• 28 janvier 1547 : mort de Henri VIII, roi d’Angleterre

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    Il y a dans la seule personne de Henri VIII un empereur, un sultan et un pape : de cette trinité bizarre résulte une forme de tyrannie monstrueuse et nouvelle : romaine par sa barbarie, orientale par sa licence, italienne par sa subtilité. Ce prince, qui cumula tous les genres de despotisme, qui remua sans pudeur la conscience de ses peuples, qui se couvrit du sang de ses femmes, de ses ministres, de ses sujets, trouva toujours un parlement prêt à légitimer ses crimes, et mourut dans son lit !

    L’avare fondateur de la dynastie de Tudor, Henri VII, avait laissé peu de regrets : l’avènement de son fils, jeune, beau, spirituel, prodigue, excita la joie publique. Né le 28 juin 1491, il monta sur le trône le 22 avril 1509, et la veuve de son frère aîné, Catherine d’Aragon, y prit place à côté de lui.

    Henri VIII, qui devait jouer successivement tous les rôles, débuta par celui d’un monarque aimable, savant et dissipé. Les trésors amassés par son père se consumèrent en fêtes et en tournois : Henri s’y distinguait par sa force et par son adresse. La musique et la théologie, qu’il aimait avec une égale ardeur, le délassaient des exercices violents : il composait des motets, qu’on exécutait dans sa chapelle, et relisait saint Thomas d’Aquin, son auteur favori.

    Deux ministres se disputèrent la confiance du nouveau prince, le comte de Surrey et Fox, évêque de Winchester. Pour supplanter son rival, Fox introduisit Wolsey, qui les supplanta tous les deux : le fils du boucher d’Ipswich, d’abord simple aumônier, bientôt premier ministre, se fit un art d’entourer son maître de plaisirs, et de le dégoûter des affaires. (voy. 28 Novembre 1530, Mort du cardinal Wolsey.) Cependant au bruit des armes Henri se souvint qu’il était roi.

    Le pape Jules II voulait chasser les Français d’Italie, où il les avait attirés : il envoie au jeune souverain, qui réunissait les droits longtemps opposés des deux rosés, une rosé d’or, ointe de saint chrême et parfumée de musc : en même temps il charge Ferdinand V, sou beau-père, de lui offrir le litre de roi très chrétien, s’il voulait l’aider à en dépouiller Louis XII.

    La guerre éclate, et, dans la première campagne, Henri, dupe de Ferdinand, lui prête ses troupes pour conquérir la Navarre. Dans la seconde, il s’empare de Térouenne, gagne la bataille de Guinegate. A la même époque, ses généraux remportent la victoire de Flodden-Field sur le roi d’Écosse, Jacques V, l’allié des Français. Henri prend alors le titre que lui avait offert Jules II, et reçoit en outre de Léon X celui de champion de l’Église. Louis XII expire (voy. 1er janvier 1515) ; François Ier lui succède : de nouvelles chances d’alliance et d’inimitié s’ouvrent pour la France et pour l’Angleterre. L’astucieux héritier de l’Empire et de l’Espagne, Charles-Quint, cherche toujours à se placer entre les deux monarques, et n’y réussit que trop souvent.

    Mais laissons le tableau des débats extérieurs, et voyons Henri VIII chez lui : c’est là qu’il apparaît dans toute l’énormité de son dévot et cruel génie.

    Le roi très chrétien, le champion de l’Église brûla du pieux désir de combattre Luther. Pour réfuter le livre de l’hérésiarque, il fallait le lire : Henri écrit au pape, qui lui en accorde la permission. Il compose un ouvrage dans lequel il embrasse la cause des sept sacrements. L’ouvrage, envoyé à Rome, est comparé aux écrits de saint Jérôme et de saint Augustin : un bref, souscrit par vingt-sept cardinaux, décerne à son auteur le titre de défenseur de la foi.

    A toutes ces pompeuses dénominations, conquises par ses armes et par sa plume, Henri VIII, dix ans plus tard, en substitue une seule, celle de protecteur et chef suprême de l’Église anglicane.

    Ni la raison d’état, ni les calculs de la politique n’influèrent sur cette révolution, l’une des plus grandes qui aient changé la face d’un royaume, et modifié celle de l’Europe. « On sait, dit Voltaire, que l’Angleterre se sépara du pape, parce que Henri VIII fut amoureux. Ce que n’avaient pu ni le denier de saint Pierre, ni les provisions, ni les annates, ni les collectes, ni la vente des indulgences, ni cinq cents années d’exactions, toujours combattues par les lois des Parlements et par les murmures des peuples, un amour passager l’exécuta, ou du moins en fut la cause. La première pierre qu’on y jeta suffit pour renverser ce grand monument dès longtemps ébranlé par la haine publique. »

    Depuis dix-huit ans Henri vivait sans scrupule, comme sans amour, avec Catherine d’Aragon. Plus d’une femme s’était rendue à ses vœux : une fille d’honneur de la reine les irrita par sa résistance : Anne Boleyn mit ses faveurs au prix du mariage ; et le roi se décida sur-le-champ à rompre des nœuds qui rendaient son bonheur impossible. Il pria Clément VII de vouloir bien révoquer la bulle de Jules II, et déclarer son hymen avec la tante de Charles-Quint contraire aux lois divines et humaines.

    Clément VII, qui venait de conclure un traité de paix avec l’empereur, après avoir senti la pesanteur de son bras, n’était pas tenté de recommencer la guerre. « François Ier, roi de France, devenu, par son second mariage, neveu de Catherine d’Espagne, soutint à Rome le parti de Henri VIII, comme son allié, et surtout comme ennemi de Charles-Quint devenu si redoutable. Le pape, pressé entre l’empereur et ces deux rois, et qui écrivait qu’il était entre l’enclume et le marteau, négocia, temporisa, promit, se rétracta, espéra que l’amour de Henri VIII durerait moins qu’une négociation italienne ; il se trompa C’était un spectacle curieux et rare de voir d’un côté le roi d’Angleterre solliciter les universités de l’Europe d’être favorables à son amour, de l’autre l’empereur presser leurs décisions en faveur de sa tante, et le roi de France, au milieu d’eux, soutenir la loi du Lévitique contre celle du Deutéronome, pour rendre Charles-Quint et Henri VIII irréconciliables. »

    Enfin, l’archevêque de Cantorbéry, Cranmer, prononça la nullité du mariage de Henri et de Catherine. (voy. 21 Juin 1529 et 23 Mai 1533. ) « Le pape Clément VII ne put alors se dispenser d’accorder à Charles-Quint, outrage, et aux prérogatives du saint Siège, une bulle contre Henri VIII. Mais le pape, par cette bulle, perdit l’Angleterre. »

    Théologien despote et législateur souvent contradictoire, le nouvel adversaire de Rome n’en demeura pas moins l’opiniâtre ennemi de Luther. L’échafaud témoigne de l’atroce impartialité avec laquelle il traita les deux croyances. Si le vénérable évêque Fisher, si le chancelier Thomas Morus, catholiques zélés, paient de leur tête le refus de prêter le serinent de suprématie, un bûcher s’allume pour trois luthériens, dans le temps même où cette suprématie est instituée. En moins de seize ans, les arguties scolastiques du roi pontife conduisirent à la mort soixante-dix-huit mille victimes ; et Catherine Parr, sa dernière épouse, faillit en augmenter le nombre.

    Sa dernière épouse ! Henri VIII se maria six fois, et presque toutes ces unions royales se dénouèrent en lugubres tragédies. La faveur d’Anne Boleyn finit ainsi qu’elle avait commencé : l’une de ses filles d’honneur lui ravit le cœur du monarque. Catherine d’Aragon était morte dans la douleur et dans les larmes ; Anne Boleyn périt de la main du bourreau (voy. 19 Mai 1536 ) ; Jeanne Seymour perdi la vie en la donnant à un fils, qui depuis régna sous le nom d’Edouard VI (voy. 24 Octobre 1637 ) ; Anne de Clèves fut aussitôt répudiée qu’épousée (voy. 12 Juillet i54o) ; la tête de Catherine Howard tomba comme celle d’Anne Boleyn (voy. 12 février 1542 ) ; Catherine Parr ne dut son salut qu’à son adresse (voy. 12 Juillet 1545).

    Cet homme, qui avait tant ordonné de trépas, défendit sous peine capitale que l’on osât prédire le sien. Au terme de ses jours, sa férocité s’aigrissait encore par les souffrances physiques : personne ne l’avertissait de son état : un seul membre du Conseil en eut le courage. Henri montra plus de résignation qu’on ne s’y attendait : il demanda Craumer, et ne pouvait déjà plus parler lorsque l’archevêque arriva. Celui-ci l’exhorta à témoigner par un signe qu’il mourait dans la foi chrétienne : Henri lui pressa la main, et expira : il était dans la cinquante-sixième année de son âge et la trente-huitième de son règne. Un jour plus tard, le duc de Norfolck, l’oncle d’Anne Boleyn et de Catherine Howard, subissait sa sentence, et mourait comme ses nièces : il /avait mérité, en présidant la commission qui jugea la mère d’Elisabeth.

    Quand on sait par cœur les règnes de Tibère et de Doiuitien ; quand on a vu le Sénat se prêter lâchement à toutes les cruautés, à toutes les extravagances des empereurs, la servilité du parlement anglais sous Henri VIII étonne encore et afflige la pensée. Si ce corps essaya quelquefois une faible opposition, bientôt réprimée par la peur, c’était toujours à propos d’argent : du reste, il fit bon marché au prince du sang de ses sujets ; il abolit toutes les libertés ecclésiastiques et civiles ; il renversa la Constitution, en déclarant que les édits royaux avaient la même force que les lois passées par les deux Chambres.

    Le règne de Henri VIII n’a pas encore trouvé de Tacite pour le peindre. Hume, dans sa grande histoire, l’esquisse avec trop d’indulgence et de mollesse : l’écrivain sceptique semble n’avoir vu dans Henri VIII que l’ennemi de Rome et le destructeur du papisme. — Monnais.

     

     

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  • L’histoire Des Montgolfières...

    En 20 Cartes D’époque...

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Les frères Montgolfier (1784)

    Cette séries de cartes à collectionner à été publiée entre 1890 et 1900 par la compagnie Romanet.

    Elles présentent les événements qui ont marqué le développement des ballons, des montgolfières et autres aérostats dans les années précédentes.

    Comme vous pouvez le voir sur la fin, en plus des inventions et des premières, les nombreux accidents avaient bien marqué les esprits.

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    1re Expérience aerostatique a Annonay (1783)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

     

    Charles lance à Paris le premier aérostat (1783)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Premier voyage aérien Pilâtre de Rozier et d’Arlandes (1783)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Premier voyage aérien par Charles et Robert (1783)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    1er Essai de direction de ballons, Guyton de Morveau (1784)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Traversée en balon du Pas-de-Calais par Blanchard et Jefferies (1785)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Mort de Pilâtre de Rozier et de Romain (1785)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Transport de l’Entreprenant de Mabeuge à Charleroi (1794)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    L’Entreprenant, ballon monté par Coutelle, bataille de Fleurus (1794)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Le Commandant Coutelle au siège de Mayence (1795)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Les utopies de la navigation aérienne au siècle dernier

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Sébastien Lenormand fait la 1re expérience du parachute, Montpellier (1783)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Descente de Jacques Garnerin en parachute (1797)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Gay-Lussac et Biot a 4,000 mètres de Hauteur (1804)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Le Ballon du couronnement de Napoléon (1804)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Mort de Mme. Blanchard (1819)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Zambeccari et ses deux compagnons dans L’Adriatique (1804)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Mort de Harris (1824)

    L’histoire Des Montgolfières...  En 20 Cartes D’époque...

    Arban est recueilli par des pècheurs Italiens (1846)

     

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  • 10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

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    Retrouvez ci-dessous une compilation de plusieurs faits historiques perturbants qui vont radicalement changer votre manière de percevoir le temps qui passe.

     

    Notre perception du temps va de pair avec nos vies et la manière dont on les conjugue. Il y a eu un passé, il y a un présent et il y aura un futur. Chacune de ces tranches et les souvenirs qui s’en détachent nous ramènent à différentes périodes de l’existence qui nous servent de repères temporels.

     

    Pour le commun des mortels, le temps est une notion beaucoup trop abstraite pour que l’on puisse se projeter suffisamment loin dans l’avenir ou le passé. L’être humain n’étant pas immortel, bien des choses nous semblent trop éloignées pour que l’on puisse en saisir la portée. Notre perception est en effet tronquée car notre échelle de temps est en réalité proportionnelle à la durée de nos vies.

     

    Un événement survenu il y a un siècle par exemple nous laissera généralement de marbre car il va s’avérer anachronique, presque mythologique. Pourtant, 100 ans à l’échelle de l’humanité ne représentent qu’un court instant et certains faits qui nous dépassent par leur ancienneté sont en réalité beaucoup plus proches qu'on ne le croit. Il suffit parfois d’un rien !

     

    D’autre part, beaucoup d’idées préconçues influent sur cette perception qui s’en trouve altérée. Difficile par exemple d’imaginer que la firme japonaise Nintendo, spécialisée dans les jeux vidéos, est une société déjà… centenaire, car elle est plutôt synonyme de modernité aux yeux de tous. C’est pourtant vrai !

     

    Comment est-ce possible ? Vous trouverez la réponse dans cette compilation de 10 faits historiques hors du commun, qui vous feront totalement revoir votre perception du temps.

     

     1- John Tyler, 10 ème président des États-Unis (1841-1845), a deux petits fils encore vivants au XXIe siècle

     

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

     

    1- John Tyler, 10 ème président des États-Unis (1841-1845), a deux petits fils encore vivants au XXIe siècle

    John Tyler (Dixième président des États-Unis). 

    Né en 1790, il avait 63 ans lorsqu’est né son cinquième enfant prénommé Lyon. Ce dernier aura également deux enfants sur le tard, à l’âge de 71 puis de 75 ans. Ses deux fils, Lyon Jr et Harrison, sont respectivement nés en 1924 et 1928. Ils sont encore vivants.

     

    2- «Harriet», la célèbre tortue des Galapagos, a très bien connu le non moins célèbre Charles Darwin

     

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Décédé en 2006 au bel âge de 176 ans, la célèbre tortue des Galapagos Harriet avait été recueillie par… Charles Darwin en 1835, à l’occasion d’un des nombreux voyages du scientifique. Elle n’avait alors que 5 ans.

     

    3- La compagnie Nintendo est déjà centenaire

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    La compagnie Nintendo est déjà centenaire. 

     

    Non, vous ne rêvez pas ! La compagnie japonaise Nintendo, mondialement connue pour ses consoles et jeux vidéo, a déjà plus de 100 ans. Fondée en 1889 près de Kyoto (Japon), elle était à l’origine une société spécialisée dans les jeux de cartes, puis s’est d'abord tournée vers la production de jouets et enfin de jeux d’arcades dans les années 70.

     

    4- La France utilisait encore la guillotine lorsque le film Star Wars est sorti10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Si la peine de mort n’a été abolie en France qu’en 1981, aucune exécution par guillotine n’avait toutefois eu lieu depuis 4 ans dans le pays. La dernière datant en effet de 1977, soit l’année de sortie du premier volet de la célèbre trilogie de George Lucas. Une éternité...

     

    5- La dernière veuve de la guerre de sécession est morte la même année que l’élection d’Obama, en 2008

     

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Maudie Hopkins , la dernière veuve connue d’un vétéran de la guerre civile américaine (1861-1865) est décédée en 2008, soit l’année de arrivée au pouvoir de Barack Obama aux États-Unis. Elle s’était mariée en 1934, à l’âge de 19 ans, avec l’ex-soldat William M. Cantrell, qui en avait… 67 de plus.

     

     6- L’ecstasy a été (re)découverte la même année que le naufrage du... Titanic (1912)10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Le paquebot Titanic lors de son départ de Belfast en 1912. Crédit photo : Anton_Ivanov / Shutterstock

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    Contrairement aux idées reçues, l’extasy n’est pas une drogue moderne puisqu’elle a été synthétisée dès 1898 en Allemagne, avant d’être (re)découverte par les laboratoires Merck en 1912, l’année ou le paquebot Titanic, réputé insubmersible, a sombré dans l’Atlantique-nord.

     

     

    7- En 2016, l'équipe de baseball des Cubs remporte enfin les World Series alors que sa dernière victoire remontait à 1908, date à laquelle l’empire Ottoman existait encore 

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Crédit photo : Bored Panda

    Démantelé après la première guerre mondiale, l’empire Ottoman était encore debout lorsque les Cubs, célèbre équipe de baseball de Chicago, a remporté le championnat national américain pour la dernière fois en 1908, avant son sacre de 2016.

     

    8 La marque Apple est créée la même année que la mort de… Charles Chaplin, en 1977

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Crédit photo : r.classen / Shutterstock

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Crédit photo : P.D Jankens

    Lorsque l'on évoque Charles Chaplin, il nous vient naturellement à l'esprit ses films en noir et blanc que les plus jeunes devinent sortis d'un autre temps. Inversement, la firme Apple, symbole de la modernité technologique s'il en est, évoque l'époque actuelle en même temps que l'avenir. Deux périodes que tout semblent opposer. Et pourtant, beaucoup l'ignorent mais la célèbre marque à la pomme a été fondée il y a plus de 40 ans en... 1976 par Steve Jobs et deux de ses amis, avant de devenir une véritable société informatique en 1977. La même année, l'illustre interprète des "Temps modernes" ou encore du mythique "Le dictateur" succombait d'un AVC à l'âge de 88 ans. 

     

    9- La théorie de la tectonique des plaques n'est approuvée scientifiquement qu'en 1965, alors que la Nasa explore déjà l’espace

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Crédit photo : Yarr65 / Shutterstock

     

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Nous avons tous appris sur les bancs de l'école le principe de la tectonique des plaques et des frottements qui provoquent, entre autres, les séismes. Une explication scientifique communément admise mais qui n'est pas si ancienne puisque le concept n'a été validé qu'au milieu des années 60, à une époque où l'agence spatiale américaine (NASA) explorait déjà l'espace. De là à dire que les hommes en savaient plus à l'époque sur le ciel que la terre, il n'y a qu'un pas que l'on ne franchira pas...

     

    10- Le Colisée a été construit à la même époque que la rédaction de l'Évangile selon Luc

     

    10 faits historiques qui vont chambouler votre perception du temps

    Si le christianisme est aujourd’hui l’une des 3 religions monothéistes les plus répandues dans le monde, son influence a d’abord été mineure, évoluant dans l’ombre de Rome. Ainsi, il y a 2 000 ans, les premiers chrétiens vivaient en minorité aux sein de l’Empire romain alors à son apogée. Le prestige et l’influence romaine sont donc bien antérieurs à l’essor de la chrétienté.

     

    Preuve en est : le Colisée. La construction de ce symbole de la toute puissance de Rome a été achevée en 80. Une période (70-85) ou l'Évangile selon Luc et les Actes des Apôtres, présents dans le Nouveau Testament et généralement attribués à un auteur grec, ont été rédigés.

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  • Marseillaise (La) des Vendéens :
    une singulière parodie
    (D’après « La Nouvelle Revue héraldique, historique
    et archéologique », paru en 1933)
     
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    Vraisemblablement composé entre le 4 novembre 1793, date du décès du général de Lescure, et le 8 novembre, date du départ de Fougères pour Granville de l’armée catholique et royale grossie des renforts bretons, cet hymne fut publié pour la première fois en 1879
     

    À la page 219 des Mémoires de la marquise de la Rochejaquelein — Marie-Louise-Victoire de Donnissan, née à Versailles en 1772, épousa en 1791 son cousin germain, Louis-Marie de Salgues, comte puis marquis de Lescure, et se remaria le 1er mars 1802 avec Louis, marquis de la Rochejaquelein, frère de l’illustre général vendéen Henri de la Rochejaquelein —, conservés aux archives du château de Clisson (Loire-Atlantique), Etienne Aubrée, érudit fougerais, découvrit voici moins d’un siècle une « parodie » de la Marseillaise écrite de la main de la veuve du général marquis de Lescure.

    Cette Marseillaise des Vendéens fut publiée pour la première fois en 1879 par le comte de la Boutetière dans son livre Le chevalier de Sapinaud et les Vendéens du Centre puis dans le journal Le Phare de la Loire, numéro du 12 avril 1892.

    Il y a tout lieu de croire, suivant Aubrée, que cet hymne dont on ignore l’auteur a été composé dans la région fougeraise, entre le 4 novembre 1793, date du décès du général de Lescure au hameau des Besnardières, près de la Pellerine, et le 8 novembre, date du départ de Fougères pour Granville de l’armée catholique et royale grossie des renforts bretons.

    Louis de Lescure, par Robert Lefèvre (1818)
    Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure. Peinture de Robert Lefèvre (1818)

     

    En voici les paroles (sur l’air de la Marseillaise) :

    Chers habitants de la Vendée,
    Vertueux, braves paysans,
    Que la république enragée
    Appelle du nom de brigands, (bis)
    Pour venger le ciel qu’on outrage,
    Le roi, la reine et leurs enfants,
    Vous vous battez depuis longtemps
    Sans moyens que votre courage.

    Redoublez vos efforts, vous vous battez pour Dieu
    Frappez, frappez, le monde entier
    Fixe sur vous les yeux.

    Vous avez commencé la guerre
    N’étant armés que de bâtons,
    Bientôt vous n’avez su que faire
    De tous vos fusils et canons, (bis)
    Vous faites rougir les puissances
    De vous refuser leur secours,
    Et votre gloire pour toujours
    Egalera votre vaillance.

    Redoublez vos efforts, vous vous battez pour Dieu
    Frappez, frappez, le monde enlier, etc.

    Votre bonté, votre clémence
    Devaient vous gagner tous les cœurs ,
    Mais les Français dans leur démence
    N’étaient pas dignes des vainqueurs, (bis)
    Jusqu’aux enfants tout est victime,
    Tout périt par le fer des Bleus,
    N’épargnez plus ces malheureux,
    Leur laisser la vie est un crime.

    Redoublez, etc.

    Héros qui perdîtes la vie,
    Servant d’exemple à vos soldats,
    Bonchamps, Lescure, la patrie
    A jamais vous regrettera. (bis)
    Idolâtrie de vos armées,
    Pleins de talents et de douceur
    Vous pérîtes par trop d’ardeur.
    Soldats, vengez leur destinée.

    Redoublez, etc.

    Oh toi, surnommé l’Intrépide,
    Jeune la Rochejaquelein [Henrin tué le 28 janvier 1794],
    Au combat sois toujours leur guide,
    Tu tiens la victoire entre les mains. (bis)
    Egalant Charette en prudence
    Autant qu’il l’égale en valeur,
    Vos noms portent seuls la terreur
    Aux cruels tyrans de la France.

    Redoublez, etc.

    Vous, dont toujours la renommée
    A vanté les exploits fameux,
    Bretons, offrez à la Vendée
    Votre sang au lieu de vos vœux. (bis)
    Quoi, vous osez rester tranquilles
    Tout en admirant ces guerriers !
    Allez partager leurs lauriers,
    Les vertus ne sont point stériles.

    Imitez leurs efforts, exposez-vous pour Dieu,
    Frappez, frappez et méritez le nom de vos aïeux.

     

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  • Giulia Tofana Sorcière au 17ème siècle en Italie ? 

    Détail de «The Love Potion», avant le 19ème siècle, préraphaélite Evelyn De Morgan. Le conte enchevêtré d’Aqua Tofana est intimement lié aux «enfers magiques criminels» du XVIIe siècle, qui fournissaient des philtres d’amour, des potions, des médicaments et des poisons à une clientèle majoritairement féminine.

    Au début de l’automne 1791, alors qu’il travaillait encore dur sur la grande messe de requiem qui formerait  une si grande partie  de sa légende, Wolfgang Amadeus Mozart tomba gravement malade. Convaincu qu’il n’y avait aucune chance de récupération, il a commencé à parler de la mort, et a affirmé qu’il plaçait le Requiem pour lui-même… Je suis sûr que j’ai été empoisonné. Je ne peux pas me débarrasser de cette idée… Quelqu’un m’a donné  acqua tofana  et a calculé l’heure exacte de ma mort.

     

    Les savants se sont disputés pendant deux siècles entiers sur les circonstances du décès du grand compositeur. Une poignée a conclu qu’il avait vraiment été assassiné. La plupart soutiennent des diagnostics rivaux de syphilis, de fièvre rhumatismale ou même les effets mortels de la  consommation de côtelettes de porc insuffisamment cuites . Quoi qu’il en soit, Mozart était convaincu qu’il existait un poison rare, incolore, insipide, inodore, incontrôlable – et aussi si meurtrier qu’une dose soigneusement calculée pouvait garantir la mort d’une victime. une semaine, un mois ou même un an après son administration.

    Le compositeur n’était pas seul dans cette croyance. Oublié qu’il soit aujourd’hui, le liquide mystérieux qu’il craignait tant était l’un des grands secrets chuchotés de l’Europe moderne. Aqua Tofana a été crédité de ce qui équivalait à des pouvoirs surnaturels, et responsable de centaines de morts angoissantes. Ce qui est étrange, car il est loin d’être clair que cela ait jamais existé – et, si c’était le cas, de quoi il s’agissait, où il a été inventé, à quel moment et comment. 

    Comment détruire un homme

    Mozart sur son lit de mort, entouré des matériaux pour son requiem inachevé - une pièce commandée par un mécène inconnu via un mystérieux

    Mozart sur son lit de mort, entouré des matériaux pour son requiem inachevé – une pièce commandée par un mécène inconnu via un mystérieux « gentleman gris ». Des récits romantiques sur la mort du compositeur suggèrent qu’il en était venu à croire .

    Le récit  est communément dit  : Aqua Tofana a été créée par une femme sicilienne appelée Giulia Tofana, qui a vécu et travaillé à Palerme dans la première moitié du XVIIe siècle. C’était un liquide limpide et inoffensif, dont quelques quatre à six gouttes suffisaient à détruire un homme. Son principal ingrédient était l’arsenic et, bien qu’il se soit répandu dans la majeure partie du sud de l’Italie, il était généralement administré par les femmes à leurs maris, le plus souvent pour entrer dans leur fortune – les poisons étaient souvent appelés «poudres d’héritage» à cette époque.

    L’existence même d’Aqua Tofana était donc un défi sérieux pour ce qui était alors considéré comme l’ordre naturel – un monde dans lequel les hommes gouvernaient comme des petits tyrans contre leurs propres familles, et même les filles les plus aristocratiques étaient vendues aux enchères. dans des mariages souvent sans amour. Pour cette raison, il faut faire preuve de générosité face à la misogynie contemporaine quand on pense à ce conte; L’une des rares constantes dans les différents portraits d’événements est la représentation de Tofana et de son gang comme des hommes de confiance et de leurs clientes comme des Jezebels sans foi.

    Chambers’s Journal , par exemple, souligne l’horreur d’un homme fort réduit à néant par sa femme et nous dit que le poison était un tueur subtil:

    Administré dans le vin ou le thé ou un autre liquide par le traître flatteur, il produit un effet à peine perceptible; le mari devenait un peu fou, se sentait faible et languissant, si peu indisposé qu’il ne ferait guère appel à un médecin… Après la deuxième dose de poison, cette faiblesse et cette langueur se sont accentuées… La belle Medea qui exprimait tant d’inquiétude pour l’indisposition de son mari ne serait guère un objet de suspicion, et préparerait peut-être la nourriture de son mari, telle que prescrite par le médecin, de ses propres mains. La troisième goutte serait ainsi administrée et prosternerait même l’homme le plus vigoureux. Le médecin serait complètement perplexe de voir que la maladie apparemment simple ne se rendait pas à ses médicaments, et alors qu’il serait encore dans l’obscurité quant à sa nature, d’autres doses seraient administrées, jusqu’à ce que la mort réclame la victime pour la posséder…

    Pour sauver sa belle renommée, la femme demandait un examen post mortem. Résultat, rien – sauf que la femme était capable de se présenter comme une innocente calomniée, et alors on se souviendrait que son mari était mort sans douleur, inflammation, fièvre ou spasmes. Si, après cela, la femme d’ici un an ou deux formait une connexion maintenant, personne ne pourrait lui en vouloir; car, tout compte fait, ce serait un procès douloureux pour elle de continuer à porter le nom d’un homme dont les proches l’avaient accusé de l’avoir empoisonné.

    L’indétectibilité d’Aqua Tofana était donc le plus grand atout du poison. «Les analystes les plus acharnés, poursuit Chambers ,  ont été totalement incapables de témoigner de sa présence dans les organes de l’une de ses victimes après l’autopsie la plus recherchée. C’était en fait le beau-idéal d’un poison chez l’empoisonneur. »Et sa lente action avait deux avantages majeurs: elle faisait ressembler les symptômes qu’elle produisait à ses victimes à ceux de la maladie en progression, et – peu importe l’Italie profondément religieuse – cela ne donnait pas seulement au mari mourant le temps de mettre ses affaires en ordre, mais il veillait également à ce qu’il puisse se repentir de ses péchés. Comme on pensait à son tour que cela garantirait son entrée au paradis, son tueur n’avait même pas besoin de se sentir coupable du sort de son âme éternelle.

    L'arsenic est extrait, puis oxydé pour produire une poudre soluble, sans goût, incolore et inodore. Image: Wikicommons.

    L’arsenic est extrait, puis oxydé pour produire une poudre soluble, sans goût, incolore et inodore. Image: Wikicommons.

    Au cours d’une carrière qui a duré plus de 50 ans (les mêmes comptes se poursuivent généralement), Tofana et sa bande ont pu utiliser ce poison pour éliminer au moins 600 victimes. Leur secret a été bien gardé pendant toutes ces années par un groupe grandissant de clients satisfaits. En effet, selon l’abbé Gagliani , un joueur et un esprit sage du monde qui a écrit un siècle plus tard, «il n’y avait pas à Naples une dame qui n’en avait pas ouvertement dans sa toilette parmi ses parfums. Elle seule connaît la fiole et peut la distinguer.

    Il existe néanmoins plusieurs problèmes avec ces versions d’événements. La première est qu’il existe deux versions très différentes de l’histoire de Tofana. La première a son épanouissement en Sicile dès les années 1630; la seconde la fait vivre en prison un siècle plus tard. Elle est supposée avoir opéré à Palerme, à Naples et à Rome, et aurait été diversement inventée du poison qui porte son nom, ou simplement de son héritier. Il n’y a pas non plus de certitude quant aux ingrédients de son élixir. La plupart des comptes conviennent que Aqua Tofana était basé sur l’arsenic. Mais certains affirment qu’il contenait également de la  cire de crapaud, de la mouche espagnole , de l’extrait de muflier, une solution d’hydrocotyle connue sous le nom d’ aqua cymbelaria, et même de crachats de fous.

    Un détail de

    Un détail du «laboratoire d’un alchimiste», l’une des nombreuses études réalisées au milieu du XIXe siècle par l’ingénieur écossais James Nasmyth. Ces laboratoires étaient à la fine pointe de la technologie à l’époque de Giulia Tofana et beaucoup plus sophistiqués que tout ce à quoi elle et son gang auraient eu accès.

    Les mystères se multiplient quand on considère la question controversée de savoir quand et comment Tofana a atteint sa fin. Une source affirme qu’elle est morte de causes naturelles en 1651, une autre qu’elle a trouvé refuge dans un couvent et y a vécu de nombreuses années, continuant à fabriquer son poison et à le distribuer via un réseau de religieuses et de religieux. Plusieurs affirment qu’elle a été capturée, torturée et exécutée, bien qu’ils diffèrent quant à savoir si sa mort s’est produite en 1659, 1709 ou 1730. Dans un récit particulièrement détaillé, Tofana a été physiquement arrachée de son sanctuaire et étranglée, après quoi «son corps a été jeté la nuit dans la zone du couvent d’où elle avait été emmenée.

    Il existe un troisième grand casse-tête, le plus difficile à reconnaître. Car, bien que chaque récit de l’Aqua Tofana souligne sa puissance inégalée, la force et la certitude du poison, ainsi que son insaisissable démoniaque, sont impossibles à reproduire aujourd’hui. L’élixir était censé être l’un des «poisons lents», très redouté au XVIIe siècle, dont l’opération était assez progressive pour faire apparaître la victime – selon Charles Mackay– «comme mourant d’une décomposition de la nature». Pourtant, les potions connues de cette période manquaient des qualités attribuées au poison Tofana; ils étaient moins fiables, plus facilement détectables et produisaient des symptômes beaucoup plus violents que ceux auxquels Aqua Tofana était généralement réputé. Tout cela nous laisse un problème. Un groupe de fabricants de poisons mal éduqués pourrait-il en quelque sorte tomber sur une formule secrète? Ou est-il plus sûr de conclure que les contes de Tofana sont au mieux grandement exagérés, et peut-être rien d’autre que le produit de l’hystérie contemporaine et, plus tard, du récit grandiose?

    Les deux Tofanas 

    Salvatore Salomene-Marino, le folkloriste sicilien dont le travail dans les archives de Palerme nous donne des indices sur la façon dont la légende d'Aqua Tofana est apparue.

    Salvatore Salomene-Marino, un médecin sicilien dont le travail dans les archives de Palerme nous donne des indices sur la façon dont la légende d’Aqua Tofana est apparue.

    Retracer les sources variées du poison et de ses créateurs vers les sources les plus anciennes permet de décortiquer des aspects du mystère sans rien résoudre – car s’il existe deux versions distinctes de l’histoire, il y a aussi deux Tofanas possibles. Le premier (et sûrement le plus fiable) de ces récits est basé sur les archives italiennes et a été fourni par deux érudits du XIXe siècle:  Alessandro Ademollo  (1826-1891), qui a publié les résultats de ses recherches dans une courte brochure intitulée  I Misteri dell ‘ Acqua Tofana et  Salvatore Salomene-Marino  (1847-1916), dont l’article «L’Acqua Tofana» a paru dans la revue  Nuove Effemeridi Siciliane.Ces deux œuvres sont apparues en 1881, mais Ademollo a d’abord publié, et il est possible que l’enquête de Salomène-Marino ait été motivée par une lecture de Misteri , qu’il cite dans son propre article.

    Ensemble, leurs recherches placent Tofana au début du XVIIe siècle en Sicile et expliquent qu’elle n’était qu’un des empoisonneurs et des femmes sages qui ont vendu collectivement la mort dans la moitié de l’Italie pendant 30 ans. La seconde version, concurrente, des événements peut être esquissée en réunissant des matériaux apparus en français et en allemand dans la première moitié du XVIIIe siècle. Ces récits décrivent un Tofana qui était actif dans les premières années du 18ème siècle et qui vivait dans une prison de Naples en 1730.

    Peut-être le meilleur endroit pour commencer cette tentative de récupérer une Giulia Tofana historique de plusieurs centaines d’ années de la valeur de la rumeur, l’ écriture de mauvaise qualité et l’ invention est avec Salomene-Marin, un antiquaire sicilien qui a découvert – dans le  C ompendio di diversi successi à Palerme dall » anno 1632 , écrit par un notaire contemporain de Palerme nommé Baldassare Zamparrone (1581-1648) – le premier compte qui semble avoir une incidence sur cette affaire. Voici une description de l’exécution, le 12 juillet 1633, d’un empoisonneur du nom de Teofania di Adamo. Une deuxième source, le mémorialiste  Gaetano Alessi « s  Notizie piacevoli e curiose ossia aneddoti … , décrit le poison utilisé comme « Acqua Tufània. » Salomene-Marino conclut que c’est la première fois que Di Adamo a créé le poison connu d’Aqua Tofana et qu’il porte son nom. Ses sources disent qu’elle l’a vendu dans la capitale sicilienne avec l’aide d’un complice, Francesca La Sarda.

    Ferdinando Afán de Ribera, duc d'Alcalá et vice-roi de Sicile, s'est intéressé personnellement au premier cas suspect d'empoisonnement par Aqua Tofana.

    Ferdinando Afán de Ribera, duc d’Alcalá et vice-roi de Sicile, a régné sur Palerme au moment du premier cas d’empoisonnement suspecté par Aqua Tofana.

    Selon ces mêmes documents, le poison de Di Adamo a tué ses victimes en trois jours et il semble que La Sarda et elle aient fonctionné avec succès pendant un certain temps avant d’être capturées et traduites en justice. La Sicile faisait alors partie de l’empire espagnol et c’est le vice-roi d’Espagne Ferdinando Afán de Ribera qui semble avoir pris le plus Son implication personnelle dans l’affaire et la manière particulièrement horrible de la mort de Di Adamo – par une forme de dessin et d’arrachage qui, selon les sources de Salomene-Marino, était apparemment insoutenable vivant dans un sac de toile… [et] jeté des toits du vicaire [palais de l’évêque] dans la rue,

    La prochaine trace de ce qui aurait pu ou pas être Aqua Tofana est fournie par Ademollo, qui la place à Naples dans les années 1643-45. Il convient de souligner que cette ville était également une possession espagnole à l’époque; c’était en effet la capitale du royaume des Deux-Siciles . Naples était donc précisément le genre d’endroit susceptible d’attirer les réfugiés de Palerme qui étaient en fuite des autorités siciliennes. Si cela a une incidence sur le cas ou non, les  dépêches non publiées de Vincenzo de ‘Medici, l’agent florentin à Naples, enregistrent l’arrestation d’une troisième femme pour crime d’empoisonnement et donnent des détails sur les effets du poison. Selon Ademollo, le toxique de Naples fonctionnait exactement de la même façon que le poison de Di Adamo et était probablement aussi Aqua Tofana. Cela semble un peu exagéré – si l’ingrédient actif d’Aqua Tofana était l’arsenic, alors de nombreux poisons à base d’arsenic auraient produit des symptômes similaires – et les notes de Medici, toujours stockées dans une archive de Florence, ne résolvent pas ce problème. Nous ne connaissons pas non plus le nom, les méthodes, la clientèle ou même le destin de l’empoisonneur de Naples.

    Le Campo Vaccino à Rome en 1653, peu après que Giulia Tofana l'aurait su.

    Le Campo Vaccino à Rome en 1653, sur le site de l’ancien forum impérial, peu après que Giulia Tofana l’aurait su.

    Aqua Tofana, cependant, a toujours été très étroitement associé à Rome et c’est là que nous rencontrons Giulia Tofana quelques années après l’empoisonnement de Naples. Salomene-Marino dit qu’elle est venue de la ville en provenance de Palerme et fait tout ce qui est en son pouvoir pour la relier à Teofania di Adamo – c’est la coutume en Sicile, note-t-il, de prendre ces noms comme noms de famille, et sur cette base, il suggère que Tofana était la fille de Teofania. Salomene-Marino était une autorité notoire sur la tradition sicilienne, et peut-être à ce sujet. Il convient néanmoins de souligner que ce léger lien, qui n’est nullement prouvé, est le seul lien clair qui puisse être établi entre Di Adamo et Tofana, et entre les empoisonnements qui ont eu lieu à Palerme dans les années 1630 et ceux qui se sont déchaînés. à Rome deux décennies plus tard.

    Salomene-Marino et Ademollo – ce dernier se basant sur des recherches dans des archives judiciaires anciennes de l’Archivio di Stato di Roma, une chronique contemporaine, et le fameux journal tenu par un gentleman romain nommé Giacinto Gigli – écrivez que Tofana est arrivé dans ce qui était alors la riche capitale des États pontificaux  en compagnie d’une femme beaucoup plus jeune, Girolama Spara. Les deux hommes avaient apparemment fui Palerme à la suite d’une tentative d’empoisonnement et avaient rapidement repris leurs anciennes activités. Ils ont recruté plusieurs nouveaux complices – deux empoisonneurs, Giovanna de Grandis et Maria Spinola (surnommée Grifola), et deux vendeuses, ou «distributeurs», nommées Laura Crispolti et Graziosa Farina. À un moment donné, ce groupe a obtenu un approvisionnement régulier en arsenic en faisant connaissance avec un prêtre douteux, le père Girolamo de Sant’Agnese à Agone, une nouvelle église au centre de Rome. Le frère de Girolamo, semble-t-il, était un apothicaire et aucun à scrupuleux quant à qui il a vendu des poisons.

    Un flacon en verre du dix-septième siècle conçu pour contenir Manna of St Nicholas - une huile curative censée couler miraculeusement de la tombe du saint à Bari. Selon des sources contemporaines, Aqua Tofana a été vendu, déguisé en manne, dans des bouteilles comme celle-ci.

    Un flacon en verre du XVIIe siècle conçu pour contenir la Manna de Saint-Nicolas – une huile de guérison supposée s’écouler miraculeusement des os du saint que nous connaissons maintenant mieux comme le Père Noël. Selon les contemporains, Aqua Tofana a été vendu, déguisé en manne, dans des bouteilles comme celle-ci.

    C’est cette bande de six personnes qui a fabriqué et vendu Aqua Tofana à Rome dans les années 1650. On sait si peu de choses sur les femmes qu’il est impossible de faire plus que de spéculer sur leurs relations et ce qui les a réunies. On ne peut discerner aucun modèle clair, mais Tofana était apparemment le chef – De Grandis finirait par avouer qu’elle lui avait appris à faire du poison – et le groupe contenait à la fois des Siciliens et des Romains. Maria Spinola était originaire de Sicile, même si elle était à Rome depuis 1627, mais De Grandis et les deux «distributeurs» Crispolti et Farina étaient nés dans la Ville Éternelle et utilisaient vraisemblablement leurs contacts locaux pour faire des affaires pour le groupe.

    Tofana est morte vers 1651 – probablement dans son propre lit, et apparemment insoupçonnée de tout crime – et désormais Spara a pris la tête du gang. Elle était, dit Ademollo, la veuve d’un gentleman florentin du nom de Carrozzi, et évoluait confortablement dans des cercles aristocratiques, tandis que De Grandis s’occupait surtout de clients moins exaltés. Selon un manuscrit contemporain, découvert dans des archives locales, Spara a fonctionné comme une sorte de «femme rusée» qui vendait des charmes et des remèdes aux femmes et à la noblesse de Rome. Ces activités l’auraient non seulement initiée à des clients potentiels, mais lui auraient également donné une idée judicieuse des clients qui étaient heureux dans leurs mariages et de ceux qui étaient malheureux, sans parler de ceux qui pourraient être suffisamment désespérés pour chercher des solutions drastiques et être capable de garder un secret.

    Nous n’avons qu’une poignée d’indices sur la façon dont les membres du gang ont mené leurs affaires. Spara et ses confédérés, les deux historiens italiens disent, ont pris l’arsenic fourni par le père Girolamo et l’ont déguisé, d’abord en le transformant en liquide, puis en le mettant dans des bocaux en verre qui l’identifiaient comme  un mannequin pétrole qui aurait transpiré des os du saint dans la région éloignée de Bari. Les liquides supposés avoir été recueillis à la tombe du saint étaient généralement disponibles à cette époque, souvent dans des bouteilles richement décorées, et le caractère sacré de la manne et sa réputation de panacée rendaient improbable toute «bouteille sacrée» susceptible d’attirer la suspicion ou être soumis à une inspection minutieuse. Nous savons aussi (au moins, Ademollo nous dit) que si le motif principal de Spara était l’argent, elle fournissait parfois son poison gratuitement aux femmes pauvres dans des situations désespérées, par pitié ou parce qu’elles abusaient de leurs maris malheureux. leur.

    Donna Aldobrandini, la duchesse de Ceri, était la plus distinguée des nobles romaines à avoir été mêlée à l'affaire Aqua Tofana. On pense généralement qu'elle a utilisé le poison pour assassiner son mari en 1657 - mais le scandale a été étouffé. Elle n'a jamais été jugée et a vécu jusqu'en 1703.

    Maria Aldobrandini, la duchesse de Ceri – vue ici au moyen-âge – était la plus distinguée des femmes nobles romaines prises dans l’affaire Aqua Tofana. On pense généralement qu’elle a utilisé le poison pour assassiner son mari en 1657 – mais le scandale a été étouffé. Elle n’a jamais été jugée et a vécu jusqu’en 1703.

    Les effets qu’Aqua Tofana était censé avoir sur ses victimes sont résumés dans un avertissement au public qui a été publié à Rome à la fin des années 1650, lorsque la peur du poison était à son comble. Selon ce document, les principaux symptômes étaient des douleurs douloureuses dans l’estomac et la gorge, des vomissements, une soif extrême et une dysenterie. Tout cela est très évocateur d’une intoxication à l’arsenic, bien que M. Ademollo cite des témoignages contemporains suggérant que le poison fabriqué par Spara et ses associés contenait également de l’antimoine et du plomb. Une entrée dans le journal de Gigli mentionne un quatrième ingrédient possible,  solimato – qui est , sublimé , un traitement contemporain très toxique pour les maladies vénériennes connu plus généralement aujourd’hui que le chlorure mercurique . 

    Ademollo énumère plusieurs victimes présumées d’Aqua Tofana, mais il n’y a de place ici que pour examiner un seul cas en détail. C’est la mort de Francesco Cesi, qui était le duc de Ceri  et certainement le plus riche et le plus puissant de tous ceux qui ont été impliqués dans le scandale des intoxications. Issu d’une famille très distingué (son père avait été un scientifique reconnu et un intime de Galilée, et il était lui – même neveu du futur pape Innocent XI), Cesi est mort soudainement et de façon inattendue en Juin 1657. Suspicion a fini par tomber sur son encore meilleur -connexe  jeune épouse, Maria Aldobrandini, membre de l’ un des clans nobles les plus puissants et les plus influents de Rome.

    Les faits, dans la mesure où ils peuvent maintenant être établis, sont certainement suggestifs. Le duc avait d’abord trente ans de plus que sa femme; Aldobrandini, qui était sa seconde femme, n’avait que 13 ans quand ils se sont mariés en 1648, et donc pas plus de 22 ans quand le duc est mort («jeune et beau, Selon une étude contemporaine des dames de Rome, «sa beauté n’est que faiblement assombrie par les cicatrices de la variole». Cela donne au moins une certaine plausibilité au récit d’Ademollo, même si ses informations ont été tirées des informations fournies par Giovanna de Grandis alors qu’elle était susceptible d’être exécutée, avec tout ce que cela implique pour sa fiabilité.

    La figure ambiguë de Francesco Sentinelli - râteau, alchimiste et rosicrucien - est au cœur du mystère Aqua Tofana.

    La figure ambiguë de Francesco Santinelli – râteau, alchimiste, réputé rosicrucien – est au cœur du mystère Aqua Tofana.

    Selon le témoignage de De Grandis, la duchesse était tombée amoureuse d’un autre prétendant: un beau comte (et un rake incorrigible) du nom de Francesco Maria Santinelli (1627-97). Santinelli la couvrait de poésie amoureuse, ce qui, selon Ademollo, permet de dater le début de leur relation avec les mois précédant la mort du duc de Ceri. L’engouement d’Aldobrandini lui donnait une raison pressante de se débarrasser d’un mari qui était – dit Ademollo – en tout cas déjà malade.

    Le premier contact de la duchesse avec le gang de Spara est venu via le prêtre ombreux Père Girolamo. Le témoignage de De Grandis indique que le prêtre est venu la voir à la recherche d’un poison auquel on pouvait faire confiance pour faire son travail discrètement; Aldobrandini avait peur d’administrer quelque chose qui pourrait faire vomir son mari si abondamment qu’il la soupçonnait. De Grandis, qui respectait bien le pouvoir de la noblesse romaine, ne voulait pas se mêler d’elle, mais le père Girolamo calmait ses craintes. Il a fait remarquer que Aqua Tofana était un poison doux qui ne provoquait pas beaucoup de vomissements et a ajouté que, de toute façon, la nourriture du duc passait à travers tant de mains qu’il y avait peu de risques de suspicion.

    De Grandis a accepté de fournir une bouteille de son poison, qui semble avoir été déguisée, comme d’habitude, en «manne de saint Nicolas». Le prêtre, à son tour, l’a transmis à une servante de confiance de la duchesse et, dans un délai de le jour ou deux, le duc était mort (une version de l’histoire, d’une fiabilité inconnue, suggère que toute la bouteille a été renversée dans sa nourriture par erreur). Il ne semble pas y avoir de soupçon immédiat que le poison ait été impliqué et il n’ya pas eu d’autopsie, même si la cause du décès n’était guère claire. Mais le corps a été placé dans un cercueil ouvert dans la basilique de Santa Maria supra Minerva, et quand De Grandis est allé le voir là-bas, elle a immédiatement compris que le duc avait rencontré sa mort par poison.

    l'intérieur de la basilique de Santa Maria supra Minerva - l'une des plus belles églises de Rome et le lieu de repos du duc de Ceri. Image: Wikicommons.

    L’intérieur de la basilique de Santa Maria supra Minerva – l’une des plus belles églises de Rome et le lieu de repos du duc de Ceri. Image: Wikicommons.

    Si Maria Aldobrandini était coupable du meurtre de son mari, ses gestes lui ont fait du bien; Federico Gualdi note que sa propre famille l’a enfermée pour l’empêcher de se lancer dans un second mariage scandaleux et inégal avec son amant Santinelli. Mais elle a au moins échappé au soupçon d’avoir quelque chose à voir avec la mort rapide du duc – jusqu’à ce que la bande de Spara soit arrêtée l’année suivante.

    La façon dont les activités meurtrières du groupe ont été révélées est loin d’être claire. Plusieurs récits populaires suggèrent que Spara et ses associés sont devenus dangereusement trop confiants et avides, permettant à leurs clients de commettre tant de meurtres en si peu de temps que la vague de décès était évidente pour tout le monde. Selon David Stuart, par exemple,

    le pape Alexandre VII avait remarqué qu’un grand nombre de femmes, jeunes et âgées, avouaient à leurs prêtres qu’elles avaient empoisonné leurs maris avec les nouveaux poisons lents. Même dans les rues, on croyait populairement que les jeunes veuves étaient exceptionnellement abondantes.

    Le pape Alexandre VII, qui a présidé à la destruction de l'anneau d'empoisonnement de La Spara.

    Alexandre VII, le pape qui présida à l’annulation de l’anneau d’empoisonnement de La Spara.

    Un enchaînement similaire peut être trouvé dans le livre cinq de la  Vita di Alessandro VII , une longue biographie contemporaine, publiée à titre posthume, par Pietro Sforza-Pallavicini. Pallavicini, qui était l’un des cardinaux d’Alexandre, écrit que le premier indice de scandale a émergé du confessionnal; Une des clientes de Spara a admis à son prêtre qu’elle avait comploté pour tuer son mari. Une consultation précipitée a abouti à une offre d’immunité et toute l’histoire a rapidement débordé. Ce compte mérite une attention particulière. Pallavicini était non seulement un membre éminent du gouvernement de la ville; Ademollo ajoute qu’il a également été personnellement impliqué dans les interrogatoires des membres du groupe de Spara et qu’il était donc bien placé pour établir un résumé fiable de la chute du gang.

    Il existe néanmoins une troisième version du dévoilement des empoisonneurs. Les chroniques romaines et les procès-verbaux de la cour suggèrent que le gang a été exposé non pas par les activités des contacts aristocratiques de Spara, mais par les clients de bas niveau qu’elle a laissés à Giovanna de Grandis. De Grandis, dans ce récit, était le maillon faible de l’opération de Spara; elle avait été signalée aux autorités et détenue à trois reprises au moins. Sa chance s’est épuisée avec une quatrième arrestation; Cette fois, elle a été attrapée avec un échantillon de son poison sur elle, et bien qu’elle ait prétendu que c’était simplement une potion destinée à enlever des marques indésirables sur les visages des clients, ses ravisseurs ont suspecté le contraire.

    Le cardinal Pietro Sforza-Pallavicini (1607-1677) a exposé la capture des empoisonneurs dans sa vie du pape Alexandre VII.

    Le cardinal Pietro Sforza-Pallavicini (1607-1677) a exposé la capture des empoisonneurs dans sa vie d’Alexandre VII.

    Dans cette version des événements, les autorités romaines ont choisi d’agir avec une discrétion et une volonté de jouer à un long jeu rarement présenté par la police au XVIIe siècle. Réalisant que De Grandis ne pouvait pas travailler seule, ils la libèrent, lui permettent de retourner à ses anciens repaires, puis mettent en place un piège élaboré pour l’attraper, elle et ses confrères. Un aristocrate florentin du nom de signora Loreti a été porté à la ville et mis en place avec l’identité de la « Marquesa Romanini. » L’ établissement de ses bonne foiEn emménageant dans un manoir substantiel dans un quartier branché de la ville, Loreti a commencé à rendre visite à D

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  • Les Amérindiens du Canada

    Autochtones du QuébecL'arrivée des Amérindiens en Amérique remonte à 12 000 ans environ, mais de récentes découvertes archéologiques feraient remonter les premières migrations à 40 000 ans. Venant de Sibérie, ils auraient traversé le détroit de Béring, plusieurs fois à sec au cours de la dernière grande glaciation, puis peuplé le continent américain.

    Ils tiraient leur subsistance de la chasse et de la cueillette, des activités qui exigent l'accès à un vaste territoire. La pêche était également très importante, tout comme la pêche à la baleine, la chasse au phoque et la capture d'autres espèces marines. Les Autochtones employaient de nombreuses plantes pour les rites religieux et les cérémonies et ils s'en servaient également comme médicaments et comme nourriture.

    Dans le territoire qui correspond de nos jours au sud de l'Ontario et le long du Saint-Laurent, les Iroquois pratiquaient l'agriculture et avaient adopté un mode de vie plus sédentaire avant l'arrivée des Européens.

    Voici la présentation de quelques tribus amérindiennes du Canada :

     


    Les Algonquins

    Histoire
    AlgonquinD'abord nommés Algoumequins par les Malécites et les Micmacs, puis Algonquins par les Européens, c'est plutôt le terme Anishnabe, «les vrais hommes», que les Algonquins préfèrent utiliser pour s'identifier. Leur territoire traditionnel s'étendait du lac des Deux-Montagnes, dans la région de Montréal, jusqu'en Abitibi-Témiscamingue et en Ontario, leur permettant d'exercer ainsi le contrôle sur la rivière des Outaouais, principale route des fourrures. L'environnement de ce peuple nomade fut fortement perturbé au début du 20ème siècle après que les colons, prospecteurs et bûcherons affluèrent en Abitibi. Toutefois, le lien intime qui unit les Algonquins à la nature leur permet de conserver et de perpétuer leur culture. Encore aujourd'hui, certaines familles passent tout l'hiver dans leurs territoires de chasse, tout comme le faisaient leurs ancêtres au siècle dernier.

    Population et langue
    Les Algonquins du Québec sont au nombre de 8 293, dont un peu plus de la moitié vit dans les neuf communautés de la nation algonquine (deux en Outaouais et sept en Abitibi-Témiscamingue.) Les autres sont plutôt installés en ville, comme à Montréal, Ottawa, Val-d'Or ou Senneterre. On trouve également des communautés algonquines en Ontario. La langue algonquine demeure bien vivante, puisqu'elle est encore parlée par 60 % de la population. Selon les communautés, la langue seconde est le français ou l'anglais.

    Art et culture
    Les vêtements en peau et en poil d'orignal, les paniers en écorce de bouleau, les broderies en perles et le tikinagan (porte-bébé traditionnel que seuls les Algonquins, les Cris et les Atikamekw continuent d'utiliser) constituent les trésors de l'artisanat algonquin.

     


    Les Micmacs

    Histoire
    MicmacÀ l'embouchure du Saint-Laurent, porte d'entrée maritime du Québec, les Micmacs furent les premiers à rencontrer au 16ème siècle les nouveaux arrivants européens. Leur habileté à la pêche et à la navigation en ont fait par la suite des aides précieux pour les explorateurs comme pour les marchands. Traditionnels alliés des Français, ils ont participé à plusieurs batailles, dont celle de la Restigouche dans la baie des Chaleurs. Aujourd'hui très impliqués dans l'exploitation des ressources naturelles et le développement touristique, les Micmacs s'attachent à mettre en valeur leur propre histoire par le développement de sites ancestraux, ainsi que par la pratique de la traditionnelle pêche au saumon.

    Population et langue
    Parmi les 4 540 Micmacs que compte actuellement le Québec, presque 60 % résident au sein des deux communautés de Listuguj et Gesgapegiag, la troisième, Gaspé, n'ayant pas de territoire défini. Quelque 15 000 autres Micmacs vivent au Nouveau-Brunswick, sur l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse. De cette population, 40 % parlent toujours leur langue ancestrale.

    Art et culture
    Les Micmacs de Gaspésie perpétuent la mémoire de leurs traditions à travers leurs spécialités artisanales comme les paniers en frêne et en foin d'odeur, les vêtements de peau ou d'autres très belles pièces ornées de perles. Les sites d'interprétation qu'ils ont ouverts transmettent également la connaissance de leurs modes de vie ancestraux.

