• Pasteur arraché à la mort par des sangsues après une hémorragie cérébrale

    Pasteur arraché à la mort par des sangsues
    après une hémorragie cérébrale
    (D’après « La Chronique médicale », paru en 1923)
     
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    La sangsue a connu les mêmes vicissitudes que la saignée : la Roche Tarpéienne après le Capitole ! Mérite-t-elle, cependant, le discrédit dont on l’accable aujourd’hui ? s’interroge La Chronique médicale en 1923

    Quoi qu’il en soit, on doit à ces annélides une cure fameuse, que cette même Chroniquese plut alors à rappeler au moment où partout on célébrait le centenaire de celui que ces bestioles trop décriées sauvèrent, tout simplement, d’une mort imminente. L’anecdote est contée en ces termes par le Dr P. Farez :

    « En octobre 1868, rue d’Ulm, à l’Ecole normale, dans la famille d’un grand universitaire, règne la désolation : son chef vient d’être terrassé par une hémorragie cérébrale ; le corps en quelque sorte foudroyé, il dort, écrit sa fille, d’un sommeil qui paraît être celui de la mort. Le Tout-Paris scientifique est dans l’angoisse : Sainte-Claire-Deville, Dumas, Bertin, Gernez, Duclaux, Raulin, ses anciens maîtres, ses collègues, ses disciples, se relaient à son chevet ; l’Empereur et l’Impératrice envoient journellement prendre de ses nouvelles.

    Louis Pasteur
    Louis Pasteur

    « C’est qu’il s’agit d’un grand savant ! Elu, à quarante ans, membre de l’Académie des sciences, il s’est illustré par ses travaux sur la cristallographie, les fermentations, les générations dites spontanées, les maladies du ver à soie, celles de la bière, du vin ; le rayonnement de ses découvertes lui a déjà valu une renommée universelle.

    « Une telle existence va donc être fauchée à quarante-six ans ! La détresse et l’anxiété gagnent toute la capitale ! Voyez si son décès n’est pas attendu ! On arrête, par économie, les travaux du laboratoire dont la construction lui a été enfin accordée, qui était l’ardent objet de ses vœux les plus chers, et où il comptait solidement établir les vérités éblouissantes qu’il pressentait encore à nous révéler.

    « Bien que tout espoir de guérison soit évanoui, on appelle en consultation le docteur Andral. Il prescrit des sangsues, les fait poser derrière l’oreille, à l’angle de la mâchoire, et, ô stupeur ! ô miracle ! la langue du moribond se dégage, la parole revient, les membres paralysés remuent, l’intelligence est entière : Pasteur, notre génial Pasteur est sauvé !

    « O les braves petites sangsues ! Qu’elles soient à l’honneur, elles aussi, surtout en ces jours consacrés à la glorification du grand Français ! Grâce à elles, il est arraché à la mort ; grâce à elles, il vivra d’une vie non point précaire et diminuée, mais active et féconde, pendant vingt-sept ans encore ; grâce à elles, vont être réalisées toutes les découvertes dont, à l’heure actuelle, nous sommes encore émerveillés, qui révolutionnent l’hygiène, la chirurgie, la médecine, et conservent, chaque année, dans tous les pays du globe, des milliers, peut-être des millions d’existences.

    « Grâce à elles ! Mais aussi grâce au bon docteur Andral, car c’est lui qui a prescrit les sangsues libératrices. »

    Traiterait-on de tartigrades ceux qui recourraient encore à cette thérapeutique surannée ? Sans doute, conclut La Chronique médicale, nous avons la ventouse sacrifiée, mais n’est-il pas des cas où la sangsue trouverait son indication ? Demandez plutôt à nos braves médecins de campagne ce qu’ils en pensent.

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