• Qu'on m'arrache le coeur,........Philippe DESPORTES (1546-1606)

    Qu'on m'arrache le coeur,........

    Qu'on m'arrache le coeur, qu'on me fasse endurer
    Le feu, le fer, la roue, et tout autre supplice,
    Que l'ire des tyrans dessus moi s'assouvisse,
    Je pourrai tout souffrir sans gémir ni pleurer.

    Mais qu'on veuille en vivant de moi me séparer,
    M'ôter ma propre forme, et par tant d'injustice
    Vouloir que sans mourir de vous je me bannisse,
    On ne saurait, Madame, il ne faut l'espérer.

    En dépit des jaloux, partout je vous veux suivre ;
    S'ils machinent ma mort, je suis si las de vivre,
    Qu'autre bien désormais n'est de moi souhaité.

    Je bénirai la main qui sera ma meurtrière,
    Et l'heure de ma fin sera l'heure première
    Que de quelque repos çà-bas j'aurai goûté.

    « C'était sur un chemin crayeux...........Paul-Jean TOULET (1867-1920).Une maîtresse d' école demande à ses élèves »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 12 Mars 2018 à 12:14

    Ambimulet de gueules
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    C’est un ambimulet qui peut tout endurer ;
    Car le travail pour lui n’est jamais un supplice,
    Et son désir non plus, pourvu qu’il s’assouvisse,
    Et son maître jamais ne l’entendit pleurer.

    Sans doute, il ne voudra jamais s’en séparer,
    Perdre un tel compagnon serait une injustice ;
    L’homme, s’il advenait qu’un seigneur le bannisse,
    Emmènerait la bête, il s’y est préparé.

    Car la route pour deux serait meilleure à suivre ;
    Et qu’importe un logis, l’essentiel est de vivre,
    Vraiment, peu d’autres biens sont par eux souhaités.

    Dans la même atmosphère et la même lumière,
    Ils s’en iront quérir l’innocence première,
    Saveur que leur seigneur n’a jamais su goûter.

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