• Le Vaisseau d'or........Émile Nelligan.

      Le Vaisseau d'or

    Le Vaisseau d'or........Émile Nelligan.

    Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif :
    Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues ;
    La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
    S'étalaient à sa proue, au soleil excessif.

    Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
    Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
    Et le naufrage horrible inclina sa carène
    Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

    Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
    Révélaient des trésors que les marins profanes,
    Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

    Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
    Qu'est devenu mon coeur, navire déserté ?
    Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!

     

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  • Commentaires

    4
    Vendredi 27 Mars à 12:29

    Errance nautique
    --------------

    Ce bateau dérivant, c’est un vaisseau massif,
    C’est un sombre rafiot d’origine inconnue ;
    Quelquefois, sur le pont, chante une voix ténue,
    J’entends jour après jour son déclin progressif.

    Ce surprenant navire ignore les récifs,
    Une magie puissante est par lui détenue ;
    Les pâles matelots dans leur noire tenue
    Arborent presque tous un visage pensif.

    Songent-ils à leur vie, qui jadis fut profane ?
    Se remémorent-ils des mots d’Aristophane ?
    Sur un danger prochain furent-ils alertés ?

    Je n’en dirai pas plus dans cette chanson brève,
    Je laisse à ces errants leur pleine liberté ;
    Ils savent naviguer sur les ailes du Rêve.

      • Dimanche 29 Mars à 08:32

        Merci Cochonfucius pour ce poème Je le trouve un peu triste

        pour ces hommes en errence en mer

        LD

    3
    Dimanche 24 Novembre 2019 à 11:57

    Nef du Capitaine Crochet
    -------------------

    Sur son noble vaisseau, le pirate est pensif,
    Il se souvient des mots d’une belle inconnue ;
    Son coeur en est troublé, son âme est comme nue,
    Ce sentiment l’accable et lui semble excessif.

    La nef est en danger de frapper un récif ;
    La barre cependant, habilement tenue
    Par un homme intrépide et plein de retenue,
    Sauve d’un tel destin le navire massif.

    Capitaine et barreur, en des plaisirs profanes,
    Marins de comédie, héros d’Aristophane,
    Vident plusieurs godets, perdant toute fierté.

    Que leur apportera leur navigation brève ?
    Pourront-ils découvrir un lieu de liberté ?
    Il leur reste, sinon, le continent du Rêve.

      • Dimanche 24 Novembre 2019 à 13:56

        Merci cochonfucius pour ces beaux poèmes 

        c'est un vrai plaisir à te lire

        LD

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