• LA PEUR...........Alfred Jarry (1873-1907)

    LA PEUR


    Roses de feu, blanches d’effroi,
    Les trois Filles sur le mur froid
    Regardent luire les grimoires ;
    Et les spectres de leurs mémoires
    Sont évoqués sur les parquets,
    Avec l’ombre de doigts marqués
    Aux murs de leurs chemises blanches,
    Et de griffes comme des branches.
    Le poêle noir frémit et mord
    Des dents de sa tête de mort
    Le silence qui rampe autour.
    Le poêle noir, comme une tour
    Prêtant secours à trois guerrières
    Ouvre ses yeux de meurtrières !
     
    Roses de feu, blanches d’effroi,
    En longues chemises de cygnes,
    Les trois Filles, sur le mur froid
    Regardant grimacer les signes,
    Ouvrent, les bras d’effroi liés,
    Leurs yeux comme des boucliers.
     ************

    Déposé par Cochonfucius 

    Piaf-Tonnerre au Groenland
    ---------------------------------

    Piaf-Tonnerre, sans effroi,
    Traverse le désert froid
    Qui semble une patinoire.
    Il a de la neige à boire,
    Un traîneau pour ses paquets ;
    Mais il n’a point de laquais.
    Il parcourt l’étendue blanche
    Sous l’oeil des baleines franches ;
    Jamais un ours ne le mord
    (Tant mieux, car ils mordent fort).
    Au ciel, jamais de vautours,
    À l’horizon, nulle tour,
    Sur la route, nulle pierre,
    Pas plus devant que derrière.

    Pourquoi parcourir dans le froid
    La piste à la blancheur de cygne ?
    C’est pour trouver le bel endroit
    Où (raconte un auteur danois)
    Les trappeurs cultivent leur vigne.

    « C’est à vous, mes écrits, qu’aujourd’hui je m’adresse,......... Jean-Marie Déguignet (1834-1905) .Au Moulin Rouge............Francis Carco (1886-1958) »
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  • Commentaires

    2
    Vendredi 29 Mai à 07:55

    Merci Cochonfucius pour la suite de ce piaf

    Merci d'être aussi fidèle en ajoutant tes belles poèsies

    LD

    1
    Jeudi 28 Mai à 14:22

    Piaf-Canicule
    ---------


    La voix d’un tel oiseau n’est jamais altérée,
    Il sait l’entretenir avec du vin bien frais ;
    On l’entend rarement, c’est un être discret,
    Sauf s’il a décidé d’animer la soirée.

    Son âme par le vin ne fut point égarée,
    Autour de sa personne, il ne fait pas d’apprêts;
    Il parcourt en été les antiques forêts,
    Ou, plus modestement, une friche arborée.

    Ce rhapsode amateur s’épargne les soucis,
    Aimant lire des vers et de la prose aussi ;
    Vous ne le prendrez point pour un canard sauvage.

    Dès le lever du jour, le monde est dans ses yeux,
    L’éternelle splendeur de la terre et des cieux ;
    Il aime l’univers, cet oiseau d’un autre âge.

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