• LE PONT........Victor Hugo (1802-1885)

    LE PONT

    J’avais devant les yeux les ténèbres. L’abîme
    Qui n’a pas de rivage et qui n’a pas de cime,
    Était là, morne, immense ; et rien n’y remuait.
    Je me sentais perdu dans l’infini muet.
    Au fond, à travers l’ombre, impénétrable voile,
    On apercevait Dieu comme une sombre étoile.
    Je m’écriai : — Mon âme, ô mon âme ! il faudrait,
    Pour traverser ce gouffre où nul bord n’apparaît,
    Et pour qu’en cette nuit jusqu’à ton Dieu tu marches,
    Bâtir un pont géant sur des millions d’arches.
    Qui le pourra jamais ? Personne ! ô deuil ! effroi !
    Pleure ! — Un fantôme blanc se dressa devant moi
    Pendant que je jetais sur l’ombre un œil d’alarme,
    Et ce fantôme avait la forme d’une larme ;
    C’était un front de vierge avec des mains d’enfant ;
    Il ressemblait au lys que la blancheur défend ;
    Ses mains en se joignant faisaient de la lumière.
    Il me montra l’abîme où va toute poussière,
    Si profond, que jamais un écho n’y répond ;
    Et me dit : — Si tu veux, je bâtirai le pont.
    Vers ce pâle inconnu je levai ma paupière.
    — Quel est ton nom ? lui dis-je. Il me dit : — La prière.
     

    Jersey, décembre 1852.
    « Ma vie est un Enfer,...........Flaminio de Birague (1550 ?-ca. 1610). Par Cochonfucius »
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  • Commentaires

    2
    Mardi 11 Juillet à 16:05

    Merci Elisabeth pour les 2 commentaires sous les poèmes

    LD

    1
    Mardi 11 Juillet à 11:33

    on ne se lasse pas des si beaux poèmes 

     

    de victor hugo

     

    il faut lire à plusieurs reprises pour mieux comprendre

    de chaque mot

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