• LÉGENDES.........Emile Verhaeren (1855-1916)

    LÉGENDES

    Les horizons cuivrés des suprêmes automnes
    Meurent là-bas, au loin, dans un carnage d’or.
    Où sont-ils les héros des ballades teutonnes
    Qui cornaient, par les bois, les marches de la Mort ?
     
    Ils passaient par les monts, les rivières, les havres,
    Les burgs — et brusquement ils s’écroulaient, vermeils,
    Saignant leurs jours, saignant leurs cœurs, puis leurs cadavres
    Passaient dans la légende, ainsi que des soleils.
     
    Ils jugeaient bien et peu la vie : une aventure ;
    Avec un mors d’orgueil ils lui bridaient les dents ;
    Ils la mataient sous eux comme une âpre monture
    Et la tenaient broyée en leurs genoux ardents.
     
    Ils chevauchaient fougueux et roux — combien d’années ?
    Crevant leur bête et s’imposant au Sort ;
    Mon cœur, oh !, les héros des ballades fanées,
    Qui cornaient, par les bois, les marches de la Mort !
     

    « Asseyons-nous tous deux près du chemin, .......Emile Verhaeren (1855-1916)La dure épreuve va finir : .........Paul Verlaine (1844-1896) »
    Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :