• POUR LA FLORIS DU SR DE MALHERBE GENTILHOMME NORMAND

    POUR LA FLORIS DU SR DE MALHERBE GENTILHOMME NORMAND...LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    Malherbe qui de vous qui de vous deux
    Floris
    Se trouve à sa moytié de sa moytié comtable
    Seroit ce vous
    Floris vous estes admirable
    Malherbe de vos fleurs embasme ses escris

    Vous
    Malherbe est ce vous vous sainctement espris
    Dressés en nostre
    France un
    Temple vénérable
    Ou nos nepveus chasqu'an fairont feste chaumable
    A
    Floris à
    Malherbe eslevant leurs espris

    Ainsi vous ordonnés
    Floris vostre mémoire
    Ainsi vous empannes
    Malherbe vostre gloire
    Par l'ayde l'un de l'autre aeternisant vos pas

    Qu'un
    Thyrese aveuglé ne juge vostre flamme
    De vous mesme je veux composer vos debas
    Floris sera le cors et vous
    Malherbe l'ame.

    LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL(1554-1598.

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  • NE VIENDRA-T'IL LE JOUR QUE JE VOUS TROUVE AU LIT

    NE VIENDRA-T'IL LE JOUR QUE JE VOUS TROUVE AU LIT ............ LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    Ne viendra-t'il le jour que je vous trouve au lit,

    Quand le
    Sommeil nous ferme et l'une et l'autre oreille
    Quand il sille nos yeux, et qu'il vous rend pareille
    A ceux de qui le corps mollement deffaillit.

    Que feroy-je ? mon
    Dieu ! le cœur m'en tressaillit
    J aborderay ce front, ceste bouche vermeille
    Plaine du doux larsin de l'Hybleane * abeille ;
    Je voudroy qu'un baiser par tout vous assaillit.

    Mais comme je fondrois au meilleur de mon aise
    Vous esveillant un peu, vous faignies la mauvaise
    Dans mes bras vous pairrés un libre repentir

    Je mordroy les flocons de vostre belle trame
    Et bref j'aimeroy bien avant mon départir
    Vous presser, vous baiser, vous sucer jusque à l'ame.

    . LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL (1554-1598

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  • JE SUIS JE NE SUIS PLUS JE CHANGERAI MON ESTRE

    JE SUIS JE NE SUIS PLUS JE CHANGERAI MON ESTRE .. LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    Je suis je ne suis plus je changerai mon estre
    Cependant je seray sans qu'à jamais je soys
    Ce que je fus icy mais non ce que j'estoys
    Semblable, me pouvant dissemblable cognoistre.

    Passant ! tu peus ma voix à ta voix recognoistre :
    Ce que tu es passant ! je fus quelqu'autrefoys,
    Ce que tu fus avant je ne suys toutes foys
    Ny seray, ny j'ay sceu tel qu'ores avant estre.

    Les jours comme les eaux s'escoulent et s'en vont !

    Sans fin les elemens se deffont et reffont !

    Mourir, vivre en ce monde est une mesme chose.
    Me veus tu mieux comprendre et remarquer au vray

    Voy le temps tu verras par sa métamorphose

    Quel je suis, quel je fus, quel encor je seray.

    LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL(1554-1598

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  • A CHARLES DE SIVRY

    A CHARLES DE SIVRY ................... PAUL VERLAINE

    Mon
    Charles, autrefois mon frère, et pardieu ! bien
    Encore tel malgré toutes les lois ensemble,
    Te souvient-il d'un amoureux qui n'ose et tremble
    Et verse le secret de son cœur dans le tien ?

    Ah ! de vivre !
    Et te souvient-il du fameux
    Sage,
    Austère avec douceur, en route, croyait-il,
    Pour un beau
    Bethléem littéral et subtil.
    Entre un berger naïf et quelque très haut mage ?


    L'amoureux est un veuf orgueilleux.
    Ah ! de vivre !
    Le sage a suspendu son haleine et son livre,
    N'aspirant plus en
    Dieu que par la bonne mort.

    Et pourtant, pourtant, comme ils sont toujours le même
    Homme du chaste espoir de justes noces qu'aime
    Ou non celle qui sous sa tombe d'oubli dort !

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  • VIEILLIR

    VIEILLIR ............................ RAYMOND QUENEAU

    Ma jeunesse est finie

    Ma jeunesse est partie

    Je reste sur le cul

    avec quarante ans d'âge

    J'ai pris le pucelage

    de la maturité

    Me voilà qui grisonne

    me voilà qui bedonne

    je tousse et je déconne

    déjà déjà déjà

    Ah quand j'étais jeune homme

    que j'étais heureux! comme

    un lézard au soleil

    regardant mes orteils

    brunir au bord de l'eau

    et mon abencérage

    dresser son chapiteau

    Les années comptaient peu

    les jours étaient légers

    et toutes les nuits douces

    Le ciel était bien bleu

    les lunes étaient rondes

    la neige était bien tiède les blondes étaient blondes
    J'avais une cravate en soi-e naturelle le mollet fort agreste le pied bon comme l'œil oui oui mais maintenant c'est bien bien différent suis suis à bout de course je dévale
    la pente dies irae dies illa sic ibo ad astra mais comme ce farceur tombant d'un ascenseur disait aux spectateurs des différents étages qui le regardaient choir « jusqu'à
    présent ma foi ça ne va pas trop mal j'espère fermement que ça continuera encore un peu comme ça » ainsi malgré les ans la ride et l'urinai le bide et
    l'emphysème la toux et un moral tant soit peu nostalgique philosophiquement je vieillis essayant de jouïr de mon reste
    Sans feu et sans charbon sans lard et sans lardons sans œufs sans cinéma

    sans ouisqui sans soda sans beurre sans taksi sans thé ni chocolat j'écris quelques poèmes qui valent je l'espère ceux que j'élaborais lorsque j'avais vingt ans je les
    signais d'ailleurs de la même façon q-u-e-n-e-a-u-r-a-i grec mond

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  • LES MOTS QUI NE SONT PAS D'AMOUR

    LES MOTS QUI NE SONT PAS D'AMOUR ...................LOUIS ARAGON

    Il est inutile de geindre

    Si l'on acquiert comme il convient

    Le sentiment de n'être rien

    Mais j'ai mis longtemps pour l'atteindre

    On se refuse longuement
    De n'être rien pour qui l'on aime
    Pour autrui rien rien pour soi-même Ça vous prend on ne sait comment

    On se met à mieux voir le monde
    Et peu à peu ça monte en vous
    Il fallait bien qu'on se l'avoue
    Ne serait-ce qu'une seconde

    Une seconde et pour la vie
    Pour tout le temps qui vous demeure
    Plus n'importe qu'on vive ou meure
    Si vivre et mourir n'ont servi

    Soudain la vapeur se renverse
    Toi qui croyais faire la loi

    Tout existe et bouge sans toi
    Tes beaux nuages se dispersent

    Tes monstres n'ont pas triomphé
    Le chant ne remue pas les pierres
    Il est la voix de la matière
    Il n'y a que de faux
    Orphées

    L'effet qui formerait la cause
    Est pure imagination
    Renonce à la création
    Le mot ne vient qu'après la chose

    Et pas plus l'amour ne se crée
    Et pas plus l'amour ne se force
    Aucun dieu n'est pris sous l'écorcc
    Qu'il t'appartienne délivrer

    Ce ne sont pas les mots d'amour
    Qui détournent les tragédies
    Ce ne sont pas les mots qu'on dit
    Qui changent la face des jours

    Le malheur où te voilà pris
    Ne se règle pas au détail
    Il est l'objet d'une bataille
    Dont tu ne peux payer le prix

    Apprends qu'elle n'est pas la tienne
    Mais bien la peine de chacun
    Jette ton cœur au feu commun
    Qu'est-il de tel que tu y tiennes

    Seulement qu'il donne une flamme
    Comme une rose du rosier
    Mêlée aux flammes du brasier
    Pour l'amour de l'homme et la femme

    Va
    Prends leur main
    Prends le chemin

    Qui te mène au bout du voyage

    Et c'est la fin du moyen âge

    Pour l'homme et la femme demain

    Cela fait trop longtemps que dure
    Le
    Saint-Empire des nuées
    Ah sache au moins contribuer À rendre le ciel moins obscur

    Qui sont ces gens sur les coteaux
    Qu'on voit tirer contre la grêle
    Mais va partager leur querelle
    Qu'il ne pleuve plus de couteaux

    Peux-tu laisser le feu s'étendre
    Qui brûle dans les bois d'autrui
    Mais pour un arbre et pour un fruit
    Regarde-toi
    Tu n'es que cendres

    Chaque douleur humaine sens-La pour toi comme une honte
    Et ce n'est vivre au bout du compte
    Qu'avoir le front couleur du sang

    Chaque douleur humaine veut
    Que de tout ton sang tu l'éteignes
    Et celle-là pour qui tu saignes
    Ne sait que souffler sur le feu

    Mais tout ceci n'est qu'un côté de cette histoire
    La mécanique la plus simple et qui se voit
    Une musique réduite au chant d'une voix

    Il y manque ce qui dans l'homme est machinal
    Les gestes de tous les jours qui ne comptent pas
    Les pas perdus
    Les pas faits dans ses propres pas

    Tout le silence et les colères pour soi seul
    Tout ce qu'on a sans jamais le dire pensé
    Les meurtres caressés les démences chassées

    Il y manque tout ce que parler effarouche
    Il y manque l'accompagnement d'instruments
    Comme d'une barque barbare au loin ramant

    Ce .qu'on peut tous les jours lire dans le journal
    Ce qui vient déranger les rêves à tout coup
    Ce qu'on n'a pas choisi qui soit et vous secoue

    Il y manque avant tout les tremblements de terre
    Et comme on se sent jusqu'à l'os humilié
    Un jour à rencontrer un regard spolié

    Il y manque le hasard au tournant des routes

    Les passions les occupations qu'on a

    Et l'art comme le vin des
    Noces de
    Cana

    Tenez
    Qu'est-ce pour vous ce voyage en
    Hollande
    Où vous ne verrez pas ces étranges statues
    Devant la mer comme des fauves abattus

    Qu'un trafiquant naguère apporta dans des caisses
    Avec cent autres merveilles des pays chauds Échafaudages peints d'encre d'ocre et de chaux

    Mis à intervalles réguliers sur la terrasse

    A tout jamais sur les steamers qui tourneront

    Le coquillage vert et roux de leur ceil rond

    Que comprenez-vous au jeune homme dont je parle
    Si vous ne connaissez chez lui ce goût profond
    Des sculptures qu'au bout du monde des gens font

    Et comment s'expliquer son voyage à
    Genève
    Que fait-il à
    Cardiff dans la saison des pluies
    Au
    Caledonian
    Market est-ce encore lui

    Qui cherche avidement des dieux dans la poussière

    Vieux continent de rumeurs
    Promontoire hanté

    Nous nous sommes fait d'autres idoles

    Il y a des reposoirs dispersés à ces religions non écrites

    Souvent comme une profanation secrète des autels apparents

    J'ai traversé l'Europe

    Je me suis assis un peu partout sur des pierres je me suis

    Arrêté dans le pays des rêves

    Combien de fois ai-je été voir à
    Anvers la braise d'or de tes cheveux ô
    Pécheresse

    À
    Strasbourg la
    Synagogue aux yeux bandés comme dans la chanson de celui qui tua son capitaine

    Le squelette de
    Saint-Mihiel le
    Portement de
    Croix à
    Gand

    Le visage régulier de
    Bath qui semble une place
    Vendôme

    Le
    Rhône comme un batelier fou débarquant les corps des tués aux
    Alyscamps

    Et le beau
    Danube jaune

    Quelque part entre
    Lausanne et
    Morges ces coteaux étayés de murs bleus où mûrissaient les vignes de
    Ramuz

    Uzès
    Le jeune
    Racine s'y accoude à la terrasse des clairs de lune

    Sospel à chaque fois les pins incendiés comme pour y mieux effacer les traces de l'exil et
    Buonarroti proscrit

    Mais il y a des pays qui n'ont pas de nom dans ma mémoire

    Des gares où j'ai perdu deux heures pour attendre un train

    Des villes qui ne sont que passage d'arbres flottés sur leurs fleuves

    Un désert d'entrepôts dans un port qu'emplit une futaie l'hiver

    De hauts réservoirs dans la montagne

    Des villages de soleil et de froment

    Une région de fontaines bruissantes je ne sais où sans carte en automobile et que je n'ai jamais retrouvée

    Des chemins de crête poudroyants de lumière

    Et dans l'à-pic des rocs cette chapelle d'ombre où
    Charles
    Quint s'humilia

    J'ai voulu connaître mes limites

    Et ce n'est pas assez de
    Brocéliande ou
    Dunsinane

    De la
    Forêt-Noire et de l'Océan

    Car j'ai dans mes veines l'Italie

    Et dans mon nom le raisin d'Espagne

    Est-ce que je ne suis pas sorti de ce domaine de cerises

    Où est ma place
    Est-elle avec ce passé des miens

    Femmes de chez nous le pied court et la jambe haute

    Les petits cheveux bouclant sur la nuque dont vous étiez si fières

    Avec sous la peau blonde et transparente ô lionne

    Le sang lombard des
    Biglione

    Et le goût des pleureuses à dramatiser la parole

    Où roule cet écho profond de l'oraison funèbre

    Cette voix d'hier douce et voilée

    De
    Jean-Baptiste
    Massillon aux
    Salins-d'Hyères

    Est-ce que j'appartiens encore à ce monde ancien

    Où est la clef de tout cela
    Je vais je viens

    Faut-il toujours se retourner

    Toujours regarder en arrière

    J'ai traversé retraversé l'Europe

    Et je traînais dans mes bagages
    Quelques livres couverts de feu
    Qui venaient du
    Quai de
    Jemmapes

    Comme c'était écrit dessus

    Ils parlaient d'un pays la moitié de l'année enfoui dans la neige avec le vent qui siffle à travers les maisons de bois les péristyles à colonnes des demeures
    nobles

    Les palissades des chantiers beiges grises dentelées

    Tout un peuple dans les haillons d'un empire veillant coupant en deux ses cigarettes le fusil

    Entre les mains de chaque homme

    Les journaux muraux

    Et la débâcle et les chansons

    Mais tout ce qu'ils disaient ces bouquins au parfum d'interdit

    Ils le disaient dans un langage austère et grisant comme un renoncement des poètes

    Le vocabulaire abstrait d'une expérience inconnue

    Moi je lisais tout cela sans bien comprendre

    Comme devant l'obélisque à
    Louksor les soldats regardent les signes humains

    D'idéogrammes indéchirTrés

    Des choses pourtant toutes simples
    Sans entendre

    Par la campagne le printemps détrempé
    Sans voir

    Les villes de meetings pleines à déborder d'une passion qui recommence

    Et la débâcle et les chansons

    Qui a raison d'entre ces hommes

    Avec leurs noms compliqués dans le mirage des
    Révolutions
    Je me perds dans les schismes

    Qui a raison

    Qu'ai-je besoin du sablier des
    Sabéens des
    Sabelliens
    Je demande ici la vérité des Évangiles

    Or j'avais commencé
    Lénine à la façon de
    Raymond
    Lulle ou
    Saint
    Augustin

    Je le tire de ma valise à
    La
    Ciotat

    A
    Ustaritz ou à
    Saint-Pierre-des-Corps

    Bien des choses me sont obscures

    D'être écrites précisément dans le parler de chacun

    J'avais-t-il oublié le sens élémentaire des mots

    À chaque vocable employé je mesure mon ignorance

    Il faudra

    Il faudra que je reprenne tout du commencement

    Tout traduire

    Et la débâcle et les chansons

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  • DU FERME CHANGEMENT DES CAUSES

    DU FERME CHANGEMENT DES CAUSES....LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    De la
    Guerre la
    Paix, et de la
    Paix la
    Guerre,

    L’Esté sort du
    Printemps, l’Automne de l’Esté,

    De l’Automne l’Hyver, l’Hyver de son costé,

    Souspire à son despart le
    Printemps sur la
    Terre.

    Ainsi le froid, le
    Chaud, desserrent le
    Tonnerre,

    Le
    Tonnerre l’Esclair, l’Esclair l’Obscurité,

    L’Obscurité, le
    Froid, le
    Froid, l’Humidité :

    L’Humidité, le
    Chaut contre le
    Froid desserre.

    Ainsi le
    Jour, la
    Nuict, la
    Nuict chasse le
    Jour,

    Les
    Astres de leur pente, au
    Ciel font leur retour :

    L’Eau coulle de la
    Mer, et dans la
    Mer se renge.

    Le nœud de l’inconstance est assez recogneu,

    Pour ce grand
    Univers, elle change et rechange

    Le
    Feu, l’Air, l’Eau, la
    Terre, en
    Air,
    Eau,
    Terre et
    Feu.

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  • DE LA « FAUCONNERIE DE CHARLES D'ARCUSSIA SEIGNEUR D'ESPARRON »

    DE LA « FAUCONNERIE DE CHARLES D'ARCUSSIA SEIGNEUR D'ESPARRON » . LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    L un devient grand
    Prophète au jardin des oyseaux.
    L'autre au trépignement, et l'autre à la volée :
    Et ce docte chasseur instruict sa trouppe eslee,
    A choquer, tourner, fondre, et monter des cerceaux.

    Il voit choquer la
    Cane au rivage des eaux :
    Au coutau la
    Perdrix : la
    Pie en la vallée :
    Le
    Héron dans le
    Ciel.
    Sa perche est attelée
    De
    Faucons, de
    Laniers, de
    Sacres, et
    Gerfaux.

    Mais à qui ce chasseur des chasseurs le plus digne,
    Offrira des chasseurs l'offrande plus insigne,
    Ses
    Oyseaux, ses chiens noirs, ses
    Piqueurs, et ses vers ?

    Donne les,
    ESPARRON, à ce
    Prince des
    Princes,
    Qui, chassant l'estranger de toutes ses
    Provinces,
    Portera ses beaux faits au bord de l'univers.

     LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL(1554-1598 

     
     
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  • DE LA GUERRE LA PAIX ET DE LA PAIX LA GUERRE

    DE LA GUERRE LA PAIX ET DE LA PAIX LA GUERRE............ LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL

    De la guerre la paix et de la paix la guerre

    L'Esté sort du
    Printemps, l'Automne de l'Esté,
    De l'Automne l'Hyver, l'Hyver de son costé
    Souspire en s'esmouvant, le
    Printems sur la
    Terre.

    Ainsi le
    Froid, le
    Chaud esmeuvent le
    Tonnerre ;
    Le
    Tonnerre l'Escler, l'Escler l'Obscurité ;
    L'Obscur esmeut le
    Froid, le
    Froid l'Humidité,
    L'Humide la
    Chaleur contrere au froid desserre ;

    Ainsi le jour, la
    Nuict, la
    Nuict chasse le
    Jour ;

    Les
    Astres de leur pante au
    Cyel font leur retour ;

    L'Eau coule de la
    Mer et dans la
    Mer se range ;

    La constante inconstance arrondit sa
    Vertu

    Pour ce grand
    Univers elle change et rechange

    Le
    Feu, l'Er, l'Eau, la
    Terre, en
    Er,
    Eau,
    Terre,
    Feu.

      LOUIS GALLAUP DE CHASTEUIL(1554-1598 

     
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