• Egyptienne

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    Pour les Anciens, l'Egypte sera essentiellement taoui - «le double pays » -, et cette dualité de nature (entre la Haute-Egypte, vallée encaissée entre deux déserts, et la Basse-Egypte, plaine alluviale coïncidant avec le delta du Nil) comme cette double attirance (vers l'Afrique d'une part, vers l'Asie et la future Europe d'autre part) marqueront tous les éléments et les faits de la vie politique, économique, humaine de ce pays pré-destiné. scarabéeUn contraste de couleurs renforce, d'est en ouest, une autre dualité, entre Kemet « la noire » (la vallée fertile au limon sombre) et Deshret « la rouge » (la région stérile des déserts aux sables rutilants sous le soleil). La civilisation égyptienne prend ses racines dans la nuit des temps, il y a plus de six mille ans (chronologie). La religion, basée sur le polythéisme, guidait chaque aspect de vie égyptienne.

    Cléopâtre, reine du  Nil , Jeu de  www.sierra.fr

    L'Egypteétait le domaine de quelques 2000 netjer, divinités, qui paraissent être, pour la plupart, les héritiers des totems de clans primitifs, et le souvenir de cette origine explique les formes très variées hommes, animaux, plantes, objets inanimés même, sous lesquelles ils ont été adorés, à toutes les époques, dans les nomes qui avaient succédé aux clans. Il explique aussi, peut-être, pourquoi le plus grand nombre d'entre eux étaient plutôt des sortes de génies locaux demeurés comme tels, très proches de l'homme : on voyait en eux des êtres plus forts et plus intelligents, mais qui étaient soumis cependant à tous les besoins, à toutes les passions et à toutes les misères de l'humanité. Ils pouvaient même mourir, mais ressusciter ensuite par la puissance de la magie très présente.

    Leur existence était d'ailleurs conçue à l'image de celle de la famille humaine. Ils formaient ce qu'on appelle une triade comme par exemple celle de Thèbes qui regroupait Amon, Mout et Khonsou.

    Il est difficile de classer les dieux égyptiens de façon très précises car les croyances religieuses sont complexes Elles ont évoluées au cours du temps et dépendent aussi de la localisation géographique. Certains, comme Amon, étaient adorés dans le pays tout entier, tandis que d'autres n'étaient connus que très localement.
    Il faut considérer l'extrème longévité de ces cultes qui commencèrent il y a 5000 ans et qui ne s'achevèrent qu'au VI siècle de notre ère quand Justinien les interdit en 550 avec la fermeture du temple d'Isis à Philae Il y a de maintes façons d'orthographier les noms des divinités de la mythologie égyptienne. J'ai opté pour la plus commune en précisant les orthographes alternatives.
    Pour faciliter la découverte de la mythologie égyptienne, j'ai regroupé en un mini panthéon illustré, les divinités les plus importantes et les plus connues.

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  • La mythologie de la Chine

    La mythologie de la Chine s’est formée au cours des siècles par la juxtaposition d’éléments d’origine diverse : on y trouve pêle‑mêle, à côté des anciennes divinités indigènes, certaines grandes figures d’origine bouddhique, qui y jouent parfois, d’ailleurs, un rôle inattendu, des héros historiques divinisés à une époque plus récente, des personnages taôistes, etc.
    Comme il n’y a jamais eu d'autorité d’aucune sorte ayant charge de la religion, pour en diriger, ou tout au moins en codifier le développement, doctrine et mythologie se sont constituées sans coordination, acceptant les idées et les personnages qui frappaient le plus l’imagination populaire en divers temps, non sans contradictions et doubles emplois.

    L'écriture de contes mythologiques commença durant les dynasties des Wei et des Jin (vers 220), quand des auteurs sous l'influence des idées du Taôisme et des superstitions Bouddhistes, se sont intéressés aux histoires des dieux et des fantômes.

     

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  • Celte

    Celte.....

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    Nous connaissons les Celtes continentaux à travers les historiens romains qui ont "interprété" à l'aune de leurs connaissances les dieux celtiques en termes de leurs équivalents romains approximatifs, leur faisant perdre leur saveur celtique en cours de route. Voici la religion gauloise telle que César l'appréhende.

    On peut obtenir des informations plus sûres sur les Celtes de l'ouest parce que l'Irlande n'a jamais été romanisée et elle n'a été convertie au Christianisme qu'au Ve siècle de notre ère.

    Les celtes adoraient plusieurs centaines de dieux et de déesses qui nous sont très mal connus à cause du manque de sources fiables.


    Mabinogion

    Les celtes païens ont laissé peu de traces écrites : lois, traditions et croyances religieuses étaient principalement transmises de façon orale. Notre connaissance de la culture celte est donc essentiellement basée sur les témoignages d'auteurs classiques grecs et romains, sur quelques vestiges archéologiques, et sur des écrits irlandais et gallois plus tardifs.
    Incapables de comprendre les coutumes celtiques, les Anciens cherchèrent à justifier la conquête de leurs territoires en décrivant les Celtes comme des barbares indisciplinés avides de violence et se livrant à des rituels sauvages. Leurs récits sont donc peu crédibles, même si certaines de leurs observations ont été corroborées par des découvertes archéologiques.
    La mise au jour de nombreux objets celtiques a permis aux chercheurs d'obtenir une vision différente de celle décrite par les auteurs gréco-romains. De fait, les Celtes formaient un peuple d'une grande intelligence et d'une grande richesse, dont les qualités artistiques et techniques demeurèrent inégalées dans l'Europe préhistorique.

     

    Écrits après la chute de l'Empire romain et traitant uniquement de régions extérieures à l'Europe celtique pré-romaine, les textes irlandais et gallois sont de peu d'utilité pour comprendre la mythologie des Celtes païens. Malgré tout, ces récits compilés par des moines ont un intérêt propre et nous éclairent sur la façon dont certaines traditions mythologiques ont inspiré les romans arthuriens de l'époque médiévale.
    • Le cycle d'Ulster, ou cycle de la Branche Rouge, décrit les héros et rois de l’Irlande protohistorique et l’intervention coutumière des dieux. La Táin Bó Cúailnge (Razzia des Vaches de Cooley ) est le récit le plus important qui raconte l’invasion de l’Ulster par la reine Medb et les exploits de Cuchulainn.
    • Le cycle mythologique, dont le texte principal est le Cath Maighe Tuireadh (« Bataille de Mag Tured »), centré sur la lutte que livrent les dieux Tuatha Dé Danann aux Fir Bolg (première bataille de Mag Tuired), puis aux Fomoires (seconde bataille). Autre texte important Tochmarc Etaine (« La Courtise d’Etain »), consacré à la déesse Étain. A ce cycle, il faut associer les Immrama.
    • Le cycle Fenian ou cycle de Finn est consacré aux aventures de Finn Mac Cumaill, de son fils Oisin et sa troupe de guerriers, les Fianna Éireann.
    • Le cycle historique ou cycle des rois est composée d’annales légendaires. Le texte le plus important est le Lebor Gabála Érenn (« Livre des conquêtes d’Irlande ») qui rapporte l’« histoire » des invasions de l’Irlande (notamment celle des dieux, les Tuatha Dé Danann), depuis le déluge jusqu’à l’arrivée des ancêtres mythiques des Gaëls.

    Les textes gallois sont plus christianisés et les éléments mythologiques sont moins apparents que dans les textes irlandais Le récit important est les Mabinogion, appelé aussi Les Quatre branches du Mabinogi. Ce sont quatre récits du pays de Galles, qui datent du début du XIIIe siècle. Ils sont contenus dans deux manuscrits du XIVe siècle (le Livre Rouge de Hergest et le Livre Blanc de Rhydderch), reliés l'un à l'autre, et on les désigne par les noms de chacun de leurs héros : Pwyll, Branwen, Manawyddan, Math. Le titre dérive du vocable « mabinog », qui veut dire « jeune garçon » et on a coutume de le traduire par les mots suivants : « Instructions pour jeunes bardes ». L'oeuvre, dans son ensemble, rapporte des histoires fantastiques où les mages jouent un grand rôle. On assiste à des enchantements et à des métamorphoses on découvre des animaux monstrueux, des paysages irréels et mystérieux.
    Les autres textes notables sont Breuddwyd Macsen Wledig (Le Rêve de Macsen), Lludd a Llefelys (Lludd et Llevelys), Culhwch ac Olwen (Kulhwch et Olwen), Breuddwyd Rhonabwy (Le songe de Rhonabwy), Hanes Taliesin (Le conte de Taliesin).

