• LE CHEVAL MORT...........Aloysius Bertrand (1807-1841).

    LE CHEVAL MORT

    LE CHEVAL MORT............

    Le Fossoyeur : — Je vous vendrai de l’os pour fabriquer des boutons.
    Le Pialey : — Je vous vendrai de l’os pour garnir le manche de vos poignards.
    La Boutique de l’Armurier.

     

    La voirie ! et à gauche, sous un gazon de trèfle et de luzerne, les sépultures d’un cimetière ; à droite, un gibet suspendu qui demande aux passants l’aumône comme un manchot.

    *

    Celui-là, tué d’hier, les loups lui on déchiqueté la chair sur le col en si longues aiguillettes qu’on le dirait paré encore pour la cavalcade d’une touffe de rubans rouges.

    Chaque nuit, dès que la lune blémira le ciel, cette carcasse s’envolera, enfourchée par une sorcière qui l’éperonnera de l’os pointu de son talon, la bise soufflant dans l’orgue de ses flancs caverneux.

    Et s’il était à cette heure taciturne un œil sans sommeil, ouvert dans quelque fosse du champ de repos, il se fermerait soudain, de peur de voir un spectre dans les étoiles.

    Déjà la lune elle-même, clignant un œil, ne luit plus de l’autre que pour éclairer comme une chandelle flottante ce chien, maigre vagabond, qui lape l’eau d’un étang.

     

    « HARLEM.............Aloysius Bertrand (1807-1841).À M. VICTOR HUGO..................Aloysius Bertrand (1807-1841)... »
    Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :