• LE RAVISSEMENT D’ANDROMÈDE.................José Maria de Heredia (1842 - 1905) .....

    LE RAVISSEMENT D’ANDROMÈDE

      
    D’un vol silencieux, le grand Cheval ailé 
    Soufflant de ses naseaux élargis l’air qui fume, 
    Les emporte avec un frémissement de plume 
    À travers la nuit bleue et l’éther étoilé. 
      
    Ils vont. L’Afrique plonge au gouffre flagellé, 
    Puis l’Asie... un désert... le Liban ceint de brume... 
    Et voici qu’apparaît, toute blanche d’écume, 
    La mer mystérieuse où vint sombrer Hellé. 
      
    Et le vent gonfle ainsi que deux immenses voiles 
    Les ailes qui, volant d’étoiles en étoiles, 
    Aux amants enlacés font un tiède berceau ; 
      
    Tandis que, l’œil au ciel où palpite leur ombre, 
    Ils voient, irradiant du Bélier au Verseau, 
    Leurs Constellations poindre dans l’azur sombre. 

    « La Nuit est seule, comme un pauvre. .............Georges Rodenbach (1855-1898) LES MÔMES......................Eugène Héros (1860-1925) »
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  • Commentaires

    2
    Mardi 11 Février à 13:14

    Merci cochonfucius pour ces 2 poèsies que j'apprécie toujours autant à te lire

    LD

    1
    Mardi 11 Février à 11:53

    (1)   Vagabondage du dragon
          -------------------------

    Un dragon débonnaire au loin s’est envolé
    Comme voulant quitter ce monde d’amertume ;
    Dans les fiers battements de ses ailes sans plumes,
    Nous entendons l’écho d’un cosmos affolé.

    Certains ont applaudi quand il a décollé,
    Mais lui, sans rien répondre, est parti dans la brume ;
    Il s’élève au-dessus des flots chargés d’écume,
    D’un étonnant prestige il est auréolé.

    On me dit qu’il est né sous une bonne étoile,
    Que son portrait jadis fut peint sur une toile,
    Dont un grand roi tira des motifs pour son sceau.

    Il est trop loin, déjà, je ne vois plus son ombre,
    Il va vers le Ponant où le grand soleil sombre ;
    Où ne vit aucune âme, où ne va nul vaisseau.

     

    (2)   Cheval qui plane

              ----------

     

    Je vois, dans le ciel clair, un cheval s’envoler
    Et passer au lointain près d’un dragon qui fume,
    Vision d’apocalypse, et que n’ai-je une plume
    Habile à vous montrer ce tableau bariolé !

    Le dragon sur le sable au soir est immolé ;
    Le cheval merveilleux plane au loin quand la brume
    D’un feu crépusculaire alentour se consume,
    Dont l’animal magique est tout auréolé.

    Le cavalier mettra le cap sur une étoile
    (Ce qui de plus d’un peintre inspirera la toile,
    Ces gens-là sont très forts, que n’ai-je leur pinceau !)

    Andromède et Persée (ou seraient-ce leurs ombres)
    Visitent l’univers, éternels jouvenceaux
    Que plus aucun dragon n’attriste ou ne rend sombres.

     

     

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