• La place du pauvre

    Dans un coin de la pièce face à la cheminée

    Une horloge se dresse, sur la pierre appuyée

    Le doux balancement de son ventre en laiton

    Rythme très lentement la vie de la maison

     

    Il fait si froid dehors que le chien reste au chaud

    Au foyer rayonnant se réchauffant la truffe

    Dans cette vieille ferme au cœur du Boischaut

    On rempli le chapon de foie gras et de truffes

     

    Il faut tuer le cochon, tradition oblige

    Pour fêter dignement ce repas de noël

    Pour décorer le plat en supprimant la tige

    On est allé cueillir des roses de noël

     

    Tous les enfants, le soir, autour de cette table

    Ouvriront de grands yeux en découvrant ce plat

    On en voit quelques uns glisser dans le cartable

    Quelques pièces dorées remplies de chocolat

     

    La tradition voulait d’inviter à sa table

    Le curé du village, le maître et un notable

    Mais la plus belle place au pauvre revenait

    De nos jours c’est fini plus personne le fait

     

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  • Les copains de jadis

    Les copains de jadis..............Gilbert CZULY-MSCZANOWSKI

    A ceux ayant eu la promesse
    Qu’aujourd’hui n’était pas éloigné
    De leur tendre jeunesse
    Et que demain ne sera qu’un jour de passé

    A ceux qui renouent avec le souvenir
    Ainsi qu’avec les rêves qui y conduisent
    Des images les font sourire
    Eternel adieux qu’elles vous disent

    Aux copains de jadis je pense souvent
    J’arrive, je reviens, juste un instant…
    Tu m’attends ? Je n’en ai pas pour longtemps
    Un coup de fil, l’espace d’un court moment

    A ceux qui pensent donc cela
    Vous êtes là et l’oubli n’est pas permis
    Si vos visages ont changé de -ci de-là
    Vous êtes revenus au bon club des amis

    A ceux qui arrêtent le mouvement
    Qui relèvent la tête du guidon
    Aux vrais copains disséminés à tous vents
    Une onde de retour vous rassurera avec discrétion

     

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  • Ouverture


     
    Je veux m’abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
    Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
    Beautés mûres ou non, novices et professes,
    Ô ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies !
     
    Vos pieds sont merveilleux, qui ne sont qu’à l’amant,
    Ne reviennent qu’avec l’amant, n’ont de répit
    Qu’au lit pendant l’amour, puis flattent gentiment
    Ceux de l’amant qui las et soufflant se tapit.
     
    Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
    Jusqu’aux orteils sucés les uns après les autres,
    Jusqu’aux chevilles, jusqu’aux lacs des veines lentes,
    Pieds plus beaux que des pieds de héros et d’apôtres !
     
    J’aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
    Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
    Mordillant notre langue et parfois même mieux,
    Truc presque aussi gentil que de mettre dedans ;
     
    Et vos seins, double mont d’orgueil et de luxure
    Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
    Pour s’y gonfler à l’aise et s’y frotter la hure :
    Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.
     
    Vos bras, j’adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
    Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
    Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
    Chauds dans l’amour, après frais comme des tombeaux.
     
    Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe !
    La caresse et la paresse les ont bénies,
    Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
    Branleuses aux sollicitudes infinies !
     
    Mais quoi ? Tout ce n’est rien, Putains, aux pris de vos
    Culs et cons dont la vue et le goût et l’odeur
    Et le toucher font des élus de vos dévots,
    Tabernacles et Saints des Saints de l’impudeur.
     
    C’est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
    Je veux m’abstraire tout, seules compagnes vraies,
    Beautés mûres ou non, novices ou professes,
    Et ne vivre plus qu’en vos fentes et vos raies.
     

    1890.
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  •  LE TREIZE JUILLET

     

    STANCES

    I

    La joie est ici-bas toujours jeune et nouvelle,

    Mais le chagrin n’est vrai qu’autant qu’il a vieilli.

    À peine si le prince, hier enseveli,

    Commence à s’endormir dans la nuit éternelle ;

    L’ange qui l’emporta n’a pas fermé son aile ;

    Peut-être est-ce bien vite oser parler de lui.

    II

    Ce fut un triste jour, quand, sur une civière,

    Cette mort sans raison vint nous épouvanter.

    Ce fut un triste aspect, quand la nef séculaire

    Se para de son deuil comme pour le fêter.

    Ce fut un triste bruit, quand, au glas funéraire,

    Les faiseurs de romans se mirent à chanter.

    III

     Nous nous tûmes alors, nous, ses amis d’enfance.

    Tandis qu’il cheminait vers le sombre caveau,

    Nous suivions le cercueil en pensant au berceau ;

    Nos pleurs, que nous cachions, n’avaient pas d’éloquence,

    Et son ombre peut-être entendit le silence

    Qui se fit dans nos cœurs autour de son tombeau.

     IV

     Maintenant qu’elle vient, plus vieille d’une année,

    Réveiller nos regrets et nous frapper au cœur,

    Il faut la saluer, la sinistre journée

    Où ce jeune homme est mort dans sa force et sa fleur,

    Préservé du néant par l’excès du malheur,

    Par sa jeunesse même et par sa destinée.

     V

     À qui donc, juste Dieu, peut-on dire : À demain ?

    L’Espérance et la Mort se sont donné la main,

    Et traversent ainsi la terre désolée.

    L’une marche à pas lents, toujours calme et voilée ;

    Sur ses genoux tremblants l’autre tombe en chemin,

    Et se traîne en pleurant, meurtrie et mutilée. 

    VI

     Ô Mort ! tes pas sont lents, mais ils sont bien comptés.

    Qui donc t’a jamais crue aveugle, inexorable ?

    Qui donc a jamais dit que ton spectre implacable

    Errait, ivre de sang, frappant de tous côtés,

    Balayant au hasard, comme des grains de sable,

    Les temples, les déserts, les champs et les cités ?

     VII

     Non, non, tu sais choisir. Par instant, sur la terre,

    Tu peux sembler commettre, il est vrai, quelque erreur ;

    Ta main n’est pas toujours bien sûre, et ta colère

    Ménage obscurément ceux qui savent te plaire,

    Épargne l’insensé, respecte l’imposteur,

    Laisse blanchir le vice et languir le malheur.

     VIII

      

    Mais, quand la noble enfant d’une race royale,

    Fuyant des lourds palais l’antique oisiveté,

    S’en va dans l’atelier chercher la vérité,

    Et là, créant en rêve une forme idéale,

    Entrouvre un marbre pur de sa main virginale,

    Pour en faire sortir la vie et la beauté ;

     IX

     Quand cet esprit charmant, quand ce naïf génie

    Qui courait à sa mère au doux nom de Marie,

    Sur son œuvre chéri penche son front rêveur,

    Et, pour nous peindre Jeanne interrogeant son cœur,

    À la fille des champs qui sauva la patrie

    Prête sa piété, sa grâce et sa pudeur ;

     X 

    Alors ces nobles mains, qui, du travail lassées

    Ne prenaient de repos que le temps de prier,

    Ces mains riches d’aumône et pleines de pensées,

    Ces mains où tant de pleurs sont venus s’essuyer,

    Frissonnent tout à coup et retombent glacées.

    Le cercueil est à Pise ; on va nous l’envoyer.

     XI 

    Et lui, mort l’an passé, qu’avait-il fait, son frère ?

    À quoi bon le tuer ? Pourquoi, sur ce brancard,

    Ce jeune homme expirant suivi par un vieillard ?

    Quel cœur fut assez froid, sur notre froide terre,

    Ou pour ne pas frémir, ou pour ne pas se taire,

    Devant ce meurtre affreux commis par le hasard ?

     XII

     Qu’avait-il fait que naître et suivre sa fortune,

    Sur les bancs avec nous venir étudier,

    Avec nous réfléchir, avec nous travailler,

    Prendre au soleil son rang sur la place commune,

    De grandeur, hors du cœur, n’en connaissant aucune,

    Et, puisqu’il était prince, apprendre son métier ?

     XIII

     Qu’avait-il fait qu’aimer, chercher, voir par lui-même

    Ce que Dieu fit de bon dans sa bonté suprême,

    Ce qui pâlit déjà dans ce monde ennuyé ?

    Patrie, honneur, vieux mots dont on rit et qu’on aime,

    Il vous savait, donnait au pauvre aide et pitié,

    Au plus sincère estime, au plus brave amitié.

     XIV

     Qu’avait-il fait enfin, que ce qu’il pouvait faire ?

    Quand le canon grondait, marcher sous la bannière ;

    Quand la France dormait, s’exercer dans les camps.

    Il s’en fût souvenu peut-être avec le temps ;

    Pendant qu’il écoutait les tambours battre aux champs.

    Car parfois sa pensée était sur la frontière,

     XV

     Que lui reprocherait même la calomnie ?

    Jamais coup plus cruel fut-il moins mérité ?

    À défaut de regret, qui ne l’a respecté ?

    Faites parler la foule, et la haine, et l’envie

    Ni tache sur son front, ni faute dans sa vie.

    Nul n’a laissé plus pur le nom qu’il a porté.

     XVI

     Qu’importe tel parti qui triomphé ou succombe ?

    Quel ennemi du père ose haïr le fils ?

    Qui pourrait insulter une pareille tombe ?

    On dit que, dans un bal, du temps de Charles Dix,

    Sur les marches du trône il s’arrêta jadis.

    Qu’il y dorme en repos du moins, puisqu’il y tombe.

     XVII

     Hélas ! mourir ainsi, pauvre prince, à trente ans !

    Sans un mot de sa femme, un regard de sa mère,

    Sans avoir rien pressé dans ses bras palpitants !

    Pas même une agonie, une douleur dernière !

    Dieu seul lut dans son cœur l’ineffable prière

    Que les anges muets apprennent aux mourants.

     XVIII

     Que ce Dieu, qui m’entend, me garde d’un blasphème !

    Mais je ne comprends rien à ce lâche destin

    Qui va sur un pavé briser un diadème,

    Parce qu’un postillon n’a pas sa bride en main.

    Ô vous, qui passerez sur ce fatal chemin,

    Regardez à vos pas, songez à qui vous aime !

    XIX

     Il aimait nos plaisirs, nos maux l’ont attristé.

    Dans ce livre éternel où le temps est compté,

    Sa main avec la nôtre avait tourné la page.

    Il vivait avec nous, il était de notre âge.

    Sa pensée était jeune, avec l’ancien courage ;

    Si l’on peut être roi de France, il l’eût été.

     XX

     Je le pense et le dis à qui voudra m’en croire,

    Non pas en courtisan qui flatte la douleur,

    Mais je crois qu’une place est vide dans l’histoire.

    Tout un siècle était là, tout un siècle de gloire,

    Dans ce hardi jeune homme appuyé sur sa sœur,

    Dans cette aimable tête, et dans ce brave cœur.

     XXI

     Certes, c’eût été beau, le jour où son épée

    Dans le sang étranger lavée et retrempée,

    Eût au pays natal ramené la fierté ;

    Pendant que de son art l’enfant préoccupée,

    Sur le seuil entrouvert laissant la Charité,

    Eût fait, avec la Muse, entrer la Liberté.

     XXII

     À moi, Nemours ! à moi, d’Aumale ! à moi, Joinville !

    Certes, c’eût été beau, ce cri, dans notre ville,

    Par le peuple entendu, par les murs répété ;

    Pendant qu’à l’Oratoire, attentive et tranquille,

    Pâle, et les yeux brillants d’une douce clarté,

    La sœur eût invoqué l’éternelle Bonté.

     XXIII

     Certes, c’eût été beau, la jeunesse et la vie,

    Ce qui fut tant aimé, si longtemps attendu,

    Se réveillant ainsi dans la mère patrie.

    J’en parle par hasard pour l’avoir entrevu ;

    Quelqu’un peut en pleurer pour l’avoir mieux connu ;

    C’est sa veuve, c’était sa femme et son amie !

     XXIV

     Pauvre prince ! quel rêve à ses derniers instants !

    Une heure (qu’est-ce donc qu’une heure pour le Temps ?),

    Une heure a détourné tout un siècle. Ô misère !

    Il partait, il allait au camp, presque à la guerre.

    Une heure lui restait ; il était fils et père :

    Il voulut embrasser sa mère et ses enfants.

     XXV 

    C’était là que la Mort attendait sa victime

    Il en fut épargné dans les déserts brûlants

    Où l’Arabe fuyant, qui recule à pas lents,

    Autour de nos soldats, que la fièvre décime,

    Rampe, le sabre au poing, sous les buissons sanglants.

    Mais il voulut revoir Neuilly ; ce fut son crime.

     XXVI

     Neuilly ! charmant séjour, triste et doux souvenir,

    Illusions d’enfants, à jamais envolées !

    Lorsqu’au seuil du palais, dans les vertes allées,

    La reine, en souriant, nous regardait courir,

    Qui nous eût dit qu’un jour il faudrait revenir

    Pour y trouver la mort et des têtes voilées !

     XXVII

     Quels projets nous faisions à cet âge ingénu

    Où toute chose parle, où le cœur est à nu !

    Quand, avec tant de force, eut-on tant d’espérance ?

    Innocente bravoure, audace de l’enfance !

    Nous croyions l’heure prête et le moment venu ;

    Nous étions fiers et fous, mais nous avions la France.

     XXVIII

     Songe étrange ! il est mort, et tout s’est endormi.

    Comment une espérance et si juste et si belle

    Peut-elle devenir inutile et cruelle ?

    Il est mort l’an dernier, et son deuil est fini ;

    La sanglante masure est changée en chapelle :

    Qui nous dira le reste, et quel âge a l’oubli ?

     XXIX

     Il n’est pas tombé seul en allant à Neuilly.

    Sur neuf, que nous étions, marchant en compagnie,

    Combien sont morts ! — Albert, son jeune et brave ami,

    Et Mortemart, et toi, pauvre Laborderie,

    Qui te hâtais d’aimer pour jouir de la vie,

    Le meilleur de nous tous et le premier parti !

     XXX

     Si le regret vivait, vos noms seraient célèbres !

    Amis ! — Que cette sombre et triste déité

    Qui prête à notre temps sa tremblante clarté

    Vous éclaire en passant de ses torches funèbres !

    Et nous, enfants perdus d’un siècle de ténèbres,

    Tenons-nous bien la main dans cette obscurité ; 

    XXXI 

    Car la France, hier encor la maîtresse du monde,

    A reçu, quoi qu’on dise, une atteinte profonde,

    Et, comme Juliette, au fond des noirs arceaux,

    À demi réveillée, à demi moribonde,

    Trébuchant dans les plis de sa pourpre en lambeaux,

    Elle marche au hasard, errant sur des tombeaux.

     1843

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  • MADAME ÉMILE DE GIRARDIN

     

    La mort vient de frapper les plus beaux yeux du monde.

    Nous ne les verrons plus qu’en saluant les cieux.

    Oui, c’est aux cieux, déjà ! que leur grâce profonde

    Comme un aimant d’espoir semble attirer nos yeux.

     

    Belle étoile aux longs cils qui regardez la terre,

    N’êtes-vous pas Delphine enlevée aux flambeaux,

    Ardente à soulever le splendide mystère

    Pour nous illuminer dans nos bruyants tombeaux ?

     

    Sa grande âme ingénue avait peur de la joie.

    Lucide et curieuse à l’égal des enfants,

    Du long regard humide où le rire se noie,

    Elle épiait les pleurs sous les fronts triomphants.

     

    Albert Durr l’avait vue à l’étude penchée,

    Au monde intérieur où lui seul pénétrait,

    Quand sa mélancolie éternelle et cachée

    Dans un ange rêveur la peignit trait pour trait.

     

    Son enfance éclata par un cri de victoire.

    Lisant à livre ouvert où d’autres épelaient,

    Elle chantait sa mère, elle appelait la gloire,

    Elle enivrait la foule.... et les femmes tremblaient.

     

    Et charmante, elle aima comme elle était : sans feinte,

    Loyale avec la haine autant qu’avec l’amour.

    Dans ses chants indignés, dans sa furtive plainte,

    Comme un luth enflammé son cœur vibrait à jour !

     

    Elle aussi, l’adorable ! a gémi d’être née.

    Dans l’absence d’un cœur toujours lent à venir,

    Lorsque tous la suivaient pensive et couronnée,

    Ce cœur, elle eût donné ses jours pour l’obtenir.

     

    Oh ! l’amour dans l’hymen ! Oh ! rêve de la femme !

    Ô pleurs mal essuyés, visibles dans ses vers !

    Tout ce qu’elle taisait à l’âme de son âme,

    Doux pleurs, allez-vous-en l’apprendre à l’univers !

     

    Elle meurt ! presque reine, hélas, et presque heureuse,

    Colombe aux plumes d’or, femme aux tendres douleurs ;

    Elle meurt tout à coup d’elle-même peureuse,

    Et, douce, elle s’enferme au linceul de ses fleurs.

     

    Ô beauté ! souveraine à travers tous les voiles !

    Tant que les noms aimés retourneront aux cieux,

    Nous chercherons Delphine à travers les étoiles,

    Et son doux nom de sœur humectera nos yeux.

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  • Vaillant Petit Tailleur

    Vaillant Petit Tailleur

     

    La marchande s’approche avec son lourd panier ;

    Sur les murs, j’aperçois des mouches en pagaille.

    D’un coup de ton torchon, habilement manié,

    Tailleur, tu en tues sept , qui volaient ta mangeaille.

     

    Quittant alors le bourg qui te fut familier,

    Tu en vois s’éloigner les antiques murailles

    Et tu vas retrouver les arbres printaniers

    Ainsi que les géants cachés dans les broussailles.

     

    De la blanche licorne est vaine la fureur ;

    Face au noir sanglier, tu te montres sans peur ;

    Ils sont tous deux vaincus, aucun d’eux ne te blesse.

     

    Le vieux roi t’a donné de l’or par tombereaux,

    Une épouse charmante, un titre de noblesse ;

    Mieux, Éric Chevillard fit de toi son héros !

     Cochonfucius

     

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  • À MADAME DU BARRY

     

    Vous étiez du bon temps des robes à paniers,

    Des bichons, des manchons, des abbés, des rocailles,

    Des gens spirituels, polis et cancaniers,

    Des filles, des marquis, des soupers, des ripailles,

     

    Moutons poudrés et blancs, poètes familiers,

    Vieux sèvres et biscuits, charmantes antiquailles,

    Amours dodus, pompons de rubans printaniers,

    Meubles en bois de rose et caprices d’écailles.

     

    Le peuple a tout brisé, dans sa juste fureur ;

    Vous seule avez pleuré, vous seule avez eu peur,

    Vous seule avez trahi votre fraîche noblesse.

     

    Les autres souriaient sur les noirs tombereaux,

    Et, tués sans colère, ils mouraient sans faiblesse ;

    Car vous seule étiez femme, en ce temps de héros !

     

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  • Bonne Année

    Bonne année à toutes les choses:

    Au monde! A la mer! Aux forêts!

    Bonne année à toutes les roses

    Que l’hiver prépare en secret

     

     

    Bonne année à tous ceux qui s’aiment

    Et qui m’entendent ici bas…

    Et bonne année aussi quand même

    A tous ceux qui ne s’aiment pas!

     

    Rosemonde Gérard

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