• Salvador Dali ....................Paul Eluard 1895- 1952.

    Salvador Dali

     Salvador Dali ....................Paul Eluard

    C'est en tirant sur la corde des villes en fanant
    Les provinces que le délié des sexes
    Accroît les sentiments rugueux du père
    En quête d'une végétation nouvelle
    Dont les nuits boule de neige

    Interdisent à l'adresse de montrer le bout mobile de son nez.

    C'est en lissant les graines imperceptibles des désirs

    Que l'aiguille s'arrête complaisamment

    Sur la dernière minute de l'araignée et du pavot

    Sur la céramique de l'iris et du point de suspension

    Que l'aiguille se noue sur la fausse audace

    De l'arrêt dans les gares et du doigt de la pudeur.

    C'est en pavant les rues de nids d'oiseaux
    Que le piano des mêlées de géants
    Fait passer au profit de la famine
    Les chants interminables des changements de grandeur
    De deux êtres qui se quittent.

    C'est en acceptant de se servir des outils de la rouille
    En constatant nonchalamment la bonne foi du métal
    Que les mains s'ouvrent aux délices des bouquets
    Et autres petits diables des villégiatures
    Au fond des poches rayées de rouge.

    C'est en s'accrochant à un rideau de mouches

    Que la pêcheuse malingre se défend des marins

    Elle ne s'intéresse pas à la mer bête et ronde comme

    une pomme
    Le bois qui manque la forêt qui n'est pas là
    La rencontre qui n'a pas lieu et pour boire
    La verdure dans les verres et la bouche qui n'est faite
    Que pour pleurer une arme le seul terme de comparaison
    Avec la table avec le verre avec les larmes
    Et l'ombre forge le squelette du cristal de roche.

    C'est pour ne pas laisser ces yeux les nôtres vides

    entre nous
    Qu'elle tend ses bras nus
    La fille sans bijoux la fille à la peau nue
    Il faudrait bien par-ci par-là des rochers des vagues
    Des femmes pour nous distraire pour nous habiller
    Ou des cerises d'émeraudes dans le lait de la rosée.

    Tant d'aubes brèves dans les mains

    Tant de gestes maniaques pour dissiper l'insomnie

    Sous la rebondissante nuit du linge

    Face à l'escalier dont chaque marche est le plateau

    d'une balance
    Face aux oiseaux dressés contre les torrents
    L'étoile lourde du beau temps s'ouvre les veines.

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