• On récolte ce que l'on sème ...

    On récolte ce que l'on sème ...

    Le petit garçon et l’écho dans la vallée :

    On récolte ce que l'on sème

     

    Il existe une loi universelle qui dit que, dans la vie, on récolte ce qu’on sème. On appelle aussi cela la loi de cause à effet, la loi d’action réaction ou encore l’effet boomerang, c’est-à-dire que tout ce qu’on lance, nous revient.

     

    Un petit garçon habitait dans une vallée avec sa mère. Un jour, le petit garçon était furieux après sa mère. Elle venait de le chicaner parce qu’il avait été malfaisant. Le petit garçon est sorti alors sur le balcon de la maison et a commencé à crier :

    « Je te déteste, je te déteste, je te déteste. »

    Et l’écho de répondre :

    « Je te déteste, je te déteste, je te déteste. »

     

    Effrayé, le petit garçon est vite rentré dans la maison et il est venu retrouver sa mère : « Maman, maman, il y a un petit garçon dans la vallée qui ne m’aime pas. Il dit qu’il me déteste ! »

    Et la mère de répondre à son fils avec un léger sourire en coin :

     

    « Ne t’inquiète pas, mon garçon, car il y a aussi un autre gentil petit garçon dans la vallée qui, lui, t’aime beaucoup. Va dehors sur la galerie et dis-lui toi aussi que tu l’aimes. »

     

    Et le petit garçon de retourner à l’extérieur et de crier au petit garçon imaginaire :

    « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. »

    Et de l’écho de répondre : 

    « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. »

     

    Dans la vie, on récolte toujours ce que l’on sème. Si vous lancez des messages de haine, c’est également la haine que vous récolterez en retour. Par contre, si vous lancez des messages d’amour, c’est aussi de l’amour que vous recevrez en retour. Le bonheur que les gens vous prodiguent est votre responsabilité. Dites du bien des autres et ils diront du bien de vous.

     

    « Lorsque tu craches en l’air, ça te retombe toujours sur le nez ! »

     

    Patrick Leroux

     

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  • Connaissez-vous l'histoire de "Moche" le chat ?

    *******

    Voici l’histoire de Moche le chat, un petit félin abandonné qui errait dans un quartier.

    Tout le monde l’appelait Moche car il était sale, boiteux et borgne et les parents refusaient même à leurs enfants de le caresser ou de l’approcher.

    Oui mais voila, malgré son apparence repoussante, Moche avait une force en lui que personne ne pouvait imaginer. Jusqu’au jour où un jeune homme en prit conscience…

    Voici son histoire :

    Connaissez-vous l'histoire de "Moche" le chat ?.cette histoire est belle et déchirante.

    « Dans le lotissement où je vivais, tout le monde connaissait Moche. Il était le chat de gouttière officiel de notre quartier.

    Moche avait trois passions dans la vie : la bagarre, la gamelle… et l’amour dira-t-on ! Avec la vie de saltimbanque qu’il menait dans la rue, ses trois hobbies avaient laissées des traces indélébiles sur son physique.

    Premièrement, il n’avait qu’un seul œil ; là ou aurait du se trouver l’autre organe si précieux, il n’y avait qu’un trou béant. Il lui manquait également une oreille du même côté. L’une de ses pattes avait du être cassée à une époque et s’était guérie de travers, de sorte que cela donnait l’impression qu’il s’apprêtait toujours à prendre le prochain virage.

    Moche avait sûrement eu un poil tigré gris sombre à une époque, mais aujourd’hui, celui-ci était à peine reconnaissable à cause des cicatrices qui couvraient sa tête, son cou et même ses épaules.

    À chaque fois qu’un habitant du quartier voyait Moche, il avait la même réaction : « Qu’est-ce qu’il est moche, ce chat !!! ». Avec le temps, cette expression lui avait valu son nom : Moche.

    On disait bien à tous les enfants de ne surtout pas le toucher. Les adultes lui lançaient des pierres, ou bien lui balançaient de l’eau pour le faire partir.

    Quand le chat miaulait devant leur porte, ils la lui claquaient au nez. Cruel destin…

    Moche réagissait toujours de la même manière. Lorsque vous l’arrosiez, il restait là, à se faire tremper, jusqu’à ce que vous vous lassiez et que vous laissiez tomber. Si vous lui jetiez des choses pour le faire fuir, il venait se blottir contre votre cheville pour vous demander pardon.

