• Un jardin merveilleux.


    Christchurch est une belle ville mais son jardin botanique
    Est un trésor où dame nature s'illustre de façon mirifique.
    Une rivière chemine avec lenteur dans un décor enchanteur.
    Les feuillages offrent des tons multiples et variés adulateurs.
    Sur des emplacements pavés, les bancs suggèrent des pauses
    Aux visiteurs admiratifs de fresques visuelles grandioses.
    Des sortes de conifères mélangent leurs branchages spectaculaires,
    Les énormes troncs noirâtres divulguent leur âge séculaire.
    Une passerelle enjambe la rivière dont le bal des canards
    Sillonne les flots de vaguelettes frissonnantes aux éclats blafards.
    Un plan d'eau accueille en abondance des nénuphars conquérants,
    Il se prélasse dans un petit paradis naturel resplendissant
    Où la végétation restitue au regard un tableau charmeur
    Créé par des arbres, arbustes, plantes touffues et fleurs,
    Le tout multicolore et harmonieux, une oasis brodée d'émotions.
    Des squelettes ligneux d'ancêtres végétaux méritent notre admiration.
    Voici atteint le paradis des roses, il y en a pour tous les goûts,
    Des jaunes, des blanches, des rouges, des roses et ce n'est pas tout.
    Plus loin, les rosiers habillent des tonnelles et forment des tunnels
    Dont l'allée est jonchée de pétales pour un délicieux plaisir visuel.
    Ne parlons pas du parfum en ce lieu, il doit être à son apothéose.
    Dans ce jardin, les arbres sont gigantesques, ce sont des colosses.
    Seul le chant des oiseaux offrant leurs sereine mélodie
    Rompt le silence dans cet éden apaisant exquis. 

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  • Les Livres et l'Amour

     Les Livres et l'Amour ............... Jean Follain

    Les livres dont s'emplit la chambre comme
    des harpes éoliennes s'émeuvent quand
    passe le vent venu des orangers
    et la lettre dans la page incrustée
    se retient
    au blanc papier de lin
    et la guerre au loin tonne
    dans cet automne flamboyant
    tuant la maîtresse avec l'amant
    au bord d'un vieux rivage.

    Extrait de: 
    1969, Exister, (Éditions Gallimard)
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  • Pour Roberte

     Pour Roberte -............................. Paul Verlaine

    Seconde âme de mon ami, son autre cœur,
    Roberte, or, vous voici veuve... pour une année,
    Et je viens avec vous penser à sa langueur
    A lui loin de vos yeux à vous, sa
    Destinée

    En quelque sorte, et très pieusement je viens

    Et reviens avec vous tristement vous redire

    Qu'il pleure autant que vous et que, non son martyre

    (Ce serait blasphémer, car nous sommes chrétiens)

    Mais son impatience est égale à la vôtre.
    Et ne faisons donc plus ici le bon apôtre
    Et parlons franchement d'un chagrin trop réel.

    Sans rien exagérer puisque,
    Roberte chère,
    II va bien, il vous aime bien et que son ciel
    C'est de vous revoir comme il est sûr de le faire.

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  • Les Amours de Psyché et de Cupidon

     Les Amours de Psyché et de Cupidon ................ Jean de la Fontaine

    Volupté,
    Volupté, qui fus jadis maîtresse

    Du plus bel esprit de la
    Grèce,
    Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi;

    Tu n'y seras pas sans emploi.
    J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
    La ville et la campagne, enfin tout; il n'est rien

    Qui ne me soit souverain bien,
    Jusqu'au sombre plaisir d'un cœur mélancolique.
    Viens donc; et de ce bien, ô douce
    Volupté,
    Veux-tu savoir du vrai la mesure certaine?
    Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté;

    Car trente ans, ce n'est pas la peine.

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  • Les Amours Diverses

     Les Amours Diverses ............... Pierre de Ronsard

    Amour, tu me fis voir pour trois grandes merveilles
    Trois sœurs allant au soir se promener sur l'eau,
    Qui croissent à l'envy, ainsi qu'au renouveau
    Croissent en l'orenger trois orenges pareilles.

    Toutes les trois avoyent trois beautez nompareilles,
    Mais la plus jeune avoit le visage plus beau,
    Et sembloit une fleur voisine d'un ruisseau,
    Qui mire dans ses eaux ses richesses vermeilles.

    Ores je souhaitois la plus vieille en mes vœux,
    Et ores la moyenne, et ores toutes deux.
    Mais tousjours la plus jeune estoit en ma pensée,

    Et priois le
    Soleil de n'emmener le jour,
    Car ma veuë en trois ans n'eust pas esté lassée
    De voir ces trois
    Soleils qui m'enflamoyent d'amour

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  • Son Avidite N'a D'égal que Moi

     Son Avidite N'a D'égal que Moi................... Paul Eluard

    Donneuse monde en mouvement
    Cernée de plaisir comme un feu
    Dans l'ombre tu te diriges mieux qu'une ombre
    Tête accordée

    Mon cœur bat dans tout ton corps
    Dans tes retraites préférées
    Sur l'herbe blanche de la nuit
    Sous les arbres noyés

    Nous passons notre vie
    A renverser les heures
    Nous inventons le temps

    Et d'un seul coup comme toujours

    Des verdures et des oiseaux

    Où sommes-nous

    Soufflent sur tes regards

    Se posent sur tes paupières

    Garde-toi de bouger

    Les guirlandes de tes membres

    Sont pour des fêtes moins subtiles

    Pas un geste apparent
    On nous croit immobiles
    Tant nous sommes secrets

    Donne ton juste poids à l'aube

    A l'horizon le nerf de la balance

    Le cratère d'une couronne d'air pur

    Sur ta chevelure folle

    Mille bouffées d'écume entre les lèvres du soleil

    Ou l'aile battante de ton sang

    Donne ta force ta chaleur
    L'été massif brutal amer
    De tes paumes et de ta bouche
    Donne ta fatigue limpide

    Donne ta douceur ta confiance

    Dans l'étendue de tes yeux

    Il y a tantôt un château charmant

    Ouvert comme un papillon à tous les vents

    Tantôt une masure terrible

    Une dernière caresse

    Destinée à nous séparer

    Tantôt le vin tantôt une rivière

    Close comme un essaim d'abeilles

    Viens là docile viens oublier
    Pour que tout recommence.

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  • Les amours terrestres

    Les amours terrestres...........René-François Sully Prudhomme

    Nos yeux se sont croisés et nous nous sommes plu.
    Née au siècle où je vis et passant où je passe,
    Dans le double infini du temps et de l’espace
    Tu ne me cherchais point, tu ne m’as point élu ;

    Moi, pour te joindre ici le jour qu’il a fallu,
    Dans le monde éternel je n’avais point ta trace,
    J’ignorais ta naissance et le lieu de ta race :
    Le sort a donc tout fait, nous n’avons rien voulu.

    Les terrestres amours ne sont qu’une aventure :
    Ton époux à venir et ma femme future
    Soupirent vainement, et nous pleurons loin d’eux :

    C’est lui que tu pressens en moi, qui lui ressemble,
    Ce qui m’attire en toi, c’est elle, et tous les deux
    Nous croyons nous aimer en les cherchant ensemble.

    René-François Sully Prudhomme, Les vaines tendresses

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  • Les Approches de L'Amour et du Baiser

     Les Approches de L'Amour et du Baiser .................. Louis Aragon

    Elle s'arrête au bord des ruisseaux
    Elle chante

    Elle court
    Elle pousse un long cri vers le ciel

    Sa robe est ouverte sur le paradis

    Elle est tout à fait charmante

    Elle agite un feuiUard au dessus des vaguelettes

    Elle passe avec lenteur sa main blanche sur son front pur

    Entre ses pieds fuient les belettes

    Dans son chapeau s'assied l'azur

     
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  • Les ceps brûlés

     Les ceps brûlés .............. Jean Ciphan (Jean Yvon Chapin) 1942-

    Son cœur s’est extirpé des sables de Bretagne
    Où son amour naissant l’avait fait prisonnier.
    S’est achevé l’été ! Le lycée n’est pas bagne.
    Une bogue imprudente échappe au marronnier,
    Brise sa coque au sol : un bruit sec l’accompagne.
    Paul s’éveille ! Et s’enfuit le bourdon saisonnier.

    Les mois en -bre, si longs qu’ils dépassent l’automne,
    S’engouffrent sur l’hiver sous un ciel attristé.
    Le temps des travaux courts s’installe, monotone…
    Au versant d’un coteau, un homme a fagoté
    Des sarments desséchés. Plus loin, un autre donne
    Au feu des pieds noueux de vigne cailloutés.

    Perdu dans ses pensées, Paul marche vers les braises
    Et, d’un pied négligent, les agace un instant.
    S’animant aussitôt, échappant à la glaise,
    Les follets étincellent et portent par grand vent
    Jusqu’aux sables mouvants qui lèchent la falaise
    La peine et le cœur gros du jeune soupirant.

    Lors, le vieux roc breton à nouveau les accueille,
    Fier d’avoir à son pied l’archerot de l’été
    Dont les flèches d’amour, en une quartefeuille
    Demeureront enfin à jamais enchâssées.
    Elles auront aussi, comme un sel qu’on recueille
    L’enivrante senteur des ceps qu’on a brûlés.

    Janvier 2018
    « Chemins d’Ailleurs »

    Extrait de: 
    "Oser dire, poèmes et propos vagabonds" (Jean Ciphan)
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