     

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  • La mythologie de la Corée  de La Corée

    La mythologie de la Corée

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    La mythologie de la Corée ne reflète pas la culture chinoise. La structure des récits, leurs personnages et leurs thématiques sont des vestiges d'une période plus ancienne.
    Les mythes coréens se divisent en deux grandes catégories,
    Les uns évoquent la fondation du peuple et de l'État. Ils sont si anciens que les conteurs modernes ne les racontent plus, aussi ne les connaît-on qu'à travers les archives chinoises et coréennes.
    Les autres expliquent les origines du monde et ils font encore partie du répertoire chanté des chamans. Car contrairement à ce qu'on pourrait croire dans une société moderne il existe encore des fidèles du Daejongism et du Cheondogyo qui est un syncrétisme du chamanisme coréen, du taoïsme, du bouddhisme et quelques éléments issus du christianisme.

    Les mythes fondateurs évoquant la naissance de la nation, de l'État et des familles dirigeantes furent retranscrits depuis le siècle au moins, à la fois en Chine et en Corée. La trace la plus ancienne d'un mythe coréen se trouve dans le recueil chinois intitulé Lunheng. L'anthologie de mythes et légendes la plus exhaustive et la plus ancienne est le Samguk yusa ou Mythes et légendes des trois royaumes qui fut compilée par Iryon, moine bouddhiste du mir siècle et très probablement aussi le premier folkloriste coréen. Le Samguk yusa est le document le plus complet décrivant l'origine du peuple coréen, de l'État et des clans.

    Une autre source est le Shillok ou Annales de la dynastie des Yi de la lignée des rois de la dynastie Choson (1392-1910). Toutefois, aucun de ces ouvrages ne traite de la genèse, présente uniquement dans les muga, les chants des chamans. Les mythes de la création ne furent pas transcrits avant le début du XXe siècle, quand les mythologues, et en particulier Son Chint'ae (1900-1950), commencèrent à les collecter.

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  • ANGES & DEMONS
     

    De nombreuses traditions font aussi état d'entités invisibles susceptibles d'aider les hommes à combattre les démons. Les anges existent dans de nombreuses religions et ce depuis fort longtemps.

    St Michel
    Saint Michel terrassant Satan d'après Raphael
    © Musée du Louvre
     

    Bien des peuples ont cru à l'existence d'êtres spirituels intermédiaires entre Dieu et l'homme, et bien des religions leur ont adressé un culte. D'une certaine façon, l'on pourrait dire que la croyance en ces êtres spirituels fait partie du patrimoine commun d'une grande partie de l'humanité. Pour expliquer certains phénomènes dont il ne découvre pas les causes, l'esprit humain est naturellement porté à supposer l'existence d'êtres invisibles agissant d'une façon mystérieuse. Et, selon la nature des effets produits, ces êtres spirituels sont considérés comme bons ou mauvais.

    Ces spéculations sont confirmées par des révélations positives dans le judaïsme (Ancien Testament), dans le christianisme (Nouveau Testament) et dans l'islàm (Coran).
    L'Ancien Testament appelle les anges des « messagers ». Et, en effet, ces êtres spirituels, qui forment auprès de Dieu une sorte de cour, sont ses messagers pour remplir près des hommes diverses fonctions d'information ou de protection, voire de punition des impies. On a souvent dit que la croyance aux anges s'était répandue chez les juifs lors de l'Exil (VIe siècle avant notre ère), au contact de la religion babylonienne. Et pourtant, dès la Genèse, les anges sont mentionnés en de nombreux récits: apparition à Sara, à Lot, à Agar, à Abraham, à Jacob, etc.
    Toutefois, à partir de l'Exil, les anges jouent un rôle de plus en plus grand.

