur les pas de Jean, ton précurseur humain,

     

    Dans la foule apparais, ta lumière à la main.
    Esprit que tout l’esprit de ton Père accompagne,
    Gravissant le trépied du désert, la montagne,
    Parle à la multitude attentive à ta voix,
    Femmes, enfants, vieillards accourus à la fois
    Pour entendre ta bouche, où le ciel se révèle,
    Annoncer le matin de la Bonne Nouvelle
    Et l’accomplissement de tout ce qu’a promis
    Le passé prophétique aux peuples endormis.
    Fais entrer dans la nuit de toutes les prunelles
    Le jour des vérités, ces splendeurs éternelles.
    Ressuscite l’amour au fond de tous les cœurs.
    Éclaire les esprits pleins de doutes moqueurs.
    Explique-leur le sens de cette vie obscure,
    De la vie éternelle incomplète figure.
    Des chaînes du péché brise tous les anneaux.
    Au bord de tout abîme allume tes fanaux.
    Ouvre, pour l’introduire en ton royaume immense,
    A tout le genre humain les bras de ta clémence.
    Fais tomber, en passant, de leur vieux piédestal
    Le mensonge des dieux de marbre ou de métal,
    Et dans le fond obscur des âmes apparaître
    La lumière qu’enfin le siècle doit connaître.
    Que s’il reste des cœurs par l’erreur endurcis,
    Ou des yeux par la nuit du vieux monde obscurcis,

     

    Aux peuples dont l’oreille est fermée aux oracles,
    Parle, ô Maître divin, la langue des miracles.
    Guéris, en les touchant simplement de tes mains,
    Les infirmes couchés au bord de tes chemins ;
    Fais parler les muets et rends aux sourds l’ouïe ;
    Rouvre à l’aveugle obscur sa prunelle éblouie,
    Et fais sortir vivant Lazare, ton ami,
    De la tombe où sa chair quatre jours a dormi,
    Symbole universel de la race des hommes
    Que ta main doit tirer du sépulcre où nous sommes,
    Pour la conduire un jour dans la sainte cité
    Que le ciel a construite en son éternité.
    Puis, de tous nos péchés victime expiatoire,
    Sois la dérision du Temple et du prétoire.
    Plus grand que tous les dieux faits de marbre ou d’airain,
    Confirme par ton sang ton verbe souverain,
    Et, pour que l’avenir tout entier se remplisse
    Du cri du Golgotha, témoin de ton supplice,
    A tes bourreaux, vainqueur triomphant de la mort,
    O Christ, lègue un pardon plus grand que leur remord !


                                 * * *


    LE CALVAIRE.



    LE POÈTE.

    Colombes du Cédar, qui nichez sur les branches,
    Ouvrez au vent du Sud, ouvrez vos ailes blanches.
    Mon œil parcourt en vain tout le grand désert nu.
    Le Maître savez-vous ce qu’il est devenu ?



    LES COLOMBES.


    O poète, en ce jour solennel des azymes,
    Pour la dernière fois, avec ses douze intimes,
    Au banquet de la pâque il est allé s’asseoir :
    Et déjà le soleil décline vers le soir.
    Voilà qu’il rompt le pain et qu’il bénit la coupe.
    Puis, voulant tout entier s’offrir au pieux groupe,
    Il dit, de cet accent à tous les cœurs si cher :
    « Buvez, voilà mon sang ; mangez, voilà ma chair. »


    LE POÈTE.


    Étoiles de la nuit, prunelles éclatantes,
    Que les pâtres, assis sur le seuil de leurs tentes,
    Regardent rayonner dans l’infini des cieux,
    Que voyez-vous dans l’ombre, étoiles, de vos yeux ?


    LES ÉTOILES.


    Au mont des Oliviers le vent nocturne pleure.
    On entend sangloter les arbres qu’il effleure ;
    Car le Sauveur est là sur l’herbe prosterné,
    De sombres visions partout environné.
    D’un calice sanglant à ses yeux dans l’espace
    Le fantôme obstiné toujours passe et repasse.
    Lui, le cœur plein d’angoisse et de larmes, il sent
    Ruisseler de son front une sueur de sang,
    Et, pendant que la brise en ses cheveux se joue,
    Le baiser de Judas frissonner sur sa joue.
    Puis encore là-bas il voit à l’horizon
    Les torches apparaître avec la trahison.


    LE POËTE.


    Éperviers du Carmel, fils des régions hautes
    Où s’accrochent les nids dont vous êtes les hôtes,
    Savez-vous, éperviers aux yeux fauves et gris,
    Pourquoi Jérusalem élève au ciel ces cris ?


    LES ÉPERVIERS.


    Le Temple est dans la joie et la ville est en fête,
    Et les toits des maisons se peuplent jusqu’au faite

     

    Pour voir passer le Christ qui monte lentement,
    Ployant sous le fardeau de sa croix par moment,
    Le chemin du Calvaire ; et de toutes les bouches
    Sortent des cris de haine et des rires farouches.
    Les lances des soldats le poussent en avant.
    Les bourreaux à travers la foule au flot mouvant
    Le traînent, et le sang sur tout son corps ruisselle,
    Et sa marche épuisée à chaque instant chancelle,
    Et partout l’on entend cette rumeur courir :
    « Voyons comment ce Dieu s’y prendra pour mourir ! »


    LE POËTE.


    Vautours, dont l’Abarim, sur ses crêtes chenues,
    Voit se baigner le vol immense dans les nues,
    Pourquoi regagnez-vous vos aires, et pourquoi
    Frissonnez-vous d’horreur et tremblez-vous d’effroi ?



    LBS VAUTOURS.


    Cachez-nous dans vos plis, ô voiles des nuées !
    Nous avons vu le Christ, au milieu des huées,
    Du rocher du supplice atteindre le sommet.
    O démence ! Est-ce bien le ciel qui la permet ?
    La foule autour de lui gronde comme un orage,
    Et lui jette l’insulte et lui jette l’outrage,
    Et les marteaux sanglants et les clous inhumains
    L’attachent sur la croix par les pieds et les mains.
     


    LE POËTE.


    Aigles, que Garizim voit, sur ses larges faites,
    Tout joyeux accourir au souffle des tempêtes
    Et vous jouer avec les flammes de l’éclair,
    Pourquoi reculez-vous au plus profond de l’air ?



    LES AIGLES.


    Nous avons sur la croix, —― spectacle qui nous navre, —
    Vu le Sauveur cloué, pâle comme un cadavre,
    Priant pour ses bourreaux et les deux bras ouverts
    Comme s’il y voulait serrer tout l’univers.
    On dirait que déjà l’homme se transfigure.
    Une lueur céleste éclaire sa figure.
    Son sang est un manteau de pourpre, puis encor
    Les dards de sa couronne ont l’air de rayons d’or.

    LE POËTE.


    O cèdres du Liban, dont les cimes sacrées
    Jettent vers l’Orient vos ombres vénérées,
    Écoutez ! écoutez ! Ne l’entendez-vous pas
    Ce sanglot ou ce cri qui s’élève là-bas ?

    LES CÈDRES.


    Un souffle d’épouvante et d’horreur nous effleure,
    Et nous ne savons pas pourquoi, devançant l’heure,

     

    Déjà la nuit déroule au ciel son voile obscur
    Et couvre du manteau des ténèbres l’azur.
    Le sol tremble. O mon Dieu ! qu’est-ce donc qui se passe ?
    De sinistres clartés par moments dans l’espace
    Se montrent, et voilà vibrer dans l’infini
    Ce cri lugubre : « Eli, lamma sabacthani ! »

    LE POËTE.


    Palmiers, que Réphaïm balance sur ses roches,
    Du drame du Calvaire, ô vous témoins plus proches,
    Vous devez mieux le voir que les cèdres dormants
    Dont le Liban revêt ses noirs escarpements.



