• Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame

    Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame,
    Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme
    La campagne, les bois, les ombrages charmants,
    Les larges clairs de lune au bord des flots dormants,
    Le sentier qui finit où le chemin commence,
    Et l'air et le printemps et l'horizon immense,
    L'horizon que ce monde attache humble et joyeux
    Comme une lèvre au bas de la robe des cieux !
    Viens ! et que le regard des pudiques étoiles
    Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles,
    Que l'arbre pénétré de parfums et de chants,
    Que le souffle embrasé de midi dans les champs,
    Et l'ombre et le soleil et l'onde et la verdure,
    Et le rayonnement de toute la nature
    Fassent épanouir, comme une double fleur,
    La beauté sur ton front et l'amour dans ton coeur !
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  • Epitaphe

    J'ai vécu sans nul pensement,
    Me laissant aller doucement
    A la bonne loi naturelle,
    Et si m'étonne fort pourquoi
    La mort daigna songer à moi,
    Qui n'ai daigné penser à elle.
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  • Côte-d'Azur. - Nice

    A Francis Jourdain.

    L'Écosse s'est voilée de ses brumes classiques,
    Nos plages et nos lacs sont abandonnés ;
    Novembre, tribunal suprême des phtisiques,
    M'exile sur les bords de la Méditerranée...

    J'aurai un fauteuil roulant " plein d'odeurs légères "
    Que poussera lentement un valet bien stylé :
    Un soleil doux vernira mes heures dernières,
    Cet hiver, sur la Promenade des Anglais...

    Pendant que Jane, qui est maintenant la compagne
    D'un sain et farouche éleveur de moutons,
    Émaille de sa grâce une prairie australe
    De plus de quarante milles carrés, me dit-on,

    Et quand le sang pâle et froid de mon crépuscule
    Aura terni le flot méditerranéen,
    Là-bas, dans la Nouvelle-Galles du Sud,
    L'aube d'un jour d'été l'éveillera... C'est bien !...
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  • Sous ce large peuplier par trois fois trois je tourne

    Sous ce large peuplier par trois fois trois je tourne, 
    J'y basty un autel de trois fois trois gazons, 
    J'y apporte du feu de trois fois trois tisons, 
    Et trois fois trois grillons pour y brusler j'adjourne :

    Par trois fois trois encor y verser je retourne 
    Trois fois trois pots de laict, trois fois trois poils grisons 
    Je croise tout autour, trois fois trois oraisons 
    Par trois fois trois encor barboter j'y contourne.

    C'est pour vous bas esprits de ces antres bossuz, 
    C'est pour vous Satyreaux des costeaux de là sus, 
    C'est pour vostre troupeau Dryades forestieres,

    C'est pour vous dieux des eaux aux reluisants talons, 
    C'est pour vous dieux des bois : cest autel, ces grillons, 
    Ces pots blanchis de laict, ces poils et ces prieres.
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  • Qui voudroit resister à la puissance tienne

    Qui voudroit resister à la puissance tienne 
    Doux enfant de la nuit, il luy faudroit aux dieux 
    S'esgaler tout à fait, escheler les hauts cieux, 
    Et de leur doux Nectar humer la coupe pleine :

    Mais garde le tonnerre au fils de Dindymene
    Garde le traitement qu'eurent les factieux 
    Qui mont sur mont monté, (forfaict audacieus) 
    Rougirent de leur sang la motte Pelienne

    Mieux vaut donc faire joug, et ne point resister, 
    Sommeil à ton effort, de peur de t'irriter, 
    Et n'en remporter rien que repentir et peine ;

    Mais, Sommeil, je te pry' ne te courrouce point 
    Et dispense mes yeux en ce seul petit poinct, 
    Car ma douce fureur ceste nuict me demeine.
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  • Muse, n'est-ce point là le feu de la Deesse

    Muse, n'est-ce point là le feu de la Deesse 
    Qui naquit autrefois dans le champ marinier, 
    Qui d'un brin esclattant ne nous veut denier 
    Du matin qui s'en vient le jour et la promesse ?

    Desja, n'est-ce point là l'aurore qui se dresse, 
    Vermillonnant ces Montz de son char saffranier ? 
    Desja, n'est-ce point là le flambeau journalier, 
    Qui des plus petits feux faict escarter la presse ?

    C'est le jour, pour le seur, c'est le poinct asseuré 
    Qui te delivrera du combat enduré, 
    Qui t'a toute la nuict fait guerre si cruelle,

    Mon oeil ne veille plus, tu es en liberté 
    De t'aller reposer par le jour appresté,
    Qui t'annonce le point de ceste aube nouvelle.
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  • Muse, conseil ; lequel il me faut prendre

    Muse, conseil ; lequel il me faut prendre 
    Pour reposer. Le frais, l'ombre ou le vert 
    Que ce ruisseau, ce bois, ce pré ouvert 
    Me veut donner, me fournir et m'estendre. 

    Son cours, son ombre et son herbage tendre
    Est-il trop froid, trop noir, trop descouvert ?
    Parle bien tost, car la fraischeur se perd, 
    Le vert fannit, l'ombre ne veut attendre. 

    Mais quel besoin de reposer si pres, 
    Et pour si peu consulter, si le frais, 
    Si l'ombre, ou si la verdure m'est bonne 

    Vois-tu la ville où nous mettrons à fin, 
    Sans que ruisseau, ne bois, ne pré, nous donne
    Lieu de repos, nostre entrepris chemin ?
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  • J'ose glisser sur ton douteux empire

    J'ose glisser sur ton douteux empire
    Dieu enjonché, pour y dire ton los* ;
    Reçoy moy donc, et repousse les flots 
    Qui troubleroient ce que je te veux dire. 

    Si tu m'entends, et comme je desire 
    Tu me reçois sur le bleu de ton dos, 
    Et tient mon pin en tes doigts si bien clos 
    Que despecé sous ton onde il ne vire :

    Je te promets sur terre de retour 
    Un petit temps, et le rens de son tour 
    Tel que le pin qui coupe ton eschine :

    Et si ne veux qu'on y die pour toy 
    Service nul que celuy que je doy 
    Ores sonner sur ton onde divine.

    (*) louange
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  • Espritz qui voletez sur le bruict que bourdonne

    Espritz qui voletez sur le bruict que bourdonne 
    Le fleuve recourbé qui de son viste cours 
    Leche presque le tour de ceste ville, ou l'ours 
    Qui fut premier trouvé le redouté nom donne :

    Si devot quelque fois vostre troupe mignonne 
    J'honore de mes vers, et sur les legers tours 
    Que le soir vous tournez, de mes divers discours 
    De son trist' enroüé pour contrebruict j'entonne 

    Priez pour moy le Dieu qui se sied de costé 
    Sur le moite surjon de ce fleuve irrité, 
    Qu'il cesse un peu le bruict qui trouble mes oreilles, 

    Ores que je vous veux estrener de ces vers, 
    Puis escoute benin mille discours divers 
    Que je force sortir d'une nuict de mes veilles.
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