• La Poésie Des Carburants

    La Poésie Des Carburants................

    Dans ce monde de brut
    De moins en moins raffiné
    Nous passons Leclerc de notre temps
    À faire l’Esso sur des routes, pour,
    Au Total, quel Mobil ?
    On se plaint d’être à sec,
    Tandis que le moteur économique,
    En ce temps peu ordinaire,
    Est au bord de l’explosion,
    Dans un avenir qui semble citerne.
    Il conviendrait de rester sur sa réserve,
    Voire, jauger de l’indécence de ces bouchons
    Qu’on pousse un peu trop loin.
    Il y a des coups de pompes
    Ou des coûts de pompes
    Qui se perdent.
    La vérité de tout cela sortira-t-elle du puits de pétrole ?
    Qu’en pensent nos huiles ?
    Peut-on choisir entre L’éthanol et l’État nul,
    Voilà qui est super inquiétant!
    C’est en dégainant le pistolet de la pompe
    Qu’on prend un fameux coup de fusil.
    Je vous laisse réfléchir sur cet axe-là ou sur ces taxes-là…

    Bonne route à tous !

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  • Puisque l’aube grandit, puisque voici l’aurore, 
    Puisque, après m’avoir fui longtemps, l’espoir veut bien 
    Revoler devers moi qui l’appelle et l’implore, 
    Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien, 
      
    C’en est fait à présent des funestes pensées, 
    C’en est fait des mauvais rêves, ah ! c’en est fait 
    Surtout de l’ironie et des lèvres pincées 
    Et des mots où l’esprit sans l’âme triomphait. 
      
    Arrière aussi les poings crispés et la colère 
    À propos des méchants et des sots rencontrés ; 
    Arrière la rancune abominable ! arrière 
    L’oubli qu’on cherche en des breuvages exécrés ! 
      
    Car je veux, maintenant qu’un Être de lumière 
    A dans ma nuit profonde émis cette clarté 
    D’une amour à la fois immortelle et première, 
    De par la grâce, le sourire et la bonté, 
      
    Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces, 
    Par toi conduit, ô main où tremblera ma main, 
    Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses 
    Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ; 
      
    Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie, 
    Vers le but où le sort dirigera mes pas, 
    Sans violence, sans remords et sans envie : 
    Ce sera le devoir heureux aux gais combats. 
      
    Et comme, pour bercer les lenteurs de la route, 
    Je chanterai des airs ingénus, je me dis 
    Qu’elle m’écoutera sans déplaisir sans doute ; 
    Et vraiment je ne veux pas d’autre Paradis. 
      

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  • PSEUDO-SONNET PESSIMISTE ET OBJURGATOIRE


      

    Itaque multi exstitere qui non nasci optimum senserunt aut quam citissime aboleri.
    Pline l’Ancien.


    Père qui m’engendras du tarse au métacarpe 
    malgré Schopenhauer et la loi de Malthus ; — 
    toi, mon appartement lorsque j’étais fœtus, 
    ma Mère : — et toi, Parrain dénommé Polycarpe ; — 
      
    maître qui m’enseignas (oh ! merci !) que la carpe 
    est un cyprinoïde et qu’en latin hortus 
    traduit le mot jardin — Flamande sans astuce*, 
    nourrice au lait crémeux, simple enfant de la Scarpe ; — 
      
    prêtre qui m’aspergeas de l’eau du baptistère 
    et par qui je connus (sublime et doux mystère !) , 
    vers l’âge de douze ans, la saveur du Sauveur, 
      
    hélas ! ne pouviez-vous, me prenant par l’échine, 
    quand je bavais, môme gluant, déjà rêveur, 
    m’offrir à des cochons, comme l’on fait en Chine ? 
      
    ________________ 
    * Rime audacieuse, j’aime à le croire. (Note de l’Auteur.) 
    .....Georges Fourest (1867-1945)

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  • Chez la Coiffier une demi-douzaine 
    Des nourrissons de l’enfant de Silène 
    Se trouveront ce soir assurément. 
    N’y manquez pas, diable emporte qui ment, 
    L’affaire est faite, et la chose certaine. 
    Vous y verrez une table bien pleine : 
    Tous les poissons jusques à la baleine 
    Iront ce soir, voguant horriblement, 
                  Chez la Coiffier. 
    Nous chanterons jusqu’à perte d’haleine : 
    Nous y dirons mille bons mots sans peine. 
    Car là Phébus est en son élément, 
    Et si ces vers ne coulent doucement, 
    Nous en ferons d’une meilleure veine, 
                  Chez la Coiffier. 
      