    LES PALMIERS.


    Dans les airs où la nuit vide ses urnes d’ombre
    Le jour a disparu comme une nef qui sombre,
    Les ténèbres ayant submergé son flambeau.
    On entend tressaillir les morts dans leur tombeau ;
    Et, spectateurs muets du deuil de la nature,
    Les fantômes des saints quittent leur sépulture,
    Pâles et demandant ce que les hommes font
    Pour les troubler ainsi dans leur sommeil profond.


                                 * * *

    LES LARMES DU MONDE.


    « Il est mort ! Il est mort ! » gémit la voix des nues.
    « Est-ce pour voir ce deuil que nous sommes venues
    « Du Nord et du Midi vers l’Orient vermeil,
    « Et que, de tous les cieux hôtesses radieuses,
    « Nous avons revêtu nos robes merveilleuses
              « Que dore le soleil ? »

                                    *

    « Il est mort ! Il est mort ! » se lamentent les arbres,
    Les saules inclinés qui pleurent sur les marbres,
    Le cèdre qui dans l’air tord ses bras effarés,
    Les palmiers étoiles pour qui Dieu fit l’espace,
    Et les oliviers verts d’où la brise qui passe
    Fait sortir des sanglots sourds et désespérés.

                                    *

    « Il est mort ! Il est mort ! » disent, en leurs voyages,
    Les aigles éperdus dans l’ombre des nuages,
    Et le tigre qui fuit vers son antre sanglant,
    Et le lion, saisi d’une terreur profonde,
    Qui tressaille, croyant sentir trembler le monde
              Sous son pied chancelant.

                                    *

     « Il est mort ! Il est mort ! » répond tout ce qui souffre.
    « Nous étions dans la nuit, nous marchions vers le gouffre.
    « Mais nos péchés le Christ les a tous expiés.
    « Et voilà qu’il nous quitte avec nos espérances.
    « Comme hier, nous faut-il aux ronces des souffrances
    « Ensanglanter nos cœurs et déchirer nos pieds ? »


                                 * * *

    LE POÈTE.


    Non, le Christ n’est pas mort ; car le Christ est la vie.
    Il est la vérité que l’homme crucifie.
    Le temple de son corps que vous croyez détruit,
    Vous, verrez dans trois jours qu’il l’aura reconstruit.
    Non, le Christ n’est pas mort sur cette croix qui saigne.
    Son verbe est éternel ainsi que l’est son règne.
    Sa parole vivante à jamais restera
    La fontaine où la soif des cœurs s’abreuvera.
    Non, le Christ n’est pas mort. — A l’heure où le soir tombe,
    Enfermez sa dépouille humaine dans la tombe ;
    Scellez, comme sur ceux qui pour toujours s’en vont,
    De grands blocs de granit son sépulcre profond ;
    Des soldats apostés de peur qu’on ne l’enlève,
    Devant son noir caveau faites veiller le glaive, —
    Quand, du troisième jour, ainsi qu’il l’a prédit,
    L’aube se lèvera sur le Temple interdit,

    Le sanhédrin, debout devant la crypte ouverte,
    En vain le cherchera dans sa tombe déserte.
    Il en sera sorti, vivant et radieux,
    Pour retourner, vainqueur de la mort, dans les cieux.


                                 * * *

    LA RENCONTRE DE DEUX REMORDS.



    Voici la nuit dans l’ombre allumer ses étoiles.
    Les tentes du désert ont déployé leurs toiles,
    Et près de ses chameaux, marcheurs aux pieds calleux,
    Le voyageur étend ses membres anguleux ;
    Car il ne comprend rien aux lugubres murmures
    Que le palmier lui jette avec ses dattes mûres.
    A travers le silence il entend seulement
    Quelque lion rugir de moment en moment,
    Mais rugir de terreur plutôt que de colère,
    A l’horizon lointain qu’un peu de lune éclaire.
    Puis le désert s’endort ; car il est innocent,
    N’ayant pas, ô Seigneur, mis sa lèvre à ton sang.
    Pendant qu’ainsi, couché dans son manteau de sable,
    Il sommeille, rêvant son rêve insaisissable, —
    Le peuple meurtrier sur son chevet aussi
    Se couche, mais troublé d’un sinistre souci.
    Car l’on entend des voix gémir dans les ténèbres.
    Pilate croit ouïr partout des cris funèbres,

     

    Et tout le sanhédrin veille dans la stupeur,
    Demandant au remords s’il ressemble à la peur.
    Dans son lit de cailloux le lourd Cédron sanglote,
    Et la brise nocturne, où pleure la hulotte,
    Semble un gémissement de deuil. — En ce moment
    La porte de Ghennat s’entr’ouvre lentement,
    Et du côté du mont, témoin du grand mystère,
    On voit marcher obscurs dans la nuit solitaire
    Deux hommes. Où vont-ils, fantômes ténébreux,
    Mornes et n’osant pas se regarder entre eux ?
    Enveloppés du noir manteau que tisse l’ombre,
    On dirait deux esprits sortis d’un rêve sombre.
    Seuls les astres du ciel éclairent leur chemin.
    L’un tremble, quoique ayant un bâton à la main,
    Et l’autre par instants frémit, sinistre et blême,
    Comme s’il contemplait quelque spectre en lui-même.
    Étranges voyageurs, qui sait où vont leurs pas ?
    Les échos aux rochers le demandent tout bas,
    Et la brise, en passant par les rameaux des palmes,
    Murmure : « Je l’ignore » aux arbres verts et calmes.
    Sont-ce des messagers de la Mort qui s’en vont
    Voir comment un Dieu dort dans son cercueil profond,
    Ou si tous les gardiens apostés sur sa pierre
    Sous l’aile du sommeil ont fermé leur paupière ?
    Qui sait ? Les sentiers même où cheminent leurs pas

     

    Vous diraient, s’ils parlaient : « Nous ne le savons pas. »
    Au pied du Golgotha, tous deux font halte ensemble.
    L’un ayant un instant regardé l’autre, il semble
    Que le même frisson les secoue à la fois,
    Et leur rende la vue et leur rende la voix.
    — « Ahasvérus ! » dit l’un. — « Judas ! » lui répond l’autre.


    JUDAS.


    Salut au juif errant !


    AHASVÉRUS.


                                        Salut au faux apôtre !



    JUDAS.


    Hélas ! marqués tous deux du même signe au front.



    AHASVÉRUS.


    L’épouvante et l’effroi des races qui viendront.



    JUDAS.


    Frère, comme ta main tremble en ma main glacée.
    Et comme de terreur ta chair est hérissée !



    AHASVÉRUS.


    Frère, et toi tu frémis comme un arbre des monts
    Qui tressaille dans l’ombre au souffle des démons.
     

    JUDAS.


    Aussi, vois-tu, depuis la porte du prétoire,
    J’ai refait, cette nuit, la route expiatoire,
    Et suivi pas à pas tout le chemin sanglant
    Que le Christ arpenta de son pied chancelant.
    Pèlerinage affreux ! Car, sur toutes les pierres
    Et sur tous les cailloux semés dans les ornières,
    Ayant peur de moi-même et d’horreur frémissant,
    J’ai cherché, j’ai trouvé les traces de son sang.
    Le long du noir sentier j’en ai compté les gouttes.
    De mes lèvres J’aurais voulu les baiser toutes ;
    Et, dans l’obscurité, je les ai par moments
    Cru voir étinceler comme des diamants.
    Et maintenant autour de moi tout semble rouge.
    Du rocher immobile au nuage qui bouge,
    Tout prend cette couleur, ton lugubre et profond.
    Tout est rouge partout où mes prunelles vont.
    Tout est rouge. On dirait que les étoiles mornes
    Sont des taches de sang dans l’espace sans bornes ;
    Et, quand je rentre en moi, Je vois dans mon esprit
    Ruisseler à grands flots le sang de Jésus-Christ.
    Hélas ! fut-il Jamais de vision pareille ?
    J’ai son sang dans les yeux !....

     

    AHASVÉRUS.


                                                  Moi, sa voix dans l’oreille !
    Lorsque Pilate, aux yeux des Juifs et des Romains,
    Eut cru laver sa honte en se lavant les mains,
    Et, dans la lâcheté cherchant une complice,
    Eut livré le Sauveur des hommes au supplice,
    Tout le peuple cria : « Mort au Nazaréen ! »
    Le Christ restait muet et ne répondait rien,
    Cependant ses bourreaux l’entraînent, et la foule
    Le suit en l’outrageant et le frappe et le foule.
    Lui marche résigné dans l’insulte et l’affront.
    La couronne d’épine ensanglante son front.
    Le manteau dérisoire ouvert sur ses épaules,
    Il fléchit par moments sous les fouets et les gaules,
    Traînant le lourd fardeau de sa croix et celui
    Des péchés des humains qu’il a pris tous sur lui.
    Oh ! je le vois encor sur le seuil de ma porte
    S’arrêter, succombant sous l’arbre entier qu’il porte.
    Comme il est là, je crie, inspiré par Satan :
    « Ne souille pas le seuil de ma maison. Va-t’en !
    « Marche et suis ton chemin ! » Et tristement il lève
    Vers moi ses yeux sereins et calmes, comme un rêve
    De ceux à qui le ciel montre ses visions.
    J’y cherche des éclairs, et j’y vois des rayons.

     

    Un seul instant, son doux regard sur moi se pose,
    Et lui, pâle, s’appuie au seuil et se repose.
    Mais l’esprit du démon ressaisit mon esprit,
    Et je répète : « Marche, et va-t’en, Jésus-Christ ! »
    Alors, se relevant de la pierre sanglante
    Où vient de s’affaisser sa force chancelante,
    Il reprend le fardeau de sa croix et me dit :
    « Homme au cœur sans pitié, que ton seuil soit maudit !
    « Mes pieds et mes genoux achèveront la roule
    « Que mon sang doit marquer en coulant goutte à goutte,
    « Pour que tout l’avenir retrouve au Golgotha
    « La colline où le Fils de l’Homme s’arrêta.
    « Mais toi, tu marcheras, cœur impie et sévère,
    « Jusqu’à la un des temps, sans trouver ton Calvaire,
    « Et vers ton Golgotha des siècles tout entiers
    « Verront tes pieds user les cailloux des sentiers ! »
    Puis il passe. — Et je vois, dans ce moment suprême,
    O terreur ! ma maison se fermer d’elle-même !...
    Je vois crouler mon seuil !... De ma porte aux ais roux
    J’entends l’éternité fermer les lourds verrous !..
    Les siècles vont remplir de toiles d’araignées
    Mes fenêtres toujours d’un doux soleil baignées.
    La cigogne, en allant visiter les déserts,
    Ne regardera plus mon toit du haut des airs,
    Et l’escalier de ma terrasse au nord bâtie

     

    N’y verra plus monter que la ronce et l’ortie.
    Car j’éprouve un affreux besoin de vivre, puis
    Je ne sais quelle horreur de rester où Je suis.
    Où que j’aille, une force invincible m’entraîne.
    Si tranquille que soit la nuit et si sereine,
    Son silence lui-même a des cris et des voix
    Qui m’assaillent de tous les côtés à la fois.
    « Marche ! » me dit sans cesse une langue inconnue.
    « Marche ! » me dit le vent. « Marche ! » me dit la nue.
    Les arbres, les buissons, jusqu’au torrent fuyant,
    Tous semblent des échos de ce mot effrayant,
    Et je vais...


    JUDAS.
                                    Où mes pieds ne voudraient pas te suivre.



    AHASVÉRUS.


    Où donc vas-tu ?



    JUDAS

                       Je vais mourir.


    AHASVÉRUS.


                       Et je vais vivre !

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Mes Armes

    Mes Armes – Sainte Thérèse de Lisieux

     

    « Je vous ai fait sourire, mon cher petit Frère, en chantant « Mes Armes », eh bien ! je vais vous faire sourire encore en vous disant que j’ai, dans mon enfance, rêvé de combattre sur les champs de bataille. Lorsque je commençais à apprendre l’histoire de France, le récit des exploits de Jeanne d’Arc me ravissait ; je sentais en mon cœur le désir et le courage de l’imiter, il me semblait que le Seigneur me destinait aussi à de grandes choses. Je ne me trompais pas, mais au lieu de voix du Ciel m’invitant au combat, j’entendis au fond de mon âme une voix plus douce, plus forte encore, celle de l’époux des vierges qui m’appelait à d’autres exploits, à des conquêtes plus glorieuses et dans la solitude du Carmel, j’ai compris que ma mission n’était pas de faire couronner un roi mortel, mais de faire aimer le Roi du Ciel, de lui soumettre le royaume des cœurs. » (LT 224)

    Du Tout-Puissant j’ai revêtu les armes
    Sa main divine a daigné me parer
    Rien désormais ne me cause d’alarmes
    De son amour qui peut me séparer ?

    A ses côtés, m’élançant dans l’arène
    Je ne craindrai ni le fer ni le feu
    Mes ennemis sauront que je suis reine
    Que je suis l’épouse d’un Dieu !

    O mon Jésus, je garderai l’armure.
    Que je revêts sous tes yeux adorés
    Jusqu’au soir de la vie, ma plus belle parure
    Seront mes Vœux sacrés !

    O Pauvreté, mon premier sacrifice
    Jusqu’à la mort tu me suivras partout
    Car je le sais, pour courir dans la lice
    L’Athlète doit se détacher de tout

    Goûtez, mondains, le remords et la peine
    Ces fruits amers de votre vanité.
    Joyeusement, moi je cueille en l’arène
    Les palmes de la Pauvreté.

    Jésus a dit :  » C’est par la violence
    Que l’on ravit le royaume des Cieux.  »
    Eh bien ! la Pauvreté me servira de Lance
    De Casque glorieux.

    La Chasteté me rend la sœur des anges
    De ces Esprits purs et victorieux.
    J’espère un jour voler en leurs phalanges
    Mais dans l’exil je dois lutter comme eux.

    Je dois lutter sans repos et sans trêve
    Pour mon Epoux le Seigneur des seigneurs
    La Chasteté c’est le céleste Glaive
    Qui peut lui conquérir les cœurs
    La Chasteté c’est mon arme invincible
    Mes ennemis par elle sont vaincus
    Par elle je deviens, ô bonheur indicible !
    L’Epouse de Jésus.

    L’ange orgueilleux au sein de la lumière
    « S’est écrié : » Je n’obéirai pas !
    « Moi je m’écrie dans la nuit de la terre »
    Je veux toujours obéir ici-bas »

    Je sens en moi naître une sainte audace
    De tout l’enfer je brave la fureur
    L’Obéissance est ma forte Cuirasse
    Et le Bouclier de mon cœur

    Dieu des Années, je ne veux d’autres gloires
    Que de soumettre en tout ma volonté
    Puisque l’Obéissant redira ses victoires
    Toute l’Eternité.

    Si du Guerrier j’ai les armes puissantes
    Si je l’imite et lutte vaillamment
    Comme la Vierge aux grâces ravissantes
    Je veux aussi chanter en combattant

    Tu fais vibrer de ta lyre les cordes
    Et cette lyre, ô Jésus, c’est mon cœur
    Alors je puis de tes Miséricordes
    Chanter la force et la douceur

    En souriant je brave la mitraille
    Et dans tes bras, ô mon Epoux Divin
    En chantant je mourrai sur le champ de bataille
    Les Armes à la main !…

    Sainte Thérèse de Lisieux
    2 janvier 1873 – 30 septembre 1897.

