• Le masque de fer
    (par Jean-Christian Petitfils)
     
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    La clé de la célèbre énigme de l’homme au masque de fer, qui suscita tant de controverses, de romans, d’essais et de films.

    Rares sont les mystères à avoir soulevé autant d’intérêt et de passion que celui de l’homme au masque de fer, prisonnier d’Etat, enfermé sur ordre de Louis XIV au donjon de Pignerol, dans la citadelle de Sainte-Marguerite, mort à la Bastille en 1703. Nul n’avait le droit de l’approcher ni de lui parler, hormis son geôlier. Personne ne connaissait ni le motif de sa détention ni son identité.

    Cette troublante énigme n’a cessé de susciter la curiosité des historiens et des romanciers. De multiples solutions ont été imaginées, la plus célèbre faisant de cet inconnu un frère jumeau du roi, masqué à cause de sa trop frappante ressemblance avec lui.

    Le masque de fer, par Jean-Christian Petitfils
    Le masque de fer, par Jean-Christian Petitfils

     

    Après un examen méthodique des documents d’archives, souvent nouveaux ou inédits, l’auteur apporte à cette énigme les explications les plus logiques et les moins contestables, avec un art certain du suspens. Au-delà d’un destin individuel, le livre dévoile tout un pan des mentalités du XVIIe siècle.

    Docteur d’Etat en science politique, historien, grand connaisseur du XVIIe siècle, auquel il a consacré de nombreux ouvrages, Jean-Christian Petitfils a publié plusieurs biographies chez Perrin, notamment : Fouquet, Lauzun, Louise de la Vallière, Louis XVI et son magistral Louis XIV, unanimement salué par la critique et couronné par trois prix littéraires, dont le Grand Prix de la Biographie historique de l’Académie française.

    INFORMATIONS PRATIQUES :
    Le masque de fer, par Jean-Christian Petitfils. Éditions Perrin.
    324 pages. Format 15,7 x 24,1 cm. 22,50 euros.
    ISBN : 978-2-262021849. Paru en mars 2011
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  • L’armoire astronomique du roi
    Stanislas va sortir du silence

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    Elle est l’un des trésors du musée lorrain de Nancy. Elle a appartenu au roi Stanislas. Mais depuis 1863, elle ne rythme que le silence. Grâce à un don d’une clinique privée, l’armoire astronomique va être restaurée. On espère découvrir quels mystérieux mécanismes lui ont permis de marquer la ronde des jours et des astres.

    Elle donne l’heure, les minutes et les jours mais aussi les phases de la lune et des planètes et même le décalage horaire en différents points du monde connu à l’époque. En tout, 53 fonctions réparties sur 11 cadrans.

    Elle a été fabriquée au milieu du XVIIIe siècle par un passionné de mécanique, Bernard Joyeux qui en a fait cadeau au duc Stanislas (il n’était pas encore roi). Mais depuis 1863, l’horloge était silencieuse et aucun mécanisme ne l’animait plus.

    Détail de l'armoire astronomique de Nancy
    Détail de l’armoire astronomique de Nancy

     

    Une clinique privée d’Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), la clinique Pasteur, a décidé de verser sous forme de don, 30.000 euros au musée pour la restaurer. « Ce qui nous a séduit dans ce projet, explique Christophe Baillet, président de la clinique, c’est le coté scientifique, le côté un peu mystérieux parce qu’aujourd’hui, on ne connait pas les mécanismes, on ne sait pas comment ça fonctionne ».

    On ne devrait donc pas tarder à savoir quels mystérieux rouages permettaient à cette armoire d’ordonnancer aussi parfaitement le temps et les astres. Reste seulement une question : cette horloge a-t-elle un jour fonctionné ?

    Dominique Langard
    France Télévisions

     

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  • Foire de Lincoln

     

    Au mois de mai 1217, les Français et les barons anglais, partisans du fils de Philippe-Auguste, Louis, que les Anglais avaient appelé en 1215 pour l’opposer à Jean-sans-Terre, occupaient Lincoln et assiégeaient le château qui était au pouvoir des soldats de Henri III, successeur de Jean-sans-Terre. Une armée anglaise vint au secours des assiégés, qui parvinrent à l’introduire dans la ville.

    Les Français, surpris, ne purent résister à cette attaque imprévue, et s’enfuirent de Lincoln, qui fut livrée au plus affreux pillage. « Elle fut pillée jusqu’à la dernière pièce de monnaie, dit Matthieu Paris, sans qu’on respectât aucune des églises. On brisa à coups de hache et de maillet tous les coffres et toutes les armoires ; l’église cathédrale elle-même ne put échapper au sort que les autres avaient subi. Le combat, à cause de la richesse du butin, fut appelé, en dérision de Louis et des barons, la foire de Lincoln ». Cette journée, pendant laquelle il ne périt que trois chevaliers, ruina pourtant le parti du prince français.

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  • Entrevue du Camp du Drap-d’Or

     

    En 1520, au moment où la lutte entre François Ier et Charles-Quint allait s’engager, lutte qui devait assurer au vainqueur la prépondérance en Europe, les deux rivaux cherchèrent à gagner le roi d’Angleterre, Henri VIII. L’empereur ayant fait dans ce but un voyage auprès de ce prince, François Ier eut à son tour une entrevue avec le monarque anglais, dans un endroit situé à mi-chemin entre Ardres et Guines.

    « Le jour de la Feste-Dieu, raconte Martin du Bellay, au lieu ordonné, le Roy et le roy d’Angleterre, montez chacun sur un cheval d’Espagne, s’entre-abordèrent, accompagnez, chacun de sa part, de la plus grande noblesse que l’on eust veue cent ans auparavant ensemble, estant en la fleur de leurs aages, et estimez les deux plus beaux princes du monde, et autant adroits en toutes armes, tant à pied qu’à cheval. Je n’ay que faire de dire la magnificence de leurs accoustremens, puisque leurs serviteurs en avaient si grande superfluité, qu’on nomma la dite assemblée le Camp de Drap-d’Or. Ayans faict leurs accollades à cheval, descendirent en un pavillon ordonné pour cest effect, où, après avoir devisé de leurs affaires particulières, conclurent que, audit lieu se feroient lisses et eschaffaulx, où se feroit un tournoy, estans délibérés de passer leur temps en déduit et choses de plaisir, laissans négocier leurs affaires à ceux de leur conseil. Par douze ou quinze jours coururent les deux princes l’un contre l’autre...


    Entrevue du camp du Drap-d’Or. Fragment
    des bas-reliefs de l’hôtel de Bourgtheroulde, à Rouen

    « Ce faict, le roy d’Angleterre festoya le roy, près Guines, en un logis de bois où y avoit quatre corps de maison qu’il avoit faict charpenter en Angleterre, et amener par mer toute faicte, et estoit couverte de toille peinte en forme de pierre de taille, puis tendue par dedans des plus riches tapisseries qui se peuvent trouver ; et estoit le dessein pris sur la maison des marchands à Calais.

    « Le lendemain, le roy devait festoyer le roi d’Angleterre près Ardres, où il avoit faict dresser un pavillon ayant soixante pieds en carré, le dessus de drap d’or frizé, et le dedans de velours bleu de Chypre, et quatre autres pavillons aux coings, de pareille despense ; et estoit le cordage de fil d’or de Chypre et de soye bleue turquine, chose fort riche. Mais le vent et la tourmente vint telle, que tous les cables et cordages rompirent, et furent les dites tentes et pavillons portez par terre ; de sorte que le roi fut contraint de changer d’opinion, et feit faire en grande diligence un lieu pour faire le festin. Je ne m’arrêteray à dire les grands triomphes et festins qui se firent là, ny la grande despense superflue, car il ne se peult estimer ; tellement que plusieurs y portèrent leurs moulins, leurs forets et leurs prez sur leurs espaules. »

    Cette entrevue, dont François Ier espérait beaucoup, n’eut aucun résultat. Le prince français s’aliéna Henri VIII, qu’il ne chercha qu’à humilier par sa magnificence et sa générosité, et à surpasser dans les exercices de corps auxquels se livrèrent les deux monarques. « Un jour, dit Fleurange, le roi d’Angleterre prist le roi de Frange par le collet, et lui dict : Mon frère, je veulx luitter (lutter) avec vous, et lui donna une attrape ou deux, et le roi de France, qui est un fort bon luitteur, lui donna un tour et le jetta par terre, et lui donna un merveilleux saulx. »

    Aucun traité ne suivit ces fêtes ruineuses : deux ans plus tard Henri VIII se prononça pour Charles-Quint contre François Ier. Des bas-reliefs en marbre de l’hôtel de Bourgtheroulde à Rouen, bas-reliefs exécutés au seizième siècle et d’un fort beau travail, représentent l’entrevue du Camp du Drap-d’Or.

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  • Écorcheurs

     

    C’est le nom que l’on donna aux bandes d’aventuriers qui désolèrent la France sous Charles VII. Ces bandes, composées en grande partie de cadets et de bâtards de familles nobles, suivis de leurs vassaux, avaient pour chefs les plus puissants seigneurs ou les plus vaillants capitaines du royaume, entre autres un fils du comte d’Armagnac, dit le Bâtard de Bourbon, Rodrigue de Villandras, Guillaume et Antoine de Chabannes, et même Xaintrailles et La Hire.

    Le royaume ne fut délivré de leurs horribles ravages que lorsque le Dauphin Louis les eut emmenés contre les Suisses en 1444. Après cette guerre meurtrière, les aventuriers qui avaient survécu rentrèrent en France plus disposés à l’obéissance, et ils furent enfin désorganisés complètement par la création des compagnies d’ordonnance, où la plupart d’entre eux s’enrôlèrent. Les écorcheurs sont encore désignés par les auteurs contemporains sous les noms d’Armagnacs, de grandes compagnies, de routiers, de trente mille diables, quinze mille diables, de houspilleurs, de tondeurs, etc.

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  • Dragonnades

     

    C’est le nom dont on a flétri les persécutions exercées contre les huguenots dans la seconde moitié du règne de Louis XIV, pour les amener à changer de religion. On les a appelées ainsi, parce que les dragons en furent les principaux instruments. Par une lettre datée du 18 mars 1681, Louvois annonça à l’intendant du Poitou, Marillac, que, suivant la volonté du roi, il envoyait dans sa province un régiment de cavalerie. « Sa Majesté trouvera bon, disait-il, que le plus grand nombre des cavaliers et officiers soient logés chez les protestants ; mais elle n’estime pas qu’il les y faille loger tous... Si suivant une répartition juste les religionnaires en devaient porter dix, vous pouvez leur en faire donner vingt ».

    Après de tels ordres, Marillac, qui d’abord avait montré quelque modération, ne garda plus aucune mesure. Lorsque les dragons arrivèrent, il les fit passer par les bourgs et les villes où il y avait le plus de huguenots, et ne les logeait que chez eux quatre à quatre, cinq à cinq, même chez les plus pauvres et chez les veuves. Les curés les suivaient dans les rues en criant : « Courage, messieurs , c’est l’intention du roi que ces chiens de huguenots soient pillés et saccagés ».

    Ainsi stimulés, les dragons entraient dans les maisons l’épée haute, en criant : Tue ! Tue ! afin d’effrayer les femmes, devant lesquelles ils tenaient les propos les plus infâmes. Ils se faisaient livrer par de mauvais traitements tout ce qui avait quelque valeur, et détruisaient ce qu’ils ne pouvaient emporter. Les plaintes que ces excès soulevèrent partout parvinrent jusqu’au roi, qui eut honte d’avoir été si bien servi, et les dragonnades furent suspendues pendant quelques années. Elles recommencèrent en 1684, et eurent surtout pour théâtre le Béarn qui était presque entièrement protestant ; là elles dépassèrent tout ce qui s’était fait jusqu’alors. Nous en empruntons les détails à une histoire contemporaine de l’Edit de Nantes.

    « Parmi les secrets que l’intendant du Béarn, Foucaut, apprit aux gens de guerre pour dompter leurs hôtes, il leur commanda de faire veiller ceux qui ne voudraient pas se rendre à d’autres tourments. Les soldats se relayaient pour ne pas succomber eux-mêmes au supplice qu’ils faisaient souffrir aux autres. Le bruit des tambours, les blasphèmes, les cris, les fracas des meubles qu’ils brisaient ou qu’ils jetaient d’un côté à l’autre, l’agitation où ils tenaient ces pauvres gens pour les forcer à demeurer debout et à ouvrir les yeux, étaient les moyens dont ils se servaient pour les priver de repos. Les pincer, les piquer, les tenailler, les suspendre avec des cordes, leur souffler dans le nez la fumée du tabac, et autres cruautés, étaient le jouet de ces bourreaux, qui réduisaient par là leurs hôtes à ne savoir ce qu’ils faisaient, et à promettre tout ce qu’on voulait pour se tirer de ces mains barbares. Encore que le plus fort de leur étude et de leur application fût de trouver des tourments qui fussent douloureux sans être mortels, bien des malheureux succombèrent ».

    Ces persécutions, qui s’étendirent dans tout le Midi, eurent d’abord pour résultat la conversion en masse du Béarn, puis bientôt après, des révoltes sans cesse renaissantes suivies d’amnisties et de supplices. Pas une voix à la cour, hormis celle de Fénelon, ne s’éleva en faveur des malheureux protestants ; et madame de Sévigné elle-même écrivait à sa fille cette phrase étrange, écho fidèle de l’aveuglement et de la passion qui égarait les meilleurs esprits : « Les dragons ont été de bons missionnaires jusqu’ici. Les prédicateurs qu’on envoie rendront l’ouvrage parfait » (voir à ce sujet les Camisards).

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  • Brûler n’est pas répondre

     

    Au commencement de l’année 1794, le régime de la Terreur, dirigé par Robespierre au sein du Comité de Salut public, était dans toute sa violence ; les dantonistes eux-mêmes étaient devenus des indulgents, des modérés ; maintenant que la république était restée maîtresse du champ de bataille, ils voulaient la faire rentrer dans le règne des lois, dans les voies de la justice pour tous.

    Danton était le chef de cette opposition nouvelle, le jeune et fougueux Camille Desmoulins en était la plume, et, dans son Vieux Cordelier, il poursuivait le gouvernement de ses censures et de ses sarcasmes. Son journal était lu avec avidité ; on en vendit en quelques jours cinquante mille exemplaires.

    Camille Desmoulins
    Camille Desmoulins

    Enfin, Desmoulins osa provoquer un Comité de Clémence comme le seul moyen de pacifier les partis et de finir la révolution. Ce n’était pas là ce que voulait Robespierre, qui, dans une séance des Jacobins où l’impétueux pamphlétaire avait été sommé de comparaître, proposa perfidement de lui donner une correction paternelle et de brûler les numéros de son journal.

    « Brûler n’est pas répondre ! » s’écria Desmoulins. Cette réplique imprudente causa sa perte. Robespierre ne se contint plus : « Eh bien, dit-il, qu’on ne brûle pas, mais qu’on réponde ; qu’on lise sur-le-champ les numéros de Camille, puisqu’il le veut, et qu’il soit couvert d’ignominie !... »

    Quelques jours après, le 5 avril 1794, l’intrépide jeune homme de 34 ans montait sur l’échafaud.

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  • Bouchers de la Tournelle

     

    On désignait ainsi au XVIIIe siècle les magistrats qui composaient le tribunal siégeant à la chambre des Tournelles. Ce surnom était mérité par l’excessive sévérité, pour ne pas dire la cruauté, qu’ils déployaient dans l’exercice de leurs fonctions.

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  • Barre-à-bas

     

    C’était en 1616, sous le gouvernement de Marie de Médicis, le cri de ralliement de la faction du prince de Condé (Henri II, père du grand Condé). Ce mot, fort célèbre à cette époque, annonçait, disait-on, l’intention de faire monter le prince sur le trône, car en ôtant de ses armes la barre qui s’y trouvait, il n’y restait que les trois fleurs de lys, armoirie du roi de France. Ses amis prétendaient, au contraire, que ce n’était qu’une plaisanterie contre Barberi, contrôleur-général des finances, dont le nom avait été dans une orgie changé en celui de Barabas. Quoi qu’il en soit, rien n’était plus connu que les projets ambitieux du prince de Condé, projets qui semblent avoir été héréditaires dans sa famille.

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