• Sur le Pont-Vieux.......José-Maria de Heredia

    Sur le Pont-Vieux

    Sur le Pont-Vieux.......José-Maria de Heredia

    Antonio di Sandro orefice.

    Le vaillant Maître Orfèvre, à l’oeuvre dès matines,
    Faisait, de ses pinceaux d’où s’égouttait l’émail,
    Sur la paix niellée ou sur l’or du fermail
    Épanouir la fleur des devises latines.

    Sur le Pont, au son clair des cloches argentines,
    La cape coudoyait le froc et le camail ;
    Et le soleil montant en un ciel de vitrail
    Mettait un nimbe au front des belles Florentines.

    Et prompts au rêve ardent qui les savait charmer,
    Les apprentis, pensifs, oubliaient de fermer
    Les mains des fiancés au chaton de la bague ;

    Tandis que d’un burin trempé comme un stylet,
    Le jeune Cellini, sans rien voir, ciselait
    Le combat des Titans au pommeau d’une dague.

    José-Maria de Heredia, Les Trophées

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  • Commentaires

    2
    Samedi 29 Février à 18:39

    Merci Cochonfucius pour ces 2 poèmes

    j'ai pris un plaisir à lire

    Bon week-end

    LD

    1
    Vendredi 28 Février à 12:22

    (1)  Plume de boeuf
            -------

    L’écriture du boeuf, elle est presque enfantine,
    C’est la calligraphie qu’on enseigne au bétail ;
    Il en fait cependant un fort joli travail,
    Rendant parfois hommage à des sources latines.

    Il trace une prière à Sainte Clémentine
    Mais que je ne saurais vous citer en détail ;
    Ensuite, d’un proverbe, il orne un éventail,
    Je crois qu’il le tira d’une oeuvre byzantine.

    De ta plume, cher Boeuf, nous voilà tous charmés,
    Par laquelle ton art est ce jour affirmé ;
    La Muse tient ta main, qui jamais ne divague.

    L’étable te convient plus qu’un vaste palais,
    Car la simplicité, depuis toujours, te plaît ;
    Tu es un Barde-Boeuf, ce n’est pas une blague.

     

     

    (2)  Sagesse du boeuf
            ----------------------

    Le boeuf dort au plafond quand sonnent les matines,
    Son museau est de sable, un digne et sombre émail.
    Le barde, abandonnant son modeste travail,
    S’en vient lui réciter des sentences latines.

    Ici, le réfectoire, ou très humble cantine,
    Rassemble les chercheurs en un tiède bercail ;
    Chaque fenêtre arbore un éclat de vitrail
    Et le cuistot y grille une côte argentine.

    La magie de la salle a de quoi nous charmer ;
    À deux ou trois copains, l’on peut s’y enfermer
    Pour goûter du vin sombre et quelques propos vagues.

    Comme il descend, ce vin ! Mieux que du petit lait ;
    L’existence, bientôt, n’aura plus rien de laid,
    Nous la prendrons, c’est sûr, comme une bonne blague.

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