• Le Conseil de révision"J.A. copyright@"

    Le Conseil de révision


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    Nous sommes en 1947, la France a repris la vielle tradition des armées nationales, faire passer ses jeunes hommes à la toise. 

    Dans tous les sens du terme. 
    Comme dans tous le pays, une centaine de taurillons, compagnons d'âge, faisant partie de la « classe », 
    vont être lâchés dans l'arène de l'égalité souveraine. 
    Fils de riches ou de pauvres, tout le mode y passe, un des rares moments d'égalité parfaite en France. 
    Ensuite, ça "s'arrangeait" à l'incorporation,

    Quand le "piston" pouvait jouer.
    Le rideau se lève pour vous... "Honny soit qui mal y pense !"
    Le contingent attend, feuille bleue d’appel en vue, 
    l’air penaud, le fessier serré, 
    car tous doivent se présenter dans le plus simple appareil devant une tablée de notables ; du Préfet à l’adjoint au maire, et de quelques femmes fraîchement élues aux "municipales" lesquelles ne savent ou se mettre. 
    Le plus souvent, dans les petites mairies,
    tout se déroulait entièrement dans la même salle. 
    Dans les plus grande, celle des mariages, sous le buste de Marianne. 
    Les garçons de 18 ans convoqués par courrier, se préparaient dans une autre salle de la mairie, pas forcément mitoyenne. 
    Se préparer, ça consistait uniquement à se déshabiller complètement, 
    à retirer son caleçon (peu de slip à l'époque) 
    et attendre son tour avec les autres. 
    Tout un rituel impressionnant, Sous la direction et la surveillance de gendarmes en uniforme. 
    Leur présence impose le silence quitte à rudoyer un peu. 
    C'est la pesée sur la balance pour le poids, le passage sous la toise pour la taille, la lecture de quelques lettres pour vérifier la vision...
    Pour comprendre, il est indispensable de tout replacer dans le contexte des années 1946-60-70. 
    Epoque où tout ce qui avait rapport au sexe et à la nudité ne s'exprimait pas ouvertement, de près ou de loin. 
    L'extrême pudeur régnait encore sur la France. 
    Au moins 60% de la population menait une vie sexuelle clandestine. 
    " La Grande Muette ", était l'une des soupapes de la société...
    Les jeunes gens se regardent quelque peu ahuris. 
    Les uns se redressent, d’autres se bousculent, 
    en voulant disparaître dans la foultitude. 
    La majorité, dans un réflexe palpébral, respirent fort et cachent de la dextre, comme dans un écrin, 
    ce petit bout de rien qui ne mérite pas tant de prévenance. 
    — "On se tient droit devant les autorités, on fait demi-tour, trois pas, on répond aux questions et on se retire après la décision… Vu !… "
    — "Ou c’est une visite médicale ou ils nous prennent pour un musée !" 
    — "Si j’avais su, je me serais lavé les pieds ! ... "
    Car il n'y a eu probablement pas de douche avant la visite médicale. 
    Simple à comprendre, la plupart n’ont jamais été tout nu collectivement. 
    A la maison, débarbouillage quotidien à l’évier de cuisine et toilette (hebdomadaire ?) dans un baquet, dans la cuisine. 
    Alors à 18 ans, tomber dans une telle situation ne pouvait être que trouille, mal au ventre et état dépressif avant d’aller …
    D'abord le passage sous la toise, pesée par un gendarme, acuité visuelle, audition, conformation des pieds, antécédents familiaux et médicaux, études suivies, profession (à l’époque, la majorité des garçons travaillaient déjà bien avant " l’appel sous les drapeaux "), 
    palpation des ... Et quelques hors d’oeuvre supplémentaires. 
    Les " jeunes gens ", sont assis sur des chaises en bois. Chaque fois qu’un " candidat " passe devant les contrôleurs, tout ce beau monde doit se décaler d’une place. Derrières et entre-jambes sont en sueur… imaginez le bruit ! Arrachement du séant, succion… puis… splash ! 
    - "C’est… c’est dégueu… 
    - Oui vous avez raison, Madame ! Et encore je ne confesse pas tout, pour épargner vos chastes oreilles..."
    Et il y a l'interrogatoire, un fonctionnaire consigne les réponses. 
    — Tu étudies quoi ? 
    — La philosophie, 
    — C’est pas un métier ça, ça va te rapporter des nèfles ! 
    — Et toi ? 
    — La banque. 
    — C’est pas fait pour travailler ça, c’est pour vivre ! 
    — Et l’autre là ? ... 
    On en passe et pas des meilleures... 
    Puis il faut monter dans la grande salle pour l’ultime épreuve, le passage devant le grand jury : " le Conseil de Révision "....
    Alors là, grand spectacle. Au bout, une longue table couverte d’un tapis vert, et assis derrière, face à la salle, ces messieurs-dames du Conseil et le corps médical. 
    Au milieu, présidant le Conseil il y a le Préfet, ou son Secrétaire Général. Autour : des gens probablement importants, officiers supérieurs, représentants de ceci ou de cela, institutionnels ou pas , que sais-je ?
    Il fallait s'exhiber, toujours nus devant les membres du conseil qui pouvaient regarder comme ils l'auraient fait à un marché pour le bétail. 
    Seul devant tous, dans le silence général. 
    Tous, sans exception, nous avons montré notre anatomie, 
    préférant d'abord montrer nos fesses à l'assistance. 
    Il fallait ensuite se retourner, face à tout le monde 
    et bien présenter ses attributs ! 
    Bouche grande ouverte, les yeux exorbités, rouge écarlate. 
    Se montrer de face, de profil puis de dos, et se pencher pour la vérification de la souplesse de la colonne vertébrale ... 
    Et cela s'est passé ainsi jusqu'en 1964... 
    Quand chacun en avait terminé pour soi-même, 
    il fallait encore traverser la salle devant tout le monde ; 
    On ne pensait plus à mettre ses mains devant son sexe. 
    Mais à se dépêcher le plus possible. C'était une véritable cavalcade. 
    Les coups de talons nus martelaient le parquet dans le silence général. Dans la chaleur, tout ce qui dépassait pendait au maximum
    et ballottait de tous côtés.
    Ce qui limitait beaucoup la rapidité de la fuite... 
    La majorité était à 21 ans, et tous les grands ados de 18 ans vivaient encore chez papa-maman. Le divorce n'existait pas,
    le concubinage non plus, C'est dire que les familles, 
    les mères en particulier, couvaient leurs ados très tard. 
    L'éducation était beaucoup plus stricte que maintenant. 
    Un ordre moral et religieux rigoureux régnait sur toute la France, et semblait ne jamais devoir se terminer un jour. 
    Les grands ados de 20 ans étaient vraiment traités comme des gamins irresponsables. 
    Des maladies terribles qui n'étaient pas encore totalement éradiquées, comme la tuberculose et la poliomyélite, hantaient les esprits. 
    Une nouvelle maladie terrible et sans remèdes possibles, le cancer, commençait à se développer. 
    On ne "couchait" pas du tout comme maintenant. C'est dire à quel point la famille couvait et déresponsabilisait l'ado !
    La France est un vieux pays de traditions, qui change difficilement, et il aurait été dommage pour les "margoulins" de rater les possibilités exceptionnelles, que le choc de l'événement provoquait sur les futurs défenseurs de la patrie,.. 
    A la porte du Conseil, les marchands du temple attendaient pour décorer tous les gagnants de la cocarde « Bon pour les filles » au prix modique de 10 F. Nombre de naïfs vont se saigner à blanc 
    pour une épinglette à 10 sous. 
    C'était dans une autre vie...

    J.A. copyright@
    ©copyrigth Jean-André.

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  • Commentaires

    51
    apte
    Mardi 1er Octobre à 00:28

    pour le conseil de révision, il faut l'avoir passé pour pouvoir en parler en connaissance de cause et il y avait des différences selon les communes dans les années 60, que ce soit quand on le passait nu jusqu'en 1965 ou quand on était supposé le passer en slip ce qui n'était pas souvent vrai ensuite jusqu'à son remplacement complet par les 3 jours au centre de sélection qui ne duraient en fait le plus souvent qu'un jour et demi.

      • Jeudi 10 Octobre à 12:48

        Merci Apte d'avoir souligné cet autre point

        je n'ai pas vu cette émision dommage

        LD

      • apte
        Jeudi 10 Octobre à 11:13

        Je vous signale pour le cas où cela vous aurait échappé qu'il y a eu en deux fois 1 heure la diffusion à la télévision d'un documentaire sur france 5 intitulé "aux armes citoyens"  qui retraçait avec images d'archives et témoignages ce que fut le lien armée-nation avec la conscrition de 1905, première loi qui instaure un vrai service militaire obligatoire et universel  à 1996, année où Jacques Chirac annonce la suppresion du service national qui au final ne sera que susupendu,

        .Il y a à plusieurs reprises des images de conseil de révision qui illustrent ce que j'ai raconté, puisqu'on voit très bien des conscrits dénudés, le plus souvent de dos, en tout cas quand c'est en gros plan, les fesses à l'air, et entourés de sous-off, de gendarmes etc et se présentant  nus devant le médecin major ou les membres du conseil de révision.

        Il y a plus d'images sur la période avant 1945 dans la première partie mais il y en a aussi de séances du conseil de révision juste après la guerre de 40-44 et après la réforme de 1965 quand théoriquement le port du slip fut autorisé '( en fait dans certains cas, on continuait à passer nu comme avant puisque cela avait été mon cas en 1967) 

         Un documentaire intéressant pour ceux qui veulent voir des images de ce rituel initiatique pour jeunes hommes. 

         

         

         

      • apte
        Jeudi 3 Octobre à 00:25

        suite du récit sur la visite médicale pour des cours de natation avec une association sportive de la SNCF en 1964.

         Bien qu'interloqués, on avait obéi à l'instruction de l'infirmière, à l'époque on ne discutait pas les instructions données par des adultes.

        En tout cas son attitude correspondait à ce qu'en avait dit mon père : autoritaire et une méchante femme, lui disait une "salope" ( si vous me permettez l'expression qu'il utilisait, dans le sens une femme méchante et dominatrice, je n'ai jamais osé lui demander pourquoi il la décrivait ainsi mais il s'était plaint d'elle une fois devant moi parce qu'il n'arrivait pas à uriner et qu'elle ne voulait pas le laisser partir et se tenait à côté de lui, ne lui laissant pas d'intimité) : pourquoi nous faire mettre en slip et faire l'appel seulement après, elle aurait pu le faire pendant qu'on était habillé, c'était du "sadisme" ( à l'époque je ne connaissais pas le sens du mot)

        En tout cas, on s'était vite retrouvé quasiment nus alignés en face d'une douzaine de parents assis dont quelques mères de famille, avec juste un slip blanc ( à l'époque tous les garçons portaient des slips blancs assez courts sur les côtés et pas très protecteurs, il n'y avait pas encore de slips en couleur dans les magasins et seuls les pères portaient des caleçons, la mode des caleçons pour des pré-adolescents et adolescents n'est revenue que de nombreuses années plus tard )

        Elle avait fait l'appel des noms sur sa liste et on s'était alignés par ordre alphabétique comme elle le voulait, mauvaise nouvelle je passerais dans les quatre derniers, j'allais donc rester un bon moment exposé à la vue des parents accompagnateurs en slip.

        Encore une surprise ; elle voulait d'abord nous faire passer le test pour l'urine, elle nous a montré un petite salle au fond à droite sans porte qui servait de toilette, il y avait devant un paravent mais il n'était pas déplié, on était allé se mettre en rangs devant, elle avait alors annoncé qu'on allait passer l'un après l'autre et qu'on urinerait dans un gobelet préparé à cette intention avec notre nom dessus ( les gobelets étaient disposés sur une table au fond de la pièce que je n'avais pas vue auparavant) mais elle voulait d'abord nous nettoyer le bout du sexe  et il fallait donc qu'on enlève notre slip, qu'on le pose sur un tabouret à l'entrée de la petite salle-toilette et qu'on se présente nu devant elle. Elle aurait pu nous  faire baisser le slip, cela aurait moins gênant, mais non elle voulait qu'on l'enlève, mon père avait raison, c'était une "salope" . En plus, on ne m'avait jamais nettoyé le sexe avant aux visites médicales scolaires et pourtant il fallait toujours uriner.

        La visite avait donc commencé par cette scène "pittoresque": 12 garçons de 13 à 16 ans se présentaient nus devant elle, elle nettoyait l'orifice au bout du pénis avec un coton humidifié et elle leur donnait ensuite un gobelet et ils rentraient un par un dans la petite toilette.  Pendant cette scène, les parents ne nous voyaient pas nus de face mais ils nous voyaient enlever notre slip devant elle et ils voyaient nos fesses nues s'ils regardaient.sur le côté, je suppose que c'était ce qu'avaient fait par curiosité la plupart d'entre eux, sinon tous.

        Dans mon souvenir,  j'étais rouge comme une tomate et je ne devais pas être le seul. 

        Dans le cabinet de toilette, j'avais réussi heureusement à uriner, c'était toujours le moment des visites médicales que je redoutais le plus car j'avais du mal à uriner sur commande et si quelqu'un me regardait ou se tenait derrière moi c'était pire. Mais cette fois j'y étais arrivé assez vite.

        Une fois soulagé d'avoir réussi à uriner, j'avais pu remettre mon slip et regagner ma place le long du mur face aux parents,avec la sensation d'avoir encore les joues rouges.

        Après cela avait été une visite assez classique ressemblant beaucoup aux visites scolaires sauf que mon père était dans la salle en spectateur.

        Il était rentré avec moi après près d'une heure d'attente en slip, il y avait en plus de l'infirmière une doctoresse dans la salle, une femme d'âge moyen pas souriante et autoritaire comme l'infirmière, qui m'avait tutoyé comme elle.  La doctoresse avait d'abord dit qu'elle n'avait pas trouvé de dossier médical à mon nom, mon père avait confirmé que je n'étais jamais venu avant passer une visite médicale et que je n''étais jamais allé en colonie de vacances SNCF, elle avait alors dit que ce serait plus long puisque c'était la première fois qu'elle me voyait et qu'il fallait établir un dossier médical complet.

        C'était l'infirmière qui avait d'abord effectué les premiers contrôles, notamment les lectures de lettres pour la vision et la prise de sang, un test pour l'audition, différentes mesures : tour de taille, de hanches, de poitrine, largeur des épaules, du bassin etc.. et la taille sous la toise et le poids sur la balance, mais avant de monter sur la balance elle m'avait dit d'enlever mon slip et de le poser sur un tabouret.

        A partir de là, la visite s'était continuée complètement nu devant la doctoresse, soit debout pour les auscultations, les réflexes, la posture générale, les mouvements pour la souplesse, l'examen de la colonne vertébrale pour lequel il fallait marcher dans la salle, le test habituel consistant à tousser et tourner la tête pour détecter une hernie, etc.., et pour finir l'examen des organes génitaux ( palpation des testicules, ouverture de l'orifice, décalottage etc), soit couché sur une table médicale pour des palpations abdominales, et différentes vérifications pour les artères et des mouvements des jambes.

        Puis elle m'avait fait me mettre debout devant elle toujours nu avec l'infirmière derrière moi et elle avait posé quelques questions à mon père sur ma santé et mes résultats scolaires et mes activités et les sports que je pratiquais ( comme je n'en faisais pas, c'était facile!),  puis elle avait dit que j'étais apte pour la natation, que cela me ferait du bien et qu'elle espérait que je serais un peu plus musclé l'année prochaine et que je pouvais remettre mon slip et sortir. 

         Au total, cela avait dû durer un peu plus de 10 minutes mais c'était fini et let on avait pu sortir. Il y avait encore trois garçons après moi et donc trois parents accompagnateurs pour me regarder pendant que je me rhabillais.

        Plus tard, pour banaliser ma nudité, mon père m'avait dit que lui  aussi devait se mettre nu chaque année pour sa visite annuelle ce qui était sans doute vrai. 

        Ce type de visite médicale serait impossible aujourd'hui mais dans les années 60, c'était courant et personne ne trouvait rien à y redire. Mon père disait qu'il n'était pas mieux traité à ses visites annuelles et moi  comme tous les garçons de cet âge, je devais suivre sans protester les instructions données par des adultes déjà content d'avoir échappé aux visites pour les colonies de vacances qui devaient se dérouler de la même façon .

      • apte
        Mercredi 2 Octobre à 18:01

        Pour mieux illustrer ce qu'était le manque de respect de la pudeur des garçons adolescents ou pré-adolescents, je peux encore raconter une visite médicale que j'ai passée à 15 ans. Pour les visites chez les médecins de ville-médecins de famille ou autres- je n'ai jamais passé de visites qui m'aient embarrassé, ma mère m'accompagnait jusqu'à 16 ans au moins mais elle était discrète et les médecins ne me faisaient pas mettre nus.parfois il y avait d'ailleurs un paravent pour se déshabiller.

        Aucune visite ne m'a laissé de souvenirs.

        En revanche à 15 ans, je ne savais pas nager et on pouvait apprendre gratuitement avec un moniteur de la SNCF en s'inscrivant à des cours par le comité d'entreprise qui proposait toutes sortes d'activités.

        Il y avait des colonies de vacances mais je n'y étais pas allé.

        Mon père qui était employé SNCF a trouvé que c'était une bonne occasion d'apprendre car au lycée, il n'y aurait pas de cours avant le second trimestre et c'était une fois tous les 15 jours..

        J'ai accepté qu'il m'inscrive et en septembre il est revenu un jour avec une convocation pour une visite médicale d'aptitude préalable aux cours qu'il fallait passer à l'infirmerie de la SNCf. Il connaissait  bien les lieux car il y passait lui-même une visite obligatoire de médecine du travail tous les ans  et je l'avais entendu se plaindre du comportement de k'infirmière quand il en revenait mais c'était trop tard pour annuler mon    inscription.

         Je devais y aller un matin et je devais être accompagné par l'agent SNCF, en l'occurrence c'était mon père.

        Le jour venu j'y suis allé à reculons et mort de trouille et j'ai découvert en arrivant qu'il y avait déjà au vestiaire 7 à 8  garçons âges de 13 à 16 ans environ accompagnés quasiment tous de leurs pères sauf deux dont c'était la mère qui était agent SNCF.

        Encore quelques minutes et 3-4 garçons supplémentaires sont arrivés avec leurs pères et une mère et l'infirmière, une femme grande, forte et a autoritaire a fait son apparition au vestiaire, a dit qu'elle allait commencer, qu'on constituerait le groupe des pré-ados ( j'ai appris plus tard qu'il y avait un groupe de 8 à 13 ans et un groupe de 16-19 ans pour les débutants  et des groupes pour nageurs confirmés.) 

        Elle nous a dit que pour gagner du temps on allait se déshabiller au vestiaire en posant nos vêtements sur le banc et qu'ensuite on pourrait se  mettre en rang debout le long du mur en face des parents pour qu'elle vérifie les présences. et j'ai entendu " Vous vous dépêchez de vous mettre en slip pour le moment , vous enlevez tout le reste y compris montre, chaine, gourmette et bien sûr les chaussettes"  à suivre...

      • apte
        Mercredi 2 Octobre à 17:31

        c'est bien si tu apprends des choses que tu ignorais ou connaissais mal  sur ce que vivaient concrètement les conscrits dans les années 60-70.

         Il y a un documentaire qui vient de passer à la télé dimanche soir sur      France  3 je crois intitulé "aux armes citoyens" qui traite de la période 1903 -1945 pour l'armée et le service militaire comme socle des valeurs républicaines. Il y a à plusieurs reprises des images de conseil de révision que je n'avais jamais vues à la télévision.

        A chaque fois les conscrits sont dénudés et sont à plusieurs nus dans la salle d'examen.  ça ne correspond pas complètement à mon expérience avec un groupe de notables derrière une table car dans les images de la télévision il me semble qu'il y a plus de militaires. Mais ça donne tout de même une idée du côté foire aux bestiaux qu'était en réalité le conseil de révision qui ressemblait à un comice agricole par certains aspects.

        La deuxième partie qui va traiter de la période récente 1945- 1996, date de l'annonce de la suspension du service militaire par Chirac, nous montrera peut-être des images plus récentes et qui seraient plus conformes à mon expérience. On verra sûrement aussi des images des centres de sélection.  

        c'est vrai que peu d'hommes parlent de leur passage au conseil de révision alors que tous les jeunes hommes ayant eu 18 ans avant 1966 ou 1967 l'ont passé et même s'il y avait des variantes, il y avait aussi partout certaines règles comme la nudité des conscrits.

        Et pendant plusieurs années encore ils sont passés au centre de sélection où c'était différent  car moins impressionnant et solennel puisqu'il n'y avait pas de notables mais encore très embarrassant, parfois même plus, car la nudité y a été aussi longtemps la règle et pendant une plus longue durée.

        Et la visite d'incorporation laissait aussi de sacrés souvenirs avec là encore la nudité obligatoire.

        C'est dommage que JA soit trop malade car j'aurais aimé savoir pourquoi dans son texte il parlait de la présence de plusieurs femmes parmi les membres du conseil de révision  ( il utilise le pluriel ) car en 1947, il y avait encore très peu de femmes maires, alors sauf si le canton où ça se déroule était particulièrement féministe, je ne vois pas comment il pouvait  y avoir plusieurs femmes. 

        A mon époque, 1967 la première année pour le centre de sélection suivie quelques semaines après du conseil de révision, c'était un sujet de conversation dans les familles. Quand on se retrouvait avec les grands parents ou des oncles et tantes qui savaient qu'on avait plus de 18 ans, il y avait toujours une question sur ce qu'on allait faire comme études après le bac si on avait été jusque là, et la situation au regard du service militaire " est ce que tu as déjà passé le conseil de révision? qu'est ce qu'ils ont décidé? vous passez encore tout nus,? tu es resté nu pendant longtemps ?  quels examens on t'a fait ? vous étiez tout nus en groupe? ils étaient combien à te regarder complètement nu? qu'est ce qu'ils ont dit?"

        et si on disait qu'on était d'abord allé au centre de sélection, ça aiguisait encore plus la curiosité, " comment ça se passe, c'est comme au conseil de révision, vous êtes tout nus ? en groupe ? "etc..

        ce n'était pas un sujet tabou, au contraire, ça faisait plutôt rire les hommes adultes qui y étaient passés et ça suscitait la curiosité amusée des femmes qui en avaient entendu parler évidemment mais parfois de façon allusive sans détails. le plus gênant c'était quand il y avait une cousine qui avait à peu près notre âge et qui entendait en gloussant la conversation.

      • Mercredi 2 Octobre à 16:15

        Merci à vous deux Apte et témoignage

        vous êtes entrain de m'écrire un véritable documentaire sur

        le conseil de révision et je me régale en vous lisant

        dommage que J.A soit si malade je lui aurais envoyé vos écrits

        Mes amitiés à vous deux

        LD

      • apte
        Mercredi 2 Octobre à 14:01

         J'ai oublié de donner le pseudonyme de l'internaute qui avait laissé un message sur son passage au centre de sélection de Mâcon en 1975, c'est   " Vegas" 

        S'il lit encore ce qui s'écrit, ce serait bien qu'il donne son avis ou donne plus de détails.

        Au conseil de révision en 1967, j'ai peut-être eu de la chance de ne pas devoir m'exhiber nu devant une femme qui aurait été maire et membre du conseil, même si je ne suis pas sûr que cela aurait augmenté mon embarras, car c'était déjà terrible, très gênant et très impressionnant d'être nu pour 10 minutes devant une flopée de notables de sexe masculin en costumes -cravates. De toute façon, c'était encore assez rare en 1967 qu'il y ait des femmes maires d'une commune.

        La discussion a été lancée par un récit poétique de JA  avec un conseil   de révision passé en 1947 dans lequel il parle de la présence de plusieurs femmes fraichement élues maires, c'était évidemment possible mais cela   ne devait pas arriver souvent, déjà une femme maire présente c'était rare et plusieurs femmes encore plus.

        Il me semble que le plus embarrassant cela aurait été de tomber sur une femme médecin militaire qui m'aurait "soumis" aux mêmes examens, y compris très intimes, que ceux pratiqués à mon époque en 1967 par l'homme médecin militaire.

        A l'incorporation dans une caserne, je redoutais de tomber sur une femme médecin militaire pour la visite médicale obligatoire à l'arrivée d'un nouveau contingent d'appelés ( c'était une rubrique du livret militaire qui nous accompagnait pendant notre service militaire), approfondie et toujours dénudée qu'il fallait passer de façon logique dans les premiers jours après l'arrivée à la caserne, car il commençait à y en avoir quelques unes affectées en caserne depuis le milieu ou la fin des années 60 ( il y avait eu un article dans le journal ou une rubrique dans une journal télévisé sur le sujet pour montrer que les femmes pouvaient accéder à tous les métiers ) 

         Heureusement j'ai passé ma visite d'incorporation avec un médecin militaire homme et un infirmier appelé. On devait se mettre à poil en groupe dans un vestiaire puis venir dans le couloir ( une vingtaine d'appelés tout nus alignés le long du mur) sous le contrôle de ceux sous-off, l'infirmier et un sous-off nous emmenait pisser par groupe de 5 dans un local/ toilettes avec urinoir et lavabo, puis on rentrait dans la salle d'examen toujours par groupe de 5.  L'officier chef de section venait voir si tout se passait bien d'abord dans le couloir ( on devait se mettre au garde à vous ) puis il rentrait dans la salle regarder l'examen d'un appelé et discuter un moment avec le médecin. 

        Au centre de sélection, je n'ai pas vu non plus d'infirmières ni de  secrétaires dans les locaux où nous passions la visite médicale.

         Il aurait peut-être pu y en avoir quelques années après.

           Si nous étions nus pour toute le parcours médical, c'était sans doute en partie lié à la configuration des locaux, le fait que le circuit médical commençait à proximité du local douche, c'était donc possible et plus simple de ne pas repasser au vestiaire, de commencer tout de suite à poil après la douche le parcours, alors que si le circuit médical s'était passé dans un autre bâtiment que celui où se trouvait la salle de douches, on ne serait sûrement pas sorti à poil dans la cour pour y aller, on se serait rhabillé à mon avis et une fois rhabillé, on ne nous aurait peut-être pas fait mettre nus pour des examens qui ne justifiaient pas la nudité.

        Il y avait beaucoup de sous-off pour nous encadrer, tous étaient déjà des hommes d'âge mûr très expérimentés âgés de 40 à 45 ans, ayant presque l'âge d'être nos pères, qui avaient l'habitude d'encadrer des conscrits ou des appelés à l'incorporation et pour lesquels la nudité de jeunes hommes était complètement banale tellement ils en avaient déjà vus!

        S'agissant de l'expérience de conscrits passant la visite au centre de sélection de Mâcon en 1979, on ne peut évidemment pas savoir, mais je trouve étonnant qu'il y ait eu autant d'infirmières ( 6 ou 7 je crois) dans la première salle pour les premiers tests et les mesures et uniquement des infirmières, une ou deux cela m'aurait paru plus normal, car il y avait normalement des appelés qui faisaient leur service comme infirmiers et qui auraient pu faire ce travail, les infirmières militaires allaient plutôt dans les hôpitaux militaires.

        Sinon, même en 1979,  rien d'anormal à ce que les conscrits soient complètement nus pour la pesée ou d'autres mesures, je suppose que c'était encore la règle à cette époque.

        En tout cas c'était sans doute différent dans d'autres centres où les conscrits ne passaient pas leur visite dénudés devant des infirmières en grand nombre comme à Mâcon.

        En revanche cela me surprend moins qu'il y ait eu une infirmière- secrétaire pour prendre des notes à côté du médecin major qui faisait passer aux conscrits la dernière partie, la plus intime, de leur examen, même si quelques années avant c'était plutôt un appelé qui tenait ce rôle. Le médecin préférait peut-être une présence féminine au quotidien que celle d'un appelé infirmier et avait demandé à travailler avec une infirmière-secrétaire ou c'était à la suite d'un accord entre le centre de sélection et une école d'infirmières, une situation déplaisante pour les conscrits mais sans doute  possible ..  S'il y avait un accord, ça pourrait aussi expliquer la présence des infirmières dans la première salle si elles étaient jeunes. 

         

         

         

         

         

         

         

         

         

         

      • Mercredi 2 Octobre à 12:17

        Merci monsieur Apte !! Je cherche le maximum d' informations sur le centre de Mâcon. Qui sont évidemment très difficile à obtenir. 

            Il est évident que si les bancs avaient toujours été en service en 1975, l'internaute n'aurait pas pu oublier d'en parler ! Impossible ! Etant donné l'invention diabolique que ça pouvait être ... 

             Les bancs ont disparus à Mâcon quand leur existence a commencée à être connue. Le scandale était trop gros. Mai 68 a libéré la parole et tout le monde parlait plus facilement. Les grands frères prévenaient leurs cadets de ce qui les attendait. Les mères de famille l'apprenaient et en parlaient entre elles. Ca commençait à faire du bruit. Ils ont sans doute existé toute la deuxième moitié des années 60.

             En 1978 à Mâcon, le circuit était totalement différent. Une salle d'attente tous en slip et nu pieds. Ensuite quand son tour arrivait il fallait retirer le slip et passer dans la salle à côté. Brutalement, tout nu au milieu de 6 ou 7 femmes en blanc pour toise, balance, etc.

            Ensuite passer à côté dans une autre salle d'attente. Tous tout nus assis sur des chaises normales en cercle.

           Ensuite seul dans la salle d'examens avec le médecin et une infirmière. Et retour dans le vestiaire pour remettre son slip.

      • Mercredi 2 Octobre à 11:41

           Dans mon école primaire de 300 élèves, dans ces années là uniquement des garçons, les visites commençaient en cm2. Ce qui était exceptionnellement tard pour l'époque. Le matin à 8h30 au lieu de rentrer en classe, l'instituteur nous a conduit en rang par deux à travers la ville jusqu'au centre médico-scolaire le plus proche. Toute la classe de 38 élèves, de 10 à plus de 15 ans.

            A l'approche du centre, les commerçants qui ouvraient leurs boutiques nous ont regardés passer avec insistance avec un large sourire. Jamais je n'oublierai. Eux savaient ce qui nous attendait. La Dame était connue ... Les plus grands de la classe  qui étaient déjà passés dans ce centre la connaissaient, car elle avait une réputation et très justifiée.

           Le centre se trouvait en plein milieu d'une école primaire de filles. Tout en longueur à partir de la rue. Avec 3 salles d'attente successives, la 2ème très longue isolait encore plus loin la salle d'examens. Le centre qui descendait sur 3 niveaux avec 2 escaliers. Sur toute la longueur du centre d'un côté il y avait la cour de récréation, et de l'autre un grand parking. Pour que les cars puissent amener tous les élèves des campagnes des environs.

            Sur la porte grise de la salle d'examens était punaisée une grande affiche blanche, avec écrit à la main en grands caractères d'imprimerie rouges sur trois lignes :            " Frappez et entrez ". Destinée à n'importe quel personnel.

             Et chaque élève attendait son tour seul dans cette 3ème salle d'attente pour rentrer dans la salle d'examens, assis juste devant l'affiche. Nous avions le temps de la lire et de la relire !  Alors qu'il aurait été facile de nous faire attendre sur le côté, et non juste devant !

             Dans la salle d'examens il y avait une grande vitre dépolie qui donnait directement sur la cour de récréation. Et la doctoresse officiait juste devant cette vitre dépolie qui illuminait l'élève devant elle. Qui se retrouvait en slip à un mètre des filles en récréation qui jouaient juste derrière la vitre.

           Que le garçon ait 10 ans ou 16 ans, plus, ou moins, cette doctoresse pratiquait chez tous uniquement trois examens et trois seulement : stéthoscope, baisse du slip sur les pieds sexe et fesses. Et chaque élève passait six minutes à la montre avec elle. Et le slip descendait toujours moins de une minute après l'entrée de l'élève dans la salle d'examens.  Elle passait autant de temps avec les fesses que avec le sexe.  Même sans problème particulier. On aurait dit qu'elle s'acharnait à chercher quelque chose qu'elle ne trouvait pas. Elle écartait les 2 fesses plusieurs fois en les empoignant et en en  enfonçant ses deux pouces au fond de la raie.  Elle tirait alternativement sur chacune des 2 fesses, et aussi sur les 2 en même temps.  Les 38 élèves sont passés en plus de quatre heures. Notre instituteur qui était un vieux vicieux qui prenait sa retraite au mois de juin, ne cachait pas sa joie.

            Elle n'a fait que ça pendant des années, entre 1955 et 1965.  

           Jusqu'à maintenant aucune explication médicale n'a pu être trouvée pour de tels examens à titre uniquement préventif.

      • apte
        Mercredi 2 Octobre à 11:16

        J'ai lu dans un message d'un internaute qu'il avait passé la visite médicale d'aptitude au centre de sélection de Mâcon en 1975.

        Apparemment, il n'y avait plus de bancs spéciaux comme dans les années 60 ou début 70 et la visite était aussi moins dénudée que celles que j'ai connues seconde moitié des années 60 au centre de Bretagne.

        n revanche je suis étonné par la présence d'une femme psychologue dans la salle d'examen et qui assiste à l'examen intime du conscrit dénudé.

        C'était très embarrassant.

        Pour nous, il y avait la possibilité d'aller voir un psychologue, on nous demandait si on voulait le voir et la majorité des conscrits sinon tous répondaient non.  

        j'imagine que dans certains cas, le médecin major décidait lui-même d'y envoyer le conscrit sans demander son avis, mais c'était dans une salle à part ( peut-être les conscrits qui cherchaient à se faire réformer en disant qu'ils avaient des problèmes psychologiques et ceux qui se disaient homosexuels, même si la rumeur était que ça ne marchait pas, c'était un mauvais calcul tout au moins dans les années 70 -début 70, car au contraire l'armée estimait que le service militaire pourrait leur faire du bien et qu'en aucun cas on ne pouvait se faire réformer pour ce motif, le risque c'était d'être affecté dans un bataillon disciplinaire avec les "voyous " ou les révoltés contre l'armée qui n'avaient pas obtenu le statut d'objecteur de conscience  ; quand je suis passé au centre de sélection, c'était encore une époque où la réforme concernait moins de 5 % des conscrits et où l'armée estimait pouvoir mâter les "fortes têtes", on n'écartait pas de l'armée comme ce sera le cas quelques années plus tard ceux qui pouvaient poser des problèmes de discipline ou de vie collective.

        Je ne sais pas si quand je suis passé, le conscrit était nu devant le psychologue  mais j'aurais tendance à penser que oui car c'était un bureau proche de celui du médecin major, et pour se rhabiller il aurait fallu repartir au vestiaire et revenir ; peu probable, c'était sûrement nu comme pour tout le reste du parcours médical. On était nu pour les tests de vision, alors pourquoi pas devant un ou une p sychologue. ? 

         Il fallait faire tout le parcours médical entièrement nu, y compris le test d'urine ce qui pouvait être logique, mais aussi la prise de sang, la radio pour les poumons, la mesure de la capacité pulmonaire avec un spiromètre, ce qui l'est moins, et surtout les tests pour la vision, la  dentition ( on s'asseyait l'un après l'autre sur une chaise de dentiste sur laquelle il y avait une serviette pour éviter le contact des fesses nues avec la chaise), l'audition, tous des examens pour lesquels la nudité n'avait aucune justification, mais il fallait sans doute gagner du temps, donc on se mettait nu au vestiaire pour une douche collective et contrôlée de près par deux sous-off qui donnaient des instructions pour qu'on se savonne complètement toutes les parties du corps dans l'ordre qu'ils donnaient, et on se séchait avec une serviette qu'on prenait dans un bac à linge, et ensuite on devait tout de suite se mettre en rangs complètement nus sans repasser par le vestiaire, et on circulait ainsi dans le couloir en rang à poil, on commençait un peu plus loin dans le bâtiment le parcours médical qui allait durer entre une heure et demi et deux heures car il y avait à certains stations médicales ( vue, dentition, analyse d'urine) beaucoup d'attentes, et cela paraissait très long, on n'était quasiment jamais seul car cela se passait en groupe pour tous les examens, il y avait toujours d'autres conscrits dans la salle qui attendaient leur tour et la porte restait souvent ouverte permettant à un des sous-off qui  nous encadrait de voir les examens à l'intérieur de la salle car il se tenait à la porte, nous poussant à l'intérieur, ou nous ordonnant de nous mettre en rang le long du mur à droite à la sortie de la salle, le plus souvent avec une claque sur les fesses.  C'était un homme d'une quarantaine d'années environ qui se moquait de tout conscrit qui montrait un peu de gêne et voulait par pudeur se protéger un peu. La règle c'était d'avoir toujours ses mains le long du corps, si on croisait par réflexe ses mains devant le sexe en passant devant lui c'était la garantie de recevoir aussitôt une bonne claque sur les fesses.

        Il encadrait toutes les semaines des conscrits à la visite médicale et disait avoir déjà vu des centaines ou des milliers de couilles et de fesses dénudées et que tous les gars de 18 ans étaient faits pareils!

      • Mercredi 2 Octobre à 11:00

        Toutes les années 60 la plupart des jeunes ont subis un véritable harcèlement médical préventifs. En particulier dès que des anomalies quelles qu'elles soient étaient détectées. Très intimes comme les autres. Ceux dans mon qui étaient très pudiques, tant pis pour eux ! " Calvaire nécessaire " est une expression qui n'est pas de moi.

      • Mercredi 2 Octobre à 10:47

        Rien de plus humiliant que de baisser son slip devant un médecin en public et de se les faire tâter. Le slip sur les chevilles devant tout le monde. Après le sexe c'est les fesses. Puis " Aller remonte ton slip ! " " Tu peux remonter ton slip ! ". Ensuite se présenter le slip venant juste d'être remonté devant des notables pour subir un interrogatoire. Comment trouves tu que je te trouve !

           La visite médicale des jeunes garçons était dans ces années là une institution nationale de notoriété publique. Les fameux notables, eux aussi y étaient passés au même âge. Tout le monde savait en quoi ça consistait. Mais le conseil donnait l'occasion à beaucoup de jeunes femmes ignorantes de voir réellement comment ça se passait.

            Finalement on ne peut connaître le déroulement exact des conseils et des 3 jours, uniquement que par internet et grâce à l'anonymat d'internet. Car aucun texte ou publication ne peut relater exactement réellement comment ça se passait. La moralité publique est menacée.

            Pour cette raison j'ai connu des visites collectives uniquement à l'écart de tout. Et les parents étaient soigneusement écartés de ce spectacle, pour éviter qu'ils se révoltent. Les professionnels non médicaux, les femmes en particulier, qui étaient amenées à pouvoir regarder souvent ce qui se passait dans ces locaux, étaient scandalisées. Et ne pouvaient pas s'empêcher d'exprimer leur révolte devant ce défilé quotidien parfaitement obscène, de jeunes qui n'étaient là finalement tous les jours que pour baisser leurs slips ! L'Eglise catholique elle aussi était horrifiée. D'où l'intervention de ce cher Abbé pour le slip pour tous au conseil.

             La première visite médicale scolaire que j'ai subie, c'était à l'école primaire en cm2. Je venais d'avoir 11 ans en février, et la visite était en mars.Ce qui était exceptionnellement tard pour l'époque. Car dans ces années là les visites scolaires commençaient toujours en maternelle.

        Dans ces années là l'école n'était obligatoire que jusqu'à 14 ans la classe du certificat d'études. Donc se trouvaient toujours ensemble dans les classes de cm2 des âges très mélangés. Y compris des multi redoublants de 15 ans et plus. Les familles s'entendaient avec le directeur pour que leur fils en retard scolaire grave décroche coûte que coûte son certificat d'études primaire, quitte à redoubler plusieurs fois. Les plus jeunes dont j'étais, 1/3 de la classe, rentraient en cm2 à 10 ans. Un autre tiers de la classe était composé de ceux autour de 15 ans qui suivaient très mal. Dans ces années avant tout catholiques,  il y avait une interdiction de absolument tout ce qui avait rapport au sexe et à la nudité, assortie d'une omerta totale. Derrière les apparences il se passait beaucoup de choses inavouables. Y compris les instituteurs douteux.  Dans les années 1950 et 60 j'ai fait toute ma scolarité toujours dans des classes entre 38 et 44 élèves. Jamais en dessous. En 1947 il y avait 800 000 naissances en France.

        Mes parents habitaient une ville ancienne isolée de 30 000 habitants, où ils étaient arrivés après la guerre tout à fait par hasard et uniquement pour raison professionnelle. Il y avait deux centres médico-scolaires tous les deux en plein centre de cette ville. Et tous les deux au milieu de 2 sites géographiques regroupant tous les établissements scolaires ou de formation de la ville, et d'accès direct. Selon l'organisation de 1860.

           Pour comprendre il faut faire de l'Histoire de France.  Jusqu'à un passé récent, la mortalité et les infirmités chez les jeunes avait toujours été un fléau national. En 1900 à Paris, un enfant sur quatre mourrait avant l'âge de 10 ans. Les estropiés comme toutes les bouches inutiles, coûtaient beaucoup trop cher dans une société très pauvre. Et c'était l'Eglise catholique qui les prenait en charge. Dans les années 1950 il y avait encore des maladies redoutables. Entre autres j'ai vécu la tuberculose et la poliomyélite sans vaccins et sans médicaments possibles. 

            En 1860, 1930 et 1960, à trois reprises, le gouvernement a déclaré officiellement la médecine préventive des jeunes comme étant LA grande priorité nationale. A partir de 1860 toute une organisation a été mise en place. Entre autres des locaux spécialement conçus ont été construits exprès. Et ces locaux étaient toujours en service à la fin des années 1960.

              Au Moyen âge tous les professionnels du même métier étaient groupés ensemble dans la même rue ou dans le même quartier, les uns à côté des autres. Il en était de même pour les établissements scolaires et de formation. C'était toujours le cas en 1860. Et des " centres médico-scolaires " destinés et conçus uniquement pour la médecine préventive des jeunes, ont été construits et aménagés au milieu des groupes d'établissements. Et d'accès direct. Pour faciliter la prévention. 

         A partir de 1860, les moins de 15 ans subissaient une visite médicale préventive tous les 15 jours, et les plus de 15 ans une fois par mois. Garçons et filles. D'où la proximité, la disposition et l'organisation des centres par rapport aux établissements.

             Etant donné la gravité de la situation, l'hécatombe accompagnée d'un défilé d'estropiés à vie, il était indispensable de n'oublier aucun jeune. Et le seul endroit où ils sont groupés ensemble sans risque d'en oublier un seul, c'était l'école. 

            C'est comme ça que sont nées les visites médicales scolaires. Et forcément toujours collectives.

        Il faut savoir que l'intimité de l'homme est beaucoup plus compliquée et fragile que celle de la femme.

            Entre 1860 et 1919 le slip n'existait pas. Et jusqu'en 1927 le slip à élastique n'existait pas non plus. Donc en 1930, après 70 ans de visites sans slip, il était devenu difficile d'accepter un slip très grand et très contraignant. Avec le souci en plus de combattre l'Eglise catholique qui régnait littéralement sur la France.

      • Mercredi 2 Octobre à 00:55

        Il est évident que les bancs de Mâcon n'étaient pas destinés à servir dans un seul centre de sélection, et 2 ou 3 ans seulement. Les trois meubles allaient ensemble, les 2 bancs et la table de l'infirmier. Table anormalement étroite et basse, destinée à être disposée dans l'angle des 2 bancs.

          L'ensemble des trois étaient un véritable chef d'oeuvre de conception et de construction. Beaucoup trop bien réalisé pour ne servir que 2 ou 3 ans dans un seul centre ! Il avait fallut beaucoup trop de travail pour arriver à concevoir et à construire une invention aussi diabolique et aussi horrible.  Quand j'ai surgit au bout du long couloir, brutalement au milieu des trois appareils, quand j'ai vu ces bancs pour la première fois, avec les ridelles qui montaient très haut de chaque côté, j'ai eu un malaise, et j'ai faillit me trouver mal.

      • Mercredi 2 Octobre à 00:42

        Un grand Merci monsieur Apte pour cette précieuse contribution ! Les récits sont hélas beaucoup trop rares.

           D'autant plus que nous les plus de 55 ans nous sommes les derniers témoins historiques d'une tradition difficile à croire pour ceux et celles qui n'ont pas vécu cette époque. Il est très exact de dire qu'il faut y avoir été pour se représenter parfaitement comment ça se passait.

         En ce qui me concerne je n'ai pas connu le conseil de révision, mais je suis passé à Mâcon, un centre qui avait une réputation d'impudeur extrême, et en plus à l'époque des bancs !

            Je collectionne tous les récits et témoignages sur les conseils de révision et sur les 3 jours. Qui sont tous très différents car très différents, selon les endroits et les années.

         J'ai été de naissance et jusqu'à 25 ans d'une pudeur pas maladive mais extrême. En plus j'ai eu très tôt plusieurs anomalies très intimes et très inquiétantes, qui exigeaient des contrôles très fréquents. A chaque visite chez mon médecin de famille j'étais obligé de retirer complètement mon slip. Jusqu'à plus de 18 ans. Même pour une simple grippe. Et devant ma mère jusqu'à 16 ans. Ma mère m'a retiré elle même mon slip chez mon 1er médecin de famille, à chaque fois jusqu'à plus de 9 ans.

         A Mâcon, le vieux médecin chauve et bedonnant, avec une grande blouse usagée en coton blanc style hôpitaux, comme d'habitude,  était seul au milieu de la grande salle d'examen carrée et très lumineuse au dernier étage et en angle de bâtiment. Dès que  je suis rentré tout nu dans la salle d'examens, et pendant tout le temps très long pour que j'arrive jusqu'à lui, il n'a pas arrêté de fixer mon sexe en fronçant les sourcils.

            Il m'a tiré sur mon membre opéré, comme tous les autres, l'a redressé dans tous les sens, a fait rouler mon gland entre ses doigts pour en vérifier la solidité, etc. Ensuite il m'a dit : " Tournes toi par là ! ", en me montrant son côté gauche, qui était ma droite. Et il m'a longuement tâté mes oeufs que j'avais trop gros et trop pendants pour mon âge depuis mes 13 ans. Il a commencé par faire rouler très longuement la peau au dessus de mes boules. Avant de les tâter ensemble et séparément. Puis il les a soupesées.  Il a tout fait uniquement de côté, et uniquement de sa main gauche, car il était gaucher. D'après les gens compétents c'est une façon de faire très rare. 

         Etant donné ma pudeur extrême et mes anomalies intimes, le conseil de révision dans mon cas aurait été une épreuve catastrophique. Et un vrai spectacle pour les autres en costumes ! A Mâcon, dans un état second,  je me suis trompé dans le circuit. L'infirmier sans blouse à sa table dans la salle des bancs m'a fait revenir, et m'a laissé volontairement le plus longtemps possible debout tout nu au milieu des autres.

            En comparant les récits on constate effectivement une complète différence selon les endroits et selon les années. On constate aussi que les textes et compte rendus officiels, ainsi que les articles de presse, évitent de relater, et sont obligés de ne pas relater, les côtés obscènes et vicieux de la cérémonie traditionnelle. Il est certain que s'il y avait des femmes, ou des familles, ou des pratiques inhabituelles, il était  recommandé de ne pas le publier. Il fallait donner à la séance le côté le plus propre possible. Par exemple ne pas dire que le médecin écartait les fesses de tous les conscrits, s'il le faisait. Car c'est arrivé qu'il le fasse. Les médecins hommes et femmes m'ont regardé entre les fesses jusqu'à plus de 18 ans, mais à Mâcon non.

      • apte
        Mardi 1er Octobre à 10:54

          C'est vrai comme c'est dit dans le message initial que le conseil de           révision était un rare moment de complète égalité entre les conscrits, qui devaient tous se mettre nus et passer devant les membres du conseil quelque soit leur origine sociale, les fils de notables étaient nus comme les autres alors qu'après dès l'incorporation le piston pouvait jouer pour les affectations, il n'y avait plus d'égalité.

        ce n'était pas facile à l'époque pour un jeune homme de 18 ans de se mettre nu devant autant de monde et de s'exhiber nu sous les regards  des membres du conseil ( c'est le terme qui convient)

        Le plus curieux c'est que ce type d'examen devant un conseil composé de plusieurs notables et officiers a été repris dans de nombreux pays, d'abord en Europe Autriche, Allemagne, Belgique,  y compris la Russie. 

        Il n'y a qu'aux Etats Unis où à ma connaissance la décision sur l'aptitude des conscrits même quand il y avait un service militaire obligatoire n'a jamais été prise avec cette procédure. 

        J'ai oublié de dire que s'il n'y avait pas d'infirmiers ou alors rarement, il y avait en revanche un fonctionnaire de la préfecture qui assistait le préfet, le chef du bureau de la conscription et était donc assis derrière la table devant laquelle se présentaient les conscrits à poil. 

        Au début, le centre de sélection, ce n'était pas beaucoup mieux pour les conscrits car il fallait toujours se mettre nu, cela durait plus longtemps et ils étaient plus rudoyés car c'était un univers qui était déjà celui de l'armée puisqu'il n'y avait plus de civils, il n'y avait pas plus d'intimité et l'examen était beaucoup plus complet.  

         

         

         

    50
    apte
    Lundi 30 Septembre à 21:37

    S'agissant des conseils de révision, certains faits décrits sont exacts, notamment la nudité complète des conscrits lors de leur passage devant les membres du conseil, une douzaine, des notables ( maires, conseiller général généralement des hommes  habillés en costumes -cravates ), des officiers en tenue militaire de sortie, un ou deux médecins militaires ou un médecin militaire et parfois un médecin civil, et le préfet ou le sous-préfet pour présider la séance, et rarement mais cela pouvait tout de même arriver depuis les années 50, une femme qui avait été élue maire d'une petite commune ( si le conseil de révision avait été maintenu dans les années 70 et 80 ou 90, il y aurait eu sans doute parmi les membres présents pour assister à l'examen des conscrits de plus en plus de femmes maires ou conseiller général - Madame Chirac par exemple était conseillère générale en Corrèze, et même parfois une préfète pour présider la séance ) ,  et le caractère très impudique de l'examen avec obligation pour le conscrit de se tourner dans tous les sens, et de se laisser voir sous toutes les coutures, de faire quelques pas devant les membres du conseil, de se pencher et de toucher ses pieds exposant ainsi complètement ses fesses dénudées aux regards des membres du conseil comme quand il montait sur la balance de dos ou exposant son sexe frontalement quand il passait sous la toise de face,  et il y avait beaucoup d'autres examens gênants, notamment le test pour la hernie qui consistait à tousser et tourner la tête pendant que le médecin militaire pressait sur un côté sur l'aine et la même chose de l'autre côté et la palpation des testicules, ou l'instruction de lever les jambes l'une après l'autre de face et de dos, de relever ses pieds pour toucher ses fesses de dos etc.. 

    mais il y avait aussi beaucoup de différences selon les communes et la disposition des locaux.

    Par exemple, il était très rare qu'il y ait des infirmiers en plus du médecin militaire. 

    d'autre part parfois les conscrits se dénudaient dans un couloir ou une salle attenante mais se présentaient un par un dans la grande salle devant les membres du conseil, parfois au contraire ils se dénudaient et rentraient en groupe plus ou moins important dans la salle d'examen ( parfois la salle des mariages de la commune et parfois dans les plus grandes villes une grande salle dans des locaux annexes de la mairie) et ils restaient en rang jusqu'à leur tour d'être examinés encadrés par des gendarmes qui assuraient la discipline dans la salle.

    En plus de l'examen médical pratiqué par le médecin militaire, il y avait un moment consacré aux questions posées au conscrit dénudé quasiment au garde à vous par le préfet ou son représentant ou des membres du conseil, des maires par exemple, sur les études qu'il voulait entreprendre s'il demandait un sursis ou sur les sports qu'il pratiquait ou pourquoi il n'en pratiquait pas s'il était trop maigre au regard du ratio poids/ taille qui était un critère parmi d'autres de l'aptitude au service militaire du conscrit . Imaginez la situation : un conscrit complètement nu répondait aux questions qui lui étaient posées par des adultes en costumes -cravates comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.

    En revanche la présence de public en spectateur , notamment des femmes parentes des conscrits qui auraient été autorisées à assister à l'examen des conscrits était  certainement exceptionnelle. Il n'y a que très peu de témoignages qui la mentionnent et on ne peut pas savoir s'ils sont vrais car on n'a pas de textes officiels à ce sujet ni d(articles de journaux ou de magazines. Au contraire il est bien dit dans les textes officiels que la séance n'est pas publique, sauf bien sûr les membres du conseil, les gendarmes toujours présents et les conscrits eux-mêmes si l'examen se faisait en groupe.

    C'était déjà assez gênant pour des garçons de 18 ans ( bien plus que les visites scolaires auxquelles ils étaient habitués ou les visites pour les colonies de vacances souvent passées aussi en groupe mais seulement devant le médecin , une infirmière et parfois des parents accompagnateurs). Au conseil de révision, le caractère impressionnant c'était la nudité devant une douzaine de personnes qui n'étaient pas des personnels médicaux. 

    Par ailleurs, même si à partir de 1965, le port du slip était en principe autorisé, l'application du principe était très variable : parfois les conscrits pouvaient garder leur slip jusqu'au passage devant les membres du conseil où on leur donnait l'ordre de l'enlever tout de suite et ils passaient comme avant l'examen tout nu ( c'est ce qui m'est arrivé en 1967), soit ils gardaient leur slip et ce n'est qu'à la fin de l'examen que le médecin militaire le leur faisait enlever ou baisser jusqu'aux chevilles seulement pour l'examen des organes génitaux, de la colonne vertébrale et des fesses.

    Et il y a eu au moins deux années pendant lesquelles les conscrits étaient soumis à la fois au passage au centre de sélection en premier et au passage devant le conseil de révision en second  de 1966 ou 1967 à 1968 ou 1969. Et selon les communes, le passage devant le conseil pouvait être une formalité sans nouvelle visite médicale,  mais le plus souvent comme le conseil devait se prononcer officiellement sur la proposition du centre de sélection, il y avait comme avant une vraie visite médicale dénudée  ( c'est la procédure que j'ai connue : centre de sélection en septembre à 18 ans révolus et conseil de révision en octobre quelques semaines après)

    Si on était ajourné, on repassait au centre de sélection l'année suivante et encore une fois si le médecin major du centre maintenait l'ajournement, donc 3 années successivement, La 3ème année, le médecin devait prendre une décision: l'aptitude ou la réforme.

    Et si on était sursitaire, on devait encore repasser au centre de sélection au bout de 4 ou 5 ans pour confirmer l'aptitude une fois les études finies avant l' avis d'incorporation.

    Quant au centre de sélection, aucun n'appliquait la même procédure et je suppose qu'il n'y a qu'à Macon qu'il y avait des bancs spéciaux, mais la nudité était la règle pour la deuxième moitié des années 60 et 70., soit dès le début pour tout le parcours médical, même les tests pour la vision et l'audition ou la capacité pulmonaire ou la dentition et naturellement le test pour l'urine , ( c'est la procédure que j'ai connue en Bretagne en 1967 avec circulation de tout un groupe de conscrits à poil pendant près de 2 heures le second matin  après une douche obligatoire), soit avec une partie de l'examen en slip devant des infirmiers et l'autre partie finale devant le médecin major complètement nu. 

     

     

     

      • Mercredi 2 Octobre à 08:05

        Bonjour Mr ttémoignage

        Je suis toujours aussi ravie de vous lire c'est un livre ouvert

        sur ce conseil de révision, je vous remercie à tout deux de le commenter

        certaines anecdotes sont risibles d'autres moins

        Merci à vous

        LD

         

      • Mercredi 2 Octobre à 06:09

        Dans ces années là il n'existait que des grands slips coton blanc, ouverts ou fermés. Que les mères de famille s'efforçaient de prolonger le plus possible durant cet après guerre de 40 très pauvre pour tout le monde qui a duré 30 ans. Ces dames s'improvisaient couturières.

        A Mâcon tous 18 ans, nous venions d'au moins 8 départements différents. Un slip sur deux était un slip fermé en mailles côtelées 2x2. Deux ans après, à mon incorporation, nous venions de toute la France, un slip sur trois était un slip fermé. Les Les autres, les 2/3 étaient des slips ouverts.

          Les slips de couleurs et les mini slips ont commencés à se généraliser à partir de 1975.

             Tous les médecins les femmes comme les hommes, ne cachaient pas leur exaspération devant les grands slips coton blanc  qui montaient très haut, cachaient beaucoup de choses et gênaient considérablement les examens. Et qui faisaient perdre un temps fou. 800 000 naissances par an en France en 1947. Toutes les années 60 l'abatage était la règle. Surtout que beaucoup, comme dans mon cas, trop pudiques faisaient exprès de mal le baisser. D'où l'utilité de le faire complètement retirer avant le début des examens. Comme chez mon 1er docteur de famille jusqu'à plus de 9 ans, à chaque fois c'était ma mère qui s'en chargeait, car j'étais insupportable. Chez mon 2ème docteur de famille à 13 ans, dans un état second, et sans du tout réfléchir,  j'ai retiré mon slip spontanément en arrivant avec mes autres vêtements, devant ma mère. Il n'a rien trouvé à redire, finalement ça l'arrangeait beaucoup. Dorénavant à chaque visite jusqu'à 18 ans, au minimum 2 fois par an, j'ai retiré mon slip avec mes autres vêtements, et toute ma visite se passait nu et en chaussettes. Et devant ma mère jusqu'à 16 ans.

      • Mercredi 2 Octobre à 01:31

        Il faut convenir que c'était à chaque fois un véritable moment de poésie pas possible!!  Il est certain Akia que la rubrique " poésie " dans le blog est bien choisie! 

           Tout comme les bizutages - formation qui commençaient à l'incorporation, à 20 ans, et on parle beaucoup trop peu. Et dont " la guerre invisible " n'est qu'un pâle reflet. Avant de recruter des femmes l'Armée Française aurait du réfléchir. Car contrairement aux jeunes appelés, ces dames ne sont pas obligées de se taire ...

      • Mercredi 2 Octobre à 01:22

        Il ne faut oublier dans ces années là, le contexte social judéo-catholique, d'interdiction totale de absolument tout. Et le combat mortel quotidien à chaque instant, entre les laïcs et les catholiques.

            C'est un curé qui a essayé d'imposer le slip jusque devant le médecin, au conseil comme ailleurs.

            Le slip a été créé pour l'usage de tout le monde, à partir de 1919. Par la célèbre marque " Petit-Bateau". Mais le caoutchouc pour faire les élastiques est arrivé en France seulement en 1927. Entre 1919 et 1927, il y avait uniquement les cordons, des boutons, et des agrafes.

            Quand le caoutchouc pour faire des élastiques est arrivé en France, tout de suite les associations familiales catholiques ont réclamer haut et fort que le slip soit toléré partout jusque devant le médecin. Car jusque là les visites scolaires ressemblaient surtout aux conseils de révision traditionnels.

             Les autorités de l'époque, soucieuses de promouvoir la laïcité, ont ri au nez de l'Eglise. Et ont fait exprès d'organiser le maximum de visites collectives nu partout. Même pour les filles. Et c'était encore comme ça dans les années 1950 et 60.

            L'Eglise catholique avait pour dogme principal la mortification de la chair, cause de tous les péchés. En particulier l'Eglise ne cachait pas aux ados, que la meilleure façon de perdre la foi c'était la masturbation. Il faut convenir que les fesses nues des copains, ça ne s'oublie pas facilement. En sortant du centre de Mâcon, 2 heures après la fin de la visite, j'ai eu une érection extrême involontaire dans mon pantalon, qui a duré plusieurs heures. Après 20h je suis monté dans le train bien raide, et j'avais 300 km à faire.

      • apte
        Mardi 1er Octobre à 12:34

        encore une petite précision ; quand le port du slip a été théoriquement autorisé à l'automne 1965, on aurait ou imaginer que les conscrits se présentaient en slips et que le médecin militaire se contentait de baisser l'élastique du slip pour regarder visuellement le sexe et même palper les testicules rapidement pour vérifier qu'il y en avait bien 2 ( s'il n'y en avait qu'une, c'était un motif de réforme)  ou vérifier l'absence d'anomalie, grosseur anormale etc..comme cela avait pu arriver chez un médecin de famille  Mais à ma connaissance, ce n'était jamais ainsi au conseil de révision ou au centre de sélection non plus, il fallait toujours si on était pas nu baisser  jusqu'aux chevilles son slip, le médecin ne se contentait jamais d'un coup d'oeil rapide, c'était d'ailleurs sans doute mieux pour le sérieux de l'examen et il ne se contentait pas d'un examen visuel, il tâtait, palpait, prenait dans ses mains etc. 

        J'ai mentionné dans un message les visites scolaires : au lycée-garçons de 14 à 18 ans environ, il y avait dans la première moitié des années 60 , pour moi jusqu'en 1966, des visites annuelles obligatoires ( pas question de présenter un certificat d'un médecin de famille à la place) pour lesquelles la moitié d'une classe soit environ 15 élèves allaient avec leprof de gym  un matin à l'infirmerie ( ils avaient été prévenus avec un courrier pour les parents quelques jours avant, c'était au début de l'année scolaire), on se déshabillait tous en slip tout de suite sur l'ordre du prof de gym puis in rentrait un par un dans la salle d'examen où on se retrouvait face à une doctoresse d'une quarantaine d'années et l'infirmière scolaire environ du même âge qui venait nous chercher dans le vestiaire un par un. Selon le prof de gym, on rentrait dans la salle en slip et on passait une partie de la visite en slip, et la dernière partie nu, ou on devait sur ordre du prof de gym enlever son slip avant de rentrer dans la salle dès qu'on allait être le suivant, et en ce cas on passait toute la visite complètement nu , l'infirmière et la doctoresse ne faisaient aucune remarque quand on rentrait nu dans la salle, elles étaient manifestement au courant des instructions de ce prof de gym très strict, un ancien sous-off dans l'armée, et n'y trouvaient rien à redire ; il y avait donc toujours un élève complètement nu debout devant la porte de la salle d'examen tandis que les autres attendaient leur tour assis sur des bancs en slip.

        le vestiaire était une salle en sous sol à laquelle on accédait en descendant quelques escaliers, il y avait une grande fenêtre sans rideaux et la salle donnait sur une cour dans laquelle des élèves jouaient souvent au ballon ou couraient pendant un cours de gym, par conséquent si un élève s'approchait de la fenêtre pour récupérer un ballon ou courait le long de la fenêtre, il n'avait qu'à baisser un peu les yeux pour voir les élèves en slip  au vestiaire. Ou un autre prof de gym en charge dde la classe dans la cour.

         Et c'était vrai aussi bien en seconde à 14 ans qu'en terminale à 17 ou 18 ans 

        et sans doute même après en classes préparatoires.

        à cette époque les lycées n'étaient pas mixtes.

        Il y avait aussi la visite pour l'admission à l'école normale que les élèves admissible après le concours devaient passer entièrement nus devant le médecin et l'infirmière de l'école après s'être déshabillés en groupe dans un vestiaire sous le contrôle d'un surveillant. Il me semble que la présence d'un parent qui était donc quasiment toujours la mère  ( parce qu'à l'époque la santé des enfants était l'affaire de la mère, le père ne s'occupait pas de cela et souvent si c'était en semaine il n'était pas disponible) était requise. Elle assistait donc à l'examen dénudé de son fils mais voyait aussi les autres élèves dénudés au vestiaire.  

        Un autre moment embarrassant pouvait être les visites pour les colonies de vacances qui se passaient souvent en groupe dans un centre de la mairie  ou d'une entreprise si c'étaient des colonies d'entreprises.

        Là aussi la  présence d'un parent était souvent requise même pour des pré-adolescents de 14 ou 15 ans.

        Et comme il fallait aller vite, le déshabillage en groupe au vestiaire était évidemment la règle. 

         

         

         

         

         

         

         

         

         

      • Mardi 1er Octobre à 11:25

        Bonjour Mr Apte

        Je vous remercie pour votre témoignage sur ce conseil de révision

        j'apprécie grandement ainsi que Mr TTemoignage

        ainsi que mes lecteurs qui apprécierons

        Je vous souhaite une bonne journée

        LD

    49
    Mercredi 27 Mars à 11:33

       Aux trois jours, dans tous les centres de sélection, il aurait été beaucoup plus normal de faire passer la visite médicale en arrivant, avant les deux jours et demi de tests psychotechniques. Car l'élimination des inaptes avait lieu principalement au moment de la visite médicale. A Mâcon j'ai vu 2 ou 3 conscrits sur 60, pas plus,  éliminés et priés de quitter le centre, au cours des examens psychotechniques. Car intellectuellement ou psychologiquement complètement inaptes. Mais au moment de la visite médicale, une quantité étaient exemptés d'office.

     Quelle utilité de faire passer deux jours et demi de tests psychotechniques, et de surcharger de travail les examinateurs, pour une multitude de pieds plats, d'asthmatiques, de myopes, d'obèses, et autres malades, qui de toute évidence ne pourront jamais être incorporés dans aucune arme ?? Les organisateurs savaient très bien qu'il aurait été beaucoup mieux de commencer les 3 jours par la visite médicale et les examens physiques !

    Alors pourquoi vouloir absolument maintenir la visite et les examens physiques l'après midi du troisième jour ??

       A cause de l'état psychologique et d'excitation dans lequel se trouvaient les conscrits en sortant de la visite. Pour la même raison les examens intimes aux visites médicales scolaires avait toujours lieu à la fin de tous les autres examens.

         A la sortie des centres, en fin d'après midi du troisième jour, de nombreuses femmes attendaient la sortie des conscrits. Prostituées, veuves, femmes mariées délaissées, ou en quête d'aventures. Dans les villes où se trouvaient les centres, les femmes et jeunes filles pas intéressées, s'enfermaient soigneusement chez elles, le soir où tout le monde savait que des conscrits allaient sortir du centre. Car tout le monde savait dans quel état se trouvaient les conscrits en sortant de la visite médicale des 3 jours !

      C'était justement ce que l'Eglise catholique ne supportait pas. D'où l'intervention du célèbre abbé Hervé Laudrin !

      

      • Mercredi 27 Mars à 12:46

        Bonjour Temoignage 

        merci à vous pour tous ces témoignages sur le conseil de révision

        LD

    48
    Lundi 25 Mars à 12:30

       En jargon professionnel, ce qu'on appelle " le circuit " concernant les visites médicales, c'est l'ordre des examens et leur organisation. Il y a traditionnellement " le grand circuit " et " le petit circuit ". Le grand circuit comporte la toise, la balance, spiromètre, la vue, et autres mesures équivalentes. " Le petit circuit " c'est celui avec le médecin.

       Pour tout comprendre il faut revenir à la guerre mortelle en France entre les laïcs et les catholiques. La Cicciolina en Italie a gagné les élections en se déshabillant partout. Pour bien montrer qu'elle représentait le seul parti politique vraiment laïc en Italie. Car tous les autres partis dépendaient du Vatican. Et le dogme principal de l'Eglise catholique est la mortification de la chair, la chair étant à l'origine de tous les péchés. La seule éducation sexuelle qui existait en France dans les années 60 était celle de l'Eglise catholique, volontairement très orientée et très incomplète. L'Eglise catholique ne cachait pas que la meilleure façon pour les jeunes de faire perdre la foi religieuse, c'était la masturbation. Pour changer la société il faut donner à la jeunesse de nouvelles habitudes. Ceci expliquant cela.

       50-60 ans après, beaucoup de choses commencent à se savoir.Et pas seulement grâce à internet.

    Les rapports Kinsey et Simon, avaient pour unique but de déchristianiser des populations écrasées par la chape de plomb chrétienne. En révélant au grand jour ce que tout le monde faisait clandestinement.

        Il y existe différents types de circoncision. Le seul et unique, pratiqué dans les années 50 et 60 en France sur le maximum de jeunes garçons, était le pire. Ils retiraient tout, une vraie boucherie ! Ce type de circoncision était utilisé dans certain pays pour augmenter la natalité. Un véritable encouragement à la masturbation !

       Il y a aussi différentes façons d'organiser les visites médicales, forcément collectives, et leurs circuits. Les fesses nues des copains, on ne les oublie pas ! Dès 1860, les organisateurs de ces visites ont mesuré toutes les conséquences qu'une certaine organisation de ces visites  pouvaient avoir pour faire progresser la laïcité.

      Hervé Laudrin, né en 1902 à Locminé en Bretagne, et mort dans cette même ville en 1977, a été ordonné prêtre de l'Eglise catholique en 1926.    Il a aussi était député à l'Assemblée Nationale, de 1958 jusqu'en 1977.   C'est lui qui a essayé en 1961,  d'imposer le slip jusque devant le médecin, aux conseils de révision comme dans les centres de sélection.   Il a perdu son temps, toujours à cause du combat incessant entre le catholique et le laïc.

      

      

      • Lundi 25 Mars à 20:11

        Bonjour Témoignage

        J'ai été ravie de lire vos témoignages et vous remercie beaucoup

        de vos écrits qui doit vous prendre beaucoup de temps

        Encore Merci 

        LD

    47
    Lundi 25 Mars à 11:37

       Le conseil de révision, les trois jours, et autres bizutages militaires dits " de formation ", étaient des moments de poésie pas possible !! Un véritable roman, d'un charme fou ! Un vrai livre, un chef d'oeuvre de poésie interminable, car créée par Napoléon, la conscription a quand même duré presque 200 ans. Et  organisée encore beaucoup plus sérieusement à partir de 1860, en même temps que les visites médicales scolaires, qui sont devenues LA priorité nationale.

      Notre ami Jean André a vraiment choisi la bonne rubrique pour rappeler, ou plutôt faire connaître, un passé pas si lointain !

       C'est le ministre Messmer qui supprimé définitivement le conseil de révision, remplacé partout par les trois jours, le 9 juillet 1965.

       Mais les premiers centres de sélection ont été créés à la fin des années 50. Et pendant pratiquement 5 ans, de 1960 à 1965, les jeunes de 18 ans subissaient les deux, le conseil de révision et le centre de sélection, l'un après l'autre.

      Il faut savoir que les sursitaires pour raison de santé, repassaient une deuxième fois, éventuellement une troisième fois, le conseil de révision. Dès que les centres de sélection ont été créés, les sursitaires pour raison de santé repassaient uniquement au centre de sélection.Mais certains ont dû subir deux conseils de révision en plus de trois passages au centre de sélection.

    Les sursitaires pour raison de santé, ne pouvaient pas repasser au centre de sélection plus de deux fois. Ce qui faisait au maximum trois passages en tout. Mais trois passages quand même. Car " les circuits " étaient organisés très différemment selon les centres de sélection. 

       Les fameux " bancs " étaient une spécialité de Mâcon. Mais à mon avis, pour les avoir connu moi aussi tout nu à 18 ans, ces bancs étaient trop bien conçus et trop bien construits, pour ne servir que dans un seul centre. Ils ont dû être utilisés à Mâcon pendant quelques années, et ensuite ils ont certainement servis dans un ou plusieurs autres centre.

       Car le procédé était scandaleux,révoltant !  Malgré l'omerta totale de ces années là concernant le sexe et la nudité, et comme les tout nus une fois sortis d'un centre n'étaient pas pressés de raconter ce qu'on leur avait fait, ça ne risquait pas de se savoir. A l'époque internet anonyme n'existait pas, c'était exactement le contraire. Mais étant donné l'énormité du procédé, sous prétexte " d'aguerrissement ", ça finissait par se savoir quand même. D'autant plus que les professionnels qui fréquentaient le centre étaient forcément au courant. Et finissaient par en parler. Donc dès que ça commençait à se savoir, les bancs étaient sans doute déménagés à l'autre bout de la France dans un autre centre.  Dans les années 70 dans un hôpital, j'ai écouté sans qu'elles me voient, des infirmières en train de discuter entre elles à l'écart, pendant une pause. Elles n'ont pas arrêté de se raconter entre elles tout ce qu'elles savaient des visites médicales des jeunes garçons et autres grands ados, et tout ce qu'elles savaient sur le centre de Mâcon. Ce qui prouve que beaucoup de choses finissaient par se savoir un peu partout.

    Comme la vie militaire a des exigences sévères concernant le physique et la santé, beaucoup repassaient dans le même centre deux, ou trois fois de suite. Il est évident que un certain nombre sont passés sur les bancs de Mâcon trois fois de suite.  J'aurais été curieux de savoir si tous nus sur les bancs pour la troisième fois, ils gigotaient des cuisses, autant, et aussi longtemps, que la première fois ? Puisqu'il était évident que c'était inutile !

    46
    Vendredi 22 Mars à 23:22

      Ce qui me fait toujours rire, ce sont les innombrables témoignages des femmes et surtout des jeunes filles, horrifiées par la nécessité d'aller chez le gynéco. Si elles savaient ce que nous on a vécu !!

      En plus elles ont la possibilité de tout choisir : le ou la praticien(ne), et dans ce but pouvoir se concerter entre copines. Elles peuvent choisir aussi le jour et l'heure. Etc. Etc.   Nous c'était exactement le contraire.Pendant 16 ans, de mes 4 ans à mes 21 ans, je me suis retrouvé slip baissé, et c'était toujours sur les pieds, ou complètement nu, devant 11 médecins différents, quatre femmes et sept hommes, pour littéralement les subir. J'avais plusieurs anomalies intimes depuis très jeunes, côté sexe comme côté fesses, depuis mon plus jeune âge, et j'ai été d'une pudeur extrême, de naissance jusqu'à 25 ans.

    En plus avec internet elles ont la possibilité de faire connaître ce qu'on leur a fait, anonymement, donc sans aucun risque. Nous c'était l'omerta totale. Ce qui permettait de nous faire subir tous les abus possibles. La majorité était à 21 ans.

    45
    vega
    Samedi 2 Mars à 13:17

    J'ai fait mes trois jours à Macon en 1975, j'avais 20 ans. La visite médicale s'effectuait le dernier jours. Cette visite se passait en trois parties. Les test d'audition, de vue, le contrôle dentaire, la capacité respiratoire se faisait habillés. quand ces examens étaient fini vous passiez dans une autre partie de la salle, vous vous deshabilliez, ne gardant que le slip et les chaussettes, on vous pesait,on vous mesurait, enfin dans la troisième partie de la salle on vous faisait otez le slip et les chaussettes et vous attendiez nu que le medecin vous recoivent. Par contre je ne me rappelle pas de ces fameux bancs, nous étions deux a attendre, quand le garçon qui vous precedait sortait vous entriez dans le bureau, il y avait trois personnes, le médecin, son adjoint et une femme, j'ai appris plus tard que c'était une psychologue. Le medecin vous oscultait, verifiait le colonne vertebrale , la plante des pieds, il palpait les testicules et décalottait le gland, c'était très genant, pas possible de cacher son intimité. La femme m'a posé quelques questions banales du genre si je dormais bien , si je n'avais pas de problème particuliers, tu parles dans cette tenue je n'avais pas trop envie de discuter. Quand je suis sorti j'étais honteux mais soulagé.

      • Vendredi 22 Mars à 22:53

        Témoignage je deviens ttemoignage.

           Vega, votre témoignage est précieux. Car nous sommes de moins en moins nombreux à pouvoir et à oser en parler. S'il vous plait, c'était début, ou fin 1975 ?

            Si vous étiez passé sur ces bancs vous seriez obligé de vous en rappeler définitivement ! Trop horrible !! L'expression " horrible " n'est pas de moi ...

          Est ce que le fameux couloir rectiligne était toujours utilisé ? Il parcourait toute la demi longueur du dernier étage du bâtiment central de la caserne Duhesme, occupée maintenant par le Conseil Général. Il suffit de regarder sur Google carte satellite pour comprendre la distance que ce couloir pouvait faire ! Le bâtiment central il y a trois entrées avec trois escaliers en bois. Un à chaque extrémité, et une au milieu à mi chemin des 2 extrêmités. On nous a fait monter tout en haut par celui du milieu. Et la salle des bancs et la salle d'examens se trouvait à l'extrémité de l'étage et terminait l'étage, à l'opposé de l'entrée de la caserne. On peut estimer la longueur du couloir à une vingtaine de mètres, chaîne d'arpenteur ?? Qu'il fallait parcourir seul complètement nu, sans montre, sans lunettes, sans chaussettes, et évidemment dire adieu à son slip !

           En 1975, si tout se passait dans la même grande salle, est ce qu'il y avait des alcôves ? C'était fréquent dans de tels locaux dans ces années là.

           Vous aviez certainement vous aussi une très longue habitude des visites scolaires ? Donc une certaine expérience ? Car elles étaient organisées de la même façon, et elles aussi dans des locaux spécialisés.

            De nos jours tout a changé, mais les jeunes traînent toute leur vie des problèmes graves et handicapants. Je n'aimerais pas être à leur place. Baisser son slip devant les médecins entre 2 et 4 fois par an, du premier souvenir vers 4-5 ans jusqu'à 20-25 ans, comme j'ai subi, c'était quand même utile. L'expression " calvaire nécessaire " n'est pas de moi non plus.

         

      • Samedi 2 Mars à 16:42

        Végas là je comprends très bien votre gêne

        cela à bien changé 

        Merci pour votre témoignage

        Bon week-end

        LD

         

    44
    Témoignage
    Mercredi 14 Novembre 2018 à 11:07

    Quand j'ai été à Mâcon c'était dans les années 60 et avant mai 68, ça durait réellement 3 jours. C'était le centre de sélection numéro 7, pour au moins 6 ou 7 départements, dans un rayon d'environ 200 km. Le recensement des futurs conscrits avait lieu dans toute la France obligatoire pour tous à l'âge de 16 ans. Et deux ans après, l'année de nos 18 ans, commençaient les épreuves de sélection. On recevait tous une convocation une quinzaine de jours avant, par courrier postal, avec un billet de chemin de fer aller-retour. C'était obligatoire, tel jour à telle heure, à telle adresse précise. Nul ne pouvait y échapper. Il y avait de nombreux jeunes qui souhaitaient devancer l'appel, ceux là c'était l'année de leur 17 ans. La majorité était à 21 ans, et pour tous les domaines de la vie.  Nous sommes arrivés un dimanche soir. Les tests psychotechniques ont commencés le lundi matin, et se sont déroulés sans interruption jusqu'au mardi soir. Nous étions une soixantaine, venant de plusieurs départements. On se retrouvait entre gens de la même région. Je me suis retrouvé avec plusieurs copains et camarades de classe.   Le mercredi matin on nous a fait manger plus tôt que d'habitude, 11h du matin. Et avant midi on nous a fait mettre en rang par 2 devant l'entrée centrale du bâtiment principal. Et on nous a fait monter tout en haut jusqu'au dernier étage.      Il faut convenir que l'effet de surprise était total.

          Les conseils de révision, tous savaient ce qui les attendaient, et comment ça allait se dérouler, même s'il y avait beaucoup de variantes locales. Toute la population savait comment ça se passait. Il s'agissait principalement de la mise à nu publique de tous les jeunes garçons de 18 ans. Si ça émoustillait la population, c'était une appréhension terrible pour tous ceux qui savaient qu'ils allaient devoir y passer ! Dès leurs 14-15 ans ils savaient ce qui les attendait, et ils avaient le temps de s'y préparer !

    Les conseils de révision se résumait partout à une sorte de visite médicale scolaire publique. Tout le monde le savait.  Avec souvent les gendarmes en uniformes et képi, pour bien rappeler que c'était officiel et obligatoire. Et surtout pour bien montrer que c'était un attentat à la pudeur et outrage public à la pudeur légalement autorisé, et officiellement très bien organisé. Il y avait toujours un service d'ordre à poigne, qui était là uniquement pour encadrer les déculottés. Les obliger à se déshabiller complètement et surtout à retirer leurs slips. Et à rentrer tout nus dans la grande salle, où ils étaient pris en charge tout de suite par les infirmiers en blouses blanches. Toutes les mères de famille, tantes ou/et autres femmes de la famille étaient conviées à venir avec leur rejeton, et à assister à son passage, pour connaître son avenir militaire, mais aussi pour l'encourager dans cette épreuve. Car c'était une épreuve terrible pour tous !! Exactement comme les mères de famille accompagnaient leurs grands fils chez le médecin de famille à chaque fois, souvent jusqu'à 18 ans. J'ai retiré mon slip sous le nez de ma mère chez le médecin de famille, à chaque fois au moins 2 fois par an,  jusqu'à 16 ans !

        Les centres de sélection étaient complètement imprévisibles. Exactement comme pour les visites médicales scolaires, c'était complètement différent à chaque fois et très différent d'un centre à l'autre. Nul ne pouvait savoir d'avance ce qui l'attendait. Comme pour les visites scolaires, les familles étaient soigneusement tenues à l'écart, ainsi que tous les témoins extérieurs. Ils auraient été horrifiés !! Seuls les membres du personnel étaient au courant.

       Les bancs ont disparus à Mâcon quand ils ont commencés à être connus dans plusieurs départements. Un scandale risquait d'éclater !  La moralité publique n'existait plus.  Chaque centre avait ses procédés. Il y en avait trois, dans toute la France, connus pour leurs pratiques  particulièrement impudiques, dont Mâcon. Ca jasait beaucoup dans  plusieurs départements. Mais les bancs c'en était trop !  

        Dans le nord de la France dans les années 60, des femmes de ménage ont eu par hasard la possibilité d'assister à des visites médicales de jeunes garçons. Car elles se déroulaient dans un sous sol, avec des vitres en hauteurs transparentes, le long d'une cour de service qui servait de parking. Tous les jours elles pouvaient venir assister aux visites qui étaient quotidiennes. Comme n'importe quels passants dans la cour. Tous les élèves de la région, de tous âges défilaient. Depuis la cour n'importe qui en prenant tout son temps, pouvait assister à tout. Depuis le déshabillage jusqu'àu passage devant le médecin. Ca ne dérangeait personne. Pourtant les organisateurs de ses visites savaient que depuis la cour du dessus tout le monde pouvait voir tout le déroulement.                          Complètement horrifiées par l'obscénité et le martyr public quotidien  imposés à tous les élèves les uns devant les autres, par classes entières, ces dames, absolument scandalisées,  n'ont pas pu s'empêcher de faire connaître publiquement au maximum de gens, comment ça se passait tous les jours. Et que tous les jours, depuis la cour, n'importe qui pouvait assister tant qu'il le voulait, et tout le temps qu'il le voulait, à un tel spectacle, puisque rien n'était fait pour empêcher quiconque de voir. Leurs efforts pour informer de ce qui se passait n'ont servis absolument à rien ! 

                Dans ces années là c'était comme ça, et considéré comme tout à fait normal. Personne ne disait rien, ou plutôt profitait de cette aubaine, rarissime dans l'univers répressif des années 1950-60-70.

      • Témoignage
        Mercredi 14 Novembre 2018 à 18:04

        C'est du vécu !! Je suis né à la fin des années 40, juste après la guerre. Les premiers souvenirs de ma vie sont l'hiver 53-54, les immeubles bombardés, les locomotives à vapeur. Et ... mon slip baissé chez mon 1er médecin de famille, et c'est celui là le plus traumatisant. A Mâcon nous étions 4 tout nus " assis " 2 par 2 sur 2 bancs, qui étaient disposés d'une façon telle que nous avions tous les 4 nos cuisses bien relevées et grandes ouvertes, ou plutôt écartelées, juste devant et bien en face la porte grise de la salle d'examens. Nos sexes pendants bien présentés face à cette porte, en attente de nous les faire tâter, m'a rappelé la façon que mon 1er médecin de famille avait de m'écarter les cuisses sans ménagement pour avoir accès à mon sexe, même à plus de 9 ans. 

             C'est grâce uniquement à internet et à des sites comme le vôtre, hélas assez rares, qu'il est possible de faire connaître la petite Histoire sociale inavouable. Le pire c'est que ça faisait partie des coutumes et traditions françaises ! 

            Je vous précise que votre Jean André@copyright, que vous dites avoir 87 ans, a recopié ci dessus en grande partie mes expressions, mes phrases, et mes exposés sur d'autres sites. Car je décris de cette façon  partout où c'est possible, la stricte réalité. Sauf que moi je n'ai pas subi le conseil de révision. Il est au courant des bancs de Mâcon, dont je parle sur d'autres sites. Je me suis fait bannir et effacer un peu partout en m'efforçant de relater l'exactitude des faits. Car il faut sauver la moralité  publique et la censure veille.

             La société de l'époque était d'une hypocrisie totale. La plus grande partie de la population, à tous les niveaux et dans toutes les catégories, menait une double vie. Quand l'ordre social se confond avec l'ordre religieux, il n'est plus respectable. Ma famille a toujours eu comme objectif de remédier, sans aucun ménagement, aux insuffisances de notre cher pays à chaque fois qu'il en a eu besoin.Surtout en comparaison avec nos voisins européens.

             Comme dit Jean André copyright, " c'était dans une autre vie ". Par rapport à la société d'aujourd'hui, c'était effectivement un autre monde, une autre planète. !

            Les femmes, des plus célèbres aux plus anonymes, ont joué le rôle décisif pour changer la société en 50 ans. Comme par exemple pour la promotion du naturisme, ou l'acceptation de la pornographie. Le meilleur moyen pour changer la société c'est de donner de nouvelles habitudes à la jeunesse. Et elles sont bien placées pour ça. D'autant plus que tout le monde le sait : " la vérité sort de la bouche des jeunes ". Les rapports Kinsey et Simon (Le rapport Simon en 1972, c'était sous Pompidou!), avaient pour but de changer la société catholique à outrance, et de faire reculer la chape de plomb chrétienne. Il existe différents types de circoncisions. Il y a un type de circoncision particulièrement sauvage, à grand risque de déchirures graves, que j'ai subie moi aussi très jeune dans les années 1950 comme une multitude d'autres de mon âge, qui était pratiqué dans certains pays uniquement pour augmenter la natalité, le nombre des naissances. Sans aucune raison médicale et encore moins religieuses beaucoup de mères de famille comme la mienne, s'entendaient entre elles pour faire opérer leurs fils de cette façon. L'église catholique reconnait elle même que la meilleure façon pour les ados de perdre la foi, c'est de se masturber. Et c'est pour ça que l'Eglise a toujours interdit la masturbation. Un certain type de circoncision, avec les visites médicales collectives nus, plus la pornographie clandestine, avec encore d'autres procédés, la jeunesse était obligée de perdre la foi définitivement. Le but était atteint !

      • Mercredi 14 Novembre 2018 à 14:09

        Merci beaucoup  témoignage 

        ça me touche beaucoup de vous lire  c'est très poignant

        en plus trés bien raconté et bien écrit

        je connais pas votre âge je pense que vous n'êtes plus très jeune

        je vous dis merci cher Monsieur et je vous tire ma révérence

        Amicalement 

        LD

      • Témoignage
        Mercredi 14 Novembre 2018 à 12:26

        Pour comprendre, il faut tout replacer dans le contexte social de l'époque.Dans toute la France depuis toujours, existait un problème gravissime permanent et angoissant pour tout le monde : la mortalité infantile et les enfants et ados estropiés à vie. Une épidémie quotidienne dans tout un pays, qui en plus était très pauvre dans ces années là. En 1900 à Paris, un enfant sur quatre mourrait avant l'âge de 10 ans. Dans les années 1950, des maladies et infirmités gravissimes étaient une habitude. La médecine préventive des jeunes s'est mise en place à partir de 1850. C'était une véritable institution nationale, qui a durée au moins 130 ans. En 1860, 1930 et 1960, à 3 reprises, le gouvernement a déclaré la médecine préventive des jeunes comme étant LA grande priorité nationale. Le meilleur endroit pour contrôler les jeunes et pour n'en oublier aucun, c'est le seul endroit où ils sont tous regroupés, c'est à dire l'école. A partir de 1860, visite médicale absolument obligatoire pour tous et pour toutes, une fois par mois jusqu'à 15 ans, et une fois tous les 3 mois pour les plus de 15 ans. A partir de 15 ans le corps devenait plus fort et résistait mieux. Les visites se déroulaient toujours collectivement, soit dans des locaux construits et aménagés pour  ça, soit dans les infirmeries des établissements, soit dans une salle de classe. Mais n'importe quel local pouvait être utilisé. Et jusqu'en 1927, à chaque fois sans slip...            Il faut savoir que l'intimité masculine est beaucoup plus compliquée et fragile que l'intimité féminine. Et mérite une surveillance particulière et permanente. Il y avait la fameuse "fiche de santé scolaire" qui suivait l'élève partout. Ou étaient inscrit par ordre chronologique toutes les anomalies à surveiller. Au moindre problème suspect, tous les médecins bondissaient. Quand c'était très intime ça ne changeait rien !

             Ces visites étaient une épreuve terrible pour tous, et pour certains dans mon cas plus que pour d'autres. Le mot " calvaire " n'est pas de moi, mais il correspond bien à la réalité. On essayait de nous donner l'habitude de nous laisser déculotter dès le plus jeune âge, et très vite il fallait prendre l'habitude de le faire nous même. Mais beaucoup de médecins femmes et hommes compréhensifs baissaient encore eux même le slip de grands garçons de 18 ans.  Et on exigeait toujours baissé sur les pieds. C'était un apprentissage très dur pour la plupart, un véritable martyr pour certains dans mon cas.  Ca commençait avec la présence de la mère dès le plus jeune âge.  Et ça criait fort sans arrêt dans les salles d'examens quand c'était les jeunes qui passaient. Un peu moins avec les plus grands. Ceux qui attendaient leur tour à côté savaient ce que  ça voulait dire et  et compatissaient.

          Dès notre plus jeune âge on savait tous que devant le médecin, c'était toujours slip baissé ou tout nu. Souvent il fallait se préparer d'avance et retirer le slip bien avant d'arriver devant le médecin. Les mères de famille nous donnaient l'exemple. Ma mère m'a retiré mon slip à chaque visite chez mon 1er médecin de famille 2 ou 3 fois par an  jusqu'à plus de 9 ans. C'était pour nous tous un rituel depuis notre premier souvenir.

        Ce qui explique que tous les jeunes garçons de 18 ans trouvaient très normal de retirer leurs slips pour n'importe quel contrôle médical. 

            Les rarissimes qui refusaient de retirer leurs slips, restaient au centre de sélection au moins 15 jours de plus. Les familles s'inquiétaient, téléphonaient, la majorité était à 21 ans. Le ridicule était total.  Dans les mairies, le ridicule était immédiat, public, et total ! Avec en plus la mère et la famille pas loin. Tout finissait par se savoir ...

      • Témoignage
        Mercredi 14 Novembre 2018 à 11:33

           Suite ... Toute la moitié de l'étage le plus haut, sous les toits, était consacré aux examens physiques et médicaux. C'était un local immense et très long. Depuis le palier on rentrait par une porte en bois à double vantaux. Qui donnait sur un couloir rectiligne très long, d'au moins 20 mètres, illuminé en enfilade par une grande fenêtre dans une salle tout au bout du couloir. Tout de suite à droite il y avait une grande ouverture d'au moins 2,50m de large, sans aucune porte. Sitôt franchie la porte palière on était pris à la gorge par une chaleur étouffante, au moins 27-28 degrés, et par l'odeur de pharmacie.

            Tout de suite la disposition et l'aménagement surprenait, et mettait très mal à l'aise. En ce qui me concerne je ne me suis pas senti très bien. Et les autres c'était pareil. La grande ouverture donnait directement sur une grande salle, organisée comme une salle de spectacle, avec des rangées de chaises disposées en diagonale. Sur toute la longueur du mur du fond il y avait 5 appareils, que tous nous connaissions bien : tout à droite une table pour l'ouïe. En allant sur la gauche, le spiromètre, les lettres au mur pour la vue, ensuite la balance. Et tout à gauche la toise, avec à côté un banc le long du mur de gauche pour poser les vêtements.Et un infirmier en blouse blanche nous attendait à chaque appareil. Nous somme rentrés avant midi. Et une fois tout le monde assis les infirmiers ont marqué une pause. Comme pour préparer un évènement. C'est l'infirmier de la toise qui dirigeait.

    43
    Témoignage
    Mercredi 7 Novembre 2018 à 12:35

    Il est certain qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui osent raconter tous les détails de ce qui se passait réellement. La honte, la pudeur, et souvent aussi la volonté de ne pas revivre intérieurement un cauchemar. Malgré l'anonymat d'internet, qui seul, permet de faire connaître enfin beaucoup de choses. Je suis un habitué de ces recherches et je suis aussi un chasseur de témoignages. Il n'est pas facile du tout d'obtenir des détails de la part de ceux qui les ont vécus. La réticence est omniprésente. Il faut extraire, arracher, des informations. Par des recoupements avec différents récits on peut se faire une idée exacte du comment et du pourquoi.

       Pour les conseils de révision c'était toujours dans les locaux d'une mairie, et organisé un peu de la même façon mais avec beaucoup de variantes locales. Au contraire pour les 12 centres de sélection c'était très différent d'un centre à l'autre. Et dans le même centre très différent d'une année à l'autre.  

    Pour le conseil de révision tous les ados savaient ce qui les attendaient, dès leur plus jeune âge, et les " spectateurs " aussi. C'était une cérémonie presque publique, avec toujours beaucoup de gens de l'extérieur.  

       Les centres de sélection au contraire étaient un milieu très fermé, en dehors du personnel et des conscrits, il n'y avait jamais personne de l'extérieur. Comme les jeunes garçons de 18 ans n'étaient pas pressés de raconter ce qu'ils avaient subis, presque rien ne filtrait à l'extérieur. Le personnel en privé pouvait raconter beaucoup de choses. Tout était possible, même le plus sordide. Pour les bizutages-formation dans les casernes aussi.

    " La guerre invisible " n'est qu'un très lointain aperçu de ce qui se passait réellement avec les jeunes garçons. L'Armée française a commis la lourde erreur de recruter des femmes, mais sans changer suffisamment ses habitudes !  Si les jeunes garçons par nature se taisent concernant de telles circonstances, les femmes adultes elles, pas forcément.

      • Témoignage
        Mercredi 14 Novembre 2018 à 10:44

        Quand j'ai été à Mâcon c'était dans les années 60 et avant mai 68, ça durait réellement 3 jours. C'était le centre de sélection numéro 7, pour au moins 6 ou 7 départements, dans un rayon d'environ 200 km. Le recensement des futurs conscrits avait lieu dans toute la France obligatoire pour tous à l'âge de 16 ans. Et deux ans après, l'année de nos 18 ans, commençaient les épreuves de sélection. On recevait tous une convocation une quinzaine de jours avant, par courrier postal, avec un billet de chemin de fer aller-retour. C'était obligatoire, tel jour à telle heure, à telle adresse précise. Nul ne pouvait y échapper. Il y avait de nombreux jeunes qui souhaitaient devancer l'appel, ceux là c'était l'année de leur 17 ans. La majorité était à 21 ans, et pour tous les domaines de la vie.

              Les conseils de révision, tous savaient ce qui les attendaient, et comment ça allait se dérouler, même s'il y avait beaucoup de variantes locales. Toute la population savait comment ça se passait. Il s'agissait principalement de la mise à nu publique de tous les jeunes garçons de 18 ans. Si ça émoustillait la population, c'était une appréhension terrible pour tous ceux qui savaient qu'ils allaient devoir y passer ! Dès leurs 14-15 ans ils savaient ce qui les attendait, et ils avaient le temps de s'y préparer !

        Ca se résumait partout à une sorte de visite médicale scolaire publique. Tout le monde le savait.  Avec souvent les gendarmes en uniformes et képi, pour bien rappeler que c'était officiel et obligatoire. Et surtout pour bien montrer que c'était un attentat à la pudeur et outrage public à la pudeur légalement autorisé, et officiellement très bien organisé. Il y avait toujours un service d'ordre à poigne, qui était là uniquement pour encadrer les déculottés. Les obliger à se déshabiller complètement et surtout à retirer leurs slips. Et à rentrer tout nus dans la grande salle, où ils étaient pris en charge tout de suite par les infirmiers en blouses blanches. Toutes les mères de famille, tantes ou/et autres femmes de la famille étaient conviées à venir avec leur rejeton, et à assister à son passage, pour connaître son avenir militaire, mais aussi pour l'encourager dans cette épreuve. Car c'était une épreuve terrible pour tous !! Exactement comme les mères de famille accompagnaient leurs grands fils chez le médecin de famille à chaque fois, souvent jusqu'à 18 ans. J'ai retiré mon slip sous le nez de ma mère chez le médecin de famille, à chaque fois au moins 2 fois par an,  jusqu'à 16 ans !

            Les centres de sélection étaient complètement imprévisibles. Exactement comme pour les visites médicales scolaires, c'était complètement différent à chaque fois et très différent d'un centre à l'autre. Nul ne pouvait savoir d'avance ce qui l'attendait. Comme pour les visites scolaires, les familles étaient soigneusement tenues à l'écart, ainsi que tous les témoins extérieurs. Ils auraient été horrifiés !! Seuls les membres du personnel étaient au courant. 

            Dans le nord de la France dans les années 60, des femmes de ménage ont eu par hasard la possibilité d'assister à des visites médicales de jeunes garçons. Car elles se déroulaient dans un sous sol, avec des vitres en hauteurs transparentes, le long d'une cour de service qui servait de parking. Tous les jours elles pouvaient venir assister aux visites qui étaient quotidiennes. Comme n'importe quels passants dans la cour. Tous les élèves de la région, de tous âges défilaient. Depuis la cour n'importe qui en prenant tout son temps, pouvait assister à tout. Depuis le déshabillage jusqu'àu passage devant le médecin. Ca ne dérangeait personne. Pourtant les organisateurs de ses visites savaient que depuis la cour du dessus tout le monde pouvait voir tout le déroulement.                          Complètement horrifiées par l'obscénité et le martyr public quotidien de imposés à tous les élèves les uns devant les autres, par classes entières, ces dames, absolument scandalisées,  n'ont pas pu s'empêcher de faire connaître publiquement au maximum de gens, comment ça se passait tous les jours. Et que tous les jours, depuis la cour, n'importe qui pouvait assister tant qu'il le voulait, et tout le temps qu'il le voulait, à un tel spectacle, puisque rien n'était fait pour empêcher quiconque de voir. Leurs efforts pour informer de ce qui se passait n'ont servis absolument à rien ! 

                    Dans ces années là c'était comme ça, et considéré comme tout à fait normal. Personne ne disait rien, ou plutôt profitait de cette aubaine, rarissime dans l'univers répressif des années 1950-60-70.

      • Mercredi 7 Novembre 2018 à 13:20

        Merci pour votre témoignage

        et contente que mon site a pu vous permettre de raconter

         votre histoire, et qui intéressera surement plusieurs autres

        personnes qui ont subi la même chose que vous

        Cordialement

        LD

         

    42
    Témoignage
    Samedi 20 Octobre 2018 à 22:20

      Etant donné ce que j'ai subi malgré moi, pendant les 30 premières années de ma vie, dans mon cas personnel en particulier, j'ai été obligé de chercher l'explication, le pourquoi du comment, concernant un certain nombre de procédés et de traditions qui n'existent plus maintenant, mais que les plus de 50 ans ont encore connus.   Et pas seulement pour les conseils de révision et centres de sélection.

        A ce sujet il est indispensable d'évoquer le conflit quotidien, acharné et de chaque instant, toutes les années 1950,60 et 70, dans toute la France, entre les laïcs et l'Eglise Catholique. Une haine mortelle réciproque. Tous les moyens étaient bons pour essayer de détrôner l'autre.   Sur les 12  Centres de sélection,  Mâcon est l'un des rares à n'avoir jamais accepté le slip. Ils nous obligeaient à retirer aussi la montre, les lunettes, les bracelets, colliers, mais pourquoi ??   Il faut noter que c'est un curé, qui était député, qui a réussi à faire accepter le slip dans certains conseils de révision et plus tard dans certains centres de sélection. Et aussi pour les visites médicales scolaires. Dès 1927, à l'arrivée du caoutchouc pour faire les élastiques, les Associations Familiales Catholiques ont bondi sur cette occasion pour essayer de faire accepter le slip, par la médecine scolaire comme par la médecine militaire. Sans beaucoup de succès, face aux laïcs.

       Ce qui se passait il y a encore 45 ans est difficilement croyable de nos jours. Et pourtant authentique et bien réel !!  Plus on remonte dans le temps plus c'est de pire en pire.

    41
    Témoignage
    Samedi 20 Octobre 2018 à 21:45

      La nudité était imposée parce que les grands slips coton blanc qui montaient très haut et qui cachaient trop le corps empêchaient les examens complets indispensables.

       Le slip années 60 a été inventé par " Petit-bateau " en 1919, et le caoutchouc pour faire les élastiques est arrivé en France en 1927. Entre 1919 et 1927 il n'y avait que des agrafes, des boutons et des élastiques. Le slip a été créé pour les sportifs, et à cause du voyeurisme sous les jupes sous lesquelles il n'y avait rien, surtout au moment des bals. Avant 1919 le conseil de révision c'était toujours tout nus. Puisqu'il n'existait que des caleçons très longs en coton. 

       Pour une autre raison aussi : l'aguerrissement des futurs soldats. En temps de guerre il faut savoir oublier complètement sa pudeur, en toutes circonstances, et devant n'importe qui, même la foule, et immédiatement à l'improviste, sans aucune hésitation. Et ça ne s'apprend pas en quelques jours. C'est aussi pour ça que au début du service militaire et pendant les premiers mois, étaient organisés des bizutages-formations, qui consistaient en des " mises à l'air " collectives et publiques à répétition des jeunes appelés, qui se déroulaient le soir dans les chambrées, et qui pouvaient durer plusieurs heures. Etant donné le contexte social des années 60, donner de nouvelles habitudes comme celle là à des jeunes de 20 ans, ce n'était pas évident du tout !   Jai subi moi aussi, pendant 3 mois, quasiment quotidiennement, cette "formation" un peu particulière. D'autant plus que j'avais toujours été d'une pudeur extrême et ils m'ont repéré tout de suite ... 

       Pour cette même raison, les 12 centres de sélection étaient chargés de rivaliser d'imagination, pour inventer les meilleurs procédés pour arriver à faire oublier complètement leur pudeur à de futurs militaires. C'était quasiment un concours national. Certains centres comme Mâcon avaient dans toute la France une réputation d'impudeur maximum particulièrement réussie. C'est comme ça qu'on été inventés les bancs de Mâcon. Surtout que dans les locaux des visites médicales des centres de sélection il n'y avait personne de l'extérieur des casernes. Les seuls gens qui étaient au courant des procédés étaient uniquement les professionnels qui travaillaient dans les centres. Il n'y avait jamais aucun témoins extérieurs. Alors pourquoi se gêner ?? Puisque ça ne risquait pas de se savoir un jour, dans la société des années 60 ... 

    Malgré tout les procédés de Mâcon étaient tellement scandaleux et révoltants depuis tellement longtemps qu'ils ont finis par être connus, et ça jasaient beaucoup dans un rayon de 300km ! C'est pour ça que les bancs ont disparus, après quand même des années de présence. Dès leur arrivée au centre de Mâcon, la veille au soir du premier jour, les conscrits qui avaient été prévenus par leurs grands frères, complètement horrifiés, prévenaient les autres nouveaux arrivants de ce qui les attendaient l'après midi du 3ème jours. Il paraît que l'attente pendant les 2 premiers jours était pour tous assez angoissante ... 

        Nous sommes des milliers à être passés sur ces bancs. Ceux qui étaient ajournés pour raison de santé y passaient une 2ème et même une 3ème fois, donc 3 ans de suite ! Même plusieurs dizaines d'années après il n'y en a pas beaucoup qui ont envie de raconter ce qu'ils ont vécu là bas, malgré l'anonymat d'internet ! 

     

     

      • Témoignage
        Mercredi 7 Novembre 2018 à 12:12

        Il est certain qu'il n'y a pas beaucoup de gens qui osent raconter tous les détails de ce qui se passait réellement. La honte, la pudeur, et souvent aussi la volonté de ne pas revivre intérieurement un cauchemar. Malgré l'anonymat d'internet, qui seul, permet de faire connaître enfin beaucoup de choses. Je suis un habitué de ces recherches et je suis aussi un chasseur de témoignages. Il n'est pas facile du tout d'obtenir des détails de la part de ceux qui les ont vécus. La réticence est omniprésente. Il faut extraire, arracher, des informations. Par des recoupements avec différents récits on peut se faire une idée exacte du comment et du pourquoi.

      • Témoignage
        Mercredi 7 Novembre 2018 à 12:02

        Je suis resté tellement marqué par ce que j'ai subi, que je collectionne les témoignages. Pour la nudité imposée, comme pour certains procédés et certains comportements inavouables, des années 50,60 et 70, que j'ai subis au jour le jour. Et très difficiles à croire de nos jours pour ceux qui n'y étaient pas.

           Je suis fils de déporté guerre de 40. En 1941 mon père a été arrêté par les nazis pour aide active à la Résistance. Il s'est enfui de déportation, il a échappé à la gestapo (j'oublie volontairement la majuscule !), il est revenu vivant fin 44 avec beaucoup de chance. Pendant au moins les 30 ans qui ont suivis leur retour, les déportés se sont abstenus de raconter ce qu'ils avaient subi et vu. Pour une seule raison : personne ne voulait les croire ! C'est exactement pareil aujourd'hui pour ceux qui ont vécu les 30 ans qui ont suivis la guerre de 40.

              Trente années catholiques à outrance, avec un code civil et un code pénal avant tout catholiques, une répression pénale totale épouvantable régnait sur tout ce qui concernait le sexe et la nudité quelle qu'en soit la forme. Mais derrière les apparences, et sous différents prétextes tout était possible !! L'ordre social étant en partie très contestable, existait partout quotidiennement une double vie. Encouragée par quantité de professionnels. L'Occupation par les nazis nous avait habituée à la clandestinité, il suffisait de garder les bonnes habitudes. En plus il existait une vraie vie privée des familles, qui permettait de faire tout ce qu'on voulait, et entre familles aussi.  Avec en plus la volonté collective clandestine de changer cette société d'interdiction de absolument tout, absurde et contre nature. Les femmes en pantalon au tribunal correctionnel, les préservatifs vendus uniquement sur ordonnance, et les homos adultes consentants en privé en prison pour trois ans. Ca a changé j'avais 30 ans. Puisque je suis né juste après la guerre de 40. Le porno très soft était interdit par la loi au PLUS de 21 ans. Il est certain que plus on remonte loin dans le temps plus les procédés étaient terribles. Les plus de 80 ans ont beaucoup de choses à révéler, car eux non plus ne peuvent pas oublier. 

           J'ai été d'une pudeur pas maladive, mais extrême, de mon premier souvenir jusqu'à plus de 25 ans. Et pour mon plus grand malheur, j'ai été atteint dès mon plus jeune âge de plusieurs anomalies intimes, très inquiétantes d'évolution incertaine, qu'il fallait absolument surveiller plusieurs fois par an. L'un des tout premiers souvenirs de ma vie, et le plus traumatisant, c'est ma mère qui me déculotte elle même chez mon 1er médecin de famille. Et ça a duré jusqu'à plus de 20 ans. Ensuite j'ai subi les bizutages-formation du service militaire, connus pour être les pires de tous. Pour être un bon soldat il faut savoir se déshabiller immédiatement devant n'importe qui, à l'improviste et quelle que soient les circonstances. Et ça ne s'apprend par en 8 jours. Surtout dans le contexte éducatif de la jeunesse dans ces années là, aux antipodes d'aujourd'hui.

            Il est indispensable de faire connaître aux générations futures ce qu'elles n'ont pas connu. En particulier ce qui concerne la petite Histoire sociale inavouable. Car l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement. Connaître le passé pour comprendre le présent, et pour prévoir l'avenir. " Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ! " Winston Churchill 1946.

      • Dimanche 21 Octobre 2018 à 07:45

        J'aimerai savoir témoignage si c'était partout pareil

        je trouve votre témoignage poignant si je pouvais l'envoyer

        à cette personne je le fairais malheureusement très malade

        je me suis vraiment intéressée et poutant à cette époque des 

        années 60 j'avais 22 ans et jamais j'ai entendu chose pareil

        mon frère à fait son conseil de révision mais nous a jamais parlé

        d'une chose pareille peut être aussi par pudeur.

        Merci pour m'avoir appris autant de choses

        Bon week-end

        LD

         

    40
    Vendredi 19 Octobre 2018 à 17:57

    Témoignage : merci à nouveau mais je ne peux vous répondre

    concernant ce sujet de cette personne de 87 ans 

    je suis désolée 

    Par contre vous m'avez beaucoup appris concernant ce conseil de Révision de l'époque toujours bon à savoir merci

    LD

      • Vendredi 22 Mars à 23:09

        Votre Blog Akia est très intéressant et très utile, car il permet de faire connaître la petite histoire inavouable, heureusement anonymement. Car même 50 ans après il ne fait pas bon faire des révélations plus que gênantes pour les auteurs de certains procédés.  Aucun journaliste ni aucun auteur ne pourront le publier, afin de le faire connaître.  En plus ce serait porter atteinte à la moralité publique, et censuré au maximum.

            Dans ces années là il y avait aussi les visites médicales scolaires, les bizutages en internats, les pires étant ceux du service militaire, sous prétexte de formation. Effectivement pour être un bon militaire il faut savoir obéir et tout supporter instantanément. Comme absolument tout ce qui était sexe et nudité était interdit, par une répression épouvantable, le sexe était partout le centre d'intérêt de tout le monde, des jeunes en particulier. L'omerta la plus totale accompagnait l'affreuse répression. Une multitude de gens et de professionnels, et la société, menait une double vie.

    39
    Témoignage
    Vendredi 19 Octobre 2018 à 16:46

      A Mâcon à l'époque des bancs, les lattes horizontales étaient très près du sol. Des lattes longues et étroites en bois vernis couleur acajou aux bords très bien polis et très bien rivetées. Conçues et assemblées pour recevoir des fesses nues de 18 ans. Donc les conscrits n'étaient pas assis mais quasiment accroupis. La position spontanément ouvrait au maximum  les cuisses et les relevaient au maximum devant tout le monde. Au final chacun avait les jambes écartelées. Les 2 coudes sur ses deux genoux, et avait les doigts de ses 2 mains croisés à plat 20cm sous le menton. Même les grosses fesses comme les miennes étaient complètement ouvertes par la position. Et donc tous obligés de bien présenter son sexe devant tout le monde. Les cuisses étaient tellement relevées haut, que si on les resserrait le sexe pendait entièrement vers le sol sous les fesses devant tout le monde. Position tellement ridicule, que aucun ne pouvait l'envisager. Donc il fallait rouvrir les cuisses, et accroupis comme on l'était c'était forcément les rouvrir très largement.  

    Il y avait 2 ridelles très hautes de chaque côté pour empêcher de se tourner sur le côté, et une latte verticale assez haute sur toute la longueur du banc pour obliger à s'asseoir sur le devant du banc. Afin que les sexes pendent  le plus possible vers le sol, plus exactement dégringolent, devant tout le monde. Avec une chaleur caniculaire rare pour des locaux médico-administratifs. En comparaison avec les autres locaux spécialisés, innombrables partout dans les années 60, et déjà très très bien chauffés !

       Il y avait deux bancs habilement disposés en angle, et 2 garçons nus côte à côte sur chaque bancs, dont les genoux se touchaient presque. L'angle des bancs, et les cuisses grandes ouvertes et bien relevées, étaient disposé face à la porte grise de la salle d'examens. Ainsi chacun était mieux préparé, pendant 1/2 heure, à ce qui l'attendait et qu'il  attendait (!). Angle étudié judicieusement pour que les garçons nus soient obligés de s'entreregarder de près. Et pour que le personnel puisse avoir une vue plongeante entre les bancs et sur les garçons qui attendaient leur tour. Pour pouvoir scruter de près et sans aucune gêne, et sans que les garçons puissent se dérober, leurs intimités comme la tête qu'ils faisaient, et leurs moindres réactions, pendant toute la demi heure que durait l'attente !

     Le plus comique, si on peut dire : en s'installant, tous les garçons sans exception refusaient spontanément de prendre cette position odieuse devant tout le monde. Et refermaient leurs cuisses immédiatement, les rouvrant aussitôt, avant de les refermer aussi vite, une véritable gymnastique spectaculaire, réflexe inévitable chez tous.  Tous sans exception gigotaient des cuisses plus ou moins longtemps et de façon différente selon chacun, avant d'accepter enfin de les rouvrir définitivement, puisque ça ne servait à rien d'essayer de faire autrement. Toutes les paires de cuisses se fermaient complètement  et se rouvraient très largement au minimum 5 ou 6 fois de suite chez la plupart. Les plus pudiques gigotaient pendant une éternité, jusqu'à 15 fois de suite, écarlates, la bouche grande ouverte, cherchant de l'air, suffoquant, haletant, dans le silence général.

        L'arrivée d'un nouveau et la façon dont il allait réagir en s'installant et la façon dont il allait gigoter des cuisses, plus ou moins vite et plus ou moins longtemps, et la tête qu'il allait faire, on voyait que c'était le moment que le personnel attendait le plus !  Mais entre nous une immense compassion silencieuse se créait spontanément, doublée d'un voyeurisme total et réflexe.

         Amusant aussi, enfin façon de parler, un certain nombre, qui avaient les cuisses grandes ouvertes et complètement relevées depuis assez longtemps (une demi heure c'était long !), finissaient par s'adresser ouvertement au personnel pour réclamer leurs slips ! Quand un commençaient à se plaindre d'autres en faisaient autant, et ça devenait un concert de protestations. Dans le silence général le plus complet.  Car le personnel ne répondait jamais, continuant à encore mieux scruter de façon incessante les intimités et les visages. N'en perdant pas une miette... 

            Nous sommes certainement des milliers à être passés à 18 ans sur ces bancs diaboliques.Moi c'était dans la 2ème moitié des années 60, une fin de mois de septembre.  Nous étions une soixantaine ce jour là tout l'après midi du 3ème jour, pendant six longues heures. Juste avant de quitter définitivement le centre. (Mâcon, Centre de sélection numéro 7). 

        Les 2 bancs et la table bizarre qui allait avec, étaient un véritable chef-d'oeuvre rarissime de conception et de construction. Beaucoup trop pour ne servir qu'une fois !!  Que sont ils devenus plus tard ? Mobilier sado-maso à mettre dans un musée de l'érotisme, ou vendu aux enchères à un collectionneur vicieux ??  

      • Vendredi 19 Octobre 2018 à 18:04

        Merci pour votre témoignage 

        LD

    38
    Témoignage
    Mercredi 17 Octobre 2018 à 09:30

      Concernant les conseils de révision et autres cérémonies équivalentes organisées, il faut le reconnaître, avec un art tout particulier, il y a un autre chef-d'oeuvre très poétique surtout à ne pas manquer, ce sont les fameux " bancs de Mâcon " !

    Dans le courant des années 60 les 3100 conseils de révision annuels dans toute la France, ont été progressivement remplacés par 12 centres de sélection. Et pendant des années les deux " cérémonies " ont co-habitées. Les conscrits devant d'abord subir l'une, et ensuite l'autre, à deux ans d'intervalle. 

      Chaque centre de sélection était entièrement libre de choisir différents  procédés pour organiser " le circuit " de la visite médicale. Circuit en slip d'abord et tout nus ensuite, ou tout nus tout de suite. 

    Le centre de Mâcon avait une réputation d'impudeur et d'obscénité maximum, qui faisait jaser Dans un rayon de 300km.

      En particulier les bancs ! Qui sont restés en service au centre de Mâcon pendant des années. Comme des milliers d'autres, je suis passé tout nu à 18 ans sur les bancs de Mâcon fin années 60.

       A Mâcon fin années 60, c'était d'abord uniquement en slip. Grand coton blanc dans ces années là, ouvert ou fermé. Ensuite c'était vraiment tout nu. Il fallait tout retirer complètement même la montre, les lunettes, les chaussettes, colliers, gourmettes,etc. (Pourquoi ?).  Il fallait emprunter tout nu un très long couloir interminable entre deux salles d'attente, sous les yeux du personnel.

      La 2ème salle d'attente était celle des bancs. Bancs construits uniquement en lattes de bois assemblées couleur acajou, ressemblant exactement aux anciennes luges de sport d'hiver. Ces bancs étaient un chef d'oeuvre de conception et de construction, et avaient pour but d'obliger les construits à ouvrir en grand leurs cuisses relevées devant tout les autres et devant le personnel. On était pas assis, mais quasiment  accroupis. Le résultat était l'équivalent d'un fauteuil gynéco.  Il fallait garder la pose 1/2 heure.L'horreur totale ! Surtout dans le contexte social de ces années là.

    Il y avait deux bancs habilement disposés en angle, et une table très particulière qui allait avec, construite dans le même bois. A deux reprise le conscrit était obligé de se mettre debout devant la table en présentant son sexe sous le nez du personnel, et en même temps présenter ses fesses nues sous les yeux des autres à bonne hauteur et à 50cm derrière ! Plus tard retour tout nu dans la première salle d'attente, par le même couloir mais dans l'autre sens,  toujours sous les yeux du personnel ...

        Quand on évoque certains procédés des coutumes et traditions de la France d'autrefois, il est important de mentionner cet épisode mémorable, qui a quand même duré quelques années !! 

      • Mercredi 17 Octobre 2018 à 12:52

        Merci pour votre témoignage concernant ce document vécu

        d'une certaine personne 

        LD

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