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  • REGRETS SUR LA MORT DU RONDEAU


      
    Pleurez mes yeux, et vous fondez en eau, 
    Toute ma joie est enclose au tombeau. 
    Un jeune enfant, ma chère nourriture 
    Vient d’être mis dans cette sépulture. 
    Qui le croirait ! c’est le petit Rondeau. 
      
    Je fus son père, et sa mère Isabeau. 
    Ô vous jadis qui le vîtes si beau, 
    Chaste Julie, après cette aventure, 
                                Pleurez. 
      
    Et toi, Phébus, trace de ton pinceau 
    Dessus sa tombe un superbe tableau, 
    Où soient dépeints en moult belle figure 
    Les plus hauts faits du feu petit Voiture ; 
    Pour vous, passants, voyant cet écriteau, 
                                Pleurez. 

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  • SONNET D’URANIE


      
    Il faut finir mes jours en l’amour d’Uranie ! 
    L’absence ni le temps ne m’en sauraient guérir, 
    Et je ne vois plus rien qui me pût secourir, 
    Ni qui sût rappeler ma liberté bannie. 
      
    Dès longtemps je connais sa rigueur infinie ! 
    Mais, pensant aux beautés pour qui je dois périr, 
    Je bénis mon martyre et, content de mourir, 
    Je n’ose murmurer contre sa tyrannie. 
      
    Quelquefois ma raison, par de faibles discours, 
    M’incite à la révolte et me promet secours. 
    Mais lorsqu’à mon besoin je me veux servir d’elle, 
      
    Après beaucoup de peine, et d’efforts impuissants, 
    Elle dit qu’Uranie est seule aimable et belle, 
    Et m’y rengage plus que ne font tous mes sens
      

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  • ÉPITAPHE

    ÉPITAPHE.................. Vincent Voiture (1598-1648)


      
    Ci gît un petit garçonnet 
    Qui mourut par les mains cruelles 
    De deux méchantes demoiselles 
    Sur le chemin de Bagnolet. 
      
    Mais son trépas fut glorieux 
    Autant que sa mort fut cruelle, 
    Puisqu’il mourut devant les yeux 
    De la princesse la plus belle 
    Qui fut jamais dessous les cieux. 
      

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  • Beauté de l'écureuil à l'état pur.

     

    Beauté de l'écureuil à l'état pur...............Marie Laborde

    Doté d'une élégance difficile à contester,

    Embelli de grâce, de finesse, d'agilité,

    D'espièglerie également, joueur et très futé,

    Véloce dans ses mouvements, plein de vitalité,

    La création l'a doté d'une divine beauté.

    Que sa merveilleuse robe soit rousse ou argentée

    Avec le dessous blanc nous permettant de le repérer,

    A l'automne il se confond avec les tons panachés,

    Du pourpre en passant par l'orangé, le doré

    Puis le cramoisi où il est difficile à distinguer,

    Notre fabuleux hôte des forêts sait nous épater.

    Tantôt ici puis subitement là, sémillant à volonté,

    Il est difficile de le suivre des yeux dans sa rapidité.

    Sa fragilité et son air coquin nous poussent à l'aimer.

    Il n'est pas sauvage, juste méfiant pour se protéger,

    L'écureuil viendra récupérer ce que vous lui donnez.

    De rares spécimens se laisseront apprivoiser,

    Ce magnifique animal est avide de liberté.

    Toujours agité, lorsqu'il saute entre deux points éloignés,

    C'est magique, on croirait le voir s'envoler.

    Intelligent, il l'est, l'hiver, sa réserve est préparée

    Pour passer des jours heureux dans son repaire douillet.

     

    Marie Laborde.

