• Le Conseil de révision"J.A. copyright@"

    Le Conseil de révision


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    Nous sommes en 1947, la France a repris la vielle tradition des armées nationales, faire passer ses jeunes hommes à la toise. 

    Dans tous les sens du terme. 
    Comme dans tous le pays, une centaine de taurillons, compagnons d'âge, faisant partie de la « classe », 
    vont être lâchés dans l'arène de l'égalité souveraine. 
    Fils de riches ou de pauvres, tout le mode y passe, un des rares moments d'égalité parfaite en France. 
    Ensuite, ça "s'arrangeait" à l'incorporation,

    Quand le "piston" pouvait jouer.
    Le rideau se lève pour vous... "Honny soit qui mal y pense !"
    Le contingent attend, feuille bleue d’appel en vue, 
    l’air penaud, le fessier serré, 
    car tous doivent se présenter dans le plus simple appareil devant une tablée de notables ; du Préfet à l’adjoint au maire, et de quelques femmes fraîchement élues aux "municipales" lesquelles ne savent ou se mettre. 
    Le plus souvent, dans les petites mairies,
    tout se déroulait entièrement dans la même salle. 
    Dans les plus grande, celle des mariages, sous le buste de Marianne. 
    Les garçons de 18 ans convoqués par courrier, se préparaient dans une autre salle de la mairie, pas forcément mitoyenne. 
    Se préparer, ça consistait uniquement à se déshabiller complètement, 
    à retirer son caleçon (peu de slip à l'époque) 
    et attendre son tour avec les autres. 
    Tout un rituel impressionnant, Sous la direction et la surveillance de gendarmes en uniforme. 
    Leur présence impose le silence quitte à rudoyer un peu. 
    C'est la pesée sur la balance pour le poids, le passage sous la toise pour la taille, la lecture de quelques lettres pour vérifier la vision...
    Pour comprendre, il est indispensable de tout replacer dans le contexte des années 1946-60-70. 
    Epoque où tout ce qui avait rapport au sexe et à la nudité ne s'exprimait pas ouvertement, de près ou de loin. 
    L'extrême pudeur régnait encore sur la France. 
    Au moins 60% de la population menait une vie sexuelle clandestine. 
    " La Grande Muette ", était l'une des soupapes de la société...
    Les jeunes gens se regardent quelque peu ahuris. 
    Les uns se redressent, d’autres se bousculent, 
    en voulant disparaître dans la foultitude. 
    La majorité, dans un réflexe palpébral, respirent fort et cachent de la dextre, comme dans un écrin, 
    ce petit bout de rien qui ne mérite pas tant de prévenance. 
    — "On se tient droit devant les autorités, on fait demi-tour, trois pas, on répond aux questions et on se retire après la décision… Vu !… "
    — "Ou c’est une visite médicale ou ils nous prennent pour un musée !" 
    — "Si j’avais su, je me serais lavé les pieds ! ... "
    Car il n'y a eu probablement pas de douche avant la visite médicale. 
    Simple à comprendre, la plupart n’ont jamais été tout nu collectivement. 
    A la maison, débarbouillage quotidien à l’évier de cuisine et toilette (hebdomadaire ?) dans un baquet, dans la cuisine. 
    Alors à 18 ans, tomber dans une telle situation ne pouvait être que trouille, mal au ventre et état dépressif avant d’aller …
    D'abord le passage sous la toise, pesée par un gendarme, acuité visuelle, audition, conformation des pieds, antécédents familiaux et médicaux, études suivies, profession (à l’époque, la majorité des garçons travaillaient déjà bien avant " l’appel sous les drapeaux "), 
    palpation des ... Et quelques hors d’oeuvre supplémentaires. 
    Les " jeunes gens ", sont assis sur des chaises en bois. Chaque fois qu’un " candidat " passe devant les contrôleurs, tout ce beau monde doit se décaler d’une place. Derrières et entre-jambes sont en sueur… imaginez le bruit ! Arrachement du séant, succion… puis… splash ! 
    - "C’est… c’est dégueu… 
    - Oui vous avez raison, Madame ! Et encore je ne confesse pas tout, pour épargner vos chastes oreilles..."
    Et il y a l'interrogatoire, un fonctionnaire consigne les réponses. 
    — Tu étudies quoi ? 
    — La philosophie, 
    — C’est pas un métier ça, ça va te rapporter des nèfles ! 
    — Et toi ? 
    — La banque. 
    — C’est pas fait pour travailler ça, c’est pour vivre ! 
    — Et l’autre là ? ... 
    On en passe et pas des meilleures... 
    Puis il faut monter dans la grande salle pour l’ultime épreuve, le passage devant le grand jury : " le Conseil de Révision "....
    Alors là, grand spectacle. Au bout, une longue table couverte d’un tapis vert, et assis derrière, face à la salle, ces messieurs-dames du Conseil et le corps médical. 
    Au milieu, présidant le Conseil il y a le Préfet, ou son Secrétaire Général. Autour : des gens probablement importants, officiers supérieurs, représentants de ceci ou de cela, institutionnels ou pas , que sais-je ?
    Il fallait s'exhiber, toujours nus devant les membres du conseil qui pouvaient regarder comme ils l'auraient fait à un marché pour le bétail. 
    Seul devant tous, dans le silence général. 
    Tous, sans exception, nous avons montré notre anatomie, 
    préférant d'abord montrer nos fesses à l'assistance. 
    Il fallait ensuite se retourner, face à tout le monde 
    et bien présenter ses attributs ! 
    Bouche grande ouverte, les yeux exorbités, rouge écarlate. 
    Se montrer de face, de profil puis de dos, et se pencher pour la vérification de la souplesse de la colonne vertébrale ... 
    Et cela s'est passé ainsi jusqu'en 1964... 
    Quand chacun en avait terminé pour soi-même, 
    il fallait encore traverser la salle devant tout le monde ; 
    On ne pensait plus à mettre ses mains devant son sexe. 
    Mais à se dépêcher le plus possible. C'était une véritable cavalcade. 
    Les coups de talons nus martelaient le parquet dans le silence général. Dans la chaleur, tout ce qui dépassait pendait au maximum
    et ballottait de tous côtés.
    Ce qui limitait beaucoup la rapidité de la fuite... 
    La majorité était à 21 ans, et tous les grands ados de 18 ans vivaient encore chez papa-maman. Le divorce n'existait pas,
    le concubinage non plus, C'est dire que les familles, 
    les mères en particulier, couvaient leurs ados très tard. 
    L'éducation était beaucoup plus stricte que maintenant. 
    Un ordre moral et religieux rigoureux régnait sur toute la France, et semblait ne jamais devoir se terminer un jour. 
    Les grands ados de 20 ans étaient vraiment traités comme des gamins irresponsables. 
    Des maladies terribles qui n'étaient pas encore totalement éradiquées, comme la tuberculose et la poliomyélite, hantaient les esprits. 
    Une nouvelle maladie terrible et sans remèdes possibles, le cancer, commençait à se développer. 
    On ne "couchait" pas du tout comme maintenant. C'est dire à quel point la famille couvait et déresponsabilisait l'ado !
    La France est un vieux pays de traditions, qui change difficilement, et il aurait été dommage pour les "margoulins" de rater les possibilités exceptionnelles, que le choc de l'événement provoquait sur les futurs défenseurs de la patrie,.. 
    A la porte du Conseil, les marchands du temple attendaient pour décorer tous les gagnants de la cocarde « Bon pour les filles » au prix modique de 10 F. Nombre de naïfs vont se saigner à blanc 
    pour une épinglette à 10 sous. 
    C'était dans une autre vie...

    J.A. copyright@
    ©copyrigth Jean-André.

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  • Commentaires

    12
    Témoignage
    Mercredi 7 Novembre à 12:35

    Il est certain qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui osent raconter tous les détails de ce qui se passait réellement. La honte, la pudeur, et souvent aussi la volonté de ne pas revivre intérieurement un cauchemar. Malgré l'anonymat d'internet, qui seul, permet de faire connaître enfin beaucoup de choses. Je suis un habitué de ces recherches et je suis aussi un chasseur de témoignages. Il n'est pas facile du tout d'obtenir des détails de la part de ceux qui les ont vécus. La réticence est omniprésente. Il faut extraire, arracher, des informations. Par des recoupements avec différents récits on peut se faire une idée exacte du comment et du pourquoi.

       Pour les conseils de révision c'était toujours dans les locaux d'une mairie, et organisé un peu de la même façon mais avec beaucoup de variantes locales. Au contraire pour les 12 centres de sélection c'était très différent d'un centre à l'autre. Et dans le même centre très différent d'une année à l'autre.  

    Pour le conseil de révision tous les ados savaient ce qui les attendaient, dès leur plus jeune âge, et les " spectateurs " aussi. C'était une cérémonie presque publique, avec toujours beaucoup de gens de l'extérieur.  

       Les centres de sélection au contraire étaient un milieu très fermé, en dehors du personnel et des conscrits, il n'y avait jamais personne de l'extérieur. Comme les jeunes garçons de 18 ans n'étaient pas pressés de raconter ce qu'ils avaient subis, presque rien ne filtrait à l'extérieur. Le personnel en privé pouvait raconter beaucoup de choses. Tout était possible, même le plus sordide. Pour les bizutages-formation dans les casernes aussi.

    " La guerre invisible " n'est qu'un très lointain aperçu de ce qui se passait réellement avec les jeunes garçons. L'Armée française a commis la lourde erreur de recruter des femmes, mais sans changer suffisamment ses habitudes !  Si les jeunes garçons par nature se taisent concernant de telles circonstances, les femmes adultes elles, pas forcément.

      • Mercredi 7 Novembre à 13:20

        Merci pour votre témoignage

        et contente que mon site a pu vous permettre de raconter

         votre histoire, et qui intéressera surement plusieurs autres

        personnes qui ont subi la même chose que vous

        Cordialement

        LD

         

    11
    Témoignage
    Samedi 20 Octobre à 22:20

      Etant donné ce que j'ai subi malgré moi, pendant les 30 premières années de ma vie, dans mon cas personnel en particulier, j'ai été obligé de chercher l'explication, le pourquoi du comment, concernant un certain nombre de procédés et de traditions qui n'existent plus maintenant, mais que les plus de 50 ans ont encore connus.   Et pas seulement pour les conseils de révision et centres de sélection.

        A ce sujet il est indispensable d'évoquer le conflit quotidien, acharné et de chaque instant, toutes les années 1950,60 et 70, dans toute la France, entre les laïcs et l'Eglise Catholique. Une haine mortelle réciproque. Tous les moyens étaient bons pour essayer de détrôner l'autre.   Sur les 12  Centres de sélection,  Mâcon est l'un des rares à n'avoir jamais accepté le slip. Ils nous obligeaient à retirer aussi la montre, les lunettes, les bracelets, colliers, mais pourquoi ??   Il faut noter que c'est un curé, qui était député, qui a réussi à faire accepter le slip dans certains conseils de révision et plus tard dans certains centres de sélection. Et aussi pour les visites médicales scolaires. Dès 1927, à l'arrivée du caoutchouc pour faire les élastiques, les Associations Familiales Catholiques ont bondi sur cette occasion pour essayer de faire accepter le slip, par la médecine scolaire comme par la médecine militaire. Sans beaucoup de succès, face aux laïcs.

       Ce qui se passait il y a encore 45 ans est difficilement croyable de nos jours. Et pourtant authentique et bien réel !!  Plus on remonte dans le temps plus c'est de pire en pire.

    10
    Témoignage
    Samedi 20 Octobre à 21:45

      La nudité était imposée parce que les grands slips coton blanc qui montaient très haut et qui cachaient trop le corps empêchaient les examens complets indispensables.

       Le slip années 60 a été inventé par " Petit-bateau " en 1919, et le caoutchouc pour faire les élastiques est arrivé en France en 1927. Entre 1919 et 1927 il n'y avait que des agrafes, des boutons et des élastiques. Le slip a été créé pour les sportifs, et à cause du voyeurisme sous les jupes sous lesquelles il n'y avait rien, surtout au moment des bals. Avant 1919 le conseil de révision c'était toujours tout nus. Puisqu'il n'existait que des caleçons très longs en coton. 

       Pour une autre raison aussi : l'aguerrissement des futurs soldats. En temps de guerre il faut savoir oublier complètement sa pudeur, en toutes circonstances, et devant n'importe qui, même la foule, et immédiatement à l'improviste, sans aucune hésitation. Et ça ne s'apprend pas en quelques jours. C'est aussi pour ça que au début du service militaire et pendant les premiers mois, étaient organisés des bizutages-formations, qui consistaient en des " mises à l'air " collectives et publiques à répétition des jeunes appelés, qui se déroulaient le soir dans les chambrées, et qui pouvaient durer plusieurs heures. Etant donné le contexte social des années 60, donner de nouvelles habitudes comme celle là à des jeunes de 20 ans, ce n'était pas évident du tout !   Jai subi moi aussi, pendant 3 mois, quasiment quotidiennement, cette "formation" un peu particulière. D'autant plus que j'avais toujours été d'une pudeur extrême et ils m'ont repéré tout de suite ... 

       Pour cette même raison, les 12 centres de sélection étaient chargés de rivaliser d'imagination, pour inventer les meilleurs procédés pour arriver à faire oublier complètement leur pudeur à de futurs militaires. C'était quasiment un concours national. Certains centres comme Mâcon avaient dans toute la France une réputation d'impudeur maximum particulièrement réussie. C'est comme ça qu'on été inventés les bancs de Mâcon. Surtout que dans les locaux des visites médicales des centres de sélection il n'y avait personne de l'extérieur des casernes. Les seuls gens qui étaient au courant des procédés étaient uniquement les professionnels qui travaillaient dans les centres. Il n'y avait jamais aucun témoins extérieurs. Alors pourquoi se gêner ?? Puisque ça ne risquait pas de se savoir un jour, dans la société des années 60 ... 

    Malgré tout les procédés de Mâcon étaient tellement scandaleux et révoltants depuis tellement longtemps qu'ils ont finis par être connus, et ça jasaient beaucoup dans un rayon de 300km ! C'est pour ça que les bancs ont disparus, après quand même des années de présence. Dès leur arrivée au centre de Mâcon, la veille au soir du premier jour, les conscrits qui avaient été prévenus par leurs grands frères, complètement horrifiés, prévenaient les autres nouveaux arrivants de ce qui les attendaient l'après midi du 3ème jours. Il paraît que l'attente pendant les 2 premiers jours était pour tous assez angoissante ... 

        Nous sommes des milliers à être passés sur ces bancs. Ceux qui étaient ajournés pour raison de santé y passaient une 2ème et même une 3ème fois, donc 3 ans de suite ! Même plusieurs dizaines d'années après il n'y en a pas beaucoup qui ont envie de raconter ce qu'ils ont vécu là bas, malgré l'anonymat d'internet ! 

     

     

      • Témoignage
        Mercredi 7 Novembre à 12:12

        Il est certain qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui osent raconter tous les détails de ce qui se passait réellement. La honte, la pudeur, et souvent aussi la volonté de ne pas revivre intérieurement un cauchemar. Malgré l'anonymat d'internet, qui seul, permet de faire connaître enfin beaucoup de choses. Je suis un habitué de ces recherches et je suis aussi un chasseur de témoignages. Il n'est pas facile du tout d'obtenir des détails de la part de ceux qui les ont vécus. La réticence est omniprésente. Il faut extraire, arracher, des informations. Par des recoupements avec différents récits on peut se faire une idée exacte du comment et du pourquoi.

      • Témoignage
        Mercredi 7 Novembre à 12:02

        Je suis resté tellement marqué par ce que j'ai subi, que je collectionne les témoignages. Pour la nudité imposée, comme pour certains procédés et certains comportements inavouables, des années 50,60 et 70, que j'ai subis au jour le jour. Et très difficiles à croire de nos jours pour ceux qui n'y étaient pas.

           Je suis fils de déporté guerre de 40. En 1941 mon père a été arrêté par les nazis pour aide active à la Résistance. Il s'est enfui de déportation, il a échappé à la gestapo (j'oublie volontairement la majuscule !), il est revenu vivant fin 44 avec beaucoup de chance. Pendant au moins les 30 ans qui ont suivis leur retour, les déportés se sont abstenus de raconter ce qu'ils avaient subi et vu. Pour une seule raison : personne ne voulait les croire ! C'est exactement pareil aujourd'hui pour ceux qui ont vécu les 30 ans qui ont suivis la guerre de 40.

              Trente années catholiques à outrance, avec un code civil et un code pénal avant tout catholiques, une répression pénale totale épouvantable régnait sur tout ce qui concernait le sexe et la nudité quelle qu'en soit la forme. Mais derrière les apparences, et sous différents prétextes tout était possible !! L'ordre social étant en partie très contestable, existait partout quotidiennement une double vie. Encouragée par quantité de professionnels. L'Occupation par les nazis nous avait habituée à la clandestinité, il suffisait de garder les bonnes habitudes. En plus il existait une vraie vie privée des familles, qui permettait de faire tout ce qu'on voulait, et entre familles aussi.  Avec en plus la volonté collective clandestine de changer cette société d'interdiction de absolument tout, absurde et contre nature. Les femmes en pantalon au tribunal correctionnel, les préservatifs vendus uniquement sur ordonnance, et les homos adultes consentants en privé en prison pour trois ans. Ca a changé j'avais 30 ans. Puisque je suis né juste après la guerre de 40. Le porno très soft était interdit par la loi au PLUS de 21 ans. Il est certain que plus on remonte loin dans le temps plus les procédés étaient terribles. Les plus de 80 ans ont beaucoup de choses à révéler, car eux non plus ne peuvent pas oublier. 

           J'ai été d'une pudeur pas maladive, mais extrême, de mon premier souvenir jusqu'à plus de 25 ans. Et pour mon plus grand malheur, j'ai été atteint dès mon plus jeune âge de plusieurs anomalies intimes, très inquiétantes d'évolution incertaine, qu'il fallait absolument surveiller plusieurs fois par an. L'un des tout premiers souvenirs de ma vie, et le plus traumatisant, c'est ma mère qui me déculotte elle même chez mon 1er médecin de famille. Et ça a duré jusqu'à plus de 20 ans. Ensuite j'ai subi les bizutages-formation du service militaire, connus pour être les pires de tous. Pour être un bon soldat il faut savoir se déshabiller immédiatement devant n'importe qui, à l'improviste et quelle que soient les circonstances. Et ça ne s'apprend par en 8 jours. Surtout dans le contexte éducatif de la jeunesse dans ces années là, aux antipodes d'aujourd'hui.

            Il est indispensable de faire connaître aux générations futures ce qu'elles n'ont pas connu. En particulier ce qui concerne la petite Histoire sociale inavouable. Car l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement. Connaître le passé pour comprendre le présent, et pour prévoir l'avenir. " Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ! " Winston Churchill 1946.

      • Dimanche 21 Octobre à 07:45

        J'aimerai savoir témoignage si c'était partout pareil

        je trouve votre témoignage poignant si je pouvais l'envoyer

        à cette personne je le fairais malheureusement très malade

        je me suis vraiment intéressée et poutant à cette époque des 

        années 60 j'avais 22 ans et jamais j'ai entendu chose pareil

        mon frère à fait son conseil de révision mais nous a jamais parlé

        d'une chose pareille peut être aussi par pudeur.

        Merci pour m'avoir appris autant de choses

        Bon week-end

        LD

         

    9
    Vendredi 19 Octobre à 17:57

    Témoignage : merci à nouveau mais je ne peux vous répondre

    concernant ce sujet de cette personne de 87 ans 

    je suis désolée 

    Par contre vous m'avez beaucoup appris concernant ce conseil de Révision de l'époque toujours bon à savoir merci

    LD

    8
    Témoignage
    Vendredi 19 Octobre à 16:46

      A Mâcon à l'époque des bancs, les lattes horizontales étaient très près du sol. Des lattes longues et étroites en bois vernis couleur acajou aux bords très bien polis et très bien rivetées. Conçues et assemblées pour recevoir des fesses nues de 18 ans. Donc les conscrits n'étaient pas assis mais quasiment accroupis. La position spontanément ouvrait au maximum  les cuisses et les relevaient au maximum devant tout le monde. Au final chacun avait les jambes écartelées. Les 2 coudes sur ses deux genoux, et avait les doigts de ses 2 mains croisés à plat 20cm sous le menton. Même les grosses fesses comme les miennes étaient complètement ouvertes par la position. Et donc tous obligés de bien présenter son sexe devant tout le monde. Les cuisses étaient tellement relevées haut, que si on les resserrait le sexe pendait entièrement vers le sol sous les fesses devant tout le monde. Position tellement ridicule, que aucun ne pouvait l'envisager. Donc il fallait rouvrir les cuisses, et accroupis comme on l'était c'était forcément les rouvrir très largement.  

    Il y avait 2 ridelles très hautes de chaque côté pour empêcher de se tourner sur le côté, et une latte verticale assez haute sur toute la longueur du banc pour obliger à s'asseoir sur le devant du banc. Afin que les sexes pendent  le plus possible vers le sol, plus exactement dégringolent, devant tout le monde. Avec une chaleur caniculaire rare pour des locaux médico-administratifs. En comparaison avec les autres locaux spécialisés, innombrables partout dans les années 60, et déjà très très bien chauffés !

       Il y avait deux bancs habilement disposés en angle, et 2 garçons nus côte à côte sur chaque bancs, dont les genoux se touchaient presque. L'angle des bancs, et les cuisses grandes ouvertes et bien relevées, étaient disposé face à la porte grise de la salle d'examens. Ainsi chacun était mieux préparé, pendant 1/2 heure, à ce qui l'attendait et qu'il  attendait (!). Angle étudié judicieusement pour que les garçons nus soient obligés de s'entreregarder de près. Et pour que le personnel puisse avoir une vue plongeante entre les bancs et sur les garçons qui attendaient leur tour. Pour pouvoir scruter de près et sans aucune gêne, et sans que les garçons puissent se dérober, leurs intimités comme la tête qu'ils faisaient, et leurs moindres réactions, pendant toute la demi heure que durait l'attente !

     Le plus comique, si on peut dire : en s'installant, tous les garçons sans exception refusaient spontanément de prendre cette position odieuse devant tout le monde. Et refermaient leurs cuisses immédiatement, les rouvrant aussitôt, avant de les refermer aussi vite, une véritable gymnastique spectaculaire, réflexe inévitable chez tous.  Tous sans exception gigotaient des cuisses plus ou moins longtemps et de façon différente selon chacun, avant d'accepter enfin de les rouvrir définitivement, puisque ça ne servait à rien d'essayer de faire autrement. Toutes les paires de cuisses se fermaient complètement  et se rouvraient très largement au minimum 5 ou 6 fois de suite chez la plupart. Les plus pudiques gigotaient pendant une éternité, jusqu'à 15 fois de suite, écarlates, la bouche grande ouverte, cherchant de l'air, suffoquant, haletant, dans le silence général.

        L'arrivée d'un nouveau et la façon dont il allait réagir en s'installant et la façon dont il allait gigoter des cuisses, plus ou moins vite et plus ou moins longtemps, et la tête qu'il allait faire, on voyait que c'était le moment que le personnel attendait le plus !  Mais entre nous une immense compassion silencieuse se créait spontanément, doublée d'un voyeurisme total et réflexe.

         Amusant aussi, enfin façon de parler, un certain nombre, qui avaient les cuisses grandes ouvertes et complètement relevées depuis assez longtemps (une demi heure c'était long !), finissaient par s'adresser ouvertement au personnel pour réclamer leurs slips ! Quand un commençaient à se plaindre d'autres en faisaient autant, et ça devenait un concert de protestations. Dans le silence général le plus complet.  Car le personnel ne répondait jamais, continuant à encore mieux scruter de façon incessante les intimités et les visages. N'en perdant pas une miette... 

            Nous sommes certainement des milliers à être passés à 18 ans sur ces bancs diaboliques.Moi c'était dans la 2ème moitié des années 60, une fin de mois de septembre.  Nous étions une soixantaine ce jour là tout l'après midi du 3ème jour, pendant six longues heures. Juste avant de quitter définitivement le centre. (Mâcon, Centre de sélection numéro 7). 

        Les 2 bancs et la table bizarre qui allait avec, étaient un véritable chef-d'oeuvre rarissime de conception et de construction. Beaucoup trop pour ne servir qu'une fois !!  Que sont ils devenus plus tard ? Mobilier sado-maso à mettre dans un musée de l'érotisme, ou vendu aux enchères à un collectionneur vicieux ??  

      • Vendredi 19 Octobre à 18:04

        Merci pour votre témoignage 

        LD

    7
    Témoignage
    Mercredi 17 Octobre à 09:30

      Concernant les conseils de révision et autres cérémonies équivalentes organisées, il faut le reconnaître, avec un art tout particulier, il y a un autre chef-d'oeuvre très poétique surtout à ne pas manquer, ce sont les fameux " bancs de Mâcon " !

    Dans le courant des années 60 les 3100 conseils de révision annuels dans toute la France, ont été progressivement remplacés par 12 centres de sélection. Et pendant des années les deux " cérémonies " ont co-habitées. Les conscrits devant d'abord subir l'une, et ensuite l'autre, à deux ans d'intervalle. 

      Chaque centre de sélection était entièrement libre de choisir différents  procédés pour organiser " le circuit " de la visite médicale. Circuit en slip d'abord et tout nus ensuite, ou tout nus tout de suite. 

    Le centre de Mâcon avait une réputation d'impudeur et d'obscénité maximum, qui faisait jaser Dans un rayon de 300km.

      En particulier les bancs ! Qui sont restés en service au centre de Mâcon pendant des années. Comme des milliers d'autres, je suis passé tout nu à 18 ans sur les bancs de Mâcon fin années 60.

       A Mâcon fin années 60, c'était d'abord uniquement en slip. Grand coton blanc dans ces années là, ouvert ou fermé. Ensuite c'était vraiment tout nu. Il fallait tout retirer complètement même la montre, les lunettes, les chaussettes, colliers, gourmettes,etc. (Pourquoi ?).  Il fallait emprunter tout nu un très long couloir interminable entre deux salles d'attente, sous les yeux du personnel.

      La 2ème salle d'attente était celle des bancs. Bancs construits uniquement en lattes de bois assemblées couleur acajou, ressemblant exactement aux anciennes luges de sport d'hiver. Ces bancs étaient un chef d'oeuvre de conception et de construction, et avaient pour but d'obliger les construits à ouvrir en grand leurs cuisses relevées devant tout les autres et devant le personnel. On était pas assis, mais quasiment  accroupis. Le résultat était l'équivalent d'un fauteuil gynéco.  Il fallait garder la pose 1/2 heure.L'horreur totale ! Surtout dans le contexte social de ces années là.

    Il y avait deux bancs habilement disposés en angle, et une table très particulière qui allait avec, construite dans le même bois. A deux reprise le conscrit était obligé de se mettre debout devant la table en présentant son sexe sous le nez du personnel, et en même temps présenter ses fesses nues sous les yeux des autres à bonne hauteur et à 50cm derrière ! Plus tard retour tout nu dans la première salle d'attente, par le même couloir mais dans l'autre sens,  toujours sous les yeux du personnel ...

        Quand on évoque certains procédés des coutumes et traditions de la France d'autrefois, il est important de mentionner cet épisode mémorable, qui a quand même duré quelques années !! 

      • Mercredi 17 Octobre à 12:52

        Merci pour votre témoignage concernant ce document vécu

        d'une certaine personne 

        LD

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