• Marie Madeleine

    Marie Madeleine..............

    Quand Marie se fait Madeleine,
    Elle s’affranchit de toute pudeur,
    Un verre ou deux au bar de l’Éden,
    Elle n’est pas contre un peu de chaleur.
    Le temps d’un tango endiablé,
    Elle veut atteindre le septième ciel,
    Avec un goût d’éternité,
    Alouette de paradis artificiels.

    Au commencement, y a son miroir,
    Qui lui murmure
    Au crépuscule, une robe noire,
    Comme une armure

    Et quand Madeleine se fait souvenir,
    C’est en sépia qu’elle trouve refuge,
    Au pied d’un pommier, rajeunir
    Au pied de son lit, le déluge
    Et chaque fois, elle se relève
    La marche digne, le port altier
    Héritière du chromosome Ève
    En droite ligne depuis X années.

    Au commencement, y a son miroir,
    Qui lui murmure
    Au crépuscule, une robe noire,
    Comme une armure

    Et quand le souvenir se fait parfum
    Qu’est-ce qu’elle sent le bon le patchouli
    À en oublier les matins bruns,
    Dès le premier pas, au saut de son lit.
    Les serpents sifflent sur sa tête,
    Elle en fait fit, sans trompettes.
    Et choisit la soie à la laine
    Quand Marie se fait Madeleine.

    Au commencement, y a son miroir,
    Qui lui murmure
    Au crépuscule, une robe noire,
    Comme une armure

     

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  • Comme une bulle de savon

    Comme une bulle de savon.............

    Parfois, quand vient le soir, quand ma tête repose,
    Je vois sortir de l’ombre une foule de mots
    Qui s’animent bientôt dans un joyeux chaos
    Pour venir défiler sous mes paupières closes.

    Les voici qui tournoient en une farandole
    De phrases bariolées qui cherchent à rimer
    Puis s’alignent enfin en vers bien ordonnés
    Suspendus dans le vent sous une lune folle.

    Doux sommeil, te voilà ! Regarde le poème
    Qu’ont accroché pour moi les mots sous l’astre blême ;
    Il ne me reste plus qu’à le cueillir sans bruit.

    Alors, tout doucement, ma plume imaginaire
    S’efforce d’attraper ce sonnet éphémère
    Qui dans un discret « pop » éclate dans la nuit.

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  • Le monstre

    Le monstre............. par Vette de Fonclare.....2019...

    Paul est terrorisé car un monstre effroyable
    Tournoie autour de lui depuis deux jours entiers.
    Il a beau se sauver, l’autre est si détestable
    Qu’il ne le lâche pas. Un monstre sans pitié

    Ignorant qu’il peut être un pur anxiolytique
    Pour le pauvre garçon ; que cette inimitié
    Est issue d’autrefois, de ces temps archaïques
    Où il savait tout juste à peine balbutier.

    C’est depuis lors que Paul éprouve cette crainte,
    Sans qu’il sache pourquoi. Un souvenir enfui
    De ses rêves d’enfant ? Bien ridicule empreinte
    D’un passé inconnu qui lui a toujours nui

    Tant il a l’air idiot quand l’ennemi s’approche,
    Tournoyant sans pourtant se soucier de lui !
    Un monstre inoffensif. Mais c’est vrai qu’il est moche,
    Et que sa saleté proverbiale vous nuit

    Dès qu’il vous prend pour cible : il est plein de microbes !
    Pourtant Paul est viril ; et fort dur est son cuir !
    Alors qu’est ce gredin suscitant tant d’opprobre,
    Tellement écoeurant qu’il peut le faire fuir

    Tout au fond de l’Enfer jusqu’à ce qu’il s’y perde ?
    Ce monstre terrifiant ? C’est une mouche à merde !

     

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  • En octobre, à Marseille.

    En octobre, à Marseille............ par Vette de Fonclare 2019

    En octobre à Marseille il y a quelque chose
    Qui l’affecte et le navre, et il flotte dans l’air
    Des relents d’amertume, Evidence morose
    Que l’été est fini et que s’en vient l’hiver.

    La mer est délavée et les jours raccourcissent.
    Le soleil tôt couché se mue en cercle ombreux,
    Effacé lentement par le vent qui s’immisce
    En bouboulant* tout doux jusqu’au cœur ténébreux

    Des ruelles pentues dévalant des collines.
    Le seul talent du vent, c’est qu’il laque le ciel
    D’un bleu dur purifié et presque artificiel,
    Avec parfois le soir des touches violine.

    Il faut donc espérer que les arbres jaunissent,
    Que le temps moribond pointille d’orangé.
    De cuivre et de doré leur feuillage effrangé
    Pour que nos lourds regrets peu à peu s’aplanissent,

    Pour enfin retrouver quelque charme à l’automne !
    Mais la ville ressemble à ces villes du Nord
    Dont le ciel défraîchi est d’un gris presque atone,
    Où le soleil oublie qu’il irradie de l’or…

    A Marseille, en octobre, rôdent la nostalgie
    Et l’absurde désir de l’été qui n’est plus,
    Dont l’automne maussade a détruit la magie.
    Les longs jours de l’été sont des jours révolus…

     

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  • La prière au Printemps

    La prière au Printemps...............par Vette de Fonclare 2019

    J’aimerais tellement qu’en ce presque printemps
    Tous les gens soient heureux ; que pour un temps le temps
    Ralentisse sa course effroyable, ou qu’il cesse,
    Un peu plus adouci, d’accroître la détresse

    De ceux qui sont au bout d’un bien trop court destin ;
    Qu’il les aide à jouir de tous ces frais matins
    Où le soleil repeint de ses doigts d’or les roses,
    Quand il sait embraser en tous lieux toute chose,

    Aussi frais et pimpant qu’un jeune damoiseau ;
    Rien n’y est plus charmant qu’entendre les oiseaux,
    Revigorés de neuf par la saison nouvelle,
    Siffloter au matin leur jolie ritournelle

    Quand les fleurs rénovées  entonnent leur doux chant
    Vibrant et coloré ; quand les bois et les champs
    Se pointillent de vert dans la blanche lumière
    Effaçant sous ses rais tout un monde de pierre :

    Et puis je voudrais tant, je voudrais tellement
    Que le temps ne sépare jamais les amants !
    Qu’il n’y en ait point trop que le printemps oublie
    Dans leur triste parcours que la mélancolie

    Peint en noir et en gris tant ils se sentent seuls ;
    Que le soleil tout neuf embrase le linceul
    Où ils sont enfermés d’un geyser d’étincelles
    Pétillant de bonheur, fusant en ribambelles…

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  • Il ne pleut pas

    Il ne pleut pas…............. par Vette de Fonclare 2019

    Il ne pleut pas, il pleure ! Et Marseille est bien triste
    Sous son bonnet mouillé de nuées poivre et sel.
    Il bruine sur la mer qu’un sombre coloriste
    A peint couleur de l’eau qui s’égoutte du ciel.

    La grand’ville du Sud n’est pas habituée
    A ce rideau brumeux qui voile l’horizon ;
    Car prête à tout pour lui, c’est en prostituée
    Qu’elle aime son soleil jusqu’à la déraison

    Tant il semble sensible à sa rude misère.
    La pluie la défigure en faisant ressortir
    La hideur de ses murs, que des tags éphémères
    Tentent de décorer ! Mais lui sait revêtir

    Ses vieux quartiers pouilleux d’une blanche lumière
    Dissimulant ses plaies… Maintenant ils sont gris,
    Et même le Vieux Port a un aspect austère
    Sous ce crachin fangeux et mou qui contrarie

    Les touristes venus visiter la Provence.
    Il y pleut sans arrêt depuis un mois entier,
    Et tous les Marseillais maudissent la malchance
    Qui a fait de leur ville un immense bourbier.

    Il faut bien concéder que l’automne galège,
    Se prenant tout à coup pour un quasi-hiver.
    Mais soudain tout se tait : il ne pleut plus, il neige !
    Marseille a-t-il donc fait incursion en enfer ?

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  • La malice des choses

    La malice des choses.........par Vette de Fonclare 2019

    Les objets depuis peu me jouent pas mal de tours
    En se carapatant : il n’y a pas un jour
    Sans que l’un d’eux, le con* ! cherchant à me narguer,
    Ne décide soudain de s’enfuir et fuguer

    Dans un coin incongru ! Exprès pour m’humilier…
    Ou perdrais-je l’esprit, soudain folle à lier,
    En ne retrouvant plus portable ni lunettes ?
    Pourquoi veulent-ils donc m’embarbouiller la tête ?

    Je les dépose ici, je les retrouve là.
    Comme clés et papiers… Pour y mettre un holà,
    Je dois faire attention ; devenir intraitable
    Envers leur perfidie ; les poser sur la table,

    En mémorisant bien à quel endroit ils sont.
    Mais dès que je m’en vais, ces fichus polissons
    Décelant mon départ plient aussitôt bagage.
    A moins que ce ne soit Vette qui… déménage !

    * Si vous êtes un peu puritain, je ne vous empêche pas de changer ce joli mot, bien dru, bien franc du collier, par un autre plus édulcoré : « l’idiot » par exemple ? Hum, j’aime mieux le mien…

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  • Pourquoi le temps

    Pourquoi le temps…  par Vette de Fonclare  2019

    Quand elle fond, où va la neige ?
    Où vont les mots quand ils sont dits ?
    Le temps qui passe et qui allège
    Toute peine, où s’est-il enfui ?

    Et pourquoi donc toute minute
    Est-elle passé ou futur ?
    Pas de présent, ce temps obscur
    Qui finit alors que débute

    Un autre instant déjà fini !
    Pourquoi ce temps insaisissable
    Rend-il les choses périssables
    Bien qu’il soit lui-même infini ?

    Pourquoi es-tu si important
    Alors que tu n’es que poussière ?
    Une parcelle de lumière,
    Mais un rien du tout pour le Temps !

    La vie qui fond, où s’en va-t-elle ?
    Où sont donc tous ces jours passés ?
    Tous ces souvenirs ressassés
    Et qui s’enfuient à tire d’aile ?

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