• La prière au Printemps

    La prière au Printemps...............par Vette de Fonclare 2019

    J’aimerais tellement qu’en ce presque printemps
    Tous les gens soient heureux ; que pour un temps le temps
    Ralentisse sa course effroyable, ou qu’il cesse,
    Un peu plus adouci, d’accroître la détresse

    De ceux qui sont au bout d’un bien trop court destin ;
    Qu’il les aide à jouir de tous ces frais matins
    Où le soleil repeint de ses doigts d’or les roses,
    Quand il sait embraser en tous lieux toute chose,

    Aussi frais et pimpant qu’un jeune damoiseau ;
    Rien n’y est plus charmant qu’entendre les oiseaux,
    Revigorés de neuf par la saison nouvelle,
    Siffloter au matin leur jolie ritournelle

    Quand les fleurs rénovées  entonnent leur doux chant
    Vibrant et coloré ; quand les bois et les champs
    Se pointillent de vert dans la blanche lumière
    Effaçant sous ses rais tout un monde de pierre :

    Et puis je voudrais tant, je voudrais tellement
    Que le temps ne sépare jamais les amants !
    Qu’il n’y en ait point trop que le printemps oublie
    Dans leur triste parcours que la mélancolie

    Peint en noir et en gris tant ils se sentent seuls ;
    Que le soleil tout neuf embrase le linceul
    Où ils sont enfermés d’un geyser d’étincelles
    Pétillant de bonheur, fusant en ribambelles…

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  • Il ne pleut pas

    Il ne pleut pas…............. par Vette de Fonclare 2019

    Il ne pleut pas, il pleure ! Et Marseille est bien triste
    Sous son bonnet mouillé de nuées poivre et sel.
    Il bruine sur la mer qu’un sombre coloriste
    A peint couleur de l’eau qui s’égoutte du ciel.

    La grand’ville du Sud n’est pas habituée
    A ce rideau brumeux qui voile l’horizon ;
    Car prête à tout pour lui, c’est en prostituée
    Qu’elle aime son soleil jusqu’à la déraison

    Tant il semble sensible à sa rude misère.
    La pluie la défigure en faisant ressortir
    La hideur de ses murs, que des tags éphémères
    Tentent de décorer ! Mais lui sait revêtir

    Ses vieux quartiers pouilleux d’une blanche lumière
    Dissimulant ses plaies… Maintenant ils sont gris,
    Et même le Vieux Port a un aspect austère
    Sous ce crachin fangeux et mou qui contrarie

    Les touristes venus visiter la Provence.
    Il y pleut sans arrêt depuis un mois entier,
    Et tous les Marseillais maudissent la malchance
    Qui a fait de leur ville un immense bourbier.

    Il faut bien concéder que l’automne galège,
    Se prenant tout à coup pour un quasi-hiver.
    Mais soudain tout se tait : il ne pleut plus, il neige !
    Marseille a-t-il donc fait incursion en enfer ?

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  • La malice des choses

    La malice des choses.........par Vette de Fonclare 2019

    Les objets depuis peu me jouent pas mal de tours
    En se carapatant : il n’y a pas un jour
    Sans que l’un d’eux, le con* ! cherchant à me narguer,
    Ne décide soudain de s’enfuir et fuguer

    Dans un coin incongru ! Exprès pour m’humilier…
    Ou perdrais-je l’esprit, soudain folle à lier,
    En ne retrouvant plus portable ni lunettes ?
    Pourquoi veulent-ils donc m’embarbouiller la tête ?

    Je les dépose ici, je les retrouve là.
    Comme clés et papiers… Pour y mettre un holà,
    Je dois faire attention ; devenir intraitable
    Envers leur perfidie ; les poser sur la table,

    En mémorisant bien à quel endroit ils sont.
    Mais dès que je m’en vais, ces fichus polissons
    Décelant mon départ plient aussitôt bagage.
    A moins que ce ne soit Vette qui… déménage !

    * Si vous êtes un peu puritain, je ne vous empêche pas de changer ce joli mot, bien dru, bien franc du collier, par un autre plus édulcoré : « l’idiot » par exemple ? Hum, j’aime mieux le mien…

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  • Pourquoi le temps

    Pourquoi le temps…  par Vette de Fonclare  2019

    Quand elle fond, où va la neige ?
    Où vont les mots quand ils sont dits ?
    Le temps qui passe et qui allège
    Toute peine, où s’est-il enfui ?

    Et pourquoi donc toute minute
    Est-elle passé ou futur ?
    Pas de présent, ce temps obscur
    Qui finit alors que débute

    Un autre instant déjà fini !
    Pourquoi ce temps insaisissable
    Rend-il les choses périssables
    Bien qu’il soit lui-même infini ?

    Pourquoi es-tu si important
    Alors que tu n’es que poussière ?
    Une parcelle de lumière,
    Mais un rien du tout pour le Temps !

    La vie qui fond, où s’en va-t-elle ?
    Où sont donc tous ces jours passés ?
    Tous ces souvenirs ressassés
    Et qui s’enfuient à tire d’aile ?

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  • Le hautbois

    Le hautbois.............Patie souffle tout doucement dans son hautbois La longue mélodie emplit tous les esprits Sa beauté simple et douce met le monde en émoi. Toute gorgée de joie, la terre s’attend

    Patie souffle tout doucement dans son hautbois
    La longue mélodie emplit tous les esprits
    Sa beauté simple et douce met le monde en émoi.
    Toute gorgée de joie, la terre s’attendrit
    La cascade se tait, elle suspend sa chute
    Les oiseaux des arbustes, voulant aider, chahutent
    Le ciel couvre l’enfant de son arc coloré
    Et les grands sapins mugissent dans la forêt.

    Quand Patie souffle doucement dans son hautbois
    La nature de lourde gravité s’empreint
    Le crépuscule accourt, la montagne s’éteint
    Mais le vent vespéral saisit les notes pures
    Malaxe, cuisine, avale à toute allure
    Il cueille les phrases précieuses qu'il absorbe.

     

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  • Quatre secondes d'infini

    Quatre secondes d'infini..............

    « Un baiser met en action 29 muscles
    Augmente l'activité de la thyroïde
    Fait perdre jusqu'a 12 calories
    On y échange environ 0,7mg d'albumine
    Et 0,45g de sel
    Les battements du cœur passant en moyenne de 45 à 150, l'on perd aussi approximativement 4 secondes de vie » 

    Il y en eut un d'abord qui a pris la tangente
    Un soir de nouvel an aux accents de primeurs
    Ont suivi quelques mornes rencontres gênantes
    Avec l'inconnu qui le resterait d'ailleurs

    Il y eut le vrai premier, maladroit, de travers,
    Au petit cinéma au bas de mon quartier
    Puis des mois d'envolée, lyrique adolescence
    Ou un seul grain de sable apparaît un rocher

    Il y en eut un magique contre deux yeux noisette
    Qui m'ont alors suivie jusque dans ma chambrée
    Le charme qui dura toute la nuit (mazette !)
    Au tout petit matin s'était éparpillé

    Il y eut celui qui, échangé à la fin
    D'une manifestation au détour d'un café
    Dura plusieurs années de folles insouciances
    Emplies d'apprentissages et de germes d'idées

    Un autre aussi tissé de tension électrique
    Suivis de jeux légers tout aussi survoltés
    Qui malgré une passion cotée électronique
    Tout en restant chez moi me fit loin voyager

    Celui qui n'eût pas lieu mais me tourna la tête
    Je n'avais vu venir cette belle éphémère
    Étant habituée aux boucs bien plus qu'aux couettes
    Je restais interdite et ne sut que me taire

    Et il y en eut d'autres jusqu'à la nuit sans fin
    Celle même ou nous fîmes subtilement connaissance
    Subsistait la distance entre nos lèvres closes
    Et échanger deux mots me laissait toute chose

    Nous parlions au long cours jusqu'au soleil levant
    Ton front contre mon front, ta main contre la mienne
    Et tout disparaissait, jusqu'à ce que partant
    Je pu poser ma bouche tout près de la tienne...

    Sur l'avenir qui vient qui peut donc parier ?
    Contentons nous d'avoir précieusement remisé
    Au coin de nos mémoires ensemble accordées
    Le souvenir fugace de ce premier baiser

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  • De l’amour plus qu’il n’en « faux »

    De l’amour plus qu’il n’en « faux ».............

    Je sais qu’elle m’aimait beaucoup,
    Mais ne sachant pas aimer,
    Elle me faisait des cadeaux,
    J’en étais parfois gêné.
    Elle en faisait beaucoup trop, 
    Moi j’attendais juste un mot.

    Je sais qu’elle m’aimait beaucoup
    Et si parfois j’en doutais,
    C’est que parfois, ça sonnait faux
    Quand le soir elle s’endormait.
    Le jour, je devais faire le beau,
    Mais la nuit, j’étais de trop.

    Je sais qu’elle m’aimait beaucoup,
    C’est du moins ce qu’elle disait.
    En réponse à ses cadeaux,
    Moi, je n’avais que mes baisers
    Et la chaleur de mes mots.
    Fallait-il que je sois sot !

    Elle disait m’aimer beaucoup,
    C’est du moins ce qu’elle croyait
    Et je l’ai crue comme un idiot,
    Car bien sûr, moi je l’aimais.
    Alors si je ne trouve plus les mots,
    C’est parce que je souffre trop.

    Lui rendre jusqu’au dernier sou,
    Ce qu’elle ne m’a pas donné,
    Sera mon plus beau cadeau.
    Alors, un jour je lui dirai
    Avec la force de mes mots
    Que je l’aimais comme un idiot.

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  • Quand j'entrai dans le cinéma

    Quand j'entrai dans le cinéma............

    Quand j’entrai dans le cinéma
    La salle était, était bien vide
    Il n’y avait que quelques rides
    Et un seul couple qui s’aimât
    Quand j’entrai dans le cinéma

    Et le film bientôt commença
    L’écran était, était géant
    Et les sièges étaient béants
    Un seul couple qui s’enlaçât
    Et le film bientôt commença

    C’était un grand film d’aventure
    L’histoire était, était revue
    La pellicule était menue
    Le genre est une devanture
    C’était un grand film d’aventure

    Des grands acteurs américains
    Tous passaient, passaient leur journée
    À préparer une tournée
    Chez leurs voisins les mexicains
    Des grands acteurs américains

    L’actrice était toute sublime
    Elle portait, portait sa joie
    Comme on porte une bague au doigt
    On ne peut rien mettre à la rime
    L’actrice était toute sublime

    Le film était sans intérêt
    On y faisait, faisait des crimes
    Rien que des crimes pour des primes
    Les mêmes choses sans arrêts
    Le film était sans intérêt

    Alors j’ai regardé ailleurs
    Tout était, était ennuyé
    Pour consoler mon vieux billet
    Je me suis assis en tailleur
    Et puis j’ai regardé ailleurs

    Ma voisine était très jolie
    Elle aussi, aussi soupirait
    Elle me vit je souriais
    Elle sourit, sourit polie
    Ma voisine était très jolie

    Enfin il y eut le baiser
    La scène fut, fut vaniteuse
    Cliché parfait des fins heureuses
    Toute la salle se taisait
    Enfin il y eut le baiser

    On entend souvent la rumeur
    Qui court, qui court qu’au mauvais film
    Est attelée la belle fille
    Qui rime bien avec bonheur
    On entend souvent la rumeur

    Quand je sortis du cinéma
    Il faisait, faisait déjà nuit
    Ma voisine avait déjà fui
    J’étais un point sans son tréma
    Quand je sortis du cinéma

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  • Concerto gramina

    Concerto gramina............

    Campagne meublée 
    De myriades de pousses bigarrées,
    Diaprées, chamarrées. 
    Sous un soleil léger,
    Le tapis de verdure est sublimé 
    Par ses couleurs enracinées.
    Un léger vent balaie 
    Les quelques herbes fourvoyées,
    Un plancher bucolique nettoyé, 
    Et une image pittoresque redorée.
    À chaque printemps statique, 
    C'est la même récurrence féerique.
    La Nature reprend toujours ses droits 
    Dans une nature aux abois,
    Elle est la maîtresse de la terre, 
    Des langoureuses rivières.
    Et des monts verts. 
    La symphonie pastorale 
    Confirme la caractéristique tonale 
    De cet environnement agreste ; 
    Les écureuils, les rats prestes, 
    Le ruissellement des eaux,
    Tout les êtres d'en haut, 
    Sont les pourvoyeurs de ce pur concerto.

     

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