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  • LE DÉPOSITAIRE INFIDÈLE


      
                  Grâce aux Filles de Mémoire, 
                  J’ai chanté des animaux ; 
                  Peut-être d’autres Héros 
                  M’auraient acquis moins de gloire. 
                  Le Loup en langue des Dieux 
                  Parle au Chien dans mes ouvrages. 
                  Les Bêtes à qui mieux mieux 
                  Y font divers personnages ; 
                  Les uns fous, les autres sages, 
                  De telle sorte pourtant 
                  Que les fous vont l’emportant ; 
                  La mesure en est plus pleine. 
                  Je mets aussi sur la scène 
                  Des Trompeurs, des Scélérats, 
                  Des Tyrans et des Ingrats, 
                  Mainte imprudence Pécore, 
                  Force Sots, force Flatteurs ; 
                  Je pourrais y joindre encore 
                  Des légions de menteurs : 
                  Tout homme ment, dit le Sage. 
                  S’il n’y mettait seulement 
                  Que les gens du bas étage, 
                  On pourrait aucunement 
                  Souffrir ce défaut aux hommes ; 
                  Mais que tous tant que nous sommes 
                  Nous mentions, grand et petit, 
                  Si quelque autre l’avait dit, 
                  Je soutiendrais le contraire ; 
                  Et même qui mentirait 
                  Comme Ésope et comme Homère, 
                  Un vrai menteur ne serait. 
                  Le doux charme de maint songe 
                  Par leur bel art inventé, 
                  Sous les habits du mensonge 
                  Nous offre la vérité. 
                  L’un et l’autre a fait un livre 
                  Que je tiens digne de vivre 
                  Sans fin, et plus, s’il se peut : 
                  Comme eux ne ment pas qui veut. 
                  Mais mentir comme sut faire 
                  Un certain Dépositaire, 
                  Payé par son propre mot, 
                  Est d’un méchant et d’un sot. 
          Voici le fait. Un trafiquant de Perse, 
          Chez son voisin, s’en allant en commerce, 
          Mit en dépôt un cent de fer un jour. 
          Mon fer, dit-il, quand il fut de retour. 
    Votre fer ? Il n’est plus. J’ai regret de vous dire 
              Qu’un Rat l’a mangé tout entier. 
    J’en ai grondé mes gens : mais qu’y faire ? Un grenier 
    A toujours quelque trou. Le trafiquant admire 
    Un tel prodige, et feint de le croire pourtant. 
    Au bout de quelques jours, il détourne l’enfant 
    Du perfide voisin ; puis à souper convie 
    Le père qui s’excuse, et lui dit en pleurant : 
              Dispensez-moi, je vous supplie : 
              Tous plaisirs pour moi sont perdus. 
              J’aimais un fils plus que ma vie ; 
    Je n’ai que lui ; que dis-je ? hélas ! je ne l’ai plus. 
    On me l’a dérobé. Plaignez mon infortune. 
    Le Marchand repartit : Hier au soir sur la brune 
    Un Chat-huant s’en vint votre fils enlever. 
    Vers un vieux bâtiment je le lui vis porter. 
    Le père dit : Comment voulez-vous que je croie 
    Qu’un Hibou put jamais emporter cette proie ? 
    Mon fils en un besoin eût pris le Chat-huant. 
    Je ne vous dirai point, reprit l’autre, comment, 
    Mais enfin je l’ai vu, vu de mes yeux, vous dis-je, 
              Et ne vois rien qui vous oblige 
    D’en douter un moment après ce que je dis. 
              Faut-il que vous trouviez étrange 
              Que les Chats-huants d’un pays 
    Où le quintal de fer par un seul Rat se mange, 
    Enlèvent un garçon pesant un demi-cent ? 
    L’autre vit où tendait cette feinte aventure : 
              Il rendit le fer au Marchand, 
              Qui lui rendit sa géniture. 
    Même dispute advint entre deux voyageurs. 
              L’un d’eux était de ces conteurs 
    Qui n’ont jamais rien vu qu’avec un microscope. 
    Tout est Géant chez eux. Écoutez-les, l’Europe 
    Comme l’Afrique aura des monstres à foison. 
    Celui-ci se croyait l’hyperbole permise. 
    J’ai vu, dit-il, un chou plus grand qu’une maison. 
    Et moi, dit l’autre, un pot aussi grand qu’une église. 
    Le premier se moquant, l’autre reprit : Tout doux ; 
              On le fit pour cuire vos choux. 
    L’homme au pot fut plaisant ; l’homme au fer fut habile. 
    Quand l’absurde est outré, l’on lui fait trop d’honneur 
    De vouloir par raison combattre son erreur ; 
    Enchérir est plus court, sans s’échauffer la bile. 

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