• Les Amérindiens du Canada

    Autochtones du QuébecL'arrivée des Amérindiens en Amérique remonte à 12 000 ans environ, mais de récentes découvertes archéologiques feraient remonter les premières migrations à 40 000 ans. Venant de Sibérie, ils auraient traversé le détroit de Béring, plusieurs fois à sec au cours de la dernière grande glaciation, puis peuplé le continent américain.

    Ils tiraient leur subsistance de la chasse et de la cueillette, des activités qui exigent l'accès à un vaste territoire. La pêche était également très importante, tout comme la pêche à la baleine, la chasse au phoque et la capture d'autres espèces marines. Les Autochtones employaient de nombreuses plantes pour les rites religieux et les cérémonies et ils s'en servaient également comme médicaments et comme nourriture.

    Dans le territoire qui correspond de nos jours au sud de l'Ontario et le long du Saint-Laurent, les Iroquois pratiquaient l'agriculture et avaient adopté un mode de vie plus sédentaire avant l'arrivée des Européens.

    Voici la présentation de quelques tribus amérindiennes du Canada :

     


    Les Algonquins

    Histoire
    AlgonquinD'abord nommés Algoumequins par les Malécites et les Micmacs, puis Algonquins par les Européens, c'est plutôt le terme Anishnabe, «les vrais hommes», que les Algonquins préfèrent utiliser pour s'identifier. Leur territoire traditionnel s'étendait du lac des Deux-Montagnes, dans la région de Montréal, jusqu'en Abitibi-Témiscamingue et en Ontario, leur permettant d'exercer ainsi le contrôle sur la rivière des Outaouais, principale route des fourrures. L'environnement de ce peuple nomade fut fortement perturbé au début du 20ème siècle après que les colons, prospecteurs et bûcherons affluèrent en Abitibi. Toutefois, le lien intime qui unit les Algonquins à la nature leur permet de conserver et de perpétuer leur culture. Encore aujourd'hui, certaines familles passent tout l'hiver dans leurs territoires de chasse, tout comme le faisaient leurs ancêtres au siècle dernier.

    Population et langue
    Les Algonquins du Québec sont au nombre de 8 293, dont un peu plus de la moitié vit dans les neuf communautés de la nation algonquine (deux en Outaouais et sept en Abitibi-Témiscamingue.) Les autres sont plutôt installés en ville, comme à Montréal, Ottawa, Val-d'Or ou Senneterre. On trouve également des communautés algonquines en Ontario. La langue algonquine demeure bien vivante, puisqu'elle est encore parlée par 60 % de la population. Selon les communautés, la langue seconde est le français ou l'anglais.

    Art et culture
    Les vêtements en peau et en poil d'orignal, les paniers en écorce de bouleau, les broderies en perles et le tikinagan (porte-bébé traditionnel que seuls les Algonquins, les Cris et les Atikamekw continuent d'utiliser) constituent les trésors de l'artisanat algonquin.

     


    Les Micmacs

    Histoire
    MicmacÀ l'embouchure du Saint-Laurent, porte d'entrée maritime du Québec, les Micmacs furent les premiers à rencontrer au 16ème siècle les nouveaux arrivants européens. Leur habileté à la pêche et à la navigation en ont fait par la suite des aides précieux pour les explorateurs comme pour les marchands. Traditionnels alliés des Français, ils ont participé à plusieurs batailles, dont celle de la Restigouche dans la baie des Chaleurs. Aujourd'hui très impliqués dans l'exploitation des ressources naturelles et le développement touristique, les Micmacs s'attachent à mettre en valeur leur propre histoire par le développement de sites ancestraux, ainsi que par la pratique de la traditionnelle pêche au saumon.

    Population et langue
    Parmi les 4 540 Micmacs que compte actuellement le Québec, presque 60 % résident au sein des deux communautés de Listuguj et Gesgapegiag, la troisième, Gaspé, n'ayant pas de territoire défini. Quelque 15 000 autres Micmacs vivent au Nouveau-Brunswick, sur l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse. De cette population, 40 % parlent toujours leur langue ancestrale.

    Art et culture
    Les Micmacs de Gaspésie perpétuent la mémoire de leurs traditions à travers leurs spécialités artisanales comme les paniers en frêne et en foin d'odeur, les vêtements de peau ou d'autres très belles pièces ornées de perles. Les sites d'interprétation qu'ils ont ouverts transmettent également la connaissance de leurs modes de vie ancestraux.

     


    Les Atikamekw

    Histoire
    Les Atikamekw

    Appelés Têtes-de-Boule du fait de leur coiffe ronde aux 18ème et 19ème siècles, les Atikamekw ont depuis repris leur nom d'origine qui signifie «poissons blancs», désignant la corégone qui constitue la base de leur alimentation. Uniquement présents au Québec et intimement liés à la forêt, les Atikamekw ont dû se faire une place entre les territoires des Algonquins, des Cris et des Innus (Montagnais.) Ils ont toutefois eu une part active dans le commerce des fourrures, à l'époque où la Compagnie de la Baie d'Hudson avait établi des postes de traite sur leurs territoires. L'exploitation forestière et la construction de la voie ferrée ont ensuite considérablement modifié leur cadre et leur mode de vie. La nation concentre aujourd'hui ses efforts sur le développement économique, l'éducation des jeunes et le tourisme, dans le respect des traditions et de l'environnement.

    Population et langue
    Les trois communautés atikamekw de Weymontachie (Wemotaci), Obedjiwan (Opitciwan) et Manawan se trouvent en plein cour du Québec, en Haute-Mauricie et dans Lanaudière, et regroupent plus de 80 % des 5 224 Atikamekw recensés. Aujou

    rd'hui, les Atikamekw parlent toujours leur langue d'origine et également le français.

    Art et culture
    Spécialisés dans les confections en tous genres à base d'écorce de bouleau, y compris les fameux canoës légers et profilés, les Atikamekw produisent également quelques oeuvres admirables de sculpteurs et de peintres, ainsi que des vêtements en peau d'orignal. Ils sont aussi passés maîtres depuis des millénaires dans l'art de fabriquer la pâte de bleuets et le sirop d'érable, lequel est considéré aujourd'hui comme étant une spécialité nationale du Canada.

     


    Les Abénaquis

    Histoire
    Les AbénaquisPoussés au 17ème siècle hors de leurs territoires ancestraux, situés en Nouvelle-Angleterre, les Abénaquis, ou Abénakis, sont dès lors venus s'installer définitivement au Québec. Ils y ont fondé les deux communautés situées sur la rive sud du Saint-Laurent, à la hauteur de Trois­Rivières : Odanak, «bienvenue» et Wôlinak, «la baie».

    Population et langue
    La nation abénaquise, rassemblée sous son nom d'origine Wabanaki qui signifie «pays du soleil levant», compte aujourd'hui 1 965 membres, dont environ 20% habitent les deux communautés. Tous parlent communément le français. Quelques personnes âgées utilisent encore la langue abénaquise.

    Art et culture
    Les vanneries abénaquises en frêne et en foin d'odeur sont très réputées. Certains artistes connaissent encore les secrets des danses traditionnelles et de la fabrication du masque du soleil, du masque de maïs et des totems identifiés à l'animal gardien de la tribu. Les Abénaquis ont ouvert le premier musée amérindien du Québec, qui renferme une impressionnante collection d'artéfacts et d'oeuvres d'artistes.

     


    Les Innus (Montagnais)

    Histoire
    Innus (Montaganais)

    Les Montagnais tiennent leur nom des Européens qui désignaient ainsi ces habitants des petites montagnes de la Côte-Nord, avec lesquels ils entretenaient de nombreux échanges. Mais, entre eux, les Montagnais se sont toujours appelés Innus, ce qui signifie «hommes véritables». Peuple de chasseurs, de pêcheurs et de cueilleurs nomades, les Innus migraient traditionnellement en automne de leurs campements d'été situés sur le littoral nord du Saint-Laurent, vers leurs riches territoires de chasse au coeur du Québec (près du Labrador et du lac Saint-Jean) en remontant les rivières Saint-Jean, Romaine, Georges, Sainte-Marguerite ou Mistashipu. La nation innu fut la première à s'organiser politiquement et culturellement face à l'évolution de l'identité autochtone.

    Population et langue
    Au nombre de 14 304, les Innus représentent la nation amérindienne la plus populeuse au Québec. Ils vivent à 70 % dans leurs neuf communautés toutes établies sur la Côte-Nord, à l'exception d'une située au Lac-Saint-Jean et d'une autre du côté de Schefferville, tout au nord. En plus du français, la langue innu est employée par la quasi-totalité des Montagnais.

    Art et culture
    Les Innus réalisent des oeuvres remarquables en sculpture (bois, panache de caribou ou pierre), en dessin, en peinture, en gravure ainsi qu'en artisanat (à base de cuir, perles, fourrure et vannerie). Le caribou et le saumon sont deux animaux très importants chez les Innus. La nation compte de nombreux musiciens reconnus et possède par ailleurs deux musées d'importance.

     


    Les Inuits

    Histoire
    Inuits

    Au Canada, les Inuits occupent les terres éloignées de l'Arctique, du détroit de Béring jusqu'au Groenland. Au Québec, leur pays ancestral s'appelle Nunavik, «la très grande place où l'on vit», situé au nord du 55ème parallèle, entre la baie d'Hudson et le Labrador. Peuple courageux et habile, les Inuits ont adapté depuis des millénaires leur mode de vie et leurs coutumes alimentaires, vestimentaires et sociales notamment aux rigueurs du climat, ainsi qu'à une faune et une flore bien spécifique. En signant, en 1975, avec le gouvernement la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, les Inuits ont donné le coup d'envoi de leur essor économique. Aujourd'hui, ils prospèrent particulièrement dans les domaines du transport aérien et de l'alimentation, notamment dans le commerce international du caribou et de l'omble chevalier. Leurs villages nordiques se sont modernisés, sous l'impulsion de nouvelles institutions inuites.

    Population et langue
    Inuit, qui signifie «homme, être humain», est désormais le terme à employer pour désigner ceux que l'on appelait autrefois Esquimaux, «mangeurs de viande crue». Ils sont 9 145 Inuits à vivre majoritairement dans les 14 villages du Nunavik. Une soixantaine d'entre eux sont établis à côté de Chisasibi, un village crie de la Baie-James. Tous parlent l'inuktitut, leur langue ancestrale. Ils maîtrisent également l'anglais et, de plus en plus, le français.

    Art et culture
    Inspiré de légendes et de coutumes encore très vivantes, comme les danses et les chants traditionnels, l'art inuit fascine. Les sculptures inuites taillées dans la stéatite (pierre de savon) de même que les gravures sont très appréciées des collectionneurs et des galeries d'art du monde entier. Les vêtements en peau et les broderies témoignent également de l'ingéniosité et du talent artistique de ce peuple enraciné dans sa culture.

     


    Les Cris

    Histoire
    Les CrisLes territoires des Cris se situent dans le bassin de la Baie-James, entre la forêt boréale et la taïga. Dans cette région peu propice à l'agriculture, les Cris nomades ont développé de grandes compétences en matière de chasse, de trappe et de pêche, ainsi qu'une volonté farouche de protéger l'environnement. Après avoir été des acteurs de premier plan dans la traite des fourrures, ils ont également été au centre de négociations en 1975 avec les gouvernements fédéral et provincial concernant l'exploitation hydroélectrique de leur région, marquant ainsi un tournant décisif dans leur mode d'autogestion. Les Cris du Québec ont depuis pris en charge leurs intérêts et accédé à une importante croissance économique.

    Population et langue
    Les neuf communautés qui regroupent la presque totalité des 13 027 Cris, sont dispersées dans la région la plus nordique du Québec encore accessible par la route. La plus récente de ces communautés, Oujé-Bougoumou, inaugurée en 1993, s'est vu décerner un prix par l'ONU pour son architecture qui marie admirablement modernité et tradition. Deuxième nation en importance au Québec sur le plan démographique (on retrouve également des Cris en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan), la majorité de la population parle le cri et utilise l'anglais comme seconde langue. Les jeunes sont toutefois de plus en plus nombreux à s'initier au français.

    Art et culture
    Forts d'un long héritage culturel, les Cris sont des experts dans la confection de vêtements et de gants en peau d'orignal, magnifiquement ornementés de perles et de broderies. Quant aux fameux appelants - oiseaux servant d'appeau - qu'ils fabriquent en brindilles de mélèze, ils sont devenus de véritables objets de décoration. La sculpture, la peinture et la musique sont également des domaines dans lesquels brillent de nombreux artistes cris.

     


    Les Hurons-Wendat

    Histoire
    OHurons-Wendat

    Originaires des Grands Lacs, plus particulièrement de la baie Georgienne, les Hurons-Wendat sont venus s'installer dans la région de Québec en 1650. Le nom de Huron leur a été donné par les Européens du fait de leur coiffe en forme de hure, tandis que Wendat, «les gens de l'île», est le nom sous lequel ils se sont toujours désignés en référence à leurs origines. La nation wendate a connu une période des plus prospères lorsqu'elle était au centre des échanges entre Européens et Amérindiens et comptait une vingtaine de villages pour ses 40 000 membres répartis en quatre clans : Ceux du chevreuil, de la pierre, de l'ours et de la corde. Décimés plus tard par les maladies et les guerres entre nations, les Hurons-Wendat d'aujourd'hui sont les descendants du clan de la corde qui, forts de leur puissant héritage culturel, ont particulièrement à coeur de développer leur savoir-faire de façon moderne, tout en préservant leurs traditions.

    Population et langue
    Il reste une seule communauté huronne dans tout le Canada, celle de Wendake, anciennement appelée Village-des-Hurons et établie depuis 300 ans dans la banlieue de Québec. Là résident quelques 1 100 Hurons-Wendat, sur les 2 873 que compte la nation aujourd'hui. Même si certains tentent de faire revivre leur langue ancestrale, les Hurons parlent avant tout le français.

    Art et culture
    La communauté de Wendake dispose de nombreux attraits touristiques, comme son église classée monument historique, ses maisons Nouvelle-France et son village traditionnel reconstitué. La valorisation du patrimoine Huron-Wendat, appuyée par le développement du commerce et de l'artisanat, atteste du dynamisme ancestral de ces gens d'affaires amérindiens.

     


    Les Mohawks

    Histoire
    Les Mohawks

    Membres de la «Confédération des Cinq Nations iroquoises», les Mohawks formaient une nation puissante, dont la force s'appuyait sur une organisation sociale très structurée et une tradition sédentaire empreinte de spiritualité. Leurs territoires s'étendaient sur une grande partie de la Nouvelle-Angleterre. Aujourd'hui, ils se situent entre le Québec, l'Ontario et l'Ét

    at de New-York. Malgré la proximité et l'influence des villes environnantes, les Mohawks ont su garder leurs valeurs traditionnelles bien ardentes, tout en assumant la gestion de leur éducation, de leur santé et de leur service de police. Leur habileté légendaire à travailler en hauteur, sur des chantiers de grands ponts ou de gratte-ciels, est une réalité encore bien vivante aujourd'hui.


    Population et langue
    Sur le plan démographique, la nation mohawk arrive en troisième position parmi les Autochtones du Québec, avec ses 10 718 membres. La grande majorité d'entre eux réside dans les trois communautés mohawks de Kahnawake, Akwesasne et Kanesatàke. La langue mohawk est parlée par 15 % de la population. L'anglais reste habituellement le plus employé.

    Art et culture
    Sculpteurs et artistes peintres renommés, les Mohawks sont aussi reconnus pour leur joaillerie et leur vannerie. Chacune de leurs communautés, situées dans la grande région de Montréal, accueille de nombreux visiteurs venus retracer l'histoire de la nation et admirer le travail de ses artisans, comme les vêtements de peau richement décorés de bijoux en argent, ornés de perles ou de sculptures en pierres iroquoises.

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  • Les secrets du Pont Alexandre III

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Le pont Alexandre III est sans doute le plus majestueux de tous les ponts parisiens. Ce pont qui relie l’esplanade des Invalides aux Petit et grand Palais possède une ornementation monumentale et une histoire atypique. On vous dit tout.

    Un symbole de l’alliance franco-russe

    Inauguré lors de l’Exposition universelle de 1900, le pont Alexandre III est avant tout pensé comme une arme politique et diplomatique. La construction de cet ouvrage d’art a en effet été décidée dans le cadre de la signature de l’alliance militaire et économique, conclue en 1891 entre la France et la Russie. Il s’agissait alors de montrer, par la beauté d’un tel ouvrage d’art, la force de l’alliance franco-russe. La symbolique du pont établi entre les deux pays étant évidemment dans toutes les têtes…

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Mort en 1894, Alexandre III ne verra jamais le pont qui porte aujourd’hui son nom. C’est son fils, le Tsar Nicolas II, qui posera, en 1896, la première pierre de cet ouvrage d’art monumental. En 1903, c’est au tour du pont de la Trinité d’être inauguré : enjambant la Neva à Saint-Pétersbourg, il représente la réponse russe de notre pont Alexandre III et a été entièrement réalisé par une entreprise française.

    Un chef d’oeuvre d’ingénierie

    Inscrit sur la liste des monuments historiques depuis 1975, le Pont Alexandre III est une pépite d’innovation et d’ingénierie. Et pour cause, ses ingénieurs avaient reçu pas mal de consignes, pas toujours faciles à suivre ! Par exemple, il fallait qu’une personne marchant sur les Champs-Élysées puisse voir les Invalides dans le prolongement de la chaussée du pont. Le pont devait donc être le plus plat possible pour ne pas couper l’horizon… mais il ne devait pas non plus gêner la circulation des bateaux.

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Un casse-tête sachant que le pont est situé en amont d’un virage : il faut donc laisser suffisamment de place sous l’ouvrage pour que les péniches puissent manoeuvrer sans problème. Les ingénieurs n’ont alors pas le choix que d’opter pour une arche unique, enjambant la Seine sur toute sa longueur (107 mètres) et construite en acier moulé.

    Le plus ornementé des ponts parisiens

    Que serait le pont Alexandre III sans sa débauche de décoration, son abondante utilisation de l’or et sa surcharge de motifs ? Pensé dans la continuité du Petit et du grand Palais, cet ouvrage d’art est caractéristique de l’architecture de laBelle Époque, à cheval entre le classicisme et la modernité et toujours un peu grandiloquent.

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Ainsi, le monument compte pas moins de 22 sculptures, 32 candélabres et plusieurs dizaines d’éléments allégoriques plus modestes parsemés ici ou là. Parmi ces oeuvres, on aime particulièrement le groupe statuaire qui se trouve au pied des colonnes. Ces quatre statues représentent la France à différentes périodes de son existence : au Moyen Âge, sous la Renaissance, à l’époque de Louis XIV et les temps modernes.

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  • Petite histoire de l’Académie Française

    Petite histoire de l’Académie Française

    Fondée dès 1635 par le cardinal Richelieu, l’Académie Française est la plus ancienne, mais aussi la plus prestigieuse, des cinq académies de l’Institut de France. Retour sur l’histoire de cette institution, installée dans le sublime collège des Quatre Nations depuis 1805.

    Une fonction qui n’a jamais changé au fil des siècles

    L’Académie Française n’a eu, depuis sa création officielle en janvier 1635, qu’une seule fonction : veiller sur la langue française et la perfectionner. Au fil des siècles, c’est son fameux Dictionnaire de l’Académie Française qui s’est peu à peu positionné comme une autorité naturelle, quoique souvent décriée, sur les codes et les règles orthographiques de la langue française.

    La première édition du Dictionnaire de l'Académie Française

    La première édition du Dictionnaire de l’Académie Française

    40 Immortels pour 40 fauteuils

    Le fonctionnement de l’Académie Française est très particulier, et surtout très codifié : un maximum de 40 membres, élus à vie et surnommés les Immortels, peut siéger en même temps. Chaque Immortel doit porter l’habit vert, un costume brodé de rameaux d’olivier, ainsi qu’une épée. Il doit également prononcer un discours de réception sans quoi il ne peut s’asseoir sur son fauteuil. Tous les discours prononcés depuis 1635 sont disponibles sur le site de l’Académie.

    Petite histoire de l’Académie Française

    L’Immortel René de Obaldia, à gauche, revêtu de son habit vert.

    Une histoire jalonnée de polémiques

    Si l’Académie Française est régulièrement critiquée, notamment pour son retard à prendre en compte les évolutions de la langue française, son histoire est avant tout jalonnée par des polémiques internes. L’une des plus connues reste la non-réception de Chateaubriand. Élu membre de l’Académie en 1811, l’auteur de René n’a pourtant jamais été reçu officiellement. La raison ? Le discours ne plaisait pas à Napoléon, et Chateaubriand a refusé de le modifier. Quelques années plus tard, Alfred de Vigny se fera remarquer par un discours  quelque peu agressif envers… ses futurs confrères !

    Petite histoire de l’Académie Française

    Les membres de l’Académie Française venant offrir à Louis XIV leur Dictionnaire en 1694.

    Les petites infos à connaître :

    - Le Dictionnaire de l’Académie Française n’a connu que 9 éditions en trois siècles et demi ! La neuvième édition est en cours d’écriture depuis 1986.
    – Il a fallu attendre 1980, soit 345 ans, pour qu’une première femme, Marguerite Yourcenar, devienne Immortelle. L’auteure des Mémoires d’Hadrien a siégé sur le fauteuil n°3 jusqu’à sa mort en 1987.
    – L’habit vert mis en place sous Napoléon coûte la modique somme de 40 000 euros…
    – L’expression « 41e fauteuil » est née en 1855 pour évoquer tous ces écrivains de renoms qui n’ont pas été acceptés par l’Académie. Parmi eux, on pourra citerMolière, Flaubert, Stendhal, Maupassant, Diderot ou encore La Rochefoucauld. Bref, on retiendra qu’il ne faut pas forcément être Immortel pour passer à la postérité !

     

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  • La Foire du Trône : plus de 1000 ans d’Histoire !

    La Foire du Trône : plus de 1000 ans d’Histoire !

    On le sait, la foire du Trône – qui a lieu tous les ans de début avril à fin mai sur les pelouses de Reuilly, à l’extrémité ouest du Bois de Vincennes – est la plus grande fête foraine de France. Ce que l’on sait moins, c’est que cet événement qui rassemble près de 300 attractions est aussi l’un des plus anciens de la capitale : ça fait plus de 10 siècles qu’il existe !

    En effet, c’est en 957 que naît la première “édition” de cet événement qui rassemble aujourd’hui plusieurs millions de visiteurs chaque année. Le royaume subit alors une lourde famine qui touche particulièrement les couches les plus populaires des alentours parisiens. Le roi des Francs Lothaire décide alors d’autoriser les moines de l’Abbaye Saint-Antoine-des-Champs, située au niveau de l’actuel douzième arrondissement, à vendre à moindre coût le pain qu’il fabrique à la population affamée du faubourg. Le bonheur des habitants est tel que cette vente exceptionnelle, qui va se répéter au cours des années suivantes, se transforme vite en une grande fête populaire, réunissant de nombreux saltimbanques et baladins.

    Commence alors une longue histoire pour cet événement qui évoluera beaucoup au fil des siècles et ne prendra le nom que l’on connaît, Foire du Trône, qu’après avoir été déplacée sur la Place du Trône-Renversé en 1812. Devenue trop grande pour rester dans les rues de la capitale, la Foire du Trône s’installera en 1969 à l’orée du Bois de Vincennes.

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  • Le Paris de Marie Curie

    Le Paris de Marie Curie

    La célèbre scientifique qui a décroché deux prix Nobel est parisienne d’adoption. D’origine polonaise, elle débarque à Paris en 1891 pour ne plus jamais quitter la ville. Celle qui a commencé sa scolarité dans une université clandestine de Varsovie va devenir la première femme à enseigner à la Sorbonne et à être inhumée au Panthéon ! Partons sur les traces de cette immense femme de sciences à Paris.

    Arrivée à Paris, rue d’Allemagne

    En 1891, Marie Curie, née Maria Skłodowska, arrive à Paris. Elle est hébergée chez sa sœur rue d’Allemagne, l’actuelle avenue Jean-Jaurès. Cette dernière lui procure logement et nourriture afin qu’elle puisse étudier. Cette décision fait suite à la mort de leur mère qui voulait que l’une des deux sœurs travaille pour que l’autre puisse devenir médecin. Elle avait déjà commencé ses études au sein de l’université volante de Varsovie en Pologne, illégale puisque les femmes n’avaient pas le droit à l’enseignement supérieur.

    Le Paris de Marie Curie

    Maria Sklodowska à 16 ans

    Une étudiante brillante qui dort rue Flatters

    Comme toute intellectuelle qui se respecte, Maria Skłodowska déménage rive gauche pour s’installer dans le 5e arrondissement, rue Flatters. Elle est alors étudiante à la Faculté des Sciences de Paris et fait partie des 27 étudiantes de l’établissement. Brillante, la jeune femme obtient sa licence de physique en majorant en 1893, celle de mathématiques un an plus tard.

    Le Paris de Marie Curie

    Rencontre avec Pierre Curie à l’École Municipale de Physique et de Chimie Industrielles

    Maria Skłodowska pense repartir en Pologne lorsqu’elle rencontre Pierre Curie, alors chercheur à l’EMPCI (École Municipale de Physique et de Chimie Industrielles), rue Vauquelin dans le 5e arrondissement. Leur point commun ? La recherche autour du magnétisme. C’est le coup de foudre. Pierre Curie la convainc alors de rester en France. Leur relation est forte puisqu’en plus d’avoir une première fille en 1897, Irène, ils travaillent, jour et nuit dit-on, dans leur laboratoire de la rue Lhomont.

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    Découverte du radium rue Lhomont

    Leur atelier, très vétuste, ressemble plus à une grange qu’à un laboratoire scientifique. Dépourvus de moyens à ce moment-là de leur vie, le couple Curie travaille sur le radium, jusqu’à l’obtention de leur prix Nobel de physique en 1903. Ils le partagent avec Henri Becquerel qui a découvert la radioactivité quelques années auparavant, en 1896. Ils y font surtout des expériences la nuit, malgré le froid, pour admirer les reflets du radium sur les murs. Aujourd’hui, le hangar a laissé place à un centre de recherche sur le cancer.

    Le Paris de Marie Curie

    Le laboratoire des Curie

    Rue Cuvier, du laboratoire au musée Curie

    Le couple est à l’apogée de sa gloire lorsque Pierre Curie meurt en avril 1906, peu de temps après avoir inauguré une nouvelle chaire de physique à la faculté des sciences. Il est renversé par une voiture à cheval entre la rue Dauphine et le quai de Conti : il décède sur le coup. Marie Curie, effondrée, perd à la fois son mari et son partenaire de recherche. Elle trouve malgré tout la force de reprendre la chaire de Pierre ainsi que le laboratoire rue Cuvier qu’ils avaient pu ouvrir grâce à la reconnaissance scientifique du prix Nobel.

    Le Paris de Marie Curie

    Le second prix Nobel de Marie Curie

    Marie Curie devient la première femme à diriger un laboratoire universitaire en France et la première professeure de la Sorbonne. Le laboratoire et le bureau de Marie Curie rue Cuvier font aujourd’hui partie du musée Curie. On peut donc visiter les lieux au sein desquels la célèbre chercheuse a mené ses expériences qui lui ont valu son second prix Nobel en 1911.

    Le Paris de Marie Curie

    Le Panthéon

    Pendant sa vie,

    Marie Curie a non seulement fait des découvertes essentielles dans le champ scientifique, mais a aussi été une véritable pionnière. En effet, en plus d’avoir été la première femme professeure à la Sorbonne et la première directrice d’un laboratoire, elle est également la première personne, tout sexe confondu, à remporter deux prix Nobel. Ultime reconnaissance, elle sera la première femme inhumée au Panthéon pour ses propres faits.

    Décédée en 1934 à 66 ans suite à des maladies liées au contact d’éléments chimiques très nocifs et radioactifs, Marie Curie a d’abord été enterrée dans le caveau familial à Sceaux aux côtés de son mari. Les restes du couple seront finalement transférés au Panthéon en 1995, près de 60 ans après sa mort. Le corps de Marie Curie repose désormais sous la coupole dans un cercueil en plomb de 2,5 mm d’épaisseur, suite à ses pratiques scientifiques risquées liées à la radioactivité.

    Le Paris de Marie Curie

     

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  • Femmes en Belgique depuis l'indépendance (1830) Zoé de Gamond

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    ZOE de GAMOND, l’inspirée jusqu’au boutiste

    Zoé de Gamond 1806 – 1854

     

    « Chacune doit se frayer un chemin nouveau à travers les débris vermoulus de notre vieille société ».

    Fille de Pierre de Gamond, magistrat bruxellois, cofondateur de l’université libre de Bruxelles, Zoé est née  à Bruxelles en 1806.

    Elle grandit dans une famille de la noblesse libérale éprise de sciences, d’art et de culture.  C’est  au sein des salons philosophiques qu’organise leur mère, Isabelle de Lados, une femme d’une très grande culture, que Zoé et ses sœurs Marie-Aline et Elise s’ouvrent au monde.  Elles sont toutes trois pourvues d’une solide instruction qui leur donnera la possibilité de s’investir dans des projets de vie hors du commun.

    Dès 1828, Zoé s’implique aux côtés de ceux qui préparent la révolution à Paris et à Bruxelles, notamment comme courrière entre les deux capitales.

    Comme Fourier, qu’elle rencontre à Paris en 1832, elle ne conçoit l’émancipation des femmes que par l’éducation et l’association.  Dans une série de textes parus dans le Revue encyclopédique en 1832 et 1833, elle imagine ce que pourrait être l’éducation idéale, de la maternelle à l’école normale supérieure.  Elle préconise la scolarité obligatoire pour les filles comme pour les garçons jusqu’à 15 ans, avant les années d’apprentissage.  Pour elle, la science ne doit pas être le but de l’instruction, mais l’instrument avec lequel on exerce l’esprit à penser, observer, juger, raisonner, réfléchir.  (De la condition sociale publique  des femmes au XIX è siècle et leur éducation publique et privée).   Mais Zoé n’est qu’une théoricienne.  En février 1835, avec son amie Eugénie Poulet, elle crée une école pour ouvrières adultes qui, dès le mois d’octobre, compte 150 élèves !   Elle ouvre aussi une école normale.  Ces écoles considérées comme œuvres de charité et de civilisation, sont soutenues par des amis.  Cependant, sans le secours ni l’appui du gouvernement, l’expérience ne pourra se poursuivre.

    En 1835, elle épouse Jean Baptiste Gatti, artiste peintre, insurgé nationaliste italien anticlérical.  Elle publie en 1838 Fourier et son système, traduit  dans plusieurs langues européennes, qui reste une référence.  Reconnue par ses contemporains parisiens comme la commentatrice attitrée de Fourier, elle tente, en 1842, de mettre en pratique la vie communautaire selon les préceptes qu’elle défend.  Elle participe à la création d’un phalanstère à l’abbaye de Citeaux, en Bourgogne, et s’y installe avec son mari et leurs deux filles, Isabelle, 2 ans et Zoé Olympe, 1 an.  L’expérience tourne court.  Zoé y perd l’essentiel de sa fortune.

    Ses convictions chrétiennes sur l’amour du prochain lui inspirent un ouvrage publié à Bruxelles en 1846, Paupérisme et association.  Soucieuse de la situation terrible faite aux ouvriers, elle préconise l’établissement de lois équitables, facilitant une transformation sociale : « la puissance du capital serait détruite et les droits reconnus ».

    La situation financière de la famille se dégrade.  Jean Baptiste est un homme sans fortune.  Elle a perdu la sienne.  Bien qu’elle jouisse d’une puissance de travail hors norme, ils vivent difficilement.  Des proches de la cour de Léopold Ier, dont le baron Pierre Chazal, viennent à son secours.  En 1847, elle est nommée inspectrice pour « les écoles primaires de filles, les salles d’asile (ndrl : écoles maternelles) et les écoles destinées à la formation des institutrices ».  Elle rédige un Manuel des salles d’asile et des écoles primaires, dont l’objectif est d’ouvrir l’intelligence des élèves en stimulant les facultés naturelles d’observation, d’instruction et de réflexion qui rende le travail attrayant ».

     

     

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  • Faits importants en Belgique et dans le monde

     

    1830

    Adolphe Levae écrit à propos de la révolution : « la bourgeoisie ne s’était armée que pour maintenir l’ordre.  Dans le principe, tous les efforts ont été dirigés dans l’intention de contenir le peuple  ….  Et de profiter de l’état des choses pour faire valoir ses propres griefs »

    A Alexandre Gendebien, qui déclare que « le peuple a fait la révolution et la bourgeoisie l’a confisquée », Joseph Lebeau répond « parfaitement vrai – heureusement pour la Belgique !»

    • Décret du gouvernement provisoire : « les provinces de la Belgique, violemment détachées de la Hollande, constituent un Etat indépendant ».
    • Jusqu’après sa reconnaissance internationale (1839), la Belgique est dirigée par des gouvernements unionistes; alliance entre les catholiques et les libéraux.

     

    1831

    • La Constitution donne à la Belgique le statut de monarchie héréditaire, parlementaire, avec séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire (le 8 février).
    • La conférence de Londres fixe les bases de la séparation de la Belgique et de la Hollande.
    • Le 21 juillet, prestation de serment de Léopold de Saxe Cobourg Gotha, élu roi des Belges.

    Grande Bretagne : Ada Byron conçoit l’informatique.  Intéressée par la machine à calculer de Charles Babbage, elle entrevoit ses possibilités.  Les conseils qu’elle donne déterminent une série d’applications considérées aujourd’hui comme les premiers programmes informatiques.

     

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  • Un jour dans l’histoire (Part 3)

    9 février 1825. John Quincy Adams: le président et l'Amistad

    John Quincy Adams est élu en ce jour Président des Etats-Unis. Son mot d’ordre est

    « Veille et prie ».

    Il affirme ses convictions chrétiennes et parle ouvertement de sa confiance en Dieu.  Mais son surnom « Old Eloquence » il le doit à son combat contre l’esclavage.  En 1841, il défend devant la Cour suprême, le cas des africains du navire espagnol « La Amistad », qui en avaient pris le contrôle alors qu'ils étaient transportés comme esclaves illégaux. Menacés d'expulsion vers l’Espagne, ils seront finalement libérés.

    John Quincy Adams lit chaque jour plusieurs chapitres de la Bible dans le texte original.  C’est pour lui la force dont il besoin dans son action. Aussi place-t-il souvent les principes au-dessus de l’esprit de parti ce qui le rendra très impopulaire parmi ses partisans, mais ne changera pas ses choix.

    « Le sermon sur la Montagne m’enseigne à placer mon trésor, non pas sur la terre, mais dans le Ciel. Mes espoirs d’une vie future sont tous fondés sur l’Evangile du Christ »

    Le Christ est au centre de sa théologie. Lorsque l’unitarisme  est apparu, niant la divinité du Christ, Adams a été bientôt convaincu de la fausseté de la doctrine. Soit Jésus est Dieu incarné et notre chemin de salut, soit nous n’en avons aucun.

     “I find in the New Testament, Jesus Christ accosted in His own presence by one of his disciples as God, without disclaiming the appellation...I see him named in the great prophecy of Isaiah concerning him to be the mighty God”

    John Quincy Adams apparaît dans le film « Amistad », réalisé par Steven Spielberg en 1997, sous les traits d’Anthony Hopkins.

    « Ce film tiré de faits réels raconte la rébellion de plusieurs esclaves africains à bord du négrier qui les emmène en captivité, l'Amistad. Trompés par le capitaine, les esclaves mènent le bateau au large des Etats-Unis où ils sont arrêtés alors qu'ils espéraient faire voile vers la Sierra Leone dont ils sont originaires. La bataille judiciaire commence alors et fait grand bruit dans tout le pays tellement elle remet en cause les fondements américains. John Quincy Adams se joint à la défense des esclaves devant la Cour Suprême afin d'empêcher les négriers de récupérer leur « cargaison » 

    3 février 1468 - Gutenberg lègue l'imprimerie à l'humanité

    Gutenberg lègue l'imprimerie à l'humanité

    Le 3 février 1468 meurt à Mayence un certain Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg. Il est né à Mayence entre 1397 et 1400.

    Gutenberg a autant révolutionné l'humanité que son contemporain Christophe Colomb. L'un et l'autre demeurent plus présents dans la mémoire des hommes que n'importe lequel des souverains et dirigeants de leur époque... 

    On lui doit l'invention de l'alliage dont sont faits ses caractères mobiles plomb+étain+antimoine. Cet alliage permet de fondre et de couler de nouveaux caractères à l'infinie grâce à des moules. Elle a révolutionné la manière de fabriquer des livres et, en abaissant considérablement leur prix, mis la lecture à la portée de tous.

     L'imprimerie est dérivée de la gravure sur cuivre ou sur bois, une technique connue depuis longtemps en Europe et en Chine mais seulement utilisée pour reproduire des images : – on grave l'image sur une surface en cuivre ou en bois, – on enduit d'encre la partie en relief, – on presse là-dessus une feuille de papier de façon à fixer l'image sur celle-ci.

    Gutenberg, graveur sur bois, a l'idée aussi simple que géniale d'appliquer le procédé ci-dessus à des caractères mobiles en plomb. Chacun représente une lettre de l'alphabet en relief.

    L'assemblage ligne à ligne de différents caractères permet de composer une page d'écriture. On peut ensuite imprimer à l'identique autant d'exemplaires que l'on veut de la page, avec un faible coût marginal (seule coûte la composition initiale)

    Quand on a imprimé une première page en un assez grand nombre d'exemplaires, on démonte le support et l'on compose une nouvelle page avec les caractères mobiles. Ainsi obtient-on un livre à de nombreux exemplaires en à peine plus de temps qu'il n'en aurait fallu pour un unique manuscrit !

    Avec son associé Johann Fust, Gutenberg fonde à Mayence un atelier de typographie. Au prix d'un énorme labeur, il achève en 1455 la Bible «à quarante-deux lignes», dite Bible de Gutenberg. Ce premier livre imprimé à quelques dizaines d'exemplaires recueille un succès immédiat. Il est suivi de beaucoup d'autres ouvrages.

    On estime que quinze à vingt millions de livres sont déjà imprimés avant 1500(au total plus de 30 000 éditions). 77% de ces livres sont en latin et près de la moitié ont un caractère religieux. Les livres de cette époque portent le nom d'«incunables» (du latin incunabulum, qui signifie berceau)

    Beaucoup d'incunables sont imprimés à Venise, alors en pleine gloire. Au siècle suivant, le XVIe, Paris, Lyon et Anvers deviennent à leur tour de hauts lieux de l'imprimerie avec un total de 200 000 éditions.

    Les conséquences de l'imprimerie sont immenses. D'abord sur la manière de lire et d'écrire : les imprimeurs aèrent les textes en recourant à la séparation des mots et à la ponctuation ; ils fixent aussi l'orthographe.

    L'instruction et plus encore l'esprit critique se répandent à grande vitesse dans la mesure où de plus en plus de gens peuvent avoir un accès direct aux textes bibliques et antiques, sans être obligés de s'en tenir aux commentaires oraux d'une poignée d'érudits et de clercs.

    C'est ainsi qu'un demi-siècle après l'invention de l'imprimerie va se produire la Réforme de Martin Luther.

    29 mai 1794. Emilie Mallet-Oberkampf, "la mère des pauvres"

    29 mai 1794. Naissance d’Emilie Mallet-Oberkampf

    Emilie Mallet, née Oberkampf (1794-1856), était la fille de Christophe Oberkampf, le célèbre industriel qui a introduit en France l'industrie des toiles peintes.  Elle naquit à Jouy, près de Versailles, le 29 mai 1794, et fut mariée en 1812 à Jules Mallet, banquier et régent de la banque de France. Comme son père et comme son mari, elle était protestante, et la plus grande partie de sa vie fut consacrée à des œuvres de charité et d'éducation populaire. 

    En 1832, lors de la première invasion du choléra à Paris, « on la vit transformer en ambulance un hôtel vaste et salubre, et là servir les malades, exhorter les mourants, consoler les désespérés » ; une médaille lui fut offerte alors par la Ville de Paris en témoignage d'admiration. 

    Elle accueille  Elisabeth Fry à Paris (janvier 1838, mars 1839, mai 1843). Elle organise un comité de visiteuses de prison qui deviendra l’œuvre protestante des prisons de femmes (1839). Elle favorise le développement de l'œuvre des Diaconesses qui accueille les anciennes détenues

    En 1841, en vue de la protection des délinquantes sorties de prison et souhaitant la création de sœurs de la charité protestantes, elle aide à la fondation de la Maison des diaconesses (Diaconesses de Reuilly 95 rue de Reuilly) créée par Caroline Malvesin et Antoine Vermeil. 

    Malgré une certaine opposition au sein du protestantisme, l’œuvre allait se développer rapidement, rue de Reuilly : noviciat et école d’infirmière, maison de santé, pavillon de chirurgie, maternité, dispensaire. 

    Emilie Mallet  créé en 1826 sur le modèle anglais des « Infants school » les premières « salles d'asile », futures écoles maternelles qui accueillent les enfants de 2 à 6 ans - principalement issus de milieu ouvrier. Elle obtient de Guizot l'inscription des salles d'asile comme première étape de la scolarisation dans la circulaire d'application de sa loi de 1833. La famille Mallet a financièrement participé à l'essor des salles d'asile et des crèches.

    En 1847 elle fonde avec les pasteurs Louis Meyer et Louis Vallette « l'œuvre évangélique du Quartier St Marcel » (vaste école s'installa alors, qui pouvait accueillir 500 enfants,  salle d’asile et école normale). L’œuvre, située au 19 rue Tournefort, n’ayant pas d'accès sur la Mouffetard, grande artère de ce quartier populaire, on  acheta donc la maison du 44 de la rue Mouffetard, derrière celle de la rue Tournefort (19 rue Tournefort : Œuvre Saint-Marcel). Celle qu'on appelait « la mère des pauvres » est morte à Cauterets le 11 septembre 1856. 

     

    4 septembre 1736. Naissance du fondateur des Ecoles du Dimanche.

    Il s’agit de Robert Raikes, éditeur de journaux anglais. Il visait l’éducation des enfants pauvres. 
    Robert Raikes (1736-1811), respectable philanthrope protestant anglais, publiciste-imprimeur de son état, cherchait à embaucher un jardinier pour prendre soin des abords de sa maison. Il se rendit à cet effet un jour dans un des faubourgs de Gloucester. Il était sorti ; en attendant son retour, il fut fort dérangé par une bande de jeunes garçons délurés qui avaient envahi la rue.

    Il demanda à la femme du jardinier :
    -Pourquoi ces enfants étaient si négligés et si corrompus ?
    -Ah ! Monsieur », lui dit-elle, au quartier tout près d’ici se trouve une manufacture d’épingles métalliques. Les enfants qui y travaillent la semaine ne vont pas à l’école ! Vous en auriez plus pitié encore si vous étiez ici un dimanche. N’y aurait-il personne dans le voisinage qui voulut les recevoir le dimanche à l’école ? 

    C’est comme si une voix intérieure disait à Robert Raikes : « Essaie ! »

    Et c’est ainsi qu’il se décida à payer une femme pour instruire le dimanche ces jeunes durant leur seul jour libre. Ce fut là l’origine de l’école du dimanche.

    Au commencement donc point de « vision » soudaine d’une classe d’école avec des enfants déguenillés, point de colloque, ni d’enquête de besoin... ni même de longue réunion de prière... mais une personne, un homme de cœur et d’action, un chef d’entreprise anglican sensible aux besoins de la société où il vivait, un homme prompt à imaginer un dispositif adapté au nouveau contexte.

     

    5 septembre 1666. Grand incendie de Londres

    5 septembre 1666. Grand incendie de Londres


    Le grand incendie de Londres est un violent incendie qui ravage le centre de la ville de Londres du dimanche 2 septembre au mercredi 5 septembre 1666. Très peu de pertes humaines mais les dégâts matériels ont été chiffrés à 13 200 maisons, 87 églises paroissiales, la Cathédrale Saint-Paul...

    L'épidémie de peste de 1665 avait tué un sixième de la population de Londres, soit 80 000 personnes.
    Pour certains historiens, l’absence d’épidémies récurrentes de peste à Londres après l’incendie signifie que les flammes ont sauvé des vies sur le long terme, en réduisant en cendres des logements insalubres, ainsi que les rats et les puces vecteurs de cette maladie.

    La Cité est reconstruite en suivant de près l’ancien tracé des rues, avec quelques améliorations dans les domaines de l’hygiène et de la prévention contre les incendies. Les rues sont élargies, les quais rendus plus accessibles, sans maisons pour gêner l’accès au fleuve, et surtout, les maisons sont construites en brique et en pierre, non plus en bois.

     

    4 janvier 1809. Naissance de Louis Braille

    4 janvier 1809. Naissance de Louis Braille

    Louis Braille naît le 4 janvier 1809 dans la commune de Coupvray (entre Lagny et Meaux) et y vécut jusqu'à l'âge de 10 ans.
    Aujourd'hui classée monument historique, cette maison est l’actuel musée Louis Braille depuis 1952.
    Dans cette maison, le père de Louis Braille exerçait le métier de bourrelier. C'est dans cet atelier que Louis, âgé de trois ans, se blessa un œil, en voulant utiliser les outils de son père. A une époque où les soins étaient insuffisants, l'infection gagna l'autre œil et il perdit définitivement la vue à l'âge de cinq ans.
    Ayant quitté son village natal, c'est à l'Institution Royale des Aveugles, située au 68, rue Saint-Victor à Paris, école fondée par Valentin Haüy, qu'il étudie de 10 à 17 ans, puis qu'il enseigne.
    Brillant en tout, en particulier en musique, il apprend le piano puis quelques temps après l'orgue.

    L'écriture braille
    Louis Braille a travaillé à l'élaboration de son système d'écriture à partir de l'âge de douze ans. Entre 12 et 16 ans il va mettre au point une première version du Braille.
    En 1829 sort la première édition de l'ouvrage sur sa méthode dont la version définitive sera achevée en 1837 et qui sera peu à peu reconnue et définitivement adoptée par les aveugles du monde entier en 1844. Elle est encore universellement utilisée aujourd'hui
     
    En 1835, Louis Braille atteint de tuberculose, a un premier accident pulmonaire. En grande partie due à l'insalubrité des locaux .
    Le soir du 6 janvier 1852, il meurt à l'âge de 43 ans.
    Il reposera à Coupvray avant d'être transféré au Panthéon en 1952.

     

    La Bible en braille

    C’est en 1851. M. Hirzel, directeur de l’Ecole des aveugles de Lausanne, vient de recevoir deux lettres qui portent le même appel : « Faites tout votre possible pour permettre aux aveugles de lire eux-mêmes la Bible »

    Transcrire la Bible en braille ? Il faudrait une imprimerie en relief ! M. Hirzel l’imagine, la dessine, récolte des fonds, trouve des collaborateurs. Quatre ans après, le premier des 32 volumes de la Bible sort de la première rotative braille du monde.

    L’édition complète de la Bible en caractères braille, tirée en 225 exemplaires est achevée six ans plus tard.

    Quelle joie ce fut alors pour les aveugles de lire eux-mêmes la Bible ! Bzaucoup ont pu témoigner : « La Parole de Dieu est pour moi une lumière dans ma nuit ! »

    Actuellement la Bible en braille existe en plus de 100 langues.

    En français, pour en avoir une entière en braille intégral (il existe un braille abrégé), il faut 41 volumes d’environ 7 cm d’épaisseur, 25 cm de largeur et 30 cm de hauteur. L’ensemble de ces  volumes constituerait une pile de 2.90 m et pèse 45 kilos.

     

    Patrick commentaire :

    J’admire ces hommes et ses femmes ; oui, je les admire vraiment !

    Ce qui fait d’eux de grands hommes et de grandes femmes de l’humanité, c’est qu’ils ont laissé une empreinte indestructible dans l’histoire des hommes. Leur contribution pour le bien-être des hommes est immense, et c’est avec un grand respect que nous devrions parler d’eux !

    C’est ce qui fait la beauté du genre humain, quand il œuvre pour le bien de tous !

    Aujourd’hui, nous avons besoin plus que jamais de tels hommes et de telles femmes pour enrichir notre société humaine. Que nous soyons croyants ou pas, ce qui importe, c’est de nous unir ensemble pour faire repousser la misère, la faim, la pauvreté, la maladie, etc.

    Œuvrons ensemble mes amis, pour rendre ce monde meilleur !

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  • Le bal allait finir. Les lustres sur les masques

    Le bal allait finir. Les lustres sur les masques
    Découpaient la lumière en caprices fantasques,
    Et sur les fronts ternis montraient à vif le fard.
    L’œil était somnambule et le rire blafard.
    La femme avait vieilli de dix ans en une heure.
    Ce n’était pas le beau plaisir qui nous effleure
    D’une aile diaprée et légère. C’était
    Le plaisir convulsif et hagard qui se tait,
    Ou qui, furieux, fouette et fait hurler la joie.
    L’orchestre prodiguait le trille qui flamboie,
    Et, dans les tourbillons d’un air chaud et malsain,
    La débauche levait le pied, tendait le sein.
    D’étranges mots faisaient grincer sa bouche rauque.
     
    Et là-dedans (le sort est plaisant et se moque
    Souvent de nous) je vis quelque chose tout près
    De moi, — sous un rideau, — de suave et de frais.
    Et je vis que c’était une enfant presque nue,
    Rose, — quinze ou seize ans. La poitrine ingénue
    Restait chaste, malgré qu’elle en eût. Le sein dur
    Pointait sous le tissu rayé d’or et d’azur,
    Avec une charmante et franche gaucherie.
    Le corps jeune et nerveux sculptait la draperie ;
    Et je me demandai, pensif, voyant cela :
    Pourquoi cette méprise ? et que vient faire là
    Cette puberté saine et fragile ? Qu’elle aille
    Dans la paix douce et dans le bonheur. Pour sa taille
    Il faut encor la robe étroite de l’enfant,
    Et la main de la mère aimante, qui défend.
    — Et je la regardais, pauvre petite femme !
    Et naïf j’étais près de lui dire : « Madame,
    Vous avez oublié votre poupée. Allons,
    Il est très tard : fermez vos yeux sous vos cils longs.
    Votre ange vous attend pour vous bercer lui-même. »
     
    Et l’enfant se pendait au cou d’un pierrot blême !
     

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