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  • Christophe Colomb : 4 choses à savoir sur l'explorateur du Nouveau monde

    Christophe Colomb : 4 choses à savoir sur l'explorateur du Nouveau monde

    Christophe Colomb devant le conseil de Salamanque, peinture d'Emanuel Leutze en 1841, exposé au Musée des beaux-arts de Lyon en 2014. © Getty Images

    Si on lui attribue encore parfois la découverte de l’Amérique, on connaît assez peu celui qui a ouvert la voie vers le nouveau monde. Découvrez ces choses à savoir sur Christophe Colomb.

    Christophe Colomb était italien

    On a longtemps cru qu’il était Espagnol, ou encore Portugais. Mais selon les historiens, Christophe Colomb, de son vrai nom Cristoforo Colombo serait en réalité italien, né à Gênes ou à Savone vers 1451.

    S’il grandit en Italie, ce fils de tisserand va très vite s’établir au Portugal, qui est alors le pays des grands découvreurs. Il y épouse Filipa Moniz, fille du navigateur et explorateur portugais Bartolomeu Perestrelo.

    Il était convaincu de la rotondité de la terre

    Si - comme il le pense - la terre est ronde, Christophe Colomb est persuadé qu’il peut atteindre la Chine plus rapidement en prenant le chemin du Ponant. À cette époque où les navires portugais parcourent les mers et vont jusqu’aux Indes en empruntant une longue route maritime avec une navigation difficile, il est persuadé que son projet intéressera les Portugais.

    En 1477, il s’installe à Lisbonne où son frère est déjà établi comme cartographe. Il y peaufine son projet et recherche de quoi financer son expédition et embarquer pour son premier voyage. Quelques années plus tard, il expose son projet au roi du Portugal João II qui décline sa proposition.

    Christophe Colomb : un explorateur passionné et un explorateur pionnier

    Après ses déboires au Portugal, c’est finalement sous le drapeau espagnol que le navigateur entreprend son exploration.

    Après avoir reçu l’approbation et le financement des souverains espagnols Ferdinand d’Aragon et la reine Isabelle de Castille pour l'expédition, il quitte l’Espagne le 3 août 1492 avec trois navires : deux caravelles (la Pinta et la Nina) et une caraque (la Santa Maria). Son but, rejoindre les Indes par la voie maritime.

    Christophe Colomb n’a pas tout à fait découvert l’Amérique

    Le 12 octobre 1492, après des semaines en mer, Christophe Colomb et son équipage accostent sur une terre qu’aucun européen n’a encore foulé. Alors qu’ils croient avoir atteint les Indes, but initial de leur périple, ils arrivent sur une île de l’archipel des Bahamas, qu’ils baptisent San Salvador en raison d'une erreur dans ses calculs et d'une sous-évaluation des dimensions de la Terre. Il ne le sait pas, mais il vient de faire la découverte de l'Amérique. L'équipage continue ensuite vers Cuba qu'il baptisera Juana, en hommage au dauphin d'Espagne, puis découvre Haïti avant de repartir vers l’Europe.

    C’est à un autre navigateur et explorateur d’origine italienne au service de la couronne espagnole, que fut attribuée quelques années plus tard la découverte du continent américain : Amerigo Vespucci, dont le prénom a servi à baptiser ces nouvelles terres.

    Christophe Colomb meurt le 20 mai 1506 à Valladolid, à 55 ans, entouré de richesses mais presque aveugle et dans une grande solitude.

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    Le bateau de Christophe Colomb retrouvé en Haïti

     

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  • Qui était Marco Polo, l'explorateur de la Chine ?

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  • Rue de la Bûcherie : le fantôme du premier CHU (Centre hospitalo universitaire)

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    L’école de médecine n’est pas née rue de l’Ecole de médecine. L’Hôtel Dieu n’a pas toujours été à la gauche de Notre Dame. Les deux institutions médicales sont nées l’une à côté l’autre. Seul nous reste leur fantôme entre la rue de la Bûcherie et le quai de Montebello. Pour découvrir l'histoire de la première école de médecine et de l'Hôtel Dieu.

     

    Chers amis de « Ça vaut le détour », vous le savez, Paris nous joue souvent des tours. Dans cette ville, tout ce que l’on tient pour stable l’est rarement, tout ce que l’on croit évident est un leurre ! Ainsi pensez-vous peut-être, comme je l’ai cru longtemps, que l’Ecole de médecine a été créée rue de l’Ecole de Médecine, près de l’Odéon. Peut-être pensez-vous que l’Hôtel Dieu, le plus ancien hôpital de Paris, se dresse, depuis des siècles, à gauche de Notre Dame. Et bien, chers amis , il va falloir tordre le cou à ces évidences. Il en va de la médecine comme du reste : à Paris, tout bouge et tout se transforme.


    Rendez-vous rue d
    e la Bûcherie

    Vous en voulez une nouvelle preuve ? Je vous invite à vous rendre dans le cinquième arrondissement, entre la cathédrale Notre-Dame et l’église Saint-Julien-le-Pauvre. Rendez-vous dans ce qui reste de la rue de la Bûcherie, une petite rue parallèle à la Seine qui prend dans la rue Lagrange (ex rue du Fouarre), en face du square Viviani (derrière l’église Saint-Julien-le-pauvre).

    Quand vous descendrez la rue de la Bûcherie, vous allez découvrir, à la hauteur des numéros 13 et  15, un splendide bâtiment classique, un bâtiment injustement méconnu. Cette harmonieuse architecture est la trace bien visible de la plus ancienne école de médecine de Paris : admirez notamment la belle coupole du 18ème siècle, sous laquelle se cache l’amphithéâtre.

    Ici pendant des siècles, les médecins ont appris leur art et prêté serment. C’est en 1472, sous le règne de Louis XI, que la faculté de médecine emménagea à l’angle de la rue de la Bûcherie et de la rue de l’Hôtel-Colbert (celle-ci s’appelait alors rue des Rats, comme le précise l’excellent Dictionnaire historique des rues de Paris).

    Des moines, des clercs et des médecins

    Mais pourquoi donc avoir choisi ce quartier pour enseigner la médecine ? Première raison : au Moyen-Age, ce coin de Paris est le lieu des grandes institutions religieuses : Saint-Bernard, Saint-Victor, Saint-Geneviève… Or, les premiers médecins furent des moines. Et, jusqu’au 12ème siècle, on enseignait la médecine dans les cloîtres. Souvenons, ensuite, que nous sommes ici dans le quartier où est s’est constituée l’Université de Paris. Donc, très logiquement, lorsqu’au 12 ème siècle une ordonnance papale interdit l’enseignement de la médecine dans le cadre de l’église, des écoles se créent dans l’environnement immédiat de l’université. Et dès le Au 14ème et au 15 ème siècle, on peut assister à des cours de médecine, en plein air - une habitude de l’époque - dans la rue du Fouarre (à deux pas de la rue de la Bûcherie),

    Il faut également se rappeler que ce quartier est celui où est installé depuis le Moyen-Age, sous l’autorité des chanoines de la cathédrale, l’une des premières institutions hospitalières de Paris, l’Hôtel Dieu.  Nous y voilà ! Ce quartier est en quelque sorte l’embryon du premier CHU (Centre hospitalo universitaire) parisien, avec son hôpital et son école. Pendant des siècles, la rue de la Bûcherie qui serpentait gentiment de la place Maubert  jusqu’au Petit-Châtelet (forteresse qui protégeait le Petit Pont) longeait successivement l’école de médecine et une annexe de l’Hôtel Dieu.