     


    Les Atikamekw

    Histoire
    Les Atikamekw

    Appelés Têtes-de-Boule du fait de leur coiffe ronde aux 18ème et 19ème siècles, les Atikamekw ont depuis repris leur nom d'origine qui signifie «poissons blancs», désignant la corégone qui constitue la base de leur alimentation. Uniquement présents au Québec et intimement liés à la forêt, les Atikamekw ont dû se faire une place entre les territoires des Algonquins, des Cris et des Innus (Montagnais.) Ils ont toutefois eu une part active dans le commerce des fourrures, à l'époque où la Compagnie de la Baie d'Hudson avait établi des postes de traite sur leurs territoires. L'exploitation forestière et la construction de la voie ferrée ont ensuite considérablement modifié leur cadre et leur mode de vie. La nation concentre aujourd'hui ses efforts sur le développement économique, l'éducation des jeunes et le tourisme, dans le respect des traditions et de l'environnement.

    Population et langue
    Les trois communautés atikamekw de Weymontachie (Wemotaci), Obedjiwan (Opitciwan) et Manawan se trouvent en plein cour du Québec, en Haute-Mauricie et dans Lanaudière, et regroupent plus de 80 % des 5 224 Atikamekw recensés. Aujou

    rd'hui, les Atikamekw parlent toujours leur langue d'origine et également le français.

    Art et culture
    Spécialisés dans les confections en tous genres à base d'écorce de bouleau, y compris les fameux canoës légers et profilés, les Atikamekw produisent également quelques oeuvres admirables de sculpteurs et de peintres, ainsi que des vêtements en peau d'orignal. Ils sont aussi passés maîtres depuis des millénaires dans l'art de fabriquer la pâte de bleuets et le sirop d'érable, lequel est considéré aujourd'hui comme étant une spécialité nationale du Canada.

     


    Les Abénaquis

    Histoire
    Les AbénaquisPoussés au 17ème siècle hors de leurs territoires ancestraux, situés en Nouvelle-Angleterre, les Abénaquis, ou Abénakis, sont dès lors venus s'installer définitivement au Québec. Ils y ont fondé les deux communautés situées sur la rive sud du Saint-Laurent, à la hauteur de Trois­Rivières : Odanak, «bienvenue» et Wôlinak, «la baie».

    Population et langue
    La nation abénaquise, rassemblée sous son nom d'origine Wabanaki qui signifie «pays du soleil levant», compte aujourd'hui 1 965 membres, dont environ 20% habitent les deux communautés. Tous parlent communément le français. Quelques personnes âgées utilisent encore la langue abénaquise.

    Art et culture
    Les vanneries abénaquises en frêne et en foin d'odeur sont très réputées. Certains artistes connaissent encore les secrets des danses traditionnelles et de la fabrication du masque du soleil, du masque de maïs et des totems identifiés à l'animal gardien de la tribu. Les Abénaquis ont ouvert le premier musée amérindien du Québec, qui renferme une impressionnante collection d'artéfacts et d'oeuvres d'artistes.

     


    Les Innus (Montagnais)

    Histoire
    Innus (Montaganais)

    Les Montagnais tiennent leur nom des Européens qui désignaient ainsi ces habitants des petites montagnes de la Côte-Nord, avec lesquels ils entretenaient de nombreux échanges. Mais, entre eux, les Montagnais se sont toujours appelés Innus, ce qui signifie «hommes véritables». Peuple de chasseurs, de pêcheurs et de cueilleurs nomades, les Innus migraient traditionnellement en automne de leurs campements d'été situés sur le littoral nord du Saint-Laurent, vers leurs riches territoires de chasse au coeur du Québec (près du Labrador et du lac Saint-Jean) en remontant les rivières Saint-Jean, Romaine, Georges, Sainte-Marguerite ou Mistashipu. La nation innu fut la première à s'organiser politiquement et culturellement face à l'évolution de l'identité autochtone.

    Population et langue
    Au nombre de 14 304, les Innus représentent la nation amérindienne la plus populeuse au Québec. Ils vivent à 70 % dans leurs neuf communautés toutes établies sur la Côte-Nord, à l'exception d'une située au Lac-Saint-Jean et d'une autre du côté de Schefferville, tout au nord. En plus du français, la langue innu est employée par la quasi-totalité des Montagnais.

    Art et culture
    Les Innus réalisent des oeuvres remarquables en sculpture (bois, panache de caribou ou pierre), en dessin, en peinture, en gravure ainsi qu'en artisanat (à base de cuir, perles, fourrure et vannerie). Le caribou et le saumon sont deux animaux très importants chez les Innus. La nation compte de nombreux musiciens reconnus et possède par ailleurs deux musées d'importance.

     


    Les Inuits

    Histoire
    Inuits

    Au Canada, les Inuits occupent les terres éloignées de l'Arctique, du détroit de Béring jusqu'au Groenland. Au Québec, leur pays ancestral s'appelle Nunavik, «la très grande place où l'on vit», situé au nord du 55ème parallèle, entre la baie d'Hudson et le Labrador. Peuple courageux et habile, les Inuits ont adapté depuis des millénaires leur mode de vie et leurs coutumes alimentaires, vestimentaires et sociales notamment aux rigueurs du climat, ainsi qu'à une faune et une flore bien spécifique. En signant, en 1975, avec le gouvernement la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, les Inuits ont donné le coup d'envoi de leur essor économique. Aujourd'hui, ils prospèrent particulièrement dans les domaines du transport aérien et de l'alimentation, notamment dans le commerce international du caribou et de l'omble chevalier. Leurs villages nordiques se sont modernisés, sous l'impulsion de nouvelles institutions inuites.

    Population et langue
    Inuit, qui signifie «homme, être humain», est désormais le terme à employer pour désigner ceux que l'on appelait autrefois Esquimaux, «mangeurs de viande crue». Ils sont 9 145 Inuits à vivre majoritairement dans les 14 villages du Nunavik. Une soixantaine d'entre eux sont établis à côté de Chisasibi, un village crie de la Baie-James. Tous parlent l'inuktitut, leur langue ancestrale. Ils maîtrisent également l'anglais et, de plus en plus, le français.

    Art et culture
    Inspiré de légendes et de coutumes encore très vivantes, comme les danses et les chants traditionnels, l'art inuit fascine. Les sculptures inuites taillées dans la stéatite (pierre de savon) de même que les gravures sont très appréciées des collectionneurs et des galeries d'art du monde entier. Les vêtements en peau et les broderies témoignent également de l'ingéniosité et du talent artistique de ce peuple enraciné dans sa culture.

     


    Les Cris

    Histoire
    Les CrisLes territoires des Cris se situent dans le bassin de la Baie-James, entre la forêt boréale et la taïga. Dans cette région peu propice à l'agriculture, les Cris nomades ont développé de grandes compétences en matière de chasse, de trappe et de pêche, ainsi qu'une volonté farouche de protéger l'environnement. Après avoir été des acteurs de premier plan dans la traite des fourrures, ils ont également été au centre de négociations en 1975 avec les gouvernements fédéral et provincial concernant l'exploitation hydroélectrique de leur région, marquant ainsi un tournant décisif dans leur mode d'autogestion. Les Cris du Québec ont depuis pris en charge leurs intérêts et accédé à une importante croissance économique.

    Population et langue
    Les neuf communautés qui regroupent la presque totalité des 13 027 Cris, sont dispersées dans la région la plus nordique du Québec encore accessible par la route. La plus récente de ces communautés, Oujé-Bougoumou, inaugurée en 1993, s'est vu décerner un prix par l'ONU pour son architecture qui marie admirablement modernité et tradition. Deuxième nation en importance au Québec sur le plan démographique (on retrouve également des Cris en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan), la majorité de la population parle le cri et utilise l'anglais comme seconde langue. Les jeunes sont toutefois de plus en plus nombreux à s'initier au français.

    Art et culture
    Forts d'un long héritage culturel, les Cris sont des experts dans la confection de vêtements et de gants en peau d'orignal, magnifiquement ornementés de perles et de broderies. Quant aux fameux appelants - oiseaux servant d'appeau - qu'ils fabriquent en brindilles de mélèze, ils sont devenus de véritables objets de décoration. La sculpture, la peinture et la musique sont également des domaines dans lesquels brillent de nombreux artistes cris.

     


    Les Hurons-Wendat

    Histoire
    OHurons-Wendat

    Originaires des Grands Lacs, plus particulièrement de la baie Georgienne, les Hurons-Wendat sont venus s'installer dans la région de Québec en 1650. Le nom de Huron leur a été donné par les Européens du fait de leur coiffe en forme de hure, tandis que Wendat, «les gens de l'île», est le nom sous lequel ils se sont toujours désignés en référence à leurs origines. La nation wendate a connu une période des plus prospères lorsqu'elle était au centre des échanges entre Européens et Amérindiens et comptait une vingtaine de villages pour ses 40 000 membres répartis en quatre clans : Ceux du chevreuil, de la pierre, de l'ours et de la corde. Décimés plus tard par les maladies et les guerres entre nations, les Hurons-Wendat d'aujourd'hui sont les descendants du clan de la corde qui, forts de leur puissant héritage culturel, ont particulièrement à coeur de développer leur savoir-faire de façon moderne, tout en préservant leurs traditions.

    Population et langue
    Il reste une seule communauté huronne dans tout le Canada, celle de Wendake, anciennement appelée Village-des-Hurons et établie depuis 300 ans dans la banlieue de Québec. Là résident quelques 1 100 Hurons-Wendat, sur les 2 873 que compte la nation aujourd'hui. Même si certains tentent de faire revivre leur langue ancestrale, les Hurons parlent avant tout le français.

    Art et culture
    La communauté de Wendake dispose de nombreux attraits touristiques, comme son église classée monument historique, ses maisons Nouvelle-France et son village traditionnel reconstitué. La valorisation du patrimoine Huron-Wendat, appuyée par le développement du commerce et de l'artisanat, atteste du dynamisme ancestral de ces gens d'affaires amérindiens.

     


    Les Mohawks

    Histoire
    Les Mohawks

    Membres de la «Confédération des Cinq Nations iroquoises», les Mohawks formaient une nation puissante, dont la force s'appuyait sur une organisation sociale très structurée et une tradition sédentaire empreinte de spiritualité. Leurs territoires s'étendaient sur une grande partie de la Nouvelle-Angleterre. Aujourd'hui, ils se situent entre le Québec, l'Ontario et l'Ét

    at de New-York. Malgré la proximité et l'influence des villes environnantes, les Mohawks ont su garder leurs valeurs traditionnelles bien ardentes, tout en assumant la gestion de leur éducation, de leur santé et de leur service de police. Leur habileté légendaire à travailler en hauteur, sur des chantiers de grands ponts ou de gratte-ciels, est une réalité encore bien vivante aujourd'hui.


    Population et langue
    Sur le plan démographique, la nation mohawk arrive en troisième position parmi les Autochtones du Québec, avec ses 10 718 membres. La grande majorité d'entre eux réside dans les trois communautés mohawks de Kahnawake, Akwesasne et Kanesatàke. La langue mohawk est parlée par 15 % de la population. L'anglais reste habituellement le plus employé.

    Art et culture
    Sculpteurs et artistes peintres renommés, les Mohawks sont aussi reconnus pour leur joaillerie et leur vannerie. Chacune de leurs communautés, situées dans la grande région de Montréal, accueille de nombreux visiteurs venus retracer l'histoire de la nation et admirer le travail de ses artisans, comme les vêtements de peau richement décorés de bijoux en argent, ornés de perles ou de sculptures en pierres iroquoises.

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  • Les secrets du Pont Alexandre III

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Le pont Alexandre III est sans doute le plus majestueux de tous les ponts parisiens. Ce pont qui relie l’esplanade des Invalides aux Petit et grand Palais possède une ornementation monumentale et une histoire atypique. On vous dit tout.

    Un symbole de l’alliance franco-russe

    Inauguré lors de l’Exposition universelle de 1900, le pont Alexandre III est avant tout pensé comme une arme politique et diplomatique. La construction de cet ouvrage d’art a en effet été décidée dans le cadre de la signature de l’alliance militaire et économique, conclue en 1891 entre la France et la Russie. Il s’agissait alors de montrer, par la beauté d’un tel ouvrage d’art, la force de l’alliance franco-russe. La symbolique du pont établi entre les deux pays étant évidemment dans toutes les têtes…

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Mort en 1894, Alexandre III ne verra jamais le pont qui porte aujourd’hui son nom. C’est son fils, le Tsar Nicolas II, qui posera, en 1896, la première pierre de cet ouvrage d’art monumental. En 1903, c’est au tour du pont de la Trinité d’être inauguré : enjambant la Neva à Saint-Pétersbourg, il représente la réponse russe de notre pont Alexandre III et a été entièrement réalisé par une entreprise française.

    Un chef d’oeuvre d’ingénierie

    Inscrit sur la liste des monuments historiques depuis 1975, le Pont Alexandre III est une pépite d’innovation et d’ingénierie. Et pour cause, ses ingénieurs avaient reçu pas mal de consignes, pas toujours faciles à suivre ! Par exemple, il fallait qu’une personne marchant sur les Champs-Élysées puisse voir les Invalides dans le prolongement de la chaussée du pont. Le pont devait donc être le plus plat possible pour ne pas couper l’horizon… mais il ne devait pas non plus gêner la circulation des bateaux.

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Un casse-tête sachant que le pont est situé en amont d’un virage : il faut donc laisser suffisamment de place sous l’ouvrage pour que les péniches puissent manoeuvrer sans problème. Les ingénieurs n’ont alors pas le choix que d’opter pour une arche unique, enjambant la Seine sur toute sa longueur (107 mètres) et construite en acier moulé.

    Le plus ornementé des ponts parisiens

    Que serait le pont Alexandre III sans sa débauche de décoration, son abondante utilisation de l’or et sa surcharge de motifs ? Pensé dans la continuité du Petit et du grand Palais, cet ouvrage d’art est caractéristique de l’architecture de laBelle Époque, à cheval entre le classicisme et la modernité et toujours un peu grandiloquent.

    Les secrets du Pont Alexandre III

    Ainsi, le monument compte pas moins de 22 sculptures, 32 candélabres et plusieurs dizaines d’éléments allégoriques plus modestes parsemés ici ou là. Parmi ces oeuvres, on aime particulièrement le groupe statuaire qui se trouve au pied des colonnes. Ces quatre statues représentent la France à différentes périodes de son existence : au Moyen Âge, sous la Renaissance, à l’époque de Louis XIV et les temps modernes.

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  • Petite histoire de l’Académie Française

    Petite histoire de l’Académie Française

    Fondée dès 1635 par le cardinal Richelieu, l’Académie Française est la plus ancienne, mais aussi la plus prestigieuse, des cinq académies de l’Institut de France. Retour sur l’histoire de cette institution, installée dans le sublime collège des Quatre Nations depuis 1805.

    Une fonction qui n’a jamais changé au fil des siècles

    L’Académie Française n’a eu, depuis sa création officielle en janvier 1635, qu’une seule fonction : veiller sur la langue française et la perfectionner. Au fil des siècles, c’est son fameux Dictionnaire de l’Académie Française qui s’est peu à peu positionné comme une autorité naturelle, quoique souvent décriée, sur les codes et les règles orthographiques de la langue française.

    La première édition du Dictionnaire de l'Académie Française

    La première édition du Dictionnaire de l’Académie Française

    40 Immortels pour 40 fauteuils

    Le fonctionnement de l’Académie Française est très particulier, et surtout très codifié : un maximum de 40 membres, élus à vie et surnommés les Immortels, peut siéger en même temps. Chaque Immortel doit porter l’habit vert, un costume brodé de rameaux d’olivier, ainsi qu’une épée. Il doit également prononcer un discours de réception sans quoi il ne peut s’asseoir sur son fauteuil. Tous les discours prononcés depuis 1635 sont disponibles sur le site de l’Académie.

    Petite histoire de l’Académie Française

    L’Immortel René de Obaldia, à gauche, revêtu de son habit vert.

    Une histoire jalonnée de polémiques

    Si l’Académie Française est régulièrement critiquée, notamment pour son retard à prendre en compte les évolutions de la langue française, son histoire est avant tout jalonnée par des polémiques internes. L’une des plus connues reste la non-réception de Chateaubriand. Élu membre de l’Académie en 1811, l’auteur de René n’a pourtant jamais été reçu officiellement. La raison ? Le discours ne plaisait pas à Napoléon, et Chateaubriand a refusé de le modifier. Quelques années plus tard, Alfred de Vigny se fera remarquer par un discours  quelque peu agressif envers… ses futurs confrères !

    Petite histoire de l’Académie Française

    Les membres de l’Académie Française venant offrir à Louis XIV leur Dictionnaire en 1694.

    Les petites infos à connaître :

    - Le Dictionnaire de l’Académie Française n’a connu que 9 éditions en trois siècles et demi ! La neuvième édition est en cours d’écriture depuis 1986.
    – Il a fallu attendre 1980, soit 345 ans, pour qu’une première femme, Marguerite Yourcenar, devienne Immortelle. L’auteure des Mémoires d’Hadrien a siégé sur le fauteuil n°3 jusqu’à sa mort en 1987.
    – L’habit vert mis en place sous Napoléon coûte la modique somme de 40 000 euros…
    – L’expression « 41e fauteuil » est née en 1855 pour évoquer tous ces écrivains de renoms qui n’ont pas été acceptés par l’Académie. Parmi eux, on pourra citerMolière, Flaubert, Stendhal, Maupassant, Diderot ou encore La Rochefoucauld. Bref, on retiendra qu’il ne faut pas forcément être Immortel pour passer à la postérité !

     

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  • La Foire du Trône : plus de 1000 ans d’Histoire !

    La Foire du Trône : plus de 1000 ans d’Histoire !

    On le sait, la foire du Trône – qui a lieu tous les ans de début avril à fin mai sur les pelouses de Reuilly, à l’extrémité ouest du Bois de Vincennes – est la plus grande fête foraine de France. Ce que l’on sait moins, c’est que cet événement qui rassemble près de 300 attractions est aussi l’un des plus anciens de la capitale : ça fait plus de 10 siècles qu’il existe !

    En effet, c’est en 957 que naît la première “édition” de cet événement qui rassemble aujourd’hui plusieurs millions de visiteurs chaque année. Le royaume subit alors une lourde famine qui touche particulièrement les couches les plus populaires des alentours parisiens. Le roi des Francs Lothaire décide alors d’autoriser les moines de l’Abbaye Saint-Antoine-des-Champs, située au niveau de l’actuel douzième arrondissement, à vendre à moindre coût le pain qu’il fabrique à la population affamée du faubourg. Le bonheur des habitants est tel que cette vente exceptionnelle, qui va se répéter au cours des années suivantes, se transforme vite en une grande fête populaire, réunissant de nombreux saltimbanques et baladins.

    Commence alors une longue histoire pour cet événement qui évoluera beaucoup au fil des siècles et ne prendra le nom que l’on connaît, Foire du Trône, qu’après avoir été déplacée sur la Place du Trône-Renversé en 1812. Devenue trop grande pour rester dans les rues de la capitale, la Foire du Trône s’installera en 1969 à l’orée du Bois de Vincennes.

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