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  • NOTRE DAME
     

     

    Cette nuit mon cœur a brûlé avec Notre Dame je sentais l’inflammation gigantesque s’attaquer à la charpente et fondre la couverture tandis que les maçonneries surchauffées luttaient pour tenir debout malgré tout avec l’aide de la Seine qui donnait largement son eau à ces hommes affrontés au désastre et quand la flèche s’est effondrée seules mes larmes parlaient encore et ce matin il ne reste que l’envie et la force de restaurer et reconstruire tout ce qui a été perdu jusqu’au moment où l’orgue pourra résonner à nouveau sous les voûtes de la belle Cathédrale
     
     
     (Malices)
    16/04/2019

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  • Notre-Dame de Paris.

     

    «Tous les yeux s’étaient levés vers le haut de l’église. 

    Ce qu’ils voyaient était extraordinaire. 

    Sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale,

    il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons d’étincelles,

    une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments un lambeau dans la fumée. 

    Au-dessous de cette flamme, au-dessous de la sombre balustrade à trèfles de braise, 

    deux gouttières en gueules de monstres vomissaient sans relâche 

    cette pluie ardente qui détachait son ruissellement argenté sur les ténèbres de la façade inférieure»,

     

    VICTOR HUGO

    1831

     

    L’écrivain, qui joua un rôle essentiel dans la rénovation de la cathédrale au 19e siècle,

    a écrit un passage aux allures de prémonitions dans son roman de 1831, Notre-Dame de Paris.

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  • L'invisible présence

     
     

    Le temps furtif vient, tourne et rôde

    Invisible autour de nos vies

    Et l'on entend glisser sa robe

    Sur le sable et sur les orties.

     

    Il nous signale sa présence

    Minutieuse et souveraine

    Par un taret dans la crédence,

    Par une moire en la fontaine,

     

    Un craquement, une fêlure.

    Rouille qui mord, bloc qui s'effrite,

    Doigt qui laisse à la place mûre

    L'empreinte où le fruit pourrit vite;

     

    Il ne lui faut pour qu'on l'entende

    Passer au fond de nos pensées

    Ni la pendule où se distendent

    Les aiguilles désenlacées,

     

    Ni l'inflexible voix de bronze

    Du campanile ou des horloges,

    Ni l'heure qui sonne dans l'ombre,

    Ni l'angélus qui sonne à l'aube;

     

    Jamais il n'est plus dans nos vies

    Qu'imperceptible et taciturne,

    Quand il effeuille en l'eau pâlie

    Les pétales du clair de lune.

     

     

    Henri de Régnier

    Poète français (1864-1936)

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  • Le Loup et le Renard

    D'où vient que personne en la vie
    N'est satisfait de son état ?
    Tel voudrait bien être Soldat
    A qui le Soldat porte envie.
    Certain Renard voulut, dit-on,
    Se faire Loup. Hé ! qui peut dire
    Que pour le métier de Mouton
    Jamais aucun Loup ne soupire ?
    Ce qui m'étonne est qu'à huit ans
    Un Prince en Fable ait mis la chose,
    Pendant que sous mes cheveux blancs
    Je fabrique à force de temps
    Des Vers moins sensés que sa Prose.
    Les traits dans sa Fable semés
    Ne sont en l'ouvrage du poète
    Ni tous, ni si bien exprimés.
    Sa louange en est plus complète.
    De la chanter sur la Musette,
    C'est mon talent ; mais je m'attends
    Que mon Héros, dans peu de temps,
    Me fera prendre la trompette.
    Je ne suis pas un grand Prophète ;
    Cependant je lis dans les Cieux
    Que bientôt ses faits glorieux
    Demanderont plusieurs Homères ;
    Et ce temps-ci n'en produit guères.
    Laissant à part tous ces mystères,
    Essayons de conter la Fable avec succès.
    Le Renard dit au Loup : Notre cher, pour tous mets
    J'ai souvent un vieux Coq, ou de maigres Poulets ;
    C'est une viande qui me lasse.
    Tu fais meilleure chère avec moins de hasard.
    J'approche des maisons, tu te tiens à l'écart.
    Apprends-moi ton métier, Camarade, de grâce ;
    Rends-moi le premier de ma race
    Qui fournisse son croc de quelque Mouton gras :
    Tu ne me mettras point au nombre des ingrats.
    - Je le veux, dit le Loup ; il m'est mort un mien frère :
    Allons prendre sa peau, tu t'en revêtiras.
    Il vint, et le Loup dit : Voici comme il faut faire
    Si tu veux écarter les Mâtins du troupeau.
    Le Renard, ayant mis la peau,
    Répétait les leçons que lui donnait son maître.
    D'abord il s'y prit mal, puis un peu mieux, puis bien ;
    Puis enfin il n'y manqua rien.
    A peine il fut instruit autant qu'il pouvait l'être,
    Qu'un Troupeau s'approcha. Le nouveau Loup y court
    Et répand la terreur dans les lieux d'alentour.
    Tel, vêtu des armes d'Achille,
    Patrocle mit l'alarme au Camp et dans la Ville :
    Mères, Brus et Vieillards au Temple couraient tous.
    L'ost au Peuple bêlant crut voir cinquante Loups.
    Chien, Berger, et Troupeau, tout fuit vers le Village,
    Et laisse seulement une Brebis pour gage.
    Le larron s'en saisit. A quelque pas de là
    Il entendit chanter un Coq du voisinage.
    Le Disciple aussitôt droit au Coq s'en alla,
    Jetant bas sa robe de classe,
    Oubliant les Brebis, les leçons, le Régent,
    Et courant d'un pas diligent.
    Que sert-il qu'on se contrefasse ?
    Prétendre ainsi changer est une illusion :
    L'on reprend sa première trace
    A la première occasion.
    De votre esprit, que nul autre n'égale,
    Prince, ma Muse tient tout entier ce projet :
    Vous m'avez donné le sujet,
    Le dialogue, et la morale.
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  • Danger d'aller dans les bois

    Ne te figure pas, ma belle,
    Que les bois soient pleins d'innocents.
    La feuille s'émeut comme l'aile
    Dans les noirs taillis frémissants ;

    L'innocence que tu supposes
    Aux chers petits oiseaux bénis
    N'empêche pas les douces choses 
    Que Dieu veut et que font les nids.

    Les imiter serait mon rêve ; 
    Je baise en songe ton bras blanc ; 
    Commence ! dit l'Aurore. - Achève !
    Dit l'étoile. Et je suis tremblant.

    Toutes les mauvaises pensées, 
    Les oiseaux les ont, je les ai,
    Et par les forêts insensées 
    Notre coeur n'est point apaisé. 

    Quand je dis mauvaises pensées
    Tu souris... - L'ombre est pleine d'yeux, 
    Vois, les fleurs semblent caressées 
    Par quelqu'un dans les bois joyeux. -

    Viens ! l'heure passe. Aimons-nous vite !
    Ton coeur, à qui l'amour fait peur, 
    Ne sait s'il cherche ou s'il évite 
    Ce démon dupe, ange trompeur.

    En attendant, viens au bois sombre.
    Soit. N'accorde aucune faveur. 
    Derrière toi, marchant dans l'ombre, 
    Le poëte sera rêveur ;

    Et le faune, qui se dérobe, 
    Regardera du fond des eaux 
    Quand tu relèveras ta robe 
    Pour enjamber les clairs ruisseaux.
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  • L'âme de la ville

    Les toits semblent perdus
    Et les clochers et les pignons fondus,
    Dans ces matins fuligineux et rouges,
    Où, feu à feu, des signaux bougent.

    Une courbe de viaduc énorme
    Longe les quais mornes et uniformes ;
    Un train s'ébranle immense et las.

    Là-bas,
    Un steamer rauque avec un bruit de corne.

    Et par les quais uniformes et mornes,
    Et par les ponts et par les rues,
    Se bousculent, en leurs cohues,
    Sur des écrans de brumes crues,
    Des ombres et des ombres.

    Un air de soufre et de naphte s'exhale ;
    Un soleil trouble et monstrueux s'étale ;
    L'esprit soudainement s'effare
    Vers l'impossible et le bizarre ;
    Crime ou vertu, voit-il encor
    Ce qui se meut en ces décors,
    Où, devant lui, sur les places, s'exalte
    Ailes grandes, dans le brouillard
    Un aigle noir avec un étendard,
    Entre ses serres de basalte.

    O les siècles et les siècles sur cette ville,
    Grande de son passé
    Sans cesse ardent - et traversé,
    Comme à cette heure, de fantômes !
    O les siècles et les siècles sur elle,
    Avec leur vie immense et criminelle
    Battant - depuis quels temps ? -
    Chaque demeure et chaque pierre
    De désirs fous ou de colères carnassières !

    Quelques huttes d'abord et quelques prêtres :
    L'asile à tous, l'église et ses fenêtres
    Laissant filtrer la lumière du dogme sûr
    Et sa naïveté vers les cerveaux obscurs.
    Donjons dentés, palais massifs, cloîtres barbares ;
    Croix des papes dont le monde s'effare ;
    Moines, abbés, barons, serfs et vilains ;
    Mitres d'orfroi, casques d'argent, vestes de lin ;
    Luttes d'instincts, loin des luttes de l'âme
    Entre voisins, pour l'orgueil vain d'une oriflamme ;
    Haines de sceptre à sceptre et monarques faillis
    Sur leur fausse monnaie ouvrant leurs fleurs de lys,
    Taillant le bloc de leur justice à coups de glaive
    Et la dressant et l'imposant, grossière et brève.

    Puis, l'ébauche, lente à naître, de la cité :
    Forces qu'on veut dans le droit seul planter ;
    Ongles du peuple et mâchoires de rois ;
    Mufles crispés dans l'ombre et souterrains abois
    Vers on ne sait quel idéal au fond des nues ;
    Tocsins brassant, le soir, des rages inconnues ;
    Flambeaux de délivrance et de salut, debout
    Dans l'atmosphère énorme où la révolte bout ;
    Livres dont les pages, soudain intelligibles,
    Brûlent de vérité, comme jadis les Bibles ;
    Hommes divins et clairs, tels des monuments d'or
    D'où les événements sortent armés et forts ;
    Vouloirs nets et nouveaux, consciences nouvelles
    Et l'espoir fou, dans toutes les cervelles,
    Malgré les échafauds, malgré les incendies
    Et les têtes en sang au bout des poings brandies.

    Elle a mille ans la ville,
    La ville âpre et profonde ;
    Et sans cesse, malgré l'assaut des jours
    Et des peuples minant son orgueil lourd,
    Elle résiste à l'usure du monde.
    Quel océan, ses coeurs ! quel orage, ses nerfs !
    Quels noeuds de volontés serrés en son mystère !
    Victorieuse, elle absorbe la terre,
    Vaincue, elle est l'attrait de l'univers ;
    Toujours, en son triomphe ou ses défaites,
    Elle apparaît géante, et son cri sonne et son nom luit,
    Et la clarté que font ses feux d'or dans la nuit
    Rayonne au loin, jusqu'aux planètes!

    O les siècles et les siècles sur elle !

    Son âme, en ces matins hagards,
    Circule en chaque atome
    De vapeur lourde et de voiles épars,
    Son âme énorme et vague, ainsi que ses grands dômes
    Qui s'estompent dans le brouillard.
    Son âme errante en chacune des ombres
    Qui traversent ses quartiers sombres,
    Avec une ardeur neuve au bout de leur pensée,
    Son âme formidable et convulsée,
    Son âme, où le passé ébauche
    Avec le présent net l'avenir encor gauche.

    O ce monde de fièvre et d'inlassable essor
    Rué, à poumons lourds et haletants,
    Vers on ne sait quels buts inquiétants ?
    Monde promis pourtant à des lois d'or,
    A des lois claires, qu'il ignore encor
    Mais qu'il faut, un jour, qu'on exhume,
    Une à une, du fond des brumes.
    Monde aujourd'hui têtu, tragique et blême
    Qui met sa vie et son âme dans l'effort même
    Qu'il projette, le jour, la nuit,
    A chaque heure, vers l'infini.

    O les siècles et les siècles sur cette ville !

    Le rêve ancien est mort et le nouveau se forge.
    Il est fumant dans la pensée et la sueur
    Des bras fiers de travail, des fronts fiers de lueurs,
    Et la ville l'entend monter du fond des gorges
    De ceux qui le portent en eux
    Et le veulent crier et sangloter aux cieux.

    Et de partout on vient vers elle,
    Les uns des bourgs et les autres des champs,
    Depuis toujours, du fond des loins ;
    Et les routes éternelles sont les témoins
    De ces marches, à travers temps,
    Qui se rythment comme le sang
    Et s'avivent, continuelles.

    Le rêve! il est plus haut que les fumées
    Qu'elle renvoie envenimées
    Autour d'elle, vers l'horizon ;
    Même dans la peur ou dans l'ennui,
    Il est là-bas, qui domine, les nuits,
    Pareil à ces buissons
    D'étoiles d'or et de couronnes noires,
    Qui s'allument, le soir, évocatoires.

    Et qu'importent les maux et les heures démentes,
    Et les cuves de vice où la cité fermente,
    Si quelque jour, du fond des brouillards et des voiles,
    Surgit un nouveau Christ, en lumière sculpté,
    Qui soulève vers lui l'humanité
    Et la baptise au feu de nouvelles étoiles.
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  • De la cime des monts les fiers torrents se roulent

    De la cime des monts les fiers torrents se roulent 
    Quand les neiges font place aux trésors du printemps, 
    Des fontainières eaux s'engorgent les étangs 
    Et leurs calmes ruisseaux par les plaines découlent.

    Les troupeaux amoureux les fleurs à bonds refoulent, 
    Les pasteurs font leur bal heureusement contents, 
    Les glacés Aquilons s'enserrent pour un temps, 
    Et de l'humeur d'en bas les Pléiades se saoulent.

    De mes yeux languissants découlent deux torrents, 
    Ma plaie fait de sang un étang par dedans 
    Qui regorgeant se crève et s'épand dans mes veines,

    Les Amours animés foulent mes jeunes ans, 
    Mes soupirs cessent bien, mais ces astres ardents 
    Sans fin tirent mon âme et influent mes peines.
     
    Clovis Hesteau de NUYSEMENT 1550-1560 à Blois, ~1623-24
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  • Bergerie

    À Georges Auric

    Marronniers, ainsi que l'yeuse 
    Quels arbres, ombrelles rieuses, 
    Ne se déploieraient pour fêter 
    Le retour du prodigue été !

    L'un nous ogre un feu d'artifice 
    De plumes et de fleurs : orgie 
    Digne de Noël, tes bougies 
    Roses, d'autres fêtes complices,

    L'encombrant cadeau, marronnier, 
    Pour ne point des neuves bergères 
    Troubler la candeur bocagère 
    Tu le voudrais plutôt nier.

    Mais minuit allume la fête 
    D'où seront exclus les parents. 
    Un rideau de cheveux, fillette, 
    Fait mon désir moins apparent.

    Dissimule-toi, feu des joues, 
    Sous la coiffure que dénoue 
    D'un pâtre la timide main 
    Feuille encor tremblante demain

    Dans tes veines, bergère, un sang 
    Coule, mauve, avec nonchalance, 
    Celle des ruisseaux innocents 
    Chez qui le désir ne s'élance 
    Que lorsqu'on le leur a permis.

    Tandis qu'à ton front se pâmaient 
    Plusieurs roses, une parmi 
    Ses soeurs, proche de ton oreille, 
    Murmure : C'est le mois de Mai, 
    Qui par sa bouche te conseille :

    " Comme l'eau se prête à la rive 
    Donne ta douce peau craintive 
    Que quelque rayon indiscret 
    De lune, affirme tes ébats "

    Parce que corne d'abondance 
    Aujourd'hui semble son croissant 
    La lune à qui ne suffit pas 
    De souligner baisers et danses, 
    Nous verse les plus beaux présents :

    Sous des joyaux, sous des dentelles 
    Ensevelissant la pelouse 
    Qui frissonne, esclave jalouse.

    Aurore ! l'herbe défrisée 
    Muette atteste que la belle 
    Usa de tout pour apaiser 
    La nuit dont la pâle défaite 
    Est soeur des lendemains de fête.
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