• LA JEUNE MORTE...................José-Maria de Heredia (1842-1905)

    LA JEUNE MORTE

    LA JEUNE MORTE.....................  

    Qui que tu sois, Vivant, passe vite parmi 
    L’herbe du tertre où gît ma cendre inconsolée ; 
    Ne foule point les fleurs de l’humble mausolée 
    D’où j’écoute ramper le lierre et la fourmi. 
      
    Tu t’arrêtes ? Un chant de colombe a gémi. 
    Non ! qu’elle ne soit pas sur ma tombe immolée ! 
    Si tu veux m’être cher, donne-lui la volée. 
    La vie est si douce, ah ! laisse-la vivre, ami. 
      
    Le sais-tu ? sous le myrte enguirlandant la porte, 
    Épouse et vierge, au seuil nuptial, je suis morte, 
    Si proche et déjà loin de celui que j’aimais. 
      
    Mes yeux se sont fermés à la lumière heureuse, 
    Et maintenant j’habite, hélas ! et pour jamais, 
    L’inexorable Érèbe et la Nuit Ténébreuse. 
      

    « J’aime le vert laurier,dont l’hiver ni la glace ...........Étienne Jodelle (1532-1573) Musicien (Un) de la chapelle du roi Louis XIV devenu médecin (D’après « Le Moliériste », paru en 1885) »
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