• La plus chic des maladies

    La plus chic des maladies

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    Au XVIIIe siècle, il était chic d’avoir la goutte. On l’appelait la « maladie des rois ». Elle reste aujourd’hui, dans l’imaginaire populaire, la maladie des gros mangeurs, des bons vivants.

    Mais c’est une maladie qui touche encore 500 000 personnes en France aujourd’hui [1] !

    Maladie goutte
    Cette cruelle image représente un homme que les excès de nourriture et d’alcool ont conduit à la goutte (inflammation très douloureuse touchant en général le gros orteil)


    La goutte est une forme d’arthrite. C’est une inflammation des articulations. Elle est provoquée par un excès d’acide urique dans le sang. Des cristaux très douloureux se forment dans les articulations. Dans 75 % des cas, la goutte touche le gros orteil.

    L’excès d’acide urique est traditionnellement causé par l’excès de viandes faisandées, de fruits de mer et de vin blanc (mais pas, contrairement à ce qu’indique la gravure ci-dessus, aux excès de chair). La maladie était autrefois répandue dans les milieux aristocratiques, habitués à chasser et à festoyer – d’où sa réputation.

    Mais la cause, au XVIIIe siècle, n’avait pas été identifiée. Les gens constataient seulement que l’arthrite était plus répandue dans la haute société riche et cultivée que parmi les populations pauvres et ignorantes.

    Parce qu’ils étaient plus riches que les autres, les « goutteux » (personnes malades de la goutte) vivaient en moyenne plus longtemps que les autres. Charlemagne, Charles-Quint, le roi Henri VIII, Louis XIV, le président Théodore Roosevelt, souffraient de la goutte.

    La conclusion assez raisonnable (mains néanmoins erronée) était que la goutte n’était pas seulement un signe de standing social : elle était positivement… bonne pour la santé, puisque les goutteux vivaient plus longtemps que les autres !

    On imaginait que, grâce aux crises de goutte, le corps « évacuait » des substances néfastes du corps. Les hommes qui s’apercevaient qu’ils avaient la goutte s’en réjouissaient, ils la voyaient comme un présage de longévité.

    Des douleurs exquises

    Ajoutons à ceci que les souffrances de la goutte entrent dans la catégorie si particulière des « douleurs exquises ».

    Médicalement parlant, ce sont des douleurs localisées dans des zones bien limitées qui surviennent par lancements. Mais une douleur peut aussi être « exquise » parce qu’elle procure une forme de plaisir, née du contraste entre la poussée et le soulagement qui s’en suit.

    C’est le plaisir qu’éprouvent les enfants qui ont une dent qui bouge. Ils la tripotent, jouent dessus avec leur langue et, parfois, vont pousser fortement dessus, provoquant une volupté douloureuse.

    Ce phénomène où l’extrême douleur provoque une sorte de plaisir est peut-être lié à la fabrication d’endorphine par le cerveau. L’endorphine est l’hormone du plaisir, elle atténue la douleur physique tout en augmentant la sensation de bonheur et de satisfaction.

    Approche naturelle contre la goutte

    Ceci dit, la goutte provoque une souffrance atroce. Le gros orteil gonfle et la peau peut éclater.

    Le malade peut alors être immobilisé sur un lit, tout mouvement d’air autour de lui devenant intolérable.

    Le remède officiel à base de plante est la colchicine, utilisée par la médecine conventionnelle elle-même.

    Extraite du colchique, une fleur bien connue et très toxique, la colchicine est prescrite à dose infime lors des crises aiguës d’arthrite et de goutte. (la suite ci-dessous)

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    Suite de la lettre de ce jour :

    Il faut limiter la consommation de viande rouge qui est riche en purines, et les purines se transforment en acide urique. Eliminez les fruits de mer, les abats et les légumineuses, riches également en purines.

    Limitez votre consommation d’alcool et en particulier de bière ainsi que de vin rouge. L’alcool diminue l’élimination rénale d’acide urique.

    Réduisez votre consommation de boissons sucrées, y compris les jus de fruit. Selon une étude néo-zélandaise parue en 2013, la prise de boissons sucrées augmente la concentration d’acide urique dans le sang chez des individus avec la variante génétique appelée SLC2A9. Le fructose, qu’on retrouve souvent dans des boissons sucrées, augmente le risque de goutte comme l’a montré une étude réalisée notamment par l’Ecole de médecine de l’université de Boston.

    Prenez de la vitamine C, qui réduira votre niveau d’acide urique dans le sang et donc exercera un effet favorable sur la goutte. 

    On conseille aussi les tisanes et boissons diurétiques, c’est-à-dire qui font uriner, et donc évacuer l’urée. La goutte est en effet provoquée par une insuffisance des reins à évacuer l’urée. Il en existe de nombreuses : tisane de queues de cerises, d’artichaut, de feuilles de bouleau ou d’ortie.

    Buvez beaucoup, 2 à 3 litres d’eau par jour pendant la crise. N’hésitez pas à boire 500 ml d’eau le matin directement après le réveil.

    Mangez moins de tomates. Selon une étude parue en 2015, les tomates pourraient favoriser la goutte [2].

    Un remède naturel parfois conseillé est d’appliquer des orties fraîches, et donc piquantes, sur la zone enflammée. Le soulagement est, paraît-il, rapide. Mais je ne l’ai jamais pratiqué et ne m’engage pas sur son efficacité.

    À votre santé !

    Jean-Marc Dupuis 
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