• PETITE MORTE...............Gérard d’Houville (1875-1963)

    PETITE MORTE

    Sur ton sein ténébreux, enfant triste endormie,
    Ô Terre ! je repose, et serre entre mes bras
    La poupée aux yeux peints qui fut ma seule amie
    Et qui sait mes secrets, qu’elle ne dira pas.
     
    Si petite, j’étais si pensive et si sage
    Que je tins peu de place et je fis peu de bruit ;
    Je négligeais la joie et les jeux de mon âge
    Et songeais à la mort lorsque venait la nuit.
     
    Je n’étais pas encor femme quand je suis morte ;
    C’est pourquoi mon tombeau, étroit comme mon lit,
    N’enferme ni parfums, ni fards d’aucune sorte,
    Ni mon premier miroir d’acier pâle et poli.
     
    J’ai voulu, loin de l’ombre et des funèbres marbres,
    Suspendre ce miroir dans les bois que j’aimais ;
    Il s’y balance ainsi qu’un fruit clair dans les arbres
    Bien haut, pour que nuls doigts ne l’y cueillent jamais.
     
    Et qu’il pusse, parmi les bouleaux et les saules,
    Voir l’astre féminin s’arrondir lentement,
    Puisque entre mes cheveux flottant sur mes épaules
    Mon miroir n’a pas vu croître mon sein charmant.
     

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