• Les 15 Clefs De L'Amitié -

    Les 15 Clefs De L'Amitié -

     

    Faire Le Premier Pas -

     Après tout, qu'est-ce que l'on risque ? 
    Un coup de fil, une invitation à déjeuner, une proposition de sortie sont peut-être le début d'une nouvelle amitié.



      Doser Ses Exigences -

    On ne peut attendre de l'autre qu'il nous apporte tout ce dont nous avons besoin.

    Avec chacun, nous partageons des choses différentes. 
    Des amis pour la conversation, pour l'art, les expositions, les courses... 
    Des amis à qui on confie des épisodes de sa vie et qui vibrent pour avoir connus les mêmes.

    Ceux avec qui on peut parler divorce... ou de la mort des parents...".



      Ne Pas Être Dépendant -

    Il ou elle n'est pas disponible ?
    Ce n'est pas si grave.
    Nous pouvons aller seul en balade ou inviter la voisine qui, justement, en meurt d'envie.

     

    Ne Rien Demander En Échange -

    L'amitié rime mal avec comptabilité.
    Ce qui fait tout son prix, c'est précisément sa gratuité...

    "Je te donne parce que je t'aime." 
    Ce qui ne veut pas dire qu'il faut en faire trop. 
    Chacun a droit à son jardin secret.

     

    Savoir Écouter -

    Combien d'occasions ratées pour n'avoir pas su écouter au bon moment ?

    Les amis sont d'abord ceux qui savent se taire et être disponibles quand on en a besoin.



      Respecter Le Secret -

    Une confidence, un détail de la vie privée... l'autre nous a fait confiance.

    Savoir garder le silence est la preuve que cette confiance est méritée.

     

    Être Souple -

    Une invitation qui tombe à l'heure du rendez-vous chez le coiffeur....
    Une sortie au moment d'un bon film... pourquoi refuser ? 
    On peut toujours s'arranger. 
    À trop vouloir imposer ses propres désirs, on finit par décourager l'ami.

     

    Être Là En Cas De Coup Dur -

    C'est la première chose que nous attendons de nos amis. 
    Chacun trouve, selon son caractère, la façon d'être présent et de montrer son affection.

     

    Prendre Les Gens Comme Ils Sont -

    Nous avons tous nos défauts ; c'est aussi ce qui fait notre charme. 
    Inutile de demander aux autres de changer... 
    Les choses sont tellement plus simples quand on peut rester soi-même sans crainte d'être critiqué. 

     

    Accepter Les Différences -

    C'est ce qui fait tout l'intérêt d'une relation. 
    On n'est pas d'accord sur tout, et alors ? 
    L'autre a peut-être une façon de voir les choses ou de penser la vie qui peut enrichir notre propre jugement.



     Ne Pas Juger -

    L'autre a fait une erreur ou s'est comporté d'une façon qui nous déplaît ? 
    Inutile de le critiquer.
    Il vaut mieux essayer de comprendre.
    Ce qui n'empêche pas la franchise : "voilà ce que je pense, mais tu fais ce que tu veux".

     

    Se Donner Du Temps -

    À force de multiplier les sorties et les activités, on risque de perdre de vue l'essentiel. 
    Parfois, il peut être plus agréable d'en faire un peu moins
    et d'organiser de vraies occasions de partage avec les gens que l'on aime.

     

    Créer Des Moments Conviviaux -

     Les repas entre amis, les sorties, les promenades,
     toutes les occasions sont bonnes pour vivre des situations chaleureuses et complices.

     

    Partager Ce Que L'on Aime -

    Un livre, un disque, un film, une balade à pied, la visite d'un musée... 
    l'amitié a besoin de ces "carburants" pour vivre et se développer. 
    C'est aussi en faisant ensemble que l'on apprend à s'apprécier mutuellement.



      Faire Signe -

    Un petit bonjour, une carte postale, un cadeau... sont autant de façons de dire : 
    "Je pense à toi". Avec de petites attentions, on entretient l'amitié.

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    Un Noël en prison

    On a assisté à une messe de Noël prononcée pour les détenus du centre pénitentiaire

    de Poitiers-Vivonne.

    Par Emmanuel Denise et Léo Aupetit

    Le centre pénitentiaire de Poitiers-Vivonne est d'une propreté presque éclatante. Ouvert en 2009, brûlé en 2016 par une mutinerierénové et rouvert en 2018, il affiche des conditions de vie presque heureuses pour ses 999 occupants : 716 détenus et 283 personnels pénitentiaires. En centre de détention – établissement qui accueille les longues peines – les prisonniers sont logés dans des cellules individuelles. C'est presque un luxe par rapport à certaines prisons où les prisonniers doivent partager, à quatre et avec des rats, le même espace.

    Quelques minutes avant la messe de Noël, qui se déroule dans un gymnase improvisé en église de fortune, les détenus arrivent au compte-gouttes. En passant, ils serrent les mains de tout le monde, notamment celle de Daniel Javillon, le chef adjoint de la détention. Ils hochent la tête et sourient en disant : « Salut chef ! ». Puis chacun s'assied où il le souhaite sur la centaine de chaises en plastique, en attendant l’archevêque de Poitiers qui doit célébrer le culte. Un peu avant le début de la cérémonie, une dizaine de détenues arrivent du quartier des femmes. L'un des prisonniers se lève et fanfaronne en interpellant ses codétenus : « Oh les gars, on se lève là, on fait de la place pour les filles ». L'une d'elles rejoint aux premiers rangs un prisonnier avec qui elle est en couple.

    Une table sert d'autel. Elle est située juste devant une petite crèche fabriquée avec du carton par les femmes du centre. Sur l'enfant Jésus, elles ont peint un grand sourire. Dans le fond de la pièce, quelques tables attendent avec du chocolat et des jus de fruit.

    Pour participer à la messe de Noël, les détenus ont dû s'inscrire sur une liste établie par l’aumônerie de la prison. L'administration pénitentiaire a ensuite fait le tri pour vérifier qu'il n'y ait pas d'incompatibilité et que tout le monde se tienne bien. Pour encadrer la centaine de prisonniers, trois ou quatre surveillants ont pris place dans le fond du gymnase. Tout le monde leur serre la main. Au début de l'office, l’aumônier principal – que tout le monde appelle simplement Bruno, et qui semble jouir d'une grande popularité auprès des détenus – rappelle qu'il pense à tous ceux qui se sont inscrits sur la liste et qui n'ont pas pu venir, notamment les détenus placés en quartier d'isolement.

    Comme à l'école, les mauvais élèves ont préféré les chaises du fond. Au dernier rang, un détenu nous interpelle :

    - Excusez-moi, ça dure combien de temps, là ?

    - Deux heures.

    - Ah ouais, c'est cool ! Ça veut dire qu'on est là toute la matinée. Sinon, je suis dans ma cellule ou à l'école. Ou en promenade. Mais bon, la promenade, quand t'as fait sept ou huit prisons, tu connais, c'est toujours la même chose, tu tournes en rond, et c'est tout. Là, c'est bien, ça nous sort, ça fait prendre l'air.

    Au cours de la cérémonie religieuse, contrairement aux autres prisonniers qui assistent à la messe, les quatre détenus du fond ne communieront pas, ne réciteront pas le Credo ou le Notre Père, mais ils feront de grandes accolades à tout le monde au moment du geste de paix, juste avant la communion. « Oui, j'ai vu. Je pense qu'il y a des gens qui ne sont pas chrétiens, il y a des gens d'autres religions, explique l’archevêque de Poitiers, Monseigneur Pascal Wintzer. Peut-être qu'ils viennent parce que c'est un temps de prière, c'est une manière pour eux de se recueillir »

    La messe est dirigée par l’archevêque. Pour Karine Lagier, c'est un grand honneur et pour Pascal Wintzer c'est la moindre des choses. Dans son sermon, il parle de liberté – celle des corps, que les prisonniers n'ont pas, et celle de l'esprit, qu'ils peuvent trouver – et de la société de consommation :

    « Il y a comme une liste de ce qu'il faut avoir à Noël. Il ne faut manquer de rien. Il faut avoir les meilleurs produits du monde à manger. Il faut se faire des cadeaux de plus en plus cher. Il y a quelques années, les anciens nous dise qu'à Noël, on offrait une orange, parce que c'était un fruit exotique. Il paraît que cette année, le cadeau le plus important, c'est l'enceinte connectée. Qui peut se l'offrir ? Pas beaucoup d'entre nous. On est en permanence obsédé par ce qui nous manque. On voit ce qui nous manque et on ne voit pas ce qu'on a. Or, on a des choses »

    Pourtant, à Poitiers-Vivonne, les détenus n'ont pas grand-chose pour Noël.

    « Il y a deux catégories de personnes, explique Karine Lagier. Il y a ceux qui ont de la famille : ceux-là ne sont pas complètement isolés, même si la période de Noël est toujours compliquée. Et puis, il y a les autres, ceux qui n'ont plus du tout de famille. Ils sont particulièrement vulnérables : pour dire les choses, il y a des risques de suicide »

    Pour ceux-là, qui sont sans aucune ressource, une association envoie des colis pour les fêtes. À l'intérieur, il y a un calendrier, une carte de vœux, trois enveloppes timbrées, un sachet de chocolat, un stylo et trois feuilles de papier blanc. À Poitiers-Vivonne, sur 716 détenus, environ 400 reçoivent ce colis. Pour tenter de les aider à passer les fêtes, l'administration pénitentiaire multiplie les ateliers et les activités, notamment des concerts ou du théâtre.

    « Pour vous situer un peu l'état de détresse, poursuit la cheffe d’établissement, l'année dernière, dans l'unité médicale, après un atelier cuisine, l'un des détenus a dit à l'équipe : "C'est le plus beau Noël que j'ai eu de ma vie". Ça en dit long sur la vie de cette personne avant son incarcération »

    « La messe de noël leur permet de faire comme dehors, comme dans la vie normale, de maintenir un lien avec la réalité »

    Pour les détenus qui ont encore une famille, la période n'est pas forcément moins difficile. À partir du mois de décembre, les proches peuvent faire parvenir un colis exceptionnel de cinq kilos, qui peut, entre autres, contenir des denrées alimentaires. Les détenus, s'ils ont un peu d'argent, peuvent sélectionner des jouets dans un catalogue pour les envoyer à leurs enfants.

    Élodie et Jonathan sont incarcérés depuis six et sept ans, et pour encore « au moins deux ou trois ans ». À l'extérieur, ils étaient tous les deux déjà croyants et pratiquants. La messe de noël leur permet de « faire comme dehors »« comme dans la vie normale », de maintenir un « lien avec la réalité ».

    Pour eux, comme pour tous les détenus interrogés, la période de noël est un moment difficile à passer : « Le plus dur, c'est de ne pas voir ses enfants : ce n'est pas seulement notre souffrance à nous, eux aussi, ils souffrent de ce manque »

    Tous les détenus interrogés parlent de leurs enfants, de la difficulté qu'ils ont à passer noël loin d'eux. Bernard a un fils de huit ans. Il est incarcéré depuis trois ans et demi et pourra sortir, en conditionnelle, d'ici un an et demi environ :

    « C'est mon quatrième noël en détention. C'est très dur. Quand je suis entré, mon fils avait cinq ans, je ne le vois pas grandir. Je le vois 45 minutes par mois, ce n'est pas beaucoup. On ne fait pas d'enfants pour les voir 45 minutes par mois »

    Franck, lui, encore incarcéré pour plusieurs années, a envoyé de l'argent à son ex-femme, pour qu'elle puisse acheter un cadeau à leur fille de huit ans.

    « Nous avons une pensée pour Guillaume qui va nous quitter : son jugement a eu lieu, il a été acquitté »

    Pendant la messe, les détenus font circuler des intentions de prières. La plupart sont dirigées vers les familles, vers les gens malades, vers ceux qui sont seuls, mais aussi « pour que l'Esprit Sain descendent sur les juges et éclaircisse leur jugement »

    Une prière qui ne surprend pas l'archevêque :

    « Comme je suis croyant, je pense que Dieu peut éclairer chacun dans ses choix. Je pense qu'il y a des juges qui sont croyants et qui demandent à Dieu de les aider. Ce n'est pas magique, ce n'est pas Dieu qui va juger à leur place, mais quelqu'un qui est croyant veut que la foi éclaire son existence, son jugement »

    En tout cas, prière entendue ou pas, l’aumônier termine la messe par une bonne nouvelle : « Nous avons une pensée pour Guillaume qui va nous quitter : son jugement a eu lieu, il a été acquitté ». Il ne précise pas si les juges ont eu une épiphanie. Les détenus applaudissent quand même.

    Après la messe, plusieurs détenus viennent discuter. Si tous, ou presque, étaient croyants avant leur incarcération, ils sont souvent devenus beaucoup plus pratiquants au cours de leur incarcération. Bernard explique :

    « Ici, on ne peut pas dialoguer. Moi, mon seul dialogue, c'est Dieu, c'est ma prière le soir, le matin, les rendez-vous avec les prêtres qui viennent parfois me voir. Personnellement, ça m'aide énormément ».

    Jonathan, qui pratiquait « occasionnellement » avant d'être incarcéré, s'est également rapproché de la religion :« On a le temps de lire les livres et de les apprécier à leur juste valeur. On a le temps de penser beaucoup »

    Tous parlent également de l’aumônerie, très présente à Poitiers-Vivonne, qui semble jouer un rôle social très important. « Ici, on a de la chance, ce n'est pas comme ça dans toutes les prisons », explique Bernard.

    « Il y a certaines prisons où ils n'ont rien, ils ne peuvent pas pratiquer leur religion. Ici, c'est bien, on arrive même à organiser des rencontres avec les Protestants et les Musulmans. Entre toutes les religions, il y a un dialogue. C'est bien. C'est vraiment convivial. Ces moments-là nous font oublier les murs »

     

    Noël en prison

    Mojtaba fait partie des 193 chrétiens iraniens arrêtés ou emprisonnés en 2016 en raison de leur croyance. Il témoigne :

    J’ai grandi dans une maison pleine de violence. Mon frère drogué influençait toute l’ambiance. Lorsqu’il est devenu chrétien, toute l’atmosphère a changé. Je suis également devenu chrétien grâce à lui. C’est comme si la lumière brillait dans notre maison. Jésus a rempli la maison de joie et de paix. J’étais quelqu’un de différent. Jésus vivait dans mon cœur. « C’était Noël ! »

    J’ai passé 3 ans en prison, j’ai donc célébré Noël à trois reprises en prison. Noël a toujours été une fête que je célèbre d’une façon intérieure. Donc je pouvais célébrer la fête comme d’habitude. J’avais ce sentiment de libération et de joie en moi.

    Quel contraste avec la situation en prison. J’étais dans une cellule remplie de monde avec de terribles criminels. Il y avait les interrogatoires, l’incertitude quant à ce qui allait arriver. J’étais joyeux intérieurement, mais la situation dans laquelle je me trouvais était profondément triste.

    Pendant mon emprisonnement, j’ai compris Marie, la mère de Jésus. Elle a dû ressentir l’amour de Jésus comme aucune autre personne, mais aussi la douleur qui résulte du choix de le suivre.

    J’ai compris en prison ce que la foi peut coûter, le contraste entre la joie et la tristesse. La Bible en parle. La persécution nous rapproche de notre Seigneur Jésus. Il est venu sur terre et il habite dans notre cœur.

    Noël n’est pas seulement la naissance de Jésus. Pour moi, cela représente la venue de Jésus dans mon cœur et dans ma maison.

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    Dieu parle en prison

    Qui d’entre nous peut garantir qu’il n’ira jamais en prison ? Il y a en fait de multiples occasions d’aller faire un séjour derrière les barreaux.

    Il est vrai que l’explication est le plus souvent assez évidente : on est né du mauvais côté de la société, et on s’est laissé aller à de mauvaises fréquentations et à de mauvais choix. Le cycle de la dégringolade a commencé…

    Mais l’explication peut être aussi une fausse accusation répandue contre vous, un délit involontaire, un accident de la circulation dont vous êtes responsable… ou un « pétage de plombs », un accident psychologique, par exemple. Une vie jusqu’ici honnête ne garantit à personne qu’il ne connaîtra jamais cette infâmante case prison.

    Les clichés sur la prison et les prisonniers sont nombreux. Les différentes contributions de ce livre conduiront certainement le lecteur à adopter une vision plus juste de cet univers très divers mais toujours très difficile à endurer.

    Nous avons voulu aussi, et avant tout, montrer que Dieu était particulièrement présent dans cet endroit où on ne l’imagine généralement pas. Il y transforme radicalement des cœurs, donne une vie nouvelle, rend espoir à celui qui est désespéré.

    Vous trouverez dans les pages qui suivent des paroles de prisonniers, certaines sous forme d’interview, d’autres de témoignages et de réflexions, ou encore d’extraits de courrier. Ce qu’ils ont à nous dire est souvent poignant, sans concession.  Tant pis, ou plutôt tant mieux, si nous pouvons nous sentir dérangés à certains moments.

    Nous avons souhaité aussi un regard extérieur en donnant la parole à deux aumôniers de prison. Avec des centaines d’autres, souvent anonymes, ils consacrent une partie importante de leur semaine à rendre visite aux prisonniers. C’est la société tout entière qui devrait leur être reconnaissante pour leur travail, souvent ingrat. Celui-ci porte des fruits dont nous bénéficions tous, en quelques sorte.

    Oui, Dieu parle en prison. Et peut-être même plus que partout ailleurs dans notre société. Il est bon de le savoir et utile de le faire savoir.

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    Noël en prison

    Jeannie Persoz

    Noël est le moment qui suscite le plus d’émotion en prison, à la fois pour les prisonniers et pour ceux qui les visitent à cette occasion. Jeannie Persoz raconte l’expérience qui l’a conduite à devenir visiteuse de prison.

    Noël en prison : « Le 25 décembre, c’est le jour le pire en prison, surtout chez les femmes », m’a dit un surveillant. Un aumônier, lui, m’a dit : « Noël en prison, c’est très dur. Noël, c’est la fête de la famille. Les détenus sont loin de leurs proches, de leurs enfants. Pâques, c’est plus facile ; c’est le printemps, la renaissance, la conversion, l’espérance »

    Nous sommes quelques membres des paroisses réformées voisines de Fresnes à participer aux célébrations de Noël organisées par les aumôniers protestants, à la Maison d’Arrêt des Femmes (MAF) et à la Maison d’Arrêt des Hommes (MAH).

    Nous sommes accompagnés par une chorale évangélique de Montreuil, qui chante des gospels et qui est très appréciée des détenus.

    C’est une occasion pour nous de pénétrer dans la détention, de subir les contrôles, de franchir les grilles, d’entendre le cliquetis des clés, de voir les surveillants ouvrir les portes des cellules.

    Nous sommes convoqués plus d’une heure avant la célébration, tellement l’entrée d’une trentaine de personnes, en outre avec des instruments de musique, prend de temps !

    30 à 40 détenues chez les femmes (elles sont 90 à la MAF), 80 à 100 détenus chez les hommes (ils sont 2 400 à la MAH), participent à ces célébrations.

    Généralement ces détenus fréquentent les réunions organisées par les aumôniers. Ils ne sont pas tous des chrétiens pratiquants, mais la participation à ces réunions est une occasion de sortir de leurs cellules. De plus, l’incarcération engendre un besoin de retour sur soi, de réflexion, de partage de ses problèmes, ainsi que des aspirations spirituelles et/ou religieuses. Ils ont été prévenus de la date de la célébration, ont demandé à y assister pour ne pas manquer cette occasion de sortir et de vivre un moment de fête.

    Les célébrations comportent des lectures, des chants de la chorale et de l’assemblée, des prières. De grands cubes circulent parmi les détenus, sur lesquels ils inscrivent leurs prières dans leurs langues (il y a 30 % d’étrangers à Fresnes). Celles-ci seront reprises dans nos paroisses le jour de Noël, portées par nos communautés, franchissant ainsi les murs de la prison et symbolisant la solidarité entre l’intérieur et l’extérieur.

    Voici deux exemples des moments les plus forts : la récitation du Notre Père, successivement dans plusieurs langues ; un chant africain entonné par un aumônier d’origine africaine, occasion pour certains détenus de s’exprimer dans leur propre culture et de communier avec l’aumônier.

    Des larmes viennent aux yeux, surtout chez les femmes, parfois aussi chez les hommes. Certains surveillants suivent le déroulement et semblent émus eux aussi.

    Nous apportons aux détenus quelques menus cadeaux : un calendrier offert par l’Armée du Salut, très présente en prison, des friandises, une jacinthe. Chez les femmes, nous pouvons leur offrir des gâteaux faits maison : elles ne peuvent plus en déguster et apprécient particulièrement les gâteaux au chocolat ! Il y en a toujours trop, mais il est important d’en distribuer aux surveillantes et d’en garder pour les détenues qui n’ont pas pu venir.

    Nous pouvons converser un peu avec les détenus, surtout avec les femmes, parce qu’elles sont moins nombreuses et que la surveillance est plus souple.

    Quelques détenues nous ont demandé si nous reviendrions les voir, elles ont manifesté leur soif de rencontres, de visites, surtout les étrangères éloignées de leurs familles. Et c’est ainsi qu’à la suite des célébrations de Noël, je suis devenue visiteuse à Fresnes, il y a plus de cinq ans.

    Je terminerai par ce témoignage de Christian Chesnot qui fut otage en Irak durant plus de quatre mois. Dans une récente émission de télévision du dimanche matin, il a expliqué que la prière, le dialogue avec Dieu, était un moyen pour le détenu de retrouver sa dignité.

    « La prière a été notre étoile dans les ténèbres. Elle nous a sauvé la vie »

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  • Une Vie Bien Lourde À Porter - Mais Une Rage De Vivre Énorme

    Une Vie Bien Lourde À Porter - Mais Une Rage De Vivre Énorme

    La Beauté Intérieure 

    La beauté intérieure est d'autant plus belle qu'il serait impossible...

    De vivre avec une personne toute sa vie uniquement...

    Avec la beauté extérieure...

    La beauté extérieure attire, la beauté intérieure captive !  Il est vrai que la beauté extérieure attire le regard, mais à la fin c'est la beauté intérieure qui émeut le coeur.

    Chaque personne a une beauté intérieure naturelle qui, quand elle fait surface, la rend particulière belle et attractive.

    C'est à travers notre lien aux autres que nous touchons à ce qu'il y a de plus beau en nous.

    S'il y a un critère de beauté intérieure que je placerais en tête de liste, c'est la capacité d'une personne à partager, à s'assumer et à vivre les choses avec fougue.

    C'est beau de voir une personne vibrer de passion pour quelqu'un ou quelque chose : un sport, un loisir, l'art, la poésie, l'humanitaire...

    Les valeurs font parties de cette beauté tant recherchée : l'honnêteté, la générosité, les valeurs familiales, l'ouverture d'esprit, l'amour de la paix...

    Il ne faut jamais cesser de se questionner sur nos valeurs. Pour cela nous devons, lire discuter avec les gens et surtout apprendre d'eux.

    Chaque échange doit permettre d'affirmer notre personnalité, nous questionner et nous permettre de nous remettre en question.

    Et quand nos traits de caractère déplaisent, on se doit d'apprendre à accepter et tenter de se bonifier.

    On doit apprendre de nos forces, mais aussi de nos faiblesses.

    La beauté n'est pas dans les vêtements qu'on porte ou sur notre visage ou notre façon de coiffer nos cheveux.

    La beauté se voit dans nos yeux car c'est la bouche de notre coeur. Pour celui qui sait voir, la beauté du coeur est plus précieuse que la beauté du corps.

    La beauté intérieure charme l'âme : c'est la tendresse d'une main, la chaleur d'un sourire, la passion et l'amour dans les yeux.

     L'enveloppe charnelle est éphémère : la beauté intérieure quand à elle est éternelle.

    La cultiver c'est faire preuve de bon sens !

    Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie.

    La beauté de l'âme se répand alors comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps

    Victor Hugo

     

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  • D'abord & Avant Tout - Remercier -

    **********

    La première étape pour se débarrasser d'une mentalité fondée ...Sur la pénurie...

    Qui nous enseigne depuis des lustres...Remercier...

    Pour tout ce que vous êtes et pour tout ce que vous possédez...

    C'est exact - j'ai bien dit remercier, mais pas en marmonnant...

    Des phrases dépourvues de tout sens...

    Appréciez sincèrement le miracle que vous êtes...

    Le fait que vous êtes vivant...

    Que vous avez des yeux, des oreilles, des pieds...

    Et que vous vous trouvez là, à ce moment précis...

    Dans ce merveilleux rêve...

    Faites l'effort de vous concentrer sur ce que vous avez...

    Plutôt que sur ce qui vous manque..

    .Wayne Dyer

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  • C’est si grave que cela d’être une mauvaise langue ?

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    Le mot hébreu traduit dans l’Ancien Testament par mauvaise langue/médisance/racontarsdésigne une personne qui révèle des secrets, une personne médisante, un calomniateur.

     

    Une mauvaise langue c’est quelqu’un qui possède des informations privilégiées sur des personnes et qui les révèle à des gens que cela ne regarde pas. La médisance se distingue du partage de l’information de deux manières :

     

    L’intention. Les personnes médisantes cherchent souvent à se mettre en valeur en donnant une mauvaise image des autres et en se présentant comme une sorte de réservoir d’informations.

     

    Le genre d’information partagée. Les gens médisants parlent des fautes et des échecs des autres, ou bien ils révèlent des détails potentiellement embarrassants ou honteux concernant d’autres personnes, à l’insu de ces personnes ou sans leur consentement. Même s’ils n’ont pas de mauvaises intentions, ce sont quand même des commérages.

     

    N’importe qui peut colporter des racontars simplement en répétant une chose confidentielle. Le livre des Proverbes contient une longue liste de versets qui parlent du danger des commérages et des blessures qu’ils occasionnent.

     

    Celui qui traite son prochain avec mépris est un insensé, mais l’homme intelligent accepte de se taire. Le médisant divulgue les secrets ; un homme de confiance tient la chose cachée. (Proverbes 11.12–13 BDS)

     

    La Bible nous dit que le fourbe sème la discorde, et le rapporteur jette la brouille entre des amis.(Proverbes 16.28 BDS)

     

    Beaucoup d’amitiés ont été brisées à cause d’un malentendu qui a commencé par des commérages. Ceux qui se comportent de cette façon ne font que semer le trouble et diviser des amis en occasionnant de la colère, de l’amertume et de la peine. ...

     

    Et quand on place ces gens-là en face de leur responsabilité, ils nient les allégations et répondent en invoquant de fausses excuses et de mauvaises raisons. Plutôt que d’admettre qu’ils ont eu tort, ils accusent quelqu’un d’autre ou tentent de minimiser la gravité de leur péché.

     

    La bouche de l’insensé cause sa ruine, et ses lèvres sont un piège pour sa vie. Les médisances sont comme des friandises : elles pénètrent jusqu’au tréfonds de l’être. Celui qui surveille sa bouche et sa langue s’épargne bien des tourments. (Proverbes 18.7–8, 21.23 BDS)

     

    Nous devons donc surveiller notre langue et nous abstenir du péché de médisance. Si nous assujettissons nos penchants naturels au Seigneur, Il nous aidera à rester justes. 

    Médire de quelqu’un est une habitude sournoise. La médisance peut nous faire nous sentir bien parce que c’est une façon de rabaisser les autres. Cela peut aussi nous faire nous sentir bien parce que nous donnons l’impression que nous sommes au courant de choses que les autres ignorent.

     

    Ça n’a pas l’air très grave, et c’est très facile de tomber dans le piège. Je pense que la plupart d’entre nous ont dit du mal d’autres personnes à un moment ou à un autre, même si nous n’en avions pas l’intention.

     

    Alors pourquoi en faire toute une histoire ? Pourquoi est-ce si mal de médire ?

     

    Pour commencer, la médisance peut mettre à mal une amitié. Proverbes 16.28 dit que le fourbe sème la discorde, et le rapporteur jette la brouille entre des amis.

     

    Quand on parle négativement des autres, on a tendance à les rabaisser, ce qui nous fait perdre tout respect pour eux. Et quand vous savez qu’une rumeur circule sur vous, cela peut nuire gravement à vos relations avec les autres.

     

    Les commérages détruisent aussi la confiance.

     

    Vous est-il arrivé de dire quelque chose de confidentiel à un ami, et de découvrir par la suite que tout le monde l’avait appris ? Je suppose que c’est la dernière fois que vous vous êtes confié à cet ami.

    N’oubliez pas que la personne qui dit du mal de quelqu’un d’autre devant vous dira probablement du mal de vous devant les autres.

     

    Un jour, je bavardais avec un ami et toute la conversation a tourné autour des autres et de leurs problèmes. Je l’ai écouté parler d’une personne puis d’une autre, et révéler des choses personnelles sur tous ces gens. Tout à coup, je me suis demandé ce que cet ami disait de moiquand je n’étais pas là. Inutile de dire qu’à partir de ce jour, j’ai fait très attention à ce que je lui confiais.

     

    Proverbes 11.13 nous dit que le médisant divulgue les secrets ; un homme de confiance tient la chose cachée.

     

    Si vous avez la réputation d’être une mauvaise langue, les gens ne vous feront pas confiance parce qu’ils savent que tôt ou tard, vous révélerez des choses personnelles sur eux.

     

    Les racontars sont souvent des mensonges

     

    au mieux, c’est une représentation erronée de la vérité. La plupart des gens ne propageraient pas intentionnellement des mensonges sur les autres, mais lorsqu’une histoire croustillante vient d’une source fiable, nous pensons que cela ne coûte rien de la répéter.  

     

    Proverbes 15.4 nous dit que la langue malfaisante démoralise.  

     

    Diffuser des racontars sur les autres est blessant à plus d’un titre. Cela nuit à notre intégrité lorsque nous propageons des histoires dont la véracité est contestable. Cela nuit à ceux qui entendent la rumeur, car ils tirent des conclusions erronées fondées sur une histoire douteuse. Et surtout, cela nuit à la personne qui fait l’objet des racontars, puisqu’elle n’a aucun moyen de se défendre vu que la rumeur se répand comme une traînée de poudre.

     

    Cependant, les commérages ne font pas que répandre des racontars sur les autres, ils peut s’agir aussi de faits avérés les concernant, des détails qui ne nous regardent pas—des choses comme la raison pour laquelle untel a rompu avec untel ou bien le fait qu’une certaine amie a beaucoup grossi pendant les congés de printemps, ou autre chose.

     

    Voyez-vous, que ces histoires soient vraies ou pas, tous les racontars peuvent être blessants ou embarrassants pour la personne dont on parle.

     

    La bonne nouvelle, c’est qu’on peut mettre un terme aux racontars ! Vous pouvez y mettre un terme ! Proverbes 26.20 nous dit : Quand il n’y a plus de bois, le feu s’éteint ; quand il n’y a plus de calomniateur, la querelle s’apaise.  

     

    Dans les zones fortement boisées, on aménage parfois des clairières pour contenir la propagation des feux de forêt. Cela sert à empêcher l’incendie de devenir incontrôlable et de détruire une surface encore plus grande. Une fois que le feu atteint cette zone, il ne peut plus se propager et il finit par s’éteindre.

     

    Vous pouvez être le point où les racontars cessent. Un incendie s’éteindra s’il n’y a plus de combustible, et une rumeur cessera si les gens arrêtent de le transmettre. Quand quelqu’un vient vous révéler des racontars, vous pouvez choisir de ne pas les transmettre. —Marie Story

     

    Nous avons tendance à considérer les commérages comme un petit péché. Mais quand Dieu parle des commérages, il les met sur le même plan que l’immoralité sexuelle et le meurtre. Pourquoi ?

     

    Parce que c’est extrêmement nocif pour les relations. Les commérages peuvent détruire les amitiés, les familles.

     

    Médire, c’est parler d’une situation avec quelqu’un qui ne fait partie ni de la solution, ni du problème. Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, ce que nous faisons, c’est que nous nous donnons un peu plus d’importance aux dépens des autres. Nous parlons de leurs blessures et de leurs problèmes pour nous sentir moralement supérieurs à eux. C’est ça le danger et la nocivité des racontars. —Rick Warren

     

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    Les proverbes et adages sur la langue

     

    Une langue court beaucoup plus vite que deux pieds. 
    Proverbe chinois ; Les plus beaux proverbes de la Chine (1803)

    La langue est la ruine de l'homme. 
    Proverbe d'Ani ; Sagesse égyptienne - IIIe millénaire av. J.-C.

    Méfie-toi de ta langue, c'est un parent toujours prêt à te tromper. 
    Proverbe persan ; La Perse en proverbes (1905)

    La langue du sage est la clef du trésor du bonheur. 
    Proverbe persan ; Les proverbes et dictons persans (1822)

    La langue calomnieuse tue trois personnes : le calomniateur, celui qui écoute la calomnie et le calomnié. 
    Proverbe juif ; Les proverbes de la sagesse juive (2015)

    La main peut tuer. La langue aussi. 
    Proverbe juif ; Les proverbes de la sagesse juive (2015)

    À ne pas garder sa langue, on trouve le malheur. 
    Proverbe malgache ; Les proverbes malgaches en dialecte masikoro (1996)

    Plus le cœur est petit, plus la langue est longue. 
    Proverbe italien ; Les sentences et proverbes italiens (1683)

    La langue est le miroir et le portrait de l'âme. 
    Proverbe italien ; Les sentences et proverbes italiens (1683)

    Qui sait tenir sa langue vit en repos. 
    Proverbe français ; La petite encyclopédie des proverbes français (1860)

    Une langue bavarde n'est arrêtée par rien. 
    Proverbe éthiopien ; Les proverbes et adages abyssins (1972)

    On connait l'homme par sa langue. 
    Proverbe turc ; Mille et un proverbes turcs (1878)

    Une langue perverse tombe dans le malheur. 
    Proverbe de Salomon ; Le livre des proverbes - IVe s. av. J.-C.

    L'eau arrive à laver beaucoup de choses, mais pas une mauvaise langue. 
    Proverbe croate ; Les proverbes et expressions croates (1993)

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  • Féroce, La Fillette De La Plage - Une Leçon De vie 

    Féroce, La Fillette De La Plage - Une Leçon De vie

    Habillée en deuil, la femme hurle sur la fillette de 6 ans. 4 semaines plus tard, elle le regrette après avoir reçu cette lettre...

    Cette histoire montre à quel point le fait d’être constamment occupé par nos soucis nous empêche de remarquer que les gens autour de nous peuvent souffrir. Mais une petite fille a ouvert les yeux de cette femme.  

    “Elle avait 6 ans la première fois que je l’ai rencontrée. C’était sur une plage, qui se trouve à 5 ou 6 kilomètres de ma maison.

    Je vais toujours à la plage quand je n’en peux plus et que j’ai l’impression que le monde autour de moi va s’effondrer.

    La fillette construisait un château de sable ou un truc dans le genre. Quand elle m’a regardé, j’ai vu ses yeux qui étaient bleus comme la mer. 

    Féroce, La Fillette De La Plage - Une Leçon De vie

    “Bonjour” a-t-elle dit. J’ai répondu d’un mouvement de tête, pas vraiment d’humeur à m’embêter pour un enfant.

    “Je construis”, a-t-elle continué. “Oui je vois.

    Qu’est-ce que c’est ? “ ai-je demandé, indifférente.

    “Oh je ne sais pas. J’aime seulement la sensation du sable,” a-t-elle répondu.

    Ça a l’air bien, ai-je pensé, et j’ai enlevé mes chaussures.

    Un oiseau est passé en planant au-dessus de nous. 

    “Ça porte bonheur”, a dit la fillette. “Ma maman dit que les bécassines portent bonheur.”

    Puis l’oiseau a continué à sillonner la plage.

    Féroce, La Fillette De La Plage - Une Leçon De vie

    “Adieu le bonheur, bonjour les ennuis”, ai-je murmuré dans ma barbe. Puis je me suis tournée et j’ai marché.

    J’étais déprimée. Ma vie avait l’air d’être anéantie.

    “Comment tu t’appelles ? “ a demandé la fille, qui ne voulait vraiment pas abandonner.

    “Ruth. Je m’appelle Ruth Petersen”.

    “Je m’appelle Wendy…j’ai six ans.” 

    “Bonjour Wendy”, ai-je grommelé. 

    Elle a gloussé : “Tu es drôle.”

     

    Malgré mon humeur, j’ai rigolé aussi. Et son petit rire musical a suivi.

    “Revenez, madame P”, a-t-elle dit. “Comme ça, nous pourrons passer une autre journée de bonheur.”

     

    Les semaines suivantes ont été très stressantes et chargées : les scouts, les réunions de parents d’élèves, et ma mère malade.

    Un matin que le soleil brillait, j’ai soudain arrêté l’aspirateur. “J’ai besoin d’une bécassine”, me suis-je dit, puis j’ai pris ma veste et suis partie pour la plage.

    Le son des vagues et l’odeur du large m’attendaient. Il y avait une brise fraîche, mais j’ai continué, pour essayer de retrouver le moment de sérénité et de bonheur dont j’avais besoin.

    J’avais complètement oublié la fillette et fut complètement surprise lorsqu’elle est revenue. 

    “Bonjour ! Tu veux jouer ? “

    “À quoi tu veux jouer ? “ ai-je demandé, un peu embêtée.

     

    “Je ne sais pas. C’est toi qui choisis ! “

    " Et si on jouait aux charades ? “ ai-je proposé sarcastiquement. Elle a explosé de rire. “Je ne sais pas ce que c’est ! "

    “Alors pourquoi on ne marcherait pas, tout simplement” ai-je suggéré. J’ai remarqué à quel point elle était mignonne. “Où habites-tu ? “

    “Par là” a-t-elle dit, en pointant son doigt sur les maisons de vacances. 

    Bizarre d’habiter là en hiver, me suis-je dit. “Où se trouve ton école ? “

    “Je ne vais pas à l’école. Maman dit qu’on est en vacances.” Elle a continué à bavarder tout au long de notre promenade sur la plage.

    Mais je pensais à autre chose. Quand je l’ai laissée pour rentrer à la maison, Wendy a dit qu’elle avait passé une journée de bonheur.

    Étonnamment, je me sentais mieux, et je lui ai souri, pour montrer que, moi aussi, j’avais passé une belle journée.

    Trois semaines plus tard, je me suis précipitée à la plage alors que j’avais une crise de panique.

    Je n’étais pas du tout d’humeur à papoter avec Wendy.

    J’ai vu sa mère sur le porche de la maison et j’avais envie d’aller...

    La voir pour lui dire de garder son enfant chez elle.

    Mais quand Wendy est arrivée pour me saluer, je lui ai dit...

    “Écoute, si ça ne te dérange pas, j’aimerais mieux rester seule aujourd’hui.”

    Elle était anormalement blanche et essoufflée. “Pourquoi ? “ a-t-elle demandé.

    Je me suis tournée vers elle et j’ai crié : “Parce que ma mère est morte ! “ et j’ai tout de suite pensé...

    Oh mon dieu, qu’est-ce que je suis en train de dire à une fillette ?

    “Oh”, a-t-elle dit. “Alors c’est un jour de malheur.”

    “Oui, j’ai répondu, et c’était pareil hier et avant-hier ! Oh et puis zut, vas t’en ! “

    “Ça t’a fait mal ? “ s’est-elle enquis ?

    “Qu’est-ce qui m’a fait mal ? “ Elle m’exaspérait.

    “Quand elle est morte ? “

    “Bien sûr que ça fait mal !!! “ ai-je répliqué...

    D’un ton sec, puis je suis partie. 

    Environ un mois plus tard, je suis revenue à la plage. Mais Wendy n’était pas là.

    Je me suis sentie coupable, honteuse et je devais admettre qu’elle me manquait.

    Alors j’ai rassemblé mon courage et après ma promenade...

    Je suis allée chez elle et j’ai frappé à la porte.

    “Bonjour” ai-je dit. “Je suis Ruth Peterson. Votre fillette...

    M’a manquée aujourd'hui et je me demandais si elle était là.”

    “Oh bien sûr, Madame Peterson. Entrez. Wendy parlait souvent de vous.

    Je suis désolée de l’avoir laissée vous déranger. Si elle vous a ennuyée, je vous présente mes excuses.”

    “Non pas du tout, c’est une enfant charmante” ai-je dit, réalisant  soudain que je le pensais vraiment. “Où est-elle ? “

    “Wendy est morte la semaine dernière Madame Peterson. Elle avait une leucémie. 

    Peut-être ne vous l’avait-elle pas dit.”

    Je suis restée sans voix et j’ai cherché une chaise à tâtons. J’en avais le souffle coupé. 

    “Elle adorait cette plage, alors quand elle a demandé si on pouvait venir ici nous n’avons pas pu dire non.

    Elle avait l’air d’aller tellement mieux ici et avait beaucoup de ce qu’elle appelait des “jours de bonheur”.

    Mais les dernières semaines, sa santé s’est rapidement détériorée…” sa voix a faibli. 

    “Elle vous a laissé quelque chose. Je vais le chercher. Voulez-vous bien attendre un moment ? ”

    J’ai dit oui de la tête alors que mon esprit cherchait rapidement quelque chose à dire, n’importe quoi,  à cette jeune mère.

    Elle m’a donné une enveloppe sur laquelle un P était gribouillé. À l’intérieur, il y avait un dessin aux couleurs vives : une plage jaune, une mer bleue, et un oiseau marron. En-dessous, il y avait écrit...

    “Une bécassine pour te porter bonheur”

    Des larmes ont coulé sur mes joues. Et mon coeur, qui avait presque oublié ce qu’était l’amour, a explosé.

    J’ai pris la mère de Wendy dans mes bras. “Je suis tellement, tellement désolée” ai-je répété sans m’arrêter, et nous avons pleuré ensemble.

    Ce petit dessin est maintenant encadré et est accroché dans mon bureau. Six mots - un pour chaque année de sa vie - qui me rappelle l’harmonie, le courage et l’amour inconditionnel.

    Un cadeau d’une fillette qui avait les yeux bleus comme la mer, les cheveux blonds comme le sable, et qui m’a fait don de l’amour. 

    Cette histoire fait vraiment réfléchir. Les derniers mots sont tellement importants, surtout parce qu’on ne sait jamais quand on pourra les prononcer.

     

    Féroce, La Fillette De La Plage - Une Leçon De vie

    Le message de la petite Wendy a aidé cette femme à avoir une vie heureuse et joyeuse

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  • Comment t'as pu

    ***********

    Quand j'étais un chiot, je t'amusais avec mes cabrioles et je te faisais rire. 
    Tu m'appelais ton enfant, et ceci malgré plusieurs chaussures grignotées, sans oublier quelques coussins déchiquetés. 
    Je suis vite devenue ta meilleure amie.

    Chaque fois que je faisais une bêtise, tu agitais ton doigt en me demandant ’’Comment t'as pu ?’’ - mais tu me
    pardonnais vite et tu me faisais de gros câlins.
    J'ai mis un peu plus de temps que prévu avant de devenir propre parce que tu étais très occupé, mais nous y sommes arrivés à la fin. 
    Je me souviens de ces nuits tout près de toi, dans ton lit où j'écoutais tes confidences et tes rêves les plus secrets, et je croyais que la vie ne pourrait pas être meilleure. 
    Nous avons fait de longues balades et des jeux dans le bois, des balades en voiture, des pauses pour manger une glace (je n'avais droit qu'au biscuit parce que la glace est mauvaise pour les chiens, à ce que tu disais) et je faisais de longs sommes au soleil en attendant que tu rentres le soir.

    Peu à peu tu as commencé à passer plus de temps au bureau, et plus de temps à chercher une compagne. 
    J'étais patiente, je t'attendais sagement à la maison, je t'ai réconforté après les déceptions, quand tu avais le coeur brisé, je ne t'ai jamais grondé quand tu prenais la mauvaise décision, et je te faisais une de ces fêtes quand tu rentrais ! 

