• Le flocon de neige

    Le flocon de neige..............par Vette de Fonclare 2018

    Tout aussi léger qu’une plume
    Et malmené par le mistral,
    Je scintille tel un cristal
    Dans le ciel gris dès que s’allument

    Mes rais d’étoile minuscule.
    Etincelant comme un diamant,
    Je virevolte doucement,
    Semblable à ces animalcules

    Flottant au fil bleu des rivières.
    Je plane jusqu’au sol gelé
    Où, ne pouvant vivre isolé,
    Je vais m’agglutiner aux frères

    Que le père Hiver m’attribue.
    Solidifié, je me morfonds,
    Puis quand avril renaît je fonds
    En une eau claire et vite bue

    Par les prairies qui reverdissent.
    Réduit à rien par le soleil,
    Je lui dois pourtant mon réveil
    En goutte d’eau, et je m’immisce

    Dans le sein fécond de la terre.
    J’y suis très bien et j’y attends
    La renaissance du printemps
    Pour remonter vers la lumière,

    Redevenu larme de brume.
    Eternel recommencement
    Né du cycle infini du temps
    Et de l’eau dont je suis l’écume…

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  • Le chalet sous la lune

    Le chalet sous la lune............. Vette de Fonclare 2019

    Le chalet sous la lune est encapuchonné
    D’un épais bonnet blanc que la froideur laiteuse
    De ce treize janvier a comme amidonné.
    L’astre fait resplendir la couche de poudreuse

    Tombée pendant la nuit, Elle a tout arrondi,
    Tellement boursouflée que le moindre détail
    Des pentes enneigées en semble rebondi.
    Le ciel est bleu marine, et cet épouvantail

    Qu’est le vent de l’hiver là-haut dans la montagne
    Paraît depuis des jours à jamais disparu.
    Comme émergeant d’un conte au pays de Cocagne,
    Le chalet est serein sous le feutre incongru

    Que le ciel a posé sur son faîte couvert
    Par la neige masquant sa toiture abîmée.
    Comme pour mieux narguer le souffle de l’hiver,
    Sa sombre cheminée exhale une fumée

    En forme de soupir qui sinue et s’envole
    Jusqu’aux confins du ciel noir et mystérieux.
    Sur ses vitres tremblote une lumière molle
    Cillant en clignotant comme d’énormes yeux.

     

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  • Sous le ciel de verre des Cévennes

    Sous le ciel de verre des Cévennes ............C L

     

    Ici  s’inscrit dans le bleu éternel d’un ciel de porcelaine,
    A l’horizon sans borne «Mes Cévennes».
    On oublie volontairement pour en parler le «Les» 
    Mais qu’on ne s’y trompe pas, en cause, la perspective des arbres verts bleutés, 
    Qui donnent à chaque détour une conviction d’un acquis définitif.
    Les cévenols qui vivent en ces terres se doivent d’être si combatifs,
    Lors que l’hiver assiège les crêtes pures, 
    D’une  froide guipure.
    Qu’importe au fond même si les pierres en hiver font le gros dos.
    La nuit offre l’immensité des cieux les plus beaux en cadeau.
    Les cascades diamantées bondissent alors  de rocher en rocher.
    Vivre ici vous donne pleinement le droit de vous les approprier.
    L’homme est fier de son pays,
    De ces graminées, de la moindre prairie qu’il n’a jamais trahis.
    Doucement le cœur respire plus vite dans cette région secrète,
    A l’ombre de vieilles pierres et d’une courette.
    A l’arrêt, le cœur fou soudain de trop de sensations oubliées.
    Dans une lumière pure avivée par le soleil déployé, 
    Le regard cherche encore mille promesses, 
    L’âme touche de plus près le ciel pour faire taire sa rudesse.
    Le premier matin du monde exalte l’aube lavée des courants,
    Illusion de liberté bercée par les caprices du vent.
    @copyrightClaudie

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  • Un conteur, une fille, un livre

    Un conteur, une fille, un livre.................

    Il y a des jours gris, des jours pas comme il faut
    Drôle d'envie de pleurer sans trop savoir pourquoi
    Et déchirer l'ennui pour s'assurer de soi

    Un conteur, une fille, un livre qui s'entrouvre
    Dans la pudeur des nuits qui bruissent alors d'amour

    Sa voix est un sursis

    Et les mots-cris, mausolées bien trop silencieux
    Sont des gouttes de sang, voleuses de raison

    Il pastelle la terre
    Dévore la misère
    Dans un sourire sincère

    Le livre ouvert le livre doucement fini
    À ce pouvoir du diable et cette force de dieu
    Qui cahotent la vie avec bien d'autres vies

    Il miracle les rêves

    Qui sont ces Don Quichotte trop souvent affamés
    Ces Lancelot des bois où l'on ne se perd plus ?
    Elle ne les connaît pas mais ils effleurent son cœur
    Elle ne sera pas eux mais ils lui sont fidèles
    À désarmer ses jours

    Quand il lit, troubadour
    Quand sa voix dit les mots
    Elle bascule son âme

    Ce sont des histoires vraies ou des récits de rien
    Dentelle, elle devient ombre qui caresse les lignes
    Jusqu'à perdre le souffle

    Elle est reine ou esclave
    Elle ne sait qui elle est

    Il est le mot d'amour qu'elle murmure tout bas
    Le monde les enferme dans une page à écrire

    Un jour suspendue de lavande bleue de soie
    Il signera pour elle un poème sans nom

    Et son cœur le lira
    Tout au bord de sa voix

    Alors ils existeront

     

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  • Ad astra per vertigo

    Ad astra per vertigo................

    Allongés sur cette Terre, nous regardons
    La belle Voie lactée montée à l’horizon.
    Loin des éclairages, sous la lune cendrée,
    Nos yeux s’accommodent à la nuit endurée.

    Notre propre poids sur notre dos s’atténue.
    Larguons les amarres et tombons dans les nues :
    Un plongeon infini dans l’espace profond,
    Rien pour accrocher la Ceinture d’Orion.

    Quel est ce vertige qui soudain nous étreint ?
    Cette chute sans limite n’a pas de frein.
    Les enfants de la Terre ont horreur de ce vide.

    Leurs corps d’argile mélangée de l'eau de l’onde
    Laisseront le métal aux spatiales sondes
    Coursant toutes comètes d’un esprit avide.

     

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  • Coma idyllique

    Coma idyllique................

    Qu'est-ce un flot de paroles 
    Devant un flot de sang 
    S'échappant, dans l'alcool,
    D'un cœur fou, délirant 

    Convulsant ivre mort 
    Saoulé par ses remords
    Allongé sur le dos 
    Sur des coquelicots,
    Des bouteilles brisées 
    De liqueur d'Hydrangée

    Qu'est ce d'être embrassé 
    Par la bouche rêvée 
    Quand on a embrassé
    La mort liquéfiée 

    Piqué par un sourire
    Enfumé par un rire
    Étale dans la brume 
    Au goût de l'amertume 
    Les aiguilles du temps 
    Dans ses poignets d'enfant

    L'overdose de rêves 
    D'un intoxiqué mièvre
    Le coma idyllique 
    D'un transi alcoolique

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  • Le temps de ramasser nos roses

    Le temps de ramasser nos roses............

    Je me suis baissée
    Pour ramasser nos roses
    Tombées de nos disputes
    – De si petites choses –

    Je me suis baissée
    Pour ramasser mes rires 
    Tombés dans la surprise 
    De nous voir dépérir 

    Je me suis relevée
    Chargée de rires roses 
    Et j'ai pleuré de rire 
    En vomissant ta prose 

    J'ai répété ton nom
    Prise de soubresauts
    Tremblant – non pas de froid –
    De rires et de sanglots

    Je voulais mettre pause 
    Tout est allé trop vite 
    Je n'ai pas vu la cause 
    De ton injuste fuite 

    Je suis tombée à terre 
    Les roses contre moi
    J'ai serré des épines 
    En rêvant de tes bras 

    Ton image floutée 
    S'éloignant sans pardon 
    A choisi d'ignorer 
    Mes lamentations

     

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  • Si c'était elle

    Si c'était elle...........

    Qui pousse la porte de ma maison
    Qui monte lentement l’escalier
    Qui tousse un peu pour prévenir
    De sa présence inattendue ?

    Si c’était elle 
    Qui perce mon cœur de ses yeux bleus
    Dont la bouche modèle les mots
    Pour en faire les wagons d’un voyage
    Et dont le rire me chatouille et m’entraîne avec lui

    Ce n’est pas elle et je me penche
    À ma fenêtre sur la rue 
    Espérant que cette silhouette ondoyante sur le trottoir
    Va habiter la sienne, enfin lever les bras
    Agiter les mains et courir vers moi.

    La cigarette me brûle les doigt la brise en disperse la cendre
    Je rêve à un breuvage qui ferait oublier
    Son absence lamentable. 
    Mon existence est vide, mon lit est un cachot,
    Le futur un espace habité par des monstres.

    Sa main se glissait dans la mienne
    Son pas suivait un rythme dont le mien en donnait la cadence
    Nos yeux suivaient ensemble l’écume du rivage
    Le vent ébouriffait ses boucles dorées
    Nous pensions de concert, jetions au hasard des mots similaires
    Tanguions sur le sable en nous serrant le bras
    C’était hier

    La nuit tombe je referme la fenêtre
    J’ai mal à tout mon être
    Je saisi le cahier des rêves et des voyages
    En effeuille les pages
    Ici c’est Mykonos
    La c’est la couche d’Éros

    La première feuille blanche 
    Attire mon crayon
    Pour créer quoi mon dieu
    Je suis sec au secours
    Ma poésie dé(rime)
    Les images se déchirent
    Les sens dérivent
    Tout se mélange
    Au secours ma bouteille 
    Mon revolver mon fusil
    Ma corde de pendu
    Mon poison ma piqûre
    Laissez-moi respirer
    Ma poudre à aspirer 

    Elle ne reviendra plus

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  • lettre d'un chien a son maître

    lettre d'un chien a son maître...............

    De derrière mes barreaux je t'envoie mon mal-être
    Le cri de ton chien que tu entendras peut-être 
    Bien sûr c'est pas banal on ne choisit pas son sort
    Allez un dernier aboiement dans une heure je serai mort
    J'aurais voulu que tu m'aimes on avait tant à partager
    Jouer avec toi faire du sport où bien se balader
    Croquer dans la vie la prendre comme un cadeau
    Hélas j'étais tout simplement pour toi qu'un sale cabot
    Bien sur c'est ma faute bien sûr j'aurais pas dû
    Sur ton parquet ciré y pisser dessus
    Bien sûr j'aurais pas dû hurler comme un loup
    Peut-être que j'avais peur ou bien un peu jaloux
    Il fallait pas trop en demander parfois des caresses
    Surtout tu ne bouges pas de là ou bien gare à tes fesses
    Mon regard était admiratif j'étais ton compagnon
    Comme tout bon élève je retenais bien la leçon 
    Comment as-tu pu me balancer lâchement par la portière
    Un instant j'ai cru que ce n'était qu'un nouveau jeu
    J'ai attendu impatiemment ton retour ta marche arrière 
    Dans ma tête résonne encore le crissement de tes pneus
    Mon museau blanchit je suis un vieux chien
    J'ai vu dans leurs yeux il est âgé allez viens
    Pourtant j'ai bien bougé la queue dans l'espoir de leur plaire
    J'attends sereinement le verdict cette main salutaire
    Le soleil lentement a envahi ma cage
    Je guette tristement à travers le grillage
    Je sais que tu ne viendras pas toi mon unique espoir
    Dans le coin de ma cellule je retourne m'asseoir
    J'entends des bruits de pas dans le couloir en face
    La porte de ma cage s'entrouvre doucement
    Elle approche sa main me parle à voix basse
    Pénètre l'aiguille dans mon corps d'un regard triste apaisant
    Je sens s'écouler dans ma veine le liquide froid qui endort
    Il engourdit mes membres ma tête et puis le reste de mon corps
    Une rose vient d'éclore peut-être au paradis
    Allez sécher vos larmes je ne suis qu'un chien que l'on euthanasie
    Tu pourras à loisir te bronzer sur les plages 
    Prendre des vacances enfin tourner la page
    Bien sûr je ne t'en veux pas puisque je t'aime encore 
    Au-delà de mon amour je t'offre ma mort

    Signé ton chien

     

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