• La Légende Du Glouton

     

    La Légende Du Glouton

     

    Le Glouton

    Qu’on l’appelle le glouton ou le carcajou, voilà une bête peu sympathique qu’on n’aime pas voir rôder près de nous. Le glouton est un animal charognard en voie de disparition aujourd’hui, mais il n’en a pas toujours été ainsi.

    Les Micmacs appellent cette bête Kek-oua-gou. Selon eux, le principal plaisir du glouton n’est pas de manger, mais plutôt de jouer des tours. Il y a plusieurs années, deux vieilles femmes l’ont appris à leurs dépens. Elles étaient parties faire de la cueillette en forêt. À la nuit tombée, elles s’installèrent près d’un abri qu’elles avaient construit, dans une clairière. L’automne était déjà bien avancé, il faisait froid, et les vieilles décidèrent de faire un feu pour se réchauffer. Elles s’endormirent rapidement, blotties l’une près de l’autre, au bord du feu, toutes vêtues et leurs mocassins aux pieds.

    Le glouton ne tarda pas à surgir près d’elles… En ricanant, il prit une branche et poussa la braise vers le mocassin de l’une des dormeuses. Un tison s’enflamma. La vieille se réveilla en hurlant de douleur. Elle plongea son pied dans une marmite d’eau posée près du feu et se mit à crier contre sa compagne. « Tu devrais avoir honte ! Tu ne sais donc pas dormir? Tu as failli causer ma mort! » Pendant que son amie, mal éveillée, tentait en vain de se défendre, le glouton ricanait dans son coin…

    Après une longue dispute, les deux femmes finirent par se rendormir. Le glouton bondit sur l’occasion ! Il revint près du feu, joua de nouveau dans la braise et poussa cette fois un gros tison vers le pied de la deuxième femme. Tout comme son amie peu de temps avant, celle-ci se réveilla sous le coup de la douleur et se mit à hurler ! Elle plongea son pied dans l’eau de la marmite et manifesta sa colère contre sa compagne... « C’est bien la peine de m’insulter! C’est toi qui ne sais pas dormir! Tu m’as blessée… Tu aurais pu me tuer! » L’autre vieille, encore ensommeillée, protesta mollement d’abord, puis plus férocement. Dans la forêt, on n’entendait plus que les cris des vieilles femmes. Elles étaient si fâchées qu’elles en vinrent même aux coups, l’une frappant l’épaule de l’autre, l’autre ripostant en lui tirant les cheveux. Le glouton regardait la scène, enchanté, et il riait, il riait… Il était si fier de son coup qu’il n’arrivait plus à arrêter de rire. Et il rit tant et si bien que la peau recouvrant ses côtes se déchira soudain. La bête se mit à crier de douleur à son tour. Les deux vieilles femmes cessèrent leur dispute et aperçurent le glouton… Elles comprirent rapidement quel vilain tour on leur avait joué. Elles se précipitèrent sur lui et le frappèrent si fort qu’il tomba à leurs pieds. Le croyant mort, elles décidèrent de le faire cuire pour le manger et de l’écorcher pour suspendre sa peau dans leur campement. La peau leur rappellerait toujours qu’on doit avoir des preuves avant d’accuser qui que ce soit.

    La chaleur de l’eau bouillante ranima le glouton, qui recouvra ses forces maléfiques et réussit à sortir de la marmite. Il se précipita sur sa peau, qu’il décrocha à toute vitesse, et s’enfuit dans la forêt en courant le plus longtemps possible. Quand il s’arrêta enfin, il voulut enfiler sa peau. Il s’aperçut que sa chair était devenue plus foncée, à cause de la chaleur du feu, et aussi que son corps avait rétréci. La peau ne lui allait plus tout à fait. Elle formait ici et là des plis hideux.

    Depuis ce jour, l’homme n’a cessé de persécuter cette redoutable bête et les Micmacs demeurent méfiants quand d’étranges événements se produisent en forêt…

     Leurs Soupçons Vont Toujours D’abord Vers Le Glouton...

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Les Korrigans

    Les Korrigans

    Parmi les innombrables petits êtres surnaturels dont l'imagination de nos ancêtres peuplait les espaces inexplorés, déserts ou nocturnes, figuraient des nains malicieux, typiquement bretons, que l'on appelait, selon les lieux, Korrigans, Poulpikets, Kornandons ou Ozégans. De taille minuscule, ils possédaient une grosse tête fort laide et très ridée. Ils étaient noirs et velus et, malgré leur maigreur, montraient une force prodigieuse. Ils portaient des vêtements courts, inusables, de toile grise pour les jours ordinaires, de couleur vive quand ils allaient aux noces ou aux fêtes. Les Korrigans du sexe masculin avaient sur la tête un grand chapeau à ruban de velours et les Korriganes un petit bonnet violet. On les voyait, la nuit, danser au clair de lune. Loin d'être immortels, ils naissaient et mouraient sous terre. Ils n'étaient pas méchants mais seulement espiègles. Ils jouaient des tours pendables à qui leur manquait de respect, mais à ceux qui les traitaient comme il convient, ils témoignaient de la bienveillance et rendaient maints services.


    L'ouvrage ne leur fait pas peur , ils sont dotés d'une force extraordinaire . C’est la nuit qu’ils sont le plus visibles , préférant rester cachés le jour . Les Korrigans sont les gardiens des trésors des collines ... réputés pour êtres de grand Alchimistes !

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    ****

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Source : Roxton Pound, Au Lac Roxton

    Je vous mets donc en garde, mes bien chers frères, contre ces pratiques pernicieuses que des étrangers tentent d'implanter parmi nous.

    La danse, je vous le répète, est toujours une occasion de péché et provoque inévitablement des désordres et des scandales qui ternissent l'honneur des familles et excitent la colère de Dieu.

    Vous vous demandez sans doute, vous qui ne connaissez pas les Cantons de l'Est, où peut bien se trouver Sainte-Pudentienne.

    Roxton Pond ! n'est-ce pas que ça vous dit déjà quelque chose ? Et quand j'aurai ajouté que le Petit Lac est situé à sept milles au nord de Granby, vous serez tout à fait fixés.

    Le samedi soir venu, de larges charrettes à foin, omnibus des campagnes, circulaient dans les «rangs» et racolaient, chemin faisant, danseurs et danseuses.

    Arrivé à la demeure d'un invité, l'équipage stoppait et l'on faisait l'appel au moyen de porte-voix.

    Presque aussitôt, l'huis entrebaillé laissait entrevoir la binette délurée de la «fille de la maison». Et lazzis de pleuvoir...

    Ho donc, tu es assez belle comme tu es. Assez de frisettes, on est déjà en retard !

    Plus loin, c'était un garçon d'habitant qui venait de finir son «train» et qui s'attardait à se mettre plus faraud dans son veston des dimanches...

    Dépêche, Nazaire, lui criait le conducteur habituel de la charrette, Arcadius Francoeur, un ancien tisserand de Fall River, dépêche, mes chevaux ont le frisson.

    La maman et le papa ne trouvaient guère ces comportements à leur goût et avaient, maintes fois, manifesté leur sentiment à cet effet, mais Albina avait parlé de les planter là pour s'en aller à Granby travailler à la manufacture si on ne lui laissait ses franches coudées.

    Quand à Nazaire, un rude travailleur qui trimait dur toute la semaine, il était convenu, depuis longtemps, qu'il était le maître de ses allées et venues.

    Le père, avec sa philosophie de laisser-faire, avait haussé les épaules et murmuré: faut bien que jeunesse se passe !

    C'était ainsi tout le long des «rangs» jusqu'au Petit Lac où l'on arrivait vers les huit heures, en chantant en chœur: «Tu n'es pas maître dans ta maison quand nous y sommes»! ou bien «Laissez passer les raftmen».

    Les promoteurs, recrutés dans chacune des paroisses circonvoisines, avaient fait construire, sur le bord du lac, une longue plate-forme entourée de garde-fous (soit dit sans malice).

    De temps à autre, durant la soirée, des couples quittaient l'enceinte de la danse et se dirigeaient vers le bois, pour aller s'y rafraîchir...

    Car vous vous doutez bien que l'institution chorégraphique de Sainte-Pudentienne possédait son indispensable buffet.

     

    Les «rafraîchissements» ne faisaient pas défaut: sandwiches au fromage de porc, gâteaux, roulades au sucre du pays, pets de nonnes, etc.

    Des paniers dissimulés sous les sapins regorgeaient de flacons et de bouteilles.

    Il y avait de la bière d'épi-nette et du vin pour les dames, mais le whisky surtout ne manquait pas.

    Antoinette Croteau était une jeunesse fort espiègle qui allait avoir ses vingt-deux ans.

    Jolie, quoique d'une joliesse un peu commune ce qu'on appelle une beauté du diable nature accorte, enjouée, elle n'avait pas, comme on dit, la langue dans sa poche.

    Antoinette était l'âme d'un des groupes qui s'étaient formé, à l'issue de la messe, et commentaient le sermon du curé Michelin.

    Somme toute, les jeunes n'étaient pas persuadés et Toinette, comme on l'appelait tout court, qui en tenait pour Jerry Cunningham, de Granby, le «time-keeper» de Bradford...

    Et ne perdait pas une occasion de se pousser, fut la première à proposer une petite sauterie pour le samedi suivant.

     

    Ce samedi-là, la journée avait été d'une chaleur accablante. On était au commencement d'août et une longue sécheresse sévissait. Aussi, la perspective d'une bonne soirée à rigodonner et rigoler sous la brise fraîche du lac avait réuni un nombreux essaim de danseurs et danseuses et le père Chicoyne, le violoneux, était à son poste.

    Parmi les danseurs venus ce soir-là se trouvait un jeune homme qui pouvait avoir vingt-cinq ans. Qui était-il ?

    D'où venait-il ? Qui l'avait invité ? Belle taille, figure souriante, moustaches relevées en crocs bref, un type de Don Juan fait pour ensorceler des têtes plus solides que celles d'Antoinette Croteau ou de Rose Baillargeon.

    Notre Adonis, la bouche en cœur, répondait avec bonne grâce au flirt de ces demoiselles qui rêvaient sa conquête.

    Après avoir papillonné de tout côté, répondant d'un sourire ou d'un bon mot aux propos flatteurs de jeunes filles...

    Comme aux façons plutôt rogues des jeunes gens, notre inconnu sembla jeter son dévolu sur la jolie Antoinette.

    Il s'approcha d'elle et, après une révérence correcte et les banalités préliminaires, il l'enlaça d'une étreinte galante et la contagion de l'exemple fit que le tourbillon devint bientôt général.

    Sur le coup de minuit, une certaine accalmie se produisit et tous se disposaient à se rendre au buffet pour se mettre quelque chose sous la dent lorsque, tout à coup, un bruit formidable ressemblant à un coup de foudre ou à la détonation d'une arme à feu se fit entendre.

    Un long cri fait de stupeur et de détresse retentit, puis tout tomba dans le silence.

    L'enjouement et l'insouciance avaient fait place à la frayeur et à la consternation.

    Bientôt pourtant, les nerfs se détendirent et cet excès d'émotions se donna libre cours dans les larmes des filles et le verbiage incohérent des gars.

    Si c'est quelqu'un qui a besoin d'aide, ça ne serait pas chrétien de le laisser périr tandis qu'on est ici à se poser des devinettes: Viens-tu, Noré ?

     

    Petit-Noir ou, de son vrai nom, Xavier Labonté avait la réputation de n'avoir pas froid aux yeux.

    Honoré Doucet, autre fort-à-bras, ainsi interpelé, ne pouvait décemment reculer à peine de passer pour un poltron et ce sous les yeux mêmes de sa «blonde».

    En débouchant sur le rocher qui donnait un espace découvert d'une vingtaine de pieds carrés, Labonté laissa échapper de surprise le gourdin qu'il tenait à la main.

    À la lueur du falot, il venait de reconnaître la robe d'indienne à carreaux bleus et blancs d'Antoinette Croteau.

    Doucet se rappelait maintenant avoir vu Antoinette et son séduisant partenaire quitter l'enceinte de la danse vers les onze heures.

    Il n'avait pas alors prêté autrement attention à la chose, qu'ils allaient au buffet.

    Et qu'était devenu le beau «cavalier» de Toinette ?

    Mais où est-ce qu'il est, le pendard, que je lui torde le cou, rétorquait Doucet que l'absence de l'ennemi enhardissait.

    Il ne s'est toujours bien pas évaporé comme un feu follet, à moins d'être le diable en personne !

    Dans tous les cas, on va aller mener Toinette chez elle au plus tôt et quand elle sera revenue à elle, il n'y a pas de doute qu'elle nous laissera savoir ce qui s'est passé cette nuit.

    Au moment de la soulever, Labonté recula d'horreur en se signant.

    Dans le roc vif, tout près d'Antoinette, il venait d'apercevoir deux pieds parfaitement dessinés comme si le roc s'était fondu sous le poids de quelque monstre aux souliers de feu.

    Et saisissant vivement Antoinette, ils la disposèrent sur le brancard et la transportèrent chez le plus proche voisin, le père David Martin.

    Un bonhomme bien serviable, eut vite fait d'atteler sa jument Café et de conduire Antoinette évanouie chez sa mère, une pauvre veuve du chemin de Sainte-Cécile.

     

    Jerry Cunningham ayant ordre d'avertir le médecin de Granby de se rendre au chevet d'Antoinette. Lorsque le docteur Gravel arriva, Antoinette n'avait pas encore repris connaissance.

    Sous les soins du médecin, Antoinette reprit enfin ses sens mais pour retomber peu après dans un état d'hébétude voisin de la folie. Elle passa une semaine dans cet état de quasi-imbécilité.

    Ce soir-là, vers huit heures Antoinette se leva soudain et, comme si ses membres engourdis par l'inaction eussent éprouvé un besoin impérieux de détente, elle se livra à une danse frénétique dans les deux pièces qui composaient le logis.

    Elle dansait et sautait sans relâche, renversant les meubles en esquissant les entrechats les plus fantaisistes.

    À la fin, épuisée, elle s'affaissait en proie à une crise violente, les yeux révulsés, la bouche tordue en un rictus hideux et lançant des rugissements terribles.

    Puis, la crise passée, le sabbat reprenait de plus belle. Incapable de maîtriser la forçonnée, sa mère sortit pour chercher de l'aide et envoyer quérir le curé.

    Lorqu'on revint, la maison flambait et Antoinette se débattait au milieu du brasier! Hélas! l'incendie avait trop d'avance et les efforts qu'on fit pour sauver la malheureuse furent vains.

    La pauvre femme s'était affaissée. Elle ne survécut que quelques jours à sa malheureuse fille.

    La danse au Petit Lac reçut là son coup de mort.

    Les participants eurent garde, comme bien on pense, de se vanter d'avoir ainsi coudoyé le diable sous les dehors séduisants d'un danseur accompli...

    Car, la chose ne faisait pas l'ombre d'un doute, le partenaire d'Antoinette Croteau était bel et bien Sa Majesté Satanique.

    Et vous, père Picard, demandais-je à mon guide, que pensez-vous de cette affaire-là ?

    Il y en a qui ont prétendu, dans le temps, que c'était Vilbon Gamache qui aurait imaginé cette histoire-là pour effaroucher les gars de Granby et d'Upton qui venaient seiner au lac.

    Gamache a eu quasiment comme qui dirait le monopole du poisson.

    N'empêche pas que la barbotte du petit lac, elle est noire comme l'enfer et puis l'anguille, eh bien !

    Elle frétille comme si qu'elle aurait le diable au corps !

    Granby, Juillet 1901.

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • LA LÉGENDE DE L’ÉLÉPHANT BLANC

    ****

    L’an dernier, lord W*** résolut de doter le Zoological Garden d’un véritable éléphant blanc.

    Fantaisie de grand seigneur.

    Londres venait d’acquérir, à grands frais, un éléphant gris-poussière, clairsemé de taches rosées ; mais cette prétendue idole indo-chinoise n’était, à dire d’experts, que de qualité douteuse. D’après eux, le prince birman qui, moyennant un million, l’avait accordée à l’avisé Barnum, avait dû, pour surfaire l’animal, feindre le sacrilège de ce trafic… ou, plutôt, si le Zoological Gardenavait accordé la moitié seulement de ce prix, le fameux puffist devait être, à coup sûr, maintes fois rentré dans ses réels débours.

    En effet, si, dans plusieurs parages de la Haute Asie, tel pachyderme de cette espèce plus que rare est revêtu du caractère sacré qui lui confère une souveraine valeur, c’est au seul cas où, dûment albinos, il n’éveille que l’idée très pure d’une ambulante et intacte « colline de neige » ; quant aux éléphants de couleur imprécise, ou mouchetés de tares quelconques, ils n’y sont honorés que d’une superstition très vague, sinon tout à fait nulle. 

    Lord W…, donc, par orgueil national, conçut, pour en finir, le dessein d’enrichir l’Angleterre (mais incontestablement, cette fois) de la vraie bête auguste, réputée introuvable.

    L’idée lui en avait été suggérée par la secrète confidence d’un grand touriste de ses amis. Celui-ci, déterminé voyageur, s’était aventuré durant de longues années, au profond de ces mystérieuses forêts qu’arrose ce Nil birman aux sources tartares, l’Irawaddi. Or, affirmait-il, au cours de ses explorations à travers les villes perdues, les ruines mortes des temples, les rivières, les lumineuses vallées de Minnapore, il lui était advenu, par une certaine belle nuit, d’entrevoir — dans la lueur d’une clairière peu distante d’une vieille ville sainte, — le mystique éléphant blanc dont la couleur se confondait avec le clair de lune et que promenait, en chantonnant des prières, un hiératique mahout. — Sur une carte spéciale était marquée, vers le 22e degré de latitude, la cité reculée aux environs de laquelle il avait relevé l’insolite apparition.

    L’on sait qu’en Birmanie, les éléphants privés ou sauvages, sont la propriété de l’empereur, qui les réquisitionne en temps de guerre. Il est de coutume inviolable que ce monarque possède un éléphant, d’une blancheur idéale, auquel il donne un palais, des officiers et le revenu d’un district territorial affecté à l’entretien de ce personnel. La loi religieuse interdit de laisser sortir de la contrée un seul des trois ou quatre éléphants en qui se réalise, par siècle, le phénomène de l’espèce blanche, —   car une tradition bouddhique prédit la fin de l’Empire, du jour où l’on verrait l’un d’entre eux en d’autres pays. (La guerre sanglante de Siam, il y a deux siècles, ne fut déclarée que pour la possession d’un de ces fantastiques animaux, que le roi de Siam se refusait à céder aux Birmans). Les dernières conquêtes des Anglais, — qui viennent d’occuper Mandalay après avoir si longtemps et si patiemment concentré leurs troupes dans les marécages du district d’Assam, — seraient compromises dès l’heure où quelqu’un de leurs délégués réclamerait le tribut d’une « colline de neige » : ce serait, de tous côtés, contre eux, une révolte sainte, sans merci ni trêve. Quant aux étrangers, aux particuliers intrépides qui seraient surpris essayant de dérober un éléphant sacré, nulle intervention ne les préserverait de la plus atroce, de la plus prolongée des morts.

    Comme on le voit, le projet caressé par le noble Anglais présentait diverses difficultés d’exécution. Toutefois, ayant mandé l’illustre dompteur Mayëris et lui ayant remis la carte, ainsi que la nomenclature des dangers inhérents à l’entreprise, il lui offrit, le défrayant lui et ses hommes, une somme de deux millions cinq cent mille francs (100.000 liv. st.) si, parvenu à capturer et conduire jusqu’à la mer, à travers les peuplades birmanes, l’éléphant indiqué, l’audacieux belluaire, l’ayant transporté d’Asie en Angleterre, le lui livrait en Tamise « rendu à quai » pour le Zoological Garden.

    Mayëris, d’une main toute traversée par les crocs  de ses lions, s’était pensivement, caressé la barbe en écoutant le lord. Après un instant de silence, il accepta.

    Sitôt le traité en poche, quelques jours lui suffirent pour s’adjoindre une demi-douzaine de bas-de-cuir, d’un sang-froid et d’une expérience à l’épreuve. Puis, en homme pratique, s’étant dit que, pour enlever à travers les menaçantes étendues d’un tel pays, un éléphant blanc, il était, d’abord, indispensable de le teindre, le dompteur chercha quelle teinture provisoire pourrait le mieux résister aux intempéries éventuelles — et finit par s’approvisionner, tout bonnement, de quelques barils de l’Eau pour barbe et cheveux la plus en vogue chez la gentry. Une fois toutes autres acquisitions nécessaires terminées, un fort navire marchand fut nolisé pour l’expédition et le transport de la bête ; on prévint l’Amirauté : des télégrammes furent adressés au gouverneur anglais d’Assam, l’avertissant de prodiguer toute sa bienveillance à la tentative — et l’on partit.

     

    Environ trois mois après, Mayëris et ses compagnons, arrivés depuis longtemps en Asie, avaient remonté le Sirtang sur un radeau de madriers construit en vue du rapt qu’ils se proposaient d’accomplir. À force d’adresse et de bons hasards, ils étaient parvenus, longeant les solitudes, à quelques milles de la vieille cité sacerdotale précisée sur la carte révélatrice. Lorsque ces veilleurs, sans cesse aux aguets, eurent, eux aussi, aperçu l’animal,  ils s’installèrent aux alentours de la ville sur la lisière d’une immense forêt aux bords mêmes du Sirtang. Le radeau, cerclé de caisses d’air et de larges plaques de liège, était couvert de branchages et de feuilles : amarré contre l’endroit du rivage qu’il prolongeait de plain-pied, il semblait un îlot.

    Pour motiver leur présence et gagner les regards favorables, ils avaient commencé, en simples chasseurs de fourrures, par détruire un couple de ces grands tigres longibandes qui, avec le rhinocéros, terrorisent ces régions. Puis, profitant des bonnes grâces que ce brillant début leur avait attirées, ils avaient su épier, distraitement, les habitudes, en forêt, de l’éléphant blanc et de sonmahout. Ils s’étaient même acquis, en des occasions, quelque sympathie de l’un et de l’autre, par des signes de vénération et des présents. Donc, le jour où Mayëris jugea le moment opportun, toutes mesures étant prises, il disposa ses hommes pour l’embuscade.

    L’éclaircie où l’on se tenait à l’affût, non loin du fleuve où l’éléphant venait boire aux clartés des astres, était presque toujours déserte, surtout la nuit. À travers les larges feuilles et les lianes pendantes des aréquiers géants, des mangliers, des palmiers-palmyres, les aventuriers aperçurent, au loin, les dômes aux stellures dorées, les flèches des temples, les marbres des tours de la ville consacrée à l’éternel Gadàma Bouddhà. Et, cette fois, le merveilleux de cette vision leur sembla menaçant ! L’antique  prophétie populaire du pays secouait, comme une torche, au fond de leurs mémoires, sa flamme superstitieuse : « Le jour où d’autres peuples verraient chez eux un éléphant blanc de la Birmanie, l’Empire serait perdu. » Le coup résolu leur parut donc, en ce moment, si dangereux et de risques si sombres, que, tout bas-de-cuirs qu’ils fussent, ils convinrent de se faire mutuellement l’aumône d’une prompte mort, au cas où ils seraient découverts et cernés, afin de ne pas tomber vivants entre les mains cruelles des talapoins de la Sacrificature. D’ailleurs, ayant enduit d’huile minérale plusieurs des arbres environnants, ils étaient parés pour mettre le feu dans les bois à la première alerte.

    Sur le minuit, la psalmodie monotone du mahout s’éleva, d’abord lointaine, puis, s’approchant scandée par les pas massifs de la monture. Bientôt l’homme et la majestueuse bête apparurent, se dirigeant vers le fleuve. Mayëris, qui, jusqu’alors, s’était tenu adossé sous l’ombre d’un baobab, s’avança de quelques pas dans la clairière. La rencontre du dompteur, accoutumée en ce lieu solitaire, ne pouvait éveiller aucune défiance : qui donc eût osé rêver l’effrayante extravagance qu’il méditait ? Ayant échangé avec le diseur de prières un bon souhait nocturne, il vint auprès de l’animal qu’il flatta de la main, tout en faisant remarquer au mahout la beauté du ciel.

    Au moment où l’éléphant se penchait vers le fleuve, l’un des chasseurs, se dressant dans les hautes  herbes, lui ajusta, pour l’assoupir, — et avec la rapidité de l’éclair, — les ressorts d’acier d’une bonbonne de chloroforme à l’extrémité de la trompe. La bête, en un moment suffoquée, brûlée, étourdie, agitait en vain, de tous côtés, son proboscide, brandissant et secouant, au hasard, l’asphyxiante mais tenace bonbonne : l’aspiration de chaque effort l’engourdissait davantage. Le pieux cornac, la sentant vaciller, sortit enfin de son extase et voulut sauter à terre. Il y fut reçu par Mayëris et l’un des siens qui, en un clin d’œil, le bâillonnèrent et le lièrent pendant que les autres étayaient, à droite et à gauche, avec de forts troncs d’arbustes, l’éléphant à présent comateux et plus qu’à demi pâmé. Vite on enleva, de la courbure des défenses, les ornements d’or, les bracelets de pierreries dont les femmes de la ville les avaient surchargées — et l’on ouvrit les barils ; quatorze bras expéditifs se mirent alors à le badigeonner de la queue à ses larges oreilles, imbibant d’une double couche de la pénétrante liqueur jusqu’aux derniers replis de la trompe. Dix minutes après, l’éléphant sacré complètement travesti, à l’exception des ivoires, était devenu nègre. L’on profita du moment psychologique où l’animal semblait revenir à soi-même pour l’attirer, docile, vers le radeau. Dès qu’il s’y fut avancé, ses vastes pieds y furent saisis en de grosses entraves d’acier-fer. L’on déploya la tente au-dessus de lui, en toute hâte ; l’on jeta le mahout sur un lit de feuillages, on décrocha les amarres et — for ever ! 

    Maintenant le rapide courant, plus puissant que deux hélices, entraînait les ravisseurs et leur prise vers les possessions anglaises. Au petit jour, l’on était à vingt lieues. Encore deux jours et une nuit, et l’on serait hors de toute atteinte.

    Combien de temps d’ailleurs n’avait-il pas fallu, derrière eux, pour s’apercevoir de cette disparition ? pour les recherches, pour les conjectures ? — avant d’admettre, enfin, la possibilité de l’événement ? Il était déjà bien tard pour les poursuivre ! Quant à ceux des rivages, la couleur normale de la capture rendait l’expédition toute simple. L’on charma donc les ennuis de la longue route en retouchant l’éléphant dont la torpeur ne s’était pas encore dissipée. La surprise du mahout avait été plus terrible : il était mort. Ce fut donc l’affaire d’une pierre au cou, le soir qui suivit.

    Enfin, Mayëris et les siens arrivèrent : ils étaient attendus. L’apparente noirceur de l’animal avait quelque chose qui impressionnait à première vue, mais les officiers anglais, comme de raison, gardèrent le secret — et, cette fois, ce fut sous bonne escorte que l’on atteignit la mer, où le navire, en panne depuis deux lunes, embarqua l’énorme proie.

    Lorsque, après une traversée des plus paisibles, les impatients héros aperçurent enfin les côtes de l’Angleterre, ce fut un hurrah de joie saluant l’espérance, la renommée, le succès, la fortune. À l’arrivée en Tamise, on pavoisa. Victoire ! God protect old England. ! Un colossal tender du railway suburbain transporta l’animal, à peine débarqué, au Zoological  Garden : lord W, accouru sur télégramme, s’y trouvait déjà chez le directeur.

     

    — Voici l’éléphant blanc ! s’écria Mayëris radieux. Mylord, veuillez bien nous délivrer le chèque promis sur la banque d’Angleterre ?

    Il y eut un moment de silence, bien naturel, devant la sombre physionomie de la bête.

    — Mais, — mais il est noir, monsieur, votre éléphant blanc ? finit par murmurer le directeur.

    — Ce n’est rien ! répondit en souriant le dompteur. C’est que nous avons été obligés de le teindre pour l’enlever.

    — Alors, s’il vous plaît, déteignez-le ! répliqua lord W, car, enfin, nous ne pouvons proclamer blanc ce qui est noir.

    Le lendemain Mayëris revint, avec les chimistes nécessaires, pour procéder sans délais à l’opération. Ceux-ci s’acharnèrent donc à relotionner aussitôt de réactifs puissants le malheureux pachyderme qui, roulant ses regards albinos, paraissait se demander avec inquiétude : « — Ah ! ça, qu’ont donc ces hommes à m’humecter, de la sorte, à chaque instant ?… »

    Mais les acides de la teinture initiale avaient pénétré profondément l’épais tissu cutané du proboscidien, de sorte qu’en se combinant avec les acides, ces réactifs, appliqués à l’étourdie, produiraient un résultat inattendu. Loin de reprendre sa teinte natale, l’éléphant était devenu vert, orange, bleu-de-roi, cramoisi, gorge de pigeon, —   chatoyait et passait par toutes les nuances de l’arc-en-ciel : sa trompe — pareille au pavillon bariolé d’une nation inconnue, durant une accalmie, — pendait, immobile, contre le long du mât peinturluré d’une de ses jambes immenses — si bien que, dans un saisissement, le directeur émerveillé s’écria :

    — Oh ! laissez-le ! de grâce ! n’y touchez plus ! Quel monstre fabuleux ! c’est l’éléphant-caméléon ! certes, on viendra des bouts de l’univers pour voir cette bête des Mille et une Nuits. — Positivement, jamais, non jamais, sur la surface planétaire que nous occupons, on n’a salué pareil être avant ce beau jour ! — du moins, j’inclinerais fortement à le croire.

    — En vérité, monsieur, c’est possible ! répondit lord W en lorgnant aussi l’extraordinaire vision : mais, — aux termes du traité, M. Mayëris doit me le livrer blanc et non point versicolore. Le blanc, seul, constitue le valeur morale dont j’offre cent mille livres. Qu’il lui restitue donc sa couleur primitive ou je ne prierai pas. Mais… comment, désormais, prouver qu’un tel épouvantail est un éléphant blanc !

     

    Ce disant, lord W, remettant son chapeau, s’éloigna, comme se refusant à toute discussion.

    Mayëris et ses bas-de-cuirs considéraient en silence le désolant animal qui ne voulait pas blanchir ; soudain, le dompteur se frappa le front

    — Monsieur le directeur, demanda-t-il, de quel sexe  sont vos éléphants duZoological Garden ?

    — Un seul est du sexe féminin, répondit celui-ci.

    — Fort bien ! s’écria Mayëris triomphant : croisons-le ! J’attendrai les vingt mois réglementaires de la gestation : le rejeton mulâtre, devant les tribunaux, fera preuve de la race blanche de celui-ci.

    — Ce serait une idée, en effet, murmura le directeur — et, ajouta-t-il d’un ton narquois, vous obtiendrez, sans doute, ainsi, un éléphant café au lait… s’il n’était notoire que l’éléphant captif se refuse rigoureusement à toutes les joies de la paternité.

    — Fables ! comme leur prétendue pudeur, tout cela ! monsieur ! répondit le dompteur : on a, là-bas, mille exemples du contraire. D’ailleurs les us d’un éléphant blanc sont autres. Pour le surplus, je saupoudrerai, dût-il en périr, sa nourriture des aphrodisiaques les plus violents — et que le sort en décide !

    Le soir même, le dompteur, tout ravi, se frottait les mains, ayant acquis la certitude de ses nouvelles espérances.

    Par contre, à l’aurore suivante, la démesurée bête fut trouvée inanimée par les gardiens dans la maison des éléphants. La dose de Chin-sing avait été trop forte : il était mort d’amour.

    — Soit ! gronda Mayëris à cette nouvelle ; mais, maintenant, je puis attendre en sécurité toutes mesures abortives seraient une déloyauté dont je sais mes adversaires  incapables. Seulement, cette perte de mon capital me porte un coup irréparable, car, à la longue, en trois ou quatre ans peut être : j’en ai la conviction, sa peau vivante eût repris sa nuance naturelle.

    Sur ces entrefaites, un ultimatum de lord W parvint à Mayëris : l’Anglais lui notifiait, une fois pour toutes, que « s’en tenant aux termes du traité, il ne se reconnaîtrait point débiteur pour un éléphant mulâtre, — qu’en tout cas, improuvant la mésalliance provoquée, il offrait cinq mille livres d’indemnité pour étouffer l’affaire en conseillant au dompteur de retourner se procurer un autre éléphant blanc et, cette fois, de le moins bien teindre. »

    — Comme si l’on pouvait enlever deux éléphants blancs dans sa vie ! grommela le belluaire furieux. C’est bien ! on plaidera.

    Mais, attorneys et solicitors lui ayant assuré la perte de sa cause, Mayëris en soupirant, se contenta de frapper d’opposition le rejeton futur de son défunt prisonnier, nomma un curateur, accepta les cinq mille livres pour ses hommes et quitta Londres.

    Depuis, lorsqu’il raconte avec mélancolie cette aventure — trop fantaisiste pour n’être pas incroyable — il ajoute, d’un étrange timbre de voix où semblent ricaner on ne sait quels esprits lointains :

    — « Gloire, succès, fortune ? Vapeurs et nuages ! Avant-hier un royaume fut perdu pour un coup d’  éventail donné, hier un empire se dissipa pour un coup de chapeau non rendu ; tout dépend d’un rien. Enfin, n’est-ce pas mystérieux ? Si la vieille prédiction, si l’augurale menace du dieu de là-bas est digne de la foi qu’elle inspire à tant de millions d’hommes, à quoi donc a tenu l’empire birman ?… À ce qu’hélas ! au lieu de me prémunir, à la légère de cette Eau fatale, pour teindre et ravir l’éléphant sacré de Gâdama-Bouddhâ, je n’ai pas songé à remplir, tout simplement et comme un symbole ! mes lourds barils de fer… d’un peu de noir de fumée ! »

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • ORIGINES DE MOLLY MALONE

    ORIGINES DE MOLLY MALONE.......


     
    Un Personnage fictif, issu d'une chanson populaire irlandaise
     
    Tout commence en 1880, lorsque sort la chanson “Molly Malone”, aussi nommée “Cockles and Mussels” (les bucardes et les moules).
    Chanson populaire, celle-ci est chantée un peu partout à .Dublin et devient un incontournable dans les Pubs Irlandais et est jouée partout dans la rue par le musiciens locaux.

    La chanson se veut tragi-comique, et conte l'histoire de Molly Malone, une jeune et belle poissonnière, vendant chaque jour son poisson, ses coques et ses moules dans les rues de.Dublin jusqu'à ce qu'elle soit terrassée par une terrible fièvre.

    Cette chanson est devenue très populaire au fil des années, et a permit de faire de Molly Malone l'un des personnages emblématiques de la ville.La légende se serait même étoffée autour de cette femme, et beaucoup s'accordent à dire que cette dernière vendait son poisson dans les rues le jour, et se prostituait la nuit.
     
    Molly Malone devient un symbole culturel de Dublin
     
    D'autres bruits quand à eux prétendent qu'au contraire, celle-ci était l'une des rares marchandes ambulantes à rester chaste...
     
    De nombreuses recherches ont même été menée pour savoir si Molly Malone a bien existé... Certains irlandais semblent d'ailleurs affirmer avoir trouvés ses extraits de naissance et de décès, mais il semble que le nom Molly Malone soit plutôt courant en Irlande, et ce, surtout au XVIIème siècle, époque où; est supposée vivre la jeune Molly.

    En hommage à ce personnage devenu un incontournable dans la culture irlandaise,.Dublin a commandé en 1987 une statue de Molly Malone, aujourd'hui installée sur Grafton Street.
     
    Conçue par Jean Rynhart, cette statut représente une belle jeune femme au décolleté généreux, vêtue d'habits d'époques, et poussant une charrette de poissons devant elle.Et par la même occasion, le chanson Molly Malone et devenu l'hymne officiel de la ville de Dublin, et est chantée par la majorité des supporters de l'équipe de Dublin GAA et de l'équipe internationale de rugby.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La boite à baisers !

    **********

    Il y a de cela plusieurs années, un père punit sa fillette de 3 ans pour avoir inutilement dépensé un rouleau de papier doré. À l'époque, l'argent se faisait rare et il ne put supporter que la fillette utilisa le papier pour décorer une boite à cadeau juste pour occuper le dessous de l'arbre de Noël. Le lendemain matin, la petite enfant apporta le cadeau à son père en lui disant : "C'est pour toi Papa ! ".

    Embarrassé, son père regretta sa trop vive réaction. Toutefois, celle-ci se raviva et ne fit qu'empirer quand il découvrit que la boite était vide. Il cria alors à sa fille "Ne sais-tu pas qu'en offrant un paquet-cadeau, il doit toujours y avoir quelque chose dans la boite ? ". La fillette regarda son père les yeux pleins d'eau et lui dit: Mais papa, la boite n'est pas vide, je l'ai remplie de baisers, juste pour toi!". Le père était chaviré. Il enlaça sa fille, la priant de lui pardonner sa réaction.

    Peu de temps après, un accident vint faucher la fillette. Le père garda longtemps la boite, tout près de son lit. A chaque fois que le découragement l'assaillait, il prenait la boite, en tirait un baiser imaginaire et se rappelait l'amour que l'enfant y avait mis.

    Au fond, cette fable nous rappelle qu'il est donné à chacun de nous, comme humain, de disposer d'une telle boite dorée, remplie de l'amour inconditionnel et des baisers de nos enfants, de nos ami(e)s, de notre famille ou de Dieu. Existe-t-il de plus grands cadeaux ?

    Auteur inconnu

     
    Google Bookmarks

    2 commentaires
  • La légende du loup blanc !

    La légende du loup blanc !

    L'histoire que je vais vous raconter remonte à la nuit des temps.

    A cette époque, la terre était recouverte de vastes forêts sans fin, certaines étaient inextricables et les voyageurs égarés retrouvaient rarement leur chemin.

    En ces temps là, les loups vivaient nombreux, ils formaient des clans très hiérarchisés, intelligents, forts et courageux, ils n'avaient d'autres ennemis que les hommes.

    Les hommes quant à eux nourrissaient une haine profonde envers les loups et lorsqu'ils se trouvaient face à face, il était rare que tous deux survivent à cette rencontre.

    A peine l'enfant des hommes marchait, qu'il avait appris à haïr le loup.

    Chaque décennie écoulée, les loups, uniquement les chefs de clan et quelques élus entreprenaient le grand voyage. De toutes les régions du Nord de l'hémisphère, ils convergeaient en un même lieu, une vaste clairière au centre d'une forêt profonde et noire, quelque part dans un pays que l'on appellera plus tard la France.

    Certains venaient de très loin, c'était le grand rassemblement au cours duquel les loups mâles et femelles encore solitaires allaient sceller une nouvelle alliance, ils venaient là trouver le compagnon d'une vie.

    Les chefs partageaient leur savoir et les jeunes bâtissaient leur descendance.

    Cette année là, Loup blanc, chef de clan encore solitaire venait pour y trouver une compagne, chemin faisant il pensait au lourd secret qui était le sien.

    Quelques mois plus tôt, au cours d'une chasse, il avait découvert une jeune femme évanouie dans la neige fraîche. Il s'était approché d'elle doucement, avec méfiance comme on lui avait toujours appris, de longues minutes s'étaient écoulées ainsi, quand soudainement la jeune femme bougea, elle entrouvrit les yeux et loin d'être terrifiée par la vue du loup, elle lui sourit.

    Elle tendit une main et caressa la fourrure de l'animal, celui-ci accueillit cette marque d'affection d'abord avec surprise puis bientôt avec plaisir. Sans savoir qu'il pouvait la comprendre, elle lui expliqua sa peur lorsqu'elle s'était vue égarée dans la forêt, en entendant du bruit, elle s'était mise à courir sans voir une grosse branche qui barrait le chemin, elle avait trébuché lourdement et s'était évanouie.

    Tout en lui parlant elle n'avait cessé de le caresser. Elle le regarda droit dans les yeux et lui demanda de l'emmener jusqu'au village, seule dit-elle, je ne retrouverai jamais ma route.

    Il s'exécuta, il la reconduisit jusqu'à l'entrée du village et longtemps il resta là, à la regarder partir, même lorsqu'il ne pouvait plus la voir.

    De retour dans la tanière du clan, il comprit qu'il ne serait plus jamais le même, jamais plus il ne verrait les hommes de la même manière.

    Il se prit même à revenir guetter l'entrée du village dans l'espoir de l'apercevoir.

    A de nombreux kilomètres de là, une louve et son frère cheminaient au côté d'un chef de clan, ils faisaient eux aussi route vers le grand rassemblement.

    La louve Calypsone venait y faire alliance, elle l'espérait depuis longtemps mais depuis l'été dernier, elle était habitée par la peur, son chemin avait croisé celui d'un gentilhomme blessé, au lieu de le dénoncer à la meute comme il se doit, elle l'avait caché, recouvert de feuilles et de branchages et l'avait nourri jusqu'à ce qu'il puisse se débrouiller seul.

    L'homme n'avait jamais manifesté la moindre crainte face à la louve, au contraire il aimait à lui parler, à la caresser, il lui faisait des confidences comme il l'aurait fait à un des ses semblables. Il rêvait d'un monde où les hommes et les loups feraient la paix, un monde où la haine de l'autre n'existerait plus.

    Un soir alors que Calypsone venait le retrouver, il était parti en laissant sur le sol son écharpe, un peu de son odeur qu'elle prit plaisir à renifler.

    Souvent, depuis lors, elle venait s'allonger au pied de l'arbre qui avait été le témoin de leur amitié.

    La clairière sacrée était prête, tous les participants s'étaient rassemblés en plusieurs cercles, au milieu se trouvaient les solitaires, il était de coutume de s'observer et lorsqu'un loup mâle trouvait une louve à sa convenance, il s'avançait au milieu du cercle, puis de là en rampant il se dirigeait vers l'élue.

    Ce soir sacré, lorsque Calypsone aperçu Loup blanc, elle reconnut immédiatement le compagnon qui habitait ses rêves, celui qu'elle avait toujours attendu.

    Aussi, bousculant toutes les règles, elle s'avança vers lui, sans crainte, le regardant au fond de ses prunelles dorées.

    Loup blanc, comme s'il avait toujours su ce qui allait arriver, accepta Calypsone comme compagne sans se formaliser de la façon cavalière qu'elle avait utilisée pour arriver à ses fins.

    La nuit même leur union fût scellée. Le grand sage donna son accord après avoir vérifié qu'ils n'appartenaient pas au même clan et que leurs deux statures s'harmonisaient entre elles.

    La louve fit ses adieux au clan qui l'avait vu grandir et se prépara au voyage de retour.

    Leur périple fût sans histoire.

    Inconsciemment ou pas, Loup blanc construisit leur gîte non loin de l'endroit où il avait découvert la jeune femme l'hiver dernier.

    Au printemps de l'année qui suivit, Calypsone donna naissance à deux louveteaux, un mâle et une femelle. Avant de mettre bât, elle avait avoué à Loup blanc le parjure qu'elle avait fait à sa race en cachant et en nourrissant un humain. Loup blanc lui avait à son tour confié son secret et depuis lors ils ne formaient plus qu'un.

    Une nuit, ils furent réveillés par des cris qui les fit sortir de leur tanière, ils aperçurent au loin une fumée épaisse, un incendie embrasait le ciel. Les cris durèrent longtemps et au petit jour une odeur âcre parvint jusqu'à eux.

    La magie des loups en ces temps là était grande et leur haine des humains encore plus grande, plusieurs clans s'étaient unis pour détruire un village qui avait tué plusieurs des leurs. Ceux qui n'avaient pas péris dans l'incendie, furent dévorés pas les loups.

    Loup blanc rassembla sa compagne et ses petits et décida de s'éloigner à tout jamais de ces contrées barbares, il voulait un monde différent pour sa descendance.

    Au même moment, un homme et une femme, seuls survivants du massacre fuyaient eux aussi l'horreur de la nuit.

    La légende dit que la route des loups croisa celle des humains

    Qu'il reconnu la jeune femme qu'il avait secouru de même que Calypsonne reconnu l'homme comme étant celui qu'elle avait caché dans les bois.

    On dit aussi qu'ils firent chemin ensemble jusqu'à une grande clairière.

    Uniquement avec leur courage, ils bâtirent un monde nouveau où tous ceux qui vivaient sans haine furent les bienvenus. Les humains comme les loups...

    Loup blanc fût à l'origine d'une nouvelle race de loups, plus proche de l'homme et qui bien des années plus tard donnera naissance à cette race de loup civilisé que l'on appellera le Chien

    Source: Duterte

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Cimetière des 7777 saints
    à Lanrivoaré (Finistère)

    ***********

    (D’après « La Tradition », paru en 1892)

     

    S’intéressant à la curieuse légende attachée au village de Lanrivoaré et son cimetière, Chapelle, officier d’académie à Saint-Etienne, entreprend de décrypter le lien unissant ce lieu au chiffre 7...

    Sous le titre de Lanrivoaré, écrit Chapelle, un chapitre des Epoques préhistoriques et gauloises dans le Finistère, par Paul du Chatellier, est ainsi rédigé :

     

    « Cimetière vulgairement nommé les 7777 saints, au sud de l’église, sur lequel existe la légende suivante :

     

    « Sept mille, sept cents, sept vingts et sept saints,

    « Débarquèrent à Kersaint,

    « Et tous allèrent à Lanrivoaré,

    « Moins le pauvre Saint-André, qui était boiteux,

    « Et qui resta à Saint-Jean.

    Hebergeur d'image

    Cimetière des 7777 saints, à Lanrivoaré près de Brest

     

    « Dans ce petit cimetière des saints se trouvent 7 grosses pierres rondes. Ce sont, dit-on, 7 pains de la fournée d’un boulanger qui ayant refusé l’aumône à Saint-Hervé, vit tous ses pains changés en pierres.

    Les pèlerins n’entrent dans ce cimetière pavé de dalles qu’en se déchaussant. (LE VOT : Histoire de la ville et du port de Brest). C’est à coup sûr, une légende remontant à la plus haute antiquité. »

     

    Le second volume du Voyage dans le Finistère, par Cambry, revu par Emile Souvestre, dit du village de Lanrivoaré qu’il est « placé sur le bord de la route qui conduit à Ploudalmézeau », et poursuit ainsi, au sujet de la légende du cimetière des 7777 saints : « visitez-y le cimetière des sept mille saints dont vous a déjà parlé Cambry.

    C’est un petit carré pavé de dalles et entouré d’un mur particulier.

     

    « Là, suivant la tradition, reposent 7777 saints. Au pied d’une croix, on aperçoit 7 grosses pierres, qui ne sont autre chose que 7 pains ainsi transformés pour punir un boulanger qui avait refusé l’aumône à Saint-Hervé.

    Les paysans n’ont coutume de circuler dans le cimetière des 7777 saints que les pieds nus et la tête découverte ».

     

    Que peut donc bien signifier cette légende à laquelle on prête une antiquité surpassant celle de la religion des druides ?

     

    Il n’est guère possible d’y voir une troupe de saints chrétiens accourus en pèlerinage à Lanrivoaré, et anéantis là par une peste quelconque.

    Il serait plus plausible d’y voir une bande de soldats envahisseurs complètement défaits par les habitants indigènes, mais vengés par d’autres envahisseurs de même origine qui en auraient fait des saints.

    Cependant, ni l’une ni l’autre opinion ne parait juste à l’examen.

     

    Au premier coup d’œil jeté sur les 4 vers de la légende citée par du Chatellier, ce qui frappe surtout, c’est la différence entre le nombre du titre de la légende et le total des nombres du texte.

     

    En effet, 7000 + 70 + 140 (7 vingts) + 7 = 7847 qui ne répond pas du tout à 7777.

    Et, si l’on ajoute les 7 pains qui ne figurent pas dans le texte reproduit par du Chatellier, mais qui font néanmoins partie essentielle et du cimetière et de la légende, on obtient le nombre 7854 qui s’écarte encore plus de 7777.

    Seulement, ce nombre 7854, quand on sait l’analyser, renforce au lieu de le contredire, le titre de la légende, et donne à cette dernière le prestige de la géométrie et de l’arithmétique dont les anciens Celtes s’inspiraient dans toutes leurs œuvres, même en religion.

    Nous voilà donc loin bien et des pèlerins et des soldats conquérants !

     

    Effectivement, 7854 représente, en unités entières, la surface d’un cercle ayant 100 mètres de diamètre ; en fractions décimales, la superficie d’un cercle ayant 1 mètre de diamètre ; et, de plus il se compose du nombre étrange 7777 déjà cité, et du nombre non moins fantastique, 77, qui, d’après les documents précédents, n’apparaît nulle part, ni dans la légende, ni dans le cimetière.

     

    La combinaison 7777 + 77 = 7854 a de nombreux équivalents non moins intéressants :

    7854 = 7077 + 777

    7854 = 7007 + 770 + 77

    7854 = 7070 + 707 +70 +7

     

    Ce groupement de 6 fois 7 ne se trouve pas seulement là, accepté par la religion chrétienne qui a voulu introduire ses saints dans la légende celtique, mais on le retrouve aussi nettement exprimé dans le premier chapitre même de l’Apocalypse de St-Jean.

    Hebergeur d'image

    Monument du cimetière des 7777 saints, à Lanrivoaré

    au début du XXe siècle

     

    7 y est énoncé 12 fois, 1 fois en double et 4 fois seul, dans des versets différents, puis 6 fois, en même temps, dans le 20e et dernier verset, comme si l’auteur avait eu la pensée de faire le total ou la récapitulation de tous les 7 énoncés dans le chapitre entier, avant de le clore.

    Nous avons déjà entretenu de cela la société académique de la Loire, en lui soumettant notre étude générale sur les nombres de l’Apocalypse, écrit Chapelle.

     

    De la géométrie à l’astronomie, il n’y a qu’un pas facile à franchir.

    Nous pouvons donc avec une certaine apparence de raison, déduire par la présence du cercle en cette matière que les 7 grosses pierres rondes représentent tout simplement les 7 planètes connues des anciens.

    On aurait ainsi devant soi, à Lanrivoaré, un vrai système planétaire.

     

    Nous saurons un gré infini à tous les archéologues bretons, qui n’ont pas à subir les frais onéreux d’un déplacement, de nous fournir une description (ou un plan) aussi exacte et aussi complète que possible, avec mesure précise, du cimetière de Lanrivoaré, de son contenu, de ses abords et des environs.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La Légende Du Bonhomme Pas De Tête...

     Comme dans tous petits villages l'Isle-aux-Grues...

    N'échappe pas à la règle...

    Il existe plusieurs croyances et quelques légendes .En voici  une...

    La Légende Du Bonhomme Pas De Tête 

    Les habitants de l'Isle-aux-Grues parlent encore du petit bonhomme qui ne sortait que de nuit et ne parlait à personne.

    Il ne suivait jamais la route, s'en allant léger comme un chat sur le plein ou à travers les champs.

    On ne pouvait même pas relever ses traces sur la neige fraîchement tombée.

    Pendant une trentaine d'année, la présence de ce gnome replet, vêtu d'un costume sombre, épouvanta les insulaires, surtout les ivrognes et les batteurs de femmes qui étaient ses victimes préférées !

    Ils ne s'attaquait  pas souvent aux femmes et aux enfants. L'église insistait  sur le fait de donner des messes aux âmes du purgatoire ce qui risquait de le faire partir de l'île.

    Louis Lebel, un beau et brave homme, revenant un soir d'une soirée où il avait fêté plus que d'habitude, aperçut le petit bonhomme qui tenait sa tête dans sa main venant à sa rencontre sur la côte.

    Lebel, figé par la peur, n'eut qu'une minute pour décider de se défendre.

    Il commença bras-le-corp, mais il ne réussissait pas à retenir le gnome tout d'une venue. Il tenta de l'assommer avec ses poings, mais les coups ne portaient pas.

    Le petit homme avançait toujours et Lebel dut se jeter en bas de la côte, haute de plusieurs pieds.

    C'est là que les villageois qui s'inquiétaient de son absence le trouvèrent le matin étendu sur les saillies de tuff.

    Par la suite, même l'incrédule curé fut plus réservé en parlant du farfadet et Lebel ne fit plus étalage de sa bravoure, portant sur son visage les traces du combat.

    Quant au gnome, on pense qu'il mourut en 1832, l'année du choléra, puisqu'on ne le rencontra plus jamais après cette terrible épidémie qui se répandit même dans les lieux les plus isolés du Canada.

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique