• El poeta

    El poeta................Pablo Neruda 22 août 2017

    Avec traduction
    ----------
    Antes anduve por la vida, en medio
    de un amor doloroso: antes retuve
    una pequeña página de cuarzo
    clavándome los ojos en la vida.
    Compré bondad, estuve en el mercado
    de la codicia, respiré las aguas
    más sordas de la envidia, la inhumana
    hostilidad de máscaras y seres.
    Viví un mundo de ciénaga marina
    en que la flor de pronto, la azucena
    me devoraba en su temblor de espuma,
    y donde puse el pie resbaló mi alma
    hacia las dentaduras del abismo.
    Así nació mi poesía, apenas
    rescatada de ortigas, empuñada
    sobre la soledad como un castigo,
    o apartó en el jardín de la impudicia
    su más secreta flor hasta enterrarla.
    Aislado así como el agua sombría
    que vive en sus profundos corredores,
    corrí de mano en mano, al aislamiento
    de cada ser, al odio cuotidiano,
    Supe que así vivían, escondiendo
    la mitad de los seres, como peces
    del más extraño mar, y en las fangosas
    inmensidades encontré la muerte.
    La muerte abriendo puertas y caminos.
    La muerte deslizándose en los muros.

    Image associée
    Avant je circulais dans la vie, un amour
    douloureux m’entourait: avant je retenais
    une petite page de quartz
    en clouant les yeux sur la vie.
    J’achetais un peu de bonté, je fréquentais
    le marché de la jalousie, je respirais
    les eaux les plus sourdes de l’envie,l’inhumaine
    hostilité des masques et des êtres.
    Le monde où je vivais était marécage marin:
    le fleur brusquement, le lis tout à coup
    me dévorait dans son frisson d’écume,
    et là où je posais le pied mon coeur glissait
    vers les dents de l’abîme.
    Ainsi naquit ma poésie, à peine
    arrachée aux orties, empoignée sur
    la solitude comme un châtiment,
    ou qui dans le jardin de l’impudeur en éloignait
    sa fleur la plus secrète au point de l’enterrer.
    Isolé donc comme l’eau noire
    qui vit dans ses couloirs profonds,
    de main en main, je coulais vers l’esseulement
    de chacun, vers la haine quotidienne.
    je sus qu’ils vivaient ainsi, en cachant
    la moitié des être, comme des poissons
    de l’océan le plus étrange, et j’aperçus
    la mort dans les boueuses immensités.
    La mort qui ouvrait portes et chemins.
    La Mort qui se faufilait dans les murs.
    Pablo Neruda
    22 août 2017

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • A l'Alcazar neuf, où don Jayme

    A l'Alcazar neuf, où don Jayme.................Paul-Jean TOULET 1867 - 1920

    A l'Alcazar neuf, où don Jayme
    Gratte un air maugrabin,
    Carmen dansant dans son lubin :
    Ce n'est pas ce que j'aime.

    Mais, à Triana, la liqueur
    D'une grappe où l'aurore
    Laissa des pleurs si froids encore
    Qu'ils m'ont glacé le coeur.
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Sous l'épais Sycomore

    Sous l'épais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles,
    Dans le jardin fleuri, tiède et silencieux,
    Pour goûter la saveur de tes lèvres vermeilles
    Un papillon d'azur vers toi descend des cieux.

    C'est l'heure où le soleil blanchit les vastes cieux
    Et fend l'écorce d'or des grenades vermeilles.
    Le divin vagabond de l'air silencieux
    Se pose sur ta bouche, ô vierge, et tu sommeilles !

    Aussi doux que la soie où, rose, tu sommeilles,
    Il t'effleure de son baiser silencieux.
    Crains le bleu papillon, l'amant des fleurs vermeilles,
    Qui boit toute leur âme et s'en retourne aux cieux.

    Tu souris ! Un beau rêve est descendu des cieux,
    Qui, dans le bercement de ses ailes vermeilles,
    Éveillant le désir encor silencieux,
    Te fait un paradis de l'ombre où tu sommeilles.

    Le papillon Amour, tandis que tu sommeilles,
    Tout brûlant de l'ardeur du jour silencieux,
    Va t'éblouir, hélas ! de visions vermeilles
    Qui s'évanouiront dans le désert des cieux.

    Ëveille, éveille-toi ! L'ardent éclat des cieux
    Flétrirait moins ta joue aux nuances vermeilles
    Que le désir ton coeur chaste et silencieux
    Sous l'épais sycomore, ô vierge, où tu sommeilles !
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • La lune est d'argent sous les arbres roses

    La lune est d'argent sous les arbres roses

    La lune est d'argent sous les arbres roses,
    Des fruits fabuleux font plier les branches
    Et voici neiger des floraisons blanches. -
    Un follet s'enfuit par l'ombre morose.

    Tes yeux fous, ce sont des enfants perdus
    Que séduit l'ardeur des fruits défendus ;
    Tes yeux d'or ce sont des enfants pervers
    Curieux d'amour et de pommes vertes ;
    Je vois, dans tes yeux, ton âme entrouverte,
    Je vois, dans ton âme, une fleur d'enfer.

    Arrêtons-nous : la nuit verse sur nos deux têtes
    Une onde caressante où flottent des rayons
    Et le ciel semble un dieu tremblant vers des conquêtes :
    Cueillons la nuit, l'Extase et l'Exaltation...

    Donne-moi tes yeux, donne-moi tes seins -
    Nous avons chassé le songe assassin.
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Trois jours de Christophe Colomb

    "En Europe ! en Europe ! - Espérez - Plus d'espoir !
    - Trois jours, leur dit Colomb, et je vous donne un monde."
    Et son doigt le montrait, et son oeil, pour le voir,
    Perçait de l'horizon l'immensité profonde.
    Il marche, et des trois jours le premier jour a lui ;
    Il marche, et l'horizon recule devant lui ;
    Il marche, et le jour baisse. Avec l'azur de l'onde
    L'azur d'un ciel sans borne à ses yeux se confond.
    Il marche, il marche encore, et toujours ; et la sonde
    Plonge et replonge en vain dans une mer sans fond.

    Le pilote, en silence, appuyé tristement
    Sur la barre qui crie au milieu des ténèbres,
    Écoute du roulis le sourd mugissement,
    Et des mâts fatigués les craquements funèbres.
    Les astres de l'Europe ont disparu des cieux ;
    L'ardente Croix du Sud épouvante ses yeux.
    Enfin l'aube attendue, et trop lente à paraître,
    Blanchit le pavillon de sa douce clarté.
    "Colomb, voici le jour ! le jour vient de renaître!
    - Le jour! et que vois-tu ? -je vois l'immensité, "

    Qu'importe! il est tranquille... Ah! l'avez-vous pensé ?
    Une main sur son coeur, si sa gloire vous tente,
    Comptez les battements de ce coeur oppressé
    Qui s'élève et retombe, et languit dans l'attente...

    Le second jour a fui. Que fait Colomb ? il dort -
    La fatigue l'accable, et dans l'ombre on conspire.
    "Périra-t-il ? Aux voix : - La mort ! - la mort! - la mort !
    - Qu'il triomphe demain, ou, parjure, il expire."
    Les ingrats ! quoi ! demain il aura pour tombeau
    Les mers où son audace ouvre un chemin nouveau !
    Et peut-être demain leurs flots impitoyables,
    Le poussant vers ces bords que cherchait son regard,
    Les lui feront toucher, en roulant sur les sables
    L'aventurier Colomb, grand homme un jour plus tard !...

    Soudain, du haut des mâts descendit une voix :
    "Terre ! s'écriait-on, terre ! terre ! ... " Il s'éveille ;
    Il court. Oui, la voilà ! c'est elle, tu la vois !
    La terre !... Ô doux spectacle ! ô transports ! ô merveille !
    Ô généreux sanglot qu'il ne peut retenir !
    Que dira Ferdinand, l'Europe, l'avenir ?
    Il la donne à son roi, cette terre féconde ;
    Son roi va le payer des maux qu'il a soufferts :
    Des trésors, des honneurs en échange d'un monde,
    Un trône, ah ! c'était peu !... Que reçut-il ? Des fers.
    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Les Loups

    Nous n'avions pour eux aucune haine.

    Ils faisaient métier de loups

    Comme nous faisions métier d'hommes.

    Ils étaient créatures de Dieu.

    Comme nous.

    Ils étaient nés prédateurs.

     Comme l'homme.

    Mais ils étaient restés prédateurs,

    Alors que l'homme était devenu destructeur.

     

    Paul-Emile Victor.

    Google Bookmarks

    1 commentaire
  • Dernier voyage

    Dernier voyage..........VikThor

    Où que tu ailles, où que tu sois
    je serais toujours près de toi.

    L'instant maudit est arrivé
    c'est le moment de nous quitter
    j'aurais frémi jusqu'au dernier
    de tes câlins, de tes baisers.

    Je m'en vais pour ce grand voyage
    où il n'y a point de retour,
    traversée sans autre bagage
    que l'empreinte de ton amour.

    Mais quelque soit ma destinée
    rien ne pourra nous séparer
    car je serai à tes côtés
    tu verras la vie me conter.

    A ton oreille un brin de vent
    te soufflera mes aventures
    la feuille d'arbre en frémissant
    les chantera dans un murmure.

    Le soleil sur tes longs cheveux
    t'apportera un peu de moi
    le chant du canari, précieux,
    te sifflera tous mes exploits.

    La rose ouverte du matin
    te relatera mon exode
    le crépuscule en son déclin
    t'en citera les épisodes.

    La nuit au dessus de ta couche
    je veillerai avec les anges
    déposant sur ta tendre bouche
    la caresse de tes louanges.

    Où que tu ailles, où que tu sois
    je serais toujours près de toi.

    Vik

    Google Bookmarks

    votre commentaire
  • Un trésor de l’Italie, les Dolomites.

    Les Dolomites, au sud des Alpes, en Italie,

    Au caractère bien planté, les sommets gris,

    Découpés, parfois effilés, parfois droit taillés,

    Très variés, élancés, déchirent le ciel azuré,

    Contrastent avec les vallons verdoyants à Saint Magdaléna

    Aux sapins céladon sombre, déployés à son pas

    Et aux prés véronaise illuminant le cadre magique

    Où se blottit le délicieux village romantique.

    La roche grisâtre, du gris perle à l’ardoise sombre

    Dont le minéral se nourrit de la clarté et de l’ombre

    Reflète la luminosité du soleil qui l’illumine

    Au levant et au couchant dans des décors sublimes.

    Il quitte son ton terne pour s’embellir d’or,

    D’ambre, de délicats marrons sur les contreforts

    Où la blancheur opale avec la brume matinale

    Dépose à ses pieds de la vapeur subliminale.

    Le sédiment abrupt, vertical se tend vers le firmament,

    Déchiqueté, droit comme un I, aux sommets saillants.

    De nombreux lacs se nichent dans les cuvettes,

    Ils s’enjolivent d’azur majestueux de la voûte céleste,

    Entourés du vert délicat du tapis herbeux

    Parsemé de pierres sédimentaires aux tons fabuleux.

    Le spectacle est merveilleux, changeant, féérique,

    Il offre des tableaux différents mais toujours fantastiques.

     

    Google Bookmarks

    2 commentaires
  • Flatter un créditeur, pour son terme allonger

    Flatter un créditeur, pour son terme allonger,
    Courtiser un banquier, donner bonne espérance,
    Ne suivre en son parler la liberté de France,
    Et pour répondre un mot, un quart d'heure y songer :

    Ne gâter sa santé par trop boire et manger,
    Ne faire sans propos une folle dépense,
    Ne dire à tous venants tout cela que l'on pense,
    Et d'un maigre discours gouverner l'étranger :

    Connaître les humeurs, connaître qui demande,
    Et d'autant que l'on a la liberté plus grande,
    D'autant plus se garder que l'on ne soit repris :

    Vivre avecques chacun, de chacun faire compte :
    Voilà, mon cher Morel (dont je rougis de honte),
    Tout le bien qu'en trois ans à Rome j'ai appris.
    Google Bookmarks

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique