• LA NUIT VIENT..........Georges Rodenbach (1855-1898)

    LA NUIT VIENT

    La nuit vient, le couchant s’éteint comme un grand âtre,
    Le feuillage qui mue est moins vert que bleuâtre ;
    Et tel arbre, qui sous trop de soleil pliait,
    Cligne des feuilles, bouge, et s’avoue inquiet
    En un frémissement de douleur musicale.
    Entre les rameaux drus le couchant s’intercale
    Et met des fonds de rose ancien, de gris cendré
    Où le soleil éteint survit, comme filtré,
    Et langoureusement dans l’arbre persévère,
    Interstices en feu, comme peints sur du verre ;
    Et l’arbre, dans le soir, s’offre, délimité,
    L’air d’un vitrail où tombe un jour d’éternité.
     

    1891
    « LES FEMMES TRISTES............Georges Rodenbach (1855-1898)Ah ! ces grâces du blanc qui ne durent qu’un jour ! .Georges Rodenbach (1855-1898) »
    Google Bookmarks

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :