• Midi. L’air brûle,..........JOSÉ MARIA DE HEREDIA (1842-1905) -.

    Midi. L’air brûle,...........

    Midi. L’air brûle, et sous la terrible lumière
    Le vieux fleuve alangui roule des flots de plomb
    Du zénith aveuglant le jour tombe d’aplomb,
    Et l’implacable Phré couvre l’Égypte entière.
     
    Les grands sphinx qui jamais n’ont baissé la paupière,
    Allongés sur leur flanc que baigne un sable blond,
    Poursuivent d’un regard mystérieux et long
    L’élan démesuré des aiguilles de pierre.
     
    Seul, tachant d’un point noir le ciel blanc et serein,
    Au loin, tourne sans fin le vol des gypaëtes ;
    La flamme immense endort les hommes et les bêtes.
     
    Le sol ardent pétille, et l’Anubis d’airain
    Immobile au milieu de cette chaude joie
    Silencieusement vers le soleil aboie.

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