• LA BOITE DE PANDORE

    LA BOITE DE PANDORE....

    Dans la boite de Pandore, ce n'est pas la liberté que nous allons trouver !
             C'est un peu le fruit défendu de la bible, celui qui déclencha tous les maux de la terre.

             Cette pomme, parabole explicite, des sages qui ont accompagné les êtres humains de différentes confessions en ont colporté le sens sous différentes sortes dont cette satanée boite de Pandore.

             La mentalité polythéiste voit Pandore comme celle qui donna à l'homme la possibilité de s'améliorer dans les épreuves et l'adversité, ce que les monothéistes appellent les MAUX. Elle lui donna aussi la force d'affronter ces épreuves grâce à l'ESPOIR.

    LA BOITE DE PANDORE....

    Quelques grands artistes ont illustré cette boite de Pandore !
             Dans la philosophie païenne, Pandore est, à la fois, la source des MAUX, de laFORCE, de la DIGNITE et de la BEAUTE, puisque l'être humain ne peut s'améliorer sans...

    ...ADVERSITE
             Nous allons le savoir ! En croyant affirmer un liberté absolue, nous avons ouvert la boite de Pandore, et nous ne pouvons  compter que sur l'...

    ...ESPOIR

    http://erastosthenealexandrie.blogspot.fr/

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  • Communication avec Dieu

    Communication avec Dieu

    Dis maman, c'est si important que cela de parler au bon Dieu ?

    - Bien sûr ma chérie, sinon comment lui dire qu'on l'aime ?

    - Mais c'est difficile de parler avec quelqu'un qu'on ne voit pas.

    - Alors pense à papa quand il est en voyage. Nous l'appelons au téléphone, nous lui racontons tout ce que nous voulons, et c'est un peu comme s'il était avec nous.

    - Tu sais, moi, papa je le reconnais à sa voix. Et quand je lui parle au téléphone, je peux même le voir en fermant les yeux.

    - Eh bien Elodie, avec Jésus c'est un peu pareil !

    - Comment cela ?

    - Tu l'appelles avec ton "portable intérieur". Tu lui parles et tu écoutes Sa Parole qui vient vers toi. Tu peux même le voir en fermant les yeux si tu penses très fort à tout ce que tu as lu sur lui dans les Evangiles.

    - Mais que faire pour établir cette communication ?

    - D'abord t'y préparer : faire silence en toi et prendre conscience que Jésus est toujours là où tu es et qu'il est continuellement à ton écoute.

    - Vraiment ?

    - Oui ma chérie. Avec le Bon Dieu, ce qu'il y a de merveilleux, c'est qu'il est à l'écoute des hommes 24 heures sur 24.

    - Alors, il ne débranche jamais ?

    - A l'inverse de nous, jamais ! Mais il y a beaucoup de choses qui peuvent gêner la communication.

    - Quoi, par exemple ?

    - D'abord elle risque d'être mauvaise ou imparfaite si tu l'établis en pensant à autre chose.

    - Tu crois ?

    - J'en suis sûre. De plus, la Parole de Dieu est toujours très douce, si bien que tu ne peux pas l'entendre si tu parles sans arrêt.

    - Et s'il ne me dit rien, qu'est-ce que je fais ?

    - Avant d'affirmer qu'il ne te dit rien, tu vérifies que ce n'est pas toi qui a raccroché sans faire attention.

    - Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

    - En effet, Dieu peut sembler ne pas te répondre, si tu lui demandes quelque chose rien que pour toi, ou quelque chose qui, au fond, n'est pas bon pour toi. Il peut aussi te faire attendre tout simplement pour voir si tu l'aimes vraiment !

    - Ah bon!

    - Tu sais, notre Père du ciel est le modèle des papas de la terre. Il n'accède pas toujours ni tout de suite aux demandes de ses enfants. De plus, il aime bien les petits appels réguliers ou inattendus, simplement pour lui dire bonjour.

    - Mais je ne peux tout de même pas me servir de mon "portable intérieur" à tous moments !

    - Je t'ai dit que Jésus est à ton écoute 24 heures sur 24. Les difficultés viennent toujours de toi : soit ton cœur est brouillé, soit tu ne désires pas réellement cette communication.

    - Et si mon portable ne fonctionne plus ?

    - Si vraiment tu sens que quelque chose l'empêche de fonctionner ou si tu rencontres de grosses difficultés de communication, il faut que tu t'adresses à l'atelier de remise en route, c'est-à-dire au sacrement de réconciliation. Tu vois, tout est prévu ! Enfin, soyons sérieuses, Elodie : tu sais bien que tout cela n'est qu'une façon de parler. Mais je veux que tu te rendes compte que parler au Bon Dieu est une chose très simple, qui fait partie de la vie. D'ailleurs ces conversations avec Lui ont un nom. Lequel ?

    - Euh... la prière ?

    - Je ne te le fais pas dire. Et .j'espère que cette comparaison avec le portable, que tu veux toujours utiliser, te donnera envie d'appeler plus souvent Celui qui t'attend avec patience et amour, jusqu'à ce que tu viennes auprès de lui pour toujours.

     

    Marie Vermeille

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  • Seigneur, si tu passes par là

    Seigneur, si tu passes par là ...

    Seigneur, si tu passes par là
    Viens chez moi, entre donc.
    Mais il vaut mieux que tu le saches :
    Tu trouveras sûrement ma porte fermée.
    J’ai toujours peur, alors je mets le verrou.
    Mais toi tu sais bien comment entrer,
    Surtout quand ma porte est fermée.
    Tu arrives à passer même quand il n’y a pas de porte.
    J’aime mieux te le dire, Seigneur,
    Si tu viens chez moi, tu ne trouveras pas grand-chose.
    Si tu veux de l’amour,
    Il vaudrait mieux que tu en amènes.
    Tu sais, mon amour à moi, il est plutôt rassis,
    Ce serait mieux que tu en apportes du frais.
    Emballe-le bien en le transportant,
    C’est si fragile l’amour !
    Si tu avais aussi un peu d’espérance,
    De la vivace, de celle de ton jardin
    Ce serrait bien d’en prendre un bouquet.
    J’en ai tant besoin pour fleurir mon regard.
    Et si encore tu avais un peu de foi pour moi,
    Rien qu’un peu, pas plus gros qu’un grain de moutarde,
    Alors je déplacerais les montagnes.



    Jean Debruynne

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  • Dieu au téléphone

    Dieu au téléphone........Paroles d'une chanson  de Gaël Cosendai.

    Moi j'croyais que Dieu, c'tait un papa-gâteau

    Une idole pour les faibles, de l'opium pour le peuple.

    J'm'étais trompé de dieu, j'm'étais trompé de dieu.

    Moi j'croyais que Dieu, c'était un père fouettard

    Qui me casserait la gueule à mon premier faux-pas

    J'm'étais trompé de dieu, j'm'étais trompé de dieu.

    Mon Dieu à moi, c'était juste un fantôme,

    Toujours en voyage, jamais là.

     

    La Bible n'était qu'un répondeur standard,

    T'façons quand j'téléphonais, c'était occupé, occupé...

    Ces dieux ne répondent jamais quand on les appelle,

    Figés sur leurs nuages de poussière.

    J'ai cru en des dieux fabriqués par les hommes,

    Combien de fric s'est on fait sur ma pomme ?

    Faut encore que je paie la note de téléphone.

    J'tais tell'ment occupé à poursuivre des rêves

    Que chez moi, ça sonnait occupé.

     

    Et le jour où j'ai raccroché, ça s'est mis à sonner.

    Y'avait au bout de fil une voix qui me disait :

    « Je t'aime et je te cherche, je veux te rencontrer.

    Je suis à ta porte, je sonne, j'ai un portable

    Mais c'est directement que je veux te parler, te parler »

    Il m'a parlé d'amour, il m'a parlé de paix,

    Tout ce que les autres dieux ne pouvaient me dire.

    Et c'est lui qui a payé ma note de téléphone.

     

    Paroles d'une chanson

    de Gaël Cosendai

     

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  • Lorsque Tu reviendras...

    Lorsque Tu reviendras...  Paul Dewailly

    Lorsque Tu reviendras, vers le déclin du monde,
    Dans la nuée ardente où notre coeur surpris
    Découvrira soudain la vision féconde
    De tout ce que, vivant, nous n'avons pas compris;

    Lorsque, libres enfin des brumes de la Terre,
    Nos yeux, illuminés par le soleil des morts,
    Verront poindre, au-delà des voiles du mystère,
    Le but définitif promis à nos efforts,

    Alors nous Te dirons, ô Dieu qui se fit homme
    Et qui, par charité, vins pleurer avec nous,
    Que nous ne voulons plus être ceux que nous sommes...
    Et notre vain orgueil fléchira les genoux.

    Eternel chemineau des routes éternelles
    Qui, d'astre en astre va, glanant les coeurs meurtris,
    Vers Ta divinité qui se fit fraternelle
    Rouvre pour nous l'essor des chemins désappris;

    Embrase-nous, ô Christ, de l'invincible ivresse
    Dont l'élan, à jamais, transporte Tes élus,
    Et marque-nous au front du sceau de Ta tendresse
    Pour que, T'ayant trouvé, nous ne Te quittions plus.

    Paul Dewailly

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  • Noa Noa

    J'étais bien loin de ces prisons, les maisons européennes. Une case maorie n'exile, ne retranche point l'individu de la vie, de l'espace, de l'infini.

    Cependant, je me sentais là bien seul. De part et d'autre, les habitants du district et moi, nous nous observions, et la distance entre nous restait entière.

    Dès le surlendemain j'avais épuisé mes provisions. Que faire ? Je m'étais imaginé qu'avec de l'argent je trouverais tout le nécessaire de la vie. Erreur ! c'est à la nature qu'il faut s'adresser pour vivre et elle est riche et elle est généreuse : elle ne refuse rien à qui va lui demander sa part des trésors qu'elle garde dans ses réserves, sur les arbres, dans la montagne, dans la mer. Mais il faut savoir grimper aux arbres élevés, aller dans la montagne et en revenir chargé de fardeaux pesants, prendre le poisson, plonger, arracher dans le fond de la mer le coquillage solidement attaché au caillou.

    J'étais donc, moi, l'homme civilisé, inférieur, pour l'instant, aux sauvages vivant heureux autour de moi, dans un lieu où l'argent, qui ne vient pas de la nature, ne peut servir à l'acquisition des biens essentiels que la nature produit ; et comme, l'estomac vide, je songeais tristement à ma situation, j'aperçus un indigène qui gesticulait vers moi en criant. Les gestes, très expressifs, traduisaient la parole et je compris : mon voisin m'invitait à dîner. Mais j'eus honte. D'un signe de tête je refusai. Quelques minutes après, une petite fille déposait sur le seuil de ma porte, sans rien dire, quelques aliments proprement entourés de feuilles fraîches cueillies, puis se retirait. J'avais faim ; silencieusement aussi j'acceptai. Un peu plus tard, l'homme passa devant ma case et, me souriant, sans s'arrêter, me dit sur le ton interrogatif ce seul mot : « Paia ? ». Je devinai : « Es-tu satisfait ? »

    Ce fut, entre ces sauvages et moi, le commencement de l'apprivoisement réciproque. Sauvages ! Ce mot me venait inévitablement sur les lèvres quand je considérais ces êtres noirs aux dents de cannibales.

    Déjà pourtant je commençais à comprendre leur grâce réelle. Cette petite tête brune aux yeux tranquilles, par terre, sous des touffes de larges feuilles de giromons, ce petit enfant qui m'étudiait à mon insu et s'enfuit quand mon regard rencontra le sien... Comme eux pour moi, j'étais pour eux un objet d'observation, l'inconnu, celui qui ne sait ni la langue ni les usages, ni même l'industrie la plus initiale, la plus naturelle de la vie. Comme eux pour moi, j'étais pour eux le « Sauvage ». Et c'est moi qui avais tort, peut-être.

    Paul Gauguin, Noa Noa (extraits), 1897

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  • Au-dedans de toi, tu me trouveras

    Femme, tu pleures ? Qui cherches-tu ? Tu le possèdes celui que tu cherches, et tu l'ignores ? Tu l'as, et tu pleures ? Tu le cherches au-dehors, mais tu l'as au-dedans. Tu te tiens debout hors du tombeau, en larmes, pourquoi ? Où je suis ? Mais en toi. C'est là que je repose, non pas mort, mais l'éternel vivant. Toi-même, voilà mon jardin. Tu as bien jugé en me disant jardinier. Second Adam, j'ai gardé, moi aussi, d'un paradis ma tâche de travailler à faire pousser dans ce jardin - ton âme - des moissons de désirs. Comment ! Tu m'as, tu me possèdes en toi, et tu l'ignores ? Voilà pourquoi tu me cherches au-dehors. Eh bien, me voici. Je t'apparais dehors, mais pour te ramener au-dedans. C'est là, au-dedans, que tu me trouveras. [...]

    Je ne suis pas loin de toi, comme tu le penses. Je suis le Dieu tout proche. Dis-moi qu'y a-t-il de plus près pour quelqu'un que son propre coeur ? Ceux qui me trouvent, c'est là, dans leur coeur qu'ils me trouvent : voilà ma résidence.

    Anonyme du XIIIème Siècle

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  • Jessy

    Il y avait à Londres, sous le règne d'Elizabeth, un savant nommé Bog, qui était foin célèbre, sous le nom de Bogus, pour un traité des Erreurs humaines, que personne ne connaissait.

    Bogus, qui y travaillait depuis vingt-cinq ans, n'en avait encore rien publié ; mais son manuscrit, mis au net et rangé sur des tablettes dans l'embrasure d'une fenêtre, ne comprenait pas moins de dix volumes in-folio. Le premier traitait de l'erreur de naître, principe de toutes les autres. On voyait dans les suivants les erreurs des petits garçons et des petites filles, des adolescents, des hommes mûrs et des vieillards, et celles des personnages des diverses professions, tels que : hommes d'État, marchands, soldats, cuisiniers, publicistes, etc. Les derniers volumes, encore imparfaits, comprenaient les erreurs de la république, qui résultent de toutes les erreurs individuelles et professionnelles. Et tel était l'enchaînement des idées, dans ce bel ouvrage, qu'on ne pouvait retrancher une page sans détruire tout le reste. Les démonstrations sortaient les unes des autres, et il résultait certainement de la dernière que le mal est l'essence de la vie et que, si la vie est une quantité, on peut affirmer avec une précision mathématique qu'il y a autant de mal que de vie sur la terre.

    Bogus n'avait pas fait l'erreur de se marier. Il vivait dans sa maisonnette seul avec une vieille gouvernante nommée Kat, c'est-à-dire Catherine, et qu'il appelait Clausentina, parce qu'elle était de Southampton.

    La soeur du philosophe, d'un esprit moins transcendant que celui de son frère, avait, d'erreur en erreur, aimé un marchand de draps de la Cité, épousé ce marchand et mis au monde une petite fille nommée Jessy.

    Sa dernière erreur avait été de mourir après dix ans de ménage, et de causer ainsi la mort du marchand de draps, qui ne put lui survivre. Bogus recueillit chez lui l'orpheline, par pitié, et aussi dans l'espoir qu'elle lui fournirait un bon exemplaire des erreurs enfantines.

    Elle avait alors six ans. Pendant les huit premiers jours qu'elle fut chez le docteur, elle pleura et ne dit rien. Le matin du neuvième, elle dit à Bog :
    « J'ai vu maman ; elle était toute blanche ; elle avait des fleurs dans un pli de sa robe ; elle les a répandues sur mon lit, mais je ne les ai pas retrouvées ce matin. Donne-les moi, dis, les fleurs de maman. »
    Bog nota cette erreur, mais il reconnut, dans le commentaire qu'il en fit, que c'était une erreur innocente et en quelque sorte gracieuse.

    A quelque temps de là, Jessy dit à Bog :
    « Oncle Bog, tu es vieux, tu es laid ; mais je t'aime bien et il faut bien m'aimer. »

    Bog prit sa plume ; mais, reconnaissant, après quelque contention d'esprit, qu'il n'avait plus l'air très jeune et qu'il n'avait jamais été très beau, il ne nota pas la parole de l'enfant. Seulement il dit :
    « Pourquoi faut-il t'aimer, Jessy ?
    - Parce que je suis petite. »
    « Est-il vrai, se demanda Bog, est-il vrai qu'il faille aimer les petits ? il se pourrait ; car, dans le fait, ils ont grand besoin qu'on les aime. Par là s'excuserait la commune erreur des mères qui donnent à leurs petits enfants leur lait et leur amour. C'est un chapitre de mon traité qu'il va falloir reprendre. »

    Le matin de sa fête, le docteur, en entrant dans la salle où étaient ses livres et ses papiers et qu'il nommait sa librairie, sentit une bonne odeur et vit un pot d'oeillets sur le rebord de sa fenêtre.

    C'étaient trois fleurs, mais trois fleurs écarlates que la lumière caressait joyeusement. Et tout riait dans la docte salle : le vieux fauteuil de tapisserie, la table de noyer ; les dos antiques des bouquins riaient dans leur veau fauve, dans leur parchemin et dans leur peau de truie. Bogus, desséché comme eux, se mit comme eux à sourire. Jessy lui dit en l'embrassant :
    « Vois, oncle Bog, vois : ici, c'est le ciel (et elle montrait, à travers les vitres lamées de plomb, le bleu léger de l'air) ; puis, plus bas, c'est la terre, la terre fleurie (et elle montrait le pot d'oeillets) ; puis, au-dessous, les gros livres noirs, c'est l'enfer. »

    Ces gros livres noirs étaient précisément les dix tomes du traité des Erreurs humaines, rangés sous la fenêtre, dans l'embrasure. Cette erreur de Jessy rappela au docteur son oeuvre, qu'il négligeait depuis quelque temps pour se promener dans les rues et dans les parcs avec sa nièce. L'enfant découvrait mille choses aimables et les faisait découvrir en même temps à Bogus, qui n'avait guère de sa vie mis le nez dehors. Il rouvrit ses manuscrits, mais il ne se reconnut plus dans son ouvrage, où il n'y avait ni fleurs ni Jessy.

    Par bonheur, la philosophie lui vint en aide en lui suggérant cette idée transcendante que Jessy n'était bonne à rien. Il s'attacha d'autant plus solidement à cette vérité, qu'elle était nécessaire à l'économie de son oeuvre.

    Un jour qu'il méditait sur ce sujet, il trouva Jessy qui, dans la librairie, enfilait une aiguille devant la fenêtre où étaient les oeillets. Il lui demanda ce qu'elle voulait coudre. Jessy lui répondit :
    « Tu ne sais donc pas, oncle Bog, que les hirondelles sont parties ? »

    Bogus n'en savait rien, la chose n'étant ni dans Pline ni dans Avicenne. Jessy continua :
    « C'est Kat qui m'a dit hier...
    - Kat ? s'écria Bogus, cette enfant veut parler de la respectable Clausentina !
    - Kat m'a dit hier : "Les hirondelles sont parties cette année plus tôt que de coutume ; cela nous présage un hiver précoce et rigoureux." Voilà ce que m'a dit Kat. Et puis j'ai vu maman en robe blanche, avec une clarté dans les cheveux ; seulement elle n'avait pas de fleurs comme l'autre fois. Elle m'a dit : "Jessy, il faudra tirer du coffre la houppelande fourrée de l'oncle Bog et la réparer si elle est en mauvais état." Je me suis éveillée et, sitôt levée, j'ai tiré la houppelande du coffre ; et, comme elle a craqué en plusieurs endroits, je vais la recoudre. »

    L'hiver vint et fut tel que l'avaient prédit les hirondelles. Bogus, dans sa houppelande, les pieds au feu, cherchait à raccommoder certains chapitres de son traité. Mais, à chaque fois qu'il parvenait à concilier ses nouvelles expériences avec la théorie du mal universel, Jessy brouillait ses idées en lui apportant un pot de bonne bière, ou seulement en montrant ses yeux et son sourire.

    Quand revint l'été, ils firent, l'oncle et la nièce, des promenades dans les champs. Jessy en rapportait des herbes qu'il lui nommait et qu'elle classait, le soir, selon leurs propriétés. Elle montrait, dans ces promenades, un esprit juste et une âme charmante. Or, un soir, comme elle étalait sur la table les herbes cueillies dans le jour, elle dit à Bogus :
    « Maintenant, oncle Bog, je connais par leur nom toutes les plantes que tu m'as montrées. Voici celles qui guérissent et celles qui consolent. Je veux les garder, pour les reconnaître toujours et les faire connaître à d'autres. Il me faudrait un gros livre pour les sécher dedans.
    - Prends celui-ci », dit Bog.
    Et il lui montra le tome premier du traité des Erreurs humaines.

    Quand le volume eut une plante à chaque feuillet, on prit le suivant, et, en trois étés, le chef-d'oeuvre du docteur fut complètement changé en herbier.

    Anatole France (1844-1924), Le livre de mon ami

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  • Hôte inconnu

    Hôte inconnu

    Esprit-Saint, comment te nommer, toi qui te caches tant, toi qui n'as pas de visage, toi qui n'es ni le Père, ni le Fils mais leur amour ?

    Je ne t’appellerai pas « Consolateur », car c’est un mot qui s’est dévalué dans nos langues.

    Tu es bien davantage : tu es le repos dans le travail.

    Tu réunis en toi ores choses qui s’opposent.

    Tu es présent jusque dans mes sensations pour les purifier, et jusque dans mes penséespour leur donner une chair.

    Les mots dont on te désigne sont ceux qui m'ont toujours séduit :Esprit de vérité, Esprit d'amour.

    Toi qui les unis en toi, donne-moi de chercher à les unir en moi.

    Esprit-Saint, toi qui es l'inspirateur de tout ce qui commence,toi qui donnes la patience dans les retards, toi qui nous aides à recommencer sans cesse,toi qui nous permets de finir, sois l'hôte invisible, l'hôte inconnu de toute l'histoire humaine !

    Toi qui es la douceur de ce qui est fort et la force de ce qui est doux, toi qui agis dans le secret desprofondeurs, toi qui sais ce qui est en nos cœurs un espoir déçu, un amour trahi, une séparationentre ceux qui se sont aimés, toi qui sais combien il est plus difficile de réconcilier que de concilier,toi qui as si bien fait ce qui fut fait, refais ce qui a été défait.

    Toi qui sais qu’il y a des mots qui ne se prononcent pas, toi qui es la voix de nos silences,le gémissement de nos prières, sois notre recréateur ! 

    Viens, Esprit Créateur, recréateur !

     

     

    Jean Guitton

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