• Ambrés

    Ambrés..............

    Et quand les mots s’allongent
    Au ciel sans pépins
    Je grignote la lumière
    Des fruits tombés au sol
    Ils restent là au creux d’une ouate de douceur
    Ambrés d’un soleil roux
    Qui jamais ne s’éteint

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  • Aux couleurs de l'acier

    Aux couleurs de l'acier.............

    La rouille
    Au fond des yeux
    Bouscule les larmes
    Qui basculent
    Dans le tréfonds 
    De l’instant

    S’il faut se reposer
    Dans le parfum du silence
    Faisons semblant
    D’offrir à l’automne
    Le choix du vent
    Le choix du rêve 
    Ou du néant

    Demain s’ouvrira le secret
    Ou bien l’errance 
    Ou bien l’inverse
    Peu importe
    La musique en deuil
    Ne nous montrera
    Que l’unique chemin
    Aux couleurs de l’acier.

     

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  • Gourmandise d’hiver

    Gourmandise d’hiver............

    Neige en poudre, rues de glace,
    Ciel à la pâleur pistache,
    Il y a chocolats et cafés 
    Pour ceux qui viennent se réchauffer.

    Assemblés à la gare,
    Mimant les esquimaux,
    Ici les plus patients 
    Ont trouvé leur préau.

    Foule sur les quais, trains pas fous,
    Un flocon tombe, les rails s’estompent,
    L’attente a pour mesure la neige
    Tombante et lourde de silence. 

    Les maisons sont devenues chalets
    Pareils à des pains d’épices nacrés,
    Il n’en faut point plus pour apprécier 
    La douceur des matins enneigés.

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  • Le carillonneur

    Le carillonneur..............

    Le carillonneur 
    Cogne dans ma tête
    Il sonne l’heure
    De chroniques tempêtes

    L’écho du porche
    Fait résonner
    La valse des cloches
    À toutes volées

    Oyez bonnes gens
    Tout n’est que bruit
    Les dames d’argent
    Emplissent la nuit

    Leurs corps tocsinnent
    Leurs crinolines
    S’entrechoquent à
    Battre la polka

    Courez vite dire
    Aux alentours
    Le sonneur délire
    Cogne comme un sourd

    Il lève un vent
    Une tempête
    Qui hurle dedans
    Ma pauvre tête

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  • Ondine

    Ondine............

    Sous le gel des étangs glacés, une fleur rousse,
    C’est une ondine prisonnière de la neige. 
    Sous le gel des étangs glacés, dort une douce,
    Ne la réveillez pas, ce serait sacrilège. 

    Sous le gel, sa peau diaphane se confond
    Avec le velouté givré des eaux figées. 
    Sous le gel, la flamme de ses cheveux répond 
    Aux rayons d’un soleil prêt à la délivrer. 

    Dans son tombeau glacial, elle s’est endormie
    Pour oublier cette terre dont elle a fui
    Et taire le souvenir brûlant des humains. 

    Ces hommes envoûtés par ses cheveux carmin, 
    Fous d’amour déçu, la cherchent depuis longtemps. 
    C’est une ondine qui redoute le printemps.

     

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  • Marie Madeleine

    Marie Madeleine..............

    Quand Marie se fait Madeleine,
    Elle s’affranchit de toute pudeur,
    Un verre ou deux au bar de l’Éden,
    Elle n’est pas contre un peu de chaleur.
    Le temps d’un tango endiablé,
    Elle veut atteindre le septième ciel,
    Avec un goût d’éternité,
    Alouette de paradis artificiels.

    Au commencement, y a son miroir,
    Qui lui murmure
    Au crépuscule, une robe noire,
    Comme une armure

    Et quand Madeleine se fait souvenir,
    C’est en sépia qu’elle trouve refuge,
    Au pied d’un pommier, rajeunir
    Au pied de son lit, le déluge
    Et chaque fois, elle se relève
    La marche digne, le port altier
    Héritière du chromosome Ève
    En droite ligne depuis X années.

    Au commencement, y a son miroir,
    Qui lui murmure
    Au crépuscule, une robe noire,
    Comme une armure

    Et quand le souvenir se fait parfum
    Qu’est-ce qu’elle sent le bon le patchouli
    À en oublier les matins bruns,
    Dès le premier pas, au saut de son lit.
    Les serpents sifflent sur sa tête,
    Elle en fait fit, sans trompettes.
    Et choisit la soie à la laine
    Quand Marie se fait Madeleine.

    Au commencement, y a son miroir,
    Qui lui murmure
    Au crépuscule, une robe noire,
    Comme une armure

     

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  • Comme une bulle de savon

    Comme une bulle de savon.............

    Parfois, quand vient le soir, quand ma tête repose,
    Je vois sortir de l’ombre une foule de mots
    Qui s’animent bientôt dans un joyeux chaos
    Pour venir défiler sous mes paupières closes.

    Les voici qui tournoient en une farandole
    De phrases bariolées qui cherchent à rimer
    Puis s’alignent enfin en vers bien ordonnés
    Suspendus dans le vent sous une lune folle.

    Doux sommeil, te voilà ! Regarde le poème
    Qu’ont accroché pour moi les mots sous l’astre blême ;
    Il ne me reste plus qu’à le cueillir sans bruit.

    Alors, tout doucement, ma plume imaginaire
    S’efforce d’attraper ce sonnet éphémère
    Qui dans un discret « pop » éclate dans la nuit.

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  • Le monstre

    Le monstre............. par Vette de Fonclare.....2019...

    Paul est terrorisé car un monstre effroyable
    Tournoie autour de lui depuis deux jours entiers.
    Il a beau se sauver, l’autre est si détestable
    Qu’il ne le lâche pas. Un monstre sans pitié

    Ignorant qu’il peut être un pur anxiolytique
    Pour le pauvre garçon ; que cette inimitié
    Est issue d’autrefois, de ces temps archaïques
    Où il savait tout juste à peine balbutier.

    C’est depuis lors que Paul éprouve cette crainte,
    Sans qu’il sache pourquoi. Un souvenir enfui
    De ses rêves d’enfant ? Bien ridicule empreinte
    D’un passé inconnu qui lui a toujours nui

    Tant il a l’air idiot quand l’ennemi s’approche,
    Tournoyant sans pourtant se soucier de lui !
    Un monstre inoffensif. Mais c’est vrai qu’il est moche,
    Et que sa saleté proverbiale vous nuit

    Dès qu’il vous prend pour cible : il est plein de microbes !
    Pourtant Paul est viril ; et fort dur est son cuir !
    Alors qu’est ce gredin suscitant tant d’opprobre,
    Tellement écoeurant qu’il peut le faire fuir

    Tout au fond de l’Enfer jusqu’à ce qu’il s’y perde ?
    Ce monstre terrifiant ? C’est une mouche à merde !

     

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  • En octobre, à Marseille.

    En octobre, à Marseille............ par Vette de Fonclare 2019

    En octobre à Marseille il y a quelque chose
    Qui l’affecte et le navre, et il flotte dans l’air
    Des relents d’amertume, Evidence morose
    Que l’été est fini et que s’en vient l’hiver.

    La mer est délavée et les jours raccourcissent.
    Le soleil tôt couché se mue en cercle ombreux,
    Effacé lentement par le vent qui s’immisce
    En bouboulant* tout doux jusqu’au cœur ténébreux

    Des ruelles pentues dévalant des collines.
    Le seul talent du vent, c’est qu’il laque le ciel
    D’un bleu dur purifié et presque artificiel,
    Avec parfois le soir des touches violine.

    Il faut donc espérer que les arbres jaunissent,
    Que le temps moribond pointille d’orangé.
    De cuivre et de doré leur feuillage effrangé
    Pour que nos lourds regrets peu à peu s’aplanissent,

    Pour enfin retrouver quelque charme à l’automne !
    Mais la ville ressemble à ces villes du Nord
    Dont le ciel défraîchi est d’un gris presque atone,
    Où le soleil oublie qu’il irradie de l’or…

    A Marseille, en octobre, rôdent la nostalgie
    Et l’absurde désir de l’été qui n’est plus,
    Dont l’automne maussade a détruit la magie.
    Les longs jours de l’été sont des jours révolus…

     

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