    Lorsqu’il apercevait des enfants qui jouaient dans la rue, il se précipitait vers eux en miaulant comme un malade et venait frotter sa tête contre leurs mains, dans une quête désespérée d’amour.

    Si vous le ramassiez, il se blottissait contre vous et se mettait tout de suite à téter un bout de votre chemise, de votre pantalon, tout ce qui se trouvait à sa portée.

    Un jour, Moche a voulu partager ses jeux avec une bande de chiens du quartier. Bien mal lui en a pris.

    Moche était salement amoché. J’ai entendu ses cris depuis mon appartement et j’ai finalement décidé d’aller voir ce qu’il se passait. Mais le temps que j’arrive, il était clair que la triste vie de Moche approchait de sa fin.

    Lorsque je suis arrivé, Moche gisait là, au sol, dans une flaque d’eau et de sang. Il avait sacrément morflé.

    Tandis que je le prenais dans mes bras pour le ramener à la maison, j’entendais sa respiration sifflante et suffocante, et je le sentais qui luttait. Je me suis dit que je devais lui faire terriblement mal.

    Et puis, j’ai senti une sensation de succion familière sur ma chemise.

    Malgré la douleur insupportable et dans un dernier élan de compassion, Moche essayait encore de mâchouiller le col de ma chemise. Alors, je l’ai serré un peu plus fort contre moi, et il a doucement posé sa tête contre le creux de ma main. Il s’est alors retourné vers moi et je l’ai senti, même entendu, ronronner contre mon torse.

    Moche ne demandait rien d’autre qu’un peu d’affection et de compassion malgré son état critique.

    C’est à ce moment précis que je me suis dit que Moche n’était finalement pas si moche que ça. C’était même la plus belle et la plus aimante créature que je n’avais jamais vu. Il n’essayait ni de me griffer, ni de se débattre, ni de s’échapper de quelque manière que ce soit. Moche m’a simplement regardé, me faisant totalement confiance pour alléger ses souffrances.

    Malheureusement les blessures étaient beaucoup trop graves et Moche finit par mourir dans mes bras sur le chemin de mon appartement.

    Je me suis alors assis et je l’ai serré et gardé contre moi un long moment.

    Ce petit chat errant, insignifiant, balafré avait changé ma perception de ce qu’était la véritable pureté d’esprit. A lui seul, il symbolisait pour moi l’amour, entier, complet et véritable.

    Moche m’en a plus appris sur le pardon et la compassion qu’un millier de livres, de leçons ou de talk-shows n’auraient pu le faire, et je lui en serai toujours reconnaissant.

    Il était blessé à l’extérieur et moi je l’étais à l’intérieur. Il m’a appris à aimer véritablement et profondément et m’a fait prendre conscience que je devais prendre soin des personnes que j’aime.

    Beaucoup de gens veulent être riches, beaux et célèbres. Moi j’essayerai toujours d’être Moche. »

    On ne saura jamais si cette histoire est vrai, ou si Moche est juste une vieille légende urbaine du web… Mais son histoire offre une belle leçon d’amour et de compassion, malgré les coups, les railleries, la vie difficile et ce… jusqu’à son dernier souffle.

     

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  • Lettre de Fra ANGELICO

    Lettre de Fra ANGELICO

     Ami,


    Il n’y a rien de ce que je pourrais vous offrir que vous ne possédiez déjà, mais il y a beaucoup de choses que je ne puis donner et que vous pouvez prendre.
    Le ciel ne peut descendre jusqu’à nous, à moins que notre cœur n’y trouve aujourd’hui même son repos.

    Prenez donc le ciel.

    Il n’existe pas de paix dans l’avenir qui ne soit cachée dans le court moment présent.

    Prenez donc la Paix.

    L’obscurité du monde n’est qu’une ombre. Derrière elle, et cependant à notre portée, se trouve la joie. Il y a dans cette obscurité une splendeur et une joie ineffables, si nous pouvions seulement les voir. Et pour voir, vous n’avez qu’à regarder.

    Je vous prie donc de regarder.

    La vie est généreuse donatrice, mais nous, qui jugeons ses dons d’après l’apparence extérieure, nous les rejetons, les trouvant laids ou pesants, ou durs.
    Enlevons cette enveloppe et nous trouverons au-dessous d’elle, une vivante splendeur, tissée d’amour par la Sagesse, avec d’abondants pouvoirs.

    Accueillez-la, saisissez-la et vous toucherez la main de l’ange qui vous l’apporte.

    Dans chaque chose que nous appelons une épreuve, un chagrin ou un devoir, se trouve,
    croyez-moi, la main de l’Ange ; le Don est là - ainsi que la merveille d’une présence adombrante.

    De même pour nos joies : ne vous en contentez pas en tant que joies, elles aussi cachent des dons divins.
    La vie est tellement emplie de sens et de propos, tellement pleine de beautés au-dessous de son enveloppe, que vous apercevrez que la Terre ne fait que recouvrir votre ciel.

    Courage donc pour le réclamer.

    C’est tout, mais vous avez du courage et vous savez que nous sommes ensemble des pèlerins qui, à travers des pays inconnus, se dirigent vers leur patrie.

    Ainsi, je vous salue, non pas exactement à la manière dont le monde envoie ses salutations : mais avec la Prière : que pour vous, maintenant et à jamais, le jour se lève et les ombres s’enfuient.

    Fra Angelico

     

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  •  Ouvre mes yeux 

    Ouvre mes yeux ...

    Seigneur, que de chaque instant du jour
    je goûte tout le suc.
    Merci si cet instant est du miel,
    merci s'il est amer.
    Seigneur, fais de mon corps
    le serviteur de mon esprit ;
    mets, je t'en prie, l'harmonie entre eux.

    Dans les relations de tous les jours avec mes proches,
    donne-moi la patience et beaucoup d'humour ;
    toi, tu es patient avec moi et tu dois rire souvent
    de mon manque de sérénité.
    Ouvre mes yeux aux beautés des choses qui m'entourent
    et donne-moi de ne jamais les détruire.
    Ouvre mes oreilles aux chants du monde,
    et quand ils sont cris de douleur,
    donne-moi, là où je suis, le pouvoir d'aider
    à atténuer les souffrances des hommes.
    Seigneur, quand mon corps qui va vers son destin
    commence à me quitter,
    fais grandir en moi l'être immortel
    qui vivra près de toi.

    Gabrielle de Waele

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  • La superstition

    **********

    Qu’est-ce qu’être superstitieux ? Les exemples triviaux ne manquent pas : croire qu’un fer à cheval ou un trèfle à quatre feuilles « portent bonheur », que passer sous une échelle ou briser une glace « portent malheur » ; faire un signe de croix en entrant sur un terrain de foot, ne pas prononcer le mot « lapin » sur un bateau, etc. En somme, l’attitude superstitieuse consisterait à établir un lien entre un objet, un geste ou un mot, d’une part, et un événement futur, soit espéré soit redouté, d’autre part. Et ce lien se présenterait plus précisément de la manière suivante : l’objet (ou geste, ou mot) serait soit le signe que l’événement va avoir lieu, soit le moyen de le provoquer ou de l’empêcher.

    Ce qui frappe immédiatement, c’est l’absence de tout rapport intelligible entre le signe et l’événement, considérés en eux-mêmes. Par exemple : quel lien logique établir entre le fait que je passe sous une échelle, et le fait que j’ai un accident de voiture ? Ou entre l’aspect des entrailles de tel animal, et l’issue victorieuse d’une bataille ? Au mieux, la connexion sera toute psychologique : en croyant au présage de l’échelle, je m’attends à un malheur, je deviens fébrile, j’interprète les événements à mauvais escient, si bien que je conduis mal, augmentant effectivement mes chances d’avoir un accident ; ou croyant au présage favorable des entrailles, j’en retire une confiance et une ardeur au combat qui, de fait, peuvent me rendre victorieux. D’ailleurs le résultat inverse est tout autant possible : rendu excessivement confiant par l’aspect des entrailles, je peux agir avec une témérité insouciante qui me perdra ; et la crainte que m’inspire le présage de l’échelle peut induire en moi une extrême prudence, qui me préservera de l’accident. Mais dans tous les cas, les véritables causes ne sont pas là où la superstition les place : par exemple, si j’ai bien un accident, la vraie cause en est ma fébrilité, et si je suis victorieux, la raison en est mon ardeur au combat ; quant à l’échelle ou aux entrailles, c’est moi qui ai fait de l’une, la cause de ma fébrilité, ou de l’autre, celle de mon ardeur.

