• Cimetière des 7777 saints
    à Lanrivoaré (Finistère)

    ***********

    (D’après « La Tradition », paru en 1892)

     

    S’intéressant à la curieuse légende attachée au village de Lanrivoaré et son cimetière, Chapelle, officier d’académie à Saint-Etienne, entreprend de décrypter le lien unissant ce lieu au chiffre 7...

    Sous le titre de Lanrivoaré, écrit Chapelle, un chapitre des Epoques préhistoriques et gauloises dans le Finistère, par Paul du Chatellier, est ainsi rédigé :

     

    « Cimetière vulgairement nommé les 7777 saints, au sud de l’église, sur lequel existe la légende suivante :

     

    « Sept mille, sept cents, sept vingts et sept saints,

    « Débarquèrent à Kersaint,

    « Et tous allèrent à Lanrivoaré,

    « Moins le pauvre Saint-André, qui était boiteux,

    « Et qui resta à Saint-Jean.

    Hebergeur d'image

    Cimetière des 7777 saints, à Lanrivoaré près de Brest

     

    « Dans ce petit cimetière des saints se trouvent 7 grosses pierres rondes. Ce sont, dit-on, 7 pains de la fournée d’un boulanger qui ayant refusé l’aumône à Saint-Hervé, vit tous ses pains changés en pierres.

    Les pèlerins n’entrent dans ce cimetière pavé de dalles qu’en se déchaussant. (LE VOT : Histoire de la ville et du port de Brest). C’est à coup sûr, une légende remontant à la plus haute antiquité. »

     

    Le second volume du Voyage dans le Finistère, par Cambry, revu par Emile Souvestre, dit du village de Lanrivoaré qu’il est « placé sur le bord de la route qui conduit à Ploudalmézeau », et poursuit ainsi, au sujet de la légende du cimetière des 7777 saints : « visitez-y le cimetière des sept mille saints dont vous a déjà parlé Cambry.

    C’est un petit carré pavé de dalles et entouré d’un mur particulier.

     

    « Là, suivant la tradition, reposent 7777 saints. Au pied d’une croix, on aperçoit 7 grosses pierres, qui ne sont autre chose que 7 pains ainsi transformés pour punir un boulanger qui avait refusé l’aumône à Saint-Hervé.

    Les paysans n’ont coutume de circuler dans le cimetière des 7777 saints que les pieds nus et la tête découverte ».

     

    Que peut donc bien signifier cette légende à laquelle on prête une antiquité surpassant celle de la religion des druides ?

     

    Il n’est guère possible d’y voir une troupe de saints chrétiens accourus en pèlerinage à Lanrivoaré, et anéantis là par une peste quelconque.

    Il serait plus plausible d’y voir une bande de soldats envahisseurs complètement défaits par les habitants indigènes, mais vengés par d’autres envahisseurs de même origine qui en auraient fait des saints.

    Cependant, ni l’une ni l’autre opinion ne parait juste à l’examen.

     

    Au premier coup d’œil jeté sur les 4 vers de la légende citée par du Chatellier, ce qui frappe surtout, c’est la différence entre le nombre du titre de la légende et le total des nombres du texte.

     

    En effet, 7000 + 70 + 140 (7 vingts) + 7 = 7847 qui ne répond pas du tout à 7777.

    Et, si l’on ajoute les 7 pains qui ne figurent pas dans le texte reproduit par du Chatellier, mais qui font néanmoins partie essentielle et du cimetière et de la légende, on obtient le nombre 7854 qui s’écarte encore plus de 7777.

    Seulement, ce nombre 7854, quand on sait l’analyser, renforce au lieu de le contredire, le titre de la légende, et donne à cette dernière le prestige de la géométrie et de l’arithmétique dont les anciens Celtes s’inspiraient dans toutes leurs œuvres, même en religion.

    Nous voilà donc loin bien et des pèlerins et des soldats conquérants !

     

    Effectivement, 7854 représente, en unités entières, la surface d’un cercle ayant 100 mètres de diamètre ; en fractions décimales, la superficie d’un cercle ayant 1 mètre de diamètre ; et, de plus il se compose du nombre étrange 7777 déjà cité, et du nombre non moins fantastique, 77, qui, d’après les documents précédents, n’apparaît nulle part, ni dans la légende, ni dans le cimetière.

     

    La combinaison 7777 + 77 = 7854 a de nombreux équivalents non moins intéressants :

    7854 = 7077 + 777

    7854 = 7007 + 770 + 77

    7854 = 7070 + 707 +70 +7

     

    Ce groupement de 6 fois 7 ne se trouve pas seulement là, accepté par la religion chrétienne qui a voulu introduire ses saints dans la légende celtique, mais on le retrouve aussi nettement exprimé dans le premier chapitre même de l’Apocalypse de St-Jean.

    Hebergeur d'image

    Monument du cimetière des 7777 saints, à Lanrivoaré

    au début du XXe siècle

     

    7 y est énoncé 12 fois, 1 fois en double et 4 fois seul, dans des versets différents, puis 6 fois, en même temps, dans le 20e et dernier verset, comme si l’auteur avait eu la pensée de faire le total ou la récapitulation de tous les 7 énoncés dans le chapitre entier, avant de le clore.

    Nous avons déjà entretenu de cela la société académique de la Loire, en lui soumettant notre étude générale sur les nombres de l’Apocalypse, écrit Chapelle.

     

    De la géométrie à l’astronomie, il n’y a qu’un pas facile à franchir.

    Nous pouvons donc avec une certaine apparence de raison, déduire par la présence du cercle en cette matière que les 7 grosses pierres rondes représentent tout simplement les 7 planètes connues des anciens.

    On aurait ainsi devant soi, à Lanrivoaré, un vrai système planétaire.

     

    Nous saurons un gré infini à tous les archéologues bretons, qui n’ont pas à subir les frais onéreux d’un déplacement, de nous fournir une description (ou un plan) aussi exacte et aussi complète que possible, avec mesure précise, du cimetière de Lanrivoaré, de son contenu, de ses abords et des environs.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La Légende Du Bonhomme Pas De Tête...

     Comme dans tous petits villages l'Isle-aux-Grues...

    N'échappe pas à la règle...

    Il existe plusieurs croyances et quelques légendes .En voici  une...

    La Légende Du Bonhomme Pas De Tête 

    Les habitants de l'Isle-aux-Grues parlent encore du petit bonhomme qui ne sortait que de nuit et ne parlait à personne.

    Il ne suivait jamais la route, s'en allant léger comme un chat sur le plein ou à travers les champs.

    On ne pouvait même pas relever ses traces sur la neige fraîchement tombée.

    Pendant une trentaine d'année, la présence de ce gnome replet, vêtu d'un costume sombre, épouvanta les insulaires, surtout les ivrognes et les batteurs de femmes qui étaient ses victimes préférées !

    Ils ne s'attaquait  pas souvent aux femmes et aux enfants. L'église insistait  sur le fait de donner des messes aux âmes du purgatoire ce qui risquait de le faire partir de l'île.

    Louis Lebel, un beau et brave homme, revenant un soir d'une soirée où il avait fêté plus que d'habitude, aperçut le petit bonhomme qui tenait sa tête dans sa main venant à sa rencontre sur la côte.

    Lebel, figé par la peur, n'eut qu'une minute pour décider de se défendre.

    Il commença bras-le-corp, mais il ne réussissait pas à retenir le gnome tout d'une venue. Il tenta de l'assommer avec ses poings, mais les coups ne portaient pas.

    Le petit homme avançait toujours et Lebel dut se jeter en bas de la côte, haute de plusieurs pieds.

    C'est là que les villageois qui s'inquiétaient de son absence le trouvèrent le matin étendu sur les saillies de tuff.

    Par la suite, même l'incrédule curé fut plus réservé en parlant du farfadet et Lebel ne fit plus étalage de sa bravoure, portant sur son visage les traces du combat.

    Quant au gnome, on pense qu'il mourut en 1832, l'année du choléra, puisqu'on ne le rencontra plus jamais après cette terrible épidémie qui se répandit même dans les lieux les plus isolés du Canada.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Étendu au reste de l'Inde sous le règne du grand Asoka, roi de la dynastie Maurya (vers 269-232 avant notre ère), le bouddhisme, doctrine de justice et de nonviolence, gagna ensuite l'est et le sud de l'Asie. Il s'y est propagé selon deux écoles d'interprétation principales de l'enseignement du Bouddha: le Theravada, ou Hinayana, et le Mahayana. Toutefois, le déclin progressif du bouddhisme en Inde devait y entraîner sa disparition quasi complète au XIIIe siècle.

    NATURE DU BOUDDHISME.

    L'un des principes fondamentaux de la doctrine bouddhiste (ou dharma), ce en quoi elle se distingue des autres religions de l'époque, c'est l'effondrement de la notion de conscience: il n'existe pas de moi permanent. Rien de ce qui existe, le monde, les êtres, pas plus que le soi, n'échappe à l'éphémère: tout est condamné au changement perpétuel et, finalement, à périr. L'éphémère étant une donnée inévitable de la vie, nous ne pouvons prétendre à un bonheur réel qu'en nous détachant des notions illusoires de "conscience de soi" et de "possession". Un tel détachement s'obtient grâce à des techniques appropriées de méditation (dhyana).

    QUATRE NOBLES VERITES.

    Les bouddhistes croient que les enseignements de Gautama peuvent être exprimés succinctement dans les Quatre Nobles Vérités.
    1. Exister, c'est souffrir.
    2. La souffrance est causée par le désir et l'attachement aux choses.
    3. La souffrance cesse avec l'abolition du désir.
    4. Il existe une Voie pour mettre fin à cette souffrance.
    Cette Voie diffère selon le type de bouddhisme.
    Les bouddhistes du Pays pur comptent sur le pouvoir d'Amida pour être aidés.

    Les bouddhistes zen se basent sur la méditation.
    Les bouddhistes du Theravada ont une formule qui décrit la Voie: il s'agit du Noble Chemin à Huit Facettes.
    1. La parfaite compréhension, ou connaissance.
    2. La parfaite attitude, ou résolution.
    3. Le parfait discours.
    4. La parfaite action.
    5. La parfaite occupation, ou façon de vivre.
    6. L'effort parfait
    7. L'attention parfaite.
    8. La maîtrise de soi parfaite, ou méditation.
    Pour certains bouddhistes, ces perfections ne peuvent être atteintes qu'après une longue méditation et en menant une vie strictement morale. D'autres croient que le Bouddha aide ceux qui requièrent son assistance, ou que ces perfections sont déjà en chacun de nous.

    Les principaux courants du Bouddhisme.

    BOUDDHISME THERAVADA.

    On rencontre le Theravada "enseignement des Anciens", ou Hinayana "Petit Véhicule", principalement à Ceylan, en Birmanie, en Thaïlande et au Cambodge. Les adeptes du Theravada considèrent Gautama comme un être humain parvenu au nirvana (littéralement "extinction des flammes de la passion et du désir") après avoir vécu plusieurs vies de développement moral et spirituel.

    Imiter le Bouddha en devenant moine est le meilleur moyen d'atteindre l'Éveil.
    Le moine du Theravada se soumet à une discipline stricte: il ne se nourrit que d'offrandes, reste célibataire et ne fait pas de mal aux êtres vivants. La discipline de la vie monastique aide les moines du Theravada à oublier les soucis terrestres, ce qui leur permet de se concentrer sur les enseignements bouddhistes et de contrôler leur esprit grâce à la méditation.

    Les monastères dépendent entièrement de la bienveillance de la communauté des fidèles. Ceux-ci, par leurs dons généreux, espèrent ainsi gagner une meilleure renaissance et augmenter leurs chances de revivre sous la forme d'un moine. Les laïcs reçoivent égale- ment les conseils spirituels des moines et les imitent en observant certaines règles de la vie bouddhiste.
    Les fêtes bouddhistes du Theravada varient d'un pays à l'autre, mais elles célèbrent généralement la naissance et l'illumination de Bouddha ainsi que les événements bouddhistes importants qui ont marqué l'histoire du pays.

    BOUDDHISME MAHAYANA.

    Le Mahayana, ou "Grand Véhicule", s'est propagé par le Tibet en Chine, au Japon et en Corée. Il affirme que le Bouddha n'est pas Gautama mais un principe cosmique sans forme et éternel, constamment en action pour nous libérer de notre existence douloureuse. Dans sa sagesse et sa compassion, le Bouddha éternel utilise des moyens habiles (par exemple, des apparitions sous forme humaine comme celle du Bouddha Gautama) pour aider les hommes, victimes d'illusions, à se libérer du cycle des renaissances.
    Les mahayanistes recensent plusieurs Bouddha et de nombreux bodhisattvas "êtres illuminés », quasi-Bouddha qui ont différé leur entrée dans le nirvana pour aider l'humanité à trouver la voie de la lumière.
    Deux importants concepts religieux fondent le Mahayana. Le concept de vide d'une part: rien au monde ne contient de substance éternelle; même les doctrines bouddhistes sont vides et personne ne devrait s'y attacher. Le concept de l'"esprit seulement" d'autre part: le monde n'est qu'un produit de notre esprit au même titre qu'un rêve. La tâche du bouddhiste est de s'éveiller 'du rêve de l'existence.

    Hors de l'Inde, le bouddhisme du Mahayana se rencontre sous plusieurs, formes. Ainsi, un fidèle amidiste, adepte "lit) l'école du Pays pur où règne Amida, le Bouddha nippon, est sûr de renaître au Pays de la béatitude: il y trouvera les conditions les plus favorables à l'atteinte du nirvana, pourvu qu'il visualise la forme admirable du Bouddha et qu'il chante son nom.
    Le bouddhisme zen "méditation" met l'accent sur la discipline stricte de la méditation silencieuse accompagnée de méthodes inhabituelles, cris et coups parfois utilisés par les maîtres pour secouer l'esprit du moine et le faire parvenir à l'Éveil.
    Le bouddhisme vajrayana (ou "Véhicule du diamant") s'est principalement épanoui au Tibet. Pour lui, le disciple peut atteindre rapidement l'illumination grâce à des techniques spirituelles et physiques adéquates révélées par un maître.

    BOUDDHISME ACTUEL.

    Aujourd'hui, alors que le bouddhisme s'est étendu au monde entier, jusque dans certains pays occidentaux, ses adeptes s'interrogent sur son rôle et sur ses nouvelles orientations. Pour certains, le bouddhisme implique nécessairement un retrait du monde et son idéal de juste mesure s'oppose à tout engagement social. Pour d'autres, puisque les enseignements du Bouddha fournissent le schéma directeur d'une société meilleure, les bouddhistes devraient s'engager plus intensément dans les mouvements de réforme sociale. Il reste que l'attrait exercé par le bouddhisme sur la société industrielle moderne réside dans l'accent mis sur la recherche de la paix intérieure, dans son approche non matérialiste de la vie et dans sa philosophie introspective. Le bouddhisme nichiren, du nom d'un moine japonais du XIIIe siècle, se fonde sur des éléments ésotériques tels que le mantra; une sentence psalmodiée douée d'un pouvoir particulier.

    BOUDDHISME AU JAPON.

    Le moine japonais Nichiren (1222- 1282) prêchait la foi dans le Sutra du Lotus, l'un des principaux ouvrages de référence du bouddhisme mahayana. Fait surprenant de la part d'un bouddhiste, Nichiren s'en prennait violemment aux autres formes de bouddhisme qu'il qualifiait d'hérétiques. Il rendait le manque de foi populaire dans le Sutra du Lotus responsable des calamités, guerres civiles, famines et épidémies, qui décimaient le japon à son époque.

    Sa doctrine bouddhiste, malgré des débuts laborieux, acquit une grande popularité au japon et aboutit à la création d'une branche fanatique, la Nichiren Shoshu, la "vraie secte Nichirem". Les bouddhistes Nichiren psalmodient le titre du Sutra du Lotus, «Namu-myô-hô-renge-kyô». Nichiren enseignait que ce chant apportait l'illumination en éveillant la nature du Bouddha inhérente à l'individu. La Soka Gakkai, «société pour la création de valeurs», fut fondée en 1930 par Makiguchi Tsunesaburo, un instituteur qui voulait combiner la pratique du bouddhisme Nichiren avec ses propres théories éducatives progressistes. Réprimée par le gouvernement et touchée par la mort de Makigushi en prison pendant la Seconde Guerre mondiale, la Soka Gakkai vit toutefois le nombre de ses adeptes se porter à dix millions sous l'action des successeurs de Makiguchi, Toda josei et Ikeda Daisaku : ils en firent le mouvement laïc le plus populaire du japon. Cette association recruta ses disciples en prônant une philosophie utilitariste des valeurs. De nombreuses personnes ont été attirées par cette forme accessible de bouddhisme qui prétend qu'on peut obtenir tout ce qu'on désire par la seule psalmodie, un nouveau travail comme une nouvelle voiture. Mais la quête des biens matériels se révèle vite insuffisante et n'équivaut pas au vrai bonheur, qu'il convient alors de rechercher dans le cadre du bouddhisme enseigné par Nichiren. Malgré la croissance rapide du mouvement Soka Gakkai depuis 1945, ses dirigeants assurent qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle religion mais d'un mouvement laïc lié à la «vraie secte Nichirem> et considèrent Nichiren lui-même comme le Bouddha des temps modernes.

    BOUDDHISME

    BOUDDHISME

    Représentation artistique des divinités du bouddhisme.

    BOUDDHISME

     

    Selon la légende, à vingt-neuf ans, bouleversé par le spectacle des souffrances et frappé par la précarité de la condition humaine, Gautama décida de rompre avec l'existence protégée des membres de sa caste et de se consacrer à la recherche de la Vérité.

    Il ne la découvrit qu'après de longues années d'errance, Après avoir judicieusement renoncé à un ascétisme stérile, une nuit qu'il s'était arrêté au pied d'un figuier pour méditer. C'est là qu'il reçut l'Eveil, l'Illumination, la révélation de la Vérité. Il réunit alors ses premiers disciples dans sa propre communauté monastique (sangha), ordre religieux sans lieu de culte, bien qu'à chacune des étapes de leur itinéraire s'édifièrent plus tard des monastères bouddhiques.

     

    GARDIENS CELESTES

    VaisravanaVaisravana

    Les Gardiens Célestes, selon la croyance bouddhiste, veillent sur les quatre points cardinaux du monde et protègent la Loi bouddhiste. Ils habitent le mythique mont Meru aux portes du paradis d'Indra, le protecteur du bouddhisme. Les Gardiens célestes sont les acolytes d’Avalokiteshvara.

    À l'origine, ils étaient considérés bienveillants, mais au fil du temps ils se changèrent en guerriers menaçants. Ils sont habituellement représentés vêtus d'une armure et d'un heaume ou d'une couronne. Les Gardiens sont réputés avoir participé à la naissance de Bouddha Gautama et soulevé les sabots de son cheval pour qu'il puisse quitter sans bruit le palais de son père à son départ pour le monde extérieur.


    Le chef des Gardiens Célestes, Vaisravana, veille sur le nord et l'hiver. Son nom signifie « Celui qui sait ». Il est le seigneur des Yakshas, des êtres divins qui protègent et servent leur souverain.

    Le Gardien du sud, Virudhaka, ou « Le puissant », combat l'ignorance et protège l'étincelle de bonté qui brille au coeur des hommes. Il gouverne aussi l'été. Au Tibet, il est souvent représenté avec un heaume en forme de tête d'éléphant.

    Le Gardien de l'est, Dhritarashtra, ou « Celui qui maintient le royaume de la Loi », règne sur le printemps et préserve l'Etat.

    Enfin, le Gardien de l'ouest, Virupaksha, ou « Celui qui voit tout », règne sur l'automne ; il est généralement représenté vêtu d'une armure et debout sur un rocher ou un tas de démons.

    Dans l'hindouisme, les Gardiens portent le nom de Lokapalas. Vaisravana est adoré sous le nom de Kuvera, un dieu de la richesse qui garde ses trésors enterrés. Devenu le roi de Lanka, Kuvera conduisait un char magnifique, que le roi démoniaque Ravana utilisa au combat dans l'épopée hindoue du Râmâyana.

    CUNDI
    CundiCundi

    Cundi, ou Candra ou encore Cunda, est un bodhisattva considéré tantôt comme une forme féminine d’Avalokitésvara, tantôt comme une émanation de Vajrasattva, ou Vairocana, dont elle porte parfois la représentation sur sa couronne. Elle aurait donné naissance à 700 000 bouddhas, ce qui explique sa désignation de mère des bouddhas ».

    Cunda est vraisemblablement  dérivée d'Ushas,  la déesse de l’Aurore des Hindous. Dotée d’un seul visage mais de nombreux bras elle est soit blanche comme la lune, soit verte. Elle voyage sur le dos d'un homme prosterné C'est un bodhisattva à la fois bienveillant et effrayant qui possède des armes : un éclair, une épée, un arc, une flèche, une hache et un trident.
    Toutefois deux de ses mains font le signe de l’enseignement et de la charité. Si elle porte assistance aux bons elle est terrifiante pour les méchants. Selon une légende tibétaine elle un guerrier à se tuer d’une reine perverse qui prenait un nouvel amant tous les soirs pour s’en débarrasser le matin venu.

     

    MAHASIDDHA
     

    Nagarjuna et les 84 mahasiddha

    Mahasiddha dont le nom signifie approximativement « grand détenteur de facultés parfaites ». Dans le Vajrayâna, terme désignant un ascète qui possède une parfaite maîtrise de la doctrine des Tantras, Cet ascète se distingue par certaines facultés magiques (Siddhi), signes évidents de son Illumination.

    On connaît surtout le groupe de 84 Mahasiddha qui, entre le VIII et le XIIe siècle, constitua en Inde un mouvement religieux en réaction contre la culture monastique du bouddhisme Mahayana. On trouvait parmi eux des hommes et des femmes de toutes les origines sociales; leur manière hautement individuelle de mettre en oeuvre les leçons du Vajrayâna influença fortement le bouddhisme tibétain. Leurs chants spirituels jouèrent aussi un rôle important.

    Les biographies des 84 Mahasiddha qui nous sont parvenues dans leur version tibétaine décrivent des personnalités très marquées comme celles du mendiant Chatrapa, du tailleurKantali,  ou du potier Kumaripa. Le roi Indrabhûti et sa soeur Lakshmînkarâ en font également partie, de même que des lettrés comme Shântipa. Ce qui les unit en dépit de leurs différences d'origine, c'est leur manière de transformer les crises de l'existence en moyens de délivrance grâce aux enseignements d'un maître. Par le paradoxe et le non-conformisme de leur attitude, les Mâhasiddha expriment l'impossibilité d'appréhender la Réalité suprême.

    La biographie du Mahasiddha Tandhepa offre un bel exemple de rapprochement entre une situation humaine des plus humbles et un développement spirituel des plus intenses. Tandhepa perd toute sa fortune aux dés. Le jour où il apprend que le monde est aussi vide que sa bourse, il reçoit l'Illumination et entre dans le Nirvâna.

    Les chants des Mahasiddha appelés Doha abondent en images poétiques qui touchent l'imagination. Au Tibet, la tradition du Doha fut surtout pratiquée par Milarepa et Drugpa Künleg. Mais l'influence la plus grande revient sans doute aux chants du fabricant de flèchesSaraha. Voici comment celui-ci résume l'expérience spirituelle des Mahâsiddha : «Celui qui comprend que depuis le début des temps il n'y a jamais eu d'esprit réalise l'esprit des bouddhas des trois ères».

     

    AmitabhaAmitabha

    Amitâbha, l'un des cinq Dhyanibulldhas, est l'un des bouddhas les plus importants du bouddhisme mahayana, ou « Grand Véhicule ». Son nom signifie « Infinie Lumière » ou«Celui dont la splendeur est incommensurable ».

    Amitâbha règne sur le paradis occidental, un état de conscience appelé Sukhâvatî. Quiconque croit en ce bouddha est assuré d'entrer à Sukhâvatî, où il renaîtra. Amitâbha est donc une sorte de sauveur qui garantit une vie après la mort: chacun peut atteindre la libération en invoquant son nom, plutôt que de devoir subir d'innombrables renaissances.

    Dans une existence antérieure, Amitâbha était un roi qui, après avoir été en contact avec l'enseignement bouddhiste, abandonna son trône pour devenir le moine Dharmakara. Dharmakara fit 48 voeux, par lesquels il promit de venir en aide à ceux qui suivraient le chemin vers l'illumination. Grâce à la méditation, le moine réussit finalement à réaliser ses voeux et il devint le bouddha Amitâbha.

    Ayant l'eau pour élément, il est associé au crépuscule et à la vie dans l'au-delà. Il est généralement représenté en rouge, assis sur une fleur de lotus, ou parfois voyageant sur le dos d'un couple de paons. Ses mains font le mudra de la méditation, une main reposant simplement sur l’autre, son emblème est le lotus, le symbole de la renaissance spirituelle, et il est associé à la direction de l’ouest.

    Bien qu'il fût originaire de l'Inde, c'est en Chine et au Japon, où il porte le nom d'Amida (le bouddha qui a inspiré l'école de bouddhisme de la « Terre pure »), qu'Amitâbha fit l'objet de la plus grande vénération. Au VIII siècle, le moine indien Padmasambhava introduisit le culte d'Amitâbha au Tibet, où il attira de nombreux disciples.

    Au Tibet et au Népal, Amitâbha est représenté en Yab-Yum (la position de l'étreinte) avec Pandara, sa Shakti ou énergie féminine correspondante.

     
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Les régions arctiques, Sibérie, Alaska, Groenland et Nord de la Scandinavie, abritaient et abritent encore un nombre important  de groupes ethniques.

     

    Peuplement.


    Famille inuit

    Les Tchouktches, les Evenk, les Evenki, les Nenets, les Nivkhe, les Tchouvants, les Kamtchadals, les Youkaghirs et les Khantys vivent en Sibérie.
    Les Saami occupent le nord de la Scandinavie et également la péninsule de Kola au nord-ouest de la Russie, tandis que les Eskimo yupik étaient installés le long des côtes occidentales de la Sibérie.
    En Alaska, on distingue les Eskimo inupiat et yupik, les Aléoutes et les Athabaskans. Les Inuit vivent au nord du Canada et au Groenland.
    Ces peuples du cercle polaire chassent, pêchent et élevent des rennes. Ils avaient des origines communes en Asie centrale. Les Inuit, peuple de nomades migrants, arrivèrent en Alaska en passant par la Sibérie lors de la dernière période glaciaire. Ils poursuivirent leur chemin à travers les vastes toundras au nord du Canada, atteignant finalement les côtes montagneuses et glaciales du Groenland il y a quelque 4 500 ans.

    Quelles que soient les différences dans leur vie quotidienne, leurs langues ou leur organisation socio-économique, tous les peuples polaires entretenaient avec leur environnement une relation particulière, fondatrice de leur identité sociale et essentielle à leur survie culturelle. Qu'ils élèvent des troupeaux de rennes ou chassent le phoque, la baleine et ou caribou, les peuples arctiques étaient non seulement littéralement nourris par leur environnement dans un sens économique, mais aussi spirituel puisque c'était lui qui constituait le fondement de leur culture et de leur mode de vie.

     

    Mythologie des régions arctiques,

     

     

    Ours en ivoire © Musée canadien de l'histoire

     

    L’ivoire, les os de baleine et de caribou sont les matières premières des créations artistiques : sculptures au couteau de quartz ou de silex ou à l’aide d’une lame d’acier, lorsqu’un contact a été établi avec les Occidentaux. Sur les défenses d’ivoire, divisées en plaquettes minces, des dessins gravés commémorent certains événements, telle une chasse particulièrement fructueuse ; ces gravures ainsi que les dessins sur peau de phoque constituent un langage graphique destiné aux populations voisines ne parlant pas la même langue (notamment les Naskapis de la péninsule Québec-Labrador qui s’aventurent parfois dans la toundra).

    Dans la mythologie des Inuit du Canada, l'univers n'existe que grâce aux actes créateurs humains. L'homme révèle donc ce qui est. Cette conception se reflète dans les sculptures de phoque, de baleine, de caribou et d'ours.
    On disait que les images cachées dans la matière attendaient le couteau du sculpteur pour apparaître.
    Les artistes ne disaient pas qu'ils créaient l'animal, mais qu'ils l'aidaient à émerger. Ils sculptaient pour des raisons rituelles, religieuses ou esthétiques. Si l'on pensait que la représentation renfermait l'essence de l'animal, on croyait de même que le chasseur influençait l'esprit de sa proie.

     

    Mythologie des régions arctiques,

     

     

    Inuit

    La culture inuit est l’aboutissement historique de la culture du Vieux Béring, de celle de Thulé (qui régna sur tout l’Arctique) et de celle de Dorset (restreinte à l’Arctique oriental).

    De toutes les régions mentionnées plus haut, les inuits n’habitent que les côtes, à l’exception de quelques tribus de l’Alaska qui vivent à l’intérieur des terres. Ils ne s’installent jamais sur les rives des mers fermées, car la superficie d’eau libre nécessaire à la chasse des mammifères marins y serait trop restreinte.

    La pêche en eau douce et la chasse sur terre (caribous, animaux à fourrure) ne sont pratiquées qu’en été, tandis que l’hiver et le printemps sont consacrés à la chasse marine (phoques, morses, quelquefois baleines) : les inuits, à l’exception de ceux du Groenland, ne connaissent pas la pêche de la morue. Dans les régions où les occidentaux ont installé des postes de traite pour le commerce des fourrures, ils échangent les peaux des animaux capturés contre vivres, vêtements et objets domestiques, mais cela n’est aucunement leur ressource essentielle ; le gibier de terre est toujours un apport secondaire. L’élément vital est le phoque (ou le morse), qui fournit la nourriture des hommes et des chiens de trait, l’huile des lampes, l’ivoire dans lequel sont taillés les outils et les pointes de harpon, le cuir employé pour la fabrication des tentes, des kayaks et des bottes.

     

    Mythologie des régions arctiques,

     

    Inuit

    On peut penser que l’origine des peuples de l'arctique est purement asiatique. Dans le bassin de l’Amour, les archéologues ont mis en évidence des sites datant de 3000 avant notre ère ; la pression à laquelle ceux-ci furent soumis aux époques conquérantes de la civilisation chinoise, la poursuite des baleines vers le détroit de Béring expliquent la pénétration graduelle des Esquimaux à travers l’Alaska jusqu’aux archipels arctiques et au Groenland ainsi que la spécialisation de leurs activités. À la même époque, le développement des cultures chinoises en faisait la source d’un rayonnement qui atteignit rapidement les émigrants. Les Indiens Nootkas de l’île de Vancouver, en Colombie britannique, les plus distingués pêcheurs de baleines qu’on ait connus, sont les témoins d’une forme primitive de la civilisation esquimaude, antérieure aux stades révélés par l’archéologie en Alaska, au cap Dorset ou à Thulé et qui sont tous marqués de l’influence chinoise.

    Dans le Nord américain, on admet que la culture de Denbigh, mise au jour sur les côtes du détroit de Béring, était le fait de chasseurs de phoques et de caribous acclimatés dès 2000 avant notre ère sur la baie d’Hudson, à Churchill, dans la presqu’île d’Ungava ainsi qu’au Groenland, dont les sites archéologiques sont dénommés prédorset, par opposition aux sites contemporains denbigh du détroit de Béring. C’est vers 800 av. J.-C. qu’apparaît dans les mêmes régions une technologie nouvelle (dite dorset, d’après le cap Dorset), caractérisée par une grande richesse en instruments divers et où les pointes de harpon sont fréquemment, et pour la première fois, en ardoise polie. Cette période se prolonge jusqu’en 800 de notre ère en Alaska et jusque vers 1300 au Groenland. De cette époque datent les premiers témoignages figurés. Il s’agit surtout de petites sculptures en ivoire de morse, dont certaines avaient vraisemblablement valeur d’amulettes, déjà empreintes de la douceur d’expression que montre la sculpture esquimaude ultérieure.

    Mythologie des régions arctiques,

     
    Chaman inuit par © Emily Fiegenschuh 2008

    Les Inuits forment une société de chasse ayant des liens étroits avec la terre et de l'environnement, ce qui se reflète dans leurs croyances. Ils croient traditionnellement en un pouvoir semblable à un dieu qui est contenu dans l'ensemble de la nature.

    Le chaman est une figure universelle.
    Il est l'intermédiaire dans les transactions entre les hommes, les âmes des animaux et le maître des animaux. Les mythes évoquent son initiation, longue, solitaire et ardue, au cours de laquelle il doit lutter contre les esprits pour développer ses pouvoirs avant de retourner chez les siens. Quand il entre en transe, son âme quitte son corps pour aller dans le monde des esprits où elle négoce avec le maître des animaux pour que ceux-ci soient envoyés vers le chasseur qui pourrait en faire de la nourriture, demandant aussi le retour des âmes des humains capturées par des esprits rancuniers.

    Les Inuits croient que les esprits des personnes continuent à vivre après leur mort physique. Lors d’un décès dans la famille, les nouveau-nés reçoivront le nom de la personne décédée et seront traités comme si l'esprit de cette personne résiderait dans le bébé. Toutefois on ne leur donnera un nom qu’après qu’ils aient dépassé l'âge de 8 jours. Si l’enfant meurt avant cette date, il est censé ne jamais vraiment vécu.

     

     

     

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    Beaucoup de monde s'intéresse de nos jours aux mythes et à la mythologie. Sans établir une liste exhaustive ou ordonnée on peut citer les ethnologues, ou sociologues, les historiens des religions et du folklore, les archéologues, les linguistes, les psychologues ou psychanalystes, les théologiens ou philosophes, et bien d'autres dont vous, cher lecteur. La notion de mythe a été analysée de mille façons mais elle est loin d'être élucidée.

    MYTHES ET MYTHOLOGIE

     

    Il existe un très grand nombre de théories qui ont cherché à expliquer la naissance des mythes, des légendes, des contes et, d'une façon générale, ce qui appartient au folklore. L'histoire de ces théories s'adresse surtout à ce que les termes de mythe, de légende, de conte et de fable désignent tous en commun :

    1) un récit (écrit ou parlé) dont ceux qui le rapportent se considèrent comme les dépositaires et non comme les auteurs;

    2) une histoire composée de personnages dont certains — parfois tous — possèdent une nature surhumaine jointe fréquemment à un comportement humain (pouvoirs surnaturels, joints à des sentiments ou à des désirs naturels) et constituée d'événements qui peuvent être également naturels ou surnaturels, dans un décor réel (ou réaliste) ou surnaturel (merveilleux);

    3) une fusion totale entre les éléments réels et les éléments surréels au sein du récit même, qui apparaissent ainsi tous sur un pied d'égalité.

    On conviendra de désigner sous le nom de mythe un ensemble d'aventures dont les personnages sont considérés comme des dieux, des demi-dieux ou des héros. Le mythe, par là même, a une certaine relation avec la religion : les dieux d'un mythe sont les mêmes que ceux de la religion; un demi-dieu, héros de nombreux mythes, peut être l'objet d'un culte.

    LIMITES DE LA MYTHOLOGIE

    La création de mythes, de légendes, etc., comme ensembles linguistiques parlés ou écrits, paraît être le propre de civilisations humaines à un stade précédant l'industrialisation : les peuples de l'Antiquité (Sumériens, Egyptiens, Grecs, populations de l'Inde védique et brahmanique), certains peuples contemporains, mais en dehors de notre civilisation (Australiens, Amérindiens, Océaniens, peuples du Caucase et de la Sibérie), connaissent une mythologie très riche.

    Il existe des « mythes » au sein du monde moderne. C'est ce que pense, par exemple, Roland Barthes (Mythologies, 1957). On dit ainsi que « Tarzan », la « femme fatale », la « modernité » constituent des mythes de notre société. Ce sont, en effet, des représentations collectives (peut-être comme l'étaient les héros des aventures mythiques pour les Grecs) chargées d'une force émotionnelle motivant de façon subconsciente notre comportement. Mais, même personnifiés (Charlot, Tarzan), ils ne sont pas considérés préférentiellement comme les personnages d'aventures particularisées, qu'elles soient parlées, écrites, filmées, imagées en bandes dessinées. Ce sont des figures non narratives. Les mythes modernes sont donc exclus de cette étude : ils peuvent être envisagés dans le cadre d'une science générale des signes.

    La disparition des mythologies dans le monde moderne avait frappé K. Marx. L'explication qu'il en donne repose sur la conception qu'il se fait de la mythologie même. Pour lui, la mythologie et l'art qui en tire sa substance reposent sur l'histoire des représentations collectives et les rapports sociaux qui les sous-tendent.

    «L'idée de la nature et des rapports sociaux qui alimente l'imagination grecque, et donc la mythologie grecque, est-elle compatible avec les métiers à filer automatiques, les locomotives [...]? Qu'est-ce que Jupiter auprès du paratonnerre, Hermès à côté du Crédit mobilier? Toute mythologie dompte, domine, façonne les forces de la nature dans l'imagination et par l'imagination; elle disparaît donc, au moment où ces forces sont dominées réellement »
    (Introduction générale à la critique de l'économie politique, inédit de 1857 publié en 1903).

    Mao Zedong (Mao Tsé-toung), commentant ce texte, précise les rapports du mythe et de la réalité dans l'optique du matérialisme dialectique :

    « La mythologie peut nous enchanter en nous montrant, entre autres, les forces de la nature dominées par l'homme [...]; mais les mythes n'ont pas été formés à partir de situations déterminées par des contradictions concrètes; ils ne sont donc pas le reflet scientifique de la réalité. Dans les mythes, les aspects constituant une réalité n'ont pas une identité réelle, mais une identité imaginaire.»
    (A propos de la contradiction, 1937.)

    La représentation des contradictions entre forces de la nature et effort de l'homme (Marx) se complète chez Mao Zedong par le concept d'identification « impossible».
    Nous allons voir quels sont les quelques problèmes classiques liés à l'étude des mythes.

    Existe-t-il un auteur pour chaque mythe?

     

    Ce problème fut, au XIXe siècle, l'objet de controverses passionnées, notamment à la suite des travaux du philologue allemand F. A. Wolf sur l'Iliade et l'Odyssée. Il faut admettre, par définition, qu'un mythe est compris par un groupe social ayant géographiquement et historiquement des liens culturels étroits (notamment linguistiques), que le mythe évolue (se complète, se modifie), mais qu'aucun créateur précis ne peut être repéré, bien que rien n'empêche d'admettre que les initiatives prises puissent l'être par des individus.

    Existe-t-il une source valable pour les mythes en général?

    Certains mythes amérindiens ont été recueillis au XVIIe siècle par des jésuites, qui les assortissaient souvent de commentaires du genre : « Tout cela est absurde.» D'autres le sont encore aujourd'hui au moyen de magnétophones.
    Rien ne permet d'affirmer à coup sûr que :

    a) si ceux qui ont été recueillis au XVIIe siècle l'ont été exactement, objectivement et scientifiquement, malgré la différence des moyens mis en oeuvre, ils soient plus « purs », moins surchargés d'ajouts, moins altérés par des modifications que ceux qui le sont encore aujourd'hui par des moyens que nous contrôlons;

    b) si ceux qui ont été recueillis au XVIIe siècle ont été modifiés par la passion partisane et apologétique (pure hypothèse), voire créés de toutes pièces par les missionnaires, ils soient d'une nature hétérogène à ceux que nous recueillons aujourd'hui scientifiquement et doivent être rejetés. Il faut donc admettre la validité des sources en bloc.

    On peut aussi se demander si un mythe est plus valable dans une version ancienne. La mythologie grecqueest connue pour être l'une des rares où la grande majorité des sources soient des oeuvres littéraires datées (théâtre, poésie savante). On constate, dès lors, que certains mythes sont constitués très tôt, que d'autres, au contraire, s'enrichissent au cours des temps, que certains, apparemment étrangers, se regroupent et fusionnent (syncrétisme).
    Il y a donc une histoire du mythe. Mais celle-ci serait-elle décelable à coup sûr sans de solides critères extérieurs? Et surtout pour quelles raisons faudrait-il privilégier dans le choix des sources un moment de l'histoire plus qu'un autre? Le choix de la version ne repose pas sur une définition du mythe, (lui aurait tendance à admettre toutes les versions, mais sur une optique particulière du mythographe.

    Source : Grande Encyclopédie Larousse

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

     

    L'art africain en excluant la partie méditerranéenne se concentre dans la partie centrale et occidentale de l'Afrique. L'art rupestre en revanche est caractéristique du Sahara et de la zone australe.

     

    ART RUPESTRE.

    Les premières peintures et gravures du Sahara remontent à 6000 avant notre ère. Elles représentent de gigantesques personnages masqués, des chasseurs ou des animaux qui peuplaient alors cette région, tels que les buffles et les hippopotames. Des œuvres plus tardives révèlent l'introduction du bétail et des chevaux. Enfin, des peintures plus petites et plus schématisées représentent la faune actuelle.

    L'art rupestre san de l'Afrique du Sud et de la Namibie est peut-être encore antérieur à celui du Sahara et perdure jusqu'au XIXe siècle. Une certaine race d'antilope, figure centrale de la mythologie San, est souvent représentée. D'autres peintures évoquent des combats qui opposent les San aux Bantous et aux Européens, ou des scènes de danses rituelles.

    TERRES-CUITES.

    La plus ancienne tradition sculpturale africaine apparaît en Afrique tropicale, dans le nord du Nigeria, environ cinq cents ans avant notre ère. Les œuvres de la culture nok sont des terres cuites qui représentent des animaux ou des humains au corps stylisé et à la tête disproportionnée.

    La sculpture nok influence probablement les artistes du royaume d'Ife, dans le sud-ouest du Nigeria (XIIe-XVIe siècle), qui réalisent des terres cuites et des bronzes naturalistes ou idéalisés représentant des têtes ou des personnages. C'est le cas des pièces du trésor royal du Bénin (XVIe - XVIIIe siècle), qui comporte aussi des plaques décorées de bas et de haut-relief mettant en scène des guerriers, des chefs, ou encore des commerçants portugais.

    ARCHITECTURE.


    Reconstitution du grand Zimbabwe.

    Les architectes ouest-africains utilisent deux matériaux, le bois et la terre. L'effet obtenu est souvent sculptural. Les surfaces lisses des principaux bâtiments comme la tour pyramidale de la mosquée du XIVe siècle de Tombouctou, sont hérissées de poutres de bois qui facilitent leur accès à l'extérieur, et donc l'entretien des bâtiments.

    L'architecture de pierre n'est toutefois pas absente. Sur le site du Zimbabwe, un mur massif, appartenant à une enceinte du XVe siècle, entoure des structures de pierres sèches, dont une haute tour conique. La plupart des huttes africaines sont constituées d'un amalgame de brindilles, de terre et de chaume.

    D'autres matériaux éphémères entrent dans la composition de grands édifices comme, au Zaïre, les salles voûtées en berceau du royaume mangbetu. Celles-ci mesurent jusqu'à trente mètres de haut et sont bâties à partir de bois, de tiges de raphia et de touffes d'herbe.

    SCULPTURES et MASQUES.


    Masque Chika (Cameroun)

    Les masques gravés et les sculptures en bois sont caractéristiques de l'art africain. Les plus belles œuvres sont entrées dans les collections occidentales aux XIXe et XXe siècles.
    La sculpture africaine a influencé nombre d'artistes occidentaux, dont Picasso, pour lesquels cet art n'obéissait pas aux contraintes classiques du réalisme et du naturalisme. Mais en fait, les styles primitifs eux-mêmes ne peuvent se passer de conventions fondamentales et implicites.

    Les masques et les figures s'organisent selon un axe vertical et font face au spectateur. Les figures sont sculptées dans une seule pièce de bois. Des perles, des plumes, des cheveux ou des fibres décorent les masques. Ceux des Bakuba d'Afrique centrale, réservés à la danse, sont très sophistiqués.

    Certaines œuvres associent un masque et une figure sculptée : l'epa, masque yoruba, est ainsi surmonté d'une sculpture de couleur vive, qui atteint parfois deux mètres de haut. Ces personnages et ces masques servent à des occasions précises comme lors des rites d'initiation ou de guérison, ou pour communiquer avec les esprits.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Dans les religions africaines, le dieu créateur prend diverses formes.
    Il peut y avoir un seul dieu ou un panthéon de dieux. Le dieu peut être une entité totalement positive ou une force duelle comprenant le bien et le mal. Il peut être un dieu-farceur, à la fois majestueux et avili, un esprit ordonné ou désordonné, tour à tour destructeur et créateur. Le dieu-farceur (trickster ou décepteur) est un symbole de la période de transformation qui caractérise l'âge de la création. En passant de l'âge d'or ou âge parfait, à l'âge contemporain, il incarne le changement — l'évolution de la perfection de Dieu (le côté créatif du dieu-farceur) vers l'homme défectueux (le côté destructeur du dieu farceur).

    À l'âge contemporain, le côté divin de cet illusionniste n'existe plus, il ne reste que le côté profane, un personnage imprévisible dont la créativité résiduelle paraît dans les illusions qu'il édifie, et dont l'amoralité se remarque dans sa conduite, souvent antisociale. Le chaos engendre l'ordre : c'est la lutte entre l'ordre et le chaos, entre la créativité et la destruction. Ce combat cosmologique primordial est un combat universel. Ce dieu duel représente chacun

     

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  •  

    Pour les Européens, l'Afrique resta longtemps un « continent mystérieux », dont seules les côtes atlantiques, pourvoyeuses d'esclaves, étaient visitées. L'exploration de l'intérieur ne se fera systématiquement, par eux, que tard dans le XIXe siècle et précédera de très peu l'entreprise coloniale.

    ANTIQUITE.

     

    Dès le IIe millénaire, les dynasties égyptiennes étendent leur influence loin au sud, en Nubie, dans le pays de Couch. Le Nouvel Empire, à partir de 1580 avant notre ère s'étendra en amont de la quatrième cataracte. Mais au-delà, le Nil reste plein de mystère et l'emplacement de ses sources sera très tôt l'un des problèmes majeurs posés aux géographes. Pour Hérodote, « on connaît le cours du Nil jusqu'à une distance de quatre mois de navigation Li. Le Nil vient du Couchant et des contrées occidentales mais, au-delà, nul ne possède de renseignements certains, car le pays, en raison de son climat brûlant, est un véritable désert ». L'historien grec rapporte pourtant des bruits qui courent sur des aventuriers originaires de la région de la Grande Syrte : après avoir traversé les déserts, ils auraient atteint un grand fleuve qui, « coulant du Couchant vers le Levant serait peut-être le Niger mais passait pour constituer la branche mère du Nil. En revanche, toujours d'après Hérodote, un point capital de la connaissance de l'Afrique est acquis depuis longtemps : « La Libye [l'Afrique] est limitée de tous côtés par la mer, sauf dans la partie où elle se rattache à l'Asie. » Cette certitude serait à porter au crédit du pharaon Néchao II, qui aurait envoyé les Phéniciens entreprendre le périple du continent en partant du golfe Arabique (la mer Rouge) : le voyage aurait demandé trois années. Il est peu vraisemblable que cette expédition ait réellement eu lieu.

    Si le monde noir est à peine soupçonné, Hérodote donne des renseignements précis sur les peuples de l'Afrique septentrionale, depuis ceux qui habitent l'oasis d'Amon (sans doute l'oasis de Siouah) jusqu'aux habitants des rivages de l'actuelle Tunisie. Au-delà, vers l'ouest, Hérodote est très discret : « Je ne sais absolument rien sur les peuples qui vivent au-delà du pays des Atlantes. » À peine une allusion, d'après des témoignages de Carthaginois, à un trafic d'or qui se faisait sur les côtes occidentales de l'Afrique avec des peuplades habitant l'actuel Rio de Oro. Pourtant les rivages du continent auraient déjà été reconnus par de hardis voyageurs des Carthaginois commandés par Hannon, qui, vers le début du Ve siècle. avant notre ère se seraient avancés jusqu'au fond du golfe de Guinée. Mais cette expédition, connue par un court texte grec du IVe siècle, reste très hypothétique quant aux rivages effectivement visités.

    Après Hérodote, la connaissance de la configuration générale de l'Afrique ne s'améliore pas : pour Ératosthène, le littoral au-delà du cap Guardafui (Somalie) est totalement inconnu et la mappemonde de cet auteur ne montre pas de communication entre « océan éthiopien », à l'ouest, et la « mer Érythrée ». De même Strabon puis Ptolémée supposent que l'Afrique s'étend démesurément vers l'est, dans les basses latitudes qui limitent la mer Érythrée. Le dernier, cependant, a une idée assez précise des côtes orientales du continent jusqu'aux alentours de Zanzibar. Les connaissances de l'intérieur vont progresser à l'initiative des Romains :
    en 19 avant notre ère Cornelius Balbus Minor atteint le Fezzan.
    En 42 de notre ère, Paulinius, à la poursuite de rebelles, explore les régions correspondant au Maroc méridional. Néron envoie une expédition à la recherche des sources du Nil : elle s'avance très loin vers le sud. Utilisant en outre des renseignements fournis par des marins grecs, Ptolémée peut décrire l'origine du grand fleuve, né dans deux lacs situés au sud de l'équateur, eux-mêmes alimentés par les « monts de la Lune ». Ces derniers seront jusqu'au XIXe siècle un élément essentiel de la carte de l'Afrique. Si cette chaîne n'existe pas, du moins l'origine lacustre du Nil sera-t-elle confirmée.
    Enfin, à la fin du Ier siècle, Ptolémée cite deux expéditions romaines qui se seraient enfoncées assez profondément dans le continent africain pour atteindre le mystérieux pays d'Agisymba.

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Mythologie.

    Toute la bordure septentrionale de l'Afrique a été plus ou moins intégrée à la zone d'influence des grandes civilisations de l'Antiquité : les rivages méditerranéens du continent étaient bien connus. Puis les Arabes acquirent une connaissance précise de l'intérieur, jusqu'aux grands empires noirs de l'Afrique occidentale. Ils connurent également fort bien les côtes orientales, qui ne furent pas non plus ignorées des Chinois. Pour les Européens, l'Afrique resta longtemps un « continent mystérieux », et l'exploration de l'intérieur ne se fera systématiquement que tard dans le XIXe siècle.

     

    Mythologie.

    La mythologie de l'Afrique est à la fois unique et impressionnante de diversité. Même si beaucoup de peuples partageaient une langue commune et vivaient géographiquement à proximité les uns des autres, les croyances locales variaient énormément. Il existe bien évidemment des thèmes, des personnages et des dieux communs récurrents dans les mythologies de tout le continent, mais les cultures individuelles possédaient généralement leurs croyances et leurs coutumes propres.

    Certains croient que l'histoire du cosmos se divise en trois époques. La première est parfaite, un âge d'or où les dieux, les hommes et les animaux cohabitent en une totale harmonie. Puis, durant la deuxième de ces trois périodes, l'âge de la création, le dieu créateur fait naître la terre, les hommes et les animaux. C'est une période de différenciation car Dieu a créé la vie en s'utilisant comme matière et modèle, tentant ainsi de recréer l'âge d'or sur terre. Mais quelque chose se produit, indiquant que l'âge de la perfection est terminé et ne peut être reproduit sur terre ; la mort fait son entrée dans le monde, la terre et l'humanité sont défectueuses. C'est une période de chaos et d'ordre, de peur et d'espoir, d'atténuation du passé et de promesse d'un nouvel avenir. Ce dualisme ordre-chaos est parfois considéré comme la nature même du dieu créateur.

    Dans certains systèmes religieux, ce créateur est un dieu farceur à la fois bienveillant et créatif, et sorcier imprévisible et, souvent, destructeur. C'est un dieu qui porte en lui la vie et la mort, un illusionniste aux particularités sublimes et scandaleuses. Ce mélange dialectique se retrouve dans la création des hommes qui portent en eux la vie et la mort et se conduisent aussi de manière sublime et scandaleuse. Cet état de fait résulte du défaut remontant à l'âge de la création, cette période primordiale de transformation, ce rite de passage au niveau cosmologique.
    Au fil du temps, la part pieuse, créatrice du dieu-farceur (trickster) et du dieu dualiste se rend au ciel, s'éloigne encore plus des hommes et de la terre, et sa partie destructrice reste sur terre, avec un potentiel de perfection et de bonté : le dieu-farceur est devenu profane. Ce troisième âge est l'âge contemporain, le monde d'aujourd'hui, un royaume où les hommes et les dieux sont isolés les uns des autres, où les hommes, à travers les rituels et les traditions, cherchent à dupliquer cet âge parfait, perdu depuis longtemps et dont un faible écho demeure perceptible.

    Durant cette course de l'âge parfait à l'âge contemporain, les hommes ou les animaux expriment fréquemment leur libre arbitre, se démarquant ainsi de Dieu. Cette phase du processus de différenciation est caractéristique de l'âge de la création. Tout en s'éloignant de Dieu, les hommes et les animaux conservent certaines qualités de cette unicité originelle (qui est la leur durant l'âge parfait) mais perdent une qualité divine essentielle, l'immortalité. Pour de multiples raisons, en se séparant de Dieu, ils deviennent mortels.
    La mort entre dans le monde ; elle est souvent le résultat d'un acte de libre arbitre imputable à un homme ou un animal, un acte qui est au cœur de l'âge de la création.

    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique