• LE SOIR SUR L’EAU.............Aloysius Bertrand (1807-1841)

    LE SOIR SUR L’EAU

            Bords où Venise est reine de la mer.
      ANDRÉ CHÉNIER.

     

     

    La noire gondole se glissait le long des palais de marbre, comme un bravo qui court à quelque aventure de nuit, un stylet et une lanterne sous sa cape,

     

    Un cavalier et une dame y causaient d’amour : « Les orangers si parfumés, et vous si indifférente ! Ah ! signora, vous êtes une statue dans un jardin !

     

    — Ce baiser est-il d’une statue, mon Georgio ? pourquoi boudez-vous ? — Vous m’aimez donc ? — Il n’est pas au ciel une étoile qui ne le sache, et tu ne le sais pas ?

     

    — Quel est ce bruit ? — Rien, sans doute le clapotement des flots qui monte et descend une marche des escaliers de la Giudecca.

     

    — Au secours ! au secours ! — Ah ! mère du sauveur, quelqu’un qui se noie ! — Écartez-vous ; il est confessé », dit un moine qui parut sur la terrasse.

     

    Et la noire gondole força de rames, se glissant le long des palais de marbre comme un bravo qui revient de quelque aventure de nuit, un stylet et une lanterne sous sa cape.

     

    «  Puisses-tu m’entendre Seigneur...LA CITADELLE DE WOLGAST................Aloysius Bertrand (1807-1841). »
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