• La force de la prière

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    Je ne suis pas un homme de lettres ou de sciences, mais je prétends humblement être un homme de prière.

    C'est la prière qui a sauvé ma vie ;  sans la prière j'aurais depuis longtemps perdu la raison.

    Si je n'ai pas perdu la paix de l'âme, malgré toutes les épreuves, c'est que cette paix vient de la prière.

    On peut vivre quelques jours sans manger, mais non sans prier.

    La prière est la clé du matin et le verrou du soir.

    La prière, c'est cette alliance sacrée entre Dieu et l'homme pour obtenir d'être délivré des griffes du prince des ténèbres.

    Nous devons choisir : nous allier aux forces du mal ou, au contraire, aux forces du bien.

    Voilà mon témoignage personnel : que chacun tente l'expérience et il trouvera que la prière quotidienne ajoute quelque chose de neuf à sa vie, quelque chose qui n'a d'équivalent nulle part ailleurs.

    Mahatma K. Gandhi

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  • Une belle histoire qui parle d'elle-même

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    Un jour, une prof demanda à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une copie et de laisser un peu de place à côté de chaque nom.

     Puis, elle leur dit de penser à ce qu'ils pouvaient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté du nom.
    Cela pris toute une heure jusqu'à ce que tous aient fini et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof.

     
    Le week-end, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit à son sujet.
     Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste.
    Déjà peu de temps après, tous souriaient. «Vraiment?» entendait-on chuchoter...«Je ne savais pas que j'avais de l'importance pour quelqu'un ! » et«Je ne savais pas que les autres m'aimaient autant»étaient les commentaires que l'on entendait dans la salle de classe....
     
    Personne ne parla plus jamais des listes.
     
    La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents,
    mais cela n'avait pas d'importance.L'exercice avait rempli sa fonction.Les élèves étaient satisfaits d'eux-mêmes et des autres.

    Quelques années plus tard, un élève étant mort au Vietnam,
    la prof alla à l'enterrement de cet élève.L'église était comble.Beaucoup d'amis étaient là.L'un après l'autre ils s'approchèrent du cercueil pour lui adresser un dernier adieu.La prof y alla en dernier et elle trembla devant le cercueil.
     Un des soldats présents lui demanda
    «Est-ce que vous étiez la prof de maths de Mark ?»Elle hocha la tête: «Oui».Alors il lui dit : "Mark a souvent parlé de vous».
     
    Après l'enterrement, la plupart des amis de Mark s'étaient réunis.
    Les parents de Mark étaient aussi làet ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof.«Nous voulions vous montrer quelque chose»dit le père de Mark et sortit son portefeuille de sa poche.«On a trouvé cela quand Mark est tombé.Nous pensions que vous le reconnaîtriez.»Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent.

     Sans le regarder, la prof savait que c'était l'une des feuilles contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l'époque par les camarades de classe au sujet de Mark. «Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait.»dit la mère de Mark .«Comme vous pouvez le constater, Mark a beaucoup apprécié ce geste. Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof.Charlie sourit et dit:"J'ai encore ma liste.
    Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau.»
    La femme de Chuck dit:«Chuck m'a priée de la coller dans notre album de mariage.»
     
    «Moi aussi, j'ai encore la mienne, » dit Marilyn
    « Elle est dans mon journal intime».Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste toute usée aux autres personnes présentes.»"Je l'ai toujours avec moi,» dit Vicky et elle ajouta :Nous l'avons tous gardée.» La prof était si émue qu'elle dut s'asseoir et elle pleura.Elle pleurait pour Mark et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais.

     Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie s'arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera.

     C'est pourquoi, il est important de dire aux personnes, que l'on aime et qui nous sont importantes, qu'elles sont particulières et importantes.


     Dites-le leur avant qu'il ne soit trop tard.
     Auteur inconnu

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  • "Que signifie pour vous la patrie? 

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    Ce merveilleux texte a été écrit par un élève de 3ème , lauréat national dans un concours, sur le thème Patrie en 1976.
     ***


    "Etranger, mon ami, tu demandes ce que signifie le mot "Patrie". Si tu as une mère et si tu l'honores, c'est avec ton coeur de fils que tu comprendras mes sentiments. Ma patrie, c'est la terre de France où mes ancêtres ont vécu. Ma patrie, c'est l'héritage intellectuel qu'ils m'ont laissé pour le transmettre à mon tour. Viens voir étranger, la beauté des paysages de France, la splendeur des monuments édifiés par mes aîeux. Vas te reposer dans le vert marais poitevin, admire les roches rouges d'Aguay qui se baignent dans le bleu de la mer de Povence. Chemine simplement de Paris vers Lyon. Sur la route, près d'Avallon, l'élégance raffinée de la basilique de Vézelay fera surgir pour toi l'épopée de nos croisades. Tu arriveras au château de la Rochepot qui donne à la région un air médiéval. N'oublie pas de visiter en Bourgogne, le ravissant hospice de Beaune. Ne néglige pas le barrage de Génissiat. Continue, regarde, réjouis-toi de tant de beauté. Mais si la France, ma patrie, n'était que belle et aimable, mon amour pour elle ne serait pas si grand. Elle est mieux encore, intelligente et cultivée, la clarté de sa pensée, la finesse de son esprit, l'excellence de son goût  te sont connus. Des idées venues de  France ont influencé l'humanité toute entière. Sais-tu, par exemple que la bibliothèque personnelle  de Frédéric II de Prusse, conservée à Berlin, ne contient que des livres écrits en français? Ainsi, bien au-delà des frontières , des hommes de France sont célèbres, philosophes, écrivains, poètes, artistes ou savants: Pascal, Molière, Vigny, Berlioz, Pasteur, tous ont contribué à la gloire de la France. Et vous, héros humbles et méritants, qui avez fait la France, braves et fidèles, vous guerriers morts pour la patrie, comme je vous suis reconnaissant de m'avoir  conservé ce précieux bien de mes ancêtres! De Bayard à Guynemer, des premiers chevaliers aux soldats  des dernières guerres, que de dévouements, que de sacrifices! Et toi, mon ami, qui es aussi comme moi, une créature de Dieu, ne vois-tu pas qu'ici en France, tu es en terre chrétienne? Les oratoires pittoresques, les calvaires aux croisées des chemins, les flèches de nos cathédrales sont les témoins de pierre d'une foi vivante. Ma patrie, bonne et pieuse, a vu naître de grands saints. Le sens missionnaire de Saint-Bernard, la vertu de Saint Louis, la charité de Saint-Vincent de Paul, le zèle du curé d'Ars sont le vrai trésor laissé par nos ancêtres. Tu comprends maintenant, pourquoi ami étranger, j'aime et je vénère ma patrie comme ma mère. Pourquoi, si riche de tout ce qu'elle me donne, je désire transmettre cet héritage. Ne crois pas que cet amour que j'ai au coeur soit aveugle. Mais devant toi, je ne dirai pas les défauts de ma mère patrie. Car tu sais bien qu'un fils ne gagne rien à critiquer sa mère. C'est en grandissant lui-même qu'il la fait grandir. Si je veux ma patrie meilleure et plus saine, que je devienne moi-même meilleur et plus sain. La France, ma patrie, a tant de qualités que je saurai, ami étranger, te priver de sa douceur;  si tu sais découvrir ses charmes et ses vertus tu l'aimeras toi aussi. Je partagerai avec toi ses bontés et, loin de m'appauvrir de ce don, je m'enrichirai de cette tendresse nouvelle que tu lui porteras. Mais ne l'abîme pas, ami étranger, la France, ma douce patrie, ma chère mère , ne la blâme pas, ne la pervertis pas, ne la démolis pas car je suis là, moi son fils pour la défendre.

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  • Tu seras un homme, mon fils

    Tu seras un homme, mon fils

    A méditer ...

     

    Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
    Et sans un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir;

    Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre,
    Et te sentir haï sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre;

    Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots
    Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d'un seul mot;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en consolant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
    Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

    Si tu sais méditer, observer et connaître
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître;
    Penser sans n'être qu'un penseur;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave sans jamais être imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage
    Sans être moral, ni pédant;

    Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand les autres la perdront;

    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
    Et ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire


    - Tu seras un homme, mon fils. 


     
    Rudyard Kipling :

    Le Livre de la jungle

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  • Il est temps d'aimer .

    Il est temps d'aimer ...

    La terre se racornit. Notre terre se dessèche.
    Non pas à cause de l'ozone, non pas à cause des déchets qui s'accumulent,
    mais à cause de nous qui, par fragments entiers détruisons notre face d'humanité !

    Ne le voyez-vous pas, gens de mon peuple ?
    La tristesse nous enterre car nos rêves s'éteignent dans les objets.
    Les plaisirs individuels deviennent les seuls pivots de nos existences.
    La graisse de la consommation enveloppe nos cœurs.
    Aux objets perdus nous avons remisé l'Évangile.

    Ne dites pas, gens de mon peuple, qu'il faut regarder le bon côté des choses
    et que cela s'arrangera ! Parler est inutile.
    Prier ne suffit pas. Prêcher ne sert plus.

    Il faut renaître ! Il faut retourner à notre Humanité.
    Il faut renouveler notre cœur, l'intérieur de notre cœur,
    puisque de l'intérieur de notre cœur naissent les décisions et les actions
    qui mettent notre Humanité au monde !

    C'est l'amour qui nous manque !
    Il est temps d'aimer, gens de mon peuple, car seul l'amour porte en lui
    la démesurée puissance de féconder notre terre et de susciter notre Humanité !

    L'amour, toujours agit pour ensemencer la terre de fraternité.
    L'amour, toujours, donne sans calcul et sans condition.
    L'amour toujours cherche la vérité enfouie et la beauté ensevelie.
    L'amour, toujours, croit à la miséricorde multipliée pour tous.
    L'amour, toujours, vit, obstiné et patient, à travers de longues nuits.
    L'amour, toujours, se dépouille, se vidant jusqu'à l'ultime déchirure.
    L'amour, toujours, espère ! Il chante l'aurore. Il repousse les pierres de mort.
    L'amour, toujours, ressuscite la jubilation de la vie !

    Qui nous donnera l'amour ?
    Qui nous déposera dans l'amour ?
    Qui nous sauvera d'amour ?
    Qui nous donnera l'amour qui sauve ?

    Voici 40 jours, gens de mon peuple, pour apprendre à aimer !
    Voici 40 jours pour nous tenir auprès de Celui qui, en prenant face humaine,
    a libéré en notre Humanité la source ruisselante de l'amour
    que rien ne peut ralentir avant qu'il n'ait abouti à la crucifiante joie du don
    qui relève et redresse pour la pleine vie !



    Recueilli sur le site Prier.be

     

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  • On n’a jamais fini d’apprendre à pardonner

    On n’a jamais fini d’apprendre à pardonner ...

    C’est dans une église de Munich que je l’ai vu. Chauve et trapu, vêtu d’un manteau gris et serrant un feutre beige entre ses doigts, il se frayait un chemin vers moi à travers la foule. Je venais de terminer une réunion et les gens s’acheminaient lentement vers la sortie entre les rangs de chaises et le long des allées. Nous étions en 1947. J’étais venue de Hollande dans une Allemagne vaincue, apporter le message de pardon de Dieu. « Quand nous confessons nos péchés, avais-je dit, Dieu les jette au plus profond de l’océan, où ils disparaissent pour toujours»!

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     Les gens se levaient en silence. En silence, ils prenaient leurs manteaux. En silence, ils quittaient la salle… C’est alors que j’aperçus l’homme qui marchait à contre-courant. Tout d’abord, je vis le manteau gris et le chapeau beige, et puis, soudain… l’uniforme vert et le képi à visière portant une tête de mort…Alors, tout me revient à l’esprit en l’espace d’un éclair : ce hall immense, ces lumières crues, ce pitoyable tas de vêtements et de chaussures amassés au centre de la pièce…La honte de devoir passer nue devant un homme! Je voyais la frêle silhouette de ma sœur, juste devant moi, ses côtes saillantes sous la peau transparentes. Betsie et moi avions été arrêtées pour avoir caché des juifs chez nous pendant l’occupation nazie, et l’homme qui se trouvait maintenant en face de moi était l’un des gardiens de cet affreux camp de Ravensbrück.

    11

     Il me tendait la main… -Vous avez donné un excellent message, mademoiselle, me dit-il. Qu’il est bon de savoir, comme vous l’avez si bien exprimé, que nos péchés sont au fond de la mer!

