• On n’a jamais fini d’apprendre à pardonner

    On n’a jamais fini d’apprendre à pardonner ...

    C’est dans une église de Munich que je l’ai vu. Chauve et trapu, vêtu d’un manteau gris et serrant un feutre beige entre ses doigts, il se frayait un chemin vers moi à travers la foule. Je venais de terminer une réunion et les gens s’acheminaient lentement vers la sortie entre les rangs de chaises et le long des allées. Nous étions en 1947. J’étais venue de Hollande dans une Allemagne vaincue, apporter le message de pardon de Dieu. « Quand nous confessons nos péchés, avais-je dit, Dieu les jette au plus profond de l’océan, où ils disparaissent pour toujours»!

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     Les gens se levaient en silence. En silence, ils prenaient leurs manteaux. En silence, ils quittaient la salle… C’est alors que j’aperçus l’homme qui marchait à contre-courant. Tout d’abord, je vis le manteau gris et le chapeau beige, et puis, soudain… l’uniforme vert et le képi à visière portant une tête de mort…Alors, tout me revient à l’esprit en l’espace d’un éclair : ce hall immense, ces lumières crues, ce pitoyable tas de vêtements et de chaussures amassés au centre de la pièce…La honte de devoir passer nue devant un homme! Je voyais la frêle silhouette de ma sœur, juste devant moi, ses côtes saillantes sous la peau transparentes. Betsie et moi avions été arrêtées pour avoir caché des juifs chez nous pendant l’occupation nazie, et l’homme qui se trouvait maintenant en face de moi était l’un des gardiens de cet affreux camp de Ravensbrück.

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     Il me tendait la main… -Vous avez donné un excellent message, mademoiselle, me dit-il. Qu’il est bon de savoir, comme vous l’avez si bien exprimé, que nos péchés sont au fond de la mer!

     

    Et moi qui venais de parler de façon si désinvolte du pardon, je me mis à consulter nerveusement mon agenda, plutôt que de prendre cette main qui se présentait. Celui qui me la tendait ne se souvenait plus de moi, bien sûr. Cependant, je le reconnaissais! Je me souvenais même de la lanière de cuir qui se balançait, accrochée à sa ceinture…

     

    –Vous avez mentionné Ravensbrück, reprit-il. J’ai été gardien là-bas…Mais depuis ce temps-là, je suis devenu chrétien. Je sais que Dieu m’a pardonné les cruautés que j’ai commises. Mais j’aimerais l’entendre de vos propres lèvres, mademoiselle. Voulez-vous me pardonner?

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    La main se tendait à nouveau vers moi. Immobile, je me tenais là, debout, figée, sans un geste, sans une parole. Je ne pouvais pas prendre cette main, moi qui, pourtant, avais besoin tous les jours du pardon de Dieu! Non, c’était impossible. Betsie était morte dans ce camp. Pouvait-il effacer, par une simple démarche, sa lente et terrible agonie? J’étais face à cet homme, paralysée, le cœur serré dans un étau de glace. Mais le pardon n’est pas une affaire de sentiment, cela je la savais aussi. Le pardon, c’est un acte de volonté. Et la volonté peut fonctionner quelle que soit la température du cœur. En silence, j’appelai le Seigneur: «Seigneur Jésus, secours-moi! Je peux sortir ma main, mais toi, supplée au reste!». Alors, d’un geste mécanique, comme si j’avais été de bois, je mis ma main dans celle qui m’était tendue. Et, au moment où je faisais ce geste, il se passa quelque chose d’extraordinaire, car je lui dis : « Je vous pardonne, mon frère, je vous pardonne de tout mon cœur».

     

    Nous sommes restés un long moment ainsi, ma main dans la sienne, moi l’ancienne prisonnière, lui l’ancien gardien de Ravensbrück. Jamais dans ma vie je n’ai connu l’amour de Dieu d’une façon aussi intense qu’en cet instant-là!   

    Corrie ten Boom

    (Cornelia Johanna Arnalda ten Boom), 1892 -1983.

    Ecrivain chrétienne néerlandaise qui a aidé de nombreux Juifs à  échapper aux nazis pendant la Seconde Guerre Mondiale.

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  • Être le gardien de son frère c'est devenir son otage ..

    Être le gardien de son frère c'est devenir son otage ... Christian de Chergé

    Il y a tant de façons de blesser, et parfois mortellement.
    Si l’on reprend le sermon sur la montagne, là où Jésus commence à développer ses commandements, il dit : "Si ton frère a quelque chose contre toi, va, toi d’abord, te réconcilier ; si ton frère a envie de te tuer, va, toi d’abord, le trouver". Et Dieu a lui-même payé d’exemple avec Caïn : dans le même instant on trouve le premier meurtre et la première prière, le premier pardon, la première miséricorde (Genèse 4) ; le Seigneur mit un signe sur Caïn. De même, en Genèse 9, quand Dieu fait alliance avec Noé : "à chacun je demanderai compte de la vie de son frère ; qui verse le sang de l’homme par l’homme verra son sang versé, car à l’image de Dieu l’homme a été fait".
    S’il y a interdiction du meurtre, c’est parce que, quand on tue, on tue l’image de Dieu. En tout homme il y a quelque chose d’éternel, qui va plus loin que l’homicide, c’est pourquoi je ne puis me faire justice. Emmanuel Lévinas disait de la même manière : approcher de son prochain, c’est devenir gardien de son frère ; être gardien de son frère, c’est devenir son otage. Justice bien ordonnée commence par l’autre homme. Là encore, je peux faire appel à quelques moments de notre expérience.
    Quand, pendant un quart d’heure, je me suis trouvé en tête à tête avec le meurtrier des douze croates, Sayah Attiah, qui était le grand chef du GIA dans notre coin, il s’est présenté comme tel. Il venait demander des choses précises. Il était armé, poignard et pistolet mitrailleur. Ils étaient six en tout, et c’était dans la nuit. Il avait commencé par accepter de sortir de la maison car je ne voulais pas parler avec quelqu’un en armes dans une maison qui a vocation de paix. Nous nous sommes donc retrouvés dehors… A mes yeux, il était désarmé. Nous avons été visage en face de visage. Il a présenté ses trois exigences et par trois fois j’ai pu dire non, ou "pas comme cela". Il a bien dit : "vous n’avez pas le choix" ; j’ai dit : " si, j’ai le choix". Non seulement parce que j’étais le gardien de mes frères, mais aussi parce qu’en fait j’étais aussi le gardien de ce frère qui était là en face de moi et qui devait pouvoir découvrir en lui autre chose que ce qu’il était devenu. Et c’est un peu cela qui s’est révélé dans la mesure où il a cédé, où il a fait l’effort de comprendre.
    On entend dire que ce sont des bêtes immondes, ce ne sont pas des hommes, qu’on ne peut pas traiter avec eux. Je dis, moi : si nous parlons comme cela, il n’y aura jamais de paix. Je sais qu’il en a égorgé cent quarante-cinq… Mais depuis qu’il est mort, j’essaye d’imaginer son arrivée au paradis, et il me semble qu’aux yeux du bon Dieu j’ai le droit de présenter pour lui trois circonstances atténuantes :
    - la première de fait : il ne nous a pas égorgés ;
    - la deuxième : il est sorti quand je le lui ai demandé. Et puis, quand il est mort à quelques kilomètres de chez nous, il a agonisé comme blessé pendant neuf jours. Comme il avait accepté de ne pas faire appel à notre médecin pour venir le chercher - le médecin ne doit pas sortir de chez nous parce qu’il est trop âgé -, c’était clair avec lui, il n’est donc pas venu le chercher ;
    - la troisième circonstance atténuante : après notre entretien dans la nuit, je lui ai dit : "nous sommes en train de nous préparer à célébrer Noël, pour nous c’est la naissance du prince de la paix, et vous venez comme cela, en armes ! " Il a répondu : "excusez-moi, je ne savais pas… "
    Je ne couvre aucun… Ce n’est pas à moi de porter un jugement, chacun de ses crimes est horrible, mais ce n’est pas une bête immonde. C’est à la miséricorde de Dieu maintenant de s’exercer.



    Christian de Chergé

    "L’invincible espérance"

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  • Changer le monde .

    Changer le monde ...

    Un vieil homme était sur le point de mourir. Avant de quitter notre monde pour l’au-delà, il a décidé de donner une dernière leçon aux membres de sa famille qui étaient réunis à son chevet. Il leur a dit ceci :« Quand j’étais jeune et libre, et doté d’une imagination sans limites, je rêvais de changer le monde. Devenu plus sage avec les années, j’ai compris que le monde ne changerait pas, alors j’ai réduit quelque peu mes visées et j’ai décidé de transformer seulement mon pays.

     

    Mais lui aussi semble immuable.

     

    En Approchant de la vieillesse, dans une suprême et désespérée tentative, j’ai décidé de ne penser qu’à changer ma famille, ceux dont j’étais le plus proche. Hélas ! Vous n’avez rien voulu entendre, vous non plus !

     

    Et maintenant, étendu sur mon lit de mort, je comprends soudain : « Si seulement je m’étais changé moi-même, alors à mon exemple, vous auriez également changé. Et, grâce à vos actions, vous auriez inspiré d’autres personnes à trouver la force et le courage d’améliorer notre pays et, qui sait ? peut-être même de changer le monde ! »

     

    N’essayez pas de changer le monde, commencez par vous-même. Beaucoup de gens essaient de changer les gens qui sont dans leur entourage. Il s’agit en fait d’une tâche quasi impossible. Si seulement ces personnes essayaient de se transformer elles-mêmes, elles comprendraient à quel point cette transformation est difficile. Le premier changement doit toujours venir de soi, et à notre exemple, les autres changeront également. Si vous voulez que votre vie soit une magnifiquehistoire, réalisez que vous en êtes l’auteur et que vous avez l’opportunité chaque jour d’en écrire une nouvelle page. »

     

    « Avant d’essayer de vouloir conquérir le monde, commencez donc par faire conquête de vous-même. »

    Patrick Leroux

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  • On récolte ce que l'on sème ...

    On récolte ce que l'on sème ...

    Le petit garçon et l’écho dans la vallée :

    On récolte ce que l'on sème

     

    Il existe une loi universelle qui dit que, dans la vie, on récolte ce qu’on sème. On appelle aussi cela la loi de cause à effet, la loi d’action réaction ou encore l’effet boomerang, c’est-à-dire que tout ce qu’on lance, nous revient.

     

    Un petit garçon habitait dans une vallée avec sa mère. Un jour, le petit garçon était furieux après sa mère. Elle venait de le chicaner parce qu’il avait été malfaisant. Le petit garçon est sorti alors sur le balcon de la maison et a commencé à crier :

    « Je te déteste, je te déteste, je te déteste. »

    Et l’écho de répondre :

    « Je te déteste, je te déteste, je te déteste. »

     

    Effrayé, le petit garçon est vite rentré dans la maison et il est venu retrouver sa mère : « Maman, maman, il y a un petit garçon dans la vallée qui ne m’aime pas. Il dit qu’il me déteste ! »

    Et la mère de répondre à son fils avec un léger sourire en coin :

     

    « Ne t’inquiète pas, mon garçon, car il y a aussi un autre gentil petit garçon dans la vallée qui, lui, t’aime beaucoup. Va dehors sur la galerie et dis-lui toi aussi que tu l’aimes. »

     

    Et le petit garçon de retourner à l’extérieur et de crier au petit garçon imaginaire :

    « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. »

    Et de l’écho de répondre : 

    « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. »

     

    Dans la vie, on récolte toujours ce que l’on sème. Si vous lancez des messages de haine, c’est également la haine que vous récolterez en retour. Par contre, si vous lancez des messages d’amour, c’est aussi de l’amour que vous recevrez en retour. Le bonheur que les gens vous prodiguent est votre responsabilité. Dites du bien des autres et ils diront du bien de vous.

     

    « Lorsque tu craches en l’air, ça te retombe toujours sur le nez ! »

     

    Patrick Leroux

     

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  • Connaissez-vous l'histoire de "Moche" le chat ?

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    Voici l’histoire de Moche le chat, un petit félin abandonné qui errait dans un quartier.

    Tout le monde l’appelait Moche car il était sale, boiteux et borgne et les parents refusaient même à leurs enfants de le caresser ou de l’approcher.

    Oui mais voila, malgré son apparence repoussante, Moche avait une force en lui que personne ne pouvait imaginer. Jusqu’au jour où un jeune homme en prit conscience…

    Voici son histoire :

    Connaissez-vous l'histoire de "Moche" le chat ?.cette histoire est belle et déchirante.

    « Dans le lotissement où je vivais, tout le monde connaissait Moche. Il était le chat de gouttière officiel de notre quartier.

    Moche avait trois passions dans la vie : la bagarre, la gamelle… et l’amour dira-t-on ! Avec la vie de saltimbanque qu’il menait dans la rue, ses trois hobbies avaient laissées des traces indélébiles sur son physique.

    Premièrement, il n’avait qu’un seul œil ; là ou aurait du se trouver l’autre organe si précieux, il n’y avait qu’un trou béant. Il lui manquait également une oreille du même côté. L’une de ses pattes avait du être cassée à une époque et s’était guérie de travers, de sorte que cela donnait l’impression qu’il s’apprêtait toujours à prendre le prochain virage.

    Moche avait sûrement eu un poil tigré gris sombre à une époque, mais aujourd’hui, celui-ci était à peine reconnaissable à cause des cicatrices qui couvraient sa tête, son cou et même ses épaules.

    À chaque fois qu’un habitant du quartier voyait Moche, il avait la même réaction : « Qu’est-ce qu’il est moche, ce chat !!! ». Avec le temps, cette expression lui avait valu son nom : Moche.

    On disait bien à tous les enfants de ne surtout pas le toucher. Les adultes lui lançaient des pierres, ou bien lui balançaient de l’eau pour le faire partir.

    Quand le chat miaulait devant leur porte, ils la lui claquaient au nez. Cruel destin…

    Moche réagissait toujours de la même manière. Lorsque vous l’arrosiez, il restait là, à se faire tremper, jusqu’à ce que vous vous lassiez et que vous laissiez tomber. Si vous lui jetiez des choses pour le faire fuir, il venait se blottir contre votre cheville pour vous demander pardon.

    Lorsqu’il apercevait des enfants qui jouaient dans la rue, il se précipitait vers eux en miaulant comme un malade et venait frotter sa tête contre leurs mains, dans une quête désespérée d’amour.

    Si vous le ramassiez, il se blottissait contre vous et se mettait tout de suite à téter un bout de votre chemise, de votre pantalon, tout ce qui se trouvait à sa portée.

    Un jour, Moche a voulu partager ses jeux avec une bande de chiens du quartier. Bien mal lui en a pris.

    Moche était salement amoché. J’ai entendu ses cris depuis mon appartement et j’ai finalement décidé d’aller voir ce qu’il se passait. Mais le temps que j’arrive, il était clair que la triste vie de Moche approchait de sa fin.

    Lorsque je suis arrivé, Moche gisait là, au sol, dans une flaque d’eau et de sang. Il avait sacrément morflé.

    Tandis que je le prenais dans mes bras pour le ramener à la maison, j’entendais sa respiration sifflante et suffocante, et je le sentais qui luttait. Je me suis dit que je devais lui faire terriblement mal.

    Et puis, j’ai senti une sensation de succion familière sur ma chemise.

    Malgré la douleur insupportable et dans un dernier élan de compassion, Moche essayait encore de mâchouiller le col de ma chemise. Alors, je l’ai serré un peu plus fort contre moi, et il a doucement posé sa tête contre le creux de ma main. Il s’est alors retourné vers moi et je l’ai senti, même entendu, ronronner contre mon torse.

    Moche ne demandait rien d’autre qu’un peu d’affection et de compassion malgré son état critique.

    C’est à ce moment précis que je me suis dit que Moche n’était finalement pas si moche que ça. C’était même la plus belle et la plus aimante créature que je n’avais jamais vu. Il n’essayait ni de me griffer, ni de se débattre, ni de s’échapper de quelque manière que ce soit. Moche m’a simplement regardé, me faisant totalement confiance pour alléger ses souffrances.

    Malheureusement les blessures étaient beaucoup trop graves et Moche finit par mourir dans mes bras sur le chemin de mon appartement.

    Je me suis alors assis et je l’ai serré et gardé contre moi un long moment.

    Ce petit chat errant, insignifiant, balafré avait changé ma perception de ce qu’était la véritable pureté d’esprit. A lui seul, il symbolisait pour moi l’amour, entier, complet et véritable.

    Moche m’en a plus appris sur le pardon et la compassion qu’un millier de livres, de leçons ou de talk-shows n’auraient pu le faire, et je lui en serai toujours reconnaissant.

    Il était blessé à l’extérieur et moi je l’étais à l’intérieur. Il m’a appris à aimer véritablement et profondément et m’a fait prendre conscience que je devais prendre soin des personnes que j’aime.

    Beaucoup de gens veulent être riches, beaux et célèbres. Moi j’essayerai toujours d’être Moche. »

    On ne saura jamais si cette histoire est vrai, ou si Moche est juste une vieille légende urbaine du web… Mais son histoire offre une belle leçon d’amour et de compassion, malgré les coups, les railleries, la vie difficile et ce… jusqu’à son dernier souffle.

     

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  • Lettre de Fra ANGELICO

    Lettre de Fra ANGELICO

     Ami,


    Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.
    Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.

    Prenez donc le ciel.

    Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.

    Prenez donc la Paix.

    L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir. Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.

    Je vous prie donc de regarder.

    La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs.
    Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la Sagesse, avec d’abondants pouvoirs.

    Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

    Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve,
    croyez-moi, la main de l’Ange ; le Don est là - ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

    De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.
    La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la Terre ne fait que recouvrir votre ciel.

    Courage donc pour le réclamer.

    C’est tout, mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

    Ainsi, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations : mais avec la Prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

    Fra Angelico

     

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  •  Ouvre mes yeux 

    Ouvre mes yeux ...

    Seigneur, que de chaque instant du jour
    je goûte tout le suc.
    Merci si cet instant est du miel,
    merci s'il est amer.
    Seigneur, fais de mon corps
    le serviteur de mon esprit ;
    mets, je t'en prie, l'harmonie entre eux.

    Dans les relations de tous les jours avec mes proches,
    donne-moi la patience et beaucoup d'humour ;
    toi, tu es patient avec moi et tu dois rire souvent
    de mon manque de sérénité.
    Ouvre mes yeux aux beautés des choses qui m'entourent
    et donne-moi de ne jamais les détruire.
    Ouvre mes oreilles aux chants du monde,
    et quand ils sont cris de douleur,
    donne-moi, là où je suis, le pouvoir d'aider
    à atténuer les souffrances des hommes.
    Seigneur, quand mon corps qui va vers son destin
    commence à me quitter,
    fais grandir en moi l'être immortel
    qui vivra près de toi.

    Gabrielle de Waele

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  • La superstition

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    Qu’est-ce qu’être superstitieux ? Les exemples triviaux ne manquent pas : croire qu’un fer à cheval ou un trèfle à quatre feuilles « portent bonheur », que passer sous une échelle ou briser une glace « portent malheur » ; faire un signe de croix en entrant sur un terrain de foot, ne pas prononcer le mot « lapin » sur un bateau, etc. En somme, l’attitude superstitieuse consisterait à établir un lien entre un objet, un geste ou un mot, d’une part, et un événement futur, soit espéré soit redouté, d’autre part. Et ce lien se présenterait plus précisément de la manière suivante : l’objet (ou geste, ou mot) serait soit le signe que l’événement va avoir lieu, soit le moyen de le provoquer ou de l’empêcher.

    Ce qui frappe immédiatement, c’est l’absence de tout rapport intelligible entre le signe et l’événement, considérés en eux-mêmes. Par exemple : quel lien logique établir entre le fait que je passe sous une échelle, et le fait que j’ai un accident de voiture ? Ou entre l’aspect des entrailles de tel animal, et l’issue victorieuse d’une bataille ? Au mieux, la connexion sera toute psychologique : en croyant au présage de l’échelle, je m’attends à un malheur, je deviens fébrile, j’interprète les événements à mauvais escient, si bien que je conduis mal, augmentant effectivement mes chances d’avoir un accident ; ou croyant au présage favorable des entrailles, j’en retire une confiance et une ardeur au combat qui, de fait, peuvent me rendre victorieux. D’ailleurs le résultat inverse est tout autant possible : rendu excessivement confiant par l’aspect des entrailles, je peux agir avec une témérité insouciante qui me perdra ; et la crainte que m’inspire le présage de l’échelle peut induire en moi une extrême prudence, qui me préservera de l’accident. Mais dans tous les cas, les véritables causes ne sont pas là où la superstition les place : par exemple, si j’ai bien un accident, la vraie cause en est ma fébrilité, et si je suis victorieux, la raison en est mon ardeur au combat ; quant à l’échelle ou aux entrailles, c’est moi qui ai fait de l’une, la cause de ma fébrilité, ou de l’autre, celle de mon ardeur.

    Il en ressort un premier point : la superstition, en interposant entre moi et le monde des « puissances » mystérieuses dont tout dépend, irait à l’encontre d’une véritable compréhension des règles de l’action ; elle conduirait à l’utilisation de moyens tout à fait inadéquats (car, par exemple, le bon moyen pour éviter les accidents de la route n’est pas d’accrocher une patte de lapin à son rétroviseur, mais de conduire prudemment). Par là, elle paraît priver l’action à la fois de son autonomie et de son efficacité. Et puisque, dans le même temps, elle nuit à la connaissance des causes, la superstition s’opposerait tout ensemble à la science et à la technique.

    Mais l’on remarque en outre que la superstition intervient là où existent des espoirs et des craintes, qui sont toujours relatifs à l’intérêt, soit de l’individu, soit de la collectivité : la sécurité, la santé, la richesse, la réussite pour soi et les siens... et éventuellement, la déconfiture, la maladie ou pire encore pour tel autre et les siens ! C’est seulement par rapports à de tels soucis que sont définis (consciemment ou non) le favorable et le défavorable, ce qui doit être provoqué et ce qui doit être évité. On voit alors que la superstition n’est pas seulement définie par la manière dont elle conçoit l’utilisation des moyens, mais aussi et peut-être surtout par le genre de fins ou de buts dans la poursuite desquels elle intervient.

    Ce second point permet d’engager une réflexion sur les rapports entre superstition et religion. Est-ce une seule et même chose, comme l’athée sera volontiers tenté de le dire ? Ou, ce qui revient à peu près au même, la « superstition » n’est-elle que le terme péjoratif que chaque religion utilise pour dévaloriser les autres (chacun ayant tendance à juger que sa religion est la vraie, et que les autres ne sont que tissus de superstitions) ? Ou bien, faut-il reconnaître une différence réelle entre superstition et religion, et donc se garder de les confondre, la première étant une version dégradée et caricaturale de la seconde ? Si l’on considère que toute religion est inventée par l’homme en vue de ses intérêts, et que son but ultime est de lui procurer ce qu’il désire et de le protéger de ce qu’il redoute, l’on tendra logiquement à ne voir aucune différence substantielle entre superstition et religion. Si en revanche, l’on pense que la religion, ou du moins que certaines religions ont pour sens et pour but d’élever l’homme au-dessus du souci pour son intérêt, qu’elles ne sont pas des recettes pour obtenir ce que l’on veut, mais des invitations à opérer une révolution intérieure, et à entrer en lutte avec soi-même, alors, on hésitera à assimiler superstition et religion. On pourra même considérer que la première est la pire ennemie de la seconde : car en faisant tout reposer sur des éléments extérieurs au sujet (mots, choses, gestes), la superstition détourne celui-ci de ce que toute religion authentique regarde comme l’essentiel, à savoir l’approfondissement de l’intériorité.

    En somme, la superstition fait piètre figure : elle invite à viser des buts limités, parfois même fort contestables, et propose en plus, pour les atteindre, des moyens inefficaces !

    Gildas Richard, http://philo.pourtous.free.fr/Atelier/indexatelier.htm

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