    Et puis tu es tombé amoureux.
    Elle, maintenant ta femme, n'aime pas les chiens, mais je l'ai accueillie dans notre maison, essayé de lui montrer de l'affection, et lui ai obéi. 
    J'étais heureuse parce que tu étais heureux.

    Et puis les bébés sont arrivés et j'ai partagé ta joie. 
    Ils me fascinaient, tout roses, avec leur odeur particulière, et je voulais aussi être leur maman. 
    Seulement, elle et toi aviez peur que je leur fasse du mal, et la plupart du temps, j'étais punie et renvoyée dans une autre pièce, ou dans ma niche. 
    Ah ! Comme j'aurais voulu les aimer, mais je suis devenue une prisonnière de l'amour.
    Quand ils ont commencé à grandir, je suis devenue leur amie. 
    Ils s'accrochaient à ma fourrure et se servaient de moi pour se mettre debout sur leurs petites jambes instables, ils mettaient leurs doigts dans mes yeux, ils fouillaient mes oreilles, et m'embrassaient sur le museau. 
    J'adorais tout d'eux, quand ils me touchaient, parce qu'à ce moment là, c'était rare que toi tu me caresses encore, et je les aurais défendus avec ma vie en cas de nécessité.
    Je rentrais en cachette dans leur lit et je partageais leurs soucis et leurs rêves secrets; ensemble nous attendions l'arrivée de ta voiture. 

    Autrefois, quand les gens te demandaient si tu avais un chien, tu sortais de ton portefeuille une photo de moi et tu racontais mes exploits. 
    Ces dernières années tu répondais seulement ’’oui’’ et tu détournais la conversation. 
    Je n'étais plus ton chien, j'étais devenu ’’un’’ chien, et tu commençais à regretter l'argent dépensé pour moi.

    Maintenant, tu as l'occasion de faire avancer ta carrière dans une autre ville, et toi et eux vous allez habiter un
    appartement où les chiens ne sont pas admis.
    Tu as pris la bonne décision pour ta famille, mais il y avait une époque où c'était moi ta seule famille.

    J'étais heureuse quand tu m'as mise dans la voiture, jusqu'au moment où nous sommes arrivés au refuge. 
    Ca sentait les chiens et les chats, la peur, le désespoir. 
    Tu as rempli les papiers et tu as dit que tu étais sûr qu'ils allaient me trouver une bonne maison. 
    Elles ont haussé les épaules et t'ont regardé tristement. 
    Elles connaissent la triste vérité : les difficultés de placer un chien qui n'est plus tout jeune, même un chien avec des papiers en règle. 

    Tu as été obligé d'arracher les doigts de ton fils qui restaient accrochés à mon collier, pendant qu'il hurlait ’’Non, papa, s'il te plaît, ne les laisse pas prendre mon chien !" 
    Et je me suis inquiété pour lui, de la leçon que tu venais de lui donner sur l'amitié et la loyauté, l'amour et les responsabilités, le respect de la vie, de toutes les vies. 
    Tu m'as tapoté gentiment la tête, en guise d'adieu, en évitant bien de me regarder dans les yeux et tu as refusé de prendre mon collier et ma laisse. 
    Tu étais en retard - un rendez-vous - maintenant moi aussi, j'en ai un.
    Quand tu es parti, deux gentilles dames ont dit que tu savais sûrement, il y a quelques mois déjà, que tu allais
    déménager, mais que tu n'as pas cherché à me trouver une autre famille. 
    Elles ont secoué la tête et se sont demandées ’’Comment t'as pu ?’’

    Elles nous traitent aussi bien que possible, ici au refuge, compte tenu de tout le travail qu'elles ont. 
    Elles nous nourrissent, bien sûr, mais depuis quelques jours, je n'ai plus faim. 
    Au début, dès que quelqu'un passait devant ma cage je levais la tête, dans l'espoir de te voir - pensant que tu avais changé d'avis - que c'était un mauvais rêve - ou j'espérais que ce serait quelqu'un qui m'aimerait, qui prendrait soin de moi, me sauverait. 
    Quand je me suis rendu compte que je ne pourrais pas rivaliser avec les autres chiots qui folâtraient pour attirer l'attention, je me suis retiré dans un coin de la cage et j'ai attendu.

    J'ai entendu ses pas quand elle est venue me chercher à la fin de la journée, et je l'ai suivie docilement dans une autre pièce. 
    Une pièce tranquille, silencieuse. 
    Elle m'a mise sur la table et elle m'a frotté les oreilles, elle m'a rassuré, elle m'a dit de ne pas m'inquiéter. 
    Mon coeur battait à tout va en pensant à ce qui allait venir, mais j'avais aussi un sentiment de soulagement. 
    La prisonnière de l'amour n'avait plus de jours devant elle. 
    Telle est ma nature, je me faisais plus de soucis pour cette femme. 

    La charge qui pèse sur elle est lourde, ça je le sais, comme je devinais autrefois chacune de tes humeurs. Doucement, elle a mis le garrot autour de ma patte, une larme coulait sur sa joue. 
    J'ai léché sa main, tout comme je te réconfortais, il y a tant d'années de ça. 
    Elle a mis l'aiguille dans ma veine, en professionnelle. 
    Quand j'ai ressenti la piqûre et le liquide froid qui gagnait mon corps, je me suis allongée, je l'ai regardée dans ses yeux si gentils, et j'ai chuchoté ’’Comment t'as pu ?’’
    Peut être parce qu'elle comprenait le langage des chiens, elle m'a dit: ’’Je suis vraiment désolée’’. 
    Elle m'a câlinée et elle m'a vite expliqué que c'était son devoir de s'assurer que j'allais dans un endroit meilleur, où je ne serais ni ignorée, ni abusée, ni abandonnée, où je ne devrais pas me défendre toute seule - un endroit où il y a de la lumière, de l'amour, tout à fait différent de notre terre. 
    Dans mon dernier souffle j'ai essayé, en remuant ma queue, de lui faire comprendre ceci : je ne voulais pas lui dire à elle ’’Comment t'as pu ?’’... c'est à toi, mon Maître adoré, que je pensais.
    Je penserai à toi et je t'attendrai toujours.
    Puisse tout le monde, dans ton entourage, continuer à te montrer autant de loyauté.
    @JW

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