     

    Et moi qui venais de parler de façon si désinvolte du pardon, je me mis à consulter nerveusement mon agenda, plutôt que de prendre cette main qui se présentait. Celui qui me la tendait ne se souvenait plus de moi, bien sûr. Cependant, je le reconnaissais! Je me souvenais même de la lanière de cuir qui se balançait, accrochée à sa ceinture…

     

    –Vous avez mentionné Ravensbrück, reprit-il. J’ai été gardien là-bas…Mais depuis ce temps-là, je suis devenu chrétien. Je sais que Dieu m’a pardonné les cruautés que j’ai commises. Mais j’aimerais l’entendre de vos propres lèvres, mademoiselle. Voulez-vous me pardonner?

    11

    La main se tendait à nouveau vers moi. Immobile, je me tenais là, debout, figée, sans un geste, sans une parole. Je ne pouvais pas prendre cette main, moi qui, pourtant, avais besoin tous les jours du pardon de Dieu! Non, c’était impossible. Betsie était morte dans ce camp. Pouvait-il effacer, par une simple démarche, sa lente et terrible agonie? J’étais face à cet homme, paralysée, le cœur serré dans un étau de glace. Mais le pardon n’est pas une affaire de sentiment, cela je la savais aussi. Le pardon, c’est un acte de volonté. Et la volonté peut fonctionner quelle que soit la température du cœur. En silence, j’appelai le Seigneur: «Seigneur Jésus, secours-moi! Je peux sortir ma main, mais toi, supplée au reste!». Alors, d’un geste mécanique, comme si j’avais été de bois, je mis ma main dans celle qui m’était tendue. Et, au moment où je faisais ce geste, il se passa quelque chose d’extraordinaire, car je lui dis : « Je vous pardonne, mon frère, je vous pardonne de tout mon cœur».

     

    Nous sommes restés un long moment ainsi, ma main dans la sienne, moi l’ancienne prisonnière, lui l’ancien gardien de Ravensbrück. Jamais dans ma vie je n’ai connu l’amour de Dieu d’une façon aussi intense qu’en cet instant-là!   

    Corrie ten Boom

    (Cornelia Johanna Arnalda ten Boom), 1892 -1983.

    Ecrivain chrétienne néerlandaise qui a aidé de nombreux Juifs à  échapper aux nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale.

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  • Être le gardien de son frère c'est devenir son otage ..

