• Navigation de plaisance

    Navigation de plaisance..............

    Faut-il le dire encor la galère navigue
    Remise à flot sans cesse, armée comme un corsaire,
    Emmène ses forçats accrochés à la bigue
    Dans son vaste périple autour de la misère
    Partir, ce rêve sombre, fol espoir de tout homme,
    Avec cette lumière au fond de l’horizon
    N'est-ce pas se jeter le cœur sur un pilum
    Avoir l'espoir trompeur qu'offre un dernier poison ?
    Sauver sa peau que le fer rouge a tatouée
    Survivre pour vivre au bout de sa lourde chaîne
    Avancer au tambour, espérer au fouet, 
    Cesser un beau jour, libre à la rive prochaine...

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  • Pantin

    Pantin...............

    Je ne suis qu’un pantin dont le bois est à sec,
    Un jouet de fortune oublié sur la route,
    Et les adolescents qui grandirent avec
    Ont à jamais quitté le champ de mon écoute.

    Mon habit est un faux : un uniforme ouzbek
    Que la pluie indiscrète efface goutte à goutte,
    Et mon nez, quoique fin et de modèle grec,
    N’est, hélas, pas de ceux qu’une senteur envoûte. 

    Convaincu que ma vie est vouée à l’échec,
    Je n’oppose aucun acte au corbeau de la joute
    Et perds de la sciure à chaque coup de bec.

    Je ne suis, désormais, plus qu’un squelette en teck
    Et demande sans voix que l’artisan m’ajoute
    Une chair érotique et ce qui bat avec.

     

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  • Le site de rencontre

    Le site de rencontre

    Tel un estivant
    Qui d’un doigt machinal
    Fait tourner le portant
    De cartes postales
    En quête d’un ciel bleu
    Un peu moins banal
    D’un clic paresseux
    Je fais défiler les visages
    Aux regards vainement voluptueux
    Tous paraissent comme pris en otage
    Par un idéal vénéneux
    D’implorants désirs de partage
    Semblent scintiller dans leurs yeux
    Dans un affriolant langage
    Les corps prennent des poses aguicheuses
    Brouillant brusquement le message
    De celles qui s’aimeraient amoureuse
    J’erre donc ainsi de page en page
    Dans un climat de fièvre acheteuse
    Pendant que sur les étalages
    Viennent et vont des mains baladeuses
    Et tandis qu’en moi se propage
    Une avidité nauséeuse.

     

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  • Éclipse

    Éclipse...........

    La lune descend ce soir 
    Presque jusqu'aux flaques d'eau
    Où surnagent nos courtes vies 

    À demi effacée 
    Rouge sang 
    Muette face à tes questions 

    Elle seule sait 
    Que je n'ai pas fini de t'aimer

     

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  • Kaléidoscope

    Kaléidoscope

    Sur le bord de la route 
    Un lampadaire tousse dans la nuit noire
    Laissant la route clignoter son chemin

    Sur le fil d'une branche
    Une rangée de pigeons somnole
    La tête enfoncée dans leur giron

    Une limace s'arrête sur le bord de la route mal éclairée
    Se demandant si elle aura le temps de traverser
    Avant le passage du train de 6h45

    Le ciel commence à éternuer timidement
    Pour en tirer ses cartouches d'éclair à travers les nuages

    Une feuille s'est détachée de la paupière de son bourgeon
    Signant sa glisse au pied de son créateur

    Une garrigue calcinée par le soleil du midi
    Désertée par les promeneurs, panse la sécheresse de son cœur

    Une grotte aux eaux émeraude cachée par les rochers
    S'ouvre dans un écrin de verdure – paysages bucoliques

    Sur cette page, le poète s'efforce de saisir l'instant présent
    Les mots saisis dans la tranchée de l'inspiration 
    Sont gribouillés à l'encre sympathique

     

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  • L’homme qui parle de sa mère

    L’homme qui parle de sa mère....................

    L’homme qui parle de sa mère
    Avec la voix que vous aviez
    Avec des yeux lourds de la terre
    Qui pèse à son corps emmuré

    Avec des mains qui tremblent trop
    Avouant la peine encore entière
    Avec le nœud de ses sanglots
    Et qui serre au cou, serre, serre

    L’homme qui garde en sa mémoire
    L’heure atroce où se tait l’écho
    Du seul amour qu’il ait pu croire

    Cet homme-là est bien trop beau
    Qui parle ainsi de sa mère
    Pour n’être qu’un peu de poussière...

     

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  • Une envie folle

    Une envie folle............

    J’ai comme une envie folle
    De retourner à l’école
    Ce matin.
    De retrouver mes idoles,
    Mystère et boule de gomme,
    Sur mon chemin.

    J’ai comme une envie folle,
    De prendre mon envol,
    D’aller plus loin.
    Même si je dégringole,
    Que j’en rigole,
    C’est déjà bien.

    Bien-sûr, j’ai vieilli.
    Cheveux blancs, cheveux gris.
    Longs jours de pluie,
    Au bout de ma nuit.

    Mais ce n’est pas fini.
    Je tombe au ralenti.
    To be or not to be.
    Je sais qui je suis.
    J’ai comme une envie folle
    De jouer du rock and roll,
    Sans les mains.
    De prendre le premier vol,
    D’être Lewis Carrol,
    L’histoire sans fin.

    J’ai comme une envie folle
    De retourner à l’école
    Ce matin.
    Les doigts pleins de colle,
    Du rouge sur mon col.
    Des souvenirs pour demain.

     

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  • Quel est donc le message ?

    Quel est donc le message ?

    Ta dernière photo
    Sourire énigmatique
    Et tu sembles nous dire
    Regardez j’ai vécu,
    Combien de fois tombée,
    Je me suis relevée,
    Petite fille de rien
    Seul l’amour m’a guidée.

    Enfance laborieuse
    Indigence cruelle
    Quand chaque rare pièce 
    Ne sert qu’à l’essentiel,
    Qu’on cache la misère
    Sur le tissu râpé,
    D’une maigre dentelle.

    Élégance des pauvres
    Qui pleurent en silence
    Et qui serrent les dents.
    Pour les « venus d’ailleurs »,
    Les sourires méprisants
    Et les regards distants
    Sont chemins de noblesse.

    Pour faire ton portrait
    Les plus subtiles touches,
    Les saveurs les plus rares
    Ultimes gourmandises,
    Les parfums exotiques
    Pour garder sur mes joues
    L’odeur de tes baisers.

    Il m’est si difficile 
    D’encor tracer des mots
    Des mots qui t’étonnaient, 
    Que tu ne liras plus.
    Je continue pourtant,
    Sur les dernières vagues
    J’apprendrai le silence
    Et le manque de toi.

    Était-ce ton message ?
    Car aujourd’hui vois-tu
    Ma petite Maman,
    J’ai un trou dans le cœur.
    Chaque jour j’y mettrai
    Les larmes du bonheur
    De t’avoir rencontrée.

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  • Ce fut par un soir de l'automne

    Ce fut par un soir de l'automne
    A sa dernière fleur
    Que l'on nous prit pour Mgr
    L'Evêque de Bayonne,

    Sur la route de Jurançon.
    J'étais en poste, avecque
    Faustine, et l'émoi d'être évêque
    Lui sécha sa chanson.

    Cependant cloches, patenôtres,
    Volaient autour de nous.
    Tout un peuple était à genoux :
    Nous mêlions les nôtres,

    Ô Vénus, et ton char doré,
    Glissant parmi la nue,
    Nous annonçait la bienvenue
    Chez Monsieur Lesquerré.
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