• Mon rêve familier ...................Paul Verlaine (1844 - 1896).

    Mon rêve familier 

    Mon rêve familier ....................

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime

    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.



    Car elle me comprend, et mon cœur, transparent 
    Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème 
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, 
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.



    Est-elle brune, blonde ou rousse ? — 
    Je l'ignore. 
    Son nom ? 
    Je me souviens" qu'il est doux et sonore 
    Comme ceux des aimés que la 
    Vie exila.



    Son regard est pareil au regard des statues,

    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

    L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

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  • Commentaires

    2
    Samedi 30 Mai à 13:17

    Un grand Merci Cochonfucius pour ces très belles poèsies

    Bon week-end

    LD

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    1
    Samedi 30 Mai à 12:33

    (1) Grenouille onirique
         --------------

    À sortir du sommeil je suis récalcitrant,
    Dans le monde du rêve on a moins de problèmes;
    On y peut visiter l’abbaye de Thélème,
    On y voit des vivants chaque nuit différents.

    J’y trouve une grenouille en un lac transparent,
    Qui dans cet univers fait figure d’emblème:
    Elle a pour courtisans quelques fantômes blêmes,
    Qui derrière son dos parfois vont murmurant.

    Elle peut m’enseigner les langues que j’ignore,
    Et j’aime découvrir ces mystères sonores ;
    Un grand catoblépas vient lui donner le la.

    Un compagnon sculpteur m’offrira sa statue,
    Il a su capturer le sourire qu’elle a ;
    Je peux l’entendre encore alors qu’elle s’est tue.

     

     

    (2) Verlaine voit un parc

         --------

    Moi, dont l’esprit jamais ne fut trop pénétrant,
    Je préfère les jours qui passent sans problème,
    Qui ne sont, chaque fois, ni tout à fait le même
    Ni tout à fait un autre, et rien ne m’y surprend.

    Saveur de ce dimanche en mon coeur transparent :
    Au ciel un doux soleil, de mon bonheur l’emblème,
    Sur l’horizon parfois quelques nuages blêmes,
    Et la brise au jardin dansant et murmurant.

    Qu’apportera demain, pour l’instant, je l’ignore.
    Je marche dans les rues du village sonore
    Reconnaissant (ou non) les passants qui sont là.

    La neige semble avoir modelé des statues,
    Et, dans le parc, si blanche, et calme, et grave, elle a
    Fait que beaucoup de voix aujourd’hui se sont tues.

     

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