• Apparition du Navire des Morts
    sur la jetée de Dieppe le 2 novembre
    (D’après « Histoire de Dieppe » (par L. Vitet) paru en 1844
    et « Recueil de l’Académie des Jeux Floraux » paru en 1848)
     
     
    **************

    D’après une légende très accréditée en Normandie, un bruit sinistre se fait entendre pendant la nuit de la Toussaint, du 1er au 2 novembre, à la pointe de la jetée de Dieppe. Une tourmente se lève sur la mer, et du milieu des vagues le Navire des Morts paraît, ainsi appelé parce que sont à bord les trépassés de l’année. Se promenant longtemps sur les flots dans le silence et dans les ténèbres de la nuit, il s’y abîme ensuite aux sons d’un chœur chanté par les morts, sur l’air du Dies irae.

    Le jour des Morts est pour les marins une grande solennité ; ce jour leur rappelle tous les naufrages de l’année : ils prient avec ferveur pour ceux qui reposent au fond des flots. Toutefois, parmi les victimes, il en est toujours un certain nombre que leurs parents ou leurs amis ont négligées, qui attendent des messes, des prières, et ont un compte à régler avec les vivants ; de là l’histoire qu’on vous raconte à Dieppe.

    Le Vaisseau Fantôme. Peinture de Michael Echter
    Le Vaisseau Fantôme. Peinture de Michael Echter

    Presque chaque année, le jour des Morts, on voit apparaître au bout de la jetée un des navires qui ont péri depuis un an ; on le reconnaît : ce sont ses voiles, ses cordages, sa mâture ; c’est bien lui. Le gardien du phare lui jette la drome, l’équipage du vaisseau la saisit, et l’attache à l’avant-pont, suivant l’usage ; alors le gardien de crier aux gens du port : « Accourez , accourez ! Veuves, voici vos maris ; orphelins, voici vos pères ! »

    Et les femmes accourent, suivies de leurs enfants ; tous s’attellent à la drome et halent le bateau. Bientôt il est dans le bassin, près du quai ; chacun reconnaît ceux qui sont à bord. « Bonjour, mon homme ; bonjour, mon père ; bonjour, Pierre, Nicolas, Grégoire ; » l’équipage ne répond pas. « Allons, amenez vos voiles » ; les voiles restent tendues. « Venez donc, que nous vous embrassions. » A ces mots on entend sonner la messe, et aussitôt les voiles, le bateau, l’équipage, tout disparaît ; les femmes et les enfants des naufragés s’en vont à l’église en pleurant. « Payez vos dettes », murmure autour d’eux la foule des spectateurs.

    Cette légende est quelquefois contée d’une autre manière. Les Polletais disent que le jour des Morts, à la nuit tombante, il arrive parfois qu’on voit s’approcher du bout de la jetée du Pollet un bateau que l’on prendrait pour un bateau du port. Le maître haleur, trompé par l’apparence, s’apprête à jeter la drome ; mais, lorsqu’il étend les bras, la figure du bateau s’évanouit, et l’on entend par les airs des voix plaintives : ce sont celles des hommes du Pollet qui, dans le cours de l’année, sont morts à la mer, loin des yeux de leurs parents, et sans sépulture.

    Un marin qui oublie les vœux et les promesses qu’il fait aux saints pendant la tempête, ne trouve jamais dans l’autre monde ni trêve ni repos. Si vous en doutez , sachez ce qu’il advint, il y a quelques siècles, au bedeau de Notre-Dame-des-Grèves, l’église du Pollet. Le lendemain d’une grande tempête, vers minuit, le bedeau entend sonner la messe ; il saute à bas du lit, se frotte les yeux, prête l’oreille ; c’est bien la cloche de l’église. « Est-il déjà jour ? » Il ouvre sa lucarne ; la lune, cachée derrière les nuages, répandait une faible clarté. « Le soleil va se lever, dit-il ; j’ai donc bien sommeillé ? » Et le voilà qui endosse sa casaque et descend à l’église. La porte est ouverte ; un prêtre est au pied de l’autel. « Sers-moi la messe », lui dit le prêtre ; et le pauvre bedeau prend les burettes en tremblant.

    Mais quand vient le moment du sacrifice, quand le prêtre va pour porter le calice à ses lèvres, il pousse un cri, sa chasuble tombe ; il n’est plus qu’un squelette. « Maître Pierre, dit-il au bedeau, mon pauvre Pierre, tu ne reconnais pas Reynaud, dont le bateau a péri le lundi de Pâques sur la roche d’Ailly ? J’avais fais vœu d’une messe à Notre-Dame, et j’ai oublié mon vœu. Je voudrais, pour m’acquitter, la dire moi-même, cette messe ! mais quand je vais pour communier, tout l’enfer passe par ma gorge ; je brûle, maître Pierre ! Dites à mon fils de ne pas oublier les messes qu’il aura promises à Notre-Dame. » Selon d’autres récits, le squelette n’est pas celui d’un maître de bateau, mais bien celui d’un prêtre. Dans ce cas, la légende est une leçon populaire donnée au clergé lui-même.

    Au contraire, quand le bateau a été bien baptisé, qu’il a de bons parrains, que tous les matelots ont fait leurs Pâques ; quand ils ont à bord de l’eau bénite et des crucifix, alors survienne un orage, vous voyez au fort de la tempête l’équipage se doubler tout à coup. Vous étiez six matelots, vous voilà douze : chacun a son sosie qui travaille à côté de lui. Aussi comme la manœuvre est rapide ! comme le vaisseau triomphe du vent et de la vague ! c’est le saint son patron et quelques saints ses amis qui sont descendus pour le sauver.

    En 1848, Mme de Saint-George présente au concours de l’Académie des Jeux Floraux une ballade intitulée Le Navire des Morts se rapportant à la légende de Dieppe pendant la nuit de Toussaint. Erigée en Académie en 1694, Louis XIV en ayant édicté les statuts, l’Académie des Jeux Floraux est considérée comme la plus ancienne société savante d’Europe, connue dès le XVIe siècle sous le nom de Compagnie des Jeux Floraux, nouvelle dénomination du Consistoire du Gai Savoir créé en 1323 par plusieurs poètes et concours littéraire en langue d’oc récompensant chaque année un troubadour d’une violette dorée à l’or fin, dont la première édition eut lieu le 3 mai 1324.

    Le Vaisseau Fantôme, par Charles Meryon
    Le Vaisseau Fantôme, par Charles Meryon

    Voici la ballade de Mme de Saint-George :

     

    Le vent mugit au loin sous un ciel sans étoiles ;
    La mer sur le galet précipite ses flots,
    Et, comme des points noirs ou de mouvants îlots,
    Paraissent des barques sans voiles.

    Ces barques de pêcheur ont redoublé d’efforts
    Et gagnent en courant le golfe qui les garde ;
    Car, cette nuit, malheur au marin qui s’attarde :
    L’Océan appartient aux morts.

    La nuit de la Toussaint est une nuit fatale,
    Et, quand l’heure viendra, du milieu des rescifs
    S’élèveront en chœur des murmures plaintifs
    Qui domineront la rafale.

    D’où partent ces accords par la vague chassés ?
    D’un vaisseau... Regardez ! sous le céleste dôme,
    Seul, il se meut là-bas !... c’est le vaisseau-fantôme,
    Le navire des Trépassés.

    C’est un trois-mâts sinistre, immense sarcophage ;
    Son pavillon est noir ainsi que ses agrès :
    Tous ceux que dans l’année ont suivis nos regrets,
    Forment son funèbre équipage ;

    Et, debout à minuit, pour la dernière fois,
    Ces trépassés d’hier, aux vivants qui les pleurent
    Jettent des cris d’adieu, qui sur la plage meurent
    Sans réveiller ni son, ni voix.

    Ainsi, toute la nuit, vers le rivage vide
    Ils prolongent leurs cris, ils tendent leurs bras blancs ;
    Et, le matin venu, le vaisseau de ses flancs
    Fait jaillir un éclair livide.

    Puis, un coup de canon, comme un dernier sanglot,
    Tonne dans les sabords et sur la mer expire...
    Soudain tout disparaît : voix, lumière, navire
    Rentrent à jamais sous le flot.

    Chaque pécheur, aux pieds de Notre-Dame,
    Cette nuit-là, pieux comme un reclus,
    Dans son logis pense à quelque pauvre âme
    Qu’il aimait bien et qu’il ne verra plus.

    Mais aucun d’eux, tant l’effroi les pénètre,
    Ne quitterait son toit ni son foyer :
    Ils n’osent pas même ouvrir la fenêtre
    De peur de voir le vaisseau flamboyer.

    Et cependant, à la Toussaint dernière,
    D’une cabane une porte s’ouvrit,
    Et, vers le port, sans bruit et sans lumière,
    Une ombre osa se glisser à minuit.

    Même une barque à la grève amarrée,
    Fut aussitôt détachée, et soudain
    L’ombre y monta contre vent et marée,
    Et sans frémir prit les rames en main.

    Or, quand l’esquif, gagnant la haute plage,
    A l’Océan imprima son sillage,
    Un chant mystérieux, sourd comme le remords,
    Vint de la pleine mer : c’était le chant des morts.

    « Hier encor nous étions hommes,
    « Demain vous serez des fantômes ;
    « Mortels, tout n’est que vanité !
    « Qu’est-ce donc que la vie humaine ?
    « Nous avons, nous, l’éternité,
    « Quand vous avez un jour à peine...
    « Que nous serions heureux sous nos pâles linceuls,
    « Si vous veniez à nous, si nous n’étions plus seuls ! »

    L’esquif déjà s’éloignait de la rive ;
    Mais quand cet hymne au loin eut retenti,
    L’ombre hésita ; le canot qui dérive
    Sembla faiblir ; son cours s’est ralenti

    Mais tout à coup, du bout de la jetée,
    Une autre barque à la mer s’élança ;
    Et la première, un instant arrêtée,
    Reprit courage et plus vite avança.

    Qui brave ainsi les morts, la nuit, les lames ?
    Quelques forbans, incrédules, moqueurs,
    Hommes de fer ?... Non ; mais deux pauvres femmes
    Qui n’ont suivi que l’élan de leurs cœurs.

    L’une, naguère était heureuse épouse,
    L’autre était mère... hélas ! rien ne défend
    Nos chers trésors contre la mort jalouse ;
    Le même coup frappa l’homme et l’enfant.

    Aussi, la veuve et la mère éplorées,
    Depuis ce jour, à toutes les marées,
    Demandent le vaisseau que cette nuit attend,
    Et qui va se montrer... Écoutez !... on l’entend :

    « Hier encor nous étions hommes,
    « Demain vous serez des fantômes ;
    « Mortels, tout n’est que vanité !
    « Qu’est-ce donc que la vie humaine ?
    « Nous avons, nous, l’éternité,
    « Quand vous avez un jour à peine...
    « Que nous serions heureux sous nos pâles linceuls,
    « Si vous veniez à nous, si nous n’étions plus seuls ! »

    Des deux esquifs c’est celui de la veuve
    Qui va devant ; l’autre ne vient qu’après.
    Dieu les assiste à l’heure de l’épreuve !
    Voici venir le vaisseau des regrets.

    La veuve hésite et détourne la tête
    Pour l’éviter et pour ne pas le voir ;
    Mais c’est en vain , car l’ombre qu’il projette
    Fait sur les flots danser son spectre noir.

    L’épouse tremble, et la mère regarde :
    Amour de mère est plus fort que la peur ;
    Son œil furtif par instant se hasarde
    Vers le navire errant dans la vapeur ;

    Même elle voit des morts les formes frêles
    Grimper aux mâts , se croiser sur le pont,
    Et quand vers elle arrivent leurs voix grêles,
    La mère croit que son fils lui répond ;

    Et vers ce fils plus ardente elle vole :
    C’est là son but, son espoir, son idole ;
    Et comme un chant de joie, on la voit écouter
    Ce chœur que les échos n’osent pas répéter :

    « Hier encor nous étions hommes,
    « Demain vous serez des fantômes ;
    « Mortels, tout n’est que vanité !
    « Qu’est-ce donc que la vie humaine ?
    « Nous avons, nous, l’éternité,
    « Quand vous avez un jour à peine...
    « Que nous serions heureux sous nos pâles linceuls,
    « Si vous veniez à nous, si nous n’étions plus seuls ! »

    Le chœur se tait, et la veuve craintive
    Penche son front sur son sein refroidi ;
    Sa main s’arrête, et la rame inactive
    N’obéit plus a son bras engourdi.

    Les deux esquifs sont alors côte a côte,
    Car le dernier fend les flots en vainqueur :
    La mère parle à l’épouse a voix haute,
    Et dans un cri lui jette tout son cœur.

    La veuve sent bondir sa foi première,
    Elle repart ; mais cet élan s’éteint ;
    Elle aperçoit comme un œil sans paupière
    Qui, du vaisseau, la regarde et l’atteint.

    Elle pâlit, et se trouble, et frissonne ;
    Jeunesse, amis, le bonheur, l’avenir,
    Elle voit tout... tout ce qu’elle abandonne
    Pour aller, belle, avec un mort s’unir.

    La pauvre femme, en pensée adultère,
    Pleure la vie, et l’amour et la terre ;
    Tremblante, elle veut fuir le vaisseau de la mort ;
    Mais le chant recommence, et plus près et plus fort :

    « Hier encor nous étions hommes,
    « Demain vous serez des fantômes ;
    « Mortels, tout n’est que vanité !
    « Qu’est-ce donc que la vie humaine ?
    « Nous avons, nous, l’éternité,
    « Quand vous avez un jour à peine...
    « Que nous serions heureux sous nos pâles linceuls,
    « Si vous veniez à nous, si nous n’étions plus seuls ! »

    Ainsi l’épouse, éplorée, éperdue,
    Essaie en vain de regagner le port ;
    Son œil hagard mesure l’étendue,
    Elle se sent sous l’aile de la mort ;

    Car elle a vu grandir la silhouette
    Du vaisseau noir sur le gouffre béant,
    Et se dresser vers elle un grand squelette
    Pour la saisir de son bras de géant.

    Elle se croit à son heure dernière,
    Tombe à genoux, palpitante d’émoi,
    Ferme les yeux et fait une prière
    En s’écriant : O mon Dieu ! sauvez-moi !

    Dieu l’exauça. L’esquif toucha la terre ;
    L’épouse y vole, et cherche un sûr abri.
    Elle a beau fuir dans le port solitaire,
    A son oreille arrive un faible cri,

    Cri déchirant qui toujours se rapproche,
    Adieu suprême, amer comme un reproche.
    Et cette fois pourtant le vaisseau se taisait,
    Et l’on n’entendait plus qu’une voix qui disait :

    « Recevez-moi, pâles fantômes !
    « Je quitte le séjour des hommes :
    « Sur terre tout est vanité.
    « Qu’est-ce donc que la vie humaine ?
    « Quand vous avez l’éternité,
    « Les mortels n’ont qu’un jour à peine...
    « Sois heureux, mon enfant ! partageons ton linceul !
    « Ta mère est près de toi, tu ne seras plus seul. »

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Amour malheureux (L’) d’Adalaïs
    et du chevalier Raymond
    au château de Penne (Tarn)
    (D’après « Légendes albigeoises », paru en 1866)
     
     
    **********
    La sauvage majesté des ruines du château de Penne (Tarn), leur masse imposante, la hardiesse guerrière de leur position, disent assez quel rôle a dû jouer ce fort inaccessible, à l’époque du Moyen Age. On se sent saisi de terreur quand on voit ces débris grandioses pendre et surplomber à une hauteur effrayante, et écraser encore de leur grandeur renversée le village pittoresque dont les vieilles maisons se pressent autour du roc aigu qui le supporte. Pourtant, ce décor inquiétant fut le théâtre d’une touchante légende se rapportant à un amour malheureux.
     

    Au commencement du XIIe siècle, Penne nous apparaît pour la première fois ; il devient la propriété du puissant Trencavel (Bernard-Aton), vicomte d’Albi ; de ses mains, il passe dans celles des seigneurs qui portèrent son nom, et nous voyons toujours ces vaillants chevaliers dévoués et fidèles à leurs bien-aimés souverains, les comtes de Toulouse ; dans leur bonne comme dans leur mauvaise fortune, ils figurent sans cesse à côté d’eux, soit dans les combats, soit dans les actes importants de leurs règnes.

    Dans une de ses courses féroces à travers l’Albigeois , Simon de Montfort s’empare de Penne, mais c’est par trahison ; ce fort redoutable lui est bientôt repris, et le sort, semblant un instant sourire à l’infortuné Raymond VI, aussitôt les seigneurs de Penne viennent fêter la bonne fortune de leur comte et lui rendre foi et hommage dans la ville de Gaillac, elle aussi restée dévouée et fidèle. Amaury de Montfort a succédé à son père ; mais, vaincu et suppliant, il invoque, à son tour, la pitié de Raymond VI ; il lui demande une trêve, et dans cette trêve est compris le château de Penne comme l’un des plus redoutés.

     

    Pendant ces temps de troubles et de désastres, au milieu des pillages et des incendies de la croisade, le château de Penne est le fort glorieux dans lequel les comtes de Toulouse déposent leurs précieuses archives, les confiant ainsi à la valeur et à la fidélité de ses seigneurs et à la sûreté de ses remparts inaccessibles. La dynastie des comtes de Toulouse va finir ; le traité de 1229 ramène la paix dans leur infortuné royaume ; mais la reine Blanche, qui connaît la bouillante valeur et le patriotisme des sujets de Raymond VII, prend de prudentes précautions : elle demande le démantèlement de plusieurs châteaux forts ; Penne est un des premiers. N’était-il pas, en effet, un des plus redoutables et des plus fidèles ?

    Les Anglais envahissent le Midi ; l’Albigeois est saccagé. Penne tombe en leur pouvoir, et devient aussi le dernier repaire de ces terribles routiers qui désolèrent la Septimanie. Les guerres du protestantisme éclatent, et Penne joue un rôle sanglant dans toutes les péripéties de ce drame national ; les huguenots, qui s’y étaient réfugiés, ne l’abandonnent qu’après le traité pacificateur de Nérac. La Ligue trouble le Midi de ses désordres ; Penne est toujours le fort envié, et souvent le théâtre sanglant de celle guerre fratricide.

    Enfin, après cinq siècles de guerres et de révolutions, Penne, comme un vieux guerrier blessé, rentre dans le repos et dans l’obscurité : il avait assez fait, d’ailleurs, pour l’histoire et pour la légende... Sa fidélité inaltérable à ses bien-aimés souverains, ses divers sièges, la haine héréditaire de ses vicomtes envers ceux de Bruniquel, le terrible combat du bâtard de Penne contre son voisin abhorré, dont le sombre théâtre se voit encore sous les ruines informées d’une salle écroulée, sa mission glorieuse de garder les archives des comtes de Toulouse, et tous les combats divers où ses seigneurs figurèrent toujours vaillamment, lui avaient assigné une page éclatante dans l’histoire guerrière de son pays.

    Mais au milieu de ces traditions sanglantes, dramatiques et glorieuses, se glisse un souvenir tendre et touchant, et les noms d’Adalaïs et de Raymond Jourdain, entourés de tout le prestige poétique de leur amour malheureux, sont soupirés par la légende plaintive.

    Adalaïs de Penne était une grande dame, célèbre par sa beauté, par ses grâces, et par le charme de son esprit. La petite cour de sa noble vicomté, était renommée par la courtoisie et par l’éclat des joutes et des tournois que les seigneurs voisins y soutenaient en son honneur ; et les sombres tours de son noir château s’illuminèrent souvent des splendeurs de fêtes brillantes : c’était le siècle de la chevalerie. Les troubadours parcouraient le Midi en chantant les attraits incomparables de la dame de leurs pensées et en soutenant vaillamment de leur épée son mérite et ses charmes. Le château de Penne était princièrement ouvert à tous ces poètes guerriers ; tous, à l’envi, chantaient l’honneur, la gloire de la maison de Penne et la beauté de la châtelaine.

    Parmi eux, le plus beau, le plus chevaleresque, était Raymond Jourdain, vicomte de Saint-Antonin. Aussi noble seigneur que vaillant chevalier et charmant trouvère, il avait voué à la belle Adalaïs son bras et son cœur. Il en était aimé, et c’était paré de ses couleurs, son nom et sa devise à la bouche, qu’il apparaissait redoutable et toujours vainqueur dans les tournois et dans les combats. Les occasions étaient fréquentes et belles, dans ces temps de chevalerie et de guerres, et la bannière des comtes de Toulouse appelait souvent leurs preux chevaliers dans les champs clos et sur les champs de bataille.

    Ruines du château de Penne (Tarn)
    Ruines du château de Penne (Tarn)

    Pour la belle Adalaïs seule, Raymond Jourdain composait et chantait ses vers amoureux. Aussi apportait-il souvent aux pieds de la noble vicomtesse les lauriers qu’il cueillait à la guerre et ceux plus doux de la poésie. Comme Miraval, Marwiel, Alphonse d’Aragon, eux aussi amoureux de grandes dames, Raymond Jourdain chantait, dans des vers romanesques, les tourments et les joies de son amour. Les deux chansons suivantes, pleines de passion et de poésie, et dans lesquelles il se plaint des rigueurs de sa maîtresse, étaient bien faites pour l’attendrir ; les mœurs du temps doivent faire pardonner la crudité de certaines expressions :

    Fidélité de douleur est suivie ;
    Sombre chagrin poursuit le troubadour :
    Las ! il sait bien qu’il n’est pas dans la vie
    Mal plus cruel que celui de l’amour.

    Adalaïs a toute ma tendresse ;
    Son tendre cœur pourrait me rendre heureux.
    Hélas ! pourquoi ma charmante maîtresse
    Dédaigne-t-elle et mes chants et mes vœux ?

    Oh ! châtelaine aussi noble que belle !
    Toujours Raymond sera ton chevalier :
    Etre à l’amour comme à l’honneur fidèle,
    C’est le devoir de tout vaillant guerrier.

    Lorsque Raymond, couronné par la gloire,
    A ses aïeux ira se réunir,
    Sur son cercueil les filles de Mémoire
    Répéteront le chant du souvenir.

    Au son plaintif d’une lente harmonie
    Elles diront : Plaignez le troubadour ;
    Il éprouva qu’il n’est point dans la vie
    Mal plus cruel que celui de l’amour.

    Et celle-ci :

    Le sombre hiver attriste la nature ;
    Du doux printemps, oubliant les plaisirs,
    Au fond des bois, privés de leur verdure,
    Sans amour, sans voix, sans plaisirs,
    Les oiselets tremblent sous la froidure.
    Et moi, dont le cœur amoureux
    Aime la plus belle des belles,
    Comme aux beaux jours des fleurs et des feuilles nouvelles,
    Je chante, j’aime, et suis heureux.

    Esclave, amant et chevalier fidèle,
    Pensers d’amour remplissent tout mon cœur,
    Et je bénis la puissance éternelle
    Qui m’a comblé de bonheur et d’honneur,
    En me donnant une amante aussi belle.
    Sous le charme de ses beaux yeux
    En vain voudrait-on se défendre :
    Ceux qui suivent ses pas, vaincus doivent se rendre,
    Et d’elle tomber amoureux.

    L’amour ardent qui dévore mon âme,
    J’en fais serment, ne peut jamais finir.
    De jour en jour augmentera ma flamme ;
    Et quand viendra mon suprême soupir,
    J’expirerai tout entier à ma dame.
    Absence, différent séjour,
    Ne peuvent rien sur ma tendresse,
    Et vers les lieux heureux qu’habite ma maîtresse,
    Mes yeux se dirigent toujours.

    Créneaux maudits, jalouse citadelle
    Qui dérobez chaque jour à mes yeux
    Les doux appas, les charmes de ma belle,
    Mon cœur franchit vos remparts odieux
    Et suit les pas d’un messager fidèle.
    En vain, jaloux de nos amours,
    Du cœur de ma belle maîtresse
    Parents, amis voudraient arracher sa tendresse :
    Je les brave comme vos tours.

    Si j’ai chanté mon bonheur et ma flamme,
    D’un vain orgueil je ne suis point la loi :
    Tel est l’amour que je porte à ma dame
    Que, morte ou vive, elle aura tout de moi.
    Je l’aime plus que je n’aime mon âme.
    Si jamais il m’était permis
    D’entendre un aveu de sa bouche,
    Puis une seule nuit de partager sa couche,
    Je donnerais ma part de paradis.

    La belle Adalaïs ne fut pas insensible aux doux sentiments de Raymond Jourdain ; elle le paya d’un tendre retour, et bien souvent, le cœur palpitant et l’âme impatiente, elle épiait, du haut de sa tourelle, l’arrivée du preux chevalier, quand, le cœur enflammé lui aussi d’une égale impatience, il dévorait, sous les pas de son audacieux destrier, les gouffres menaçants de la côte du Paradis ou la plaine verdoyante de Saint-Vergondin.

    Les belliqueux comtes de Toulouse guerroyaient durement et souvent ; ils donnaient peu de repos à leurs fidèles et valeureux chevaliers, et bientôt une guerre lointaine appela sous la bannière de Raymond VI tous ses vaillants guerriers. Le vicomte de Saint-Antonin, entouré de ses hommes d’armes, accourut un des premiers et se trouva toujours au poste le plus périlleux. Il acquit beaucoup de gloire, au nom d’Adalaïs ; mais enfin, trahi par le sort et par sa téméraire bravoure, il tomba sur le champ d’honneur, et la nouvelle de sa mort glorieuse se répandit aussitôt et arriva au donjon de Penne. La tendre Adalaïs rêvait alors de son chevaleresque amant et appelait, de tous les vœux de son cœur, le jour où elle le verrait revenir, plus beau, plus aimable, plus glorieux, plus aimé encore.

    A celle terrible nouvelle, elle sentit son cœur et tous les liens qui l’attachaient encore au monde se briser pour toujours ; les fêtes, la joie, la gloire, la fortune, la vie tout entière ne lui parurent plus, sans son trouvère bien-aimé, que deuil et tristesse ; elle renferma dans son cœur déchiré le souvenir précieux de son amant et de son amour ; et, quittant pour toujours son vieux et cher château de Penne, elle alla abriter, dans les murs solitaires d’un monastère lointain, le triste trésor de son bonheur perdu. C’est ainsi qu’on aimait, dans ces siècles de foi, de courage et de chevalerie.

    Ruines du château de Penne dominant le village
    Château de Penne dominant le village

    Raymond Jourdain n’avait pas succombé. Relevé par ses ennemis, couvert d’horribles blessures, il revint à la vie ; mais bien des jours se passèrent avant qu’il pût reconquérir la santé et la liberté. Enfin, après un bien long espace de temps, il put regagner, faible encore, mais brûlant d’impatience et d’amour, la vallée chérie de Penne et les sombres tours de son vieux château. A leur vue, son cœur palpita bien tendrement et bien fort, et il fut brisé de douleur et de désespoir quand il apprit l’héroïque résolution de la belle vicomtesse ; mais, hélas ! toute espérance était perdue ; Adalaïs avait mis, entre le monde et elle, des obstacles infranchissables.

    Dévoré d’un noir chagrin, le vicomte de Sainl-Antonin s’ensevelit, lui aussi, dans une profonde solitude ; il abandonna les joutes et les tournois, il rejeta son luth, et ne trouva quelques amères consolations que dans les pleurs et dans son désespoir : la tendre Adalaïs méritait bien de pareils regrets.

    Longtemps Raymond Jourdain resta ainsi abîmé dans sa douleur ; et les nobles dames et les vaillants guerriers déploraient amèrement la perte d’un aussi noble chevalier et d’un aussi charmant trouvère. Or, un jour, une bien grande dame, aussi noble, aussi belle qu’Adalaïs de Penne, la célèbre Elise de Montfort, touchée de la douceur et de la fidélité du vicomte de Saint-Antonin, le fit prier, pour l’amour d’elle, de secouer sa tristesse, et de reprendre, parmi les chevaliers et au milieu des dames, le rang qu’il savait si bien occuper.

    Raymond Jourdain fut ému, puis touché ; et, reprenant ses armes et son luth, il apparut au milieu de la brillante cour du château de Turenne, entouré de toutes les séductions et du nouveau prestige de ses aventures et de sa tristesse ; les honneurs lui furent prodigués, chacun fêta son retour, et la belle Elise le proclama son chevalier et son trouvère.

    Le souvenir de la tendre Adalaïs n’était pas sans doute effacé du cœur du vicomte de Saint-Antonin, et souvent des nuages de tristesse obscurcissaient son front ; mais les caresses et le sourire de la séduisante châtelaine venaient aussitôt les dissiper. Cependant, il ne chantait pas encore. Une nuit, qu’il était couché dans une des salles somptueuses du château de Turenne, un amour lui apparut, et, lui reprochant sa longue tristesse, lui demanda, au nom des dames et de l’amour, de reprendre son luth et de chanter comme autrefois. Ce touchant stratagème dissipa la mélancolie de Raymond Jourdain ; il se livra, avec un élan passionné, aux charmes de son nouvel amour et de la poésie, et il composa, pour sa belle Elise de Montfort, les chansons les plus amoureuses.

    La tendre Adalaïs coula et termina ses jours dans la solitude du cloître et dans la tristesse du cœur. Son immense douleur dut encore s’accroître, puisque, après avoir pleuré Raymond Jourdain mort et perdu pour elle, elle dut le pleurer infidèle et parjure.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Abbaye de Moyenmoutier (Vosges)
    sauvée par ses cloches
    et le frère Smaragde en 984
    (D’après « Le Pays lorrain » paru en 1907
     
    ************
     
    Lorsqu’en 983, durant la trouble minorité de l’empereur Othon III, le bruit se répandit dans les Vosges que l’armée du roi de France Lothaire, en marche vers la Germanie, allait trouver devant elle les troupes du duc de Souabe, Cuonon, l’émoi fut grand au couvent de Moyenmoutier

    La douloureuse Lorraine, tour à tour ravagée par ses voisins de l’est et de l’ouest, récemment dévastée par les incursions successives des bandes hongroises, allait-elle offrir un nouveau champ de bataille au heurt des convoitises guerrières et conquérantes ?

    Les saints refuges où le labeur pacifique des hommes, la contemplation et l’étude tentaient de s’organiser à l’ombre de la croix, allaient-ils être livrés à la brutalité des gens de guerre, violemment dépossédés de leurs richesses et des reliques de leurs fondateurs, et rendus, par l’effet d’un seul combat peut-être ou du simple passage des soldats victorieux, à la désolation et à l’abandon d’où il faudrait des années pour les tirer ensuite ?

    C’est en 671 que saint Hydulphe (ou Hidulphe), originaire du Norique, ancienne province romaine, avait fondé l’abbaye. Né en 612, il étudia les lettres et embrassa la cléricature à Ratisbonne ; mais c’est à Trèves qu’il fit profession de la vie monastique, et fut rapidement associé au gouvernement du diocèse. Il y rencontra Gondelbert, archevêque de Sens, et Déodatus, évêque de Nevers, qui quittèrent le monde et cherchèrent un asile dans les montagnes des Vosges : ce fut probablement à la suite d’entretiens avec eux qu’Hydulphe forma lui aussi le projet de se réfugier dans la solitude et de s’établir dans la même vallée que saint Gondelbert, un peu au-dessous, à distance égale de Senones et d’Étival, à douze kilomètres de Jointures, fondé et gouverné par Déodatus.

    Saint Hydulphe ou Hidulphe
    Saint Hydulphe ou Hidulphe

    Hidulphe arriva dans les montagnes des Vosges avec une suite de prêtres et de serviteurs, les solitaires de la région l’accueillant avec empressement, chacun des monastères de la vallée arrosée par le Rabodeau lui cédant une portion de son territoire. De généreuses libéralités, soit en Alsace, soit dans la vallée, complétèrent bientôt le domaine de l’abbaye qui devint et resta jusqu’à ses derniers jours une des plus opulentes de la contrée. Hydulphe s’établit sur la rive gauche du Rabodeau, au confluent du Rupt-de-Pierry, Rivus Petrosus, qui descend de La Chapelle et du Paire ; il imposa à son monastère le nom de Medianum Monasterium, dont nous avons fait Moyenmoutier, parce qu’il est situé à distance presque égale de Senones à l’orient, d’Étival au couchant, de Saint-Dié au midi, et de Bonmoutier au nord.

    La légende rapporte que les miracles se multiplièrent à Moyenmoutier. A la prière d’Hydulphe, les aveugles voyaient, les estropiés étaient guéris, les démons prenaient la fuite. Il fallut construire en dehors de l’enceinte monastique pour accueillir la foule nombreuse, sous peine de troubler le recueillement de la jeune communauté. Le saint mourut le 11 juillet 707. Vers le milieu du Xe siècle, l’église d’origine, construite pauvrement et à la hâte, menaçait ruine. L’abbé Adalbert, probablement en 963, entreprit de la reconstruire sur de plus vastes proportions, exhuma le corps de saint Hydulphe et l’enferma dans une châsse de bois décemment ornée.

    Un éclatant miracle signala cette cérémonie fixée au 7 novembre. Depuis un mois, des pluies continuelles désolaient la contrée, avaient détrempé le sol et ne permettaient pas de sortir des cloîtres. Rien ne présageait un temps serein. Cependant abbés et religieux assemblés pour la translation demandaient à se rendre avec la châsse, la croix, les cierges, les encensoirs et les ornements sacrés, de l’église monastique à l’église paroissiale. A peine eut-on soulevé le couvercle du cercueil, tout à coup le sol s’affermit sous les pieds, et le soleil, longtemps voilé, brilla radieux. La procession se fit avec pompe, et toute l’octave fut favorisée d’un ciel pur.

    Vingt ans plus tard, le vieil abbé Adalbert, qui avait relevé de ses ruines le monastère de Moyenmoutier et y avait fait refleurir la règle bénédictine, voyait avec douleur en 984 les menaces que la cruauté des temps faisait pendre sur l’effort de toute sa vie. Frappé de paralysie et sentant prochaine une fin que ses membres perclus appelaient comme une délivrance, il passait ses journées et ses nuits en prières, affalé plutôt que prosterné devant la châsse de Saint-Hydulphe, et priant avec larmes le bienheureux fondateur d’écarter de son monastère le fléau du conflit opposant Lothaire et Cuonon, ou d’abréger les jours de l’abbé.

    Dans les cellules des religieux, dans les ermitages et les manses qui dépendaient du couvent, la vie claustrale, les exercices de piété, les travaux de tout genre étaient abandonnés, laissant place à une désolation gémissante et vaine ou à des prières qui, malgré leur ferveur, tenaient bien plus d’une supplication d’enfant que d’un acte de foi de chrétien. Et c’est à peine si, dans le désarroi universel, un religieux songeait à célébrer la messe dans l’une des cinq églises encloses dans l’enceinte du monastère.

    L'abbaye de Moyenmoutier du XIVe au XVIIe siècle
    L’abbaye de Moyenmoutier du XIVe au XVIIe siècle

    Dans ces conjonctures, le frère Smaragde eut une vision pendant son sommeil. C’était un homme simple, fils d’un tenancier du couvent, et que les moines avaient de bonne heure pris à leur service parce qu’il avait une âme fidèle et fruste. En témoignage de ces qualités qui brillaient d’une lueur paisible et calme pareille à l’éclat loyal de l’émeraude, ils lui avaient donné le nom de Smaragde, que ne semblaient guère appeler sa lourde encolure, la gaucherie de sa démarche et la rusticité de ses manières. Seul de tous les religieux et de leurs serviteurs, il avait continué ses occupations coutumières au milieu de l’inquiétude où s’affaissait le couvent tout entier.

     

    De prime à none et de matines à complies, il n’était heure canoniale où il ne sonnât les cloches du monastère pour des offices le plus souvent négligés ; et, tour à tour, des cinq églises Notre-Dame, Saint-Pierre, Saint-Jean, Saint-Epvre et Saint-Grégoire, le tintement argentin qui s’échappe des campaniles sonores continuait par ses soins à clamer dans la solitude forestière la fraîcheur aigrelette du matin, la pleine saveur du milieu du jour, le recueillement du crépuscule. Il ne négligeait pas d’arroser, dans les coins perdus que laissait inoccupés l’enchevêtrement des cloîtres et des préaux, les légumes et les fleurs que chérissait son esprit rustique. Et son plaisir était toujours de guider, le long de minces cordelettes, l’enroulement des plantes grimpantes - comme si l’incendie et le pillage n’avaient pas menacé d’anéantir bientôt, sous l’injure des échelles dressées et la fumée des torches, la fragile croissance des liserons et des clématites.

    Quand Saint Hydulphe apparut au frère Smaragde, il était revêtu de ses ornements épiscopaux et tenait son bâton pastoral à la main, tel que le figurait son portrait suspendu dans l’oratoire Saint-Epvre. Il sembla même au naïf garçon que la peinture qu’il avait si souvent contemplée dans le demi-jour de la chapelle représentait le saint fondateur sous des traits plus imposants, avec une auréole plus éblouissante ; une moindre magnificence lui paraissait émaner du personnage plus humain qui, cette nuit-là, vint interrompre son sommeil de bon et simple travailleur. Mais il n’eut pas le loisir de s’étonner, car le saint prit aussitôt la parole, et, après avoir évoqué la détresse des temps, demanda à frère Smaragde s’il était homme à sauver le monastère.

    Malgré sa foi ingénue et l’attachement instinctif qu’il portait à cette abbaye où tenaient toutes ses racines, le frère Smaragde avait trop le sentiment de la hiérarchie pour accepter que le bienheureux patron de Moyenmoutier vînt proposer à un humble serviteur comme lui quelque chose qui, sans doute, ressemblerait fort à un miracle. Il répondit donc sans ambages : « Et comment, grand saint Hydulphe, ne vous adressez-vous pas à l’abbé lui-même ? N’est-ce pas lui qui fit déposer vos reliques dans notre plus chère église ? Et, le jour même où ces dépouilles sacrées y furent transportées, n’est-ce pas lui que vous honorâtes d’un éclatant miracle en faisant luire tout à coup, au ciel pluvieux de novembre, le soleil caché depuis deux mois, et en redressant toute droite, malgré la bise, la flamme courbée des cierges ? »

    Vue de l'ancienne abbaye de Moyenmoutier Carte éditée pour le 13e centenaire de sa fondation
    Vue de l’ancienne abbaye de Moyenmoutier. Carte éditée pour le 13e centenaire de sa fondation

    Frère Smaradge s’étonna dans son sommeil de sa soudaine éloquence. Lui qui d’ordinaire ne sortait de son mutisme coutumier que pour retomber bientôt, après un petit nombre de paroles, dans un silence plus obstiné, il sentit croître sa surprise quand, le saint lui ayant demandé une seconde fois s’il était prêt à sauver le couvent, il répliqua vivement : « Il y a encore, grand saint Hydulphe, le diligent Valcandus, qui est, dit-on, aussi savant que tous les autres moines réunis. Il ne sort guère de sa celle écartée que pour aller chercher, sur les rayons de la librairie, les livres les plus gros et les plus lourds qu’il peut trouver. Et il convient de ne pas oublier non plus le vénérable Tietfried. Vous savez qu’il a découvert jadis, grâce à une apparition de saint Boniface, les restes de ce glorieux martyr de la légion thébéenne. N’est-ce pas à lui que reviendrait, plutôt qu’à moi, l’honneur de sauver le monastère auquel il a donné ainsi un protecteur nouveau ? »

    Et comme le saint réitérait son appel : « Notre prévôt Encibold, de qui je dépends pour toutes mes tâches domestiques, m’en voudrait certainement si j’étais l’artisan de salut choisi de préférence à lui. Vous ne sauriez croire, grand saint Hydulphe, quel homme ingénieux est le père Encibold. C’est lui qui a trouvé que l’abbaye de Moyenmoutier est au centre d’une croix formée par les cinq monastères du Val de Saint-Dié, et comme son office veut qu’il se tienne lui-même au milieu de ce couvent-ci, il dit en souriant qu’il est au centre de la chrétienté dans les Vosges. Il serait si heureux d’être l’instrument d’un miracle ! »

    Smaragde fut lui-même effrayé d’en avoir tant dit, et d’avoir rappelé la plaisante vanité d’Encibold, dont s’égayait tout le monastère. Il vit d’ailleurs que saint Hydulphe le regardait sévèrement, et il ajouta avec humilité : « Mais si vous persistez, ô grand saint, à descendre jusqu’à moi, le plus infime de vos serviteurs, pour sauver le monastère que vous avez fondé, je suis prêt à donner ma vie pour vous obéir. »

    Le saint lui répondit : « Ta résistance serait châtiée dès ici-bas si elle ne venait de ta grande ingénuité de cœur. Sache que tu as été choisi de préférence à d’autres parce que, seul de tous ceux du couvent, tu as marqué par la simple constance de tes occupations que tu croyais à ta manière au miracle dont tu vas être l’instrument. A ton réveil, tu prendras avec toi cinq chariots attelés de bœufs ; avec l’aide des bûcherons de la forêt, tu dépendras les cloches du monastère, et tu iras les cacher en divers lieux écartés. Laisse faire ensuite à Dieu et continue de le servir à ta façon. »

    La Haute-Pierre, haute de 580m
    La Haute-Pierre, haute de 580m

    Smaragde se réveilla au point du jour et accomplit point par point les prescriptions du saint. Les cloches des cinq églises furent enlevées et placées sur des chariots, pour être transportées au pied de la Haute-Pierre, à Malfosse, à Coichot. La plus grosse de toutes et la plus aimée fut cachée sous le pont du Rabodeau : c’était celle dont jadis l’abbé Adalbert avait doté l’abbaye, et qui, cédée pour un temps à l’évêque de Toul, avait perdu la suavité de son timbre pendant toute la durée de son exil dans la ville épiscopale.

    Et voici comment s’accomplit le miracle promis par saint Hydulphe. Le duc de Souabe, poursuivant jusqu’à la Meurthe le roi Lothaire qui battait en retraite, campa avec ses bandes non loin de Moyenmoutier, à la celle de Saint-Ehrhard, sur le ruisseau d’Hurbache. Ayant décidé de rançonner le couvent, il se mit en route dans la direction de la vallée de Rabodeau : le rapport de ses éclaireurs affirmait que la sonnerie des cloches du monastère suffirait à le guider dans les forêts d’alentour. Mais son armée, découragée, se débanda peu à peu à la suite d’un prodige inouï : pendant deux jours et une nuit, des tintements de cloches résonnèrent en cinq endroits différents de la montagne et de la vallée. Une large sonnerie de fête s’échappait des rives du Rabodeau, tandis que d’agiles carillons, des tocsins précipités se faisaient écho du sein des solitudes forestières.

    On eût dit que cinq couvents célébraient à la fois toutes les cérémonies, appelaient à tous les offices, annonçaient toutes les heures du jour et de la nuit. Rien n’apparaissait cependant aux regards : mais une nappe sonore semblait sourdre en divers endroits de la terre, des rochers et des arbres. Les hordes du duc Cuonon, courant de l’un à l’autre de ces invisibles clochers, se remplissaient de colère et de confusion : peu s’en fallut qu’elles n’en vinssent aux mains avec elles-mêmes, et le chef souabe donna le premier l’ordre de la retraite pour éviter une mêlée fratricide.

    Quant au frère Smaragde, il reprit sa vie laborieuse et simple et demanda comme unique faveur, lorsqu’il sentit sa mort prochaine, d’être enseveli près du pont de Rabodeau, à l’endroit où la plus harmonieuse de ses cloches avait, trente-six heures durant, vibré de tout son métal pour décevoir l’envahisseur barbare et l’écarter du monastère.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La Légende Amérindienne...

    Du Capteur de Rêves...

    Dans certaines cultures amérindiennes.

    Un capteur de rêves ou attrape-rêves (en anglais)

    Dreamcatcher) est un objet artisanal d'origine ojibwé...

    (Appelé asubakatchin ou bawajige nagwaagan dans cette langue)

    Composé d'un cerceau, généralement en saule...

    Et d'un réseau de fils en forme de filet.

    Les décorations qui le composent sont différentes...

    Pour chaque capteur de rêves.

    Selon la croyance populaire, le capteur de rêve empêche les..

    mauvais rêves

    D'envahir le sommeil de son détenteur.

    Agissant comme un filtre, il capte les songes envoyés par les esprits...

    Conserve les belles images de la nuit et brûle...

    Les mauvaises visions aux premières lueurs du jour.

    Fonction

    Dans la culture amérindienne, les capteurs de rêves sont accrochés du côté où le soleil se lève, afin que la lumière du jour puisse détruire les mauvais rêves qui se sont installés dans les perles et les fils de la toile.

    De nombreuses légendes, issues de différentes tribus expliquent l'origine et le fonctionnement du capteur de rêves. Elles ont souvent de nombreux points communs entre elles...

    Le capteur de rêves a été transmis aux Hommes lors d'un rêve, l'araignée, sous forme animale ou de divinité intervient souvent, l'enseignement du dreamcatcher est transmis en retour de la protection d'une araignée...

    On retrouve désormais le capteur de rêves dans l'artisanat de la plupart des cultures nord-amérindiennes.

    Selon la culture huronne, les humains font tous partie du Grand Esprit, créateur de la nature et des hommes. Celui-ci nous suggère des rêves afin que nous puissions mieux nous comprendre.

    Le rêve est le véhicule qui permet l'échange entre l'Homme et le Grand Esprit. Toujours selon cette culture, le rêve est l'expression des besoins de l'âme.

    Il est aussi primordial de satisfaire les besoins de l'âme que ceux du corps. Le rêve permet de se libérer. Il assure l'équilibre. Si on écoutait la démarche que les rêves nous proposent, on comprendrait beaucoup mieux les besoins de l'âme.

    Le capteur de rêves est utilisé pour aider à contrôler les rêves, dans la mesure où l'on peut contrôler ses pensées, sa vie. À l'origine, il était destiné aux enfants qui faisaient de mauvais rêves.

    Il s'agit d'un petit cerceau fait d'une branche d'arbre. Dans ce cerceau, est tissé un filet de la forme d'une toile d'araignée comportant un trou au centre.

    Pendant la nuit, les mauvais rêves resteront pris dans le filet, pour être brûlés par les premières lueurs du jour.

    Les beaux rêves passeront à travers le trou du centre pour être conservés dans les plumes installées autour du cerceau.

    Mythes

    Légende huronne du capteur de rêves...

    Il y a bien longtemps, lorsque le monde était encore jeune, dans un village autochtone, un Amérindien dormait avec ses frères et ses sœurs dans leurs maison longue.

    Un jour, l’homme partit à la chasse pour aller chercher le repas pour les prochaines lunes. Il partit loin, afin de trouver un orignal s’abreuvant d'eau de source pure coulant de la montagne.

    Il traversa rivières et fleuves avec courage et détermination, sans apercevoir de chevreuils, ni d’orignaux dans les environs.

    Il décida alors de partir vers une montagne, songeant que le repas allait bientôt être servi.

    En chemin, il aperçut une grotte immense dans laquelle pouvait se trouver n’importe quelle bête. Il y entra en y projetant tous ses espoirs.

    Dans la grotte, l’orignal était absent. A la place un esprit malveillant s'y trouvait. L’homme se sentit mal, certain d'une sombre présence dans ces profondeurs.

    C’est alors qu’une bête surgit. Des yeux couleur de sang, un poil noir comme la nuit, un museau retroussé et des crocs prêts à mordre la chair.

    L’homme sursauta et s'enfuit, paniqué, abandonnant son arc derrière lui, avec une minuscule lueur d’espoir de rester en vie.

    De retour au village, l’homme avait les bras vides. Pas de nourriture, ni d’armes pour chasser d’autres bêtes.

    Et il était terrorisé à l’idée de retourner à la chasse.

    Le soir-même, il n’arriva pas à trouver le sommeil. Des qu’il s’endormait, il voyait encore ces deux yeux couleur de sang le fixer et la bête au poil noir prête à le dévorer.

    Le soir suivant, il essaya à nouveau de dormir, mais sans résultat.

    Nuit après nuit, lunes après lunes, l’homme ne pouvait plus dormir sereinement. L’esprit de la bête aux yeux de sang le hantait. Plusieurs soleils passaient et rien ne changeait.

    Une nuit, l’homme se leva après un cauchemar. Il sortit du village et partit vers la forêt. Mais, exténué, il s’endormit sur le sol couvert de branchages.

    Le lendemain à l’aube, l'homme se réveilla impressionné...

    Il n’avait fait aucun cauchemar. Il leva les yeux et aperçut une toile d’araignée où perlait la rosée du matin.

    L'homme s’endormit toujours près de la toile qui, au matin, s'illuminait des rayons du soleil.

    Puis, il raconta cette histoire à son peuple, qui adopta cette technique.

    Dans certaines cultures amérindiennes, un capteur de rêves ou attrape-rêves (en anglais : dreamcatcher) est un objet artisanal d'origine ojibwé (appelé asubakatchin ou bawajige nagwaagan dans cette langue) composé d'un cerceau, généralement en saule, et d'un réseau de fils en forme de filet.

    Capteur de rêves — Wikipédia

    Dans la culture amérindienne, le capteur de rêves conserve les belles images de la nuit et brûle les mauvaises aux premières lueurs du jour. À l'origine, destiné aux enfants, le capteur de rêves est aujourd'hui autant utilisé par les adultes.

    Selon la culture huronne, les humains font tous partis du Grand Esprit, créateur de la nature et des hommes. Celui-ci nous suggère des rêves afin que nous puissions mieux nous comprendre. Le rêve est le véhicule qui permet l'échange entre l'Homme et le Grand Esprit.

    Toujours selon cette culture, le rêve est l'expression des besoins de l'âme. Il est aussi primordial de satisfaire les besoins de l'âme que ceux du corps. Le rêve permet de se libérer.

    Il assure l'équilibre. Si on écoutait la démarche que les rêves nous proposent, on comprendrait beaucoup mieux les besoins de l'âme.

    Le capteur de rêves est utilisé pour aider à contrôler les rêves, dans la mesure où l'on peut contrôler ses pensées, sa vie. À l'origine, il était destiné aux enfants qui faisaient de mauvais rêves.

    Il s'agit d'un petit cerceau fait d'une branche d'arbre. Dans ce cerceau, est tissé un filet de la forme d'une toile d'araignée comportant un trou au centre. Pendant la nuit, les mauvais rêves resteront pris dans le filet, pour être brûlés par les premières lueurs du jour.

    Les beaux rêves passeront à travers le trou du centre pour être conservés dans les plumes installées autour du cerceau. Les plumes représentent L'amour, la douceur et la bonté.

    On peut aussi insérer sur le filet du capteur, des petits objets précieux, comme une petite pierre de couleur ou tout autre objet qui pour nous est précieux.

    Le capteur aide l'enfant à mieux cerner ses idées et permet à l'adulte de vérifier les peurs de l'enfant. Le petit apprend ainsi à faire le tri dans les pensées qu'il veut garder et celles dont il veut se départir.

    Le capteur de rêves est l'un des objets le plus important. Ils est surtout utilisé par les tribus Ojibwas, les Sioux, les Creek, les Zunis, les Tinglits...

    Mais les tribus du sud (Apache, Cherokee, Natchez, Napochi Algonquin etc.) et même les Hopis évoquent eux aussi des légendes concernant l'Araignée Femme.

    Le capteur de rêves servait à filtrer les bons des mauvais rêves.

    Celui-ci laissait passer à travers les mailles les bons rêves et les songes utiles et emprisonnait dans ses mailles les cauchemars et tout ce qui pouvait perturber le dormeur et lorsque venait le jour grand-père soleil détruisait toutes les mauvaises énergie à l'aide de ses rayons du soleil.

    Le rêve est le véhicule qui permet l'échange entre les hommes et le grand esprit et l'expression des besoins de l'âme.

    Il est essentiel de satisfaire les besoins de son âme comme ceux de son corps. Le rêve permet de se libérer et assurer l'équilibre.

    Il est principalement de forme ronde mais dans certaines tribus comme chez les iroquois il était en forme de goutte, tressé d'une toile en fibre d'ortie ou de tendons d'animal, qu'ils teignaient ensuite en rouge à l'aide d'écorce de prunier sauvage.

    On note que cette façon de faire concernait la période du début su siècle car de nos jours la méthode de tressage a bien changé et les matériaux aussi surtout avec l'arrivée des hommes blancs.

    Au 20 ième siècle, la fibre d'ortie et les tendons d'animal on été remplacés par de la fibre d'autres plantes puis quelques années plus tard par des matériaux synthétiques.

    Lors de l'arrivée des hommes blancs les perles de verres sont venues ajouter une touche de couleur, mis sur des lacets de cuir elles ont d'abord servi de décors.

    Puis les Amérindiens y ont inséré des plumes pour aider à guider les bons rêves sur le dormeur.

    Il n'y a pas eu que l'aspect du capteur de rêves qui a changé mais aussi sa signification. Chacun interprète le capteur à sa façon (porte- bonheur, aide à décrire l'avenir etc.).

    Certaines personnes disent aussi que le capteur de rêves doit être surtout placé devant une fenêtre pour qu'il puisse fonctionner, mais faut bien se rappeler que les Amérindiens n'avaient pas de fenêtre dans leur tepee.

    Celui-ci doit être placé de façon à avoir les premières lueurs du soleil pour que les mauvais rêves prient aux pièges soient brûlés.

    Il ne faut pas oublier que le capteur de rêve sert de filtre pour empêcher les cauchemars de venir troubler les dormeurs.

    Artisanat Traditionnel : Capteurs de rêves 

    Et...Capteurs Racines

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Source : Roxton Pound, Au Lac Roxton

    Je vous mets donc en garde, mes bien chers frères, contre ces pratiques pernicieuses que des étrangers tentent d'implanter parmi nous.

    La danse, je vous le répète, est toujours une occasion de péché et provoque inévitablement des désordres et des scandales qui ternissent l'honneur des familles et excitent la colère de Dieu.

    Vous vous demandez sans doute, vous qui ne connaissez pas les Cantons de l'Est, où peut bien se trouver Sainte-Pudentienne.

    Roxton Pond ! n'est-ce pas que ça vous dit déjà quelque chose ? Et quand j'aurai ajouté que le Petit Lac est situé à sept milles au nord de Granby, vous serez tout à fait fixés.

    Le samedi soir venu, de larges charrettes à foin, omnibus des campagnes, circulaient dans les «rangs» et racolaient, chemin faisant, danseurs et danseuses.

    Arrivé à la demeure d'un invité, l'équipage stoppait et l'on faisait l'appel au moyen de porte-voix.

    Presque aussitôt, l'huis entrebaillé laissait entrevoir la binette délurée de la «fille de la maison». Et lazzis de pleuvoir...

    Ho donc, tu es assez belle comme tu es. Assez de frisettes, on est déjà en retard !

    Plus loin, c'était un garçon d'habitant qui venait de finir son «train» et qui s'attardait à se mettre plus faraud dans son veston des dimanches...

    Dépêche, Nazaire, lui criait le conducteur habituel de la charrette, Arcadius Francoeur, un ancien tisserand de Fall River, dépêche, mes chevaux ont le frisson.

    La maman et le papa ne trouvaient guère ces comportements à leur goût et avaient, maintes fois, manifesté leur sentiment à cet effet, mais Albina avait parlé de les planter là pour s'en aller à Granby travailler à la manufacture si on ne lui laissait ses franches coudées.

    Quand à Nazaire, un rude travailleur qui trimait dur toute la semaine, il était convenu, depuis longtemps, qu'il était le maître de ses allées et venues.

    Le père, avec sa philosophie de laisser-faire, avait haussé les épaules et murmuré: faut bien que jeunesse se passe !

    C'était ainsi tout le long des «rangs» jusqu'au Petit Lac où l'on arrivait vers les huit heures, en chantant en chœur: «Tu n'es pas maître dans ta maison quand nous y sommes»! ou bien «Laissez passer les raftmen».

    Les promoteurs, recrutés dans chacune des paroisses circonvoisines, avaient fait construire, sur le bord du lac, une longue plate-forme entourée de garde-fous (soit dit sans malice).

    De temps à autre, durant la soirée, des couples quittaient l'enceinte de la danse et se dirigeaient vers le bois, pour aller s'y rafraîchir...

    Car vous vous doutez bien que l'institution chorégraphique de Sainte-Pudentienne possédait son indispensable buffet

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Source : Roxton Pound, Au Lac Roxton

    Je vous mets donc en garde, mes bien chers frères, contre ces pratiques pernicieuses que des étrangers tentent d'implanter parmi nous.

    La danse, je vous le répète, est toujours une occasion de péché et provoque inévitablement des désordres et des scandales qui ternissent l'honneur des familles et excitent la colère de Dieu.

    Vous vous demandez sans doute, vous qui ne connaissez pas les Cantons de l'Est, où peut bien se trouver Sainte-Pudentienne.

    Roxton Pond ! n'est-ce pas que ça vous dit déjà quelque chose ? Et quand j'aurai ajouté que le Petit Lac est situé à sept milles au nord de Granby, vous serez tout à fait fixés.

    Le samedi soir venu, de larges charrettes à foin, omnibus des campagnes, circulaient dans les «rangs» et racolaient, chemin faisant, danseurs et danseuses.

    Arrivé à la demeure d'un invité, l'équipage stoppait et l'on faisait l'appel au moyen de porte-voix.

    Presque aussitôt, l'huis entrebaillé laissait entrevoir la binette délurée de la «fille de la maison». Et lazzis de pleuvoir...

    Ho donc, tu es assez belle comme tu es. Assez de frisettes, on est déjà en retard !

    Plus loin, c'était un garçon d'habitant qui venait de finir son «train» et qui s'attardait à se mettre plus faraud dans son veston des dimanches...

    Dépêche, Nazaire, lui criait le conducteur habituel de la charrette, Arcadius Francoeur, un ancien tisserand de Fall River, dépêche, mes chevaux ont le frisson.

    La maman et le papa ne trouvaient guère ces comportements à leur goût et avaient, maintes fois, manifesté leur sentiment à cet effet, mais Albina avait parlé de les planter là pour s'en aller à Granby travailler à la manufacture si on ne lui laissait ses franches coudées.

    Quand à Nazaire, un rude travailleur qui trimait dur toute la semaine, il était convenu, depuis longtemps, qu'il était le maître de ses allées et venues.

    Le père, avec sa philosophie de laisser-faire, avait haussé les épaules et murmuré: faut bien que jeunesse se passe !

    C'était ainsi tout le long des «rangs» jusqu'au Petit Lac où l'on arrivait vers les huit heures, en chantant en chœur: «Tu n'es pas maître dans ta maison quand nous y sommes»! ou bien «Laissez passer les raftmen».

    Les promoteurs, recrutés dans chacune des paroisses circonvoisines, avaient fait construire, sur le bord du lac, une longue plate-forme entourée de garde-fous (soit dit sans malice).

    De temps à autre, durant la soirée, des couples quittaient l'enceinte de la danse et se dirigeaient vers le bois, pour aller s'y rafraîchir...

    Car vous vous doutez bien que l'institution chorégraphique de Sainte-Pudentienne possédait son indispensable buffet

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Les «rafraîchissements» ne faisaient pas défaut: sandwiches au fromage de porc, gâteaux, roulades au sucre du pays, pets de nonnes, etc.

    Des paniers dissimulés sous les sapins regorgeaient de flacons et de bouteilles.

    Il y avait de la bière d'épi-nette et du vin pour les dames, mais le whisky surtout ne manquait pas.

    Antoinette Croteau était une jeunesse fort espiègle qui allait avoir ses vingt-deux ans.

    Jolie, quoique d'une joliesse un peu commune ce qu'on appelle une beauté du diable nature accorte, enjouée, elle n'avait pas, comme on dit, la langue dans sa poche.

    Antoinette était l'âme d'un des groupes qui s'étaient formé, à l'issue de la messe, et commentaient le sermon du curé Michelin.

    Somme toute, les jeunes n'étaient pas persuadés et Toinette, comme on l'appelait tout court, qui en tenait pour Jerry Cunningham, de Granby, le «time-keeper» de Bradford...

    Et ne perdait pas une occasion de se pousser, fut la première à proposer une petite sauterie pour le samedi suivant.

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Roxton Pond est une municipalité de canton du Québec située dans la MRC de La Haute-Yamaska en Montérégie.

    WikipédiaSuperficie : 103,4 km²Météo : 12 °C, vent S à 3 km/h, 94 % d'humiditéPopulation : 3 786 (2011)Province : QuébecHôtels : 3 étoiles (prix moyen : 129 $).Afficher les hôtelsHeure locale : vendredi 06 h 41 Ce samedi-là, la journée avait été d'une chaleur accablante. On était au commencement d'août et une longue sécheresse sévissait. Aussi, la perspective d'une bonne soirée à rigodonner et rigoler sous la brise fraîche du lac avait réuni un nombreux essaim de danseurs et danseuses et le père Chicoyne, le violoneux, était à son poste.

    Parmi les danseurs venus ce soir-là se trouvait un jeune homme qui pouvait avoir vingt-cinq ans. Qui était-il ?

    D'où venait-il ? Qui l'avait invité ? Belle taille, figure souriante, moustaches relevées en crocs bref, un type de Don Juan fait pour ensorceler des têtes plus solides que celles d'Antoinette Croteau ou de Rose Baillargeon.

    Notre Adonis, la bouche en cœur, répondait avec bonne grâce au flirt de ces demoiselles qui rêvaient sa conquête.

    Après avoir papillonné de tout côté, répondant d'un sourire ou d'un bon mot aux propos flatteurs de jeunes filles...

    Comme aux façons plutôt rogues des jeunes gens, notre inconnu sembla jeter son dévolu sur la jolie Antoinette.

    Il s'approcha d'elle et, après une révérence correcte et les banalités préliminaires, il l'enlaça d'une étreinte galante et la contagion de l'exemple fit que le tourbillon devint bientôt général.

    Sur le coup de minuit, une certaine accalmie se produisit et tous se disposaient à se rendre au buffet pour se mettre quelque chose sous la dent lorsque, tout à coup, un bruit formidable ressemblant à un coup de foudre ou à la détonation d'une arme à feu se fit entendre.

    Un long cri fait de stupeur et de détresse retentit, puis tout tomba dans le silence.

    L'enjouement et l'insouciance avaient fait place à la frayeur et à la consternation.

    Bientôt pourtant, les nerfs se détendirent et cet excès d'émotions se donna libre cours dans les larmes des filles et le verbiage incohérent des gars.

    Si c'est quelqu'un qui a besoin d'aide, ça ne serait pas chrétien de le laisser périr tandis qu'on est ici à se poser des devinettes: Viens-tu, Noré ?

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Petit-Noir ou, de son vrai nom, Xavier Labonté avait la réputation de n'avoir pas froid aux yeux.

    Honoré Doucet, autre fort-à-bras, ainsi interpelé, ne pouvait décemment reculer à peine de passer pour un poltron et ce sous les yeux mêmes de sa «blonde».

    En débouchant sur le rocher qui donnait un espace découvert d'une vingtaine de pieds carrés, Labonté laissa échapper de surprise le gourdin qu'il tenait à la main.

    À la lueur du falot, il venait de reconnaître la robe d'indienne à carreaux bleus et blancs d'Antoinette Croteau.

    Doucet se rappelait maintenant avoir vu Antoinette et son séduisant partenaire quitter l'enceinte de la danse vers les onze heures.

    Il n'avait pas alors prêté autrement attention à la chose, qu'ils allaient au buffet.

    Et qu'était devenu le beau «cavalier» de Toinette ?

    Mais où est-ce qu'il est, le pendard, que je lui torde le cou, rétorquait Doucet que l'absence de l'ennemi enhardissait.

    Il ne s'est toujours bien pas évaporé comme un feu follet, à moins d'être le diable en personne !

    Dans tous les cas, on va aller mener Toinette chez elle au plus tôt et quand elle sera revenue à elle, il n'y a pas de doute qu'elle nous laissera savoir ce qui s'est passé cette nuit.

    Au moment de la soulever, Labonté recula d'horreur en se signant.

    Dans le roc vif, tout près d'Antoinette, il venait d'apercevoir deux pieds parfaitement dessinés comme si le roc s'était fondu sous le poids de quelque monstre aux souliers de feu.

    Et saisissant vivement Antoinette, ils la disposèrent sur le brancard et la transportèrent chez le plus proche voisin, le père David Martin.

    Un bonhomme bien serviable, eut vite fait d'atteler sa jument Café et de conduire Antoinette évanouie chez sa mère, une pauvre veuve du chemin de Sainte-Cécile.

    La Légende Du Petit Lac De Roxton Pound

    Jerry Cunningham ayant ordre d'avertir le médecin de Granby de se rendre au chevet d'Antoinette. Lorsque le docteur Gravel arriva, Antoinette n'avait pas encore repris connaissance.

    Sous les soins du médecin, Antoinette reprit enfin ses sens mais pour retomber peu après dans un état d'hébétude voisin de la folie. Elle passa une semaine dans cet état de quasi-imbécilité.

    Ce soir-là, vers huit heures Antoinette se leva soudain et, comme si ses membres engourdis par l'inaction eussent éprouvé un besoin impérieux de détente, elle se livra à une danse frénétique dans les deux pièces qui composaient le logis.

    Elle dansait et sautait sans relâche, renversant les meubles en esquissant les entrechats les plus fantaisistes.

    À la fin, épuisée, elle s'affaissait en proie à une crise violente, les yeux révulsés, la bouche tordue en un rictus hideux et lançant des rugissements terribles.

    Puis, la crise passée, le sabbat reprenait de plus belle. Incapable de maîtriser la forçonnée, sa mère sortit pour chercher de l'aide et envoyer quérir le curé.

    Lorqu'on revint, la maison flambait et Antoinette se débattait au milieu du brasier! Hélas! l'incendie avait trop d'avance et les efforts qu'on fit pour sauver la malheureuse furent vains.

    La pauvre femme s'était affaissée. Elle ne survécut que quelques jours à sa malheureuse fille.

    La danse au Petit Lac reçut là son coup de mort.

    Les participants eurent garde, comme bien on pense, de se vanter d'avoir ainsi coudoyé le diable sous les dehors séduisants d'un danseur accompli...

    Car, la chose ne faisait pas l'ombre d'un doute, le partenaire d'Antoinette Croteau était bel et bien Sa Majesté Satanique.

    Et vous, père Picard, demandais-je à mon guide, que pensez-vous de cette affaire-là ?

    Il y en a qui ont prétendu, dans le temps, que c'était Vilbon Gamache qui aurait imaginé cette histoire-là pour effaroucher les gars de Granby et d'Upton qui venaient seiner au lac.

    Gamache a eu quasiment comme qui dirait le monopole du poisson.

    N'empêche pas que la barbotte du petit lac, elle est noire comme l'enfer et puis l'anguille, eh bien !

    Elle frétille comme si qu'elle aurait le diable au corps !

    Granby, Juillet 1901.

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...

    Du Monde Maritime...

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Le Hollandais Volant...Illustration

    Mystère, la peur, énigme sur les vaisseaux fantômes de marins », ou bateaux fantômes de contes qui a été transmis à travers les siècles autour des marins, les pêcheurs et les autres. 

    Ces navires sont mystérieuses fantasmé comme fantasmes spectrales qui se matérialisent aux beaux milieu de la mer et disparaissent rapidement, ce qui est apparemment un mauvais présage. 

    En outre, les navires abandonnés, qui se trouvent à la dérive, suite à des circonstances terribles et énigmatiques, sont également inclus dans cette catégorie.

     Mais ceux-ci étant tous des légendes marines et manque parfois d’authenticité, certains de ces navires hantés continuent à provoquer la spéculation et d’anticipation craintive.  Nous vous présentons dix de ces bateaux fantômes mystérieux du monde maritime qui serait sûrement vous donner un sentiment étrange et la chair de poule.

    L’Caleuche

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Il est une légende de la mythologie Chilota, où il est décrit comme un vaisseau fantôme, qui se met en place tous les soirs près de l’île de Chiloé. 

    On dit que le navire transporte les esprits de toutes les personnes qui se sont noyés en mer. 

    La Caleuche est étonnamment belle, lumineuse et gaie comme toujours entouré par les sons de la musique de fête et de rires.

    Cependant, il ne reste que quelques instants, puis disparaît ou se plonge sous l’eau soudainement.

    Trois Chilota « eau esprits » la Sirena Chilota, la Pincoya, et la Picoy – qui ressemblent à des sirènes, convoque les esprits des noyés.

     Le SS Valencia

    En 1906, le SS Valencia a coulé au large de la côte de Vancouver, en Colombie-Britannique après avoir rencontré le mauvais temps près du cap Mendocino et par la suite est devenu un sujet d’histoires de fantômes mystérieux. 

    Finalement, 37 des 108 personnes ont été simplement enregistrés à l’aide des embarcations de sauvetage , dont une a tout simplement disparu.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Depuis, de nombreux pêcheurs ont prétendu être témoin d’observations de navires fantômes avec des squelettes humains, même après plusieurs décennies.

    L’orang Medan

    En 1947, deux navires américains, en passant par le détroit de Malacca, allèrent à une mission de sauvetage après avoir reçu un appel de détresse d’orang Medan. 

    L’appelant a prétendu être un membre d’équipage et a transmis le message de la mort de tout le monde à bord. Ses mots bizarrement fini avec « je meurs ». 

    Les sauveteurs ont trouvé le navire indemne, mais l’ensemble de l’équipage, y compris le chien, mort avec des des expressions de visages terrifiés.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Source : Le SS Ourang Medan est un vaisseau fantôme qui, d'après de nombreuses sources, est devenu une épave dans les eaux indonésiennes après que son équipage au complet soit mort dans d'étranges circonstances.

    Wikipédia

    Avant de poursuivre l’enquête, le navire abandonné a pris feu et a explosé. 

    La raison probable pourrait être une surexposition de la nitroglycérine, dont il portait illégalement. 

    L’autre mystère tourne autour de l’histoire des activités paranormales et / ou invasion extraterrestre.

     Le Carroll A. Deering

    Ce navire s’échoue dans les bancs de diamant notoires près de Cape Hatteras, en Caroline du Nord en 1921, où il a été bloqué pendant plusieurs jours avant que l’équipe de sauvetage arriver.

    Plus tard, la Garde côtière a constaté que l’équipement, journal de bord et deux canots de sauvetage étaient absents du navire abandonné, sinon en bon état.

    L’enquête a montré quelques autres navires avaient également disparu dans des circonstances mystérieuses dans le même temps...

    Ce qui pourrait être de la barbarie, les équipages des pirates de mutinerie ou de l’activité extra-terrestre dans le triangle des Bermudes.

     Le Baychimo

    Construit au début des années 1920 c’est l’un des vaisseau fantôme de la vie réelle qui a été, en 1931, est resté coincé dans la banquise près de l’Alaska, ne laissant aucun espoir pour le propriétaire de la Compagnie de la Baie d’Hudson, mais de l’abandonner.

     Cependant, il est resté à la dérive pendant  38 années suivante  et a souvent été aperçu flottant sans but dans les eaux au large de l’Alaska .

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Les conditions de la Météo avait toujours été impossible pour le sauver, mais depuis 1969, il a complètement disparu. 

    Quelques programmes de l’expédition avaient depuis été lancé pour retracer ce vaisseau fantôme mystérieux.

    L’Octave

    L’Octave est devenu plus que juste une légende en 1775, quand un baleinier nommé le Herald trouvé à la dérive au large de la côte du Groenland avec l’ensemble de son équipage gelé, mort par le froid arctique. 

    Pour ajouter à l’environnement fantasmagorique, le capitaine du navire a été trouvé assis à son bureau, avec un carnet de route devant lui, et la finition d’une entrée de journal à partir de 1762.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Relative à ce qui pourrait signifier que l’Octavius avait flotté pendant 13 ans et a terminé son passage à l’Atlantique en allant vers  l’Angleterre revenant de l’Orient par le passage du Nord-Ouest comme un vaisseau fantôme.

    Le Joyita

    En 1955, cette pêche et bateau charter a été trouvé abandonné dans le Pacifique Sud, cinq semaines après, il avait été signalé en retard. 

    La mission air-recherche ne pouvait pas suivre, jusqu’à un navire marchand trouvé à la dérive près de 600 miles au large de sa source d’origine, sans aucun signe de l’équipage et de la cargaison.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Il y avait un sac de médecin et plusieurs bandages tachés de sang sur le pont et la radio a été accordé à l’universel signal de détresse , mais ce qui s’est passé en réalité il n’a jamais été révélé que personne de l’équipage n’a jamais été revu.

    Le Lady Lovibond

    Une histoire intéressante de l’amour, de la jalousie et de rage complète l’histoire de ce navire hanté.En 1748, la veille de la Saint-Valentin, il a été mis disposition pour une célébration de mariage de la capitaine du navire. 

    Néanmoins, son ami, qui était trop amoureux d’elle, par vengeance, a diriger le navire dans les célèbres Goodwind Sands, où il fit naufrage et tuant tout le monde à bord.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Depuis lors, il pourrait être vu tous les cinquante ans qui naviguent autour de Kent. 

    1798, 1848, 1898 et 1948 a été témoin de visites ce navire et certains bateaux avaient effectivement envoyé des sauveteurs, en supposant qu’il était en détresse, mais plus tard, n’a pas pu être trouvé. 

    Bien, il n’y avait pas de taches confirmé en 1998, ce fameux bateau fantôme continue d’être une légende.

     La Mary Celeste

    Probablement le plus célèbre de la vie réelle vaisseaux fantômes histoire du englobe la Mary Celeste, trouvé à la dérive dans l’océan Atlantique en 1872 dans un état complètement indemne avec toutes ses voiles encore en place, les effets personnels de l’équipage intact et une soute de plus de 1500 barils d’alcool intactes . 

    Les seules choses manquantes étaient l’embarcation de sauvetage, le journal de bord du capitaine et, surtout, tout l’équipage. 

    Depuis l’attaque de pirate ne pourra être tenu responsable d’un tel phénomène, les théories de l’équipage mutinerie, trombe meurtre, et la consommation de la nourriture empoisonnée menant à la folie vu le jour.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    Source :  La Mary Celeste était un brigantin américain qui fut découvert abandonné au large des Açores le 4 décembre 1872.

    Wikipédia

     Longueur : 31 mDate de lancement : mai 1861

    Cependant, l’explication la plus raisonnable pourrait être qu'il y a eu une tempête ou une sorte de problème technique, obligeant l’équipage à abandonner immédiatement le navire dans l’embarcation de sauvetage et qu’ils seraient tous morts plus tard en mer. 

    A part cela, le mystère de ce navire hanté entoure avec des fantômes et même des monstres marins et des théories enlèvements extraterrestres.

     The Flying Dutchman

    Dans le folklore maritime, ce vaisseau fantôme a quitté le maximum d’impact comme aucune autre en inspirant de nombreux tableaux, films, livres, opéra, etc Van der Decken...

    Le capitaine, sur son chemin vers Indes orientales, avec détermination pure essayé de diriger son navire par les conditions météorologiques défavorables du Cap de Bonne-Espérance mais lamentablement échoué...

    Même après avoir juré à la dérive jusqu’à ce que la fin du monde. La légende dit que depuis qu’ils ont été maudits pour naviguer les océans pour l’éternité.

    Des Mystérieux Vaisseaux Fantômes &  Des Histoires Hantées...  Du Monde Maritime...

    À ce jour, des centaines de pêcheurs et marins de haute mer ont affirmé avoir vu le Flying Dutchman poursuivre son voyage sans fin à travers les eaux... Hollandais Volant

    Le Hollandais volant, parfois appelé dans le passé « Voltigeur hollandais », est le plus célèbre des vaisseaux fantômes.

    Il est également connu sous le nom allemand de Fliegender Holländer, ce dernier étant le titre original d'un opéra de Richard Wagner.

    Cette légende connaît une nouvelle jeunesse en étant reprise dans la célèbre saga cinématographique Pirates des Caraïbes.

    D’autres histoires de bateaux fantômes

    Références

    Topyaps, weburbanist, toptenz, top10and10, funzug, listverse

    Illustration 

    Blogspot, buylovely, angelsghosts, topyaps, scaryforkids, Photobucket, hauntedamericatours

    (Source : Marine In Sight)

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Légende De Jeanne-D'Arc À Largny Sur Marne

    Légende De Jeanne-D'Arc À Largny Sur Marne

    Lagny-sur-Marne est une commune française située dans le département  deSeine-et-Marne  en région Île-de-France. Ses habitants sont appelés les Latignaciens et Latignaciennes. La Légende De Jeanne d'Arc S' écrit Aussi À Lagny surMarne.

    Figure historique nationale, Jeanne d'Arc a aussi laissé ses empreintes à Lagny-sur-Marne.

    Deux expositions évoquent les légendes autour de son passage dans la ville.

    Légende De Jeanne-D'Arc À Largny Sur Marne

    Sainte,Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy, village du duché de Bar...

    dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l'évêché de Toul pour le spirituel, et morte sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, ...

    Wikipédia

    C'est une tranche oubliée de l'histoire que les associations de Lagny-sur-Marne veulent réhabiliter.

    A l'occasion du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d'Arc, deux expositions*, présentées par l'association des Amis de l'abbatiale et les Amis du musée Gatien-Bonnet, retracent, l'une au cœur de l'église et l'autre sur les bords de la Marne, les passages remarqués de la Pucelle d'Orléans sur les terres de Lagny-sur-Marne.

    Des épisodes encore empreints de mystères, mais qui inscriront la ville dans l'histoire de France et ses légendes.

    La découverte de la ville. En 1429, le pays, plongé en pleine guerre de Cent Ans contre les Anglais, n'est plus que l'ombre de lui-même. Jeanne d'Arc, guidée par des voix, veut aider Charles VII à retrouver la couronne de France.

    Du haut de ses 17 ans, elle obtient une petite armée, parvient à libérer Orléans et fait sacrer Charles VII à Reims. Dans l'euphorie, elle lance l'assaut sur Paris mais butte sur de vaillants combattants. Elle bat en retraite et trouve refuge,avec le roi et l'armée, à Lagny-sur-Marne. 


    Cette bourgade commerçante était l'une des plus proches de Paris favorable au roi.

    La commune disposait de remparts pour assurer leur protection pendant la nuit.

    Les troupes auraient trouvé refuge dans l'ancienne abbaye Saint-Pierre de Lagny,aujourd'hui disparue.

    Le miracle de l'église. A la suite decet échec, Jeanne d'Arc sombre dans l'inaction.

    Elle réapparaît en septembre 1430 à Lagny-sur-Marne.

    Informée d'un complot à Paris, elle se rapproche de la capitale et trouve refugeà l'intérieur des rempartsune dizaine de jours. Un matin, elle est sollicitée par de jeunes femmes qui la supplient de prier, à l'égliseNotre-Dame-des-Ardents, pour un nouveau-né mort sans avoir été baptisé.

    Légende De Jeanne-D'Arc À Largny Sur Marne

    Alors que Jeanne d'Arc joint les mains, l'enfant baille trois fois. Il ne ressuscita que le temps de recevoir l'onction d'un curé.Aujourd'hui, une pierre de l'église indique l'endroit où le miracle se serait produit.


    La légende de l'épée. Après cet épisode, la guerrière quitte Lagny pour Melun. Puis revient quelques jours plus tard pour protéger la ville d'une attaque d'une troupe de mercenaires. Jeanne parvient à capturer leur chef, le capitaine Franquet d'Arras, et lui prend son épée, symbole de la victoire d'un combattant sur un autre. 

    Selon la légende, elle aurait alors laissé sa propre épée, avec d'autres affaires, à Lagny. Une arme pleine de magie puisqu'elle l'avait découverte grâce aux voix dans l'autel de l'église de Fierbois.

    Elle l'aurait ensuite brisée sur le dos de l'une des filles de petites vertus qui suivaient les militaires de l'armée. Des siècles plus tard, l'abbé de l'époque a mis à contribution radiesthésistes et sourciers pour la retrouver. En vain.


      * « Jeanne à Lagny » et « Sur les pas de Jeanne », expositions gratuites.

    Informations : 01.60.36.02.94 ou 01.64.02.15.15.

    Lagny-sur-Marne, sur Wikimedia Commons

    Portail de Seine-et-Marne

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Lotus fleur du coeur

     Lotus fleur du coeu

     

    Il existe un paradis sur terre, c’est le lac Nong Han en Thaïlande. Une pluie de lotus recouvre cette étendue d’eau. Des lotus par milliers fleurissent, et offrent un spectacle magnifique au premières heures de la matinée. Dès que le soleil devient trop intense, leur seule défense, se refermer pour mieux vous éblouir le lendemain matin, au gré d’une balade en barque au fil de l’eau.  Ce lac est également appelé la mer aux lotus rouges, selon une légende locale, ce lac serait hanté par les esprits.

    Lotus : La fleur du cœur   Lotus : La fleur du cœur   Lotus : La fleur du cœur

    La légende raconte qu’une histoire d’amour ayant mal tournée, serait à l’origine de la création du lac. Celle d’un père et de son fils. Celui-ci, Pangthee, tombe amoureux d’une fille du coin qui le rejette. Après avoir tout tenté pour la séduire, il a l’idée de se transformer en écureuil, de cette façon il pourra vivre près d’elle sans soulever sa méfiance. Malheureusement, lorsqu’il s’approche de la fille, c’est l’heure du repas et elle a faim. Elle somme un chasseur d’aller tuer l’écureuil. En apprenant la nouvelle, Naga, le père (Naga est aussi le dieu des eaux dans de nombreux pays d’Asie), entre dans une rage folle et envoie un véritable déluge qui noie complètement le village de la fille. C’est ainsi qu’est né le lac de Nong Han.

    Lotus : La fleur du cœur   Lotus : La fleur du cœur   Lotus : La fleur du cœur

    Je terminerai par une petite anecdote afin d’enrichir votre culture, sachez qu’en 1951, l’une des trois graines d’un lotus vieux de 2.000 ans découvert dans la région Kemigawa de la Préfecture de Chiba (Japon) a fleuri. Depuis, elle est connue pour être « la plus ancienne fleur du monde» !

    Lotus : La fleur du cœur   Lotus : La fleur du cœur   Lotus : La fleur du cœur

    Voilà qui explique cette mer au milieu de nulle part ! Mais l’histoire n’est pas terminée On dit. … « Après la mort de son fils, Naga alla se réfugier dans une forêt proche. On y a construit un petit temple et là, il y a une pierre qui parle  et depuis la forêt est sacrée, refuge de Naga. ».

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Paolo Coello (L'Alchimiste)

    Paolo Coello (L'Alchimiste)

    La légende personnelle:
    C'est ce que tu as toujours souhaité faire.
    Chacun de nous, en sa prime jeunesse, sait quelle est sa Légende Personnelle.
    Accomplir sa légende personnelle est la seule
    ET unique obligation des hommes.


    Le principe favorable:
    Quand la chance est de notre côté,
    il faut en profiter et tout faire pour l'aider de la même façon qu'elle nous aide.


    Le coeur a peur. Les coeurs des hommes sont ainsi.
    Ils ont peur de réaliser leurs plus grands rêves,
    parce qu'ils croient ne pas mériter d'y arriver,
    ou ne pas pouvoir y parvenir.
    Nous mourons de peur à la seule pensée d'amours enfuis,
    d'instants qui auraient pu être merveilleux de trésors introuvables.


    Le coeur craint de souffrir
    et cette crainte de la souffrance est pire
    que la souffrance elle-même.
    Aucun coeur n'a jamais souffert
    alors qu'il était à la poursuite de ses rêves,
    parce que chaque quête est un instant d'Éternité.


    Lorsque tu veux vraiment une chose,
    tout l'Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir :
    c'est toujours une force positive.


    Souviens-toi de toujours savoir ce que tu veux.
    Ton trésor doit absolument être trouvé
    pour que tout ce que tu as découvert en chemin
    puisse avoir un sens.

     

    Sois attentif aux signes.
    N'oublie pas que tout n'est qu'une seule chose.
    N'oublie pas le langage des signes.
    Et surtout, n'oublie pas d'aller jusqu'au bout de ton Destin.
    Le coeur avertit toujours lorsque l'on s'éloigne de son rêve,
    du chemin qui nous est tracé.


    Celui qui vit sa légende connaît ses besoins.
    Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible:
    c'est la peur d'échouer.


    La plus grande imposture du monde,
    c'est lorsqu'à un moment donné de notre existence,
    nous perdons la maîtrise de notre vie,
    qui se trouve dès lors gouvernée par le destin.


    Chaque jour porte en lui l'Éternité.
    Toute bénédiction qui n'est pas acceptée
    risque de se transformer en malédiction.


    Lorsque nous cherchons à être meilleurs que nous le sommes,
    tout devient meilleur aussi autour de nous.


    Ne t'abandonne pas au désespoir.
    Souviens-toi d'un vieux proverbe qui dit
    que l'heure la plus sombre est celle
    qui vient juste avant le lever du soleil.


    Une quête commence toujours par la Chance du Débutant et s'achève
    toujours par l'Épreuve du Conquérant.

    Source: Paolo Coello (L'Alchimiste)

    La légende personnelle:
    C'est ce que tu as toujours souhaité faire.
    Chacun de nous, en sa prime jeunesse, sait quelle est sa Légende Personnelle.
    Accomplir sa légende personnelle est la seule
    ET unique obligation des hommes.


    Le principe favorable:
    Quand la chance est de notre côté,
    il faut en profiter et tout faire pour l'aider de la même façon qu'elle nous aide.


    Le coeur a peur. Les coeurs des hommes sont ainsi.
    Ils ont peur de réaliser leurs plus grands rêves,
    parce qu'ils croient ne pas mériter d'y arriver,
    ou ne pas pouvoir y parvenir.
    Nous mourons de peur à la seule pensée d'amours enfuis,
    d'instants qui auraient pu être merveilleux de trésors introuvables.


    Le coeur craint de souffrir
    et cette crainte de la souffrance est pire
    que la souffrance elle-même.
    Aucun coeur n'a jamais souffert
    alors qu'il était à la poursuite de ses rêves,
    parce que chaque quête est un instant d'Éternité.


    Lorsque tu veux vraiment une chose,
    tout l'Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir :
    c'est toujours une force positive.


    Souviens-toi de toujours savoir ce que tu veux.
    Ton trésor doit absolument être trouvé
    pour que tout ce que tu as découvert en chemin
    puisse avoir un sens.

     

    Sois attentif aux signes.
    N'oublie pas que tout n'est qu'une seule chose.
    N'oublie pas le langage des signes.
    Et surtout, n'oublie pas d'aller jusqu'au bout de ton Destin.
    Le coeur avertit toujours lorsque l'on s'éloigne de son rêve,
    du chemin qui nous est tracé.


    Celui qui vit sa légende connaît ses besoins.
    Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible:
    c'est la peur d'échouer.


    La plus grande imposture du monde,
    c'est lorsqu'à un moment donné de notre existence,
    nous perdons la maîtrise de notre vie,
    qui se trouve dès lors gouvernée par le destin.


    Chaque jour porte en lui l'Éternité.
    Toute bénédiction qui n'est pas acceptée
    risque de se transformer en malédiction.


    Lorsque nous cherchons à être meilleurs que nous le sommes,
    tout devient meilleur aussi autour de nous.


    Ne t'abandonne pas au désespoir.
    Souviens-toi d'un vieux proverbe qui dit
    que l'heure la plus sombre est celle
    qui vient juste avant le lever du soleil.


    Une quête commence toujours par la Chance du Débutant et s'achève
    toujours par l'Épreuve du Conquérant.

    Source: Paolo Coello (L'Alchimiste)  

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique