• Quand au temple nous serons............Pierre de RONSARD 1524 - 1585

    Quand au temple nous serons

    Quand au temple nous serons

    Quand au temple nous serons
    Agenouillés, nous ferons
    Les dévots selon la guise
    De ceux qui pour louer Dieu
    Humbles se courbent au lieu
    Le plus secret de l'église.

    Mais quand au lit nous serons
    Entrelacés, nous ferons
    Les lascifs selon les guises
    Des amants qui librement
    Pratiquent folâtrement
    Dans les draps cent mignardises.

    Pourquoi donque, quand je veux
    Ou mordre tes beaux cheveux,
    Ou baiser ta bouche aimée,
    Ou toucher à ton beau sein,
    Contrefais-tu la nonnain
    Dedans un cloître enfermée ?

    Pour qui gardes-tu tes yeux
    Et ton sein délicieux,
    Ta joue et ta bouche belle ?
    En veux-tu baiser Pluton
    Là-bas, après que Charon
    T'aura mise en sa nacelle ?

    Après ton dernier trépas,
    Grêle, tu n'auras là-bas
    Qu'une bouchette blêmie ;
    Et quand mort, je te verrais
    Aux Ombres je n'avouerais
    Que jadis tu fus m'amie.

    Ton test n'aura plus de peau,
    Ni ton visage si beau
    N'aura veines ni artères :
    Tu n'auras plus que les dents
    Telles qu'on les voit dedans
    Les têtes des cimeteres.

    Donque, tandis que tu vis,
    Change, maîtresse, d'avis,
    Et ne m'épargne ta bouche :
    Incontinent tu mourras,
    Lors tu te repentiras
    De m'avoir été farouche.

    Ah, je meurs ! Ah, baise-moi !
    Ah, maîtresse, approche-toi !
    Tu fuis comme faon qui tremble.
    Au moins souffre que ma main
    S'ébatte un peu dans ton sein,
    Ou plus bas, si bon te semble.
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  • Commentaires

    2
    Mardi 14 Juillet à 13:52

    Merci Cochonfucius pour ces belles poésies qui m'enchante de lire

    Lucienne

     

    1
    Mardi 14 Juillet à 12:40

    Temple du serpent
    -----------

    Est-il lui-même un dieu, l’animal doucereux
    Dont en un temple obscur la colonne se dresse ?
    Ainsi qu’un vrai prophète, il parle avec adresse,
    Il vante le bel arbre et son fruit savoureux.

    A-t-il connu Lilith, en fut-il amoureux,
    Ou bien s’amuse-t-il avec d’autres maîtresses ?
    Pour ce rusé trompeur, vainqueur sans allégresse,
    Un temple fut bâti par quelques malheureux.

    Peut-être il leur dira les lois de la planète,
    Les subtils changements qu’annoncent les comètes,
    Cet esprit malfaisant, ce serpent magicien.

    Dans l’Eden de Vénus mûrit la mandarine
    Pour tenter l’autre Dame, et cela nous chagrine ;
    Le reptile accomplit ce destin, c’est le sien.

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