• La mer..

    La mer.........

    Des vastes mers tableau philosophique,
    Tu plais au coeur de chagrins agité :
    Quand de ton sein par les vents tourmenté,
    Quand des écueils et des grèves antiques
    Sortent des bruits, des voix mélancoliques,
    L’âme attendrie en ses rêves se perd,
    Et, s’égarant de penser en penser,

     

    Comme les flots de murmure en murmure,
    Elle se mêle à toute la nature :
    Avec les vents, dans le fond des déserts,

     
    Elle gémit le long des bois sauvages,
    Sur l’Océan vole avec les orages,
    Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.

    Mais quand le jour sur les vagues tremblantes
    S’en va mourir ; quand, souriant encor,
    Le vieux soleil glace de pourpre et d’or
    Le vert changeant des mers étincelantes,
    Dans des lointains fuyants et veloutés,
    En enfonçant ma pensée et ma vue,
    J’aime à créer des mondes enchantés
    Baignés des eaux d’une mer inconnue.
    L’ardent désir, des obstacles vainqueur,
    Trouve, embellit des rives bocagères,
    Des lieux de paix, des îles de bonheur,
    Où, transporté par les douces chimères,
    Je m’abandonne aux songes de mon coeur.

     

    François-René de Chateaubriand

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  • Le soir au bord de la mer

    Le soir au bord de la mer

    Les bois épais, les sirtes mornes, nues,
    Mêlent leurs bords dans les ombres chenues.
    En scintillant dans le zénith d’azur,
    On voit percer l’étoile solitaire :
    A l’occident, séparé de la terre,
    L’écueil blanchit sous un horizon pur,
    Tandis qu’au nord, sur les mers cristallines,

     

    Flotte la nue en vapeurs purpurines.
    D’un carmin vif les monts sont dessinés ;
    Du vent du soir se meurt la voix plaintive ;

     
    Et mollement l’un à l’autre enchaînés,
    Les flots calmés expirent sur la rive.
    Tout est grandeur, pompe, mystère, amour :
    Et la nature, aux derniers feux du jour,
    Avec ses monts, ses forêts magnifiques,
    Son plan sublime et son ordre éternel,
    S’élève ainsi qu’un temple solennel,
    Resplendissant de ses beautés antiques.
    Le sanctuaire où le Dieu s’introduit
    Semble voilé par une sainte nuit ;
    Mais dans les airs la coupole hardie,
    Des arts divins, gracieuse harmonie,
    Offre un contour peint des fraîches couleurs
    De l’arc-en-ciel, de l’aurore et des fleurs.

     

    François-René de Chateaubriand

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  • Les adieux

    Les adieux......

    Le temps m’appelle : il faut finir ces vers.
    A ce penser défaillit mon courage.
    Je vous salue, ô vallons que je perds !
    Ecoutez-moi : c’est mon dernier hommage.
    Loin, loin d’ici, sur la terre égaré,
    Je vais traîner une importune vie ;

     

    Mais quelque part que j’habite ignoré,
    Ne craignez point qu’un ami vous oublie.
    Oui, j’aimerai ce rivage enchanteur,
    Ces monts déserts qui remplissaient mon coeur

     
    Et de silence et de mélancolie ;
    Surtout ces bois chers à ma rêverie,
    Où je voyais, de buisson en buisson,
    Voler sans bruit un couple solitaire,
    Dont j’entendais, sous l’orme héréditaire,
    Seul, attendri, la dernière chanson.
    Simples oiseaux, retiendrez-vous la mienne ?
    Parmi ces bois, ah ! qu’il vous en souvienne.
    En te quittant je chante tes attraits,
    Bord adoré ! De ton maître fidèle
    Si les talents égalaient les regrets,
    Ces derniers vers n’auraient point de modèle.
    Mais aux pinceaux de la nature épris,
    La gloire échappe et n’en est point le prix.
    Ma muse est simple, et rougissante et nue ;
    Je dois mourir ainsi que l’humble fleur
    Qui passe à l’ombre, et seulement connue
    De ces ruisseaux qui faisaient son bonheur.

    François-René de Chateaubriand

    ********************

    François-René, vicomte de Chateaubriand, né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, est un écrivain et homme politique français

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  • Allons mon pauvre cœur bien loin de la Cité

    Allons mon pauvre cœur bien loin de la Cité

    Allons mon pauvre cœur bien loin de la Cité
    Dedans quelque désert, fuyons la compagnie
    De nos plus chers amis, cherchons la Tyrannie
    Des Ours, Tigres, Lions pleins d’inhumanité :
    L’Olme, le Chêne, l’Able en ce lieu écarté
    Pourront seuls témoigner ta misère infinie :
    Le bel Astre du ciel, donnant lumière et vie,
    N’y lance point les rais de sa vive clarté.

     

     
    Laissons le grand Palais et le brave Théâtre
    À ceux qui n’ont point vu leur espérance abattre :
    Aux enfants bienheureux, aux pères fortunés.

    Vallon, Grotte, Forêt, Rocher, Antre effroyable
    S’accorderont du tout à l’état misérable,
    De nous, qui de l’espoir sommes abandonnés.

    Textes poétiques
    Catherine Des Roches

    *********************************************

    Catherine Fradonnet, dite Catherine Des Roches, née en décembre 1542 et morte en novembre 1587 est uneécrivaine féministe de la Renaissance.

     

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  • Ouvrez-moi, Sincero, de vos pensers la porte

    Ouvrez-moi, Sincero, de vos pensers la porte

    Ouvrez-moi, Sincero, de vos pensers la porte.
    Je désire de voir si l’amour de son trait
    Vous engrave aussi bien dans le coeur mon portrait
    Comme votre beau vers à mes yeux le rapporte.
    Je ne veux pas pourtant que hors de vous il sorte,
    Ni que par la faveur d’un gracieux attrait
    Votre coeur soit jamais d’avec le mien distrait
    Pour brûler d’une flamme ou plus douce ou plus forte.

     

     
    Ouvrez donc, s’il vous plaît : Ah ! mon Dieu, je me vois !
    Ah ! mon Dieu, que de bien, que d’honneur je reçois !
    Après que vous m’avez par mille vers chantée,

    Je me vois dans vos yeux et dedans vos écrits
    Et dedans votre coeur et dedans vos esprits
    Par la muse et l’amour si bien représentée.

    Textes poétiques
    Catherine Des Roches

    ***************************************

    Catherine Des Roches est née en décembre 1542. Tout comme sa mère, elle hérite le nom « Des Roches » d’une propriété appartenant à la famille de cette dernière, le véritable nom de sa mère étant Neveu. Celle-ci épouse lors d’un premier mariage, André Fradonnet, un procureur de la ville de Poitiers. Catherine fait partie d’une fratrie de trois enfants dont les deux autres décèdent pendant l’enfance.

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  • Adieu jardin plaisant, doux objet de ma vue

    Adieu jardin plaisant, doux objet de ma vue....Catherine Des Roches

    Adieu jardin plaisant, doux objet de ma vue :
    Je prends humble congé de l’émail de vos fleurs,
    De vos petits Zéphyrs, de vos douces odeurs,
    De votre ombrage frais, de votre herbe menue.
    Arbres aimés du ciel, qui voisinez la nue
    Vous avez écouté mes chansons et mes pleurs,
    Témoins de mes plaisirs, témoins de mes douleurs :
    Je vous rends les mercis de la grâce reçue

     

     
    Hôtesse des rochers, belle et gentille Écho,
    Qui avez rechanté Charite et Sincéro,
    Dedans ce beau jardin, si quelqu’un vous incite,

    Ô Nymphe pour vous faire et chanter et parler :
    Resonnez s’il vous plaît ces deux noms dedans l’air
    Charite et Sincéro, Sincéro et Charite.

    Textes poétiques
    Catherine Des Roches

     

     

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  • Penser

    Penser..............


    Si vous pensez que vous êtes battu, vous l'êtes
    Si vous pensez que vous n'oserez pas, vous ne le ferez pas
    Si vous voulez gagner, mais que vous pensez que vous ne le pouvez pas
    Il est presque certain que vous ne gagnerez pas.
    Si vous pensez que vous allez perdre, vous avez déjà perdu
    Pour sortir du monde où nous nous trouvons,
    Le succès sourit à un homme de volonté
    Tout est dans l'état d'esprit.
    Si vous pensez que vous êtes surclassé, vous l'êtes
    Vous devez penser en grand pour réussir,
    Vous devez être sûr de vous avant
    De décrocher un trophée.
    Les batailles de la vie ne sont pas toujours
    Gagnées par l'homme le plus fort ou le plus rapide,
    Mais tôt ou tard l'homme qui gagne
    Est l'homme qui pense qu'il peut y arriver !
     
      James Borg.

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  • Les ingénus
     

    Les ingénus..........  

    Les hauts talons luttaient avec les longues jupes
    En sorte que, selon le terrain et le vent
    Parfois luisaient des bas de jambes, trop souvent
    Interceptés ! – et nous aimions ce jeu de dupes
     
     
    Parfois aussi le dard d’un insecte jaloux
    Inquiétait le col des belles sous les branches
    Et c’étaient des éclairs soudains de nuques blanches
    Et ce régal comblait nos jeunes yeux de fous
     
     
    Le soir tombait, un soir équivoque d’automne
    Les belles, se pendant rêveuses à nos bras
    Dirent alors des mots si spécieux, tout bas
    Que notre âme depuis ce temps tremble et s’étonne
     
    Paul Verlaine

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  • C’est déjà le printemps 

    C’est déjà le printemps LC

    L’aurore est  douce aujourd’hui,
    Je regarde le ciel et l’astre qui luit.
    Une abeille bourdonne laborieuse,
    Dès ce matin de printemps de manière joyeuse.
    Les rayons dorés percent l’ombrage
    Dans l’air résonne un tendre babillage
    Qui rappelle à mon cœur le temps d’un beau mirage
    Quand tu marchais près de moi au long des sentiers après l’orage.
    Vainement je te cherche sur la terre altérée,
    Et me penche tristement, je n’ai fait que rêver.
    Mon cœur reste couché dans l’eau glacé
    Où sont passés mes rêves de  bonheur partagés.
     
                                                 copyright@Claudie

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