• Napoléon : splendeur et décadence

    Napoléon :
    splendeur et décadence

    Le sacre de Napoléon, David; Portrait inachevé de David;  Napoléon sur le trône, d'Ingres; La mort de Napoléon de Vernet

    Napoléon Public / Privé

    Napoléon :  splendeur et décadence

    Portrait inachevé ( J.L David) & Le pont d'Arcole (A.J Gros)© Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau / Louvre

    Bonaparte, jeune héros de la Révolution

    Bonaparte, qui a fait ses premières armes en 1789, a démontré à plusieurs reprises son génie militaire. En 1796, il est nommé commandant en chef de l'armée d'Italie. En moins d'un mois, il écrase les Autrichiens à Montenotte, Lodi et Arcole et les Sardes à Mondovi. A son retour fin 1797, il est accueilli en héros par les dirigeants du Directoire.

    Maîtriser son image

    Bonaparte sait déjà manipuler l'image pour en faire un puissant outil de propagande. En 1797, il invite certains artistes à la réception organisée pour son retour. Parmi eux, Jacques-Louis David qui représente le général en début de carrière, dans la fraîcheur de l'âge, les cheveux longs, le visage émacié et le corps élancé. A l'inverse, c'est l'action qui domine dans le tableau d'Antoine Gros : Bonaparte, peint de plain pied, est engagé dans le combat. Le regard déterminé, le bras levé, le drapeau à la main, il indique sa ferme volonté de remporter la victoire. Antoine Gros le représente déjà comme l'homme providentiel, le maître d'une épopée qui marquera l'Histoire.

    Napoléon :  splendeur et décadence

    Bonaparte au conseil des Cinq-Cent (F. Bouchot) & Bonaparte Premier consul (Ingres © Musée national du Château de Versailles / Musée de Liège

     

    Le coup d'état du 18 Brumaire

    Durant l'été 1799, la France connaît une crise politique et économique. Une part croissante de la classe dirigeante souhaite faire tomber le Directoire. A son retour d'Egypte, Bonaparte prend la tête du coup d'étatqui éclate le 18 Brumaire de l'an VIII (9 novembre 1799). Il se fait nommer premier consul et met en place un régime autoritaire.

    Un consul ambitieux

    Le tableau de François Bouchot met en scène un moment critique du coup d'état. Le général Bonaparte, conspué au Conseil des Cinq-Cent, doit être évacué de la salle. Une intervention militaire est nécessaire pour faire aboutir le coup d'état parlementaire. S'il est en position de faiblesse dans l'œuvre de Bouchot, le portrait d'Ingres donne de lui l'image inverse. Les changements dans la représentation de Bonaparte sont déjà perceptibles. Il pose en homme mature, avec ses cheveux coupés courts et sa fameuse main gauche déjà glissée sous son veston ; l'uniforme militaire est délaissé au profit d'un ensemble pourpre, couleur royale. La fenêtre ouverte symbolise ses perspectives d'avenir.

    Du sacre au mariage

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    Le sacre de l'Empereur Napoléon (J.L David) & Mariage religieux de Napoléon Ier et Marie Louise (Rouget) © Louvre

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    L'avènement de Napoléon Ier

    En avril 1804, le conseil d'Etat annonce officiellement la création de l'Empire. Le titre d'Empereur, plus conciliable avec l'héritage révolutionnaire, est préféré à celui de roi. Le règne de Napoléon doit se placer sous protection divine et le sacre est organisé le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris.

    En 1810, aprés avoir divorcé de Joséphine, Napoléon réaffirme son attachement à l'Eglise en se mariant avec Marie-Louise d'Autriche dans le carré du Louvre, transformé en chapelle pour l'occasion. Napoléon espère que ce mariage lui donnera l'héritier qu'il n'a jamais eu.

    Les grands cérémoniaux de l'Empire

    Le tableau de David, peintre officiel de l'Empereur, est une reconstitution embellie du décorum monarchique et carolingien du sacre. Malgré la cérémonie religieuse, Napoléon n'entend pas être le serviteur de l'Eglise. Il reçoit la bénédiction pontificale de Pie VII mais, contrairement à tous les usages, se pare lui-même de la couronne avant de couronner Joséphine.

    Dans la scène du mariage, Napoléon et Marie-Louise reçoivent la bénédiction nuptiale entourés de la noblesse. Si la composition de l'œuvre est semblable à celle de David, Napoléon est peint dans une position plus modeste : au même niveau que Marie-Louise, il se présente en homme plus qu'en Empereur.

    La vie de famille

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    Napoléon, Marie-Louise et le roi de Rome (A. Menjaud)© Musée national du Château Fontainbleau

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    Une vie privée secondaire

    Contrairement aux tableaux représentant la vie publique de Napoléon, les scènes d'intimité restent rares. Selon l'historien Jean Tulard, ni ses liaisons - aussi nombreuses qu'elles aient été - ni sa vie de famille n'auraient eu d'incidence sur sa vie politique. La question de sa descendance sort cependant de la sphère strictement privée : c'est l'avenir de la dynastie qui est en jeu.

    Le successeur

    L'œuvre d'Antoine Menjaud est l'une des rares représentations d'une scène réellement intimiste. Il témoigne de l'amour que Napoléon porte à son fils, né le 20 mars 1811. L'Empereur fixe le spectateur pour lui certifier que sa descendance est assurée. L'Impératrice Marie-Louise, peinte en blanc en premier plan, regarde cette scène d'amour filiale avec tendresse. La gouvernante et la nourrice de l'enfant, déjà roi de Rome, ont coutume de l'amener quotidiennement à l'Empereur qui daigne jouer quelques minutes avec son fils.

    Les exploits militaires

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    La bataille d'Austerlitz (F. Gérard)© Musée national du Château de Versailles

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    Les conquêtes de Napoléon

    La bataille d'Austerlitz ou "bataille des trois empereurs" est l'une des plus célèbres victoires napoléoniennes. En 1805, une coalition entre Russes et Autrichiens se forme contre Napoléon. Face à cette offensive soudaine, sa réaction est immédiate. Il conduit la Grande Armée en Autriche où il remporte, le 2 décembre, une glorieuse victoire.

    La mise en scène de la victoire

    Une véritable industrie célébrant les victoires de l'Empire se met en place. Les peintres doivent répondre à des commandes précises, très souvent de scènes militaires. François Gérard, qui reçoit une somme importante pourLa Bataille d'Austerlitz, suit les exigences de l'Empereur à la lettre. Il peint le moment d'apothéose, quand le général Rapp rapporte à Napoléon les drapeaux et canons pris à l'ennemi. Dans ce tableau animé, les généraux de la Grande Armée expriment leur joie alors Napoléon se tient fièrement sur son cheval blanc, insensible au massacre qui l'entoure. Il est illuminé de la lumière des cieux tandis que l'ennemi gît sur la terre obscure

    Napoléon :  splendeur et décadence

     

    Retour de Napoléon sur l'île de Lobau (C. Meynier)© Musée national du Château de Versailles

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    La bataille d'Essling

    En 1809, l'Autriche, qui cherche à se venger de la terrible défaite d'Austerlitz, déclare une nouvelle guerre à l'Empereur. Après avoir été encerclée par les troupes autrichiennes qui ont coupé les ponts du Danube, la Grande Armée se trouve bloquée sur l'île de Lobau. Une vingtaine de ponts sont construits entre les îles du Danube pour mener les soldats au combat. Mais dans ces conditions difficiles, la Grande Armée a du mal à prendre le dessus. Les deux armées se livrent un combat désespéré : 90 000 soldats meurent dans les deux camps.

    Le serment de la Grande Armée

    La toile de Charles Maynier illustre l'attachement des soldats à l'Empereur. Napoléon assert ses troupes en leur imposant le serment. Les artistes néo-classiques se mettent donc à illustrer la fidelité de la Grande Armée. Napoléon, en prince, est représenté victorieux même dans la défaite. Il vient réconforter ses hommes moribonds qui gisent sur l'île de Lobau. Accompagné de son chef d'Etat Major, il étend le bras pour faire corps avec eux. Reprenant la gestuelle du salut romain, il s'affiche en chef suprême.

    La diplomatie orientale

    Napoléon :  splendeur et décadence

    Napoléon reçoit l'ambassadeur de Perse au château de Finkenstein (F.H Mulard)© Musée national du Château de Versailles

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    Le Grand Empire

    Les brillantes campagnes militaires de Napoléon ont permis à l'Empire d'élargir ses frontières. En 1811, date de son expansion maximale, 50 millions de personnes, 130 départements et une multitude d'Etats sont sous domination française. Le "Grand Empire" recouvre la quasi-totalité de l'Europe, à l'exception de l'Angleterre que Napoléon cherche à isoler du reste des pays européens. Aussi, lorsque le Chah de Perse, traditionnel allié de l'Angleterre contre la Russie, se tourne vers la France pour conquérir l'Arménie, Napoléon n'hésite pas à recevoir son ambassadeur dans son château de Finkenstein, en Prusse orientale.

    La diplomatie de Napoléon

    Le tableau de François-Henri Mulard, d'influence orientalisante comme ce fut à la mode après la campagne d'Egypte, représente l'arrivée de l'ambassadeur perse, Mirza Reza. Il est peint en situation de faiblesse, quasiment agenouillé en signe de soumission à l'Empereur. Ce dernier se poste en observateur pour accueillir la délégation. Isolé du reste du groupe, il marque sa supériorité. Unique trace iconographique de cet événement, cette toile témoigne de la politique mondiale menée par Napoléon.

    La chute

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    Adieux de Napoléon au Château de Fontainebleau (A.Montfort) & Napoléon à Fontainebleau (P. Delaroche)© Musée national du Château de Versailles / Musée der bildenden Künste de Leipzig

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    L'abdication

    En février 1814, l'Empire est en crise : les généraux de Napoléon se rebellent et les forces alliées (Royaume-Uni, Prusse, Russie, Autriche) envahissent Paris. La bourgeoisie parisienne comme le peuple ne soutient plus l'Empereur. Le Sénat proclame la chute de l'Empire et, le 6 avril, Napoléon accepte d'abdiquer en faveur de Louis XVIII. Le 20 avril, il part en exil pour l'île d'Elbe.

    De la gloire à la déchéance

    La toile de Monfort, inspiré de l'œuvre de Vernet, se situe dans la cour du Cheval Blanc. Napoléon, au milieu de sa garde impériale, fait son adieu en costume militaire, botté, coiffé de son célèbre tricorne, épée sur la hanche. Fier, il ne laisse paraître aucun signe de faiblesse. En revanche, Delaroche se permet de le peindre abattu dans sa toile de 1845 : les traits grossis, le ventre rebondi, Napoléon est avachi sur une chaise. Pour une fois, la silhouette n'est pas composée : l'Empereur est tête nue, dans un costume négligé. Le frêle jeune homme de 1797 a laissé place au petit homme bedonnant, rongé par le pouvoir

    La naissance d'un mythe

    Napoléon :  splendeur et décadence

    L'Astre brillant (Antoine Aubert) © Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau

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    Une légende sous contrôle

    En contrôlant son image, Napoléon crée de son vivant sa propre légende. Après le couronnement de 1804, son régime personnel prend une tournure sacrée qui ne fait qu'augmenter avec le temps. En 1806, la Saint Napoléon est inventée : on la célèbre le 15 août, date d'anniversaire du souverain. Déjà auréolé par ses victoires militaires, il fait l'objet d'un culte quasi religieux.

    Napoléon, dieu vivant

    La gravure d'Antoine Aubert qui date de 1812 montre que l'idolâtrie napoléonienne n'a pas attendu la Restauration pour éclore. Napoléon est réduit à son visage, illuminé d'un halo de lumière céleste. Il irradie la Terre, elle-même soutenue par les aigles impériaux. Aubert accompagne sa gravure d'une légende qui attribue à l'Empereur des pouvoirs divins : "Astre brillant, immense, il éclaire, il féconde. Et seul fait à son grès tous les destins du monde". Le visage de l'Empereur serait tiré du tableau d'Ingres représentant Napoléon sur son trône.

    Les icônes napoléoniennes

    Napoléon :  splendeur et décadence

    La mort de Napoléon, H. Vernet & Napoléon sortant du tombeau, C.J Werner © Collection particulière / Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau

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    Le bonapartisme

    Le bonapartisme fait son grand retour sous la Monarchie de Juillet (1830-1848). Louis-Philippe, critiqué par les républicains et les royalistes, encourage ce courant : il traite les bonapartistes avec soin et revalorise l'Empire à travers l'art officiel. D'abord développée par les anciens soldats de la Grande Armée, la glorification de l'Empereur est reprise puis soutenue par les romantiques, tels qu'Hugo. En 1840, le courant bonapartiste connaît son apothéose avec le retour des cendres des Napoléon.

    Un Napoléon christique

    Alors qu'en 1815, on le représente seul et abandonné sur son île, Napoléon devient, dès 1830, un saint républicain. Horace Vernet lui témoigne son admiration en le peignant dans une mort quasi christique. Il se concentre sur le visage de l'Empereur défunt qu'il orne d'une couronne de laurier en signe de glorification. La gravure de Werner s'inspire également de l'iconographie chrétienne : Napoléon, ressuscité, surgit de son tombeau. Cette allégorie s'accompagne du texte du testament de Napoléon : "Je désire que mes cendres soient déposées sur les bords de Seine au milieu de ce peuple français que j'ai tant aimé…".

    L'allégorie républicaine

    Napoléon :  splendeur et décadence

    Napoléon, Allégorie (J.B Mauzaisse) © Musée national des Châteaux de Malmaison et Bois Préau

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    Napoléon s'incrit dans l'Histoire

    Ce tableau, qui a été exposé au Salon de 1833, participe du culte napoléonien. Jean-Baptiste Mauzaisse, peintre officiel, présente une œuvre destinée à un public bourgeois et républicain. Napoléon est représenté en héros tel que la mythologie grecque le définissait : mi-homme, mi-dieu, il a sa place dans l'Olympe. Il est revêtu de son uniforme militaire et doté de ses attributs symboliques (les lauriers et l'aigle). Si Pie VII n'avait pas eu ce privilège en 1804, l'archange qui le protège s'apprête à le couronner. L'Empereur, béni des dieux et immortel (la faucheuse est abaissée), grave sa loi sur des tables de pierre. En regardant le spectateur droit dans les yeux, il s'inscrit dans l'Histoire.

     

     

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