• WONOMI

     

    Chaman Blackfoot
    Chaman Blackfoot par Larry FANNING
     

    Wonomi était le dieu créateur des indiens Maidu de Californie. C'était lui qui façonna Kuksu, le premier homme, et Laidamlulum-kule la première femme.
    Ces créations furent observées avec beaucoup d'intérêt par Coyote qui décida que lui aussi était capable d'en faire autant. Ce qui fit bien rire Wonomi d'autant plus que ces créatures avaient des yeux de verre.
    Alors Coyote vit que les créatures de Wonomi avaient une vie trop calme et qu'il serait plus intéressant (selon lui) d'y mettre un peu de piment. Il créa ainsi la maladie, la souffrance et la mort.

    Mais un jour Rattlesnake, le chien de Coyote, le décepteur, mordit le propre fils de Coyote qui tomba gravement malade. Comme il l'avait vu faire par Wonomi, il plongea le corps dans l'eau d'un lac mais cela n'y fit rien et son fils mourut.
    Finalement Kuksu enterra le corps du fils de Coyote en lui disant qu'il fallait procéder ainsi jusqu'à ce le monde change.

     
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  • Mars et Réa Silvia



    Dans les pages qui suivent vous trouverez les personnages de la mythologie purement romaine c'est-à-dire les dieux et les héros de l'Italie antérieurs à l'hellénisation de la mythologie.
    Donc si vous cherchez des éléments sur la mythologie traditionnelle comme (Jupiter / Zeus) vous devez vous reporter aux pages sur la mythologie gréco-romaine.
    En revanche si vous chercher des personnages       Mars et Réa Silvia par RUBENS

                                                                                                © Liechtenstein Museum, Vienne                                                                                                    

    comme Romulus, Cacus, Terminus ou des précisions sur le caractère latin de Jupiter c'est bien ici que vous les trouverez.

    En face de la richesse de la mythologie grecque, on ne peut que constater la relative pauvreté de la mythologie romaine. Cette dernière ne paraît être qu'un maladroit démarquage de la première qui, dès le VIe s. avant notre ère, a su imprimer sa marque, donner des modèles, à tel point que les grandes divinités romaines ne sont que la transposition de divinités helléniques. Les dieux de l'Olympe s'appellent à Rome Jupiter, Junon, Minerve..., et leur identification aux dieux grecs ne fait que recouvrir les traits de dieux indigènes, dont les légendes propres sont très pauvres. Aussi a-t-on pu croire longtemps qu'il n'existait pas de véritable mythologie romaine, mais une simple mise en forme de mythes helléniques, totalement adaptés et assimilés

    Mythologie nationale?


    Symbole indiquant
    une divinité
    purement romaine

    Cette croyance est aujourd'hui remise en question, et l'on pense que, quel que soit l'apport hellénique, il existe à Rome une mythologie nationale qui ne doit rien à une influence grecque. Il est, en effet, un fonds mythique purement romain, celui de l'histoire, qui ne ressemble en aucune façon aux cosmogonies et aux théogonies helléniques. Le problème des origines de la cité constitue le lieu privilégié de l'expérience mythologique romaine, Tite-Live étant le plus fidèle écho des légendes qui s'y rattachent. Ce dernier veut conférer au récit de la naissance de sa nation l'autorité de l'histoire et sa véridicité, tout comme justifier les rites et les coutumes par leur projection dans le passé.

    Les caractères de la mythologie romaine.

    " Rome a eu sa mythologie, et cette mythologie nous est conservée. Seulement elle n'a jamais été fantasmagorique ni cosmique : elle a été nationale et historique.
    Tandis que la Grèce et l'Inde développaient en images grandioses ce qu'elles croyaient avoir été la genèse et les temps du monde, les chaos et les créations, l'oeuvre et les aventures des dieux organisateurs du "Tout", Rome a prétendu simplement retracer, avec la simplicité de procès-verbaux, ses propres débuts et ses propres périodes, sa fondation et ses progrès, l'oeuvre et les aventures des rois qui, croyait-elle, l'avaient successivement formée.

    Mais ces récits, datés et situés dans une perspective proche, n'en étaient pas moins en grande partie fictifs et hérités du temps où Rome n'existait pas encore, et ils n'en remplissaient pas moins le même rôle que, chez les Grecs et les Indiens, les récits prodigieux : ils justifiaient, ils authentifiaient les rituels, les lois, les moeurs et toutes les composantes de la société romaine, du caractère et de l'idéal romains; ils distrayaient aussi les fils de la louve (et il ne faut pas négliger ce service des mythes), tout en les confirmant dans leur estime d'eux-mêmes et dans une belle confiance en leurs destins.

    Pratiquement, c'est dans les deux premiers livres de Tite-Live qu'il faut chercher l'équivalent des théogonies et des cosmogonies d'autres peuples indo-européens. Ainsi lues, toutes ces légendes royales reçoivent un surcroît d'intérêt. "

    (Horace et les Curiaces, 1942, Georges Dumézil.)

    Des travaux, notamment ceux de Georges Dumézil, ont mis en lumière le fait que le substrat de la mythologie romaine remonte à des sources très lointaines. C'est ainsi que nombre de récits "historiques" latins ne seraient que l'adaptation de thèmes mythiques très anciens qui ressortissent aux peuples indo-européens et antérieurs même à leur venue en Italie. Il y aurait une correspondance entre ces éléments indo-européens et le fonds mythique romain.

    "Quand la Rome républicaine se constitua une "histoire primitive", les premiers responsables de l'annalistique ne laissèrent pas perdre la mythologie ancestrale qui subsistait de génération en génération [...]. Ils avaient entre autres à leur disposition le mythe qui justifiait primitivement la hiérarchie fonctionnelle des sociétés indo-européennes."
    (Georges Dumézil, dans Naissance de Rome, 1944)

     

    Ce mythe autorisa la reconstruction, plausible aux yeux des historiens latins, du passé lointain et oublié de la cité. Cette fabrication d'une mythologie purement romaine dans un contexte indo-européen n'empêche pas qu'en dehors du domaine "historique" la majeure partie des légendes de Rome ne soit que le calque des mythes helléniques. Pourtant, dans la banalité de ces variantes d'un modèle grec apparaît souvent un élément essentiellement latin : par exemple, tel détail rituel, qui ne peut appartenir qu'à Rome, tel détail, d'initiation, telle nuance politique. Qui plus est, se laisse déceler une certaine originalité dans les différents apports italiques, qu'ils soient latins, étrusques ou sabellique Ainsi, la légende d'Héraclès trouve modifiée : Hercule doit combattre le géant Cacus, héros local de Rome; Jupiter, loin de se confondre entièrement avec Zeus, subit également une influence étrusque; celle-ci n'est pas non plus négligeable quand il s'agit des thèmes de la vie aux Enfers et dans l'Au-delà encore, par exemple, des dieux lares. Ajoutons, et c'était inévitable que, progressivement, les imprégnations italiques ont fini par infléchir à Rome l'évolution de la mythologie grecque.

    Correspondances entre les dieux romains et grecs.

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  • Les Chevaliers du Temple

    : Le Vendredi 13! Jour maudit!

    Les Chevaliers du Temple

    Cet article est en construction. En attendant, voici un très bon article provenant d’un autre site, templiers.org, qui vaut la peine d’être lu. Voila une bonne introduction sur les chevaliers du temple.

     

    L’Ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Jerusalem

    Source: Templiers.org, évidemment c’est mieux de visiter l’original que de lire l’article sur cette page!

     

    Tout commence dans les années qui suivent la première croisade en Terre Sainte (1096-1099). Malgré la prise de Jérusalem par les croisés (le 15 Juillet 1099), la sécurité des pèlerins n’est pas assurée. Entre les brigands locaux et les croisés aux buts peu louables, les pèlerinages deviennent parfois tragiques.

     

    Hugues de Payns (Hugues de Payens, de la Maison des comtes de Champagne) et Geoffroy de Saint-Omer vivant sous la Règle des chanoines de saint-Augustin choisissent d’assurer la garde du défilé d’Athlit, le chemin d’accès le plus dangereux pour les pèlerins. Ce dernier deviendra plus tard le Château-pèlerin. Et c’est en 1118 que l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ voit le jour …

     

    Revenant près des Lieux Saints, Baudoin II, roi de Jérusalem, leur octroie une partie de son palais, à l’emplacement du Temple de Salomon. Ils deviennent alors très rapidement les Chevaliers du Temple ou Templiers du fait de cet emplacement symbolique (bâti en 961 avant Jésus-Christ, le Temple de Salomon fut détruit par les Chaldéens en 587 avant Jésus-Christ, reconstruit et définitivement détruit en 135 par l’empereur Hadrien).

     

    Ils se font alors assister par sept autres chevaliers français : André de Montbard (neveu de Saint-Bernard), Gondemare, Godefroy, Roral, Payen de Montdésir, Geoffroy Bisol et Archambaud de Saint-Agnan. L’Ordre du Temple prend forme en 1119 par ces neuf chevaliers désirant protéger les chrétiens en pèpèlerinage à Jérusalem.

     

    C’est au concile de Troyes (14 Janvier 1128), à la demande de Saint-Bernard (Bernard de Clairvaux) que l’Ordre est véritablement créé. L’Éloge de la Nouvelle Milice est un témoignage capital de l’importance de Saint-Bernard dans la création de l’Ordre du Temple. Il aurait lui-même écrit la Règle qui régit le fonctionnement complet de l’Ordre.

     

    C’est seulement en 1147 que le pape octroie la croix pattée rouge aux Templiers. Auparavant, les chevaliers étaient seulement vêtus d’un manteau blanc et les sergents d’un manteau brun. Cette croix est cousue sur l’épaule gauche de leur vêtement. De nombreux dessins ou illustrations sont trompeurs à ce sujet … De plus, chaque époque a adapté leur apparence à son style : le XVIIème siècle, par exemple présente le grand maître avec un chapeau, portant une plume d’ornement, ce qui semble plutôt anachronique au temps des croisades !

     

    Pendant près de deux siècles, les Templiers vont accroître leur aura pour revenir en Occident en 1291 après le chute de Saint-Jean d’Acre. Leur mission de protection des pèlerins avait bien évolué et de nombreuses dérives eurent lieu. La prise d’Ascalon (Août 1153) est un exemple de l’ambition de certains grands maîtres à l’égard du pouvoir temporel. Le grand maître en fonction, Bernard de Trémelay, avait en effet cherché à bloquer l’entrée aux autres Francs dès l’ouverture d’une brèche dans les murs de la ville pour laisser le champ libre aux chevaliers du Temple … Leur lutte continue avec les Chevaliers de l’Hopital provoque souvent des tensions dans les camps des croisés et ne facilite pas la cohésion des Francs en Terre Sainte. Leur retour ne pouvait pas plaire à tout le monde, d’autant plus que l’Ordre du Temple ne faisait que s’enrichir au fil du temps : donations, achats, intérêts des prêts accordés, … tout semblait donner à l’Ordre une puissance lui permettant de bouleverser l’organisation féodale …

     

    Philippe le Bel, envieux vis-à-vis des Templiers, du fait de leurs richesses et de leur puissance a cherché par plusieurs moyens à les utiliser à ses fins. Cherchant au départ à en devenir le grand maître tout en restant roi de France, il joua un jeu de trahison qui finit par l’arrestation, le Vendredi 13 Octobre 1307 au matin, de tous les Templiers du royaume. Les Templiers étaient devenus trop puissants et ils menaçaient de dépasser les rois en fonction. Banquiers (Henri III d’Angleterre, Saint-Louis, Philippe Auguste, … y firent appel) , milices protectrices, ils avaient pourtant bien aidé Philippe le Bel en le protégeant par exemple des émeutes à Paris qui faillirent lui coûter la vie !

     

    Un procès inique suivra cette arrestation bien orchestrée. Pendant sept années, les Templiers en liberté chercheront à se justifier auprès du pape, le seul à qui ils devaient théoriquement des comptes. Menacé par Philippe le Bel et ses sbires, ce dernier ne les écoutera souvent même pas ! Le 22 Mars 1312, le pape Clément V abolit l’Ordre du Temple.

     

    Le 18 Mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay furent livrés aux flammes d’un bûcher dressé dans l’île de la cité de Paris. Jacques de Molay, dernier grand maître du Temple (et vingt-deuxième) lança alors l’anathème «Clément, juge inique et cruel bourreau, je t’assigne à comparaître, dans quarante jours, devant le tribunal de Dieu ! Et toi aussi, roi Philippe !». De fait, Clément V et Philippe le Bel moururent respectivement le 20 Avril et le 29 Novembre de la même année …

     

    Nombreux sont les mouvements sérieux ou non qui se sont attribués l’héritage des Templiers et ce thème est figure parmi ceux qui ont suscité le plus thèses et antithèses : le trésor des Templiers, l’ésotérisme des Templiers, la puissance des Templiers, … tous les ingrédients semblent rassemblés pour déchaîner les passions et les extrapolations parfois osées !

     

     

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  • La légende noire des Templiers

     

    La légende noire des Templiers

     

    En moins de deux siècles d'existence, les chevaliers de l'Ordre du Temple ont accumulé richesses et propriétés, se constituant un trésor légendaire. Militaires réputés, banquiers internationaux, religieux privilégiés, les Templiers ont connu la gloire, puis la déchéance et l'humiliation. En 1312, l'ordre est aboli sur décision de Philippe le Bel. Le procès des Templiers était-il justifié ? Ordre hérétique ou victime ? L'Internaute mène l'enquête

    De la gloire à la déchéance


    La prise de Jérusalem en 1099
     
    La prise de Jérusalem en 1099 
     
    Au commencement furent les Croisades

     

    Insupportable pour les chrétiens de savoir le tombeau du Christ aux mains de mécréants ! Alors c'est par milliers qu'en 1095 ils partent pour la premièrecroisade lancée par le pape Urbain II, et traversent les mers pour conquérir la Terre Sainte et reprendre possession de Jérusalem. Voyages périlleux, routes truffées de bandits, ils sont nombreux à y laisser leur vie. Deux chevaliers décident donc de protéger cette quête sacrée et ceux qui la poursuivent. C'est ainsi qu'en 1119, Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer fondent l'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ.

    L'armée des Templiers

    Le roi de Jérusalem, Baudoin II, leur octroie une partie du Temple de Salomon qui leur vaut rapidement le nom de "Chevaliers du Temple" ou "Templiers". Mais ce n'est qu'en 1128, lors du concile de Troyes, que l'Ordre est officialisé par le pape Honorius II. Seulement 9 au départ, ils sillonnent les routes de l'Occident pour élargir leurs rangs et se constituer en armée. La France et l'Angleterre leur fournissent le gros de leurs troupes.

    Moines et soldats

    La croix des Templiers
     
    La croix des Templiers 
     

    La bure et l'épée

    "Tu ne tueras point", ordonne Dieu dans ses 10 commandements. Prescription d'autant plus incontournable pour ceux qui ont fait le vœu de consacrer leur vie au Christ. Pourtant, lorsque Bernard de Clairvaux, qui a soutenu l'ordre auprès du pape Honorius II, rédige la règle de l'ordre des Templiers en 1128, il bouleverse les codes de la société médiévale, traditionnellement divisée en trois ordres (noblesse, clergé et tiers-état). Les Templiers franchissent les frontières habituelles : moines par leurs vœux de chasteté, pauvreté et obéissance, ils sont également soldats, maniant l'épée et faisant couler le sang.

    Une armure de fer et de foi

    Ces chevaliers, généralement peu instruits et inaptes à la contemplation, sont attirés par la bataille et le salut offert par le Temple. Ils "meurent pour leur bien et tuent pour le Christ", ils se couvrent "le corps d'une armure de fer et l'âme d'une armure de foi", écrit Bernard de Clairvaux. Leur habit rouge et blanc reflète cette dualité : le blanc de leur robe est couleur de pureté et de chasteté ; la croix rouge, attribuée par le pape Eugène III en 1147, rappelle leur appartenance au christianisme tout en symbolisant le sang.

    Les banquiers de la chrétienté

     
    Le sceau des Templiers
     
    Sceau des Templiers 
     

    Aux sources de leur fortune

    Ces chevaliers sans peur, "qui ne craignent ni hommes, ni démons", connaissent un succès immédiat. Combattant pour le Christ, ils se voient dotés des héritages de riches chrétiens qui espèrent racheter le salut de leur âme. Les dons des nouveaux membres, apports des quêtes de l'Eglise, loyers de leurs terres et les privilèges octroyés par le pape qui les exempte d'impôts font également leur fortune.

    Gestionnaires et financiers

    Les Templiers exercent une activité économique et financière pour subvenir aux besoins de l'Ordre et faire fructifier leur fortune par une série de mesures lucratives. Ils mettent par exemple en place un système de changement de monnaie qui leur permet de récupérer plus d'argent qu'ils n'en ont prêté. Ils inventent la lettre de change, origine du chèque, pour faciliter le transport des fonds : les Croisés partant pour la Terre Sainte pouvaient laisser leur or dans un comptoir occidental, voyager avec une lettre ne craignant par le vol et récupérer leur dû dans un comptoir oriental. Les Templiers stockent enfin les biens des rois de France et d'Angleterre. Une fortune qu'il faut gérer. Aussi, au milieu du XIIe siècle, les combattant sont déjà moins nombreux que les employés, gestionnaires ou baillis.

    De riches propriétaire terriens

     
    Les implantations foncières de l'Ordre
     
    Les implantations foncières de l'ordre 
     

    Le patrimoine

    De l'Angleterre à la Terre Sainte, en passant par la France, le Portugal ou Tripoli, les Templiers sont à la tête d'un vaste patrimoine foncier. L'Ordre étend ses propriétés, ou "commanderies", à tout l'Occident : ces monastères, issus de donations foncières et immobilières, font office de centres de recrutement et de formation militaires locaux. Leur plus célèbre commanderie est alors la Tour du Temple, implantée depuis 1143 dans le quartier du Marais à Paris. Les membre de l'Ordre y ont notamment gardé la fortune du roi Philippe IV le Bel.

    Leur présence en Orient

    De nombreuses forteresses militaires se trouvent également au Proche Orient. Leur siège central, la Maison du Temple, se trouvait d'ailleurs à Jérusalem de 1129 à 1187, date de la prise de Saladin, avant de s'installer à Saint-Jean d'Acre. Une escale qui ne durera pas longtemps. L'extension fulgurante de l'Ordre prend fin avec la neuvième et dernière Croisade de 1271, qui précipite la chute de l'Occident en Orient.

    Le début de la fin


    Moines soldats au combat
     
    Moines soldats au combat 
     

    Une conjoncture défavorable

    Différents facteurs peuvent expliquer la chute des Templiers. C'est tout d'abord la fin des Croisades qui met en cause leur raison d'être. Le 16 juin 1291, Saint-Jean d'Acre, dernière place de la Chrétienté, tombe aux mains des Sarrasins, entraînant l'exode des derniers chrétiens, dont les Templiers et lesHospitaliers, vers l'Occident. Le siège de l'Ordre se refugie d'abord à Chypre avant de s'installer à Paris. Mais de retour en Occident, la côte de popularité de l'Ordre décline rapidement. L'Ordre s'est trop bien développé pour s'intégrer facilement dans la société. Les autorités souhaitent restreindre leurs privilèges jugés abusifs et le peuple lui-même commence à lui en tenir rigueur, insultant et bousculant les chevaliers qu'ils croisent dans la rue.

     

    Jacques de Molay
     
    Jacques de Molay 
     

    L'entrée en scène de Jacques de Molay

    Jacques de Molay, nouveau Grand Maître nommé en 1293, est accusé d'avoir sacrifié la Terre sainte aux intérêts de l'Ordre. Alors que le pape Nicolas IV avait proposé de fusionner l'Ordre du Temple avec celui des Hospitaliers pour contrer l'invasion musulmane, Jacques de Molay s'est obstiné à refuser. Enfin, des tensions de plus en plus vives entre le roi de France Philippe le Bel et le nouveau pape, Boniface VIII, ont joué en défaveur de l'Ordre. Rentrés en France, les Templiers dirigent de nombreux domaines et font fructifier leurs richesses pour le seul profit du pape, au détriment du roi. Dans un contexte où la France a besoin d'argent, Philippe le Bel va faire tout ce qui est en son pouvoir pour s'octroyer le "trésor des Templiers".

    Les Templiers, hérétiques ?


    Jacques de Molay, F. R. Fleury, Musée National des Châteaux de Malmaison et de Bois-Préau
     

    Jacques de Molay, François Richard Fleury © Musée National des Châteaux de Malmaison et de Bois-Préau / Réunion des Musées Nationaux

     

    La dépravation hérétique

    La France du XIIIe siècle compte sur sont territoire de nombreux hérétiques. Il est donc facile de profiter de l'impopularité des Templiers pour les accuser de "dépravation hérétique". Dès 1305, des bruits courent sur leurs mœurs dissolues. Jacques de Molay, humilié, demande au pape Clément V de mener l'enquête pour mettre fin à ces calomnies et justifier de sa bonne foi. Mais le pape ne prête guère d'attention à sa requête, pas plus qu'à celle de Philippe le Bel qui veut faire arrêter les renégats. Impatient, le roi se passe finalement de son autorisation pour lancer les hostilités.

     

    Philippe Le Bel
     
    Philippe Le Bel 
     

    L'arrestation

    Le 14 septembre 1307, le roi de France, ordonne à ses généraux d'arrêter tous les membres de l'Ordre du Temple présents sur le territoire français. Le vendredi 13 octobre à l'aube, Guillaume de Nogaret, légiste et fidèle du roi, pénètre avec ses troupes dans la Tour du Temple à Paris et y arrête 138 frères. Peu surpris, ils se rendent d'eux-mêmes à la vue de l'ordonnance royale, comme tous les membres qui sont arrêtés en France au même moment.

    Luxure et perversité

    Le baiser au bas de l'épine dorsale
     

    Le baiser au bas de l'épine dorsale 

     

    La propagande du roi

    Perversité, luxure, avarice... Seuls des péchés capitaux pouvaient justifier l'arrestation massive du vendredi 13. Aussi, dans son ordonnance, Philippe le Bel accuse les Templiers "d'une chose assurément horrible à penser, terrible à entendre, un crime détestable, une chose tout à fait inhumaine". Un pacte avec la déesse démoniaque Asmodée, reine de la luxure, garantissait aux Templiers l'opprobre populaire.

     

    populaire.

     

    Le bûcher des Templiers
     
    Bûcher de Templiers 
     

    Une initiation orgiaque

    Le rite d'initiation de l'Ordre, à la base un simple adoubement accompagné d'un chaste baiser sur la bouche, devient dans les écrits du roi, une orgie nocturne diabolique. Les novices seraient contraints de renier le Christ et d'adorer des îdoles profanes. Après avoir craché et uriner sur un crucifix, s'être confessé à un civil - et non à un prêtre, et avoir renié les sacrements, ils seraient "dépouillés de leur vêtements séculiers et menés nus devant le templier chargé de les recevoir, baisés par lui au bas de l'épine dorsale, sur le nombril et enfin sur la bouche". Baisers obscènes, homosexualité... Face à ces accusations, l'alternative est simple : avouer et se faire pardonner, ou mourir en hérétiques et brûler en Enfer pour l'éternit

    Les aveux


    Torture médiévale
     

    Torture médiévale 

     

    L'Inquisition au service du roi

    Le roi accuse mais manque de preuves. Son objectif : obtenir les aveux qui attesteront la culpabilité des Templiers. Dès l'arrestation, il demande donc à ses hommes d'user de tous les moyens nécessaires pour les terroriser. Ils préparent le terrain pour l'Inquisition, à l'époque sous contrôle de la monarchie française. Malgré les réticences du pape Clément V, Philippe le Bel demande à Guillaume de Paris, grand Inquisiteur (et son confesseur), d'arracher les aveux nécessairee. En 1307, ce dernier prend la tête des opérations, interrogeant lui-même les 37 premiers témoins.

     

    Le supplice de Marsyas, Musée du Louvre
     
    Le supplice de Marsyas © Musée du Louvre
     

    Avouer ou mourir

    A Paris, 138 Templiers sont soumis à l'interrogatoire musclé des inquisiteurs, formés pour faire avouer les plus récalcitrants. Torture morale, affaiblissement physique, menaces... Les prisonniers sont poussés jusqu'à des états d'hystérie et d'épuisement. Après un régime au pain et à l'eau et une cure sans sommeil, les Templiers ne résistent pas longtemps : écartelés, brûlés, emasculés ou pendus par les membres, 134 Templiers avouent leur crime, 4 seulement résistent et 25 finiront par succomber à la torture.

    La suppression de l'Ordre


    La pape Clément V en Avignon
     

    Le pape Clément V en Avignon, Henri Ségur © Palais des Papes

     

    Les commissions pontificales

    Après ces aveux, le pape Clément V ne peut plus rester indifférent. Le 22 novembre 1307, il diffuse la bulle Pastoralis praeeminentiaequi ordonne à tous les princes d'Europe d'arrêter les Templiers sur leur territoire. En 1308, il relance l'enquête et fait dresser une liste plus complète des charges qui pèsent contre eux. D'enquêtes en commissions pontificales, de procès en procès, les Templiers avouent et démentent tout à tour, tentant par tous les moyens de se justifier auprès du pape, théoriquement le seul à qui ils doivent rendre des comptes. Mais sous Clément V, la papauté est également un instrument au service de la monarchie.

    Lecture de la sentence des condamnations, A.E Fragonard, Musée Magnin / RMN
     
    Lecture de la sentence de condamnation des Templiers, A.E Fragonard © Musée Magnin /Réunion des Musées Nationaux
     

    Le bûcher final

    En 1312, Philippe le Bel fait pression sur le pape qui, excédé, fait définitivement abolir l'Ordre. Le procès ne s'achève réellement qu'en 1314, avec la sentence émise contre les deux derniers hauts dignitaires de l'Ordre, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay. Bien qu'ils aient réitéré leurs aveux lors de la commission pontificale du 22 décembre 1313, la lecture publique de leur crime sur le parvis de Notre-Dame, en mars 1314, leur est insupportable : ils nient en bloc et clament leur innocence. Furieux, Philippe le Bel ordonne leur mise à mort : ils seront brûlés sur l'île de la Cité le lendemain.

    La légende des Rois maudits

    Jacques de Molay sur le bûcher
     

    Jacques de Molay sur le bûcher 

     

    La malédiction

    Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, livrés aux flammes le 18 mars 1314 sur l'île de la Cité, meurent en prières, regards tournés vers Notre-Dame. Mais juste avant de mourir, le grand maître de l'Ordre maudit ses accusateurs qu'il destine à l'ire divine. Dans un dernier souffle, il jette l'anathème : "Clément, juge inique et cruel bourreau, je t'assigne à comparaître dans 40 jours devant le Tribunal de Dieu ! Et toi aussi, roi Philippe !". Le sort en est jeté.

    Hasard ou mauvais sort ?

    Un mois après, le 20 avril, le pape Clément V meurt malade, après avoir ingurgité un plat d'émeraudes censées le guérir. Le 29 novembre, c'est au tour de Philippe le Bel de trépasser : celui qu'on appelait le "Roi de fer" meurt à 46 ans, en pleine force de l'âge, d'une attaque cérébrale. Alors que sa succession était assurée, les fils du roi, qui se relayent sur le trône de 1314 à 1328, meurent tous précocement et sans héritier, mettant fin à la dynastie des Capétiens. Victimes du sort jeté par Jacques de Molay ? Mythe ou réalité ? La légende, popularisée par le romancier Maurice Druon, les rendra célèbre sous le nom des "Rois maudits".

    Le trésor des Templiers

    Jacques de Molay sur le bûcher
     

    Les Chevaliers de l'Hôpital 

     

    Les héritiers

    Après l'abolition de l'Ordre du Temple en 1313, se pose le problème de la répartition de sa fortune. Le roi Philippe Le Bel, qui la convoite depuis longtemps, avait déjà essayé de s'en emparer en accusant les Templiers de pactiser avec le diable : leurs richesses, acquises avec l'aide de Satan, reviendraient de droit au Royaume de France. L'argument ne fait pas mouche. Il suggère donc au pape de créer un nouvel ordre militaire, héritier des Templiers, qui serait dirigé par un membre de la famille royale. Après de longues hésitations, le pape lègue finalement les biens aux Hospitaliers, ordre militaire évangélique créé au milieu du XIe siècle. Le roi accepte cette solution tout en ponctionnant ce qu'il peut grâce aux taxes et impôts.

    Saint-Graal ou trésor de Salomon?

    Bien qu'elle ait été essentiellement foncière, la richesse des Templiers est devenue mythique. La légende s'est répandue à cause du fameux vendredi 13, jour de l'arrestation des Templiers. Les gardes de Guillaume de Nogaret, chargés de faire l'inventaire des biens, n'auraient pas trouvé un écu dans la Tour du Temple. On imagine alors que les Templiers, avertis de l'arrestation, auraient pris soin de cacher leur magot. Dès lors, toutes les spéculations sur la nature et sur l'origine du trésor ont été émises : Saint Graal pour certains, trésor de Salomon pour d'autres, il serait enfoui quelque part en France, voire en Amérique, où des francs-maçons l'auraient emporté après l'indépendance des Etats-Unis. L'énigme reste entière et, à ce jour, aucune trace du fameux trésor n'a été retrouvée.

     

     

     

     


     

     

     

     

     

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    Un portrait de Nostradamus © Roger-Viollet
     

    Nébuleux, complexe, malin... Beaucoup d'adjectifs peuvent le définir, mais que sait-on exactement de Nostradamus ?

     

    Médecin voyageur

    On sait peu de choses de Nostradamus. De son vrai nom Michel de Nostredame, il est né le 14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence. Après des études de Lettres humaines à Avignon, il part à Montpellier, où il devient médecin à l'âge de 22 ans. En 1531, on trouve trace de lui à Agen. Il y devient père de deux enfants, qu'il perd rapidement, frappés par la peste. De 1540 à 1545, il voyage à travers la France puis est appelé à Aix pour tenter d'éradiquer la peste. Il y expérimente alors sa "pharmaceutie" à base de roses. En 1547, il revient définitivement s'installer à Salon-de-Provence et y restera jusqu'à sa mort, en 1566. Pendant ces 20 ans, quelques allers-retours en Italie lui font découvrir les vertus thérapeutiques de la confiture, qu'il contribue à diffuser en France.

     

    Mystères autour de sa biographie

    Si la trajectoire de Nostradamus est celle d'un héros de roman, plusieurs témoignages, dont celui de son fils César, ("Histoire et chronique de Provence") ont brouillé la biographie du "prophète". A l'époque où il voyage à travers la France pour mettre en pratique ses talents de médecin, il se dit par exemple que Michel de Nostredame est appelé à Lyon pour soigner les malades. Or, les archives de la ville de Lyon n'attestent pas clairement de son passage... De même, pendant la période de semi-errance (1540-1545) qu'il traverse, certains affirment que Michel de Nostredame aurait embarqué pour l'Egypte. Difficile donc de retracer avec précision l'itinéraire d'un homme qui, par nécessité et par choix, avait pris goût au voyage...

     

    Des plantes qui ont changé le cours de sa vie

    A partir de 1547, Michel de Nostredame commence à s'intéresser à l'astrologie. Observant le ciel sur le toit de sa maison, il se met à écrire des calendriers basés sur les astres, les almanachs, qu'il signe d'un nouveau nom : Michel de Nostradamus. Entre-temps, en voulant soigner sa vue, Nostradamus commence à consommer une plante, l'épervière, qui va bouleverser son existence. Ce stimulant provoque chez lui des agitations mentales comparables à des transes : pendant ces "crises", Nostradamus assure s'extraire du réel et voyager dans l'espace-temps... Une acuité qui lui aurait permis de rédiger ses Centuries, fameux quatrains énigmatiques groupés par centaines, dont le premier volume est publié en 1555. Dès lors, le docteur enfile définitivement son costume de "prophète".

    Une prophétie se réalise, et Nostradamus acquiert une légitimité que l'Eglise, dans un siècle de tourments, ne peut pas remettre en cause. Pourtant, le "prophète" n'avait pas que des admirateurs.

     

    Il prédit la mort du prince

    Nostradamus astrologue
     
    Nostradamus, un astrologue du XVIe siècle© Image d'Epinal, par Canivet /Roger-Viollet
     

    Très rapidement, les Centuries écrites en 1555 obtiennent une audience importante. Ayant eu vent de sa renommée, la reine Catherine de Médicis appelle Nostradamus en 1556 à la Cour pour établir l'horoscope de ses fils. Jusqu'en 1564, il sera l'astrologue attitré de la famille royale et son médecin officiel.

    C'est entre-temps qu'un événement force définitivement son prestige : en 1559, le prince Henri II meurt à l'issue d'une joute qui l'oppose au comte de Montgomery. Un décès que Nostradamus avait prévu dans le 34e quatrain de la première centurie : "Le jeune lion vaincra le vieux / Dans la lice martiale en duel singulier / Il lui crèvera les yeux, la tête protégée par un heaume en or / Après deux combats, une dernière joute, puis il mourra d'une mort cruelle". Pour ses contemporains, c'est la preuve que Nostradamus voit clair et juste.

     

    La peste, la guerre, la peur d'une invasion turque

    Ses contemporains sont d'autant plus prompts à le croire que le contexte de l'époque y est favorable. Nostradamus est né au début d'un siècle de tourments et de craintes apocalyptiques : et si la peste était le premier fléau annonciateur de la fin du monde ? Le jour même de sa naissance, le 14 décembre 1503, le Parlement d'Aix-en-Provence doit quitter la ville, contaminée par l'épidémie. D'autres événements contribuent à donner du poids aux prévisions de Nostradamus : au milieu des années 1550, l'Europe subit un refroidissement climatique important, la guerre entre souverains reprend après quelques années de paix. Et surtout, les armées turques, conduites par Soliman le Magnifique, avancent vers l'Ouest : en 1529, elles assiégent Vienne. Le futur sombre qui se profile déclenche ainsi un intérêt profond pour les livres et les prophéties.

     

    Des prophéties comme des jeux de piste

    Les écrits de Nostradamus sont partout difficilement accessibles. Lorsqu'il commence à rédiger ses prophéties, il sait qu'il ne peut pas tout dire, et qu'il doit notamment ménager l'Eglise catholique, très sensible à toutes les croyances illicites qui pourraient détourner les fidèles de la foi, à une époque où la Réforme allait être initiée. Le "prophète" se doit donc de rester allusif et de draper ses prévisions d'une certaine obscurité.

    Par deux fois, Nostradamus se frotte à la suspicion populaire et religieuse : en 1540, il doit quitter Agen car l'Inquisition enquête sur ses méthodes médicales. Un peu plus tard, il se heurte à une fronde menée contre lui par les paysans de Salon-de-Provence, les Cabans, qui le soupçonnent de faire de la magie. L'astrologue est alors à deux doigts d'être déclaré hérétique, on va même jusqu'à brûler son effigie. Il n'est donc pas étonnant que les prophéties de Nostradamus soient bâties comme des jeux de piste, ponctuées par exemple d'anagrammes plus ou moins aisées à déchiffrer, où Rapis se lit par exemple Paris, où Eiouas signifie Savoie, etChiren désigne Henri-C.

    Un homme critiqué

    Si Nostradamus devient un auteur à succès grâce à ses Centuries, le portrait de certains de ses contemporains n'est pas toujours flatteur. Avant sa carrière de "prophète", Nostradamus avait déclenché l'hostilité des apothicaires, qui appréciaient modérément qu'un médecin préparant des pommades et onguents expérimentaux empiète sur leurs plate-bandes. Même ses amis, comme Jules César Scaliger, un savant qu'il avait fréquenté à Agen, étaient allés jusqu'à le traiter de "pauvre sot".

     

    Elucubrations farfelues pour les uns, vérités à percer pour les autres : que penser des prophéties de Nostradamus ?

    L'interprétation des prophéties

    Prophète ou charlatan ?
     
    En 1558, Nostradamus aurait prédit l'avènement de Napoléon Ier... © Roger-Viollet
     

    Des milliers de traductions des Centuriesont été écrites depuis 1555. Dès 1688, un ouvrage intitulé "Les vraies prophéties et Centuries… avec la vie de l'auteur" était publié à Amsterdam. Les interprétations de Nostradamus prêtent ainsi à débat, jusqu'à nos jours.

    Pour Jean-Charles de Fontbrune, spécialiste français de Nostradamus, dont l'ouvrage, "Nostradamus, historien et prophète", s'est écoulé à plusieurs millions d'exemplaires à travers le monde, les quatrains de Nostradamus recèlent de prévisions véritablement exactes pour ceux qui "se détachent de tout préjugé personnel". Le "prophète" de Salon-de-Provence aurait ainsi prévu plusieurs grands événements de l'Histoire française et européenne : l'arrestation de Louis XVI à Varennes, le règne de Napoléon Ier ("Un empereur naîstra près d'Italie / Qu'à l'empire sera vendu bien cher / Diront avec quels gens il se rallie / Qu'on trouvera moins prince que boucher"), la guerre de 1870, l'arrivée d'Hitler au pouvoir en Allemagne. Jean-Charles de Fontbrune accrédite aussi la thèse selon laquelle Nostradamus prédit dès 1555 la chute de la monarchie en France. Seul bémol : le terme "monarchie" ne serait pas explicitement employé....

     

    Les prophéties erronées

    Ainsi, à ces thèses qui certifient les talents de visionnaire de Nostradamus, répondent d'autres études, plus sceptiques, comme celles de Pierre Brind'Amour ou Georges Dumézil. Pour ces historiens, le langage obscur de Nostradamus, mélange de vieux français, de latin et de provençal, a abouti à des interprétations erronées. Pierre Brind'Amour fait notamment remarquer que le natif de Saint-Rémy aurait emprunté plusieurs de ses prophéties à des astrologues (Richard Roussat par exemple) ou à des auteurs antiques, comme Tite-Live ou Julius Obsequens.

    Par ailleurs, de fausses prophéties ont été attribuées à Nostradamus. Après le 11 septembre 2001, le bruit a circulé que certains quatrains desCenturies mentionnaient la destruction des Twin Towers. Juste après les attentats, le nom du "prophète" est ainsi l'un des plus tapés sur les moteurs de recherche, qui renvoient pour beaucoup à ce quatrain : "Dans la ville de York se produira un grand effondrement / Deux jumeaux déchirés par le chaos / Pendant que la forteresse s'écoule le grand dirigeant succombera / La 3e guerre débutera pendant que la Grande Cité brûle". Vérification faite, il en a résulté que ce passage n'existe pas, et que la seule référence pouvant être rattachée au 11 septembre se présente dans ce quatrain : "Le ciel brûlera à cinq et quarante degrés / Le feu s'approchera de la grande cité nouvelle.../ Quand ils feront passer les Normands en jugement". Nostradamus nourrit donc un fantasme collectif qui était déjà apparu bien avant le XXe siècle. Par exemple, une prophétie de Nostradamus prédisant les massacres de la Saint-Barthélemy s'est révélé fausse : elle avait en fait été écrite au XVIIe siècle.

    Jean-Charles de Fontbrune est l'un des traducteurs les plus prolifiques de Nostradamus. Depuis 1963, convaincu de la véracité de ses prévisions, il a publié une dizaine d'ouvrages sur le "prophète" de Salon-de-Provence.

    Jean-Charles de Fontbrune
     
    Jean-Charles de Fontbrune, auteur de plusieurs études sur Nostradamus © Jean-Charles de Fontbrune
     
    "Nostradamus, ce n'est pas plus compliqué que Rabelais"

    Qui était vraiment Nostradamus ?

    Tout d'abord, c'était un grand médecin. En 1545, il est déjà célèbre (et c'est ma thèse personnelle) grâce à ses remèdes aseptiques : les masques pour lutter contre la peste, c'est Nostradamus qui les invente. Il devient ensuite astrologue, mais attention, un astrologue du XVIe siècle, c'est-à-dire un astronome en vérité, qui faisait juste des horoscopes mais ne prophétisait rien à partir des astres. Nostradamus, ce n'était pas l'Elisabeth Tessier de l'époque : il ne se gênait d'ailleurs pas pour traiter les astrologues de barbares !

     

    Quels événements relatifs au XXe siècle Nostradamus aurait-il prédit avec certitude ?

    Dans mon premier livre, en 1981 ("Nostradamus, historien et prophète"), j'ai annoncé que Nostradamus avait prévu presque noir sur blanc l'arrivée de la gauche au pouvoir en France, la chute du mur de Berlin, le massacre en Yougoslavie et la bataille des Malouines…En 1978, j'ai annoncé à la fille du Shah d'Iran, lors d'un dîner, que son père allait prochainement être déchu. Personne ne m'a cru, ça a fait rire tout le monde. Mais il fallait juste (bien) lire Nostradamus. Tout était dit dans cette prophétie que je vous livre traduite : "La révolution, la famine et la guerre ne cesseront pas en Iran / Le fanatisme religieux trahira le Shah / Dont la fin aura commencé en France / A cause d'un prophète qui se sera parqué dans un lieu retiré". C'était écrit.

     

    Il aurait également "prophétisé" une troisième guerre mondiale…

    En 1995, j'annonce à la télévision que Nostradamus prophétise un conflit conduit par "un personnage se référant à l'intégrisme fera renaître la frayeur des humains"… Ca ne vous dit rien ? Mais on m'a répondu à l'époque que cette prophétie était guidée, au XVIe siècle, par la peur des invasions turques, et que Nostradamus ne faisait que refléter les peurs de son époque. Et pourtant…

    "Les prophéties sont avant tout des avertissements lancés à l'Homme"

     at-il des prévisions claires pour l'année 2008 ?

    Je ne peux pas répondre à cette question, pour la bonne raison que les Centuries ne forment pas un calendrier de prévisions. Les prophéties, ce sont d'ailleurs, et avant toute chose, des avertissements lancés par Nostradamus à l'Homme. Je ne peux pas annoncer de prophéties datées ! En revanche, Nostradamus fait très souvent référence dans ses travaux à une partie de la Perse, mais à la Perse de l'époque, qui correspond aujourd'hui au Pakistan. Il ne serait pas étonnant que des troubles très importants touchent prochainement ce pays.

     

    Comment vous placez-vous par rapport à tous les traducteurs de Nostradamus ?

    Nostradamus, ce n'est pas plus compliqué à traduire que Rabelais. Mais la grande majorité des travaux réalisés ne sont pas sérieux. J'en ai lues des sornettes ! On a par exemple écrit que Nostradamus était grand maître du prieuré de Sion, ou même qu'il était mage. Mais c'est du délire ! Nous ne sommes pas dans le Da Vinci Code !

     

    "Quand j'ai annoncé la révolution iranienne en 1978, ça a fait rire tout le monde"

    Qu'est-ce qui vous a fasciné dans Nostradamus ?

    On ne peut pas parler de fascination. Mon père était déjà un expert de Nostradamus. En 1934, son livre, basé sur une étude approfondie des Centuries, annonçait la Seconde Guerre mondiale. En 1940, cet ouvrage a d'ailleurs été saisi par la police de Vichy, qui en a brûlé 2000 exemplaires. De la même manière qu'à l'Inquisition… Mais en 1946, le livre est ressorti. Mon père ayant entre-temps continué à travailler, il a rajouté dans cette édition le retour de De Gaulle au pouvoir en 1958.

     

    Il y avait donc une forme de destin…

    Mes recherches sont d'abord le fruit de 17 années d'études, que j'ai commencées en 1963. Après… Mon père était médecin, comme Nostradamus, et j'ai moi-même travaillé dans l'industrie pharmaceutique. Juste après ma naissance, alors que j'avais 8 jours, un médecin astrologue se penchait sur mon berceau et m'annonçait des succès littéraires futurs.

     

     

     

     

     

     

     

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  • APOTAMKIN

    APOTAMKIN ....... légendes amérindiennes

    Apotamkin est une créature des légendes amérindiennes qui est utilisée pour faire peur aux  enfants et les empêcher de s’aventurer seuls dans des endroits dangereux sans surveillance d’un adulte.

    La monstrueuse Apotamkin est parfois identifié à un "vampire" sans doute à cause du film Twilight où son nom a été utilisé mais dans les légendes classiques elle ressemble à un serpent de mer géant qui se cache dans la baie de Passamaquoddy et entraine les gens, et en particuliers les enfants imprudents, dans l'eau  pour les manger.
    On raconte dans certains récits que c’est une femme aux longs cheveux roux qui  a été transformé en serpent.

    Dans les légendes inuites on retrouve une créature similaire sous le nom de Qalupalik

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  • AILSIE

    Ailsie est une héroïne de la tribu des Cherokees. C’était une belle et jeune femme qui avait deux amoureux : une grue et un colibri.


    Le colibri

    AILSIE

    Son père souhaitait vivement qu’elle se marie avec la puissante grue, mais elle  lui préférait le petit colibri au vol rapide et au plumage éclatant.
    Pour les départager elle proposa à son père d’organiser un concours.
    Le père indiqua aux prétendants de sa fille le parcours qu’ils devaient réaliser cinq fois et celui qui pourrait voler plus rapidement et arriver premier serait déclaré vainqueur et gagnerait la main de sa fille.

    Elle avait toute confiance dans la vitesse du colibri; effectivement dès le départ le colibri prit la tête de la course mais force fut de constater qu’après quelques tours de circuit le colibri était déjà très fatigué et finalement se fut la puissante grue qui emporta le défi.

    Furieuse d’avoir perdu, Ailsie jura de ne jamais se marier plutôt que d’épouser une affreuse grue. Mais son père, heureux de l'issue du défi, promit de la tuer si elle ne se mariait pas comme elle l’avait promis.

    Ailsie demanda un sursis de sept jours pour réfléchir. Pendant ce temps, elle se mit à tellement pleurer qu'elle se transforma en un profond trou d’eau près de la rivière Etowah.

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  • GODASIYO

    GODASIYO

    Il y a bien longtemps, tous les hommes parlaient la même langue et tous les villages vivaient en paix.


    Godasiyo tombe à l'eau avec le chien blanc
     

    Un de ces villages était traversé par un large fleuve. Le chef de ce village était la sage et belle princesse Godasiyo. Elle habitait sur la rive du village où l'on avait dressé la grande tente du conseil. Avec elle vivait le chien sacré, blanc comme la première neige d'hiver.
    Les familles qui habitaient l'autre rive du fleuve, le traversaient par un pont pour rejoindre la tente du conseil.
    Là, ils parlaient entre amis de chasse et de pêche. Ils échangeaient le maïs et le pemmican, ou dansaient la nuit entière en l'honneur du chien sacré, blanc comme la première neige d'hiver.

    Tous les événements importants se passaient donc du côté du fleuve où vivaient la princesse Godasiyo et le chien sacré, blanc comme la première neige d'hiver. Ceux de l'autre rive auraient bien voulu à leur tour posséder quelque chose d'important. Ils décidèrent alors que le chien blanc devait résider dans leur moitié de village.
    Ceux de la rive où vivait Godasiyo ne voulurent rien entendre. Les deux parties du village discutèrent avec âpreté. Le ton monta bien vite. Alors la princesse décida de quitter le village avec le chien blanc sacré et demanda à ceux qui le voulaient de la suivre sur le fleuve.

    On construisit de larges canoës. On en fit deux sur lesquels fut installée une plate-forme d'où Godasiyo pouvait trôner avec le chien blanc sacré. Ainsi les Sénéca décidés à partir remontèrent le fleuve en deux longues colonnes qui s'étiraient derrière le double canoë de la princesse Godasiyo.

    Tout se passa très bien jusqu'au moment où l'expédition arriva à une fourche du fleuve. Les rameurs de la colonne de gauche voulurent prendre à gauche et ceux de la colonne de droite voulurent partir à droite. Malgré tous ses efforts, Godasiyo ne parvint pas à les mettre d'accord. Chacun des deux groupes prit une direction différente.
    Le pire fut que les hommes qui pagayaient sur le double canoë voulurent en faire autant. Les liens qui retenaient les deux embarcations se déchirèrent et la plate-forme où se tenait Godasiyo s'abîma dans les eaux sombres du fleuve.
    La princesse coula à pic. On ne la revit plus jamais. On raconte qu'elle se transforma en un gros poisson. Le chien blanc sacré nagea jusqu'à la rive et disparut dans la forêt.
    Lorsque les Sénéca virent ce qui s'était passé, ils voulurent partir au secours de la princesse. Les deux groupes se mirent à discuter entre eux, mais ils ne se comprirent pas. Ils parlaient désormais des langues différentes !
    C'est ainsi que les langues apparurent sur la Terre.
    Légende des Iroquois (Seneca)

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  • WENDIGO

    WENDIGO.Mythologie améridienne

    Cette créature surnaturelle, qu'on nomme aussi Windigo, Wiendigo ou Wiendigo, appartient à l'origine aux légendes des algonquins du Canada mais on la retrouve dans les légendes des autres tribus du nord de l'Amérique.

    Un wendigo est un homme qui a consommé de la chair humaine. Il s'ensuit un transformation physique et mentale de l'individu.

    Les descriptions sont fonction de la tribu, mais très souvent les windigos sont vus comme des êtres surnaturels de grande puissance spirituelle, maléfiques, cannibales, qui sont associés à l'hiver, le Nord, au froid et la famine.

    Il apparait comme un être de 10 mètres de haut, couvert d'une fourrure blanche tachée de sang ou d'une peau nue.

    Il a une énorme tête grotesque, avec une bouche tordue, garnie de énormes crocs jaunes dégoulinant de sang, d'où sort une langue d'un bleu dégoutant.

    Ses pieds et ses mains sont terminés par de fines griffes acérées.

     

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