    Il en ressort un premier point : la superstition, en interposant entre moi et le monde des « puissances » mystérieuses dont tout dépend, irait à l’encontre d’une véritable compréhension des règles de l’action ; elle conduirait à l’utilisation de moyens tout à fait inadéquats (car, par exemple, le bon moyen pour éviter les accidents de la route n’est pas d’accrocher une patte de lapin à son rétroviseur, mais de conduire prudemment). Par là, elle paraît priver l’action à la fois de son autonomie et de son efficacité. Et puisque, dans le même temps, elle nuit à la connaissance des causes, la superstition s’opposerait tout ensemble à la science et à la technique.

    Mais l’on remarque en outre que la superstition intervient là où existent des espoirs et des craintes, qui sont toujours relatifs à l’intérêt, soit de l’individu, soit de la collectivité : la sécurité, la santé, la richesse, la réussite pour soi et les siens... et éventuellement, la déconfiture, la maladie ou pire encore pour tel autre et les siens ! C’est seulement par rapports à de tels soucis que sont définis (consciemment ou non) le favorable et le défavorable, ce qui doit être provoqué et ce qui doit être évité. On voit alors que la superstition n’est pas seulement définie par la manière dont elle conçoit l’utilisation des moyens, mais aussi et peut-être surtout par le genre de fins ou de buts dans la poursuite desquels elle intervient.

    Ce second point permet d’engager une réflexion sur les rapports entre superstition et religion. Est-ce une seule et même chose, comme l’athée sera volontiers tenté de le dire ? Ou, ce qui revient à peu près au même, la « superstition » n’est-elle que le terme péjoratif que chaque religion utilise pour dévaloriser les autres (chacun ayant tendance à juger que sa religion est la vraie, et que les autres ne sont que tissus de superstitions) ? Ou bien, faut-il reconnaître une différence réelle entre superstition et religion, et donc se garder de les confondre, la première étant une version dégradée et caricaturale de la seconde ? Si l’on considère que toute religion est inventée par l’homme en vue de ses intérêts, et que son but ultime est de lui procurer ce qu’il désire et de le protéger de ce qu’il redoute, l’on tendra logiquement à ne voir aucune différence substantielle entre superstition et religion. Si en revanche, l’on pense que la religion, ou du moins que certaines religions ont pour sens et pour but d’élever l’homme au-dessus du souci pour son intérêt, qu’elles ne sont pas des recettes pour obtenir ce que l’on veut, mais des invitations à opérer une révolution intérieure, et à entrer en lutte avec soi-même, alors, on hésitera à assimiler superstition et religion. On pourra même considérer que la première est la pire ennemie de la seconde : car en faisant tout reposer sur des éléments extérieurs au sujet (mots, choses, gestes), la superstition détourne celui-ci de ce que toute religion authentique regarde comme l’essentiel, à savoir l’approfondissement de l’intériorité.

    En somme, la superstition fait piètre figure : elle invite à viser des buts limités, parfois même fort contestables, et propose en plus, pour les atteindre, des moyens inefficaces !

    Gildas Richard, http://philo.pourtous.free.fr/Atelier/indexatelier.htm

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  • Respectons les rivières.

    ***

    MusiqueSi vous croyez que vous pouvez polluer les rivières, et plus généralement l'eau, sans conséquence pour vous, vous êtes en plein dans l'illusion comme l'illustre un petit film humoristique (World Wildlife Fund - WWF) (44s, 1616 Ko).

    La nature, les rivières, ont une grande capacité de régénération et d'adaptation. Mais il faut du temps et que l'homme respecte son lieu de vie. Dans ce respect, l'homme permet le développement économique durable, et il bénéficie également en retour de plus d'harmonie avec les autres et avec lui-même.

    JM Bonheur

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  • Vieillir, la plus grande injustice parce que l'on en n'est pas responsable et, en même temps, la plus grande justice car aucune Femme et aucun Homme n'y échappent!  

     

     

    Un très beau texte de Bernard Pivot.
     Extrait de son livre.  
      

    Bernard Pivot  

    Journaliste, animateur de télévision  

    (Émissions culturelles)  

     

     Vieillir, c'est chiant. J'aurais pu dire : vieillir, c'est désolant, c'est insupportable, c'est douloureux, c'est horrible, c'est déprimant, c'est mortel.  

    Mais j'ai préféré « chiant » parce que c'est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.  

    Vieillir, c'est chiant parce qu'on ne sait pas quand ça a commencé et l'on sait encore moins quand ça finira.  

    Non, ce n'est pas vrai qu'on vieillit dès notre naissance.  

    On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant.  

    On était bien dans sa peau.  

    On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c'était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j'étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme.  

    Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps j'ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l'âge qu'ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à  la marge. J'ai  lu dans leurs yeux qu'ils n'auraient plus jamais d'indulgence à mon égard. Qu'ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables.  

     Sans m'en rendre compte, j'étais entré dans l'apartheid de l'âge. Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. "Avec respect", "En hommage respectueux", "Avec mes sentiments très respectueux". Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l'ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus !  

     Un jour, dans le métro, c'était la première fois, une jeune fille s'est levée pour me donner sa place. J'ai failli  la gifler. Puis  la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué.  

    -- "Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J'ai pensé que".  

     -- Moi aussitôt : «Vous pensiez que.?  

     -- "Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir".  

     - "Parce que j'ai les cheveux blancs"?  

     - "Non, c'est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, çà été un réflexe, je me suis levée".  

     -- "Je parais beaucoup beaucoup plus âgé que vous"?  

     -"Non, oui, enfin un peu, mais ce n'est pas une question d'âge".  

     -- "Une question de quoi, alors?"  

     - "Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois".»  

     J'ai arrêté de la taquiner, je l'ai remerciée de son geste généreux et l'ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.  

     Lutter contre le vieillissement c'est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l'amour, ni au rêve.  

    Rêver, c'est se souvenir tant qu'à faire, des heures exquises. C'est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent.  

    C'est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l'utopie.  

    La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J'aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l'adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l'andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l'au-delà.  

    Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés.  

    Nous allons prendre notre temps. Avec l'âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge?   Non, Mozart.  

       

    Voilà, ceci est bien écrit, mais cela est le lot de tous, nous vieillissons !...  

    Bien ou mal, mais le poids des ans donne de son joug au quotidien  

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  • Personne n'est une île

    Au début, ce fut le chaos. La terre s'est mise à gronder et je fus arrachée, transportée, éloignée de mon père, de ma mère, du reste de l'archipel. J'ai longtemps dérivé sur les océans sans fin. Les tempêtes étaient fréquentes et encore aujourd'hui je ne sais comment j'ai pu m'en sortir sans me désagréger.

    Puis ce fut le silence. Les éléments se calmèrent. Pas immédiatement : cela prit des milliers d'années, des ères peut être.

    Je ne dérivais plus. Je m'étais fixée sur une crête, au milieu des eaux puisque c'est mon milieu naturel. J'étais seule. J'avais eu le temps de pleurer toutes les larmes (salées) de mon corps de sable mais je goûtais maintenant la solitude.

    J'avais été coincée dans le petit groupe d'îlots de mon enfance et j'avais souvent souhaité un cataclysme pour rompre cet attachement. Enfin c'était chose faite... J'étais seule et bien contente de l'être.

    Les jours s'étiraient lentement au soleil. Une barrière de corail s'était accumulée et protégeait ma grève des assauts de la mer. Je me laissais dorer la côte. Nonchalamment. Les rares pluies suffisaient à combler ma verdure et la faune naissante en mon centre : des rongeurs, quelques invertébrés et beaucoup, beaucoup d'oiseaux.

    Ils m'intriguaient : s'ils avaient pu voler jusqu'à moi en si grand nombre (certains jours, j'en étais couverte et leurs cris perturbaient mon sommeil tellurique), c'est que je n'étais pas si éloignée que cela d'une autre terre. Peut-être même d'un archipel, comme celui de mon enfance. Mais je me gardais bien de me détacher pour m'en approcher. Je n'allais pas renoncer si facilement à ma quiétude.