     

    Le tracé virtuel de la rue de l'ancienne rue de la Bûcherie, Paris 5ème

    Une rue virtuelle

    Remontons la rue de la Bûcherie. Traversons la rue Lagrange. Longeons le square Viviani, sur le quai de Montebello, dans la direction du Petit Pont. Après le square, on traverse la charmante rue Saint-Julien-le-Pauvre. Et, là que ne découvre-t-on pas ! A la hauteur de la librairie Shakespeare and Co, la rue de la Bûcherie se remet à exister virtuellement entre une rangée d’immeubles et un massif de plantes aménagé par les jardiniers de la ville pour protéger les piétons de la circulation du quai de Montebello.

    Ce tracé virtuel de la rue de la Bûcherie, qui a permis aux restaurants d’étaler leurs terrasses à l’abri du trafic,  provient de la destruction en 1878 d’un énorme bâtiment qui longeait la Seine. Ce bâtiment n’était rien d’autre que l’annexe de l’Hôtel Dieu ! Mais comment expliquer que l’Hôtel Dieu, aujourd’hui, sur la rive gauche de l’île de la Cité, à plusieurs centaines de mètres, ait eu une annexe de ce côté-ci de la rivière ?

    Allez jusqu’au bout de la rue de la Bûcherie, remontez la rue du Petit-Pont sur la droite et arrêtez-vous au milieu du Petit Pont. Vous y êtes ? Jetez un coup d’œil à droite et à gauche sur l’axe qui enjambe le pont et l’île de la Cité. Vous voici dans la plus ancienne perspective parisienne, l’axe Nord-Sud de la ville romaine, le cardo maximo. Cet axe a donné naissance au Moyen-Age à la rue Saint Martin, au Nord de l’Ile de la Cité et à la rue Saint-Jacques, au Sud de l’île.  C’est la colonne vertébrale de la ville et un incomparable lieu de mémoire.

    Ici passaient, au Moyen-Age, les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans les environs, plusieurs institutions hospitalières, dont celle de Saint-Julien-le-pauvre, pouvaient les héberger. Ici prend sens le vieux mot « hospital » : un lieu d’accueil et un lieu de soins, placé sous la protection de Dieu et des religieux. Ce qui nous ramène à notre sujet initial.

     

    Accueillir, protéger, soigner

    Au départ, les premiers Hôtels Dieu - apparus en France au 7ème siècle - servent à accueillir voyageurs et pèlerins. Puis, peu à peu, ils hébergent et soignent toutes les personnes en état de faiblesse : pauvres, malades, vieillards… Ils ont une fonction d’accueil, de protection, de soin, mais aussi d’évangélisation. Ainsi l’Hôtel Dieu de Paris, placé sous l’autorité de l’évêque, a-t-il été créé (sous les mérovingiens, puis reconstruit par Saint-Louis), à l’ombre de la cathédrale. Il compte au 13ème siècle pas moins d’une centaine de religieux et de religieuses. On y est accuilli et soigné au beau milieu des patenôtres et des vapeurs d’encens, ce qui n’empêche pas de s’y contaminer tout à loisir et d’y mourir dans un cas sur cinq…

    Mais ceci ne nous dit toujours pas pourquoi une annexe de l’Hôtel Dieu a été construite au 17ème siècle entre la rue de la Bûcherie et la rivière. Il y a bien sûr des raisons pratiques d’urbanisme. Depuis le Moyen-Age, il existait en face de Notre-Dame, sur la berge, à l’emplacement de l’actuel quai de Montebello, un important port destiné à la réception du bois de chauffage et du bois de construction (cette activité a d’ailleurs donné son nom à la rue de la Bûcherie). Au 16ème siècle, après que se fussent développer les techniques de flottage du bois, le déplacement de ce port, plus en amont du fleuve, du côté de l’île Louviers (Sully-Morland), dégagea de l’espace. Mais pourquoi donc bâtir précisément à cet endroit, une annexe de l’Hôtel Dieu ? 

     

    Du Petit-Pont au pont au Double, Paris 5èmeUn hôpital fantôme

    Tout en restant sur le Petit-Pont, placez-vous face à Notre-Dame et observez l’étroit chenal dans lequel coule la Seine, entre la rive gauche et l’île de la Cité, du Petit-Pont au pont au Double. Vous ne remarquez rien ? Vous ne trouvez-vous pas que ce bassin entre ses grands murs de pierre a un côté austère, voire même artificiel ? Et pour cause ! Les bâtiments qui encadraient la Seine ont purement et simplement disparu.

    Comme nous l’avons déjà dit, jusqu’en 1878, sur la rive gauche, entre la rue de la Bûcherie et la berge, un grand bâtiment construit au tout début du 17ème siècle, sous le règne d’Henri IV, servait d’annexe à l’Hôtel Dieu. On y accueillait les malades dans la salle Saint-Charles, puis, à partir du 18ème siècle, dans une extension, la salle Saint-Antoine qui jouxtait le Petit Châtelet. Et, face à lui, juste de l’autre côté de la rivière se dressait, depuis le Moyen-Age, l’Hôtel Dieu. Autrement dit, à l’origine, l’Hôtel Dieu se situait sur, sur la droite de la cathédrale Notre Dame et non sur sa gauche comme c’est le cas aujourd'hui (et depuis le Second Empire). Du 12ème siècle jusqu’à la fin du 19ème siècle,  sur 120 mètres de long, les cinq salles, les trois chapelles et  le réfectoire de l’Hôtel Dieu se dressaient sur la rive gauche de l’île de la Cité, entre la cathédrale et le Petit-Pont. Ainsi, la rivière coulait-elle entre les hauts murs du premier grand hôpital parisien.

     

    Un double sou pour traverser la rivière

    Quittons le Petit-Pont, revenons vers le quai de Montebello, sur la rive gauche de la Seine. Longeons le quai en direction de la cathédrale, jusqu’au pont suivant, le pont au Double. Arrêtons-nous quelques instants sur ce pont. A partir du 17ème siècle, époque où l’Hôtel Dieu s’étend de part et d’autre de la rivière, le pont au Double faisait ni plus ni moins partie de l’Hôtel Dieu, dont il reliait les bâtiments. Il s’agissait d’un pont couvert, à usage interne, doté d’une salle d’accueil pour les malades, la salle Saint-Cosme. Bref, un pont fermé.

    Toutefois un passage, aménagé sur le côté du pont, permettait à tout un chacun de franchir la Seine, à condition de payer un double sou : c’est ce qui a valu au pont son nom de pont au Double. Plus tard, au milieu du 17ème siècle, un autre, le pont Saint-Charles, fut édifié entre l’Hôtel Dieu et son annexe, à mi-chemin entre le Petit-Pont et le pont au Double.

    Finalement, après une longue série d’incendies, de reconstructions, d’extensions, de rénovations, l’Hôtel Dieu - rebaptisé Maison de l’Humanité sous la Révolution - fut définitivement démoli en 1878, et transféré dans ses nouveaux bâtiments de l’autre côté de la cathédrale.

     

    Maquette de l'Hôtel Dieu de Paris, Crypte archéologique de Notre-Dame

    Mémoire du quartier Notre Dame

    Chers amis de «Ça vaut le détour », pour conclure cette histoire du premier « CHU » de Paris, je vous invite à vous rendre sous le parvis de Notre-Dame, dans la Crypte archéologique. Vous y découvrirez - tout de suite après la caisse, dans une vitrine sur votre droite - une merveilleuse maquette en bois du parvis de Notre-Dame à la fin du règne de Louis XV. Ainsi pourrez-vous toutà loisir explorer le vieil Hôtel Dieu, de part et d’autre de la Seine, avec ses annexes et ses ponts.

     

    Profitez en également pour découvrir tout un quartier dont le plan hérité du Moyen-Age a été irrémédiablement détruit par la mégalomanie du Second Empire : c’est sans doute le plus grave dégât collatéral de la reconstruction haussmannienne !

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  • Quand Les Invalides étaient Saint-Marc-sur-Seine

    Quand Les Invalides étaient Saint-Marc-sur-Seine

    Imaginez une fontaine monumentale au beau milieu de l'esplanade des Invalides. Et au sommet de la Fontaine... Le lion de Saint-Marc, piqué à Venise !

     

     

    Sans doute savez-vous que les authentiques chevaux de la basilique Saint-Marc de Venise trônaient au sommet du Carrousel du Louvre, lors de son inauguration par Napoléon Bonaparte en 1809. 

     

    Mais peut-être ignorez-vous que le lion de Saint Marc - celui là même qui s’envole sur sa colonne devant le Palais des doges à Venise - ornait, à la même époque une fontaine, au beau milieu de l’esplanade des Invalides (juste au carrefour de la rue Saint-Dominique, au lieu-dit des Quatre chemins).

     

    Dans les bagages du Premier consul

    Le lion de Saint Marc est arrivé à Paris, en même temps que les célèbres chevaux de la basilique vénitienne. Napoléon avait ramené le tout dans ses bagages, en 1797, après la première campagne d’Italie et l’occupation, éphémère, de la Sérénissime. 

     

    Non content de singer les généraux romains en faisant édifier un arc de triomphe à la gloire de son armée, le Premier consul se comportait, comme eux, en prédateur. 

     

    Juste retour des choses :  la chute de l’Empereur en 1815 amena la France à restituer à Venise ses précieux symboles. Mais, dans cette affaire, la Sérénissime n’était pas, elle-même, au dessus de tout soupçon. Le lion et le quadrige sont des antiquités dont l’origine n’a rien de vénitienne.

     

     

    Les chevaux de Saint Marc, copie de quadrige de Constantin installée sur la baisilique Saint Marc de Venise

    La Sérénissime n'était pas au dessus de tout soupçon

     

    Les quatre chevaux, qui ornaient depuis le quatrième siècle l’hippodrome de Constantinople, avaient été ramenés a Venise en 1204 après le sac de Constantinople par la quatrième croisade (on peut aujourd’hui les admirer à l’intérieur de la Basilique Saint-Marc).

     

    Quant au lion ailé, il n’a pas grand chose à voir avec Saint-Marc, le patron de Venise : il s’agit d’une antiquité vraisemblablement originaire de Perse et représentant une chimère !

     

    Le plus extraordinaire, c’est que Saint-Marc dont le lion est le symbole, est lui-même un emprunt de la Sérénissime... A l’origine, la République de Venise s’était donnée pour saint patron un certain Théodore Tiron (lui-même sur une colonne, place Saint Marc, à côté du lion). On pouvait rêver plus prestigieux ! 

     

    Alors, quand des marchands au 9ème siècle s’emparent à Alexandrie des reliques du célèbre évangéliste Saint-Marc, la Sérénissime eut tôt fait de se l’approprier et d’en faire son nouveau patron. Et cet emprunt va empoisonner, pendant des siècles, les relations de la Sérénissime avec les catholiques orthodoxes d’Egypte. Au point que Paul VI finira, en 1968, par restituer aux coptes les reliques de Saint-Marc !

     

     

    Un lion pas très catholique

    Enfin, pour faire bonne mesure, l’association de Saint Marc avec le lion n’a rien, elle non plus, de si évidente. C’est une allusion au premier verset de l’évangile de Saint-Marc : « Une voix crie dans le désert». Bref, Saint Marc n’a sans doute jamais croisé le roi des animaux et son lion ailé n’est jamais qu’une chimère !

     

    Mais rien ne justifiait pour autant de piquer le fameux lion. Et encore moins d’aller le percher sur une improbable pyramide au milieu d’une fontaine parisienne. 

     

    Bref, nous n’avons guère de raison de pleurer sur la perte du lion et encore moins sur la disparition de la fontaine des Invalides. Celle-ci, après avoir été surmontée d’une fleur de lys à la Restauration, puis d’une statue de Lafayette sous la Monarchie de Juillet, a été finalement rasée en 1840, pour pouvoir laisser passer le convoi funéraire lors du retour des cendres de Napolén 1er

     

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  • Place du Marché sainte-Catherine : la mémoire de Bouvines

    Place du Marché sainte-Catherine : la mémoire de Bouvines

    Saviez-vous que la place du marché Sainte-Catherine conserve la mémoire d'une des plus célèbres victoires françaises du Moyen-âge ? Explications.

     

    Qui pourrait imaginer que  l'harmonieuse place, dessinée au 18ème siècle par Maximilien Brébion, l’architecte du roi Louis XVI, garde la trace du règne de Philippe Auguste ?

     

    Le Marché Sainte-Catherine a été construit à l’emplacement du couvent Sainte-Catherine-du-Val-des-Ecoliers. La chapelle de ce prieuré avait été fondée par trois sergents en mémoire de la victoire de Philippe-Auguste, le 27 juillet 1214, à Bouvines.

     

    Une grande victoire sur la coalition

    Dans cette petite bourgade du Nord de la France, à quelques kilomètres de Lille, sur la rive droite de la Marque, l’armée du roi de France a vaincu la puissante coalition, menée par l’empereur Otton IV : une alliance qui regroupait les forces de l’empire germanique, de l’Angleterre et de la Flandre. 

     

    Après cette bataille victorieuse, livrée par surprise un dimanche contre toutes les règles du monde chrétien, Philippe Auguste était au sommet de sa gloire.  Il avait triomphé de grands féodaux comme Ferrand du Portugal, comte de Flandre, qui fut enfermé pendant 14 ans dans la grosse tour du Louvre. Et il s’affirmait comme l’un des plus puissants souverains de l’Occident. 

     

    A la mort de son père Louis VII, le domaine royal se limitait à l’Ile-de-France et au Berry. Au fil d’incessants combats, de victoires et de revers face aux Plantagenêts, Philippe Auguste contrôlait désormais quasiment tout le territoire actuel de la Picardie, de la Normandie et des Pays-de-la-Loire. 

     

    Et son influence, par le jeu des alliances, s’étendait sur tout l’Ouest. La France devenait une puissance maritime, contrôlant désormais des ports importants (Dieppe, Rouen, des ports de Bretagne et de Saintonge). De surcroît, elle s’affirmait, fait nouveau, comme une nation.

     

     

    Une communauté de chanoines

    A Bouvines, les sergents d’armes de Philippe Auguste avaient fait le voeu, s’ils obtenaient la victoire, d’élever une chapelle à Paris. Ce voeu rencontra le souhait d’une nouvelle communauté religieuse qui voulait établir un prieuré dans la capitale :  l’ordre du Val-des-Ecoliers, fondé en Champagne, quelques années avant la bataille de Bouvines, par des chanoines de l’Université de Paris et leurs écoliers soucieux de se retirer du monde.

     

    Cette communauté, qui suivait la règle de Saint-Augustin comme toutes les ordres canoniaux formés à cette époque, s’était placée sous le patronage d’une vierge, Sainte-Catherine, en référence à son voeu de chasteté.

     

    A Paris, le couvent Sainte-Catherine-du-Val-des Ecoliers, s’établit hors les murs à quelques dizaines de mètres de la porte Baudet. Son territoire s’étendait entre les actuelles rues Saint-Antoine, Francs-Bourgeois, Sévigné et Turenne. Et son cloître se situait à l’endroit précis où nous trouvons, l’actuelle place du Marché Sainte-Catherine. 

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  • Voltaire dans le ventre du cheval d'Henri IV

    Voltaire dans le ventre du cheval d'Henri IV

    Pourquoi donc avoir fait enfermer dans la statue équestre du premier roi Bourbon, un poème du philosophe des Lumières ?

     

     

    Pour remettre en selle la monarchie, le roi Louis XVIII (1755-1824), petit fils de Louis XV, n’avait rien trouvé de mieux que de réinstaller, en 1818, sur le Pont Neuf la statue équestre d’Henri IV, détruite à la Révolution. Et sans doute pour rappeler que les philosophes des Lumières n’étaient pas tous hostiles à la monarchie il avait fait glisser dans le ventre du cheval, une copie du poème épique, La Henriade, composé par Voltaire à la gloire de Henri IV. 

     

    Voilà qui faisait peu de cas de la vérité historique. Primo, la création du Pont Neuf revient à Henri III. Henri IV n’a fait qu’inaugurer le premier pont en pierre de la capitale. Deuxio, Voltaire, certes déiste et monarchiste, n’avait évidemment rien d’un admirateur béat de l’Ancien Régime : il a utilisé La Henriade pour commencer à régler ses comptes avec la religion. Le régime de Louis XV ne s’y était pas trompé. Le poème épique avait été interdit de publication.

     

    Bref ! On a sacrément bien fait d’enlever La Henriade du ventre du cheval. La boîte qui contenait le poème est désormais aux Archives nationales.

     

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  •  Absolution du roi Henri IV par le pape Clément VIII

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    Voici la forme de l’absolution que le pape donnait aux têtes couronnées qui avaient encouru l’excommunication pour cause d’hérésie, ou pour toute autre cause.

    Henri IV
    Henri IV

    On dressait devant la porte de la basilique de Saint-Pierre, un trône pontifical orné richement ; le Saint-Père s’y faisait porter en procession, et y présidait la baguette à la main, au milieu de la cour apostolique. Le grand-maître des cérémonies apportait une douzaine de verges, qu’il distribuait à douze cardinaux qui assistaient à cette cérémonie. Les ambassadeurs du prince excommunié comparaissaient avec humilité devant cette redoutable assemblée, et se jetaient aux pieds du Saint-Père ; malgré l’indignité de celui qu’ils représentaient, le vicaire de Jésus-Christ voulait bien les baiser.

    Ensuite un de ces ambassadeurs demandait pardon à haute voix, et à l’Eglise et au Saint-Siège, offrait au nom de son maître une réparation, et demandait l’absolution. Après qu’on avait vérifié leurs pleins pouvoirs, et qu’ils avaient fait serment sur les évangiles et sur la Sainte Croix d’être en tout fidèles au pape et à l’Eglise, l’absolution commençait. Le Saint-Père et les douze cardinaux chantaient le Miserere, observant au commencement de chaque verset du psaume, de donner un coup de verge sur les épaules des ambassadeurs. La cérémonie finissait par d’autres prières, et par l’imposition d’une pénitence proportionnée à la faute de celui qui venait d’être absous.

    C’est ainsi que le pape Clément VIII donna l’absolution à Henri IV. D’Ossat et Duperron, qui, dans la suite, furent tous deux cardinaux, reçurent les coups de baguette en lieu et place du roi. Pour peines et œuvres ordinaires de piété, il fut imposé à sa majesté de dire tous les jours le chapelet, le mercredi les litanies, le samedi le rosaire ; et de plus, il lui fut ordonné de fonder un monastère en chaque province de son royaume, et notamment dans le Béarn, son domaine particulier, qu’il fallait déshuguenotiser.

    Les ambassadeurs eurent beaucoup de peine à empêcher que le pape ne se servît de cette formule : « Nous réhabilitons Henri dans sa royauté. »

    « Ce fut à cette occasion, dit Hénaut, que le roi, qui cherchait à ménager la cour de Rome, donna indifféremment à tous les cardinaux le titre de cousin, au lieu qu’ils n’avaient auparavant que le titre de cher ami, s’ils n’étaient princes ou favoris. »

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