• AU SR DE VALEGRAN

    AU SR DE VALEGRAN ..................... LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    Soit que le nom de
    Pol te soit donné du
    Polie

    Pour flamber sur la
    Terre ainsy qu'il flambe aux
    Cieux
    Ou soit pour esclairer à la troupe des
    Dieux
    Qu'Apolle ton parrin te nomma son
    Apolle

    Ton œil nous sert de lampe et d'ame ta parolle
    Qui refforment nos pas, qui tranforment ces lieux,
    En
    Cygnes les corbeaux, en leviers les espieux
    Et le sablon de fer en sablon de
    Pactolle.

    Pol tu pôles ton poulce an mestier des neuf seurs,
    Et des peuples errans tu polisses les meurs
    Pol héraut de repos de grâce et de faconde

    Héraut héraut heureux des bien-faiz de
    Pallas
    Pour deffinir ta gloire il faudrait cent compas
    Si le rond d'un compas ne comprenoit le
    Monde.

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  • A. M. BERNARD I. C. POUR SA NEF DE BONHEUR DÉDIÉE A SON ALT. SEREN.

    A. M. BERNARD I. C. POUR SA NEF DE BONHEUR DÉDIÉE A SON ALT. SEREN. .......... LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    C'est la parlante
    Nef que le mont
    Piéride *
    Verse de son espaule au giron de la
    Mer
    De la
    Mer qui s'en charge et qui la fait ramer
    Du
    Thessalide flot jusques au val
    Phocide**.

    C'est la
    Nef de
    Bon-heur, que l'accueil
    Trytonide
    Estrene d'un glaçon qu'on voit ore escumer
    Et ore dans les
    Eaux en
    Isthme se former
    Le séjour et le ny de l'aigle
    Saxonide.

    De mon
    Prince vainqueur j'environne l'autel
    D'olivier immortel de laurier immortel
    Ainsy
    Themis
    Phoebus honorent son trophée

    La carène le matz, les bancz les avirons

    De la céleste
    Argos dardent leurs lamperons
    Icy la
    Vierge luicz et la lire d'Orphée.

    .. LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL..(1554-1598

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  • LE CHIFFRE SEPT

    LE CHIFFRE SEPT .....................JEAN COCTEAU

    Voici que presque rien de ce fil ne me reste.
    Sa pelote était lourde et me bondait le cœur.
    Et ce cœur si souvent a retourné sa veste
    Qu’il croyait ne jamais perdre de sa douleur.

    Or ce n’est pas du sang c’est un fil qui s’écoule,
    Invisible, terrible, aux visages tenu.
    Ces visages étaient une innombrable foule,
    Chacun démaillotait et voulait mon cœur nu.

    Le voulait-il ? Plutôt ils étaient tous aux ordres
    D’un maître qui nous vide et nous charge de nuit.
    Qui nous charge de nuit de poussière et de cendres,
    Du fantôme cruel d’un monde qui me fuit.

    Il fuit de moi pour vivre et pour prendre des forces,
    Car il les prend en nous qui nous en nourrissons.
    Multipliant, changeant ses mille et une farces
    Que nous crûmes repos, rencontres et chansons.

    C’était je m’en souviens sous forme de souffrance.
    Mais je restais debout de la France incompris,
    Comme était, au dehors, incomprise la France
    Avec sa croix d’honneur et ses livres de prix.

    Elle grouillait, inculte, éprise de désastres,
    Et je lui ressemblais (ce qu’elle n’aime pas).
    Je me savais un corps formé d’ombres et d’astres
    Et j’étais son esclave et j’étais son repas.

    Elle me dévorait sur sa nappe de seigles,
    Sur une nappe blonde où penchent les épis,
    Sur son charme de sourde et sa grâce d’aveugle
    Et sous son ciel bien sourd et bien aveugle et pis.

    On y voyait dormir la jeunesse qui tombe,
    Des cadavres si frais, si nobles et si beaux
    Que tous les moissonneurs moissonnaient une tombe
    De beaux corps endormis adorés des corbeaux.

    C’est ce qui m’apparaît lorsque je me retourne
    Transformé par avance en colonne de sel.
    Car les larmes en moi glacent un sel interne
    Qui ne veut pas se fondre au sel universel.

    Ce sel me brûle. Il sèche, il cristallise, il ronge,
    Il remplace le bloc de ce fil à sa fin.
    Bientôt mon corps à vif ne sera qu’une éponge
    Ayant toujours plus soif de larmes et plus faim.

    Plus faim de ma substance et plus soif de mes larmes,
    Plus vide et plus gonflé de tout ce que j’aimais.
    Les yeux de ma jeunesse ont cru, monde, à tes charmes
    Qui se vengent sur nous de ce que tu promets.

    Les couples amoureux dénoués de leurs crises
    Ecrivaient sur les murs des dates et des noms
    Et les cerisiers secs méditaient leurs cerises
    Et l’or écervelé se changeait en canons.

    La jeune éternité que rien ne rassasie
    Et se moque pas mal de nos maigres espoirs
    Assoupissait l’Europe et réveillait l’Asie
    Et postait ses grands boucs au seuil des abattoirs.

    A quoi peuvent prétendre avec leur peau tannée
    Le monde qui somnole et la chambre où je dors ?
    Mon sommeil où le rêve à vie instantanée,
    Pousse des inconnus par d’obscurs corridors.

    Nul n’y peut rien. Il faut que le temps et l’espace
    Feignent de débiter ce qui n’est que d’un bloc
    Et que je me réveille et qu’un autre jour passe
    Et qu’un matin rouillé chante comme un vieux coq.

    Pauvre guerrier lassé, cousu de cicatrices,
    Théâtre fait avec les planches d’un radeau,
    Prépare tes acteurs, maquille tes actrices,
    On frappe les trois coups, on lève le rideau

    Rouge (comme il se doit) car rouge est le théâtre
    Du crime. Il coulera du sang noir et du vin
    Rouge, et rouge le drame et, dans l’ombre rougeâtre,
    Sur mille spectateurs en restera -t-il vingt ?

    Vingt qui s’égorgeront pour ne laisser personne
    Debout. Par politesse. Une dame debout ?
    Quel scandale ! On la tue. Alors l’entracte sonne
    Et rentre un public neuf venu l’on ne sait d’où.

    Neuf le public. Neuf les acteurs et neuf le drame.
    L’intelligence (on s’en doute) fait des progrès.
    Progresse le massacre et la dernière dame
    Peut voir son meurtrier sans honte ni regrets.

    Fleuves qui déroulez un cortège de vaches
    Vaches dont l’œil voyage au fond des lourdes mers
    Fleurs dont l’âme cruelle organise les taches
    Miroirs qui détestez qu’on vous passe au travers.

    Salles des pas perdus, portes de la justice,
    Chambres où l’accusé se change en innocent,
    Embellissez vos cours (vous me rendrez service)
    De ces géraniums qui décorent mon sang.

    Décorez-vous. Mentez. Menez de gloire en gloire
    Les victimes du bouc qui trompe le troupeau.
    Je ne veux même pas vivre dans la mémoire
    De la fille aux huit sœurs drapée en son drapeau.

    Je crache sur vos lys, vos robes d’innocence,
    Sur les bustes du parc de la célébrité.
    Je suis ; figurez-vous, moins bête qu’on ne pense
    Et pour dormir me tourne de l’autre côté.

    (Côté mur) où s’accroche une photographie
    De noce –horizontale chute au ralenti
    D’un accident mortel sur lequel je défie
    Qu’on me trouve. J’étais vraiment par trop petit.

    Très ridicule en costume de Bonaparte,
    Une main dans le dos, l’autre dans le gilet.
    De ma chaise il faudra descendre et que je parte,
    Magnifique empereur de ce groupe fort laid.

    Et me voilà, mangé par une île déserte
    Sans sauvages (et vivante bien entendu).
    Cette île m’adorait et décida ma perte ;
    A force de m’aimer d’amour j’étais son dû.

    Probablement sur cette île repousserai-je
    Sous forme de quelque orchidée ou datura.
    Quelque moelle d’amour dont la brûlante neige
    Se prostitue à l’insecte qui la tuera.

    Quelque métamorphose de ce genre, bien funeste,
    Et bien morne, soumise à de tendres poisons.
    Pas plus mornes que le souvenir qui me reste
    Du linge abandonné dans toutes mes maisons.
    *
    Midi sonne le gong sur la mer des naufrages.
    Le mistral criminel détrousse l’olivier.
    A qui puis-je m’en prendre et que dois-je envier ?
    Où conduisent, hélas, mes fièvres et mes rages ?

    Des autres déterrer, gaspiller le trésor,
    Je le voudrais. Quel luxe il y a dans l’envie !
    Mais jamais un trésor n’allège aucune vie
    Car la seule richesse est d’enterrer sa mort.

    Elle tricote en nous. On soigne cette Parque
    Industrieuse, en train de démêler son fil.
    Qu’il est délicieux de mener mal sa barque
    De montrer tantôt l’un, tantôt l’autre profil.

    C’est superbe. Si rien ne peut être superbe
    Sur un monde qui roule et roule de travers,
    Sur ce tison malade où le moindre brin d’herbe
    Cache des univers.

    Ah j’en dessècherais de tourner dans le vide
    (Qui n’est pas vide) et qui se décharge de nous
    En pavoisant, en décorant des invalides,
    Au milieu du troupeau des gloires à genoux.
    *
    Pauvres hommes pressés savez-vous que vous n’êtes
    Rien. Des dupes. Et que tout vous condamne exprès
    A ce rythme trompeur qui berce les planètes,
    A prendre pour du loin un mensonge du près.

    Tout est près. Rien n’est loin. Rien n’est lourd. Rien ne pèse.
    Rien ne va vite. Rien n’a tort. Rien n’a raison.
    Et l’âme assise sur un fantôme de chaise
    Rempaille le soleil au seuil de sa maison.

    Spectacle il faut l’avouer extraordinaire
    Dans une tente de foire, où, sur l’écriteau,
    On annonce qu’on peut admirer Lacenaire
    De face et de profil, sa main et son couteau.
    Et pourtant, et pourtant un éventail de branches
    Imite les rayons roses des projecteurs,
    Et les seins, les genoux, les épaules, les hanches,
    Volent au ras du sol sur leurs vélomoteurs.

    On résiste très mal à toutes ces caresses,
    Au revolver adroit de ces jeunes coups d’œil,
    A ces citrouilles qui deviennent des carrosses
    A ce gai corbillard des familles en deuil.

    C’est noir. C’est en couleur. C’est une belle éclipse
    De la lune sur la mer où se vautre le vent.
    C’est la grêle de feu, de bitume et de gypse,
    Et le danseur de corde avec son chien savant.

    Le septième ange qui sonnait de la trompette
    Lança ses foudres d’or sur le char d’Apollon.
    Le Dieu (dont le sourcil ressemble à la houlette)
    Excitait son quadrige en frappant du talon.

    Mais les chevaux cabrés et ligotés de veines,
    L’un l’autre s’insultaient et se mordaient le col.
    Et les rois se jetaient sur les bûchers des reines,
    Et le char du soleil se fracassait au sol.

    Il y eut quelques minutes étonnantes
    Où les îles sombraient, où tonnaient les volcans,
    Où l’ange assassinait les bêtes et les plantes,
    Les soldats de César endormis dans les camps.

    Les femmes des soldats avortaient sur leur couche,
    La peur fuyait la mort, la mort frappait la peur.
    Alors l’ange se tut en s’essuyant la bouche
    Devant un monde vide et frappé de stupeur.

    Voilà comment en nous se peut rompre une artère,
    Voilà comment en nous un cycle s’interrompt.
    La trompette a sonné l’ange n’a qu’à se taire.
    Ce que l’ange a défait d’autres le referont.

    Ce n’est pas grave. Une minute ! une minute
    Désagréable, mais c’était du beau travail,
    Or, l’ange le regarde avec ses yeux de brute,
    Avec ses yeux de folle, avec ses yeux d’émail.

    Et s’en va. Qu’on s’y fasse. Où va-t-il ? Je l’ignore.
    Il l’ignore lui-même. Il est seul. Il est nu.
    Il est immense. Il est une espèce d’aurore
    Boréale. Il s’en va comme il était venu.

    Ce n’est pas drôle. Rien n’est drôle. C’est son rôle
    De ne pas être drôle et d’être le zéro
    Qui souffle dans du cuivre et désaxe les pôles,
    Avec l’indifférence exquise d’un bourreau.

    Il s’exécute avec l’exquise indifférence
    D’un bourreau payé cher et qui n’est pas méchant.
    Avec l’indifférence exquise de l’enfance
    Qui torture une sauterelle dans un champ.

    Le champ, pour ce supplice, ouvre ses ondes blondes.
    L’ange musicien sans être plus ému,
    (Blonde est sa grâce aussi) s’éloigne entre les mondes.
    Jamais on ne saura quelle force le mût.

    Quelle force le mût, qui lui donna cet ordre
    De cueillir notre monde et de mordre dedans.
    De choisir une vieille orange pour y mordre
    Et pour laisser dedans la marque de ses dents.

    C’est une curieuse histoire que la Bible
    Raconte. Savez-vous ce qui vous pend au nez ?
    Savez-vous, sentez-vous, qu’il n’est pas impossible
    De revivre ce jour dont vous vous étonnez.

    Et que cet ange cueille encore notre orange
    Et la morde et sonnant de sa trompette d’or,
    Reprenne sa musique et ce beau travail d’ange,
    Sa fanfare de mise à mort ;

    O ma maison de fous combien je te vénère,
    Combien j’aime la chaux de tes murs profanés
    Plus blanche que le lait qui coule d’une mère
    Dans la bouche des nouveau-nés.

    Qu’on ne me parle pas de m’en ouvrir la porte.
    Enfermez-moi dehors votre bal est trop laid.
    Qu’il est tendre le lait qui coule d’une morte…
    Et je me nourris de ce lait.
    Lait de chaux sur lequel des sexes et des flèches
    Dans un cœur, sont les hiéroglyphes des amants.
    Amour faudrait-il pas, ces murs, que tu les lèches,
    Que tu lèches ces murs charmants.

    O ma maison de fous, j’exige qu’on m’enferme
    Et pour être enfermé n’ai-je pas payé cher ?
    J’abandonne à ses cris, à ses vagues de sperme
    Le monde avec ses murs de chair.

    O ma maison de fous, ô mes murailles saintes,
    O mon ingratitude, ô ma solitude, ô
    Mes icones d’amour, ô mes cellules peintes
    O mon maternel lait de chaux.

    Ainsi chante le cygne et cygne ainsi je chante,
    Jusqu’à rejoindre au fond une dame du lac.
    Il n’est pas, paraît-il, de dame plus méchante,
    Mollement assoupie en l’eau de son hamac.

    Une dame dans le genre du Roi des Aulnes,
    Quelque chose, on me la raconte, d’approchant.
    En son hamac ou bien assise sur un trône
    Et mieux qu’une sirène adroite pour le chant.

    Mon chant à ceux uni que chante cette dame
    Risque de déranger la barque des rameurs.
    Trempe à gauche une main, trempe à droite une rame…
    Car les rameurs muets savent que je me meurs.

    Les filles de la barque en laissant la main pendre
    Perdent leurs bagues, sans même s’apercevoir
    Que la dame qui voit mes bagues d’or descendre,
    Les enferme dans son tiroir.

    C’est ensuite crier, se plaindre à la police,
    M’accuser, m’accabler, me contraindre aux aveux
    Par les coups, et m’ouvrir un nouveau précipice
    Où choir –mais ce n’est pas celui-là que je veux.

    Allez comprendre. Et les rameurs furent des Corses
    A grande gueule, vifs à me faire chanter
    Un autre chant de cygne où j’épuise mes forces
    (Et le mensonge où s’empêtre la vérité).

    Bilan lugubre d’un dimanche à la campagne.
    Et l’interrogatoire : « Etes-vous cygne ou non ? »
    « A qui sont les cheveux qui restent dans le peigne ? »
    « Alors vous refusez de dire votre nom ? »
    Et coetera. Là-haut, la sibylle de Delphes
    Vaticinait au flanc d’une montagne à pic
    Où l’on achetait des sucres d’orge, des gaufres,
    Et les colifichets qui plaisent au public.

    A droite, sur son char, était debout l’Aurige,
    Vêtu de plis de bronze, et ses âges orteils
    Bien rangés, bien nattés, bien attelés, que dis-je ?
    de jeune chevaux côte à côte pareils.

    C’est alors dans le ciel orageux et tandis qu’
    Il pleuvait sur les immortelles, dégageant
    Des tisanes d’odeur, que nous vîmes un disque
    Arriver de Patmos et du livre de Jean.

    Il volait à toute vitesse et en silence
    Environné d’un éclair de magnésium.
    Et Pallas qui pleurait, le front contre sa lance,
    De sa tente guerrière écarte le velum.

    Que voit-elle ? Ce disque effectuait des courbes
    Et disparut silencieusement vers l’est.
    Ecoeuré par le roc, les offrandes, les marbres,
    Il se vidait d’un feu comme on jette du lest.

    Ce feu vert s’allongeait sur l’isthme de Corinthe.
    Nous le vîmes s’évanouir pendant que cet
    Objet incompréhensible, né de la crainte,
    S’en retournait à la source du chiffre sept.

    L’homme épris de sa haine, enfiévré de se battre
    Sous ce chiffre qui fait et qui défait les rois,
    A sa glèbe attaché, fidèle au chiffre quatre
    Accumulait la colère du chiffre trois.

    L’accumulait (par une mauvaise habitude
    D’alchimistes courbés sur son triangle noir).
    Dans le triangle un œil espionnait leur étude
    Et cet œil les voyait qu’ils ne pouvaient pas voir.

    Sept colonnes de feu de meurtre et de fumée
    Firent le reste. Un aigle en avait pondu l’œuf.
    La triade détruite, aussitôt reformée,
    Les observe au milieu de son triangle neuf.

    Neuf est absurde. Ainsi me tendait une perche
    La rime d’un poème exprès torve et boiteux.
    Non. L’œil est une bouche. Elle dit cherche… cherche…
    Et l’on connaît comment se terminent ces jeux.

    Cherche, cherche… L’objet impudemment s’expose,
    Trop simple à nos regards au-dessus du panier.
    Que le joueur y fouille. Il se décide. Il ose.
    Qu’il ose ! Rira bien qui rira le dernier.

    La mer brassait un sang bleu peuplé de microbes
    Effroyables (plaisirs du pêcheur sous-marin).
    Cette folle pliait et dépliait ses robes

    Bavait, se flagellait les fesses et les reins
    Elle se dénudait, dégrafait ses étoiles
    De viande crue et les lançait au bord d’un lit
    Où le linge en désordre et les fauteuils de toile

    Dérange le voisin du volume qu’il lit.
    Il se soulève. Il voit s’énerver les persiennes
    Qui grincent et la folle érotique à côté,
    Sauter du lit, hurler, ouvrir grande les siennes,
    Afin que la tempête insulte sa beauté.

    Les arbres, les balcons, les mouettes, les navires
    Dansent en son honneur. Car folle de son corps,
    (Qu’importe le spectacle et si d’autres le virent)
    Elle court sur la plage et roule dans les ports.

    La police trouve à l’hôtel les chambres vides,
    Les meubles sens dessus dessous.
    Et pourquoi demander leur aide
    A des hommes à moitié saouls ?

    Aux estivants réfugiés dans les cabines,
    Aux femmes en chemise et criant au secours
    A cet enlèvement absurde des Sabines,
    A ces sous qui pleuvaient sur le pavé des cours.

    C’est en vain qu’on interroge quelques personnes
    Pour savoir qui jetait les sous
    Qui cassait les fauteuils, qui claquait les persiennes
    De l’hôtel sens dessus dessous.

    A l’aube on retrouva la folle dans sa chambre
    En ordre. Elle riait et peignait ses cheveux.
    Elle avait retrouvé la place de ses membres.
    Elle se refusait à faire des aveux.

    Folle, folle superbe, entrez dans mon domaine,
    Dans ma maison de fous et dans mon lait de chaux.
    Aussi bien que sur les rives on s’y promène.
    Ses carrelages froids valent vos sables chauds.

    Suivez-moi. C’est un cloître. Ici l’on ne découvre
    Plus les folles d’amour sous la houle des draps.
    Profitez de ce calme. Une porte s’entrouvre.
    C’est la bonne, courez et tombez dans mes bras.

    J’aime votre laideur, vos écumes, vos goîtres.
    Ils ne m’effrayent pas car je les trouve beaux.
    Vous goûterez enfin dans les chambres de cloître
    Ce fleuve de silence où voguent les tombeaux.

    J’obéirai, s’il faut, pages, que j’obéisse,
    Que je vide au dehors mon interne encrier.
    Que puis-je contre vous et contre ce supplice,
    Muse dont le plaisir est de faire crier.

    Tout moyen vous est bon. Que dirai-je ? Qu’y puis-je ?
    Libre fut mon matin. J’espérai jusqu’au soir.
    Mais votre œil est pareil à celui de l’Aurige
    De Delphes, cannes blanches aux ordres d’un trottoir.

    Canne d’aveugle, canne blanche, blanche canne,
    Blanche canne de somnambule sur le toit,
    Masque blanc du chirurgien qui trépane.
    O muse indifférente à ce qui n’est pas toi.

    De trottoir en trottoir depuis la Grèce antique,
    L’Aurige marche, sans même bouger un pied.
    De sa canne d’aveugle il est le domestique
    Et de la Sibylle, assise sur son trépied.

    Ce trépied n’était qu’un animal à trois pattes,
    Aveugle, naturellement (on s’en doutait).
    Animal cuirassé de croûtes et de crottes,
    Qui bavarde et lorsqu’on l’interroge se tait.

    Il le fallait, de toi, trépied, que j’écrivisse.
    Tu ressembles par trop à mon guide inhumain,
    A ses haltes, à sa dégaine d’écrevisse.
    Pendant ce temps l’Aurige en a fait du chemin !

    Rien ne manque à l’appel, le manque à l’enchevêtre-
    ment. Aucun passepoil, aucun bouton d’unif
    orme. Aucun passepoil, aucun bouton de guêtre.
    Aucune note prise à cet indicatif.

    Je voudrais avance. Tu freines, tu recules,
    Tu tournes sur toi-même et cours en reculant.
    Et pourquoi m’inviter à ce travail d’Hercule
    Puisque je me dirige avec un bâton blanc.

    Au moins cassez mon rythme et faites qu’il trébuche.
    Evitez-moi la course éprise de son but.
    Pour activer mon feu dérangez chaque bûche,
    Que ma plume ait un air de femme qui a bu.

    Fil de fer barbelé de longues et de brêves,
    Employez tout. Faussez les chances de succès.
    Inventez un mandant pour la fouille des rêves,
    Mentez à mon procès.

    Et si quelque passant saluait mon poème,
    Faites-le suivre. Allez vous plaindre au tribunal.
    De toutes les façons il est suspect s’il l’aime.
    Il ne peut aimer que le mal.

    Qu’il soit, à mon exemple, accusé d’innocence.
    Payez les témoins s’il le faut.
    Je veux, auprès de vous saluer sa naissance,
    Sur les planches d’un échafaud.

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  • JE N'AIME PAS DORMIR

    JE N'AIME PAS DORMIR .....................JEAN COCTEAU

    Je n'aime pas dormir quand ta figure habite,
    La nuit, contre mon cou ;
    Car je pense à la mort laquelle vient trop vite,
    Nous endormir beaucoup.

    Je mourrai, tu vivras et c'est ce qui m'éveille!
    Est-il une autre peur?
    Un jour ne plus entendre auprès de mon oreille
    Ton haleine et ton coeur.

    Quoi, ce timide oiseau replié par le songe
    Déserterait son nid !
    Son nid d'où notre corps à deux têtes s'allonge
    Par quatre pieds fini.

    Puisse durer toujours une si grande joie
    Qui cesse le matin,
    Et dont l'ange chargé de me faire ma voie
    Allège mon destin.

    Léger, je suis léger sous cette tête lourde
    Qui semble de mon bloc,
    Et reste en mon abri, muette, aveugle, sourde,
    Malgré le chant du coq.

    Cette tête coupée, allée en d'autres mondes,
    Où règne une autre loi,
    Plongeant dans le sommeil des racines profondes,
    Loin de moi, près de moi.

    Ah ! je voudrais, gardant ton profil sur ma gorge,
    Par ta bouche qui dort
    Entendre de tes seins la délicate forge
    Souffler jusqu'à ma mort.

    Quand je te vois sortir plus qu’à moitié du songe,
    Et de sa glu tirant un à un tes esprits,
    Ayant le vrai mêlé d’ingénieux mensonge,
    Et tes membres bougeant, à cette mort repris ;

    Je pense aux monstres, fous de ce chant de Trace,
    S’ils ne l’eussent lâché sitôt qu’il s’en alla.
    Ainsi je voudrais voir suivre dehors ta trace,
    Le bétail de ton rêve, étonné d’être là.

    Je découvrirai donc ceux qu’en un tour d’horloge,
    Inerte à mes côtés, loin de moi tu charmais,
    Lorsque tu t’en reviens et que je t’interroge,
    Et que tu me réponds : je ne rêve jamais.

    Mauvaise compagne, espèce de morte,
    De quels corridors,
    De quels corridors pousses-tu la porte,
    Dès que tu t’endors ?

    Je te vois quitter ta figure close,
    Bien fermée à clé,
    Ne laissant ici plus la moindre chose,
    Que ton chef bouclé.

    Je baise ta joue et serre tes membres,
    Mais tu sors de toi,
    Sans faire de bruit, comme d’une chambre,
    On sort par le toit.

    Lit d’amour, faites halte. Et, sous cette ombre haute,
    Reposons-nous : parlons ; laissons là-bas au bout,
    Nos pieds sages, chevaux endormis côte à côte,
    Et quelquefois mettant l’un sur l’autre le cou.

    Rien ne m’effraie plus que la fausse accalmie
    D’un visage qui dort ;
    Ton rêve est une Egypte et toi c’est la momie
    Avec son masque d’or.

    Où ton regard va-t-il sous cette riche empreinte
    D’une reine qui meurt,
    Lorsque la nuit d’amour t’a défaite et repeinte
    Comme un noir embaumeur ?

    Abandonne , ô ma reine, ô mon canard sauvage,
    Les siècles et les mers ;
    Reviens flotter dessus, regagne ton visage
    Qui s’enfonce à l’envers.

    Notre entrelacs d’amour à des lettres ressemble
    Sur un arbre se mélangeant.
    Et, sur ce lit, nos corps s’entortillent ensemble,
    Comme à ton nom le nom de Jean.

    Croiriez-vous point, ô mer, reconnaître votre œuvre,
    Et les monstres de vos haras,
    Si vous sentez bouger cette amoureuse pieuvre
    Faite de jambes et de bras.

    Mais le nœud dénoué ne laisse que du vide ;
    Et tu prends le cheval aux crins,
    Le cheval du sommeil, qui, d’un sabot rapide,
    Te dépose aux bords que je crains.

    Je regarde la mer qui toujours nous étonne
    Parce que, si méchante, elle rampe si court,
    Et nous lèche les pieds comme prise d’amour,
    Et d’une moire en lait sa bordure festonne.

    Lorsque j’y veux plonger, son champagne m’étouffe,
    Mes membres sont tenus par un vivant métal ;
    Tu sembles retourner à ton pays natal,
    Car Vénus en sortit sa fabuleuse touffe.

    Ce poison qui me glace est un vin qui t’enivre.
    Quand je te vois baigner je suis sûr que tu mens ;
    Le sommeil et la mer sont tes vrais éléments...
    Hélas ! tu le sais trop, je ne peux pas t’y suivre.

    Au moment de plonger sous les vagues du songe
    Tu sembles hésiter ;
    Craindrais-tu, par hasard, qu’à ta suite je plonge
    Et du même côté.

    Ne crais rien, nos sommeils ont une différence,
    Car lorsque je m’endors,
    Le cauchemar te mêle aux lieux de mon enfance
    Avec mes amis morts.

    Tu traverses les bois, les groseilliers, les fermes,
    Les routes que j’aimais ;
    Tandis qu’en la torpeur profonde où tu t’enfermes,
    Je ne marche jamais.

    Il me serait bien doux de déranger ton rêve,
    De l’habiter longtemps.
    Alors je tremblerais que le soleil se lève
    Et t’ouvre à deux battants.

    Lorsque nous serons tous deux sous la terre,
    Plus ou moins dessous,
    Un moyen nouveau nous venant extraire
    De nos corps dissous ;

    Dessous ou dessus (là-bas notre langue
    N’ayant plus de cours)
    Nous ne serons pas de visage exsangue,
    Ni légers, ni lourds.

    Tout sera changé de ce que nous sommes,
    Oui, tout à l’envers.
    Et les murs épais du sommeil des hommes
    Nous seront ouverts ;

    Si je meurs premier, dans tes rêves j’entre ;
    Je verrai comment,
    Lorsque je dormais, la main sur ton ventre,
    Tu changeais d’amant.

    Je peux regarder le soleil en face,
    Ton œil ne le peut.
    Voilà bien mon tour, c’est la seule place
    Où je gagne au jeu.

    Lorsque nous devrons aux enfers descendre,
    S’il est des enfers,
    Nous n’habiterons pas le même scaphandre,
    Ni la même mer.

    Tu sauras trouver d’autre compagnie
    Au séjour des morts.
    Ah ! Comment guérir sa folle manie
    De m’ôter ton corps ?

    Tes rires retroussés comme à son bord la rose,
    Effacent mon dépit de ta métamorphose ;
    Tu t’éveilles, alors le rêve est oublié.
    De nouveau je me trouve à ton arbre lié,
    Tu me serres le corps de ta petite force.
    Que ne sommes-nous plante, et d’une seule écorce,
    D’une seule chaleur, d’une seule couleur,
    Et dont notre baiser serait l’unique fleur.

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  • PRÉAMBULE .....

    PRÉAMBULE ................... JEAN COCTEAU

    A force de vouloir être
    Dans cette solitude où
    De n’être rien les autres craignent
    A force d’oublier de vivre
    Traqué par la peur d’un esclandre
    Évitant que n’importe quel
    Joyeux drille ne s’aperçoive
    De mon effort d’être je n’ose
    Ni manger ni boire ni
    M’attabler au bord de leurs danses
    A force de vivre sous
    L’uniforme mal connu
    D’une légion étrangère
    A force de me donner l’air
    De n’avoir pas l’air à force
    De m’engluer dans mes pièges
    A force de me dire s’ils veulent
    Voir mes papiers je suis perdu
    Bref à force de feindre
    D’être des leurs moi le voleur
    Aux semelles de silence
    A force de donner le change
    Et pour l’ombre d’un bossu
    Avoir pris celle des anges
    Et d’alourdir mon scaphandre
    D’oeuvres de plus en plus suspectes
    A la barque des beaux rameurs
    A force de suivre les ombres
    De fantômes sans châteaux
    Styx sur tes désertes rives
    Sans avoir vécu je meurs.

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  • CONTRE LE DOUTE

    CONTRE LE DOUTE .................... JEAN COCTEAU

    Contre le doute hélas je n’ai pas de refuge
    En quelles mains me suis-je mis ?
    Et comment me juger car lorsque je me juge
    J’ai les yeux de mes ennemis.

    Que j’aimerais m’aimer et me laurer de gloire.
    Attendre le succès final.
    Mais contre moi si loin que cherche ma mémoire
    Se retourne mon tribunal.

    L’avocat me suspecte et le jury m’accuse
    Tous les témoins me donnent tort
    Et je dois écouter sans me trouver d’excuse
    Ma condamnation à mort

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  • OFFRANDES A DIVERS DU FAUNE

    OFFRANDES A DIVERS DU FAUNE ................ STÉPHANE MALLARMÉ

    Le
    Faune rêverait hymen et chaste anneau

    Sans les nymphes du bois s'il s'avisait d'entendre

    Au salon recueilli quand le grand piano

    Tout comme votre esprit passe du grave au tendre.

    Laid
    Faune ! comme passe aux bocages un train
    Qui siffle ce que bas le chalumeau soupire
    Vas-tu par trop de flamme empêcher ce quatrain
    Maladroit à la taire

    ou, s'il la disait, pire.

    Ce
    Faune, s'il vous eût assise
    Dans un bosquet, n'en serait pas À gonfler sa flûte indécise.
    Du trouble épars de ses vieux pas.

    Faune, si tu prends un costume
    Simple comme les liserons
    Dujardin et moi non posthume
    Nous te populariserons.

    Pan

    tronc qui s'achève en homme
    Moins gravement embrassait
    Les pipeaux

    que je ne nomme
    La comtesse de
    Grasset.

    Sylvain d'haleine première
    Si ta flûte a réussi
    Ouïs toute la lumière
    Qu'y soufflera
    Debussy.

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  • COUTEAUX MIDI

    COUTEAUX MIDI ....................... AIME CÉSAIRE

    Quand les
    Nègres font la
    Révolution ils commencent par arracher du
    Champ de
    Mars des arbres géants qu'ils lancent à la face du ciel comme des aboiements et qui couchent dans le plus chaud de l'air de purs courants d'oiseaux frais où ils tirent à
    blanc.
    Us tirent à blanc ?
    Oui ma foi parce que le blanc est la juste force controversée du noir qu'ils portent dans le cœur et qui ne cesse de conspirer dans les petits hexagones trop bien faits de leurs
    pores.
    Les coups de feu blancs plantent alors dans le ciel des belles de nuit qui ne sont pas sans rapport avec les cornettes des sœurs de
    Saint-Joseph de
    Cluny qu'elles lessivent sous les espèces de midi dans la jubilation solaire du savon tropical.

    Midi ?
    Oui,
    Midi qui disperse dans le ciel la ouate trop complaisante qui capitonne mes paroles et où mes cris se prennent.
    Midi ?
    Oui
    Midi amande de la nuit et langue entre mes crocs de poivre.
    Midi ?
    Oui
    Midi qui porte sur son dos de galeux et de vitrier toute la sensibilité qui compte de la haine et des ruines.
    Midi? pardieu
    Midi qui après s'être recueilli sur mes lèvres le temps d'un blasphème et aux limites cathédrales de l'oisiveté met sur toutes les lignes de toutes les mains les
    trains que la repen-tance gardait en réserve dans les coffres-forts du temps sévère.
    Midi?
    Oui
    Midi somptueux qui de ce monde m'absente.

    Doux
    Seigneur !

    durement je crache.
    Au visage des affameurs, au visage

    des insulteurs, au visage des paraschites et des éven-

    treurs.
    Seigneur dur!

    doux je siffle ; je siffle doux

    Doux comme l'hièble

    doux comme le verre de catastrophe

    doux comme la houppelande faite de plumes d'oiseau que

    la vengeance vêt après le crime

    doux comme le salut des petites vagues surprises en jupes

    dans les chambres du mancenillier

    doux comme un fleuve de mandibules et la paupière du

    perroquet

    doux comme une pluie de cendre emperlée de petits feux.

    Oh ! je tiens mon pacte

    debout dans mes blessures où mon sang bat contre les

    fûts du naufrage des cadavres de chiens crevés d'où

    fusent des colibris, c'est le jour,

    un jour pour nos pieds fraternels

    un jour pour nos mains sans rancunes

    un jour pour nos souffles sans méfiance

    un jour pour nos faces sans vergogne

    et les
    Nègres vont cherchant dans la poussière - à leur oreille à pleins poumons les pierres précieuses chantant -les échardes dont on fait le mica dont on fait les lunes
    et l'ardoise lamelleuse dont les sorciers font l'intime férocité des étoiles.

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  • SOCIÉTE SECRÈTE

    SOCIÉTE SECRÈTE ........................ AIME CÉSAIRE

    Du lagoon montent une odeur de sang et une armée de mouches qui colportent aux femmes la fraude des bijoux de la ménopause

    l'état-major du crime s'est installé très confortablement sur le passage de l'histoire dont l'épilepsie n'a jamais été si grande que dans ce temps où chaque
    inscription est une aventure dont chaque lettre saute en paquets de cartouches

    une affinité de poussière conduit aux semaines qui sont les rainures coulissières d'une guillotine devant laquelle l'accusateur public monte la garde

    en tout état de cause l'élévation et la chute du corps avertissent à tout moment de l'étape atteinte par la digestion toujours difficile des avatars géologiques on
    n'a que faire des taupes qui gonflaient la terre de la poussée saisonnière de l'insurrection on n'a que faire du soleil c'est une fille violée qui n'ose plus rentrer à la
    maison en tient lieu une contre-pluie de sable et de boue dont l'offensive au-dessus des villes imite la perfection d'indiscipline des troupes de la lumière polarisée au demeurant en
    dépit des antilopes amygdales qui se réunissent après

    une longue course à l'aube de palmiers que font les pleurs sous les cous aimés et que ne chassera jamais la main sagace des consolations

    (pas plus qu'une superstition n'entamera le bel arbre réservé à la hache des cœurs idolâtres en dépit du sang qui peint les billots et jette au travers de son
    masque le bouquet de fleurs prématuré d'un scalp)

    bise

    et couteaux des astres

    échangeons avec les satellites convexes

    le petit salut aidant

    que nous échangeons avec l'ortolan des neiges ensoleillé

    pour nous seuls à la décriée des fragiles lucarnes d'où le

    contre-poison lance à l'ordinaire de son ciel peu loquace

    le train des sauveteurs de la mer

    sur les rails de ce val dépêché à mon gré

    au fond de la caillasse muletière d'une catastrophe sans

    repères

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