    Être le gardien de son frère c'est devenir son otage ... Christian de Chergé

    Il y a tant de façons de blesser, et parfois mortellement.
    Si l’on reprend le sermon sur la montagne, là où Jésus commence à développer ses commandements, il dit : "Si ton frère a quelque chose contre toi, va, toi d’abord, te réconcilier ; si ton frère a envie de te tuer, va, toi d’abord, le trouver". Et Dieu a lui-même payé d’exemple avec Caïn : dans le même instant on trouve le premier meurtre et la première prière, le premier pardon, la première miséricorde (Genèse 4) ; le Seigneur mit un signe sur Caïn. De même, en Genèse 9, quand Dieu fait alliance avec Noé : "à chacun je demanderai compte de la vie de son frère ; qui verse le sang de l’homme par l’homme verra son sang versé, car à l’image de Dieu l’homme a été fait".
    S’il y a interdiction du meurtre, c’est parce que, quand on tue, on tue l’image de Dieu. En tout homme il y a quelque chose d’éternel, qui va plus loin que l’homicide, c’est pourquoi je ne puis me faire justice. Emmanuel Lévinas disait de la même manière : approcher de son prochain, c’est devenir gardien de son frère ; être gardien de son frère, c’est devenir son otage. Justice bien ordonnée commence par l’autre homme. Là encore, je peux faire appel à quelques moments de notre expérience.
    Quand, pendant un quart d’heure, je me suis trouvé en tête à tête avec le meurtrier des douze croates, Sayah Attiah, qui était le grand chef du GIA dans notre coin, il s’est présenté comme tel. Il venait demander des choses précises. Il était armé, poignard et pistolet mitrailleur. Ils étaient six en tout, et c’était dans la nuit. Il avait commencé par accepter de sortir de la maison car je ne voulais pas parler avec quelqu’un en armes dans une maison qui a vocation de paix. Nous nous sommes donc retrouvés dehors… A mes yeux, il était désarmé. Nous avons été visage en face de visage. Il a présenté ses trois exigences et par trois fois j’ai pu dire non, ou "pas comme cela". Il a bien dit : "vous n’avez pas le choix" ; j’ai dit : " si, j’ai le choix". Non seulement parce que j’étais le gardien de mes frères, mais aussi parce qu’en fait j’étais aussi le gardien de ce frère qui était là en face de moi et qui devait pouvoir découvrir en lui autre chose que ce qu’il était devenu. Et c’est un peu cela qui s’est révélé dans la mesure où il a cédé, où il a fait l’effort de comprendre.
    On entend dire que ce sont des bêtes immondes, ce ne sont pas des hommes, qu’on ne peut pas traiter avec eux. Je dis, moi : si nous parlons comme cela, il n’y aura jamais de paix. Je sais qu’il en a égorgé cent quarante-cinq… Mais depuis qu’il est mort, j’essaye d’imaginer son arrivée au paradis, et il me semble qu’aux yeux du bon Dieu j’ai le droit de présenter pour lui trois circonstances atténuantes :
    - la première de fait : il ne nous a pas égorgés ;
    - la deuxième : il est sorti quand je le lui ai demandé. Et puis, quand il est mort à quelques kilomètres de chez nous, il a agonisé comme blessé pendant neuf jours. Comme il avait accepté de ne pas faire appel à notre médecin pour venir le chercher - le médecin ne doit pas sortir de chez nous parce qu’il est trop âgé -, c’était clair avec lui, il n’est donc pas venu le chercher ;
    - la troisième circonstance atténuante : après notre entretien dans la nuit, je lui ai dit : "nous sommes en train de nous préparer à célébrer Noël, pour nous c’est la naissance du prince de la paix, et vous venez comme cela, en armes ! " Il a répondu : "excusez-moi, je ne savais pas… "
    Je ne couvre aucun… Ce n’est pas à moi de porter un jugement, chacun de ses crimes est horrible, mais ce n’est pas une bête immonde. C’est à la miséricorde de Dieu maintenant de s’exercer.



    Christian de Chergé

    "L’invincible espérance"

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  • Changer le monde .

    Changer le monde ...

    Un vieil homme était sur le point de mourir. Avant de quitter notre monde pour l’au-delà, il a décidé de donner une dernière leçon aux membres de sa famille qui étaient réunis à son chevet. Il leur a dit ceci :« Quand j’étais jeune et libre, et doté d’une imagination sans limites, je rêvais de changer le monde. Devenu plus sage avec les années, j’ai compris que le monde ne changerait pas, alors j’ai réduit quelque peu mes visées et j’ai décidé de transformer seulement mon pays.

     

    Mais lui aussi semble immuable.

     

    En Approchant de la vieillesse, dans une suprême et désespérée tentative, j’ai décidé de ne penser qu’à changer ma famille, ceux dont j’étais le plus proche. Hélas ! Vous n’avez rien voulu entendre, vous non plus !

     

    Et maintenant, étendu sur mon lit de mort, je comprends soudain : « Si seulement je m’étais changé moi-même, alors à mon exemple, vous auriez également changé. Et, grâce à vos actions, vous auriez inspiré d’autres personnes à trouver la force et le courage d’améliorer notre pays et, qui sait ? peut-être même de changer le monde ! »

     

    N’essayez pas de changer le monde, commencez par vous-même. Beaucoup de gens essaient de changer les gens qui sont dans leur entourage. Il s’agit en fait d’une tâche quasi impossible. Si seulement ces personnes essayaient de se transformer elles-mêmes, elles comprendraient à quel point cette transformation est difficile. Le premier changement doit toujours venir de soi, et à notre exemple, les autres changeront également. Si vous voulez que votre vie soit une magnifiquehistoire, réalisez que vous en êtes l’auteur et que vous avez l’opportunité chaque jour d’en écrire une nouvelle page. »

     

    « Avant d’essayer de vouloir conquérir le monde, commencez donc par faire conquête de vous-même. »

    Patrick Leroux

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