• Sonnet morne...........Jean RICHEPIN (1849-1926)

    Sonnet morne

    Sonnet morne...........

    Il pleut, et le vent vient du nord.
    Tout coule. Le firmament crève.
    Un bon temps pour noyer son rêve
    Dans l'Océan noir de la mort !

    Noyons-le. C'est un chien qui mord.
    Houp ! lourde pierre et corde brève !
    Et nous aurons enfin la trêve,
    Le sommeil sans voeu ni remord.

    Mais on est lâche ; on se décide
    À retarder le suicide ;
    On lit ; on bâille ; on fait des vers ;

    On écoute, en buvant des litres,
    La pluie avec ses ongles verts
    Battre la charge sur les vitres.

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  • Commentaires

    3
    Jeudi 9 Juillet à 13:38

    Merci Cochonfucius pour ces belles poésies que tu as la gentillesse

    de venir déposer sur mon site et j'en suis ravie

    bon après midi

    LD

    2
    Jeudi 9 Juillet à 12:32

    (1)  Empereur des quatre mers
         ----------

    Ce monarque vit loin des ports,
    Loin des golfes et loin des grèves ;
    Nul ne descendra, même en rêve,
    Vers son palais de marbre et d’or.

    Proche de l’empire des morts,
    Il sait que toute vie est brève ;
    C’est une bulle qui se crève,
    Un coeur fatigué qui s’endort.

    C’est un homme à l’esprit limpide
    Et cependant pas très rapide ;
    Il aime écouter l’univers.

    Tous ses murs sont couverts de livres,
    Mais qui rarement sont ouverts ;

     

    (2)  Septentrion
       ---------------

    J’aime la lumière du Nord
    Qui baigne l’horizon, sans trêve,
    Où d’immenses nuages rêvent,
    Qui flottent comme du bois mort ;

    Et j’aime aussi le vent qui mord
    En chantant une note brève,
    Et l’averse qui soudain crève
    Le firmament plein à ras bord.

    J’aime l’inspiration limpide
    Qui, dans son passage rapide,
    Vient me dicter ces quelques vers ;

    J’aime, en parcourant un vieux livre,
    Entendre les feuillages verts
    Recevoir l’eau qui les fait vivre.

      • Jeudi 9 Juillet à 13:25

        Texte (1) avec retouche à la fin car il manquait un vers, avalé par les quatre mers

        -------

         

        Empereur des quatre mers
        ———-

        Ce monarque vit loin des ports,
        Loin des golfes et loin des grèves ;
        Nul ne descendra, même en rêve,
        Vers son palais de marbre et d’or.

        Proche de l’empire des morts,
        Il sait que toute vie est brève ;
        C’est une bulle qui se crève,
        Un coeur fatigué qui s’endort.

        C’est un homme à l’esprit limpide
        Et cependant pas très rapide ;
        Il aime écouter l’univers.

        Tous ses murs sont couverts de livres,
        Mais qui rarement sont ouverts ;
        Car il lui faut du temps pour vivre.

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