• Psaume 67 (68), 4-5ac, 6-7ab, 10-11

    Psaume 67 (68), 4-5ac, 6-7ab, 10-11

    Les justes sont en fête, ils exultent

    Devant la face de Dieu ils dansent de joie.

    Chantez pour Dieu, jouez pour son nom.

    Son nom est Le Seigneur ; dansez devant sa face.

     

    Père des orphelins, défenseur des veuves

    Tel est Dieu dans sa sainte demeure.

    A l’isolé, Dieu accorde une maison ;

    Aux captifs, il rend la liberté.

     

    Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,

    Et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.

    Sur les lieux où campait ton troupeau,

    Tu le soutenais, Dieu qui est bon pour le pauvre.

     

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  • GRAND EXORCISME DU RITUEL ROMAIN

    GRAND EXORCISME DU RITUEL ROMAIN....

    Après avoir invoqué le Saint-Esprit, et s'être muni du signe de Croix avec l'eau bénite, on dira les Litanies des Saints:

    Seigneur, ayez pitié de nous
    Jésus-Christ, ayez pitié de nous
    Seigneur, ayez pitié de nous
    Jésus-Christ, écoutez-nous
    Jésus-Christ, exaucez-nous
    Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
    Fils, Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
    Esprit Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous
    Trinité Sainte qui êtes le seul Dieu, ayez pitié de nous
    Sainte Marie, priez pour nous
    Sainte Mère de Dieu, priez pour nous
    Sainte Vierge des vierges, priez pour nous
    Saint Michel, priez pour nous
    Saint Gabriel, priez pour nous
    Saint Raphaël, priez pour nous
    Tous les saints Anges et Archanges, priez pour nous
    Tous les saints Ordres des Esprits bienheureux, priez pour nous
    Saint Jean-Baptiste, priez pour nous
    Saint Joseph, priez pour nous
    Tous les saints Patriarches et Prophètes, priez pour nous
    Saint Pierre, priez pour nous
    Saint Paul, priez pour nous
    Saint André, priez pour nous
    Saint Jacques, priez pour nous
    Saint Jean, priez pour nous
    Saint Thomas, priez pour nous
    Saint Jacques, priez pour nous
    Saint Philippe, priez pour nous
    Saint Barthélémy, priez pour nous
    Saint Matthieu, priez pour nous
    Saint Barnabé, priez pour nous
    Saint Luc, priez pour nous
    Saint Marc, priez pour nous
    Tous les saints Apôtres et Evangélistes, priez pour nous
    Tous les saints Disciples du Seigneur, priez pour nous
    Tous les saints Innocents, priez pour nous
    Saint Etienne, priez pour nous
    Saint Laurent, priez pour nous
    Saint Vincent, priez pour nous
    Saints Fabien et Sébastien, priez pour nous
    Saints Jean et Paul, priez pour nous
    Saints Côme et Damien, priez pour nous
    Saints Gervais et Protais, priez pour nous
    Tous les saints Martyrs, priez pour nous
    Saint Sylvestre, priez pour nous
    Saint Grégoire, priez pour nous
    Saint Ambroise, priez pour nous
    Saint Augustin, priez pour nous
    Saint Jérôme, priez pour nous
    Saint Martin, priez pour nous
    Saint Nicolas, priez pour nous
    Tous les saints Pontifes et Confesseurs, priez pour nous
    Tous les saints Docteurs, priez pour nous
    Saint Antoine, priez pour nous
    Saint Benoît, priez pour nous
    Saint Bernard, priez pour nous
    Saint Dominique, priez pour nous
    Saint François, priez pour nous
    Tous les saints Prêtres et Lévites, priez pour nous
    Tous les saints Moines et Ermites, priez pour nous
    Sainte Marie-Madeleine, priez pour nous
    Sainte Agathe, priez pour nous
    Sainte Lucie, priez pour nous
    Sainte Agnès, priez pour nous
    Sainte Cécile, priez pour nous
    Sainte Catherine, priez pour nous
    Sainte Anastasie, priez pour nous
    Toutes les saintes Vierges et Veuves, priez pour nous
    Tous les Saints et les Saintes de Dieu, intercédez pour nous
    (L'on pourra ajouter)
    Pour qu'il vous plaise de délivrer des infestations du démon cette créature rachetée par votre Sang précieux, de grâce écoutez-nous
    Pour qu'il vous plaise de libérer votre créature des tourments du démon et de la bénir, de grâce écoutez-nous
    Pour qu'il vous plaise de libérer votre créature du pouvoir du démon, de la bénir et de la garder, de grâce écoutez-nous.

    Ant. Ne vous souvenez pas, Seigneur, de nos fautes ni de celles de nos pères. Ne nous tenez pas rigueur de nos péchés.

    Notre Père.

    PSAUME 53

    Ô Dieu, par votre nom sauvez-moi * et par votre vérité rendez-moi justice;
    Seigneur, exaucez ma prière, * prêtez l'oreille aux paroles de ma bouche.
    Car des étrangers se sont élevés contre moi,des puissants en veulent à ma vie; * et ils n'ont pas mis Dieu devant leurs yeux.
    Mais voici que Dieu vient à mon secours; * et le Seigneur est mon soutien.
    Faites retomber le mal sur mes ennemis; * et dans votre vérité, détruisez-les.
    De tout cœur, je vous offrirai des sacrifices; * et je louerai votre Nom, Seigneur, parce qu'il est bon.
    Parce que vous m'avez retiré de toute tribulation, * et sur mes ennemis il a jeté un regard de mépris.
    Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit.

    V. Sauvez votre serviteur (servante).
    R. Mon Dieu, qui espère en vous.
    V. Soyez lui, Seigneur, une forteresse inexpugnable.
    R. Contre tout ennemi.
    V. Que l'ennemi ne l'emporte pas contre lui (elle).
    R. Et que le fils d'iniquité ne puisse lui nuire.
    V. Envoyez-lui votre aide, Seigneur, depuis votre sanctuaire
    R. Et de Sion protégez-le (la).
    V. Seigneur, exaucez ma prière.
    R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

    PRIONS

    O DIEU qui vous plaisez à toujours avoir pitié et à pardonner, recevez la prière que nous vous adressons pour votre serviteur N. (ou votre servante) enserré(e) dans les liens du péché, afin que votre bienveillante compassion le (la) délivre avec bonté. SEIGNEUR Saint, Père Tout-Puissant, Dieu éternel, Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui avez assigné au feu de la géhenne ce tyran fugitif et apostat et envoyé votre Fils unique en ce monde pour qu'il écrase ce fauve rugissant, venez vite à notre secours, hâtez-vous d'arracher à la ruine et au démon de midi l'homme créé à votre image et à votre ressemblance. Envoyez, Seigneur, votre terreur sur la bête qui ravage votre vigne. Donnez confiance à vos serviteurs, pour qu'ils combattent avec un grand le dragon très pernicieux, de crainte qu'il ne méprise ceux qui espèrent en vous et courage ne dise comme Pharaon autrefois: «Je ne connais pas Dieu, et je ne laisse pas partir Israël. » Que votre droite puissante le presse de s'en aller de votre serviteur N. (votre servante) † afin qu'il n'ose retenir captif plus longtemps celui (celle) que vous avez daigné faire à votre image et que vous avez racheté(e) dans votre Fils qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit pour les siècles des siècles. Amen.

    JE T'ORDONNE, qui que tu sois, esprit impur, à toi et à tous tes alliés qui assiégez ce serviteur de Dieu, - par les Mystères de l'Incarnation, de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par la descente du Saint-Esprit, et le retour de Notre-Seigneur pour le jugement - de me dire ton nom, le jour et l'heure de ta sortie, par quelque signe, et de m'obéir en tout comme ministre de Dieu, malgré mon indignité; et de ne léser en aucune manière cette créature de Dieu, non plus que ceux qui l'entourent ainsi que leurs biens.

    Lecture du saint Évangile selon saint Jean (Jn 1, 1-14)

    Au COMMENCEMENT était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par lui, et rien de ce qui a été créé ne l'a été sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes; et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas reçue. Il y eut un homme envoyé de Dieu dont le nom était Jean. Il vint comme témoin pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous croient par lui. Il n'était pas lui-même la lumière, mais venait rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la vraie lumière qui illumine tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a pas connu. Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom. Ceux-ci ne sont nés ni du sang, ni de la volonté de la chair, ni du vouloir de l'homme, mais ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, cette gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

    Lecture du saint Évangile selon saint Marc (Mc16, 15-18)

    EN CE TEMPS-LA, Jésus dit à ses disciples: «Allez par le monde entier, proclamez l'Évangile à toute créature. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru: en mon Nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, ils n'en éprouveront aucun mal; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. »

    Lecture du saint Évangile selon saint Luc (Lc 10, 17-20)

    EN CE TEMPS LÀ, les soixante-douze disciples revinrent dans la joie disant à Jésus: « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton Nom. » Et il leur répondit: «Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Voici, je vous ai donné pouvoir de fouler au pied les serpents et les scorpions et toute la puissance de l'ennemi, et rien ne vous nuira. Pourtant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous soient soumis, réjouissez-vous plutôt de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. »

    Lecture du saint Évangile selon saint Luc (Lc 11, 14-22)

    EN CE TEMPS-LA, Jésus chassait un démon et celui-là était muet. Le démon une fois sorti, le muet se mit à parler et les foules étaient dans l'admiration. Mais quelques-uns d'entre eux dirent: « C'est par Beelzéboul le prince des démons qu'il chasse les démons.» Et d'autres pour l'éprouver lui réclamaient un signe venant du ciel. Lui, cependant, connaissant leurs pensées, leur dit: « Tout royaume divisé contre lui-même va à sa ruine, et les maisons tombent l'une sur l'autre. Si donc Satan est divisé contre lui-même, comment son royaume tiendra-t-il? puisque vous dites que c'est par Beelzéboul que je chasse les démons. Si c'est par Beelzéboul que je chasse les démons, vos fils, par qui les chassent-ils? c'est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. Mais si c'est par le doigt de Dieu que je chasse les démons, c'est que le Royaume de Dieu est arrivé jusqu'à vous. Quand un homme fort et bien armé garde sa maison, ses biens sont en sécurité. Mais que survienne un plus fort qui l'emporte, il lui arrache toutes ses armes en lesquelles il mettait sa confiance et il partage ses dépouilles. »

    V. Seigneur, exaucez ma prière.
    R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

    PRIONS

    SEIGNEUR Tout-Puissant, Verbe de Dieu le Père, Christ Jésus, Dieu et Seigneur de toute créature, qui avez donné à vos Apôtres le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions, qui parmi tous les autres préceptes de vos merveilles avez daigné dire: « Démons, fuyez », vous par la force de qui Satan a été précipité comme l'éclair du haut du ciel, c'est avec crainte et tremblement, que je supplie humblement votre Saint Nom: daignez accorder à l'indigne serviteur que je suis, après m'avoir remis toutes mes fautes, une foi constante et la force qui me permette, muni de la puissance de votre saint bras, d'avancer avec confiance et sûreté contre ce cruel démon: par vous Jésus-Christ Seigneur notre Dieu, qui viendrez juger les vivants et les morts et le monde par le feu. Amen.

    V. Voici la Croix du Seigneur † fuyez, puissances ennemies.
    R. Il a vaincu, le Lion de la tribu de Juda, le rejeton de David.
    V. Seigneur, exaucez ma prière.
    R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

    PRIONS

    DIEU et Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, j'invoque votre Saint Nom et j'implore en suppliant votre clémence: daignez venir à mon aide contre cet esprit et contre tout esprit impur qui tourmente cette créature qui vous appartient. Par ce même Notre-Seigneur Jésus-Christ votre Fils qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

    PREMIER EXORCISME

    JE T'EXORCISE, esprit très impur, toute incursion de l'adversaire, toute présence, toute légion, au Nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ † , sois arraché et chassé de cette créature de Dieu. † II te l'ordonne lui-même Celui qui t'a commandé de plonger du plus haut des cieux dans les abîmes de la terre. Il te l'ordonne lui-même Celui qui a commandé aux vents et aux tempêtes. Obéis donc et crains, Satan, adversaire de la foi, ennemi du genre humain, guide de la mort, voleur de la vie, destructeur de la justice, source des maux, racine des vices, séducteur des hommes, vendeur des nations, fomenteur de haine, origine de la cupidité, cause de la discorde, incitateur des ruses. Que restes-tu et résistes-tu, lorsque tu sais que le Christ Seigneur réduit tes forces à néant? Crains Celui qui fut immolé en Isaac, vendu en Joseph, tué en l'agneau, crucifié en l'homme, puis triompha des enfers. Retire-toi donc au nom du Père † et du Fils † et du Saint-Esprit †. Cède la place à l'Esprit Saint par ce signe † de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père et le même Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

    V. Seigneur, écoutez ma prière.
    R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

    DIEU créateur et défenseur du genre humain, qui avez formé l'homme à votre image, regardez votre serviteur N. (votre servante N.) que cherchent à atteindre les ruses de l'esprit impur, que l'antique adversaire, le vieil ennemi de la terre, entoure par son vol d'un horrible effroi, frappant de stupeur l'intelligence humaine qu'il bouleverse de terreur et agite par la crainte d'une tremblante peur. Repoussez, Seigneur, la force du diable, ôtez ses fraudes et ses pièges, que s'enfuie au loin le tentateur impie. Que votre serviteur (votre servante) soit préservé(e) par ce signe † de votre Nom et protégé(e) dans son âme et dans son corps. Remplissez-le † de courage. Donnez-lui † la maîtrise de soi. Affermissez † son cœur. Que disparaissent de son âme les tentations de la puissance adverse. À l'invocation de votre Nom très saint, Seigneur, donnez votre grâce pour que s'enfuie terrifié celui qui jusqu'à ce jour terrifiait, qu'il s'avoue vaincu, et qu'enfin votre serviteur (servante) puisse, le cœur affermi et l'esprit sincère vous offrir l'hommage qu'il vous doit. Par Notre-Seigneur Jésus-Christ votre Fils qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l'unité du Saint-Esprit dans tous les siècles des siècles. Amen.

     

    DEUXIÈME EXORCISME

    JE T'ADJURE, vieux serpent, par le Juge des vivants et des morts, par ton Créateur, par le Créateur du monde, par Celui qui a le pouvoir de t'envoyer dans la géhenne, d'avoir à t'éloigner sans tarder, avec crainte et avec l'armée de ta fureur, de ce serviteur de Dieu N. (cette servante N.) qui recourt au sein de l'Église. Je t'adjure à nouveau † non par ma faiblesse, mais par la force de l'Esprit Saint, de te retirer de ce serviteur (cette servante) de Dieu N., que le Dieu Tout-Puissant a fait à son image. Cède donc, cède non pas à moi mais au ministre du Christ. Car la puissance qui te presse, c'est celle de Celui qui, fixé sur la Croix, t'a soumis. Tremble devant son bras qui, après avoir vaincu les gémissements de l'enfer, ramena les âmes à la lumière. Que le corps de l'homme te soit objet de terreur †. Que l'image de Dieu te soit d'effroi †. Ne résiste plus, ne tarde pas davantage à t'éloigner de cet homme, puisqu'il a plu à Dieu d'habiter en l'homme. Et ne crois pas devoir me mépriser parce que tu me sais pécheur. C'est Dieu † qui te le commande. C'est la Majesté du Christ † qui te le commande. Dieu le Père † te le commande. Dieu le Fils † te le commande. Dieu l'Esprit Saint † te le commande. Le mystère de la Croix † te le commande. La foi des saints Apôtres Pierre et Paul † et des autres saints te le commande. Le sang des Martyrs † te le commande. La résistance des Confesseurs † te le commande. La pieuse intercession de tous les Saints et Saintes † te le commande. La force des Mystères de la foi chrétienne † te le commande. Sors donc, transgresseur, sors séducteur, débordant de ruse et de fausseté, ennemi de la vertu, persécuteur des innocents. Cède la place, toi le cruel, cède la place, toi l'impie, cède la place au Christ en qui tu n'as rien trouvé de tes œuvres, qui te dépouilla, qui détruisit ton règne, qui t'ayant vaincu, te lia et brisa tes vases, qui t'a rejeté dans les ténèbres extérieures, où l'effondrement est déjà préparé pour toi et tes ministres. Mais que résistes-tu en ta violence? Que rétorques-tu en ta témérité? Tu es accusé devant le Dieu Tout-Puissant dont tu as transgressé les décrets. Tu es accusé devant son Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ que tu as osé tenter et en ta présomption fit crucifier. Tu es accusé devant le genre humain à qui tes persuasions ont inoculé le poison de la mort. Je t'adjure donc, dragon vicieux, au Nom de l'Agneau † immaculé qui marcha sur l'aspic et le basilic, qui piétina le lion et le dragon, de t'éloigner de cet homme †, de t'éloigner de l'Église de Dieu †. Tremble et fuis à l'invocation du Nom du Seigneur devant qui tremblent les enfers, à qui sont soumises les Vertus célestes, les Puissances et les Dominations, que les Chérubins et les Séraphins louent inlassablement en disant: «Saint, Saint, Saint, Seigneur Dieu Sabaoth.» Le Verbe fait chair † te l'ordonne. Jésus le Nazaréen † te l'ordonne, lui qui, alors que tu avais méprisé ses disciples, te commanda de sortir de l'homme, expulsé et terrassé. En sa présence, lorsqu'il te séparait de l'homme, tu n'as pas eu honte de te précipiter dans un troupeau de porcs. Adjuré en son Nom †: va-t'en maintenant de l'homme qu'il a lui-même créé! Il est dur pour toi de vouloir résister †. Il est dur pour toi de regimber à l'aiguillon †. Parce que plus tu tardes à sortir, plus ton supplice augmente, car ce ne sont pas les hommes que tu méprises, mais le Seigneur des vivants et des morts qui viendra les juger ainsi que le monde par le feu. Amen.

    V. Seigneur, exaucez ma prière.
    R. Et que mon cri parvienne jusqu'à vous.

    PRIONS

    DIEU du ciel, Dieu de la terre, Dieu des Anges, Dieu des Archanges, Dieu des Patriarches, Dieu des Prophètes, Dieu des Apôtres, Dieu des Martyrs, Dieu des Confesseurs, Dieu des Vierges, Dieu qui avez le pouvoir de donner la vie après la mort, le repos après le labeur, parce qu'il n'y a pas d'autre Dieu que vous et qu'il ne peut y avoir de vrai Dieu sinon vous, le Créateur du ciel et de la terre qui êtes le vrai roi et dont le règne n'aura pas de fin, je supplie humblement la Majesté de votre gloire de bien vouloir libérer votre serviteur des esprits immondes. Par le Christ Notre-Seigneur. Amen.

    TROISIÈME EXORCISME

    JE T'ADJURE donc, tout esprit impur, toute présence, toute incursion de Satan, au Nom de Jésus-Christ † de Nazareth –qui, après le baptême du Jourdain fut conduit au désert et te vainquit sur tes propres terres - de cesser tes attaques contre celui qu'il a formé du limon de la terre en l'honneur de sa gloire. Vois et crains dans cet homme misérable, non l'humaine fragilité mais l'image du Dieu Tout-Puissant. Cède donc à Dieu †, qui en Pharaon et en son armée t'a plongé dans l'abîme par Moïse son serviteur, toi et ta malice. Cède à Dieu † qui, grâce aux cantiques spirituels de son très fidèle serviteur David, t'a mis en fuite et expulsé du roi Saul. Cède à Dieu †, qui en Judas Iscariote le traître t'a condamné. C'est lui, en effet, qui t'atteint de ses coups divins, lui à la vue duquel criant et tremblant avec tes légions tu disais: « Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? Es-tu venu pour nous tourmenter avant le temps? » II te pousse dans les flammes éternelles, Celui qui dira aux impies à la fin des temps: «Éloignez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel préparé pour le diable et pour ses anges. » C'est bien pour toi en effet, impie, et pour tes anges que seront les vers qui ne meurent jamais. Pour toi et tes anges est préparé un incendie inextinguible, parce que tu es le premier des homicides maudits. Tu es l'auteur de l'inceste, le chef des sacrilèges, le maître des pires actions, le docteur des hérésies, l'inventeur de toute obscénité. Sors donc † impie, sors † criminel, sors avec toute ta ruse, parce que Dieu a voulu faire de l'homme son temple. Mais que tardes-tu ici plus longtemps? Rends hommage au Dieu Père Tout-Puissant † devant qui tout genou fléchit. Cède la place au Seigneur Jésus-Christ †, qui pour l'homme a versé son Sang très sacré. Cède la place à l'Esprit Saint †, qui par son bienheureux Apôtre Pierre t'a publiquement terrassé en Simon le magicien et condamné ta ruse en Ananie et Saphire, lui qui t'a frappé dans le roi Hérode qui ne rendait pas hommage à Dieu, lui qui par son Apôtre Paul t'anéantit dans le mage Elimas par les ténèbres de la cécité, et par lui d'un mot te commandant, t'ordonna de sortir de la pythonisse. Va-t'en donc maintenant †, va-t'en † séducteur. Ta place est au désert. Ton habitation c'est le serpent: humilie-toi et prosterne-toi. Il n'est plus temps d'attendre. Voici, en effet, que le Seigneur Maître est tout proche, le feu brûlera devant lui, le précédera et enflammera ses ennemis alentour. Car si tu as trompé l'homme, tu ne pourras pas te moquer de Dieu. Il t'expulse, Celui aux yeux de qui rien n'est caché. Il te chasse, lui le Maître de l'univers. Il t'exclut Celui qui a préparé la géhenne éternelle pour toi et tes anges. De sa bouche sortira un glaive aigu quand il viendra juger les vivants et les morts et le monde par le feu. Amen.

    PRIÈRE APRÈS LA LIBÉRATION

    FAITES, Dieu Tout-Puissant, que l'esprit d'iniquité n'ait plus de pouvoir sur votre serviteur N. (votre servante N.), mais qu'il s'enfuie et ne revienne pas. Que sur votre ordre, Seigneur, celui-ci (celle-ci) soit pénétré(e) de la bonté et de la paix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, par lequel nous avons été rachetés, en sorte que nous n'ayons plus à redouter aucun mal, parce que le Seigneur est avec nous; lui qui vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen. On peut terminer par la prière Notre-Dame Reine des Anges, l'invocation du Précieux Sang de Jésus et l'aspersion de l'eau bénite sur soi, et alentour.

    Source manquante

    https://fr.wikisource.org/wiki/Grand_Exorcisme

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  • C'est pour toi maintenant que j'écris...

    C'est pour toi maintenant que j'écris...   .........©Lysdesaron..

    T'en peux plus parfois quand l'angoisse te saisit.
    Tu te demande quel sera ton avenir,
    Durant ces nuits où tu ne peux dormir.
    Le jour, tu sembles rire mais dire que tu es heureux
    Serait mentir ...
    T'arrête pas dans le silence de gémir,
    Et pourtant tu résistes !
    Dans ce gouffre profond,
    T'aimerait sortir avant de toucher le fond ...
    Tu te protèges derrière un mur de silence,
    Qui te rend triste mais quelle importance...
    Ta douleur est trop profonde,
    Pour croire encore.
    T'a peur de mourir même si tu le dis pas,
    Mais quand l'angoisse est là,
    Tu voudrais qu'elle s'en aille,
    Tant çà te fait mal dans l'âme.
    Y'a quelqu'un qui te regarde,
    Sur toi Ses yeux s'attardent.
    C'est l'être le plus pur, le plus beau,
    Le plus attachant, c'est mon héros.
    Il s'appelle Jésus-Christ, le Fils de Dieu,
    Il est venu pour toi, obéissant au Père.
    Acceptant de payer le prix de Sa vie,
    S'offrant en sacrifice,
    Pour que tu vives dans Sa paix.
    Va dans un lieu secret,
    Là où tu seras seul(e) avec Lui.
    Ouvre lui ton coeur,
    Confie toi au Seigneur.
    Sa voix retentira avec puissance,
    Pour te donner cette assurance,
    Qu'Il t'aime et que tu es Son enfant.
    Donne lui ta vie à présent,
    Où que tu sois, qui que tu sois,
    Il te prendra dans Ses bras
    Et te guidera pas à pas.
    Il t'élèvera sur un rocher,
    Et sera toujours à tes côtés.
    Dieu t'aime mon ami(e)
    Entends Son cri !!!
    Assez de larmes dans ta vie,
    Il est temps de te donner à Lui.
    Ce ne sera pas toujours rose,
    Mais ce sera plus facile car Il te donnera la force
    De surmonter les épreuves,
    Et une couronne d'or te sera réservée dans Son palais.
    Tu seras vêtu d'un habit blanc,
    Et pour toujours tu chanteras Ses louanges.

    ©Lysdesaron

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  • Que ta route soit notre chemin

    Que ta route soit notre chemin ...François Chagneau

    Reste avec nous, Seigneur, nous te le demandons.
    Que ta route demeure notre chemin.
    Nous avons besoin que tu sois là car nous vivons de ta présence,
    et nous sommes ce que tu es.
    Tu es tellement tout ce que nous cherchons obscurément dans notre nuit,
    tu es tellement la force qui donne à notre lutte
    la certitude d'une victoire de l'amour.

     

    Reste avec nous, Seigneur, et ne va pas plus loin.
    il est encore si proche, cet unique moment où nous t'avons rencontré,
    où tu semblais nous attendre, quand nous te cherchions.
    Tu ne nous as pas tout dit, et nous voudrions tant te connaître un peu mieux,
    profiter que tu es là pour être encore dans la paix.
    Si tu t'en vas encore, il nous faudra reprendre cette quête sans fin
    qui seule répondra à la profondeur de notre vide.

    Reste avec nous Seigneur, car pour nous tous les jours,
    il se fait vraiment tard.



    François Chagneau

     

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  •  

    27 décembre. Saint Jean, Apôtre et Evangéliste.

     

    Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres."
    Précepte favori de saint Jean.

    " Comme évangéliste, saint Jean a été un oracle de vérité ; comme apôtre, il a été un modèle de fidélité ; comme disciple de Jésus, il a été un modèle de charité."
    Du Jarry. Essais de panégyriques.


    Notre Seigneur Jésus-Christ entouré de Notre Dame et de saint Jean.

    Rogier van der Weyden. XVe.

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    Après Etienne, le premier des Martyrs, Jean, l'Apôtre et l'Evangéliste, assiste le plus près à la crèche du Seigneur. Il était juste que la première place fût réservée à celui qui a aimé l'Emmanuel jusqu'à verser son sang pour son service ; car, comme le dit le Sauveur lui-même, il n'est point de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime (Johan. XV, 13.) ; et le Martyre a toujours été considéré par l'Eglise comme le dernier effort de la charité, ayant même la vertu de justifier le pécheur dans un second Baptême. Mais après le sacrifice du sang, le plus noble, le plus courageux, celui qui gagne par-dessus tout le cœur de l'Epoux des âmes, c'est le sacrifice de la virginité. Or, de même que saint Etienne est reconnu pour le type des Martyrs, saint Jean nous apparaît comme le Prince des Vierges. Le Martyre a valu à Etienne la couronne et la palme ; la Virginité a mérité à Jean des prérogatives sublimes, qui, en même temps qu'elles démontrent le prix de la chasteté, placent aussi ce Disciple parmi les principaux membres de l'humanité.

    Jean eut l'honneur de naître du sang de David, dans la famille même de la très pure Marie ; il fut donc parent de notre Seigneur, selon la chair. Un tel honneur lui fut commun avec saint Jacques le Majeur, son frère, fils de Zébédée comme lui ; avec saint Jacques le Mineur et saint Jude, fils d'Alphée ; mais, dans la fleur de sa jeunesse, Jean laissa, non seulement sa barque et ses filets, non seulement son père, mais sa fiancée, au moment de célébrer de chastes noces. Il suivit le Christ et ne regarda pas en arrière ; c'est pourquoi la tendresse particulière du cœur de Jésus lui fut acquise ; et tandis que les autres étaient Disciples et Apôtres, il fut l'Ami du Fils de Dieu. La raison de cette rare prédilection fut donc, ainsi que le proclame l'Eglise, le sacrifice de virginité que Jean offrit à l'Homme-Dieu. Or, il convient de relever ici, au jour de sa fête, les grâces et les prérogatives qui ont découlé pour lui de l'heureux avantage de cette amitié céleste.


    Saint Jean. Simone Martini. XIVe.

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    Ce seul mot du saint Evangile : " le Disciple que Jésus aimait ", en dit plus, dans son admirable concision, que tous les commentaires. Pierre, sans doute, a été choisi pour être le Chef des autres Apôtres et le fondement de l'Eglise ; il a été plus honoré ; mais Jean a été plus aimé. Pierre a reçu l'ordre d'aimer plus que les autres ; il a pu répondre au Christ, par trois fois, qu'il en était ainsi ; cependant, Jean a été plus aimé du Christ que Pierre lui-même, parce qu'il convenait que la virginité fût honorée.

    La chasteté des sens et du cœur a la vertu d'approcher de Dieu l'homme qui la conserve, et d'attirer Dieu vers lui ; c'est pourquoi, dans le moment solennel de la dernière Cène, de cette Cène féconde qui devait se renouveler sur l'autel jusqu'à la fin des temps, pour ranimer la vie dans les âmes et guérir leurs blessures, Jean fut placé auprès de Jésus lui-même, et non seulement il eut cet honneur insigne, mais dans ces derniers épanchements de l'amour du Rédempteur, ce fils de sa tendresse osa reposer sa tête sur la poitrine de l'Homme-Dieu. Ce fut alors qu'il puisa, à leur source divine, la lumière et l'amour ; et cette faveur, qui était déjà une récompense, devint le principe de deux grâces signalées qui recommandent spécialement saint Jean à l'admiration de toute l'Eglise.


    Déposition avec Notre Dame et saint Jean - Panneau central.

    Quentin Massys. Anvers. Flandres. XVe.

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    En effet, la Sagesse divine ayant voulu manifester le mystère du Verbe, et confier à l'écriture des secrets que jusqu'alors aucune plume humaine n'avait été appelée à raconter, Jean fut choisi pour ce grand œuvre. Pierre était mort sur la croix, Paul avait livré sa tête au glaive, les autres Apôtres avaient successivement scellé leur témoignage de leur sang ; Jean restait seul debout, au milieu de l'Eglise ; et déjà l'hérésie, blasphémant l'enseignement apostolique, cherchait à anéantir le Verbe divin, et ne voulait plus le reconnaître pour le Fils de Dieu, consubstantiel au Père.

    Jean fut invité par les Eglises à parler, et il le fit dans un langage tout du ciel. Son divin Maître lui avait réservé, à lui, pur de toute souillure, d'écrire de sa main mortelle des mystères que ses frères n'avaient été appelés qu'à enseigner : le Verbe, Dieu éternel, et ce même Verbe fait chair pour le salut de l'homme. Par là il s'éleva, comme l'Aigle, jusqu'au divin Soleil ; il le contempla sans en être ébloui, parce que la pureté de son âme et de ses sens l'avait rendu digne d'entrer en rapport avec la Lumière incréée. Si Moïse, après avoir conversé avec le Seigneur dans la nuée, se retira de ces divins entretiens le font orné de merveilleux rayons, combien radieuse devait être la face vénérable de Jean, qui s'était appuyée sur le Cœur même de Jésus, où, comme parle l'Apôtre, sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science (Col. II, 3.) ! combien lumineux ses écrits ! combien divin son enseignement ! Aussi, ce type sublime de l'Aigle montré par Ezéchiel, et confirmé par saint Jean lui-même dans sa Révélation, lui a-t-il été appliqué par l'Eglise, avec le beau nom de Théologien que lui donne toute la tradition.


    Saint Jean. Alessandro Algardi. XVIIe.

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    A cette première récompense qui consiste dans la pénétration des mystères, le Sauveur joignit pour son bien-aimé Disciple une effusion d'amour inaccoutumée, parce que la chasteté, en désintéressant l'homme des affections grossières et égoïstes, l'élève à un amour plus pur et plus généreux. Jean avait recueilli dans son cœur les discours de Jésus : il en fit part à l'Eglise, et surtout il révéla le divin Sermon de la Cène, où s'épanche l'âme du Rédempteur, qui, ayant aimé les siens, les aima jusqu'à la fin (Johan. XIII, 1.). Il écrivit des Epîtres, et ce fut pour dire aux hommes que Dieu est amour (I Johan. IV, 8.) ; que celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu (Ibid.) ; que la charité bannit la crainte (Ibid. 18.). Jusqu'à la fin de sa vie, jusque dans les jours de son extrême vieillesse, il insista sur l'amour que les hommes se doivent les uns aux autres, à l'exemple du Dieu qui les a aimés ; et de même qu'il avait annoncé plus clairement que les autres la divinité et la splendeur du Verbe, ainsi plus que les autres se montra-t-il l'Apôtre de cette infinie charité que l'Emmanuel est venu allumer sur la terre.

    Mais le Seigneur lui réservait un don véritablement digne du Disciple vierge et bien-aimé. En mourant sur la croix, Jésus laissait Marie sur la terre ; déjà, depuis plusieurs années, Joseph avait rendu son âme au Seigneur. Qui veillerait donc sur un si sacré dépôt ? qui serait digne de le recevoir ? Jésus enverrait-il ses Anges pour garder et consoler sa Mère : Car quel homme sur la terre mériterait un tel honneur ? Du haut de sa croix, le Sauveur aperçut le disciple vierge ; tout est fixé : Jean sera un fils pour Marie, Marie sera une mère pour Jean ; la chasteté du disciple l'a rendu digne de recevoir un legs si glorieux. Ainsi, suivant la belle remarque de saint Pierre Damien, " Pierre recevra en dépôt l'Eglise, Mère des hommes ; mais Jean recevra Marie, Mère de Dieu ". Il la gardera comme son bien, il remplacera auprès d'elle son divin Ami ; il l'aimera comme sa propre mère ; il en sera aimé comme un fils.


    Retable de saint Jean. Panneau central. Notre Dame et son divin Enfant avec saint Jean-Baptiste et saint Jean.

    Hans Memling. XVe.

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    Environné de tant de lumière, réchauffé par tant d'amour, nous étonnerons-nous que Jean soit devenu l'ornement de la terre, la gloire de l'Eglise ? Aussi, comptez, si vous pouvez, ses titres ; énumérez ses qualités. Parent du Christ par Marie, Apôtre, Vierge, Ami de l'Epoux, Aigle divin, Théologien sacré, Docteur de la Charité, fils de Marie, il est encore Evangéliste par le récit qu'il nous a laissé de la vie de son Maître et Ami ; Ecrivain sacré par ses trois Epîtres inspirées de l'Esprit-Saint ; Prophète par sa mystérieuse Apocalypse, qui renferme les secrets du temps et de l'éternité. Que lui a-t-il donc manqué ? La palme du Martyre ? On ne le saurait dire ; car, s'il n'a pas consommé son sacrifice, il a néanmoins bu le calice de son Maître lorsque, après une cruelle flagellation, il fut plongé dans l'huile bouillante, devant la Porte-Latine, à Rome. Jean fut donc Martyr de désir et d'intention, sinon d'effet ; et si le Seigneur, qui le voulait conserver dans son Eglise comme un monument de son estime pour la chasteté et des honneurs qu'il réserve à cette vertu arrêta miraculeusement l'effet d'un affreux supplice, le cœur de Jean n'en avait pas moins accepté le Martyre dans toute son étendue.

    Tel est le compagnon d'Etienne, près du berceau dans lequel nous honorons l'Enfant divin. Si le Proto-martyr éclate par la pourpre de son sang, la blancheur virginale du fils adoptif de Marie n'est-elle pas éblouissante au-dessus de celle de la neige ? Les lis de Jean ne peuvent-ils pas marier leur innocent éclat à la vermeille splendeur des roses de la couronne d'Etienne ? Chantons donc gloire au Roi nouveau-né, dont la cour brille de si riantes et de si fraîches couleurs. Cette céleste compagnie s'est formée sous nos yeux. D'abord nous avons vu Marie et Joseph seuls dans l'étable auprès de la crèche ; l'armée des Anges a bientôt paru avec ses mélodieuses cohortes ; les bergers sont venus ensuite avec leurs cœurs humbles et simples ; puis, voici Etienne le Couronné, Jean le Disciple chéri ; et en attendant les Mages, d'autres viendront bientôt accroître l'éclat de la pompe, et réjouir de plus en plus nos cœurs. Quelle Naissance que celle de notre Dieu ! Si humble qu'elle paraisse, combien elle est divine ! Et quel Roi de la terre, quel Empereur a jamais eu autour de son splendide berceau des honneurs pareils à ceux de l'Enfant de Bethléhem ?


    Saint Jean. Diego Velasquez. XVIIe.

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    Unissons nos hommages à ceux qu'il reçoit de tous ces heureux membres de sa cour ; et si nous avons hier ranimé notre foi, à la vue des palmes sanglantes d'Etienne, aujourd'hui réveillons en nous l'amour de la chasteté, à l'odeur des célestes parfums que nous envoient les fleurs de la virginale couronne de l'Ami du Christ.

    Jean, dernier survivant de la première génération chrétienne, se trouvait à Rome au temps où la persécution de Domitien était dans son fort. Le fait paraît incontestable, seules les circonstances qui l'accompagnèrent demeurent dans le vague. Il faut donc s'en tenir à ce que nous savons et laisser dans l'oubli qu'elles méritent les fantaisies légendaires dora on a entouré le martyre du vieil apôtre. Il paraît avoir souffert vers l'endroit où exista plus tard la porte Latine, laquelle ne reçut ce nom que dans l'enceinte d'Aurélien commencée en 271. A la suite de cet événement miraculeux, l'administration romaine déporta Jean dans l'île de Patmos.


    Ebouillantement de saint Jean. Bartolommeo Di Giovanni. XVe.

    Jean veut dire grâce de Dieu, ou en qui est la grâce, ou auquel la grâce a été donnée, ou auquel un don a été fait de la part de Dieu.

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    De là quatre privilèges de saint Jean :

    - Le premier fut l’amitié particulière de Notre Seigneur Jésus-Christ. En effet, le Sauveur aima saint Jean plus que les autres apôtres et lui donna de plus grandes marques d'affection et de familiarité. Il veut donc dire grâce de Dieu parce qu'il fut gracieux à Dieu. Il paraît même qu'il a été aimé plus que Pierre. Mais il y a amour de coeur et démonstration de cet amour. On trouve deux sortes de démonstrations d'amour : l’une qui consiste dans la démonstration de la familiarité, et l’autre dans les bienfaits accordés. Il aima Jean et Pierre également. Mais quant à l’amour de démonstration, il aima mieux saint Jean, et quant aux bienfaits donnés, il préféra Pierre.

    - Le second privilège est la parole de la chair ; en effet, saint Jean a été choisi vierge par le Seigneur ; alors en lui est la grâce, c'est-à-dire la grâce de la pureté virginale, puisqu'il voulait se marier quand Notre Seigneur Jésus-Christ l’appela
    (c'est l’opinion de Bède, Sermon des Jean ; de Rupert, Sur Saint Jean, ch. I ; de saint Thomas d'Aquin, t. II, p. 186 ; de sainte Gertrude en ses Révélations, liv. IV, c. IV.).

    - Le troisième privilège, c'est la révélation des mystères : en effet, il lui a été donné de connaître beaucoup de mystères, par exemple, ce qui concerne la divinité du Verbe et la fin du monde.

    - Le quatrième privilège, c'est d'avoir été chargé du soin de la mère de Dieu : alors on, peut dire qu'il a reçu un don de Dieu. Et c'était le plus grand présent que le Seigneur put faire que de lui,confier le soin de sa mère. Sa vie a été écrite par Miletus
    (le livre de Miletus a été publié en dernier lieu à Leipsig, par Heine, 1848. Il est reproduit ici en majeure partie), évêque de Laodicée, et abrégée par Isidore dans son livre De la naissance, de la vie et de la mort des Saints Pères.


    L'Immaculée Conception et saint Jean. El Greco. XVIe.

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    Jean, apôtre et évangéliste, le bien-aimé du Seigneur, avait été élu alors qu'il était encore vierge. Après la Pentecôte, et quand les apôtres se furent séparés, il partit pour l’Asie, où il fonda un grand nombre d'églises. L'empereur Domitien, qui entendit parler de lui, le fit venir et jeter dans une cuve d'huile bouillante, à la porte Latine. Il en sortit sain et entier, parce qu'il avait vécu affranchi de la corruption de la chair (Tertullien, Prescriptions, ch. XXXVI).

    L'empereur ayant su que Jean n'en continuait pas moins à prêcher, le relégua en exil dans l’île inhabitée de Pathmos et où le saint écrivit l’Apocalypse. Cette année-là, l’empereur fut tué en haine de sa grande cruauté et tous ses actes furent annulés par le sénat ; en sorte que saint Jean, qui avait été bien injustement déporté dans cette île, revint à Ephèse, où il fut reçu avec grand honneur par tous les fidèles qui se pressèrent au-devant de lui en disant :
    " Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur."
    Il entrait dans la ville, comme on portait en terre Drusiane qui l’aimait beaucoup et qui aspirait ardemment son arrivée. Les parents, les veuves et les orphelins lui dirent :
    " Saint Jean, c'est Drusiane que nous allons inhumer ; toujours elle souscrivait à vos avis, et nous nourrissait tous ; elle souhaitait vivement votre arrivée, en disant " Ô si j'avais le bonheur de voir l’apôtre de Dieu avant de mourir !" Voici que vous arrivez et elle n'a pu vous voir."
    Alors Jean ordonna de déposer le brancard et de délier le cadavre :
    " Drusiane, dit-il, que mon Seigneur Jésus-Christ te ressuscite, lève-toi, va dans ta maison et me prépare de la nourriture."
    Elle se leva aussitôt, et s'empressa d'exécuter l’ordre de l’apôtre, tellement qu'il. lui semblait qu'il l’avait réveillée et non pas ressuscitée.


    Saint Jean et la coupe de Poison. Alonso Cano. XVIIe.

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    Le lendemain, Craton le philosophe convoqua le peuple sur la place, pour lui apprendre comment on devait mépriser ce monde. Il avait fait acheter à deux frères très riches, du produit de leur patrimoine, des pierres précieuses qu'il fit briser en présence de l’assemblée.
    L'apôtre vint à passer par là et appelant le philosophe auprès de lui, il condamna cette manière de mépriser le monde par trois raisons :
    1. il est loué par les hommes, mais il est réprouvé par le jugement de Dieu ;
    2. ce mépris ne guérit pas le vice ; il est donc inutile, comme est inutile le médicament qui ne guérit point le malade ;
    3. ce mépris est méritoire pour celui qui donne ses biens aux pauvres. Comme le Seigneur dit au jeune homme :
    " Allez vendre tout ce que vous avez et le donnez aux pauvres." Craton lui dit :
    " Si vraiment ton Dieu est le maître, et qu'il veuille que le prix de ces pierreries soit donné aux pauvres, fais qu'elles redeviennent entières, afin que, de ta part, cette oeuvre tourne à sa gloire, comme j'ai agi pour obtenir de la renommée auprès des. hommes."

    Alors saint Jean, rassemblant dans sa main les fragments de ces pierres, fit une prière, et elles redevinrent entières comme devant. Aussitôt le philosophe ainsi que les deux jeunes gens crurent, et vendirent les pierreries, dont ils distribuèrent le prix aux pauvres.

    Deux, autres jeunes tiens d'une famille honorable imitèrent l’exemple des précédents, vendirent tout ce qu'ils avaient, et après l’avoir donné aux pauvres, ils suivirent l’apôtre. Mais un jour qu'ils voyaient leurs serviteurs revêtus de riches et brillants vêtements, tandis qu'il ne leur restait qu'un seul habit, ils furent pris de tristesse. Saint Jean, qui s'en aperçut à leur physionomie, envoya chercher sur le bord de la mer des bâtons et des cailloux qu'il changea en or et en pierres fines. Par l’ordre de l’apôtre, ils les montrèrent pendant sept jours à tous les orfèvres et à tous les lapidaires ; à leur retour ils racontèrent que ceux-ci n'avaient jamais vu d'or plus pur ni des, pierreries si précieuses ; et il leur dit :
    " Allez racheter vos terres que vous avez vendues, parce que vous avez perdu les richesses du ciel ; brillez comme des fleurs afin de vous faner comme elles ; soyez riches dans le temps pour que vous soyez mendiants dans l’éternité."


    Saint Jean à Patmos. Grandes heures d'Etienne Chevalier.

    Jean Fouquet. XVe.

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    Alors l’apôtre parla plus souvent encore contre les richesses, et montra que pour six raisons, nous devions être préservés de l’appétit immodéré de la fortune :
    - la première tirée de l’Ecriture, dans le récit du riche en sa table que Dieu réprouva, et du pauvre Lazare que Dieu élut ;
    - la seconde puisée dans la nature, qui nous fait venir pauvres et nus, et mourir sans richesses ;
    - la troisième prise de la créature : le soleil, la lune, les astres, la pluie, l’air étant communs à tous et partagés entre tous sans préférence, tous les biens devraient donc être en commun chez les hommes ;
    - la quatrième, est la fortune. Il dit alors que le riche devient l’esclave de l’argent et du diable ; de l’argent, parce qu'il ne possède pas les richesses, mais que ce sont elles qui le possèdent ; du diable, parce que, d'après l’évangile, celui qui aime l’argent est l’esclave de Mammon ;
    - la cinquième est l’inquiétude : ceux qui possèdent ont jour et nuit des soucis, soit pour acquérir, soit pour conserver ;
    - la sixième, ce sont les risques et périls auxquels sont exposées les richesses ; d'où résultent deux sortes de maux : ici-bas, l’orgueil ; dans l’éternité, la damnation éternelle : perte de deux sortes de biens : ceux de la grâce, dans la vie présente ceux de la gloire éternelle, dans la vie future.


    Saint Jean à Patmos. Hans Baldung. XVIe.

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    Au milieu de cette discussion contre les richesses, voici, qu'on portait en terre un jeune homme mort trente jours après son mariage. Sa mère, sa veuve et les autres qui le pleuraient, vinrent se jeter aux pieds de l’apôtre et le prier de le ressusciter comme Drusiane au nom du Seigneur. Après avoir pleuré beaucoup et avoir prié, Jean ressuscita à l'l’instant le jeune homme auquel il ordonna de raconter à ces deux disciples quel châtiment ils avaient encouru et quelle gloire ils avaient perdue. Celui-ci raconta alors bien des faits, qu'il, avait vus sur la gloire du paradis, et sur les peines de l’enfer.
    Et il ajouta :
    " Malheureux que vous êtes, j'ai vu vos anges dans les pleurs et les démons dans la joie ; puis il leur dit, qu'ils avaient perdu les palais éternels construits des pierreries brillantes, resplendissant d'une clarté merveilleuse, remplis de banquets copieux, pleins de délices, et d'une joie, d'une gloire interminables."

    Il raconta huit peines de l’enfer qui sont renfermées dans ces deux vers :
    " Vers et ténèbres, tourment, froid et feu,
    Présence du démon, foule de criminels, pleurs."


    Alors celui qui avait été ressuscité se joignit aux deux disciples qui se prosternèrent aux pieds de l’apôtre et le conjurèrent de leur faire miséricorde.
    L'apôtre leur dit :
    " Faites pénitence trente jours pendant lesquels priez que ces bâtons et ces pierres reviennent dans leur état naturel."
    Quand ils eurent exécuté cet ordre, il leur dit :
    " Allez porter ces bâtons et ces pierres où vous les avez pris."

    Ils le firent ; les bâtons et les pierres redevinrent alors ce qu'ils étaient, et les jeunes gens recouvrèrent la grâce de toutes les vertus, qu'ils avaient possédées auparavant.


    Saint Jean à Patmos. Jérôme Bosch. XVe.

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    Après que Jean eut prêché par toute l’Asie, les adorateurs de Jules excitèrent une sédition parmi le peuple et traînèrent le saint à un temple de Diane pour le forcer à sacrifier. Jean leur proposa cette alternative ou qu'en invoquant Diane, ils fissent crouler l’église de Notre Seigneur Jésus-Christ, et qu'alors il sacrifierait aux idoles ; ou qu'après avoir lui-même invoqué Notre Seigneur Jésus-Christ, il renverserait le temple de Diane et alors eux-mêmes crussent en Notre Seigneur Jésus-Christ.
    La majorité accueillit la proposition et tous sortirent du temple ; l’apôtre fit sa prière et le temple croula jusque dans ses fondations et l’image de Diane fut réduite en pièces.
    Mais le pontife des idoles, Aristodème, excita une affreuse sédition dans le peuple ; une partie se préparait à se ruer contre l’autre. L'apôtre lui dit :
    " Que veux-tu que je fasse pour te fléchir ?
    - Si tu veux, répondit Aristodème, que je croie en ton Dieu, je te donnerai du poison à boire, et si tu n'en ressens pas les atteintes, ton Seigneur sera évidemment le vrai Dieu."

    L'apôtre reprit :
    " Fais ce que tu voudras.
    - Je veux, dit Aristodème, que tu en voies mourir d'autres auparavant afin que ta crainte augmente."

    Aristodème alla demander au proconsul deux condamnés à mort, auxquels, en présence de tous, il donna du poison. A peine l’eurent-ils pris qu'ils rendirent l’âme.
    Alors l’apôtre prit la coupe et se fortifiant du signe de la croix, il avala tout le poison sans éprouver aucun mal, ce qui porta tous les assistants à louer Dieu.
    Aristodème dit encore :
    " Il me reste un doute, mais si tu ressuscites ceux qui sont morts du poison, je croirai indubitablement."
    Alors l’apôtre lui donna sa tunique :
    " Pourquoi, lui dit-il, m’as-tu donné ta tunique ?
    - C'est, lui répondit saint Jean, afin que tu sois tellement confus que tu brises avec ton infidélité.
    - Est-ce que ta tunique me fera croire ?
    - Va la mettre sur les corps de ceux qui sont morts et dis : " l'apôtre de Notre Seigneur Jésus-Christ m’a envoyé vers vous pour vous ressusciter " au nom de Jésus-Christ "."

    Il l’eut à peine fait que sur-le-champ ils ressuscitèrent.
    Alors l’apôtre baptisa au nom de Notre Seigneur Jésus-Christ le pontife et le proconsul qui crurent, eux et toute leur famille ; ils élevèrent ensuite une église en l’honneur de saint Jean.


    Saint Jean à Patmos. Hans Burgkmair. XVIe.

    *****

    Saint Clément d'Alexandrie rapporte, dans le IVe livre de l’Histoire ecclésiastique(Clément d'Alexandrie, Quis dives, ch. XLII ; Eusèbe, l. III., ch. XXIII ; Saint Chrysostome, ad Theodos lapsum, liv. I, ch. II.), que l’apôtre convertit un jeune homme beau, mais fier, et le confia à un évêque à titre de dépôt. Peu de temps après, le jeune homme abandonne l’évêque et se met à la-tête d'une bande de voleurs. Or quand l’apôtre revint, il réclama son dépôt à l’évêque.
    Celui-ci croit qu'il est question d'argent et reste assez étonné. L'apôtre lui dit :
    " C'est ce jeune homme que je vous réclame ; c'est celui que je vous avais recommandé d'une manière si pressante.
    - Père saint, répondit l’évêque, il est mort quant à l’âme et il reste sur une telle montagne avec des larrons dont il est lui-même le chef."

    En entendant ces paroles, saint Jean déchire ses vêtements, se frappe la tête avec les poings :
    " J'ai trouvé là un bon gardien de l’âme d'un frère, ajouta-t-il !"
    Il se fait aussitôt préparer un cheval et court avec intrépidité vers la montagne. Le jeune homme, l’ayant reconnu, fut couvert de honte et s'enfuit aussitôt sur son cheval.
    L'apôtre oublie son âge, pique son coursier de ses éperons et crie après le fuyard :
    " Bien-aimé fils, qu'as-tu à fuir devant un père et un vieillard sans défense ? Ne crains pas, mon fils ; je rendrai compte de toi à Notre Seigneur Jésus-Christ, et bien certainement je mourrai volontiers pour toi, comme Notre Seigneur Jésus-Christ est mort pour nous. Reviens, mon fils, reviens ; c'est le Seigneur qui m’envoie."
    En entendant cela, le brigand fut tout contrit, revint et pleura à chaudes larmes. L'apôtre se jeta à ses pieds et se mit à embrasser sa main comme si elle eût déjà été purifiée par la pénitence : il jeûna et pria pour lui, obtint sa grâce et par la suite il l’ordonna évêque.


    Vision de saint Jean. Jacobello Alberegno. XIVe.

    *****

    On lit encore dans l’Histoire ecclésiastique (Eusèbe, liv. IV, ch. XIV ; Saint Irénée, Advers. Haeres, liv. III, ch. III ; Théodor., liv. II.) et dans la glose sur la seconde épître canonique de saint Jean, que ce saint étant entré à Ephèse pour prendre un bain, il y vit Cérinthe l’hérétique et qu'il se retira vite en disant :
    " Fuyons d'ici, de peur que l’établissement ne croule sur nous ; Cérinthe, l’ennemi de la vérité, s'y baigne."

    Cassien (XXIVe conférence, ch. XXI.), au livre de ses conférences, raconte qu'un homme apporta une perdrix vivante à saint Jean. Le saint la caressait et la flattait pour l’apprivoiser. Un enfant témoin de cela dit en riant à ses camarades :
    " Voyez comme ce vieillard joue avec un petit oiseau comme ferait un enfant."
    Saint Jean devina ce qui se passait, appela l’enfant qui lui dit :
    " C'est donc vous qui êtes Jean qui faites cela et qu'on dit si saint ?"
    Jean lui demanda ce qu'il tenait à la main. Il lui, répondit qu'il avait un arc :
    " Et qu'en fais-tu ?
    - C'est pour tuer des oiseaux et des bêtes.
    - Comment ?"

    Alors l’enfant banda son arc et le tint ainsi à la main. Comme l’apôtre ne lui disait rien, le jeune homme débanda son arc :
    " Pourquoi donc, mon fils, lui dit Jean, as-tu débandé ton arc ?
    - C'est que si je le tenais plus longtemps tendu, il deviendrait trop mou pour lancer les flèches."

    Alors l’apôtre dit :
    " Il en est de même de l’infirmité humaine, elle s'affaiblirait dans la contemplation, si en restant toujours fermement occupée, sa fragilité ne prenait pas quelques instants de relâche. Vois l’aigle ; il vole plus haut que tous les oiseaux, il regarde fixement le soleil, et cependant, par la nécessité de sa nature, il descend sur la terre. Ainsi l’esprit de l’homme, qui se relâche un peu de la contemplation, se porte avec plus d'ardeur vers les choses célestes, en renouvelant souvent ses essais."


    Saint Jean. Domenico Ghirlandaio. Cathédrale de Sienne. XVe.

    *****

    Saint Jérôme (Sur l'épître aux Galates) assure que saint Jean vécut à Ephèse jusqu'à une extrême vieillesse ; c'était avec, difficulté que ses disciples le portaient à bras à l’église ; il ne pouvait dire que quelques mots, et à chaque pause il répétait :
    " Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres."
    Enfin étonnés de ce qu’il disait toujours la même chose, les frères qui étaient avec lui, lui demandèrent :
    " Maître, pourquoi répétez-vous toujours les mêmes paroles ?"
    Il leur répondit que c'était le commandement du Seigneur ; et que si on l’observait, cela suffisait.

    Hélinand rapporte (il est probable que le bienheureux Jacques de Voragine, auteur de ces lignes extraites de La légende dorée, possédait le commencement de la chronique d'Hélinand, dans les ouvrages duquel nous n'avons pas rencontré trace de ce fait ; on sait qu'il ne nous reste de son histoire qu'à partir de l’année 634, au livre XLV) aussi que quand saint Jean l’évangéliste entreprit d'écrire son évangile, il indiqua un jeûne par avance, afin de demander dans la prière d'écrire que son livre soit digne du sujet. Il se retira, dit-on, dans un lieu solitaire pour écrire la parole de Dieu, et qu'il pria que tandis qu'il vaquerait à ce travail, il ne fût gêné ni par la pluie ni par le vent. Les éléments, dit-on, respectent encore aujourd'hui, en ce lieu, les prières de l’apôtre.


    Saint Jean. Andrea del Castagno. Fresque de l'église Saint-Zaccharie de Venise. XVe.

    *****

    A l’âge de quatre-vingt-dix-huit ans et l’an soixante-sept, selon Isidore (De ortu et obitu Patrum, ch. LXXII.), après la passion du Seigneur, Notre Seigneur Jésus-Christ lui apparut avec ses disciples et lui dit :
    " Viens avec moi, mon bien-aimé, il est temps de t'asseoir à ma table avec tes frères."
    Jean se leva et voulut marcher. Le seigneur lui dit :
    " Tu viendras auprès de moi dimanche."
    Or le dimanche arrivé ; tout le peuple se réunit à l’Eglise qui avait été dédiée en son nom. Dès le chant des oiseaux, il se mit à prêcher, exhorta les chrétiens à être fermes dans la foi et fervents à pratiquer les commandements de Dieu. Puis il fit creuser une fosse carrée vis-à-vis l’autel et en jeter la terre hors de l’église. Il descendit dans la fosse, et les bras étendus, il dit à Dieu :
    " Seigneur Jésus-Christ, vous m’avez invité à votre festin ; je viens vous remercier de l’honneur que vous m’avez fait ; je sais que c'est de tout coeur, que j'ai soupiré après vous."
    Sa prière finie, il fut environné d'une si grande lumière que personne ne put le regarder. Quand la lumière eut disparu, on trouva la fosse pleine de manne, et jusqu'aujourd'hui il se forme de la manne en ce lieu, de telle sorte qu'au fond de la fosse, il paraît sourdre un sable fin comme on voit l’eau jaillir d'une fontaine (saint Augustin, sur Saint Jean, homélie 424 ; Grégoire de Tours, Gloria M., liv. I, ch. XXX ; Itinerarium Willebaudi, en l’an 745).


    Saint Jean à Patmos. Alonso Cano. XVIIe.

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    Saint Edmond, roi d'Angleterre, n'a jamais rien refusé à quelqu'un qui lui adressait une demande au nom de saint Jean l’Evangéliste. Un pèlerin lui demanda donc un jour l’aumône avec importunité au nom de saint Jean l’évangéliste ; alors que son camérier était absent. Le roi ; qui n'avait rien sous la main qu'un anneau de prix le lui donna. Plusieurs jours après, un soldat anglais, qui était outre-mer, fut chargé de remettre au roi l’anneau de la part du même pèlerin qui lui dit :
    " Celui à qui et pour l’amour duquel vous avez donné cet anneau, vous le renvoie."
    On vit clairement par là que c'était saint Jean qui lui était apparu sous la figure d'un pèlerin. Isidore, dans son livre De la naissance, de la vie et de la mort des Saints Pères, dit ces mots :
    " Jean a changé en or les branches d'arbres des forêts, les pierres du rivage en pierreries, des fragments de perles cassées redevinrent entières ; à son ordre une veuve fut ressuscitée ; il fit rappeler l’âme dans le corps d'un jeune homme ; il but un poison mortel et échappa au danger, enfin il rendit à la vie ceux qui avaient bu de ce poison et qui avaient été tués."

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