    Je me fiais ainsi aux éléments pendant des centaines, des milliers d'années encore jusqu'à ce qu'un changement dans le comportement des oiseaux m'alerte. Moins de pépiements, moins de caquétements, moins de plumes, moins de graines, moins de nids, moins d'œufs... Moins d'oiseaux ! Mais pourquoi s'étaient-ils tous enfuis ?

    J'ai mis un certain temps à comprendre que j'avais vieilli seule... et, hum ! pas très bien vieilli... Ma faune m'avait fuie parce que ma flore, plus aussi luxuriante que dans ma jeunesse ne suffisait plus à sa subsistance. J'étais pelée, sèche, pas très avenante.

    Mon appétit pour la solitude m'avait trahi. Depuis quelques temps d'ailleurs, je me voyais partir : ma grève s'était rétrécie, mangée par le ressac que les coraux n'arrêtaient plus. Mes cocotiers n'avaient plus de têtes... décapités par les cyclones !

    La sécheresse avait tari mes sources. Je devais faire piètre figure au milieu de l'océan. Et maintenant que j'y songeais : aucun marin aventureux n'avait jamais foulé mes plages d'un pas conquérant. Ah ça ! Je la payais chère ma solitude !

    Papa, maman, mes chers frères, mes petits îlots chéris, où êtes-vous ?

    Le chagrin était si fort que je résolus de partir à la recherche de mon archipel perdu. Et même si je ne devais pas retrouver mes proches, je m'arrêterais au premier atoll que je croiserais... je leur demanderais de l'aide, je m'intégrerais sagement dans leur écosystème, sans faire de vagues, comme une gentille petite île du tertiaire que je suis.

    Mais je devais apprendre à mes dépens qu'on ne se débarrasse pas de ses sédiments aussi vite. Malgré tous mes efforts pour m'arracher à mon milieu, je suis restée figée sur mon talus, rivée à ma crête. En exactement 15.789 ans, j'ai bougé de 23 centimètres... et encore, pas par mes propres moyens : un tremblement de terre sous-marin. Il paraît que ça arrive parfois. Enfin, tous les 30.000 ans environ.

    Alors j'attends. Seule.

    ..............................

    Personne n'est une île. Nous avons besoin des autres pour survivre. Même si nous apprécions parfois l'éloignement et la solitude, nous restons des animaux politiques, c'est-à-dire des êtres qui s'épanouissent au milieu de leurs semblables. Ceux qui renoncent au commerce des hommes finissent souvent comme cette petite île : ils ne sont plus ravitaillés, dépérissent, se sentent frustrés, tentent de vivre sur leurs propres ressources... et les épuisent. Contre l'ennui, contre l'affaiblissement : ressourcez vous auprès de vos proches, amis ou famille.

    " Il y a dans le coeur de chacun un aimant qui attire les véritables amis. Cet aimant, c'est l'altruisme, la disposition à s'intéresser d'abord à autrui. " Paramahansa Yogananda

    Anonyme, d'origine allemande

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  • J'ai faim, dit Dieu

    Dieu habite parmi les plus humbles des hommes.
    Il est sur le tas de poussière, au milieu des forçats en prison..
    Il se tient à la porte avec les délinquants juvéniles, demandant du pain.
    Il accourt avec la foule des mendiants, partout où se distribuent des aumônes.
    Il est parmi les malades.
    Il fait la queue avec les chômeurs devant les bureaux de placement.

    Il faut donc que celui qui voudrait rencontrer Dieu visite les cachots et l'hôpital avant d'aller à l'église, qu'il vienne en aide au mendiant debout devant sa porte avant de lire sa Bible.

    S'il ne visite la prison qu'après être allé au temple, n'a-t-il pas retardé d'autant sa rencontre avec Dieu ?
    S'il va d'abord à l'église et seulement ensuite à l'hôpital, n'ajourne-t-il pas d'autant sa contemplation de Dieu ?
    S'il néglige de secourir le mendiant à sa porte, pour s'accorder la joie de lire la Bible, il court le danger de voir Dieu qui habite parmi les petits, s'en aller ailleurs.

    En vérité, celui qui oublie les chômeurs oublie Dieu.

    Toyohiko Kagawa, Méditations

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