    À côté d'eux, d'autres êtres spirituels, les démons, cherchent à nuire aux hommes, surtout en les poussant au mal. Le serpent de la Genèse semble bien le symbole d'un tel être démoniaque.
    Les anges mauvais, dont le chef est le diable, ou Satan, sont responsables de la tentation de Jésus et de la trahison de Judas; ils tentent aussi les disciples et ils sèment l'ivraie parmi le bon grain; ils sont condamnés au feu éternel (Matthieu, XXV, 41).
    Sous des termes différents (« démons » ou esprits impurs »), le Nouveau Testament désigne les esprits mauvais responsables de diverses maladies, et surtout de maladies nerveuses. Même si la science moderne impute ces maladies à des causes naturelles, il n'en reste pas moins que leur attribution à une cause démoniaque confirme la croyance admise par Jésus et ses disciples à l'existence et à l'action multiforme d'esprits pervers, acharnés à combattre Dieu et à persécuter les hommes. Aussi la prière essentielle des chrétiens, le « Notre Père », contient-elle une requête particulière pour demander à Dieu de nous tenir à l'écart du « pervers ».

    Enfers
    Le cauchemar (1781) d'après Henry FUSELI
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    A la suite de l'Ancien et du Nouveau Testament, et peut-être sous leur influence, le Coran parle très souvent des anges, et professe une doctrine analogue à celle du judaïsme et du christianisme. Ce point de doctrine est même considéré comme l'un des plus importants : « L'homme bon est celui qui croit en Allàh et au Dernier Jour, aux Anges, à l'Ecriture et aux Prophètes » (Coran, II, 172). Au contraire, 1' « infidèle » est défini comme « celui qui est ennemi d'Allàh, de ses Anges, de ses apôtres, de Gabriel, de Michel» (II, 92). De même, l'existence du démon ne fait aucun doute, car il a tenté Adam et il continue à tromper et à séduire les hommes. Le Diable, qu'on le veuille ou non, fait partie de notre patrimoine, de notre histoire. Ses implications dans les affaires humaines ont fait couler tant d'encre et de sang de par le monde, qu'il serait absurde de nier son influence dans la vie des peuples.

    Au cours des âges, la terreur, la famine, les maladies aidant, l'humble serpent du jardin d'Eden est devenu un dragon gigantesque, un nouveau Protée toujours prêt à changer d'image, d'autant que sa plus belle ruse est de faire croire qu'il n'existe pas. Sur ce point, les théologiens, les auteurs des Grimoires et des Enchiridions apportent, d'ailleurs un démenti formel.

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  • Mythologie Généralité

    Il existe un très grand nombre de théories qui ont cherché à expliquer la naissance des mythes, des légendes, des contes et, d'une façon générale, ce qui appartient au folklore. L'histoire de ces théories s'adresse surtout à ce que les termes de mythe, de légende, de conte et de fable désignent tous en commun :

    1) un récit (écrit ou parlé) dont ceux qui le rapportent se considèrent comme les dépositaires et non comme les auteurs;

    2) une histoire composée de personnages dont certains — parfois tous — possèdent une nature surhumaine jointe fréquemment à un comportement humain (pouvoirs surnaturels, joints à des sentiments ou à des désirs naturels) et constituée d'événements qui peuvent être également naturels ou surnaturels, dans un décor réel (ou réaliste) ou surnaturel (merveilleux);

    3) une fusion totale entre les éléments réels et les éléments surréels au sein du récit même, qui apparaissent ainsi tous sur un pied d'égalité.

    On conviendra de désigner sous le nom de mythe un ensemble d'aventures dont les personnages sont considérés comme des dieux, des demi-dieux ou des héros. Le mythe, par là même, a une certaine relation avec la religion : les dieux d'un mythe sont les mêmes que ceux de la religion; un demi-dieu, héros de nombreux mythes, peut être l'objet d'un culte.

    LIMITES DE LA MYTHOLOGIE

    La création de mythes, de légendes, etc., comme ensembles linguistiques parlés ou écrits, paraît être le propre de civilisations humaines à un stade précédant l'industrialisation : les peuples de l'Antiquité (Sumériens, Egyptiens, Grecs, populations de l'Inde védique et brahmanique), certains peuples contemporains, mais en dehors de notre civilisation (Australiens, Amérindiens, Océaniens, peuples du Caucase et de la Sibérie), connaissent une mythologie très riche.

    Il existe des « mythes » au sein du monde moderne. C'est ce que pense, par exemple, Roland Barthes (Mythologies, 1957). On dit ainsi que « Tarzan », la « femme fatale », la « modernité » constituent des mythes de notre société. Ce sont, en effet, des représentations collectives (peut-être comme l'étaient les héros des aventures mythiques pour les Grecs) chargées d'une force émotionnelle motivant de façon subconsciente notre comportement. Mais, même personnifiés (Charlot, Tarzan), ils ne sont pas considérés préférentiellement comme les personnages d'aventures particularisées, qu'elles soient parlées, écrites, filmées, imagées en bandes dessinées. Ce sont des figures non narratives. Les mythes modernes sont donc exclus de cette étude : ils peuvent être envisagés dans le cadre d'une science générale des signes.

    La disparition des mythologies dans le monde moderne avait frappé K. Marx. L'explication qu'il en donne repose sur la conception qu'il se fait de la mythologie même. Pour lui, la mythologie et l'art qui en tire sa substance reposent sur l'histoire des représentations collectives et les rapports sociaux qui les sous-tendent.

    «L'idée de la nature et des rapports sociaux qui alimente l'imagination grecque, et donc la mythologie grecque, est-elle compatible avec les métiers à filer automatiques, les locomotives [...]? Qu'est-ce que Jupiter auprès du paratonnerre, Hermès à côté du Crédit mobilier? Toute mythologie dompte, domine, façonne les forces de la nature dans l'imagination et par l'imagination; elle disparaît donc, au moment où ces forces sont dominées réellement »
    (Introduction générale à la critique de l'économie politique, inédit de 1857 publié en 1903).

    Mao Zedong (Mao Tsé-toung), commentant ce texte, précise les rapports du mythe et de la réalité dans l'optique du matérialisme dialectique :

    « La mythologie peut nous enchanter en nous montrant, entre autres, les forces de la nature dominées par l'homme [...]; mais les mythes n'ont pas été formés à partir de situations déterminées par des contradictions concrètes; ils ne sont donc pas le reflet scientifique de la réalité. Dans les mythes, les aspects constituant une réalité n'ont pas une identité réelle, mais une identité imaginaire.»
    (A propos de la contradiction, 1937.)

    La représentation des contradictions entre forces de la nature et effort de l'homme (Marx) se complète chez Mao Zedong par le concept d'identification « impossible».
    Nous allons voir quels sont les quelques problèmes classiques liés à l'étude des mythes.

    Existe-t-il un auteur pour chaque mythe?

     

    Ce problème fut, au XIXe siècle, l'objet de controverses passionnées, notamment à la suite des travaux du philologue allemand F. A. Wolf sur l'Iliade et l'Odyssée. Il faut admettre, par définition, qu'un mythe est compris par un groupe social ayant géographiquement et historiquement des liens culturels étroits (notamment linguistiques), que le mythe évolue (se complète, se modifie), mais qu'aucun créateur précis ne peut être repéré, bien que rien n'empêche d'admettre que les initiatives prises puissent l'être par des individus.

    Existe-t-il une source valable pour les mythes en général?

    Certains mythes amérindiens ont été recueillis au XVIIe siècle par des jésuites, qui les assortissaient souvent de commentaires du genre : « Tout cela est absurde.» D'autres le sont encore aujourd'hui au moyen de magnétophones.
    Rien ne permet d'affirmer à coup sûr que :

    a) si ceux qui ont été recueillis au XVIIe siècle l'ont été exactement, objectivement et scientifiquement, malgré la différence des moyens mis en oeuvre, ils soient plus « purs », moins surchargés d'ajouts, moins altérés par des modifications que ceux qui le sont encore aujourd'hui par des moyens que nous contrôlons;

    b) si ceux qui ont été recueillis au XVIIe siècle ont été modifiés par la passion partisane et apologétique (pure hypothèse), voire créés de toutes pièces par les missionnaires, ils soient d'une nature hétérogène à ceux que nous recueillons aujourd'hui scientifiquement et doivent être rejetés. Il faut donc admettre la validité des sources en bloc.

    On peut aussi se demander si un mythe est plus valable dans une version ancienne. La mythologie grecque est connue pour être l'une des rares où la grande majorité des sources soient des oeuvres littéraires datées (théâtre, poésie savante). On constate, dès lors, que certains mythes sont constitués très tôt, que d'autres, au contraire, s'enrichissent au cours des temps, que certains, apparemment étrangers, se regroupent et fusionnent (syncrétisme).
    Il y a donc une histoire du mythe. Mais celle-ci serait-elle décelable à coup sûr sans de solides critères extérieurs? Et surtout pour quelles raisons faudrait-il privilégier dans le choix des sources un moment de l'histoire plus qu'un autre? Le choix de la version ne repose pas sur une définition du mythe, (lui aurait tendance à admettre toutes les versions, mais sur une optique particulière du mythographe.

    Source : Grande Encyclopédie Larousse

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  • Africaine

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    Toute la bordure septentrionale de l'Afrique a été plus ou moins intégrée à la zone d'influence des grandes civilisations de l'Antiquité : les rivages méditerranéens du continent étaient bien connus. Puis les Arabes acquirent une connaissance précise de l'intérieur, jusqu'aux grands empires noirs de l'Afrique occidentale. Ils connurent également fort bien les côtes orientales, qui ne furent pas non plus ignorées des Chinois. Pour les Européens, l'Afrique resta longtemps un « continent mystérieux », et l'exploration de l'intérieur ne se fera systématiquement que tard dans le XIXe siècle.

     

    Mythologie.

    La mythologie de l'Afrique est à la fois unique et impressionnante de diversité. Même si beaucoup de peuples partageaient une langue commune et vivaient géographiquement à proximité les uns des autres, les croyances locales variaient énormément. Il existe bien évidemment des thèmes, des personnages et des dieux communs récurrents dans les mythologies de tout le continent, mais les cultures individuelles possédaient généralement leurs croyances et leurs coutumes propres.

    Certains croient que l'histoire du cosmos se divise en trois époques. La première est parfaite, un âge d'or où les dieux, les hommes et les animaux cohabitent en une totale harmonie. Puis, durant la deuxième de ces trois périodes, l'âge de la création, le dieu créateur fait naître la terre, les hommes et les animaux. C'est une période de différenciation car Dieu a créé la vie en s'utilisant comme matière et modèle, tentant ainsi de recréer l'âge d'or sur terre. Mais quelque chose se produit, indiquant que l'âge de la perfection est terminé et ne peut être reproduit sur terre ; la mort fait son entrée dans le monde, la terre et l'humanité sont défectueuses. C'est une période de chaos et d'ordre, de peur et d'espoir, d'atténuation du passé et de promesse d'un nouvel avenir. Ce dualisme ordre-chaos est parfois considéré comme la nature même du dieu créateur.

    Dans certains systèmes religieux, ce créateur est un dieu farceur à la fois bienveillant et créatif, et sorcier imprévisible et, souvent, destructeur. C'est un dieu qui porte en lui la vie et la mort, un illusionniste aux particularités sublimes et scandaleuses. Ce mélange dialectique se retrouve dans la création des hommes qui portent en eux la vie et la mort et se conduisent aussi de manière sublime et scandaleuse. Cet état de fait résulte du défaut remontant à l'âge de la création, cette période primordiale de transformation, ce rite de passage au niveau cosmologique.
    Au fil du temps, la part pieuse, créatrice du dieu-farceur (trickster) et du dieu dualiste se rend au ciel, s'éloigne encore plus des hommes et de la terre, et sa partie destructrice reste sur terre, avec un potentiel de perfection et de bonté : le dieu-farceur est devenu profane. Ce troisième âge est l'âge contemporain, le monde d'aujourd'hui, un royaume où les hommes et les dieux sont isolés les uns des autres, où les hommes, à travers les rituels et les traditions, cherchent à dupliquer cet âge parfait, perdu depuis longtemps et dont un faible écho demeure perceptible.

    Durant cette course de l'âge parfait à l'âge contemporain, les hommes ou les animaux expriment fréquemment leur libre arbitre, se démarquant ainsi de Dieu. Cette phase du processus de différenciation est caractéristique de l'âge de la création. Tout en s'éloignant de Dieu, les hommes et les animaux conservent certaines qualités de cette unicité originelle (qui est la leur durant l'âge parfait) mais perdent une qualité divine essentielle, l'immortalité. Pour de multiples raisons, en se séparant de Dieu, ils deviennent mortels.
    La mort entre dans le monde ; elle est souvent le résultat d'un acte de libre arbitre imputable à un homme ou un animal, un acte qui est au cœur de l'âge de la création.

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