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • L’œuvre du sixième jour de Marie Noël

    L’œuvre du sixième jour de Marie Noël

    Dès que le chien fut créé, il lécha la main du Bon Dieu et le Bon Dieu le flatta sur la tête : 

    Que veux-tu, chien ? 

    Seigneur Bon Dieu, je voudrais loger chez toi, au ciel, sur le paillasson devant la porte. 

    Bien sûr que non, dit le Bon Dieu, je n’ai pas besoin de chiens, puisque je n’ai pas encore crée de voleurs. 

    Quand les créeras-tu Seigneur ? 

    Jamais, je suis fatigué, voilà cinq jours que je travaille. Il est temps que je me repose. Te voilà fait, toi, chien, ma meilleure créature, mon chef d’œuvre, mieux vaut m’en tenir là. Il n’est pas bon qu’un artiste se surmène au déjà de son inspiration ; si je continuais à créer, je serais capable de rater mon affaire. Va chien, va vite t’installer sur Terre et sois heureux.

     

    Le chien poussa un profond soupir : Que ferai-je sur Terre, Seigneur ?

    Tu mangeras, tu boiras, tu croiras et tu multiplieras. 

    Le chien soupira plus tristement encore. 

    Que te faut-il de plus ? ….

    Toi, mon seigneur, Maître. Ne pourrais-tu pas, toi aussi t’installer sur Terre ?

    Non, dit le Bon Dieu, non chien, je t’assure, je ne peux pas m’installer sur Terre pour te tenir compagnie. J’ai bien d’autres chats à fouetter….Ce ciel, ces anges, ces étoiles, je t’assure c’est tout un tracas. Alors le chien baissa la tête et commença à s’en aller. Mais il revient :

    Ah, si seulement, Seigneur Bon Dieu, si seulement il y avait là-bas un espèce de maître de ton genre ? 

    Non, dit le Bon Dieu, il n’y en a pas…. Le chien se fit tout petit, tout bas et supplia plus près encore :

    Si tu voulais Seigneur Bon Dieu, tu pourrais toujours essayer…

    Impossible, dit le Bon Dieu, j’ai fait ce que j’ai fait, mon œuvre est achevée, jamais je ne créerai un être meilleur que toi…Si j’en créais un autre aujourd’hui, je le sens dans ma main droite, celui-là serait raté…Seigneur Bon Dieu, dit le chien, ça ne fait rien qu’il soit raté, pourvu que je puisse le suivre partout où il va et me coucher devant lui quand il s’arrête. 

    Alors le Bon Dieu fut émerveillé d’avoir créé une créature aussi bonne et il dit au chien :

    Va, qu’il en soit fait selon ton cœur. Et, rentrant dans son atelier, il créa l’homme… 

    L’homme est raté naturellement, le Bon Dieu l’avait bien dit….

    Mais le chien est joliment content...

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Que ta route soit notre chemin .

    Que ta route soit notre chemin ...

    Reste avec nous, Seigneur, nous te le demandons.
    Que ta route demeure notre chemin.
    Nous avons besoin que tu sois là car nous vivons de ta présence,
    et nous sommes ce que tu es.
    Tu es tellement tout ce que nous cherchons obscurément dans notre nuit,
    tu es tellement la force qui donne à notre lutte
    la certitude d'une victoire de l'amour.

     

    Reste avec nous, Seigneur, et ne va pas plus loin.
    il est encore si proche, cet unique moment où nous t'avons rencontré,
    où tu semblais nous attendre, quand nous te cherchions.
    Tu ne nous as pas tout dit, et nous voudrions tant te connaître un peu mieux,
    profiter que tu es là pour être encore dans la paix.
    Si tu t'en vas encore, il nous faudra reprendre cette quête sans fin
    qui seule répondra à la profondeur de notre vide.

    Reste avec nous Seigneur, car pour nous tous les jours,
    il se fait vraiment tard.


    François Chagneau

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique