• Toi

    Recueil : "Ballades et réflexions à ma façon"

    Toi............Toi  Esther GRANEK

    Toi c’est un mot

    Toi c’est une voix
    Toi c’est tes yeux et c’est ma joie

    Toi c’est si beau
    Toi c’est pour moi
    Toi c’est bien là et je n’y crois

    Toi c’est soleil
    Toi c’est printemps
    Toi c’est merveille de chaque instant

    Toi c’est présent
    Toi c’est bonheur
    Toi c’est arc-en-ciel dans mon coeur

    Toi c’est distant…
    Toi c’est changeant…
    Toi c’est rêvant et esquivant…

    Toi c’est pensant…
    Toi c’est taisant…
    Toi c’est tristesse qui me prend…

    Toi c’est fini.
    Fini ? Pourquoi ?
    Toi c’est le vide dans mes bras…
    Toi c’est mon soleil qui s’en va…
    Et moi, je reste, pleurant tout bas.

    1978

     

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  • Ballade pour un pitre

    Recueil : "Ballades et réflexions à ma façon"

    Ballade pour un pitre..............Esther GRANEK

    Oyez la triste histoire d’un pitre.
    Pleurez, pleurez en écoutant.
    Une vie durant porta ce titre.
    Puis tout cessa. Soudainement.

    Heureux comme un poisson dans l’eau
    quand il grimaçait sur les planches,
    il avait cent tours dans sa manche.
    On se tordait. Criant : bravo !

    Bienfaiteur de l’humanité
    qu’il distrayait de ses misères,
    il faisait rire à s’étouffer
    mettant en joie des salles entières.

    Pourtant à chaque apparition,
    un trac affreux, puissant, félon,
    le harcelait de ses morsures.
    Ce n’était guère une sinécure.

    Mais il adorait ses angoisses.
    Jamais n’aurait cédé sa place
    et sombrement appréhendait
    de ne plus être qu’un passé.

    Eh bien voilà, c’est arrivé..
    Il est fini son temps de gloire.
    Pleurez, pleurez, vous, l’auditoire !
    Quoi ? Nulle larme ne versez ?

    Ah ! Quelle affreuse ingratitude !
    Rien ne justifie l’attitude
    d’un public qui, sans un regret,
    vers d’autres pitres s’est tourné.

    Pourtant qu’y faire ? Soudainement
    il ennuya, rien ne créant
    et se bornant à rabâcher
    vieux trucs et machins éculés.

    Tout se mettait de la partie
    comme une grande trahison.
    Sa mémoire, ses jointures, son ton.
    Il restait seul , tel un oubli

    Avec les ans qu’il encaissait
    et comme plus rien ne l’attendait,
    parfois il s’offrait des grimaces.
    Pour se distraire. Devant la glace.

    1978

    **************

    J'ai rêvé. J'étais clown, en tenue de marin ;
    Je m'exprimais sur scène avec le plus grand zèle,
    Faisant rire les gens, les aïeuls, les pucelles,
    D'un humour décalé occupant le terrain.

    Assis au premier rang, s'esclaffait mon parrain,
    Accompagné, ce jour, d'une jeune donzelle
    Qui se donnait des airs de rougissante oiselle
    Tout en nous gratifiant d'un sourire serein.

    Le vieillard, comme pris d'une joyeuse ivresse,
    Avait l'air de songer à de douces caresses
    (Entrer dans le détail ? Je ne sais si je dois).

    J'ai rêvé que j'étais un amuseur-poète,
    Composant ce sonnet dans lequel se reflète
    Le clownesque propos d'un rimeur maladroit.

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  • Si L’on Écoute Un Enfant...

    Si L’on Écoute Un Enfant...............

    Il comprend qu’il mérite d’être entendu...

    Si l’on estime le point de vue d’un enfant...

    Il comprend que ce qu’il pense a de la valeur...

    Si l’on croit que l’enfant peut apporter une grande contribution...

    Il cherchera une façon d’aider...

    L’on fournit un environnement chaleureux à un enfant... 

    Il acquiert une bonne estime de soi...

    Si l’on respecte un enfant, il se sent un peu plus grand...

    (Du Net)

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  • Voyons, d'où vient le verbe ? Et d'où viennent les langues ?

    D'où Vient Le Verbe ? Et D'où Viennent Les Langues ?..........Victor Hugo

    De qui tiens-tu les mots dont tu fais tes harangues ?
    Écriture, Alphabet, d'où tout cela vient-il ? 
    Réponds.

    Platon voit l'I sortir de l'air subtil ; 
    Messène emprunte l'M aux boucliers du Mède ;
    La grue offre en volant l'Y à Palamède ; 
    Entre les dents du chien Perse voit grincer l'R ; 
    Le Z à Prométhée apparaît dans l'éclair ; 
    L'O, c'est l'éternité, serpent qui mord sa queue ;

    L'S et l'F et le G sont dans la voûte bleue, 
    Des nuages confus gestes aériens ; 
    Querelle à ce sujet chez les grammairiens :
    Le D, c'est le triangle où Dieu pour Job se lève ; 
    Le T, croix sombre, effare Ézéchiel en rêve ;

     Soit ; crois-tu le problème éclairci maintenant ? 
    Triptolème, a-t-il fait tomber, en moissonnant, 
    Les mots avec les blés au tranchant de sa serpe ? 
    Le grec est-il éclos sur les lèvres d'Euterpe ? 
    L'hébreu vient-il d'Adam ? le celte d'Irmensul ?

    Dispute, si tu veux ! Le certain, c'est que nul 
    Ne connaît le maçon qui posa sur le vide, 
    Dans la direction de l'idéal splendide...

    Les lettres de l'antique alphabet, ces degrés 
    Par où l'esprit humain monte aux sommets sacrés, 
    Ces vingt-cinq marches d'or de l'escalier Pensée.

    Eh bien, juge à présent. Pauvre argile insensée, 
    Homme, ombre, tu n'as point ton explication ; 
    L'homme pour l'oeil humain n'est qu'une vision ;

    Quand tu veux remonter de ta langue à ton âme, 
    Savoir comment ce bruit se lie à cette gamme... 

    Néant. Ton propre fil en toi-même est rompu. 
    En toi, dans ton cerveau, tu n'as pas encor pu 
    Ouvrir ta propre énigme et ta propre fenêtre...

    Tu ne te connais pas, et tu veux le connaître, 
    LUI ! Voyant sans regard, triste magicien,
    Tu ne sais pas ton verbe et veux savoir le sien !

    .Victor Hugo 1802 - 1885

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  • Après l’Homme

    Après l’Homme...........

    Après l’Homme, après l’Homme,
    Qui dira aux fleurs comment elles se nomment ?
    Après l’Homme, après l’Homme,
    quand aura passé l’heure de vie du dernier Homme.

    Qui dira aux fleurs
    combien elles sont belles ?
    N’y aura de coeur
    à battre pour elles.

    Après l’Homme, après l’Homme,
    que sera encore le mot « merveilleux » ?
    Après l’Homme, après l’Homme,
    quand le dernier des hommes aura vidé les lieux.

    Qui dira de la Terre
    Qu’elle est sans pareille
    et que dans l’Univers
    elle est fleur de Soleil ?

    Après l’Homme, après l’Homme…

    Viens-t’en donc pour lors,
    viens-t’en donc l’ami,
    et chantons encore
    le jour d’aujourd’hui.

    Esther Granek, De la pensée aux mots, 1997

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  • Évasion

    Et je serai face à la mer
    qui viendra baigner les galets
    Caresses d’eau, de vent et d’air
    Et de lumière. D’immensité
    Et en moi sera le désert
    N’y entrera que ciel léger

     

    Et je serai face à la mer
    qui viendra battre les rochers
    Giflant. Cinglant. Usant la pierre
    Frappant. S’infiltrant. Déchaînée
    Et en moi sera le désert
    N’y entrera ciel tourmenté

     

    Et je serai face à la mer
    statue de chair et cœur de bois
    Et me ferai désert en moi
    Qu’importera l’heure. Sombre ou claire…

     

    Esther Granek

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  • Il nous faut regarder 

    Il nous faut regarder

    Derrière la saleté

    S'étalant devant nous

    Derrière les yeux plissés

    Et les visages mous

    Au-delà de ces mains

    Ouvertes ou fermées

    Qui se tendent en vain

    Ou qui sont poings levés

    Plus loin que les frontières

    Qui sont de barbelés

    Plus loin que la misère

    Il nous faut regarder

     

    Il nous faut regarder

    Ce qu'il y a de beau

    Le ciel gris ou bleuté

    Les filles au bord de l'eau

    L'ami qu'on sait fidèle

    Le soleil de demain

    Le vol d'une hirondelle

    Le bateau qui revient 

    L'ami qu'on sait fidèle

    Le soleil de demain

    Le vol d'une hirondelle

    Le bateau qui revient

     

    Par-delà le concert

    Des sanglots et des pleurs

    Et des cris de colère

    Des hommes qui ont peur

    Par-delà le vacarme

    Des rues et des chantiers

    Des sirènes d'alarme

    Des jurons de charretier

    Plus fort que les enfants

    Qui racontent les guerres

    Et plus fort que les grands

    Qui nous les ont fait faire

     

    Il nous faut écouter

    L'oiseau au fond des bois

    Le murmure de l'été

    Le sang qui monte en soi

    Les berceuses des mères

    Les prières des enfants

    Et le bruit de la terre

    Qui s'endort doucement

    Les berceuses des mères

    Les prières des enfants

    Et le bruit de la terre

    Qui s'endort doucement

     

    Jacques Brel

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  • J’étais ce jour de pluie

    J’étais ce jour de pluie............

    La paille était bien belle
    et jaune comme l’été
    au dessus, une pelle
    qui n’avait pas creusé

     

    J’étais toute à l’abri
    sous ce toit de campagne
    et regardais la pluie
    tomber du ciel d’Espagne

     

    Allongée sur ce banc
    de bois, terre de Sienne
    je m’en allais rêvant
    j’étais une italienne

     

    Mes cheveux étaient noir
    mon corps pur comme l’eau
    mes pieds posés sur l’or
    et mes yeux un ruisseau

     

    J’étais ce jour de pluie
    comme je ne serai jamais plus

     

     Elodie Santos    2006

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  •   Tôt ce matin

     

    J’ai entendu ta voix dans mes papiers
    Je formulais dans ma mémoire éveillée  

    D’un geste précis, le dessin de ton visage 
    Dans l’espace bleuté de ma chambre, l'image 
     
    Tendrement tu souriais comme toujours
    Tu flottais dans le sillon d'une robe floue

    Sous le souffle du vent mon cœur a frémi
    Les feuilles laissent fleurir d'exquis souvenirs

    Je me suis battu avec cette feuille blanche
    Avant de réussir à rédiger un seul mot. 

    Trace légère, les lignes défilent sous mes yeux
    Les mots tourbillonnent pêle-mêle dans ma tête

    Et cogne ma plume pour quelques émois.
    J'ai soufflé mon âme au rythme des mots

    Une chanson, un poème, un contexte,
    Un sourire, un regard, un geste.

    Le jour blême a jauni ma lampe délaissée             
    Je regardais ma montre à mon poignet

    Telle une allègre complice, elle témoignait
    Du temps qui bat les jours de grisaille

    Que ces rimes modestes sillonnent en chœur
    À l'horizon galactique et effleure ton cœur.

    © Mariefleur

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