• La fontaine planquée de la rue de Turenne

    La fontaine planquée de la rue de Turenne

    La fontaine planquée de la rue de Turenne

    Quartier historique de Paris, le Marais regorge inévitablement de surprises et de trésors historiques. La pièce du jour concerne la fontaine de Joyeuse, située rue de Turenne, à deux pas de la Place des Vosges. Coincée entre deux boutiques, le monument résiste et se porte plutôt bien malgré ses siècles d’existence.

    Il faut dire que le lieu a vécu une histoire pour le moins mouvementée. Au 16esiècle, on trouve d’abord un ancien hôtel particulier, le bien nommé hôtel de Joyeuse. Construit en 1580, le propriétaire n’est autre que Marc Miron, premier médecin du roi Henri III. Au cœur d’un siècle agité par les guerres et les tentatives de successions, ce proche du souverain sera finalement exclu des lieux en 1588. Coïncidence ou pas, l’hôtel ne survivra pas longtemps sans son emblématique occupant et sera détruit quelques années plus tard.

    Le symbole d’une longue politique de travaux dans Paris

    Au siècle suivant, la ville de Paris continue de se remplir et c’est alors qu’intervient Louis XIV, qui ordonne l’installation de plusieurs fontaines dans toute la ville. L’objectif était d’approvisionner en eau un quartier déjà très peuplé à l’époque. Une première fontaine, dite de Saint-Louis, est donc installée sur ce qui fut la devanture de l’hôtel particulier.

    Deux siècles plus tard, après de nouveaux travaux, une fontaine flambant neuve prend place en 1847. La raison ? En 1825, les travaux du canal de l’Ourcq sont enfin terminés, ce qui permet à la ville de Paris d’avoir un approvisionnement en eau plus important. Les instances en profitent donc pour installer de nouvelles fontaines publiques destinées à fournir de l’eau au plus grand nombre, notamment au quartier du Faubourg Saint-Antoine. Le mot « Ourcq » est d’ailleurs inscrit sur la fontaine, comme un témoignage de cette époque. Plusieurs édifices du même style seront construits, dont certains sont encore visibles aujourd’hui. Si la fontaine Sainte-Eugénie fut par exemple détruite en 1906, on peut encore se rendre devant la fontaine de la Roquette, restaurée en 2009.

    La fontaine de Joyeuse, celle que l’on peut admirer aujourd’hui, est donc l’œuvre du sculpteur Isidore Romain Boitel (1812-1860). Placée sous une arcade elle-même coincée entre des immeubles, la fontaine est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques depuis 1925. Les curieux peuvent donc se presser devant une petite statue en fonte représentant un enfant qui tient une jarre. Celle-ci est en fait inclinée et permet de déverser de l’eau dans une coquille. Au-dessus du chérubin, une collection de motifs qui représentent la faune et la flore aquatique tels que la grenouille, le cygne ou encore le serpent. On peut aussi y apercevoir les armoiries de la Ville de Paris.

    La fontaine planquée de la rue de Turenne

    Avec les affres du temps, le monument fit l’objet d’une campagne de restauration en 2008. Si l’intérieur de la voûte n’est plus accessible, on peut toujours venir admirer la beauté des détails…de près comme de loin puisque la fontaine est désormais illuminée le soir.

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